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Full text of "Catalogue illustré des livres précieux manuscrits et imprimés faisant partie de la bibliothèque de Ambroise Firmin-Didot"

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'.000.152 


BIBLIOTHEQUE  A.  FIRMIN-DIDOT 


MANUSCRITS  ET  IMPRIMÉS 


BELLES-LETTRES  —  HISTOIRE 


CONDITIONS   DE   LA   VENTE 


Elle  sera  faite  au  comptant. 

Les  acquéreurs  payeront  cinq  pour  cent  en  sus  des  enchères. 

Les  livres  vendus  devront  être  collationnés  sur  place  dans  les 
vingt-quatre  heures  de  l'adjudication.  Passé  ce  délai,  ou  une  fois 
sortis  de  la  salle  de  vente,  ils  ne  seront  repris  pour  aucune  cause. 

M.  Adolphe  LABITTE  se  chargera  de  remplir  les  commissions 
des  personnes  qui   ne  pourraient  assister  à  la   vente. 


EXPOSITIONS 

PARTICULIÈRE  :  le  Lundi  3  Juin. 
PUBLIQUE  :  les  Mardi  4,  Mercredi  5  et  Lundi  10  Jmn, 

de  2  à  ^   ieures. 

Chaque  jour  de  vente  il   y   aura  Exposition   publique  à  une  heure 

de  l'après-midi. 


Voir  VOrdre  des  Vacations  à  la  suite  du  Titre. 


Paris.  —  Typographie  Firiuin-Didot  et  0«,  rue  Jacob,  56. 


CATALOGUE 


DES 


LIVRES  PRÉCIEUX 

MANUSCRITS   ET   IMPRIMÉS 

FAISANT    PARTIE    DE    LA    BIBLIOTHÈQUE 

DE 

M.  ÀMBROISE  FIRMIN-DIDOT 

DE  l'académie   des   INSCRIPTIONS   ET   BELLES -LETTRE  S 


BELLES-LETTRES  —  HISTOIRE 


•  «  f 


PRECEDE  D'UNE  INTRODUCTION 

Par    M.    PAULIN    PARIS 

MEMBRE    DE    l'iNSTITUT    ET    DE    LA    SOCIÉTÉ    DES    BIBLIOPHILES    FRANÇAIS 


V 


VENTE  A  L  HOTEL  DES  COMMISSAIRES-PRISEURS 

RUE    DROUOT,     N°     9.    —    SALLE    N®    3 

Du  Jeudi  6  au  Samedi  15  Juin  187  8 
A  dmm  heures  précises  de  V après-midi 

Par  le  Ministère  de  M®  Maurice  Delestre,  Commissaire-Priseur 

Successeur  de  M©  Delbergue-Cormont 
27,  rue  Drouot.  27 

Assisté  (le  M.  G.  Pawlowski,   officier  d'Académie,  bibliothécaire    du  défunt 

Et  de  M.  Adolphe  Labitte,  libraire  de'  la  Bibliothèque  nationale 

4,   rue  de  Lille,    1 

PARIS.  —  1878 


•  .  ;      . 


ORDRE  DES   VACATIONS 


Jeudi  6  Juin  1878. 

Romans 631  à  653 

Poôtes  français. 336  à  396 

Romans 619  à  630 

Histoire  . •  .    .  697  à  715 

Vendredi  7  Juin. 

Histoire  de  France  et  de  TOrient  latin 689  à  694 

Poôtes  français 263  à  335 

Romans  de  Chevalerie 585  à  618 

Proissart 695 

Samedi  8  Juin. 

Poëteô  français 214  à  262 

Racine,  Quinault,  Regnard .  526  à  545 

Romans  de  Chevalerie 551  à  564 

Mardi  11  Juin, 

Corneille,  Molière 450  à  525 

Poëtes  étrangers 397  à  409 

Manuscrits  (Poôtes  étrangers) 49  à    50 

Dante  (Manuscrit) 48 


VI    


Mercredi  iî2  Juin. 


Linguistique,  Poôtes  anciens 71  à  124 

Manuscrits  (Rhéteurs,  Poètes  anciens) i  à    19 

Epistolaires  et  Polygraphes H5i  à  657 

Jeu  fit  13  Juin, 

Poôtes  français  .    .    .    . 151  à  17H 

Théâtre  étranger 546  à  550 

Manuscrits  (Théâtre  et  Romans  anciens) 20  à    28 

Théâtre  ancien  et  Théâtre  français  (Mystères,  etc.)  .  ilO  à  449 

Vendredi  14  Juin, 

Poètes  français 177  à  213 

Manuscrits  (Hist.  anc.) 51  ;\     62 

Histoire  (Géogr.,  Hist.  ecclés.,  Hist.  anc.) 658  à  688 

Samedi  15  Juin. 

Poètes  français 125  à  150 

Romans  de  Chevalerie 565  à  584 

Manuscrits  (Poôtes  français  et  Romans  de  Chevalerie) .  29  h    47 

Manuscrits  historiques  français 63  à    70 

Monstrelet 696        — 


INTRODUCTION 


Pour  tous  les  esprits  vraiment  doués  de  la  curiosité  litté- 
raire, c'est  un  bonheur  de  lire  et  d'étudier  dans  ses  propres 
livres  :  c'est  un  bonheur  plus  g'rand  encore  de  posséder  ces 
livres  dans  un  état  parfait  de  conservation ,  grands  de 
marges,  immaculés,  reliés  de  la  main  d'un  Le  Gascon,  d'un 
Duseuil,  d'un  Derome  ou  d'un  Bauzonnel.  On  raconte  de 
Charles  Nodier  qu'il  ressentait  pour  les  siens  une  passion 
comparable  à  celle  que  pouvait  inspirer  une  maîtresse  ado- 
rée. Quand,  à  force  de  privations,  car  il  ne  connut  jamais 
Vmirea  7nediocriiaSy  il  était  devenu  l'heureux  possesseur  d'un 
de  ces  rares  volumes  qu'il  avait  longtemps  couvé  des  yeux, 
il  ne  s'en  séparait  ni  le  jour  ni  la  nuit.  Une  place  lui  était 
ménagée  sous  son  oreiller  et  il  n'était  réuni  aux  autres 
joyaux  du  môme  genre  qu'à  l'arrivée  d'un  nouveau  rival,  à 
son  tour  accueilli  avec  la  môme  effusion  de  tendresse. 

La  Collection  de  M.  Firmin-Didot  est  assurément  d'une 


—   VlU   — 


valeur  ving^t  fois  supérieure  à  celle  du  petit  Muséum  de 
Charles  Nodier.  Tous  les  bibliophiles  du  monde  en  ont  entendu 
parler  ;  il  n'est  pas  un  savant  étrangler  qui  n'ait,  en  arrivant 
à  Paris,  demandé  et,  parconséquent,  obtenu  de  Turbanité  bien 
connue  de  M.  Didot  la  faculté  de  la  voir  et  de  l'examiner  à 
loisir.  Si  Ton  excepte  notre  g*rande  Bibliothèque  nationale,  la 
Bibliothèque  de  l'Arsenal  et  celle  qu'un  prince  de  la  maison 
de  France  vient  de  ramener  à  Chantilly,  on  peut  assurer  qu'il 
n'exii^te  pas  en  France  un  ensemble  de  textes  manuscrits  et 
imprimés  dig'ne  de  lui  être  comparé.  Les  manuscrits,  fré- 
quemment inédits  et  quelquefois  uniques,  représentent  toutes 
les  époques  :  l'antiquité  g'recque  et  latine,  la  poésie,  la  phi- 
losophie, l'histoire  et  les  arts  du  Moyen  âg*e,  de  la  Renais- 
sance et  des  temps  modernes.  Les  uns  sont  relig'ieusement 
conservés  dans  leur  premier  état,  maintes  fois  incrustés 
d'arg^ent,  d'or  et  d'ivoire;  les  autres,  reliés  pour  les  Grolier, 
les  Majoli,  les  de  Thou,  les  Long*epierre,  ou  bien  pour  nos 
rois  François  V\  Henri  II,  Henri  III,  Charles  IX,  Henri  IV, 
Louis  XIII,  Louis  XIV  ;  les  moins  anciens  sortent  des  ateliers 
des  Thouvenin,  Duru,  Çapé,  Gruel,  Bauzonnet,  Simier, 
Niedrée,  Trautz  ou  Lortic.  C'est  une  suite  à  peine  interrom- 
pue des  plus  beaux  modèles  d'ornementation  et  de  calli- 
g'raphie,  depuis  les  scribes  de  l'époque  carloving^ienne  jus- 
qu'aux plus  excellents  enlumineurs  des  derniers  siècles,  les 
Henry  Trévoux,  les  Astesan,  les  Jean  Fouquet  et  les  Jarry. 

L'érudition  g^recque  et  latine,  le  sentiment  et  la  curiosité 
littéraires  sont,  on  le  sait,  héréditaires  dans  la  g'rande  et  je 
dirais  volontiers  nationale  maison  Didot;  comme,  avant  elle, 
dans  la  maison  des  Aide,  dans  celle  des  Estienne.  La  première 
idée  de  former  un  cabinet  de  raretés  bibliog'raphiques  appar- 
tient à  MM.  Pierre  et  Firmin-Didot,  l'oncle  et  le  père  de 


—    IX 


notre  Firmin  deuxième  du  nom.  Celui-ci,  durant  plus  de 
cinquante  ans,  n'a  cessé  d'en  multiplier  les  merveilles.  Il  a 
consacré  à  le  développer  tous  les  instants  qu'il  avait  pu  don- 
ner à  ses  plaisirs,  sans  nég^lig'er  aucun  des  devoirs  que  lui 
imposaient  d'un  côté  la  confiance  de  nos  g^ouvernements  suc- 
cessifs, de  l'autre  l'administration  d'une  maison  depuis  deux 
siècles  rhonneur  de  l'imprimerie  française. 

L'intérêt  passionné  que  M.  Didot  portait  à  ses  collections 
littéraires  s'était  aug^menté  prog-ressivement  jusqu'aux  der- 
niers jours  de  sa  belle  et  long'ue  carrière.  Aucune  occasion 
d'y  ajouter  de  nouveaux  trésors  ne  lui  avait,  pour  ainsi  dire, 
échappé.  Aucune  vente  publique  n'était  annoncée  en 
Belg*ique ,  en  Hollande,  en  Ang'leterre,  en  Italie,  qu'il  n'y 
poursuivît  l'acquisition  des  manuscrits,  des  incunables  et  des 
éditions  hors  lig'ne  qu'on  y  avait  sig^nalés.  Il  allait  s'assurer 
lui-même  de  leur  condition,  de  leur  importance,  ou  bien  il 
s'en  faisait  rendre  compte  par  les  meilleurs  jugées.  D'un 
autre  côté,  ceux  qui  voulaient  connaître  la  valeur  des  raretés 
qu'ils  croyaient  posséder,  venaient  ordinairement  les  sou- 
mettre à  son  appréciation  toujours  sincère  ;  et  les  volumes, 
s'ils  en  étaient  jugées  dig^nes,  ne  tardaient  g'uère  à  g'rossir 
le  Musée  de  la  rue  Jacob;  Dès  que  M.  Didot  avait  la  joie  de 
les  dire  siens,  il  les  soumettait  à  un  nouvel  examen,  en  les 
comparant  à  ceux  qui  pouvaient  s'en  rapprocher  dans  nos 
grandes  bibliothèques.  Puis  il  en  parlait  à  ses  amis  et  jamais 
il  ne  lui  arriva  d'en  refuser  la  communication  aux  littéra- 
teurs intéressés  à  connaître  ce  qu'ils  pouvaient  présenter 
de  particulier.  Mieux  encore  que  le  célèbre  Grolier,  il  aurait 
donc  eu  le  droit  d'adopter  cet  ex  libris  :  F.  Didot  et  amicorum  ; 
et,  par  ses  amis,  il  entendait  tous  les  hommes  lettrés. 

On  ne  pourrait  compter  le  nombre  des  savants  qui  mirent 


à  profit  sa  bienveillante  libéralité.  Il  nous  suffira  de  citer, 
parmi  ceux  qui  ne  sont  plus,  Goray,  Boissonade,  Hase, 
Letronne,  Berg^er  de  Xivrey,  Victor  Le  Clerc,  Brunet  de 
Presles;  parmi  les  autres,  MM.  Eg'g^er,  P.  Meyer,  G.  Pa- 
ris, P.  Lacroix,  Kervyn  de  Lettenhove,  F.  Michel,  Charles 
et  Gustave  Brunet,  Léopold  Delisle,  E.  Hucher,  Queux 
de  Saint-Hilaire  (1).  Mais,  tout  en  savourant  mieux  que  per- 
sonne la  propriété  de  chacune  des  pièces  de  son  trésor  litté- 
raire, M.  Didot  n'hésitait  pas  à  se  dessaisir,  au  profit  des  éta- 
blissements publics,  de  celles  qui  leur  présentaient  un  intérêt 
exceptionnel.  C'est  ainsi  qu'il  avait  cédé  à  la  Ville  de  Paris, 
dont  il  était  alors  un  des  conseillers  municipaux,  le  mag*ni- 
Qque  Liber  Ponti/îcalis  exécuté  vers  1420  pour  Jacques  Jouve- 
nel  des  Ursins,  qui  avait  été  archidiacre  de  Notre-Dame  et  pré- 
vôt des  marchands,  avant  d'être  successivement  archevêque 
de  Reims,  évêque  de  Poitiers,  et  enfin  prieur  de  Saint-Martin- 
des-Champs.  Ce  volume  contenait  de  très-curieuses  vues  de 
l'ancien  Parloir  aux  bourg^eois,  et  d'autres  édifices,  aujour- 
d'hui tombés  sous  les  coups  du  temps  ou  sous  l'impitoyable 
marteau  de  ceux  qui  ne  pardonnent  pas  aux  monuments  de 
rappeler  de  lointains  souvenirs.  M.  Didot  se  serait  éparg'né 
bien  des  reg*rets  s'il  n'eût  pas  accompli  ce  sacrifice.  Le  chef- 
d'œuvre  de  l'art  du  quinzième  siècle  est  devenu  la  proie  des 
flammes  qui ,  dans  une  journée  à  jamais  néfaste,  dévorè- 
rent l'Hôtel  de  Ville  et  la  Bibliothèque  du  Louvre.  Le  Ca- 
binet de  M.  Didot,  suffisamment  éloig*né  de  la  place  dq 
Grève  et  de  celle  du  Louvre,  fut  éparg*né  :  et  si  le  Liber  Pond" 
ficalis  y  était  resté,  il  fig*urerait  encore  aujourd'hui  dans  le 
g*rand  et  précieux  écrin  dont  il  avait  été  détaché  (2). 

(i)  M.  le  marquis  de  Queux  de  Saint-Hilaire  a  publié  une  excellente  étude  sur 
la  vie  et  les  ouvrages  de  M.  Firmin-Didot. 
(2)  M.  Didot,  pour  triompher  de  la  concurrence  anglaise,  l'avait  acquis  au  prix 


XI 


L'honorable  famille  Didot  aurait  pieusement  conservé  tant 
de  g^lorieux  témoig»nag»es  du  ffoût,  du  sentiment  littéraire  et 
de  l'érudition  de  son  auteur,  sans  la  nécessité  d'un  partagée 
dont  il  était  impossible  d'évaluer  les  termes.  Il  ne  lui  a  donc 
pas  été  permis  de  soustraire  la  Collection  aux  chances  d'une 
vente  publique.  Puissent  au  moins  tant  de  splendides  raretés 
bibliog*raphiques  passer  en  des  mains  dig*nes  de  les  recueil- 
lir !  Puissent  ses  futurs  acquéreurs  en  tirer  autant  de  fruit 
que  leur  dernier  possesseur!  Puissent-ils  en  accorder  la  libé- 
rale communication  à  tous  les  travailleurs  sérieux,  au  lieu 
d'afFecter  l'ombrag^euse  déGance  de  ces  collectionneurs  an- 
golais qui  font  de  leur  trésor  une  sorte  de  Jardin  des  Hespé- 
rides,  dont  ils  défendent  l'entrée  à  tous  ceux  qui  tenteraient 
d'y  pénétrer. 

Le  rédacteur  du  catalogpue  qu'on  va  parcourir  et  dont  je 
viens  un  peu  tardivement  de  lire  les  épreuves,  a  trop  bien 
exposé  le  g^enre  particulier  d'intérêt,  attaché  à  chacun  des 
numéros  dont  il  se  compose,  pour  que  j'aie  besoin  de  dire  une 
seconde  fois,  et  moins  bien  sans  doute,  ce  qui  doit  arrêter 
l'attention  de  tous  ceux  qui  gardent  le  culte  des  Belles- 
Lettres  et  des  Beaux-Arts.  Depuis  longptemps,  M.  Pawlowski 
avait  mérité  la  confiance  et  la  profonde  estime  de  M.  Fir- 
min-Didot,  par  son  érudition  variée  et  son  dévouement  à 
toute  épreuve.  C'est  lui  qu'il  avait  choisi  pour  le  seconder 
dans  le  minutieux  inventaire  de  son  cabinet  et  dans  l'exa- 
men  sérieux  de  tout  ce  qu'il  y  ajoutait  sans  cesse.  Grâce 

de  36,900  francs.  On  comprendra  la  valeur  que  Jouvenel  des  Ursins  y  attachait 
lui-même,  par  ces  lignes  de  son  testament,  daté  de  1457.  «  Je  lègue  mon  grand 
«  pontifical  à  celui  qui  me  succédera  dans  l'évêché  de  Poitiers,  s'il  veut  s*en- 
«  gager  à  acquitter  à  ma  décharge  les  réparations  devenues  nécessaires  dans 
«  les  domaines  et  possessions  de  l'évêché,  ainsi  que  les  dettes  et  obligations 
«  dont  mes  héritiers  pourraient  se  trouver  chargés  en  raison  de  cet  évêché.  » 
(Bibliothèque  do  Sorbonne,  Msr.  n"  H 05.) 


XII    — 

à  la  tendre  amitié  dont  m'honorait  mon  illustre  et  savant 
confrère  (d),  j'ai  pu,  souvent  aussi,  dans  la  mesure  de  mon 
expérience,  concourir  à  déterminer  le  deg^ré  de  valeur  et 
de  rareté  de  quelques  manuscrits.  Tant  que  je  vivrai,  je  g'ar- 
derai  le  souvenir  des  bonnes  heures  consacrées  à  ces  inté- 
ressantes comparaisons.  Comme  j'étais  alors  attaché  d'une 
façon  plus  active  au  service  de  la  Bibliothèque  nationale,  il 
m'arriva  plus  d'une  fois,  je  puis  bien  l'avouer,  d'éprouver  un 
certain  reg'reten  reconnaissant  chez  mon  respectable  ami  des 
textes  souvent  comparables,  quelquefois  même  préférables 
pour  le  fond  ou  pour  hi  forme  à  ceux  de  notre  cabinet  des 
manuscrits,  assurément  le  plus  riche  du  monde. 

Tels  le  Juvénal  et  le  Prudence  du  dixième  siècle,  —  une 
branche  inédite  et  très-belle  àes  Romans  àe  la  Table  ronde;  — 
lès  épopées  ou  chansons  de  g^este  de  Beuve  d'Anstone,  de 
Feràbras,  des  Vœux  du  Paon  de  Jacques  de  Long^uion  ;  —  le 
Combat  des  trente  Bretons  ;  — le  livre  inédit  d'Etienne  Porchier 
sur  les  Trois  âges  ;  —  le  Roman  de  Jehan  de  Paris  ;  —  le  Dante  de 
1378; —  \e gvBXxA Dictionnaire françoisàe^Y'ivmiïïLeNev,  abon- 
dant en  curieuses  citations  d'auteurs  plus  anciens,  et  d'ailleurs 
rédigée  avec  une  sûreté  de  critique  qu'on  ne  s'attendait  pas 
à  rencontrer  dans  un  lexique  de  la  première  moitié  du 
XV*  siècle. 

Jamais  je  n'avais  à  craindre  d'importuner  M.  Didot;  mon 
arrivée  lui  faisait  tout  quitter  volontiers  pour  passer  une  nou- 
velle revue  de  ses  chers  manuscrits.  Je  le  surprenais  d'ordi- 
naire attaché  à  quelqu'un  de  ces  excellents  travaux  d'érudition 
et  de  critique  auxquels  il  n'a  pas  eu  le  temps  de  mettre  toujours 
la  dernière  main.  C'était  tantôt  sa  belle  traduction  de  l'histo- 


(1)  M.  Didot  appartenait  déjà  depuis  plusieurs  années  à  TAcadémie  des  Ins- 
criptions et  Bolles-Lettres,  comme  à  la  Société  des  Bibliophiles  français. 


—  XIII    — 


rien  Thucydide,  tantôt  ses  études  sur  Torig^ineet  les  dévelop- 
pements  de  rimprimerie,  ou  sur  la  réforme  de  notre  ortho- 
g^raphe  ;  tantôt  une  de  ces  précieuses  Biog*raphies  consacrées 
à  Jean  Cousin,  aux  Aide,  aux  Estienne.  Pas  un  moment 
accordé  au  loisir  inoccupé;  pour  lui,  le  délassement  des 
travaux  était  leur  variété.  J'étais  heureux  de  me  promener 
avec  lui  dans  la  g^rande  allée  de  ses  g^ravures  et  de  ses  livres. 
Il  va  sans  dire  que,  chemin  faisant,  j'apprenais  beaucoup  de 
lui,  tandis  que  bien  rarement  s'offrait  pour  moi  l'occasion 
d'ajouter  la  moindre  chose  à  la  sûreté  de  ses  appréciations. 
Je  ne  dois  pas  oublier  d'avertir  que  les  manuscrits  indi- 
qués dans  ce  catalogpue, quelle  que  soit  leur  valeur,  ne  forment 
pas  la  cinquième  partie  de  la  Collection  de  M.  Firmin-Didot. 
Ceux  qu'on  ne  trouvera  pas  ici  ne  sont  pas  assurément  d'un 
intérêt  inférieur  à  celqi  des  volumes  qui  vont  passer  sous  le 
feu  des  enchères.  M.  Alfred  Firmin-Didot  garde-t-il  l'espoir  de 
conserver  tant  d'autres  précieuses  raretés?  Je  Tig^nore;  mais 
je  me  souviens  des  anciens  exemplaires  si  délicieusement 
ornés  de  Guillaume  de  Tyr,  et  des  traductions  et  continua- 
tions contemporaines  de  la  g'rande  Histoire  des  Croisades.  Je 
n'ai  pas  oublié  tant  à' Heures  ou  Preces  Piœ  de  la  plus  parfaite 
exécution,  parmi  lesquelles  brillent  d'un  incomparable  éclat 
les  Heures  de  Bonne  de  Luxembourg*,  femme  de  notre  roi 
Jean.  Les  volumes  imprimés  non  compris  dans  ce  catalog'ue 
présentent  un  ensemble  ég'alement  splendide»  On  en  pourra 
voir  d'assez  nombreux  spécimens  dans  les  vitrines  de  l'Expo- 
sition universelle.  Ajoutons  enfin  que  les  séries  réservées 
n'offrent  aucun  double  emploi  avec  celle  du  présent  Catalog'ue. 
Ce  sont  pour  ainsi  dire  autant  de  membres  de  la  même  famille  : 

Faciès  non  onmi))Us  uua 
Nec  diversa  tameU)  qualem  decet  esse  sororum. 


—   XIV   — 

Le  même  discernement,  la  même  sûreté  de  goût  avait 
présidé  à  leur  naissance  comme  à  leur  développement; 
et  ceux  qui  vont  se  les  partager  pourront  en  faire  compren- 
dre la  valeur  d'un  seul  mot  :  Ils  proviennent  du  cabinet  de 
M.  Ambroise  Firmin-Didot. 

P.  PARIS, 

Conservateur  honoraire  au  Cabinet  des  manuscrits 
de  la  Bibliothèque  nationale. 


TABLE   SPÉCIALE 


DKS 


LIVRES  IMPRIMÉS  SUR  VÉLIN 


DES  EXEMPLAIRES  UNIQUES  OU  SEULS  CONNUS 


ET    DES  PROVENANCES  CÉLÈBRES 


1.   LIVRES   IMPRIMES   SUR  VELIN 


.«'  ■.. 


N<>»  127,  i79,  486,  209,  402,  578,  674,  680,  694,  696,  709,  740,  714,  713. 


II.  EXEMPLAIRES   UNIQUES  OU  SEULS  CONNUS 

N°-  136,  151,  166,  178,  480,  487,  244,  220,  242,  437,  523,  563,  578,  582, 
590,  594,  596,  611,  701. 

III.  SIGNATURES  OU  NOTES  AUTOGRAPHES  DES  HOMMES      . 

ILLUSTRES  OU  DISTINGUÉS. 


Ballesdens,  iOl. 
Boileau,  367,  37L 
Bossiict,  Ç8,  06i). 
Condé  (le  grand),  88. 
Dumonsticr  (Daniel),  o03,  580. 
Gîu-nier  (Ho)).),  ^^m. 
Jamyn  (Âniadis),  I  i3. 


I    La  Fontaine  (Jean  de),  192,  377,  635. 
Manclti  (Giannozzo),  51. 
Maiot  (Jean),  Si-. 
Moisant  de  Brieux,  36. 
Pulci  (Lucca),  399. 
Racine  (Jean),  H\,   120,  121. 


—    XVI    — 


IV.  PROVENANCES  CELEBRES 


PRINCIPALEMENT    AU    POINT    DE  VUE    DES  RELIURES  EXÉCUTÉES  POUR  DES   ROIS, 
DES  REINES,  DES  PRINCES,  DES    PRINCESSES  ET  DES  BIBLIOPHILES    CÉLÈBRES. 


a.    Rois    et   Reines    de   France, 

Princes  et  Princesses^ 

Favorites. 

m 

François  1«%  41,  95. 

Étampes  (Duchesse  d'),  40. 

Henri  II,  408,  678,  710,  711  (?). 

Diane  de  Poitiers,   68,  710. 

Charles  IX,  669. 

Henri  IH,  712. 

Bourbon-Vendôme     (le   Cardinal    de) 

(Charles  X,  roi  des  Ligueurs),  702. 
Marguerite  de  Navarre,  176. 
Henri  IV,  698. 
Marguerite  de  Valois  (la Reine  Margot), 

656. 
Marie  de  Médicis,  350. 
Louis  XIII,  395,  642. 
Anne  d'Autriche,  642,  703. 
Louis  XrV,  565. 
Condé  (le  grand),  66, 
Pompadour  (la  Marquise  de),  113,275, 

580,  625. 
Marie- Antoinette,  70. 
Beriy  (Duchesse  d€),  37. 
Louis-Philippe  (le  Roi),  650. 


b.  Souverains  étrangers. 

Nicolas  V  (le  Pape),  53. 
Léon  X  (le  Pape),  50,61. 
Maximilien  I«f,  empereur,  65. 
Aragon-Naples  (le  Rois  d'),  5. 
Jacques  I»"",  roi  d'Angleterre,  679. 

c.  Bibliophiles    ou    personnages 

célèbres 

Aguesseau  (le  Chanc.  d'),  44,  66. 
Aubaïs  (le  Marquis  d'),  131. 
Caumartin-Saint-Ange,  436. 
CANEVARI  (D.),  122. 
Colbeii  (le  grand),  95,  523. 
Gorsini,  8. 

GROLIER,  92,  124,  671. 
Hoym  (le  Comte  d'),  73,  286. 
LAURINUS  [Lauwereyns]  (Marc),  119. 
LONGEPIERRE  (de),  97,  102. 
MAIOLl  (Th.),  654,  687. 
MANSFELT  (P.-E.  comte  de),  715. 
Morosini  (Ant.),  12. 
Richelieu  (le  Gard,  de),  421. 

Thou  (J.-A.  de),  73,  107  bis,  312,  410, 
651. 

Vernie  (la  Comtesse  de),  361,  637. 


MANUSCRITS 


MANUSCRITS 


BELLES-LETTRES 


AUTEURS  LATINS,  ANCIENS  ET  MODERNES 


1.  CICERO  (M.  T,).  Rhetorica.  —  Pet.  in-4,  de  82  ff.;  mar. 
rouge,  fil.  à  fr.,  tr.  dor. 

Manuscrit  sur  vélin,  exécuté  en  Italie  et  daté  de  f464.  II  commenoe 
ainsi  :  Marci  Tvllii  Ciceronis  Rhetoricae  veteris  liber,,.,  et  finit  au  recto  du 
f.  82  par  ces  lignes  :  Marci  Tvllii  Ciceronis  vetervm  Rhetoricorvm  côtra  Her- 
magoram  liber  secvndvs  &  vltimvs  fœliciter  explicit  IlII'*  nonas  decembris 
MCCCCLXHIII. 

Écriture  très-nette  ;  conservation  parfaite.  A  la  première  page,  un  joli 
encadrement  peint  et  rehaussé  d'or,  mais  un  peu  effacé  dans  le  bas. 

2.  CICERO  (M.  T.).  Orationes.  —  In-fol.,  de  t63  ff.  à  2  coK; 

lettres  ornées  ;  mar.  brun,  fil.,  milieu  et  coins,  tr.  dor. 
(Lortic). 

Manuscrit -du  XIV®  siècle,  sur  papier,  exécuté  en  Italie.  Il  commence  au 
haut  du  !«'  f.,  par  l'abréviation  :  îhs  (lentes),  et  par  ce  titre  :  Oratio  p.  Cne» 
Pompe jo  Imper atore  eligendo,  et  finit  au  verso  du  f.  163,  par  ces  mots  :  uestra 
uirtute  construetis. 

Il  est  écrit  avec  beaucoup  d'abréviations  et  contient  les  discours  sui- 
vants :  i .  Pro  C.  Pompejo  de  Imperatore  eligendo  (Pro  Lege  Manilia)  ;  2.  Pro 
T.  A.  Milone;  3.  Pro  C.  Plancio;  4.  Pro  P.  Sylla;  5.  Pro  A.  Licinio  Archia;  6. 
Pro  M.  Marcello;  7.  Pro  Rege  Lejotaro;  8.  Pro  Q.  Ligario;  9.  Pro  semetipso 
gratias  agenti  in  Senatu;  10.  AdPopulum;  11.  Pro  Domo  sua  ad  pontifice^; 
12.  Pro  M.  Celio;  13.  Pro  L.  Comelio  Balbo;  14.  InVatinium  testem;  15.  Pro 
Responsis  aruspicum;  16.  De  Provinciis  consularibus  ;  17.  Pro  P.  Sextio  ; 
18.  Pro  L.  Murena;  19.  Pro  P.  Quintio;  20  et  21.  In  Catilinam  (in«  et  IV«); 
22.  Pro  L.  Flacco;  23.  Pro  S.  Roscio  Amerino;  24.  Pro  A.  Cluentio;  25.  Pro 
se  ipso  priusquam  iret  in  exilium  ad  Quirites. 

La  première  page  est  entourée  d'un  encadrement  en  couleurs  et  porte 


4  MANUSCRITS. 

au  bas  un  écusson  dont  Jes  armoiries  sont  effacées.  —  Très-bien  conservé 
et  avec  de  grandes  marges. 

3.  CICERO  (M.  T.).  Orationes.  —  Gr.  in-fol.,  de  227  ff.;  let- 

tres ornées;  demi-rel.,  veau  brun. 

Manuscrit  italien  du  XV»  siècle,  sur  vélin,  d'une  belle  écriture.  H  com- 
mence ainsi  au  haut  du  1»'  f.  :  Marci.  TvlUi,  Ciceronis.  clarisimi.  oratoris. 
ùratio.  de.  imperatore  deligèdo,  etc.,  et  finit  au  recto  du  f.  227  par  ces  mots  : 
inuidicus  ueriiati. 

En  voici  le  contenu  :  {.  De  Imperatore  deligendo  (Pro  Loge  Manilia) ; 
2.  Pro  T.  Annio  Milone;  3.  Pro  Cn.  Plantio;  4.  Pro  P.  Sylta;  5.  De  Anu^icum 
responsis;  6.  De  Provinciis  consularibus  ;  7.  Pro  M.  Celio;  S,  Pro  L.  Comelio 
Balbo;  9.  In  Vatinium  testem;  10.  Pro  P.  Sextio;  ii.  Pro  Domo  sua;  12.  Ad 
Equités  romanos  priusquam  iret  in  exilium;  13.  Post  Beditum,  in  Senatu; 
14.  Oratioqua  populo  grattas  agit;  15.  Pro  M.  Marcello;  16.  Pro  Q.  Ligario; 
17.  Pro  Rege  Dejotaro;  18.  Pro  A.  Licinio  Archia;  19  à  22.  In  I.  Catilinam; 
23.  Pro  P.  Quinctio;  24.  Pro  L.  Flacco;  25.  Crispi  Sallustii  in  M.  T.  Cicero- 
nem-j  26.  M.  T.  Ciceronis  Responsio;  27.  Pro  A.  Clucntio. 

Il  renferme  donc,  de  plus  que  le  précédent,  l'invective  de  Salluste  et 
la  réponse  apocryphe  de  Gicéron. 

Belles  initiales  peintes  en  or  et  en  couleurs  ;  marges  superbes  ;  conser- 
vation parfaite. 

Au  bas  du  1«'  f.,  le  cachet  armorié  de  la  bibliothèque  de  Fréd.-Louis 
Keller  von  Steinbock,  jurisconsulte  suisse,  mort  à  Berlin  en  1860. 

4.  CICERO  (M,  T.).  Orationes.  —  In-fol.,  de  252  ff.;  lettres 
ornées  ;  vélin. 

Manuscrit  sur  vélin,  exécuté  en  Italie  au  commencement  du  XV«  siècle. 
n  commence  au  haut  du  l^''  feuillet  par  ce  titre  :  De  Lege  Manilia,  M.  Tvl- 
m  Ciceronis  de  Lege  Manilia  Oratio,  etc. 

Voici  les  discours  qu'il  contient  :  1.  Pro  Lege  Manilia;  2.  Pro  A.  Licinio; 
3  à  6.  In  Catilinam  (l\) ',  1 .  Cris.  Sallustii  in  3/.  T.  Ciceronem  invectiva; 
8.  M.  T.  C.  In  Sallustium;  0.  Pro  T.  Annio  Milone;  10.  Pro  Cn.  Plancio; 
11.  Pro  P.  Sylla;  12.  Pro  A.  Cœcina;  13.  Pro  C.  Rabirio  posthumo;  14.  Pro 
C.  Rabirio  perduellione;  15.  Pro  Roscio  comcedo;  16.  Pro  Q,  Ligario;  il.  In 
Vatinium  testem;  18.  Ad  Equités  romanos  pridie  quam  iret  in  exilium; 
19.  Ad  Quirites  in  reditu  suo;  20.  Ad  Senatum  post  reditum  suum;  21.  Dé 
Provinciis  consularibus;  22.  Pro  M.  Cœlio;  23.  De  Lege  agraria;  24.  In  L.  Pi- 
sonem;  25.  De  Lege  agraria,  in  Senatu;  26.  De  Lege  agraria  contra  P.  Rul- 
lum;  27.  Pro  M.  Fonteio;  28.  Pro  M.  Marcello;  29.  Pro  Rege  Dejotaro;  30. 
Pro  A.  Cluentio;  31.  Pro  L,  Placco;  32.  Pro  P.  Quinctio;  33.  Pro  Domo  sua; 
34.  Pro  P.  Sextio;  35.  Pro  L.  Coimelio  Balbo;  36.  Pro  Sextio  Roscio  Amerino; 
37.  Pro  L.  Murena;  38.  De  Responsis  aruspicum,  —  Le  manuscrit  finit  ainsi 
au  verso  du  dernier  f.  :  M.  Tvllii  Ciceronis  Oratiuines  septem  (sic)  et  triginta 
finivnt.  Cette  souscription  est  suivie  d'une  table  des  matières. 

On  connaît  peu  de  manuscrits  contenant  un  aussi  grand  nombre  de  dis- 
cours de  Cicéron.  Celui-ci  est,  de  plus,  remarquable  par  sa  belle  écriture 
et  son  état  de  conservation. 


BELLES-LETTRES.  5 

Chaqae  discours  commence  par  une  grande  initiale  peinte  et  rehaussée 
d'or.  La  première  page  est  ornée  d'une  riche  bordure,  et  la  grande  initiale 
Q  du  mot  Quanquam,  par  lequel  débute  le  premier  discours,  contient  au 
milieu  une  figure  de  vieillard  à  mi-corps,  en  vêtement  bleu  et  en  capuchon 
rouge,  coiffé  d'une  calotte  rouge  et  tenant  dans  la  ^lain  gauche  un  livre 
ouvert.  La  tête  est  peinte  avec  beaucoup  de  finesse,  et  l'expression  du 
visage  fait  croire  à  un  portrait. 

5.  CICERO  (M.  T.).  Epistolae  familiares.  —  Pet.  în-fol.,  de 
218  ff.  ;  bordures  et  lettres  ornées;  mar.  bleu,  fil.,  tr.  dor. 

[Lorlic). 

Superbe  manuscrit  italien  du  XV®  siècle,  sur  vélin,  d'une  conservation 
irréprochable.  Il  commence  au  haut  du  premier  feuillet  par  ce  titre  :  M.  T. 
C.  epistola'^  liber  primiLS  incipit.  Marcus  Tullius  Publia  Lentulo  salutem 
plurimam  dicit,  A  la  fin  :  M.  T.  C.  epistola'^  liber  decimvs  sextvs  et  vlti- 
mus  expUcit  féliciter, 

La  première  page  est  ornée  sur  trois  côtés  d'une  jolie  bordure  en  or  et 
en  couleurs.  Au  bas^  se  trouvent  les  armoiries  écartelées  des  rois  d'A- 
ragon-Naples,  dont  la  magnifique  collection  des  manuscrits  a  été  vendue 
vers  1501  par  le  roi  Frédéric  III  au  cardinal  Georges  d'Amboise,  ministre 
de  Louis  XII  et  célèbre  bibliophile. 

6.  QUINTILIANUS  (M,  F.).  De  Institutione  oratoria.  —  In- 
fol.,  de  234  ff.  à  2  col.;  lettres  ornées;  vélin. 

Précieux  manuscrit  sur  vélin,  exécuté  en  Italie  au  XIV^  siècle.  Les  trois 
premiers  feuillets  ont  été  complétés  au  XV®  siècle.  Le  texte  commence  à  la 
première  colonne  par  ce  titre  :  M.  Fab.  Quintilianus  Triphoni  Bibliopolae 
SaL,  et  finit  au  verso  du  dernier  feuillet  par  ces  mots  :  qd'  magis  \\ 
petim'  bonam  uolûtatem.  Plusieurs  mains  ont  concouru  à  la  confection  de 
ce  manuscrit  écrit  en  lettre  gothique  moyenne.  Les  titres  des  livres  et 
des  chapitres,  ainsi  que  les  mots  grecs  dans, le  texte,  sont  en  rouge; 
grand  nombre  de  jolies  initiales  peintes  en  or  et  en  couleurs. 

Ce  volume  offre  un  grand  intérêt  pour  la  philologie,  en  raison  de  son 
âge ,  de  ses  variantes  qu'on  trouve  rarement  dans  les  autres  manuscrits 
connus ,  et  d'une  foule  de  notes  ajoutées  en  marge.  Nous  nous  bornerons 
à  citer  deux  exemples.  Au  chap.  P'  du  liv.  I®',  l'édition  LéYnaire  (p.  49) 
donne  cette  leçon  :  Nunc  quando  in  bonum  verteris  vitia?  leçon  que  le 
commentateur  trouve  peu  satisfaisante.  Or  notre  manuscrit  porte  (f.  3 
verso)  :  vitia  autem  quando  in  bonum  verteris?  —  Au  chap.  iv  du  même 
livre,  on  trouve  dans  l'édit.  Lemaire  (p.  102)  les  noms  propres  Planci, 
Pansse,  tandis  que  notre  manuscrit  donne  très-lisiblement  (f.  9  V)  Plauti, 
Panse.  Bien  que  la  signification  des  mots  plancus  eiplautus  soit  assez  iden- 
*  tique,  il  est  plus  probable  que  Quintilien  a  employé  ce  dernier,  sur  lequel 
nous  trouvons  en  marge  ce  commentaire  :  plautus  et  pansa  dicuntur  qui 
pedes  latos  habent. 

Les  manuscrits  de  Quintilien  remontant  au  XTV®  siècle  sont  de  toute 
rareté.  La  Bibliothèque  nationale  n'en  possède  que  trois  sur  onze,  d'après 
la  préface  de  l'édit.   Lemaire.  Celui-ci  est  très-bien  conservé,  sauf  quel- 


6  MANUSCRITS. 

ques  if.  atteints  par  Thumidité.  Il  avait  appartenu  &  la  famille  lucquoise 
Minutoli-Tegrimi ,  dont  il  porte  l'estampille  :  mais  au  bas  du  !•'  f.,  on  voit 
les  armes  d'une  autre  maison  :  Écartelé  d'or  et  de  gueules,  avec  une  croix 
au  2^  quartier.  En  dernier  lieu ,  il  provient  de  la  bibliothèque  de  M.  Eug. 
Piot. 

» 

7.  LUCANUS  (M.  A,).  Pharsalia.  —  In-8,  de  i35  ff.,  à  3o  lignes 
par  page;  relié  en  vélin  (Smeers). 

Précieux  manuscrit  sur  vélin,  du  XII«  siècle.  Il  commence  par  ce  titre 
écrit  en  rouge  :  încip  p'mus  lib'  Lvcani,  et  finit  au  recto  du  dernier  feuillet. 
Nombreuses  notes  interlinéaires  et  marginales,  du  temps  ;  plusieurs  plans 
des  villes  et  des  batailles  sont  dessinés  en  marge.  Au  verso  du  dernier  feuil- 
let, on  voit  la  représentation  de  notre  hémisphère  et  l'explication  graphi- 
que des  combinaisons  des  quatre  éléments,  le  tout  accompagné  d'un  texte 
conforme  aux  idées  de  l'époque. 

Ce  manuscrit,  fort  important  pour  la  correction  de  son  texte,  est 
admirablement  bien  écrit  et  parfaitement  conservé. 

8.  VIRGIUUS.  iEneis.  — Pet.  in-fol.,  de  174  ff.;  velours  violet. 

Très-beau  manuscrit,  daté  de  1404.  La  première  page  est  entourée 
d'un  bel  encadrement  peint,  avec  or  en  relief;  au  bas,  les  armes  de  l'illustre 
maison  Gorsini ,  de  Florence  :  Bandé  d'argent  et  de  gueules  ;  à  la  fasce 
d'azur  brochant  sur  le  tout.  Le  texte  commence ,  sans  aucun  titre  ,  avec  le 
premier  vers  de  ï Enéide,  et  finit  au  verso  du  f.  173  par  cette  souscrip- 
tion *:  Eaplicit  liber  eneidos  pu.  maronis  Virgilij  \\  mantuani  poète  clarissimi 
^letus  {et  script')  ano  M"*  cccc^  itt;<>  ||  de  mes'  Januar'  p  me  B.  D.  Corsin, 
On  voit  que  c'est  même  un  membre  de  la  famille  Gorsini  qui  a  exécuté 
cette  copie.  Ghaque  livre  de  VÉnéide  est  précédé  d'un  sommaire  versifié. 
—  Le  dernier  feuillet  contient  la  pièce  de  vers  célèbre  où  l'empereur 
Auguste  déplore  la  recommandation  faite  par  le  poëte  de  brûler  son  Ené- 
ide. A  la  fin ,  on  lit  :  Expliciût  versus  octauiani  cesaris  augusti  editi  ||  pro 
virgilio  marone  matuano  poeta  clarissto. 

Nombreuses  initiales  peintes  ;  commentaires  interlinéaires  et  notes  mar- 
ginales. Gonservation  parfaite. 

9.  VIRGILIUS.  Poemata.  —  Pet.  In-fol.,  de  82  ff.;  veau  brun, 
gaufré,  [reliure  italienne  du  xv®  siècle). 

Superbe  manuscrit  exécuté  en  Italie  et  daté  de  1455.  Il  commence  par 
ce  titre  :  P.  Virgilii  Maronis  Mantvani  Bv-\\colicorvm  carmen  incipit  felîter. 
Voici  le  contenu  du  volume  :  1°  Bucolica;  2®  Georgica;  3®  Moretum; 
4<>  Copa;  5®  Est  et  non;  6°  Vir  bonus;  T»  Bosetum;  S®  Lirœ;  9<>  Culex; 
lOo  Priapeia;  11»  Querela  lentitudinis  Priapi.  A  la  fin  de  l'avant-demière 
pièce,  on  lit  la  date  :  1455  ;  la  dernière  est  terminée  (au  recto  du  f.  82)  par 
cette  souscription  :  Finis.  0eÇ  x*?*""^*  «^H"*^"^»  BevTupaç.  Ge  dernier  mot  est 
probablement  le  nom  grécisé  d'un  scribe  appelé  Ventura. 

Gharmantes  bordures  et  initiales  peintes  en  or  et  en  couleurs,  conser- 
vées dans  toute  leur  fraîcheur  ;  texte  en  rouge  et  en  noir.  Au  bas  de  la 


BELLES-LETTRES.  7 

première  page,  un  écusson  d'armoiries  écartelées,  entouré  d'une  couronne 
de  laurier. 

Les  manuscrits  contenant  les  petits  poèmes  de  Virgile  ou  ceux  qu'on 
lui  attribue,  et  surtout  les  pièces  libres,  sont  extrêmement  rares. 

10.  VIRGILltS,  Bucolica.  Georgica.  ^Eneis.  —  In-ia,  de 
225  ff.  ;  mar.  La  Vallière,  riches  ornements  genre  Grolier, 
tr.  dor.  {Dura). 

Manuscrit  sur  vélin,  exécuté  en  Italie  au  commencement  du  XY*  siècle. 
Il  commence  par  ce  titre  :  P.  \irgUii  Ma\\ronis  Bvcoli\\corvm,  et  finit  au 
verso  du  dernier  f.  par  le  mot  :  Finis.  Les  titres  sont  écrits  en  lettres  ma- 
juscules, en  or,  pourpre,  vert,  azur  et  violet.  L'écriture  du  texte,  en  ronde 
très-gracieuse,  semble  avoir  servi  de  modèle  au  caractère  gravé  par  Fran- 
çois de  Bologne  et  employé  par  Aide  pour  son  Virgile  de  1  oOi . 

En  regard  de  la  première  page,  une  belle  composition  représentant, 
au  milieu  d'un  paysage,  un  canicbe  attaché  par  une  chaîne  d'or  à  un  lau- 
rier; le  tout  dans  un  joli  cadre,  au  bae  duquel  celte  devise  écrite  en 
lettres  d'or  sur  fond  d'azur  : 

Mas  qviero  aqvi  la  nwerie 
Qve  vida  en  otra  sverte, 

(J'aime  mieux  la  mort  ici  que  la  vie  autre  part.) 

Cette  devise  (Il  Cane)  serait  celle  d'un  membre  de  la  célèbre  famille 
Strozzi. 

Au  bas  des  pages,  cinq  ravissantes  petites  miniatures  offrent  des  scènes 
de  la  vie  pastorale  et  agricole.  Le  quatrième  livre  des  Géorgiques  est  illus- 
tré de  plusieurs  ruches  placées  au  milieu  d'un  pré  fleuri,  ce  qui  rappelle  ce 
vers  célèbre  : 

Sic  vos  non  vobis  mellificatis,  apes! 

Celle  qui  figure  au  début  de  VÉnéide  représente  le  cheval  de  Troie.  De 
charmantes  initiales  peintes  en  camaïeu  ornent  en  outre  ce  délicieux  ma- 
nuscrit, véritable  bijou. 

H.  VIRGILIUS.  JEneis.  Bucolica.  Georgica,  —  In-fol.,  de 
i68  ff.;  mar.  La  Vallière,  ornem.  à  fr.,  tr.  dor.  {Thomp- 
son). 

Manuscrit  sur  vélin,  exécuté  en  Italie  dans  la  seconde  moitié  duXY"  siècle. 
Il  commence,  sans  aucun  Utre,  par  le  premier  vers  de  ï  Enéide  y  et  finit  au 
recto  du  f.  iG8  par  les  mots  :  Deo  Grattas.  Entre  les  ff.  126  et  127,  il  y  a 
une  lacune  depuis  le  vers  392  du  dernier  livre  (XII*)  de  VÉnéide  jusqu'à  la 
fin  du  poème  :  chaque  livre  est  en  outre  précédé  d'un  sommaire  versifié. 

Très-beau  manuscrit,  grand  de  marges,  orné  de  nombreuses  initiales 
peintes  en  or  et  en  couleurs.  Notes  interlinéaires  du  temps.  Belle  reliure. 


8  MANUSCRITS. 

12.  HORATIUS.  Carmina.  —  Pet.  in-fol.,  de  i4i  ff.;  relié  en 
vélin . 

Superbe  manuscrit  sur  vélin,  exécuté  en  Italie  au  commencement  du 
XV«  siècle.  Il  commence  par  ces  quatre  lignes  peintes  en  lettres  capitales 
en  or  et  en  couleurs  :  Eominvm  scri-\\bit  officia  pra\\cmatice  mono\\colos,  La 
page  est  décorée  sur  les  trois  côtés,  en  forme  de  la  lettre  E,  d'une  magni- 
fique bordure  dont  les  gracieux  entrelacs  se  détachent  sur  un  fond  bleu, 
rouge  ou  bistre.  Le  milieu  de  la  bordure,  qui  s'avance  dans  la  page,  offre 
un  grand  M  peint  en  or,  initiale  du  mot  :  Mœcenas.  Dans  la  partie  qui 
borde  la  marge  inférieure,  deux  anges  soutiennent  un  écusson  aux  armes 
de  l'illustre  famille  vénitienne  Morosini  :  D'or  à  la  bande  d'azur.  En  tête 
de  chaque  division  des  poésies  d'Horace,  se  trouve  une  riche  bordure  dans 
le  genre  de  celle  du  titre.  Tous  les  titres  sont  écrits  en  lettres  capitales  en 
or,  en  outremer,  en  carmin  et  en  bistre.  Entre  les  lignes ,  très-espacées , 
du  texte,  sont  insérées  des  notçs  explicatives  en  latin ,  d'une  fort  belle  et 
très-fine  écriture.  Les  niarges,  qui  occupent  les  deux  tiers  des  pages, 
offrent  le  commentaire  du  scoliaste  Acron,  écht  en  caractères  italiques 
très-élégants. 

En  regard  de  la  page  du  titre,  on  voit  un  frontispice  d'un  goût  antique, 
dans  ]e  style  de  Mantegna,  peint  en  camaïeu  et  rehaussé  d'or.  Un  faune  et 
un  satyre,  jouant,_run  d'une  flûte  simple  et  l'autre  d'une  flûte  double,  se 
tiennent  debout  à  côté  d'un  monument  sur  lequel  on  lit  en  lettres  d'or  : 
Q.  OratiiFlacWci  Venvsini  \\  Carminvm  ||  liber primvs  \\  incipit,  \\  M.  Antonivs 
Mav\\rocenus  ||  Patrici\\vs  Venet.  sibi  et  svis  ||  V.  F,  L'inscription  de  ce  fron- 
tispfce  ajouté  postérieurement  indique  que  ce  manuscrit  faisait  partie  de 
la  bibliothèque  du  patricien  Marc-Antoine  Morosini ,  littérateur  et  protec- 
teur d'Aide,  qui  lui  dédia  aussi  son  édition  de  Lucain  de  1502. 

Le  dernier  feuillet  contient  une  vie  d'Horace  en  latin. 

Ce  précieux  manuscrit,  qui  provient  de  la  bibliothèque  de  M.Eug.  Piot, 
est  d'une  conservation  irréprochable. 

13.  OVIDIUS.  Epistolœ  heroidum.  —  In-4,  de  48  ff.,  à  36 
lignes  par  page;  mar.  vert  myrte,  fil.  à  fr.,  milieu,  tr, 
dor.  (Lortic). 

Manuscrit  du  commencement  du  XTV»  siècle,  sur  vélin,  exécuté  en  Italie. 
Il  débute  au  haut  de  la  1"  p.  par  ce  titre  écrit  en  rouge  :  Incipit  ouid.  (le 
reste  presque  effacé),  et  finit  au  recto  du  f.  48  par  cette  ligne  :  Xxplidt 
liber  ouidij  epistolarum.  deo  gratias.  Amen,  Il  contient  vingt  épîtres,  dont  la 
dernière,  celle  de  Cydippe  à  Aconce,  s'arrête  avec  le  12®  vers  :  Quos  vc- 
reor,  etc.,  ce  qui  a  lieu  dans  tous  les  manuscrits  les  plus  anciens.  La  vingt 
et  unième  épitre,  ceUe  de  Sapho  à  Phaon ,  ne  s'y  trouve  point  :  on  ne 
la  rencontre  que  dans  les  manuscrits  d'une  date  relativement  très-récente 
(«  Sapphitë  ad  Phaonem  Epistola  in  nullis  Heroidum  Ovidianarum  exempla- 
ribus,  nisi  receniissimis,  apparet,  »  Amar,  dans  l'édition  de  Lemaire,  p.  261). 

Ce  manuscrit  est  important  en  raison  de  son  ancienneté  ;  on  pourra  y 
recueillir  plus  d'une  variante  utile.  La  première  moitié  est  couverte  de 
commentaires  dus  à  un  critique  érudit  du  temps.    .. 


BELLES. LETTRES.  9 

Écriture  gothique,  très-nette  ;  conservation  parfaite  ;  grandes  marges. 
Le  dernier  feuillet  contient,  écrite  d'une  autre  main,  la  célèbre  canzone 
de  Pétrarque  : 

Vergine  beUa  che  di  sol  vestita.., 

14.  OVIDIUS.  Epistolae  heroidum.  —  In-8,  de  ^3  £F.;  veau 
fauve,  fermoirs. 

Beau  manuscrit  italien,  de  la  fin  du  XV"  siècle,  sur  vélin.  Il  commence 
en  haut  de  la  l'«  p.  par  ce  titre  :  P.  Ovidii  Niasonis  (sic)  EpistoUxrvm  libe\\r 
incipit  féliciter.  ,L.  primvs  \\  Pénélope  ad  Vlixem.  Epistola  \\  prima,  et  finit 
au  recto  du  f,  73  :  Te>.oc  ||  JP.  Nasonis  Heroidorvm  ,L.  explicit  ||  Finis. 

Son  texte  est  identique  avec  le  précédent,  ce  qui  prouve  qu'il  a  été 
copié  sur  un  manuscrit  plus  ancien. 

Il  est  écrit  en  belles  lettres  rondes.  La  première  page  est  entourée  d'une 
charmante  bordure  historiée,  peinte  en  or  et  en  couleurs  ;  au  bas,  les  ar- 
mes :  Tranché  de  sable  et  d'argent.  Chacune  des  épîtres  commence  aussi  par 
une  initiale  peinte ,  et  tous  les  nomë  propres ,  par  une  initiale  en  rouge. 
—  Conservation  irréprochable. 

Il  porte  l'estampille  de  la  maison  Minutoli-Tegrimi,  et  provient  de  la 
bibliothèque  de  M.  Eug.  Piot. 

15.  OVIDIUS.  Metamorphoseon  libri  XV.  —  In-8,  de  i8.i 
ff.  ;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  (Smeers). 

Manuscrit  sur  vélin,  exécuté  en  Italie  au  XIV"  siècle.  Il  commence  par 
ce  titre  en  rouge  :  Incipit  liber  Ouidii  metamorphoseos.  A  partir  du  f .  131 
jusqu'à  la  fin,  l'écriture  est  d'une  autre  main,  en  lettres  gothiques  égale- 
ment. Le  texte  finit  au  verso  du  f.  177  par  cette  souscription  :  Eocplicit 
liber.  XV  ouidij  Metamorphoseos.  ||  ft  BC6).o<;tou  awî^opvou.  +  ||  Deo  gratias. 
Amen.  Afh.  Suit  une  table  des  matières,  en  4  ff.  Titres  des  livres  et  initiales 
peintes  en  rouge. 

Précieux  manuscrit,  tant  en  raison  de  son  âge  et  de  son  texte  très-cor- 
rect, qu'à  cause  d'innombrables  notes  philologiques,  littéraires  et  histori- 
ques dont  il  est  couvert,  notes  dont  la  majeure  partie  remonte  au  XIV®  siè- 
cle. D'après  la  souscription  en  grec  rapportée  ci-dessus ,  il  avait  appartenu 
à  Sozzomeno ,  historien  et  lielléniste  italien  du  XV®  siècle.  Il  provient  en 
dernier  fieu  des  mêmes  collections  que  le  manuscrit  précédent. 

16.  OVIDIUS.  De  Arte  amandi  [De  Arte  amatoria].  De  Remé- 
die amoris.  De  Tristibus.  Fasti.  —  In-fol.,  de  277  ff.;  mar. 
vert,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  (Lorfic). 

Manuscrit  du  XV"  siècle,  sur  papier.  Il  commence  par  ce  titre  :  P.  Ovidii 
Nasonis  de  Arte  amandi  liber  primus  incipit  fœliciter,  et  finit  au  recto  du 
dernier  feuillet  :  Finis  Sexti  libri.  Les  ff.  74,  et  158  à  164  sont  blancs. 

Très-bon  texte;  nombreux  commentaires  en  marges.  Les  manuscrits 
qui  réunissent  ces  quatre  poèmes  sont  fort  rares.  —  Conservation  parfaite, 
sauf  quelques  piqûres  de  vers. 


10  MANUSCRITS. 

i7.  SIUUS  ITALICUS.  De  Secundo  Bello  punico.  —  In-fol., 
de  219  ff.;  veau  racine. 

Manuscrit  du  XV  siècle,  sur  vélin,  exécuté  en  Italie.  En  tête,  figurent 
quatre  épigrammes  de  Martial,  dont  la  première  est  précédée  de  ce  titre  : 
Htartialis  libro  epigrâmatum  quarto  ad  Silium.  A  la  suite ,  se  trouve  la  vie 
de  Silius,  tirée  des  épttres  de  Pline  le  Jeune.  Riches  bordures  et  initiales, 
peintes  en  or  et  en  couleurs.  Notes  interlinéaires. 

Sur  les  plats  de  la  reliure  de  ce  manuscrit,  beau  et  très-bien  conservé, 
les  armoiries  portant  un  sautoir  de  gueules;  couronne  de  marquis;  devise  : 
In  Sperantia, 

18.  JUVENALIS.  Satyrae.  —  In-4,  de  ii3  ff.;  mar.  br.,  El. 
à  fr.,  dent,  in  ter. 

Précieux  manuscrit  du  X*  siècle,  sur  vélin.  Il  commence  par  le  nom  da 
poète  :  Jitvenalis,  et  s'arrête  au  145"  vers  de  la  xv*  satire  : 

Mque  exercendis  capiendisque  ariibus  apti. 

Malheureusement  il  ofifre  les  lacunes  suivantes,  d*après  l'édition  Lemaire  : 
f.  63*,  vers  113  à  144  de  la  satire  viii;  f.  67*,  3  derniers  vers  de  la  môme 
satire  et  les  28  premiers  de  la  suivante  ;  f .  68*,  vers  61  à  93  de  la  satii^  ix  ; 
f.  105*,  vers  157  à  188  de  la  satire  xiv;  f.  111*,  vers  50  à  81  de  la  satire  xv; 
et  3  feuillets  à  la  fin,  contenant  les  vers  146  à  174  de  la  même  satire,  ainsi 
que  les  60  derniers  vers  de  la  satire  xvi,'en  tout  huit  feuillets.  Malgré  ces 
lacunes,  il  est  d'une  grande  importance  à  cause  des  nombreux  commentai- 
res dont  ses  marges  sont  couvertes,  commentaires  qui  fournissent  une  foule 
de  variantes  aux  textes  imprimés. 

Les  classiques  du  X*  siècle  sont  fort  rares.  La  Bibliothèque  nationale 
possède  plus  de  vingt  manuscrits  de  Juvénal  :  quatre  seulement  remontant 
au  X®  siècle,  et  ce  sont  les  plus  anciens.  Celui  qui  est  coté  n<>  8070  se  rap- 
proche beaucoup  du  nôtre  par  l'écriture,  par  l'espacement  des  lignes  et 
par  les  notes  marginales. 

19.  JUVENAUS.  SatyrsB.— In-8,de65  ff.;  mar.  La  Vallière, 
ornem.  à  fr.  dans  le  style  vénitien,  tr.  dor.  {Hagué). 

Charmant  manuscrit  de  la  fin  du  XV»  siècle,  sur  vélin,  exécuté  en  Italie, 
n  commence  par  ce  titre  écrit  à  l'encre  bleue  en  lettres  majuscules  :  Ivntt 
ÎMvenalis  Aqvinatis  Satyrarum  liber  primvs.  Au  bas  de  la  page,  dans  un  dé- 
licieux ornement  composé  de  rinceaux  d'or  parsemés  de  perles,  sur  un 
fond  bleu,  un  écusson  portant  pour  armoiries  un  Donjon  soutenu  par  deux 
dragons  ailés. 

Magnifique  écriture  en  lettres  rondes;  grandes  marges;  conservation 
parfaite. 

20.  TERENTIUS.  Comœdiae.  —  In-4 ,  de  148  ff.;  mar.  vert, 
fleurons,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  {Lortic). 

Précieux  înanuscrit  du  XIIP  siècle,  sur  vélin.  Il  commence  par  le  mono- 
gramme :  lus,  et  une  courte  vie  de  Térence  dont  voici  le  début  :  Terentius 


BELLES-LETTRES.  11 

• 

affer  gne  duis  vero  c(xrtagin€nsis  fuit.  Vient  ensuite  (fol.  2  r.)  une  épitaphe 
en  six  vers,  qui  nous  parait  aussi  inédite.  Au  bas  de  la  première  page,  au 
milieu  d'un  ornement,  un  écusson  rond  contenant  des  armoiries  peintes  en 
rouge  et  consistant  en  un  échiqueté,  avec  un  roc  d'échiquier  en  chef.  Cha- 
cune des  six  comédies  est  précédée  d'un  argument  (periocha)  en  vers  par 
C.  Sulpitius  Apollinaris,  et  d'un  prologue  aussi  Tersifîé,  attribué  par  le 
commentateur  de  notre  manuscrit  à  Caliopius,  dont  le  nom  se  lit,  en  effet, 
à  la  fin  de  chaque  pièce  (ego  Caliopivs  recensui),  et  dans  lequel  plusieurs 
critiques  croient  reconnaître  Alcuin,  le  célèbre  familier  de  Gharlemagne. 
Le  manuscrit  est  écrit  en  rouge  et  en  noir,  avec  de  nombreuses  lettres 
enluminées.  Les  vers  se  suivent  sans  séparation.  Il  est  couvert,  entre  les 
lignes  et  sur  les  marges ,  de  notes  et  commentaires  où  il  y  aurait,  même 
aujourd'hui,  considérablement  à  prendre.  Le  texte  lui-même  offre  beaucoup 
de  variantes,  dont  plusieurs  ont  de  l'importance  et  ne  semblent  pas  avoir  été 
jamais  recueillies.  A  la  fin  du  volume,  est  peint  un  curieux  emblème  composé 
de  deux  colonnes  ou  cylindres  liés  ensemble,  supportant  une  pièce  d'étoffe 
rouge,  et  accompagnés  d'une  banderole  avec  cette  devise  :  Par  les  .  de.  vois. 

Ce  qui  donne  un  intérêt  capital  à  ce  volume ,  c'est  qu'il  est  une  imitation 
en  fac-similé  d'un  manuscrit  carlovingien.  Les  grandes  initiales  ornées  sont 
curieuses  à  étudier. 

Conservation  parfaite  ;  grandes  marges. 

21.  TERENnUS,  Comœdiœ.  —  Pet.  in-8  carré,  de  164  ff,; 
mar.  blanc ,  riches  ornements  peints  en  noir,  dos  orné , 
tr.  dor.  (Hagué). 

Manuscrit  du  commencement  du  XV«  siècle,  sur  vélin.  Iljcommence  par 
ce  titre  en  rouge  :  Terentij  Prohemium,  ce  qui  est  la  même  chose  que  l'épi- 
taphe  du  manuscrit  précédent,  et  finit  au  verso  du  dernier  f.  par  ces  deux 
lignes  :  Terentij.  Affri  Phormio  explidt  cômedia  rj«.  ||  .Deo.  Gratias.  Amen. 

Très-belle  écriture  en  rouge  et  en  noir;  jolies  initiales  en  or  et  en  cou- 
leurs. Les  vers  sont  séparés.  Charmant  volume,  d'une  conservation  irré- 
prochable, et  couvert  d'une  fort  jolie  reliure. 

22.  SENECA.  Tragœdiae.  —  Gr.  in-foL,  de  65  ff,  à  2  col.;  peau 
de  truie  estampée  (anc.  rel.). 

Manuscrit  de  la  fin  du  XIII®  siècle,  sur  vélin,  exécuté  en  Italie.  Le  texte 
commence  par  ce  titre  en  rouge  :  Tragédie  moraV  senece.  Les  marges  et  les 
interlignes  sont  couvertes  de  commentaires  d'un  érudit  de  l'époque.  Titres 
et  initiales  en  rouge.  * 

Pierrot,  dans  l'édition  Lemaire,  déclare  n'avoir  pu  consulter  aucun  manus- 
crit de  Sénèque  antérieur  au  XIV^  siècle ,  ce  qui  fait  suffisamment  ressortir 
l'importance  de  celui-ci.  Malheureusement,  entre  les  ff.  17  et  18,  il  y  a  une 
lacune  de  deux  feuillets  contenant  les  vers  4G8  à  664  (fin)  de  la  Thébaide  et 
les  vers  1  à  158  de  VUippolyte. 

Le  texte  finit  à  la  seconde  colonne  du  recto  du  dernier  feuillet,  par  cette 
souscription  :  Explicit  liber  tragedialf  anney  Senece.  \\  deo  gras  am.  aue  maria 
grà  plena.  d.  t..  Suivait  l'indication  du  nom  du  propriétaire  ou  du  scribe, 


i2  MANUSCRITS 

mais  on  ne  peut  lire  que  ces  mots  :  Iste  tragédie  sf  mei,..,  le  reste  étant 
gratté. 

  la  suite,  vient  une  désignation  poétique,  en  onze  vers,  des  sujets  de 
ces  dix  tragédies,  précédée  de  ce  titre  :  Carmina  magistri  pétri  d' mogliis,  et 
deux  intercala tions,  la  première  offrant  une  partie  du  Chœur  des  Thébains,  de 
VHercule  funeux,  la  seconde,  une  partie  du  Chœur  du  Ile  acte  de  VOEdipe^ 
intercalations  admises  aujourd'hui  comme  authentiques  et  qui  ne  se 
trouvent  que  dans  un  petit  nomhre  de  manuscrits.  L'écriture  de  toutes 
ces  pièces  est  contemporaine  du  manuscrit. 

Sur  les  marges,  il  y  a  un  certain  nombre  de  dessins  à  la  plume,  fort  re- 
marquables et  d'une  main  du  temps. 

23.  SENECA.  Tragœdî».  —  Pet.  in-fol.,  de  218  fT.;  mar,  brun, 
fermoirs   {anc,  rel.). 

Manuscrit  du  XrV«  siècle,  sur  vélin,  exécuté  en  Italie.  Il  commence  par 
un  préambule  dont  voici  le  début  :  Sût  î  hoc  libro  tragédie.  X.  quarump^  e  de  y 
her'le  furente,  et  il  finit  ainsi  au  recto  du  dernier  feuillet  :  Deo  Gratias  Am, 
Une  souscription  finale  a  été  grattée. 

Le  texte  de  ce  superbe  manuscrit  est  écrit  en  gros  caractères  gothiques 
et  accompagné  d'un  commentaire  très-considérable.  Chaque  pièce  commence 
par  une  initiale  historiée  ;  les  premières  n'ont  pas  été  achevées ,  et  le  dessin 
des  sujets  qui  devaient  être  peints  en  miniature  reste  à  découvert.  Dans  le 
cours  du  volume ,  de  nombreuses  petites  vignettes  à  la  plume. 

2i.  PRUDENTIUS  CLEMENS  (Aurelius).  Opéra.  —  In-A ,  de 
220  ff.;  rel.  en  bois  recouv.  de  vélin  bl.  estampé,  fermoir. 
(anc.  rel.).  , 

Précieux  manuscrit  du  X^  siècle,  sur  vélin.  Il  commence  par  une  courte 
biographie  du  poète,  tirée  de  saint  Jérôme  et  de  Gennadius,  intitulée  :  Tes- 
timonivm  de  hystoria  \\  virorvmiîlvstrivm,  C.  XL.  VIII;  elle  est  suivie  d'une 
explication  :  De  Qvalitate  metri.  Au  verso  du  1er  f.,  se  trouve  une  Prelocutio , 
et,  à  la  page  suivante ,  commencent  les  Hymnes,  dont  le  premier  est  celui  : 
Ad  Galliciniû.  Le  second  livre  (IlepiaTeçavwv)  finit  au  verso  du  f.  80.  Après 
l'hymne  en  l'honneur  de  sainte  Agnès,  on  lit  (f.  52)  :  Versvs  Constantine. 
Constantini  filie  ||  scripti  in  absida  basilice  quâ  condidit  in  \\  honoré  scè.  Agnetis 
virginis,  pièce  de  vers  qui  paraît  inédite.  Le  recueil  de  poésies  intitulé  :  Psy^ 
chomachia,  est  précédé  (f.  134  v.)  d'un  traité  en  prose  ajouté  :  De  edificatione 
fidei  et  concordie,  qui  occupe  presque  quatre  pages.  L'œuvre  du  poète  finit 
au  f.  299  r  ;  au  verso,  commence  une  pièce  de  168  vers  dont  le  premier  est  : 

Inter  florigeras  fœcundi  cespitis  herbas; 

et  le  dernier  (f.  202)  : 

lungat  nos  pariter  Uta  sub  sole  dies. 

L'écriture  carlovingienne  de  ce  superbe  manuscrit  est  d'une  beauté  et 
d'une  netteté  remarquables.  Titres  en  rouge  ;  belles  initiales  ornées,  aussi  en 


BELLES-LETTRES.  13 

rouge,  rehaussées  d'argent.  Dans  plusieurs  hymnes,  la  musique  est  notée  en 
neumes.  Chacune  des  poésies  de  Prudence  est  précédée  de  l'indication  du 
genre  de  vers  qui  y  a  été  employé  par  le  poète. 

On  ne  connaît  que  quelques  manuscrits  de  Prudence  antérieurs  au 
XTV*  siècle.  Celui-ci  offre  un  texte  infiniment  plus  correct  que  ceux  pubUés 
jusqu'à  ce  jour,  et  les  gloses  dont  il  est  accompagné  sont  d'une  importance 
toute  particulière.  A  la  vente  Libri  (1859),  a  figuré  un  manuscrit  de  ce  poète, 
de  la  même  époque  (vendu  2500  £r.  environ) ,  mais  le  nôtre  est  bien  plus 
beau  et  plus  correct. 

Ce  qui  augmente  encore  sa  valeur,  c'est  que  les  dix-neuf  derniers  feuil- 
lets contiennent  un  long  poème  en  vers  hexamètres,  en  l'honneur  de  SAINT 
MARTIN  DE  TOURS ,  par  Paulin  de  Périgueux,  poète  latin  de  la  fin  du 
v«  siècle.  L'intitulé  porte  :  Incipit  opvs  Pavlini  PetreCorcordie  (sic)  ||  de  Vita 
scï.  Martini  episcopi  versibvs.  Ce  poème,  publié  plusieurs  fois,  mais  d'une  façon 
peu  satisfaisante ,  est  divisé  en  six  livres  ou  chants  ;  notre  manuscrit  n'en 
offre  que  trois,  représentant  ensemble  889  vers.  Or  d'après  les  renseigne- 
ments qui  nous  ont  été  obligeamment  communiqués  par  M.  Dorange, 
savant  conservateur  de  la  bibliothèque  de  Tours,  on  ne  connaît  en  France 
que  deux  autres  manuscrits  de  ce  poème  :  celui  de  la  faculté  de  médecine 
de  Montpellier  (X*  s.)  bien  complet,  et  celui  de  la  Bibliothèque  nationale, 
fonds  S.-Germain-des-Prés,  n©  652  (nouv.  1406)  (X»  s.),  qui  s'aiTéte  à  la  fin 
du  2e  livre. 

25.  GUALTHERUS  AB  INSULIS.  Alexandreis.  —  Pet,  in-fol., 
de  66  ff.;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  (Smeers). 

Manuscrit  du  XIY«  siècle,  sur  vélin.  Il  commence  immédiatement  par  le 
prologue  de  l'auteur,  en  prose  :  Morts  est  tisitati,.,y  prologue  suivi  d'un 
sommaire  développé  des  dix  livres  du  poème  qui  finit  au  recto  du  dernier 
f.,  par  cette  souscription  :  Explicit.  x\  éç  ultvnC  liber  alexandreidos.  deo 
gras.  am.   Notes  interlinéaires   et  marginales;  lettres  ornées. 

Ce  poème,  où  Gautier  de  Lille,  dit  de  Châtillon  (XII^  siècle),  célèbre  les 
exploit  s  du  héros  macédonien,  était,  à  la  fin  du  treizième  siècle,  expliqué 
dans  les  écoles,  comme  le  fut  plus  tard  V Enéide.  Les  manuscrits  en  sont  peu 
communs  aujourd'hui.  Celui-ci  est  très-bien  conservé  ;  il  provient  de  ht  collec- 
tion Minutoli-Tegrimi ,  et  en  dernier  Ueu  de  la  bibUothèque  de  M.  Eug.  Piot. 

26.  VILLADEI  (Alej^ander  de).  Doctrinale.  —In-fol.,  de  44  ff., 
à  2'j  lignes  par  page;  mar.  vert,  fil.,  fleurons,  tr.  dor. 
{Lortic). 

Manuscrit  sur  vélin,  de  la  fin  du  XIIIo  ou  du  commencement  du  XFVe  siècle, 
exécuté  en  France.  Il  commence  ainsi  au  haut  du  l®r  feuillet  : 

Scribere  clericulis  paro  ||  doctrinale  nouelliSf 

et  finit  à  la  dernière  page  par  cette  souscription  :  Explicit  liber  dodrinalis 
Magistri  \\  Alexandri  Deo  Gratias.  Amen. 

La  grande  initiale  du  premier  mot  (Scribere)  semble  présenter  le  portrait  de 
l'auteur  (?)  peint  d'une  façon  magistrale.  Notes  interlinéaires  et  marginales. 


14  MANUSCRITS. 

On  connaît  le  succès  prodigieux,  et  bien  immérité,  qu'obtint  au  moyen 
âge  cette  grammaire  latine  en  vers,  composée  en  1209  par  notre  compatriote 
Alexandre  de  Yilledieu.  Elle  fut  d'un  usage  constant  jusqu'en  1514. 

27.  GALFRIDUS  MONEMUTENSIS.  Historia  Britonum-  —  In.4, 
de  246  ff.;  ais  de  bois  recoiiv.  de  cuir. 

Manuscrit  du  XIH»  siècle,  sur  vélin.  Sur  le  feuillet  de  garde,  on  lit,  d'une 
écriture  du  XV«  siècle  :  Historia  Britannica  qua  de  Britânico  incerti  auctoris 
in  Latim  sermonè  transtulit  Galfridus  Monemutensis,  Insertaque  est  pphetia 
Merlini  eodem  Galfrido  interprète.  Le  texte  commence,  sans  aucun  titre,  par 
ces  mots  :  Cvm  muîta  mecum  et  de  multis  sepitts.,.,  et  il  finit  au  recto  du 
f.  133. 

M.  Paulin  Paris ,  dans  l'introduction  de  son  livre  des  Bomans  de  la  Table 
ronde,  a  esquissé  Thistoire  de  la  polémique,  qui  se  continue  encore  des  deux 
côtés  du  détroit,  sur  les  origines  des  romans  de  Bretagne.  Geoffroi  de  Mont- 
mouth,  avec  son  Historia  Britonum,  y  joue  le  plus  grand  rôle.  Cette  histoire,  ^ 
dont  notre  manuscrit  ^ffre  une  des  plus  belles  copies ,  a  été  écrite ,  selon 
M.  P.  Paris,  de  1135  à  1150;  mais  Geoffroi  de  Monmouth  avait,  à  cette  der- 
nière date,  remanié  et  retouché  la  première  rédaction.  Les  exemplaires  qui 
contiennent,  comme  celui-ci,  le  texte  définitif,  sont  rares. 

La  seconde  partie  du  volume  renferme  un  Liber  pœnitentialis,  écrit  à  la 
même  époque. 

Jolies  lettres  ornées  ;  conservation  parfaite.  Sur  le  premier  plat  de  la  re- 
liure, à  l'intérieur,  se  trouve  collé  un  feuiUet  de  vélin  contenant  un  frag- 
ment d'un  vieux  poème  allemand. 

28.  PICœLOMINl  (iEneas  Sylvius).  De  Duobus  amantibus  Eu- 
rialo  et  Lucretia,  etc.  —  Pet.  in-foL,  de  5i  ff.;  mar.  vert, 
comp.  à  fr.,  tr.  dor.  [Bauzormet). 

Manuscrit  de  la  fin  du  XY«  siècle,  sur  vélin.  Il  commence  ainsi  :  Eneae 
Siluij,  poetae  Senensis  De  duobus  amantibus.  Eu\\rialo  et  Lucretia  opusculum  ad 
marinum  Sosinum  \\  fœliciter  incipit.  Praefacio.  Ce  beau  roman,  écrit  en  1444 
par  celui  qui  fut  plus  tard  le  pape  Pie  II ,  et  dont  il  a  paru  plusieurs  traduc- 
tions françaises,  finit  au  r.  du  f.  28.  —  A  la  suite,  vient  :  Oratiopape  Pij  habita 
in  conuentu  Mantuano  VI'**  ||  K'ias  octobres  anno  JtfCCCGL  TIIIo, -discours  élo- 
quent, dans  lequel  le  souverain  pontife  cherchait  à  provoquer  une  nouvelle 
croisade  contre  les  Turcs  ;  un  autre  appel  à  la  croisade,  daté  du  11  novembre 
1463,  termine  le  volume. 

Charmant  manuscrit  italien,  orné  de  riches  bordures  et'  initiales.  Conser- 
vation irréprochable. 


BELLES-LETTRES.  45 


AUTEURS  FRANÇAIS 

29.  LE  VER  (Firmin).  Dictionnaire  latin-français,  suivi  d'une 
grammaire.  —  In-fol.,  de  ^'ji  ff.  k  2  coL  ;  ais  de  bois  re- 
couv.  de  parchemin. 

Manuscrit  sur  vélin  ,  daté  de  1440.  Dans  ses  Obseroations  sur  VOrthogror 
phe  (2^  édit.,  1868  ),  M.  Ambroise  Firmin-Didot  a  étudié  avec  soin  ce  monu- 
ment lexicographique  précieux  à  bien  des  titres;  nous  nous  bornons  donc  à 
emprunter  quelques  passages  à  son  travail. 

«  L'ouvrage  le  plus  ancien  et  le  plus  important  pour  Thistoire  de  la  lan- 
c  gue  française  et  les  origines  de  son  orthographe  est  le  Dictionnaire  latin- 
«  français,  encore  inédit  y  commencé  en  1420  et  terminé  en  1440  par  Firmin 
«  Le  Ver,  prieur  des  Chartreux  deSaint-Honoré-lez-Abbeville,  et  écrit  tout  en- 
c  tier  de  sa  main.  Ce  manuscrit,  inconnu  à  Du  Gange  et  qui  lui  eût  été  si  utile, 
c  est  un  in-folio  sur  vélin,  de  942  pages  de  86  lignes,  contenant  environ  30,000 
c  mots  latins  en  usage  au  commencement  du  XV*  siècle ,  avec  leurs  corres- 
«  pondants  français.  Ce  grand  travail ,  auquel  toute  la  communauté  de  Saint- 
«  Honoré  a  dû  collaborer  avec  son  prieur,  commence  ainsi  (  nous  ne  repro- 
«  duisons  pas  les  abréviations  )  :  Indpit  Dictionarius  a  Catholiœn  et  ||  fiu- 
«  gutione  atque  a  Papia  et  Britone  H  extractus  atque  a  plurihus  aliis  libris  || 
«  gramaticalibus  compilatus  et  hoc  \\  secundum  ordinem  alphabeti  ».  —  A  la 
«  fin,  avant  la  grammaire  (f.  461  r.)  :  Explicit  liber  iste  qui  proprie  nominari 
«  débet  dictionanus,.,,  ego  Firminus  Verris,deviiîa  Abbatisville,  in  PontivOy 
oc  Ambianensis  diocesis  oriundus,  religiosus  professus  ac  huius  dormis  beati  Ho^ 
<K  noratiprope  dictam  villam  Abbatisville,  Cartusiensis  ordinis,  prier  indigniLS, 
«  PER  viGiNTi  ÀNNORUM  GURRicuLA  ET  AMPLius,  cum  moxima  pena  et  labore  in- 

X  simul  congregavi,  compUaviet  conscripsi Qui  dictitë  dictionarius  anno 

«  dm.  millesimo  CCCC^  quadragesimo  mensisaprilis  di£ultimo  completus  fuit  et 

«  finitus Cest  Hure  est  et  appartient  [aux  chartreux  près  dabbeuille  :  mots 

«  grattés  et  rétablis]  en pontieu  de  îeuesquiet  damiens.  Qui  lara  le  rende.  Ex^ 

<  plicit. 

a  Je  n'insisterai  pas  sur  Tintérêt  que  ce  beau  manuscrit,  d'une  écriture 
«  soignée  et  très-lisible,  présente  pour  l'histoire  de  notre  langue,  dont  il  offre 
«  le  tableau  complet  à  une  époque  bien  déterminée...  Le  soin  apporté  par 

<  Fauteur  au  classement  des  mots,  soin  que  je  n'ai  pu  constater  dans  aucun 
«  des  glossaires  manuscrits  que  j^ai  vus  ;  la  justesse  des  synonymies  et  des 
c  définitions,  en  font  une  œuvre  à  part,  un  corpus  général  de  notre  vieux 

<  langage  en  même  temps  que  du  latin,  à  Tépoque  qui  précède  immédiate- 

<  ment  celle  où  les  érudits  de  la  Renaissance  allaient ,  non  plus  seulement 
«  introduire  dans  le  français  une  couche  nouvelle  de  mots  de  forme  latine, 
«  mais  le  replonger  vivant  dans  le  moule  du  latin  littéraire  de  Cicéron  et  de 

<  Virgile,  en  substituant  un  calque  romain  à  la  forme  propre  au  vieux  lan- 
«  gage  français  et  conforme  à  ses  procédés  phoniques.  » 

M.  Didot  a  constaté  qu'un  grand  nombre  de  mots  français  ne  se  trouvent 
que  dans  ce  dictionnaire,  et  que  près  d'un  sixième  de  mots  latins  manquent 
complètement  aux  glossaires  latins  et  à  Du  Gange  lui-même. 


16  MANUSCRITS. 

30.  BEUVE  D'ANSTONE.  —  FERABRAS  D'ALIXANDRE.   — 

In-4,  de  52  et  78  fF.  de  27  lignes  par  page;  ais  de  bois  re- 
couv.  de  cuir  {reliure  du  temps,  tres^ fatiguée,  dans  un  étui 
en  parchemin). 

Manuscrit  sur  vélin,  de  la  fin  du  Xlle  ou  du  commencement  du  XIH®  siècle. 
Ce  précieux  volume,  à  en  juger  par  le  genre  de  sa  vieille  reliure ,  avait  très- 
probablement  appartenu  à  un  jongleur.  Il  provient  de  l'Angleterre,  où  il  avait 
sans  doute  été  porté  à  Fépoque  de  la  grande  vogue  des  chansons  de  geste 
françaises. 

Au  sentiment  de  M.  Paulin  Paris ,  notre  manuscrit  semble  offrir  une  des 
plus  anciennes  formes  de  ces  deux  célèbres  poèmes,  et  à  ce  titre  c'est  un 
monument  très-important  pour  la  philologie  et  pour  notre  histoire  littéraire. 
La  chanson  de  Beuve  d'Anstone,  encore  inédite,  est  assurément  une  des  plus 
belles  de  nos  temps  épiques.  Elle  n'est  conservée  que  dans  un  petit  nombre 
de  manuscrits,  tous  postérieurs  au  nôtre.  La  Bibliothèque  nationale  en  pos- 
sède deux  ;  l'un  du  XIII©  siècle,  l'autre  du  XIVo.  La  versification  rappelle  ici 
le  texte  de  la  Chanson  de  Roland  du  célèbre  manuscrit  d'Oxford.  Malheureu- 
sement, il  est  incomplet  du  commencement,  et  offre  encore  une  lacune  de 
deux  feuillets  dans  la  partie  conservée.  Il  commence  par  ces  vers  : 

11  ^unt  prendre  mit'  estreyfement. 
A  son  col  pendunt  vn  kartayne  pesant. 

et  finit  par  ces  mots  :  Expîicit  b'  de  hampton.  Amen. 

La  chanson  de  Ferabras  ou  Fierabras  a  été  publiée  en  1860,  mais  dans  une 
forme  beaucoup  moins  ancienne  que  celle  de  notre  manuscrit  dont  on  igno- 
rait encore  l'existence  à  cette  date.  Ce  qui  est  fâcheux,  c'est  qu'il  offre  deux 
lacunes  d'un  feuillet  chacune ,  et  trois  autres  lacunes  assez  considérables.  Il 
commence  ainsi  : 

Seyfis  fêtes  pas  si  u'plet  si  oez 
Chanson  fere  et  orible  iameylar  n'orez; 

et  finit  au  verso  du  dernier  feuillet  par  cette  souscription  :  Expîicit  de  fera- 
bras  daîixandre.  Il  y  a  peu  d'années,  on  a  découvert  à  la  bibliothèque  de  l'Es- 
curial  un  manuscrit  bien  complet  de  Fierabras,  contemporain  du  nôtre,  mais 
qui  offre  des  différences  sensibles. 

31.  BENOIT  DE  SAINTE-MORE.  Le  Roman  de  Troie,  —  In.4, 
de  i32  ff.  à  2  col.;  ais  de  bois  recouv.  de  mar.  vert, 
comp.  à  froid. 

Manuscrit  du  Xlle  au  XIII®  siècle,  sur  vélin,  d'une  écriture  fine  et  très-jo- 
lie. La  grande  popularité  de  ce  poème  est  attestée  par  le  nombre  exceptionnel 
des  copies  qu'on  en  possède ,  ce  qui  n'a  lieu  pour  aucun  autre  poëme  de  ce 
genre.  M.  A.  Joly,  qui  a  publié  une  savante  édition  de  ce  roman,  dit  de 
Troie  la  grant,  en  a  signalé  vingt-six  manuscrits,  mais  il  n'a  pas  connu  le 
nôtre,  qu'il  faut  ranger  parmi  les  plus  importants,  bien  qu'il  soit  incomplet  du 
commencement  et  de  la  fin.  Le  premier  vers  du  premier  feuillet  conservé  cor- 


BELLES-LETTRES.  17 

respond  au  vers  4443  de  Tédition  de  M.  Joly ,  ce  qui  permet  d'évaluer  cette  la- 
cune à  8  ou  9  feuillets.  Voici  notre  début  : 

Veintre  [et  d ]  coter  &  iostisier, 
Qui  auFoiz  nul  encoobrier. 

Le  dernier  vers  : 

Cil  q  despoUle  les  boissons» 

correspond  au  vers  27,223,  de  sorte  que  la  lacune  de  la  fin  (2880  vers  en- 
viron) représente  18  feuillets.  Une  partie  du  f.  45  a  aussi  été  enlevée.  A 
Tcxception  du  premier  feuillet,  assez  mal  consené,  tous  les  autres  offrent 
une  lecture  facile,  et  le  copiste  a  fait  preuve  de  soin  et  d'exactitude  dans  sa 
transcription.  Ce  volume  provient  de  la  collection  Libri. 

32.  LONGUION  (Jacques  de).  Le  Vœu  de  paonne.  -^  In-4,  de 
79  ff.  ;  miniatures  et  lettres  ornées;  veau  br.,  comp.  à  fr. 

[anc.  reL^  fatiguée). 

Manuscrit  du  commencement  du  XIV*  siècle,  sur  vélin,  orné  de  huit  mi- 
niatures très-grossièrement  exécutées,  mais  assez  intéressantes  pour  les  cos- 
tumes. La  première,  qui  occupe  le  haut  du  premier  feuillet,  représente 
une  société  de  huit  personnes  à  table  ;  un  varlet  apporte  sur  un  plat  un 
paon  recouvert  de  son  plumage.  Au  dessous ,  ce  titre  :  Si  comence  le  voue  de 
paonne.  Le  texte,  qui  semble  accuser  un  scribe  anglais,  commence  ainsi  : 

A  lentree  de  may  qe  yvems  vait  a  decHn, 

Qe  cil  oyselouQ  gay  chauntenten  lour  latin; 

Boys  e  près  reverdissent  countre  le  douz  temprin  (printemps); 

et  finit  par  ces  vers  : 

Enpoisonez  i  fnst  einz  qe  passast  la  née  (ski). 
James  de  tiel  seignour  nert  foit  restoree. 
Amen.  Amen. 

  la  suite,  on  lit,  d'une  écriture  du  XY<)  siècle  :  A  moy  le  mieulx.  Roos,  Au 
premier  feuillet ,  on  trouve  écrite  cette  mention  :  au  duc  de  Dqlmatie.  Sur 
la  garde  du  plat  de  la  reliure ,  un  ex-libris  armorié  (  d'azur  à  la  fasce  d'ar- 
gent, accompagnée  de  trois  croix  recroisctûes  de  même  y  2  et  i;  au  chef  d^or, 
au  lion  naissant  de  gueules  ) ,  avec  la  couronne  ducale  fermée ,  et  la  devise  : 
E  Cruce  Léo.  Dans  le  haut,  la  mention  :  Ms.  69.  Les  deux  feuillets  de  garde 
en  vélin ,  qui  précèdent  le  manuscrit ,  contiennent  un  fragment  de  compte 
de  grande  maison,  d'une  écriture  anglaise  du  XV^  ou  du  XVIo  siècle. 

Ce  texte  des  Vœux  du  paon  forme  la  seconde  partie  ou  la  première  con- 
tinuation de  la  chanson  de  geste  qui  porte  ce  nom,  et  qui  complète  le  cycle 
des  gestes  d'Alexandre.  La  Bibliothèque  nationale  en  possède  deux  manus- 
crits qui  offrent  avec  celui-ci  de  nombreuses  variantes  (voy.  P.  Paris,  les 
Manuscrits  français^  t.  III).  La  troisième  suite  de  ces  Vo^ux  du  paon  est 
l'œuvre  d'un  jongleur  nommé  Brisebarre,  qui  Ta  appelée  le  Restor  du  paon. 

2 


18  MANUSCRITS. 

33.  LORRIS  (Guill.  de)  et  MEUNG  (Jean  de).  Le  Roman  de  la 
Rose.  —  Testament  et  codiôile  de  Jean  de  Meung.  —  In-fol. , 
de  i8o  ff.  à  2  col.  ;  miniatures,  bordures  et  lettres  ornées  ; 
mar.  orange,  co  m  part,  en  mosaïque,  doublé  demar.  rouge, 
avec  semis  de  fleurs  de  lis,  tr.  ciselée;  étui  en  chagrin 
rouge  (Lortic). 

Fort  beau  manuscrit  sur  vélin,  du  commencement  du  XIV«  siècle,  et  par 
conséquent. contemporain  de  Jean  de  Meung ,  continuateur  de  Guillaume  de 
Lorris.  Il  est  orné  de  deux  grandes  miniatures  et  de  trente  et  une  pe- 
tites, à  fond  d'or  ou  à  damier.  Elles  sont  toutes  d'une  grande  finesse.  Celle 
qui  commence  le  volume  est  divisée  en  quatre  compartiments  dont  chacun 
contient  une  miniature  indépendante;  nous  en  donnons  une  reproduction 
réduite  dans  le  catalogue  illustré  (deux  petites  miniatures  y  sont  aussi  repro- 
duites presque  en  grandeur  de  l'original).  La  page  entière  est  entourée  d'un 
cadre  historié  combiné  avec  deux  grandes  initiales. 

Le  texte  commence  par  ce  titre  en  rouge,  sur  toute  la. largeur  de  la  page  : 
Ce  est  U  romans  de  la  Bose.  Ou  lart  damours  est  toute  enclose.  La*  continua- 
tion de  Jean  de  Meung  débute  par  cette  rubrique  (fol.  30  v©,  2®  coll  )  :  Ci 
comëce  le  roumàs  maistre  |l  Jehan  de  meun,  et  le  roman  entier  finit  par  ces  vers 
(foLi49vo)  : 

Que  tout  qoanq'  iai  recite 

Est  fine  z  pure  vérité. 

Ex  pi  ici  t  le  roman  de  la  rose 

Ou  lart  damours  est  toute  êclose. 

Les  manuscrits  plus  modernes  ont  généralement  à  la  suite  42  vers. 

Dans  toute  cette  partie,  les  feuillets  49,  106  à  113  et  130  à  137  sont  d'une 
écriture  du  XV«  siècle. 

Le  Testament  de  Jean  de  Meung  commence  au  f.  150,  par  une  grande  minia- 
ture représentant  la  sainte  Trinité  adorée  par  deux  hommes  et  deux  femmes 
à  genoux;  la  page  est  entourée  d'un  cadre  historié.  Le  texte  finit  (fol.  179  r») 
par  ces  mots  :  ExpHdt  le  testamt  maistre  Je  \\  han  de  meun.  \\  aUeluya. 

Le  texte  de  ces  deux  poèmes  offre  pour  ainsi  dire  à  chaque  ligne  des  leçons 
préférables  à  celles  des  éditions  de  Méon  etde  Fr.  Michel.  On  n'y  trouve  pas 
encore  les  sommaires  versifiés  des  chapitres  qui  n'apparaissent  que  dans  les 
manuscrits  postérieurs.  » 

Le  Codkile  commence  au  verso  de  l'avant-demier  feuillet.  Il  est  d'une  écri- 
ture du  XVe  siècle,  et  très-complet,  conformément  à  l'édition  de  Méon, 
bien  qu'une  note  autographe  de  M.  Monmerqué  déclare  qu'il  y  manque  les 
deux  dernières  strophes.  Au  bas  du  dernier  feuillet  recto ,  on  lit  la  signa- 
ture :  Thomaskin,  qui. paraît  élre  de  la  môme  main  que  l'écriture  du  Codicile. 
La  reliure,  remarquable  par  la  beauté  du  dessin  à  la  Grolier  et  le  fini  de 
l'exécution,  est  un  digne  ornement  de  ce  superbe  manuscrit  parfaitement 
coubersé. 

34.  LORRIS  (Guill.  dej  el  MEUNG  fJean  de).  Le  Roman  de  la 
Rose.  —  ïesliiiTieiil  de  Jean  de  Meung.  —  Pel.  in-4>  de  189 
(T.  (le  f.  167  est  blanc)  à  2  col.;  miniatures ,  bordures  et 


BELLES-LETTHES.  49 

lettres  ornées;  mar.  la  Vallière,  compart.  à  froid,  double 
de  mar.  vert,  avec  plats  richement  dorés  à  petits  fers,  tr. 
dor.;  étui  en  chagrin  brun  [Duru). 

Manuscrit  de  la  fin  du  XI V©  siècle,  sur  vélin,  orné  de  deux  grandes  minia- 
tures et  de  SOIXANTE-HUIT  PETITES,  du  bcau  style  français,  pleines  de  naïveté 
et  de  grâce.  Plusieurs  sont  un  peu  libres  (f.  135,  137,  etc.).  La  première, 
divisée  en  quatre  compartiments,  contient  quatre  sujets,  et  la  page  est  en- 
tourée d'un  encadrement.  Le  titre  en  rouge,  disposé  sur  deux  lignes  à  deux 
colonnes,  est  ainsi  conçu  : 

Ci  c<5mence  yne  vraie  histoire  Qui  est  de  nilH  haute  mémoire 

Quen  nOme  romans  de  la  rose  Ou  lart  damours  est  tout  êclose. 

La  continuation  de  Jean  de  Meung  commence  au  verso  du  f .  34  :  Ci 
cômence  maistre  Jehan  de  ||  meun  a  par/aire  ce  liure.  Elle  finit  au  recto  du 
f.  156  par  ces  vers  : 

Ainsi  o!  la  rose  vermeille 
Ataot  fu  ioar  z  iè  raesueille. 
Explicit. 

Le  manuscrit  précédent  a  vingt-quatre  vers  en  plus.  Au  verso  du  même 
feuillet,  il  y  a,  de  la  même  écriture,  deux  pièces  contre  les  femmes,  for- 
mant ensemble  trente-quatre  vers,  marqués  par  des  signes  de  renvois  ;  ce 
sont  sans  doute  des  intercalations  au  texte. 

En  tête  du  Testament  (fol.  158),  se  trouve  une  belle  et  grande  minia- 
ture représentant  la  sainte  Trinité  entourée  d'emblèmes  de  quatre  évangé- 
listes.  Ce  poëme  est  terminé  par  une  invocation  à  la  sainte  Vierge,  pièce  de 
vingt  vers,  qui  ne  paraît  pas  se  trouver  dans  d'autres  manuscrits.  Elle  com- 
mence ainsi  : 

Marie  Vierge  fille  et  mère 
Ancélle  du  souuerain  père. 

Ce  délicieux  manuscrit  est  recouvert  d'une  superbe  reliure,  un  des  chefs- 
d'œuvre  de  Duru  pour  le  dessin  et  la  dorure  en  plein  des  plats  intérieurs. 

Ce  qui  ajoute  encore  à  sa  valeur,  c'est  qu'il  avait  appartenu  à  JEAN 
MAROT,  dont  la  signature  :  lohannes  Marovs,  figure  au  bas  du  f.  158. 

35.  LE  COMBAT  DE  TRENTE  BRETONS  CONTRE  TRENTE 
ANGLAIS.  —  In-4,  de  8  ff.  à  33  lignes  par  page;  minia- 
ture; mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  (Cape). 

Manuscrit  sur  vélin,  de  la  fm  du  XlVe  siècle. 

Le  poëme  héroïque  en  l'honneur  du  célèbre  Combat  des  Trente  n'était 
connu  jusqu'à  ce  moment  que  par  le  manuscrit  conservé  à  la  Bibliothèque 
nationale ,  et  d'après  lequel  ce  poëme  a  été  publié  deux  fois ,  d'abord  par 
de  Fréminville,  ensuite  par  Crapelet.  La  découverte  de  notre  manuscrit  est 
d'une  grande  importance  au  point  de  vue  historique  et  littéraire.  Il  est  plus 
ancien  et  beaucoup  plus  correct.  S'il  n'offre  que  499  vers,  tandis  que  celui 


20  MANUSCRITS. 

de  la  Bibliothèque  nationale  en  compte  519,  c'est  que  ce  dernier  présente  de 
fréquentes  interpolations,  évidemment  postérieures  :  en  revanche,  on  n'y 
trouve  pas  certains  passages  qui  figurent  dans  le  nôtre  et  qui  contiennent  de 
précieux  détails  historiques,  complètement  nouveaux.  Les  noms  des  combat- 
tants sont  en  général  écrits  ici  bien  plus  correctement.  Ainsi  nous  trouvons 
dans  l'autre  manuscrit  :  Guiffrai  de  Bories,  Pinctinien  Tritran,  Alain  de  Carra- 
mois,  Hanguet  Capus,  Mmsce  de  Trisquidy,  etc.,  tandis  que  le  nôtre  porte 
plus  régulièrement  :  Geffray  du  Boys,  Pestivien  Tristan,  Alain  de  Keranra^s, 
Huet  Capius,  Morice  de  Trezeguidy.  Évidemment  le  copiste  avait  sous  les 
yeux  un  modèle  qui  se  rapprochait  bien  plus  de  la  leçon  originale.  Plusieurs 
des  noms  propres  qui  diffèrent  dans  notre  manuscrit  peuvent  donner  matière 
à  beaucoup  de  controverses,  ces  noms  des  combattants  n'ayant  été  rapportés 
par  les  historiens  que  d'après  ceux  du  poëme  lui-même. 

Notre  manuscrit  commence  par  une  miniature  qui  occupe  le  tiers  de  la 
page  et  représente  les  combattants  en  ordre  de  bataille.  Le  premier  vers  est  : 

I 

Seigneurs,  or  escoutez  et  trestoos  bons  barons^ 

Le  poème  fmit  par  la  souscription  :  Explicit  la  bataille  de  trante. 
Très-belle  écriture.  Conservation  irréprochable. 

36.  ŒARTIER  (Alain).—  Poésies.  —  In-fol.  allongé,  de  i56 
ff.;  veau  fauve,  compart.  en  mosaïque,  tr.  dor.  [aric.  rel.). 

Superbe  manuscrit  de  la  seconde  moitié  du  XV*  siècle,  sur  vélin,  d'une 
fort  belle-  écriture,  et  dans  une  admirable  reliure  du  XVIe  siècle,  digne  en 
tout  point  de  Grolier,  auquel  il  a  très-probablement  appartenu.  Il  a  succes- 
sivement passé  par  les  mains  de  plusieurs  personnages  de  Lyon.  A  l'intérieur 
du  plat  supérieur  de  la  reliure ,  il  porte  l'ex-libris  de  Jean-Philibert  Peyson 
de  Bacot,  procureur  général  en  la  cour  des  monnaies  de  Lyon;  et  sur  le 
plat  opposé,  celui  de  Claude  Ruffier,  trésorier  de  la  ville  de  Lyon.  Il  a  appar- 
tenu depuis  à  M.  P.etit-Didier  et  à  M.  de  Monfalcon.  Antérieurement,  il  avait 
fait  partie  de  la  bibliothèque  du  poète  et  bibliophile  normand  Moisant  de 
Brieux  dont  la  signature  se  trouve  au  premier  et  au  dernier  feuillet.  De 
plus,  de  Brieux  a  mis  sur  le  1er  f.  cette  note  :  ce  Alain  Chartier,  autheur  de 
«  ce  liure,  estoit  Normand  et  historiographe  et  poète  du  roy  Charles  sep- 
«  tieme,  ainsy  que  dit  Garnier  sur  Ronsard,  t.  2,  p.  1358  »,  et  à  la  fin  du 
volume,  il  a  écrit  trois  beaux  sonnets  de  sa  composition,  sans  doute  inédits  : 
au  moins  ne  les  trouve-t-on  pas  dans  le  recueil  qu'il  a  publié  à  Caen  en  1671. 

Ce  précieux  manuscrit  commence  par  une  table  des  matières  intitulée  :  Cy 
comence  la  Table  de  ce  présent  \\  Liure  ensuiuant  auquel  sont  contenuz  plusieurs 
traittiez.  En  voici  le  contenu  :  1<*  L'Ospital  d'amours  ;  —  2°  Huit  Ballades 
satyriques  ;  —  3°  La  Belle  Dame  sans  mercy  ;  —  4®  Traittié  en  manière  de 
prières  en  amours;  —  5°  Le  Lay  de  paix  ;  —  6®  Le  Bréviaire  des  nobles  ;  — 
7<>  Le  Psaultier  des  Vilains;  —  8<^  Le  Débat  du  cuer  et  de  l'œil;  —  9*>  Le 
Débat  du  Réveille-matin  ;  —  10°  Le  Livre  des  quatre  dames;  —  11°  La  Des- 
truction de  Troye  abregiée;  —  12**  Le  Miroir  de  mort. 

M.  Paulin  Paris,  qui  avait  scrupuleusement  étudié  ce  manuscrit  il  y  a  bien 
des  années,  a  constaté  que  les  pièces  qu'il  contient  ne  sont  pas  toutes  d'Alain 
Chartier^  dont  les  poésies  n'ont  d'ailleurs  jamais  été  bien  distinguées  de  celles 


BELLES-LETTRES.  21 

de  ses  contemporains.  Ainsi  ni  VHopital  cTamours^  ni  le  Psaviier  des  Vilains, 
ni  le  Débat  du  cœur  et  de  Vceil^  ni  les  Huit  Ballades  ne  sont  de  lui.  Parmi  ces 
dernières ,  Tune  est  d'Eustache  Deschamps  ;  six  sont  inédites,  de  même  que 
les  n°*  4,  7  et  12  de  la  table.  Pour  ce  qui  concerne  les^  poésies  déjà  impri- 
mées, elles  fourmillent,  dans  toutes  les  éditions,  de  fautes  qui  dénaturent' le 
véritable  sens,  tandis  que  le  texte  de  notre  manuscrit  est  excellent.  Même  à 
la  suite  des  pièces  déjà  publiées,  on  y  trouve  quelquefois  des  quatrains  et 
des  rondeaux  inédits. 

• 

37.  CHARTIER  (Alain).  Le  Triomphe  de  rÈspérance.  Allégorie 
morale  en  vers  et  en  prose.  —  In- 4,  de  gS  ff.  ;  miniatures 
et  lettres  ornées;  mar.  brun,  fil.  à  compart.,  milieu  en  mo- 
saïque,  tr.  dor.  (anc.  reL). 

Manuscrit  sur  vélin,  du  commencement  du  XVI«  siècle,  totalement  INÉ- 
DIT et  orné  de  quatre  charmantes  miniatures  en  camaïeu. 

Nous  reproduisons  Texcellente  notice  que  M.  Paul  Lacroix  lui  a  consacrée 
.  dans  le  catalogue  de  la  librairie  Fontaine  (1874,  n®  451  ;  prix  :  2,500  fr.). 

a  Ce  beau  et  précieux  manuscrit,  qui  provient  de  la  vente  des  manuscrits 

a  de  S.  A.  R.  M™'  la  duchesse  de  Berry  (22  mars  1864),  est  très-mal  décrit 

«  dans  le  catalogue  de  cette  vente  célèbre,  où  il  a  été  vendu  910  fi-ancs,  plus 

€  les  frais,  par  suite  d'une  description  aussi  fautive  et  aussi  insuffisante.  Le 

«  rédacteur  du  catalogue  a  cru  que  ce  manuscrit  renfermait  le  Curial  dont 

a  les  copies  sont  assez  communes  dans  les  bibliothèques  publiques,  et  non 

a  VEspérance,  qui  est  fort  rare  et  qui  mérite  une  attention  spéciale  parmi  les 

a  œuvres  d'Alain  Ghartier.  Nous  renvoyons  cependant  au  catalogue  de  1864 

c  pour  les  curieuses  annotations  écrites  sur  les  gardes  du  manuscrit,  qui 

<  appartenait  à  messire  Jacques  Thiboust,  écuyer,  sieur  de  Quantilly,  notaire 

«  et  secrétaire  du  roi,  et  esleu  en  Beriry,  à  qui  le  grenetier  de  Bourges, 

€  Pierre  Jobert,  sieur  de  Souppize ,  en  avait  fait  présent.  On  aurait  pu  ajou- 

a  ter  que  c'est  aussi  le  même  Jacques  Thiboust  qui  possédait  au  seizième 

a  siècle  un  autre  manuscrit  des  œuvres  d'Alain  Ghartier,  conservé  aujour- 

fi  d'hui  à  la  Bibliothèque  nationale,  dans  l'ancien  fonds  des  mss.,  n©  727*.  *, 

«  manuscrit  très-intéressant,  qui  ne  contient  pas  VEspérance^  mais  dans  le- 

a  quel  une  note  de  Jacques  Thiboust  nous  donne  la  date  de  la  mort  du 

«  poète,  décédé  au  château  de  Mehun-sur-Yèvre,  en  1461,  date  que  Vallet 

a  de  Vinville  lui-même  n'a  pas  connue.  Ge  manuscrit,  provenant  de  la  du- 

a  chesse  de  Berry  qui  l'avait  gardé  à  cause  de  son  importance  historique 

a  plutôt  encore  qu'en  raison  des  miniatures  attribuées  à  Lucas  de  Leyde, 

«  contient  une  sorte  de  mystère  allégorique,  qui  n'a  pas  de  titre  et  que  les 

«  bibliographes  ont  désigné  d'une  manière  fautive.  Du  Yerdier,  dans  sa  Bi" 

<L  bliotheque  française,  l'appelle  :  Moral  de  Raison,  Entendement  et  de  l'acteur; 

«  Vallet  de  Viriville,  dans  la  Biographie  générale  (article  d'Alain  Ghartier), 

a  l'intitule  :  l'Espérance  ou  Consolation  des  trois  vertus,  c'est  assçavoir  Foy, 

«  Espérance  et  Charité,  La  Charité  est  de  trop  ;  il  n'en  est  pas  question.  En 

c  revanche,  personne  n'a  parlé  des  autres  personnages  qui  figurent  dans 

<r  ce  mystère  avec  Vacteur  ou  Alain  Ghartier  :  Mélancolie,  Indignation,  Dé- 

«  fiance  et  Désespérance.  Quelques  observations  analytiques  feront  com- 

«  prendre  l'importance  exceptionnelle  de  ce  mystère,  qui  a  été  composé 


22  MANUSCRITS. 

«  certainement  par  ordre  de  Charles  VII,  pDur  rendre  à  ses  partisans  la  foi 

«  et  l'espérance  au  moment  même  où  Jeanne  d*Arc  allait  apparaître  pour 

«  sauver  le  royaume  des  lys,  Vallet  de  "Viri ville  a  constaté  le  premier  que  cet 

«  ouvrage  patriotique  avait  été  fait  et  publié  dix  ans  après  l'invasion  de  la 

a  Normandie  par  les  Anglais,  c'est-à-dire  en  1428,  et,  comme  )e  dit  le  Nor- 

c  mand  Alain  : 

Au  dixième  an  de  mon  dolent  eiil. 

«  Le  poète  ou  l'acteur,  qui  s'était  retiré  à  la  cour  du  pauvre  petit  roi  de 
«  BourgeSy  s'écrie  tristement  : 

Las!  nous  chétis  et  de  maie  heure  nez, 
Avons  esté  à  naistre  destinez. 
Quant  le  hault  pris  du  royaume  decbiet 
Et  nostre  honneur  en  grief  reprouchechiet; 
Qui  fut  jadis  franc,  noble  et  bien  heure, 

Or  est  fait  serf,  confus  et  espeuré 

En  Tad venir  que  penser  ne  savons, 
Fors  que  petit  d'espérance  y  avons, 
Quand  nous  voyons  France  cy  decheoir 
Et  à  nous  tous  du  dechiet  mescheoir. 

«  Alain  Chartier  se  laisse  aller  au  cours  de  ses  sombres  pensées.  Paraît  une 
«  vieille  toute  décrépite,  Mélancolie,  qui  lui  jette  sur  sa  tête  un  voile  de 
«  deuil  et  le  fait  tomber  sur  un  lit  où  il  se  livre  à  toute  sa  douleur.  Alors 
«  se  présentent  trois  autres  vieilles  :  Indignation,  Défiance  et  Désespérance, 
«  qui  lui  font  le  plus  triste  tableau  de  l'état  de  la  France  et  qui  ne  lui  an* 
«  noncent  que  des  malheurs.  Mais  voici  Entendement  qui  lui  conseille  de 
«  mieux  voir  les  choses  et  qui  lui  amène  Foy,  pour  chasser  les  horribles 
a  vieilles  qui  se  sont  emparées  de  lui.  Foy  l'admoneste  et  l'encourage;  il 
«  s'abandonne  à  elle  et  se  déclare  prêt  à  lui  obéir.  Foy  fait  descendre  du 
«  ciel  l'Espérance,  et  l'Acteur  écoute  avec  une  respectueuse  admiration  les 
«  grandes  vérités  morales  que  Foy  et  l'Espérance  évoquent  à  l'envi  en  fei- 
«  sant  appel  aux  plus  nobles  et  aux  plus  héroïques  sentiments.  L'Acteur 
a  oublie  son  découragement  et  ses  chagrins  les  yeux  tournés  vers  l'Espé- 
«  rance.  Voici  les  dernières  paroles  de  cette  vertu  théologale  : 

a  Par  ceste  digression  deppendant  de  la  demande  dessus  dicte ,  peulx-tu 
savoir  que  oraison  et  sacrifice  prouffitent  à  conserver  et  restablir  les  choses 
privées  et  publiques  :  surtout  prans  pour  confirmacion  Valere  (Maxime),  qui^ 
te  dit  par  arrest  que  les  seigneuries  anciennes  furent  tousiours  restablies  tcmt 
comme  servirent  et  sacrifièrent  duement  à  la  divinité,  » 

<K  On  appréciera  maintenant  quelle  pieuse  et  touchante  idée  Madame  la 
a  duchesse  de  Berry  attachait  à  la  possession  de  ce  livre,  qui  l'avait  suivie  dans 
«  l'exil  de  sa  famille  et  qui  lui  rappelait  sans  cesse  que  Charles  VU,  accablé 
«  par  la  mélancolie,  tourmenté  et  menacé  par  l'indignation,  la  défiance  et  la 
«  désespérance,  conserva  du  moins  la  foi ,  qui  lui  ramena  V espérance.  Ce  livre 
«  était  donc  une  sorte  de  talisman,  dont  la  malheureuse  princesse  ne  se  'sépara 
a  point  sans  regret. 

<  Le  poème  ou  le  mystère  de  VEspérance  ne  se  trouve  pas  dans  les  éditions 
«  gothiques  des  œuvres  d'Alain  Chartier.  Quant  à  ce  manuscrit ,  sa  rareté  est 


BELLES-LETTRES.  if3 

a  encore  rehaussée  par  la  belle  composition  des  quatre  miniatures  en  gri- 
<r  saille,  qu'on  n'a  pas  hésité  à  attribuer  à  Lucas  de  Leyde  ;  il  ne  faut  pas  ou- 
c  blier  que  la  première  de  ces  miniatures  offre  un  portrait  d'Alain  Ghartier, 
«  dans  lequel  on  peut  chercher  une  ressemblance  traditionnelle,  car  on  lit  au 
oc  bas  son  nom  :  M^  Main  Char  lier,  quoiqu'il  ne  soit  pas  nommé  dans  l'ou- 
«  vrage,  où  il  est  seulement  qualifié  l'acteur,  i» 

Nous  donnons  au  catalogue  illustré  la  reproduction  de  la  deniière  de  ces 
miniatures.  , 

38.  LE  DÉBAT  DE  lA  NOIRE  ET  DE  LA  TASNÉE.  — LETR  AICTÉ 
ET  DÉBAT  D'ENTRE  LE  GRIS  ET  LE  NOIR.  —  BALLADES 
ET  RONDEAUX.  —  In-4,  de  7 1  et  3  ff.  ;  miniatures  et  lettres 
ornées;  mar.  rouge,  fîL,  doublé  de  mar.  bl.  parsenié  de4>4> 
au  milieu  des  losanges  à  petits  fers,  tr.  dor.,  fermoirs  de 
vermeil  {Bauzonnet-Trautz). 

Très-beau  manuscrit  de  la  fin  du  XV^  siècle,  sur  yélin,  orné  de  trois 
charmantes  miniatures,  dont  la  première  est  reproduite  au  catalogue  illustré. 
De  nos  jours ,  il  a  appartenu  successivement  à  Méon,  puis  à  M.  de  Soleinne,' 
après  le  décès  duquel  il  a  été  acheté  à  Tamiable  par  M.  le  baron  J.  Pichon, 
dont  les  armes  figurent  sur  les  plats  de  cette  riche  reliure  et  le  monogramme 
couronné  au  dos.  Il  est  d*une  conservation  irréprochable. 

Du  premier  poème,  dont  il  existe  plusieurs  éditions  du  XYI^  siècle  et  deux 
réimpressions  modernes,  on  ne  connaît  qu'un  autre  manuscrit  :  il  provient  du 
duc  de  La  Vallière  et  fait  aujourd'hui  partie  de  la  Bibliothèque  nationale.  D'a- 
près les  dernières  recherches  de  M.  de  Montaiglon,  ce  Dé6a^  fameux  aurait  été 
composé  entre  1446  et  1487.  Les  deux  princesses  auxquelles  les  deux  demoi- 
selles, nommées  Tune  la  Noire  et  l'autre  la  Tannée,  à  cause  de  la  couleur  de 
leurs  habits,  conviennent  de  soumettre  leur  différend  amoureux,  seraient  non 
pas  Louise  de  Savoie ,  mère  de  François  I«r,  et  Jeanne ,  duchesse  d'Orléans, 
fille  de  Louis  XI,  mais  Marguerite  de  Rohan,  comtesse  d'Angouléme ,  aïeule 
de  François  I®»",  et  Marie  de  Glèves,  femme  de  Charles,  duc  d'Orléans,  père  de 
Louis  XII.  M.  de  Montaiglon  exprime  aussi ,  sous  toutes  réserves ,  l'opinion 
que  cette  pièce  en  huitains  a  peut-être  été  composée  par  Simonet  Gaillau, 
familier  de  Charles  d'Orléans. 

Le  Débat  d'entre  le  gris  et  le  noir  est  encore  INÉDIT.  Il  commence  au  verso 
du  f.  22  par  ces  vers  : 

Couché  soubz  une  sauxe  envers 
Sur  ung  lit  battu  d'herbe  vert, 

et  finit  au  recto  du  f.  61  de  cette  manière  : 

Ainsi  que  de  rime  on  devise 
Qu'il  n'en  soit  ja  trop  mal  traicté. 
Explicit. 

A  la  suite ,  viennent  sept  ballades  et  onze  rondeaux,  terminés  par  une  lon- 
gue pièce  en  stances  de  neuf  vers.  La  première  de  ces  ballades  et  trois  des 
rondeaux  sont  insérés  dans  les  œuvres  de  Charles  d'Orléans,  sous  le  nom 
de  Simonet  Caillau. 


24  MANUSCRITS. 

Trois  feuillets  ajoutés  à  la  fin  de  ce  manuscrit  contiennent  aussi  plu- 
sieurs poésies,  d'une  écriture  différente,  mais  contemporaine.  Sur  le  dernier, 
on  lit  :  a  Je  prometz  sur  ma  foy  à  vous,  Madame,  que  des  incontinent  que 
a  seray  au  Mans  feray  faire  vostre  livre  et  le  vous  envoyray,  G.  de  Luxem- 
a  BOURG.  »  «  Cette  signature,  dit  Fauteur  de  la  notice  sur  ce  manuscrit  dans 
«  le  catalogue  de  la  riche  bibliothèque  de  M.  le  baron  J.  Pichon  (n9  479), 
«  et  la  mention  du  Mans  conviennent  parfaitement  à  Guillemette  de  Luxem- 
«  bourg,  mariée  à  A.  de  Sarrebruck,  comte  de  Braine.  C'est  à  cette  époque 
a  la  seule  personne  de  la  maison  de  Luxembourg  dont  le  nom  commence  par 
«  un  G.;  elle  avait  d'ailleurs  bien  des  motifs  pour  aller  au  Mans.  Isabeau  de 
«  Luxembourg,  sa  tante ,  était  comtesse  du  Maine,  et  son  père  ,  Thibaut , 
«  entré  dans  les  ordres  après  la  mort  de  sa  femme ,  était  évoque  du  Mans.  » 

Ce  manuscrit  a  été  acquis  au  prix  de  1,800  fr. 

39.  PORCHIER  (Etienne).  Le  Livre  des  trois  âges.  —  In-foL, 
de  19  ff.  ;  miniatures  et  lettres  ornées;  mar.  la  Vallière,  fiL 
àcompart.,  doublé  de  mar.  orange,  avec  un  semis  de  fleurs 
de  lis,  tr.  dor.,  étui  en  mar.  bl.  [Lortic). 

Manuscrit  delà  seconde  moitié  du  XV»  siècle,  sur  vélin,  également  pré- 
cieux au  point  de  vue  de  l'art ,  de  la  littérature  et  de  l'histoire.  Il  est  orné 
de  DOUZE  MiNUTURES  (la  plupart  de  la  grandeur  des  pages),  exécutées  par  un 
des  meilleurs  peintres  de  l'École  de  Touraine  dont  Jehan  Foucquet  est  le 
plus  illustre  représentant.  La  première  a  pour  sujet  la  Sainte  Trinité,  accom- 
pagnée de  la  Vierge  à  genoux;  les  2«,  3«,  4»  et  5e  offrent  des  épisodes  de 
chasses  princièresaux  faisans  et  aux  perdrix,  aux  canards  sauvages,  aux  cerfs 
et  aux  sangliers  ;  les  6®,  7®,  8®  et  9©  représentent  des  scènes ,  à  signification 
allégorique ,  empruntées  à  la  vie  pastorale  :  dans  l'une ,  le  pasteur  tond  une 
brehis  (voir  la  reproduction  au  catalogue  illustré);  dans  une  autre,  it  as* 
somme  le  loup  qui  a  fait  une  victime ,  etc.  La  10^  miniature ,  et  c'est  la  plus 
importante,  nous  fait  voir  le  roi  LOUIS  XI  JOUANT  AUX  ÉCHECS,  dans 
.  une  des  salles  de  son  château  de  Plessis-lès-Tours ,  en  présence  de  quatre 
courtisans  debout  (voir  la  reproduction  en  camaïeu  au  catalogue  illustré), 
La  11®  nous  offre  le  très-curieux  spectacle  d'une  bataille  entre  deux  armées 
commandées  chacune  par  son  souverain.  A  gauche,  est  celle  de  France;  le  roi 
•  est  facile  à  reconnaître  à  son  armure  dorée ,  à  la  housse  fleurdelisée  de  son 
cheval  et  à  son  bouclier  avec  trois  fleurs  de  lis.  Sur  le  premier  plan ,  on 
aperçoit  un  guerrier  couvert  d'une  armure  d'acier,  monté  sur  un  cheval 
blanc  dont  les  brides  et  les  harnais  sont  brodés  aux  initiales  A.  N  ;  son  bou« 
clier  porte  un  lion  d'or  sur  un  champ  de  gueules.  Au  fond ,  flottent  la  bannière 
royale  et  celle  du  dauphin  de  France.  Les  combattants ,  à  pied  et  à  cheval , 
portent  tous  sur  leurs  vestes  les  lettres  L,  R,  D,  F  (Louis,  Roi  de  France). 
Le  souverain  de  l'armée  ennemie  attire  le  regard  par  l'expression  de  son 
visage  entièrement  découvert.  Son  bouclier  a  pour  armoiries  un  dragon 
(for,  qui  figure  aussi  sur  une  bannière  et  sur  les  vestes  des  piétons.  On 
remarque  dans  sa  troupe  beaucoup  de  guerriers  au  visage  noir,  dont  la 
bannière  porte  un  croissant.  La  composition  de  ce  petit  tableau  plein  de 
mouvement  est  vraiment  remarquable ,  et  rarement  on  en  rencontre  d'ana- 
logues dans  les  peintures  de  cette  époque.  Très-probablement  l'artiste  a  voulu 


BELLES-LETTRES.  Î5 

y  représenter  une  action  historique ,  mais  il  est  difficile  de  mettre  un  nom  à 
cette  bataille.  Ne  serait-ce  pas  une  bataille  supposée  entre  les  Francs  et  les 
Sarrasins,  ou  une  bataille  véritable  entre  saint  Louis  et  les  mécréants?  La 
dernière  miniature  est  une  personnification  du  titre  de  ce  poème.  Dans  une 
chambre  à  cheminée  où  brille  une  bûche  enflammée,  un  vieillard,  soutenu 
par  un  homme  et  par  une  femme,  s'assied  dans  un  fauteuil,  tandis  que 
six  petits  garçons  et  une  fillette  se  livrent  aux  jeux  de  Tenfance  :  ce  sont  les 
Trois  Ages. 

Ce  qu'il  y  a  de  précieux  dans  ce  manuscrit,  c'est  qu'il  nous  offre  dans  plu- 
sieurs miniatures ,  surtout  dans  les  6®,  7®,  8®  et  9®,  une  série  des  aspects  di- 
vers du  fameux  château  du  Plessis-lès-Tours. 

Ce  poëme,  encore  totalement  inconnu  et  INÉDIT,  a  été  écrit  par  ordre  du 
roi  Louis  XI,  comme  on  le  verra  plus  loin ,  et  le  présent  exemplaire  a  été 
fait  pour  quelqu'un  de  la  famille  royale ,  sinon  pour  le  roi  lui-même.  Tout 
d'abord  le  premier  feuillet  contient  une  épître  dédicatoire  en  six  huitains. 
Elle  est  d'une  écriture  courante  du  XV®  siècle ,  ce  qui  permet  de  supposer 
qu'elle  peut  être  de  la  main  du  poëte  lui-même,  tandis  que  le  texte  du  ma- 
nuscrit est  d'une  belle  écriture  gothique ,  tracée  par  un  scribe  expérimenté. 
On  lit  dans  cette  épître  : 

Regard  aurés  aux  personnages , 
Sires  y  au  vlfz  et  à  leurs  dis. 
Je  croy  que  assés  trouvères  sages 
Chescun  des  mots  quy  y  sont  dis. 

« 

Dans  la  première  miniature,  de  nombreuses  dalles  portent  l'initiale  A  ;  dans 
les  peintures  de  chasses ,  les  personnages  ont  sur  les  habits  ou  les  ornements 
de  leurs  chevaux  les  initiales  :  LN,  AN,  BE,  PS,  BV,  ME,  N,  A,  etc.,  qui 
désignent  probablement  les  noms  respectifs  de  grands  seigneurs  et  dames 
de  la  cour  à  cette  époque. 

Pour  faire  connaître  tout  l'intérêt  de  ce  manuscrit,  nous  reproduisons  une 
note  que  M.  Paulin  Paris  avait  adressée  à  M.  Firmin-Didot ,  en  1854,  après 
avoir  examiné  ce  volume. 

a  Ce  manuscrit  est  précieux  et  contient  un  poëme ,  dont  je  ne  crois  pas 
a  qu'il  existe  d'autre  exemplaire.  Ce  n'est  pas  le  Livre  des  quatre  âges  de 
«  l'homme  qui  a  été  imprimé  et  qui  était  l'ouvrage  de  Philippe  de  Navarre, 
a  jurisconsulte  du  XIII®  sièdle  ;  c'est  le  Livre  des  trois  âges  de  l'homme  : 
a  Jeunesse,  Maturité,  Vieillesse.  Le  nom  de  l'auteur  peut  se  retrouver,  grâce 
a  à  l'anagramme  contenu  dans  ces  vers  (f .  2  v©)  : 

Cil  dont  le  nom  en  reproche  n'y  siet. 
Est  contenu  qui  bien  à  point  l'assiet. 
Lequel  n*est  pas  en  ximer  moult  habile, 
Combien  qu^en  ayl  un  petit[et]  le  stile. 
Par  manière  d'un  petit  passetemps, 
Pour  consoler  toutes  sortes  de  gens, 
A  compilé  ce  petit  codicile. 

«  Or  cet  anagramme  En  reproche  n'y  siet  figure  également  dans  un  manus- 
cl  ont  du  Rosier  des  guerres,  ouvrage  que  je  reconnais  maintenant  avoir  eu 


26  MANUSCRITS. 

c  le  tort  d'attribuer  autrefois  à  Louis  XI,  lequel  s'est  en  réalité  contenté 

c  d'en  donner  le  dessein  et  d'y  ajouter  certaines  maximes.  Le  'véritable  au- 

«  teur  est  Estienne  Porchiei',  comme  l'avait  admis  Lacroix  du  Maine ,  appa- 

a  remment  d'après  une  tradition  conservée  de  son  temps.  Sans  l'autorité  de 

«  cet  ancien  bibliographe ,  on  pourrait  trouver  presque  aussi  bien  dans  l'a- 

c  nagramme  :  Estienne  Percfieron.  Voici  les  irers  du  manuscrit  du  Rosier  des 

s  guerres  qui  nous  mettent  sur  la  voie  de  l'auteur  : 

De  par  son  bmnble  et  obéissant  subject, 
Dont  le  nom  est  en  reproche  n'y  siet  : 
Car  qui  à  point  les  lectres  en  assiet 
Trouver  le  peult,  se  ne  fault  en  son  giet. 

«  Ces  vers  ne  m'avaient  pas  convaincu  quand  j'ai  décrit  le  manuscrit  7032 
«  de  notre  cabinet  {les  Manuscrits  français,  t.  IV,  p.  124)  :  mais  aujourd'hui, 
«  la  vue  du  poème  des  Trois  Ages,  composé  par  le  même  En  reproche  n'y 
€  siet,  ne  me  permet  plus  d'attribuer  le  Rosier  des  guerres  à  un  autre  autear. 
«  Le  complément  de  preuve  s'en  trouve  dans  le  quatrain  suivant  placé  à  la 
<  fin  de  l'avant  dernier  feuillet  des  Trots  Ages  : 

Qui  de  ceste  art  dilte  chevalerie 
Veuit  plus  savoir  pour  conquérir  grans  terres. 
Quérir  le  fault  ou  Rosier  dit  des  Guerres 
Que  ay  fait  piéça  pour  vostre  seignorie. 

«  C'est  donc  un  fait  très-important  établi  par  le  poème  des  Trois  Ages  mieux 
a  quHl  ne  l'était  auparavant  :  car  l'anagramme  d'Estienne  Porchier  ne  se 
<t  trouvait  que  dans  un  seul  des  nombreux  manuscrits  anciens  du  Rosier  des 
d  guerres.  On  pouvait  en  contester  la  sincérité,  ou  supposer  que  cet  ana- 
«  gramme  appartenait  à  l'un  des  copistes  et  non  à  V auteur  du  livre  du  Rosier 
c  des  giLerres  :  maintenant  la  supposition  n'est  plus  permise. 

«  Le  poème  des  Trois  Ages  n'est  pas  un  chef-d'œuvre,  il  s'en  faut  de  beau- 
«  coup  ;  mais  cependant  la  dernière  partie  qui  traite  de  la  guerre  et  qui 
(L  donne  les  leçons  de  cet  art  aux  conducteurs  d'armée  est  extrêmement  re- 
«  marquable.  Les  leçons  sortent  du  lieu  commun  des  descriptions  précé- 
a  dentés  de  la  chasse  et  des  plaisirs  de  la  jeunesse.  Elles  sont  dignes  de 
c  celui  que  le  roi  Louis  XI  avait  précédemment  chargé  de  rédiger  son  Ao- 
«  sier. 

a  Les  Trois  Ages  furent  composés  entre  les  années  1470,  date  de  la  nais- 
«  sance  de  Charles  VIII,  et  1483,  date  de  la  mort  de  Louis  XI,  car  Estienne 
«  Porchier  recommande  ses  vers  à  la  bienveillance  du  roi  et  du  jeune  dau- 
c  phin,  son  fils.  Il  les  réunit  tous  deux  dans  la  prière  finale  du  dernier 
a  feuillet. 

((  Les  miniatures  de  ce  manuscrit  sont  très-curieuses  pour  le  costume  et 
c  les  ameublements.  Elles  sont  d'une  assez  grande  finesse,  et  se  recomman<- 
«  dent  encore  spécialement  aux  amateurs  de  la  chasse.  Le  château  qui  se 
«  trouve  dans  le  fond  de  la  plupart  de  ces  miniatures  est  toujours  le  même , 
a  et  semble  devoir  être  le  Plessis- lès-Tours,  séjour  de  Louis  XI.  Les  6«,  7«, 
«  8o  et  9e  pourraient  bien  faire  allusion  au  gouvernement  du  roi,  qui  tond 
c  les  brebis  de  près,  mais  sans  atteindre  le  cuir;  qui  sépare  les  galeuses  des 
a  saines,  qui  punit  le  gardien  du  troupeau  qui  n'a  pas  empêché  le  loup  d'en- 


BELLES-LETTRES.  27 

«  trer  dans  la  bergerie,  et  qui  enfin  fait  lui-même  bonne  garde.  Dans  la  10e  on 
«  pourrait  reconnaître  les  traits  de  Louis  XI  dans  le  joueur  d'échecs  de  droite. 
«  La  bataille  de  la  !!•  est  fort  intéressante  pour  les  armes  défensives  et  of- 
c  fensifes  de  cette  époque.  Enfin ,  dans  la  dernière ,  on  devra  distinguer  le 
«  foyer,  le  fauteuil  du  vieillard, ,  le  lit,  et  un  groupe  d'enfants  à  droite  qu*un 
«  possesseur  trop  scrupuleux  a  mutilé,  sans  doute  parce  que  les  jeux  de  Pen- 
«  faut  et  de  la  demoiselle  lui  ont  paru  dépasser  les  bornes  de  la  liberté  per- 
c  mise,  et  trop  bien  rappeler  une  épisode  de  l'enfance  de  Gargantua.  » 

Les  miniatures  sont  en  général  bien  conservées,  sauf  les  éraillures,  sen- 
sibles surtout  dans  les  bleus  du  ciel  et  de  Teau.  Les  versos  des  ff.  5,  6,  7, 
8  et  10,  et  le  recto  du  f.  11  sont  blancs. 

Ce  manuscrit  a  été  cédé  à  M.  Didot  par  M.  L.  Ghalon,  docteur  en  droit, 
qui  l'avait  reçu  de  sa  sœur,  M«»«  Marie  Delacroix,  supérieure  des  jeunes  éco- 
nomes à  Lyon.  Il  a  subi  quelques  restaurations  et  a  été  recouvert  d'une  riche 
reliure. 

40.  MARGUERITE  D'ANGOULÊME,  reine  de  Navarre.  La  Coche 
ou  le  Débat  d'amour.  Poème.  —  In-4,  de  45  ff.;  miniatures 
et  lettres  ornées;  mar.  rouge,  fil  à  fr.,  doublé  de  mar. 
bleu,  riches  compartiments  à  petits  fers  dorés  en  plein,  tr. 
dor.  {^BauzoTuiet'Trautz). 

Précieux  manuscritdu  XYI©  siècle,  sur  vélin,  orné  de  onze  miniatures  des 
plus  curieuses,  dans  chacune  desquelles  la  reine  de  Navarre  est  représentée. 
Il  provient  de  la  bibliothèque  de  M.  le  baron  Pichon ,  dont  le  chiffre  cou- 
ronné figure  au  dos  de  la  reliure.  Sur  le'  recto  blanc  du  premier  feuillet, 
on  lit,  d'une  écriture  mal  formée  :  A  Paris  ce...  6re...  1540,  et  deux  autres 
lignes  illisibles. 

On  ne  connaît  que  trois  manuscrits  de  ce  poëme  imprimé  dans  le  t.  II  des 
Marguerites  de  la  Marguerite  :  celui  de  la  bibliothèque  de  l'Arsenal ,  celui 
que  possédait  le  duc  de  la  Vallière  et  dont  on  ignore  le  sort  ultérieur,  et  le 
nôtre,  le  seul  qui  soit  enrichi  de  miniatures.  Comme  il  serait  superflu  d'a- 
jouter quoi  que  ce  soit  à  la  notice  que  le  savant  bibliophile ,  M.  L.  Potier,  a 
consacrée  à  ce  dernier  dans  le  catalogue  de  la  bibliothèque  de  M.  le  baron 
Pichon  (n»  516),  nous  nous  bornons  à  la  reproduire,  en  remarquant  toutefois 
que  la  devise  de  la  reine  ne  se  trouve  pas  sur  chaque  miniature ,  mais  sur 
cinq  seulement. 

«  Un  extrait  des  comptes  de  la  reine  de  Navarre ,  retrouvé  par  M.  le  comte 
«  de  la  Ferrière  dans  les  archives  du  château  de  Gouterne ,  appartenant  à 
a  la  famille  de  Frotté ,  fait  reconnaître  dans  ce  manuscrit  celui  pour  lequel 
«  la  reine  de  Navarre  fit  payer,  en  1541,  50  écus  d'or  à  Adam  Marcel,  son 
«  chapelain ,  pour  le  rembourser  des  frais  qu'il  avait  faits  à  Paris  pour  le 
«  faire  écrire ,  enluminer  de  onze  histoires  à  la  devise  de  la  reine ,  et  relier 
a  en  velours  blanc. 

a  Les  onze  histoires^  ou  miniatures,  sont  décrites  dans  un  manuscrit  qui 
«  était  chez  le  duc  de  la  Vallière  (  t.  II,  p.  337  et  suiv.  )  [  et  aussi  dans 
«  un  ms.  de  la  bibliothèque  de  l'Arsenal].  Ces  descriptions  étaient,  sans 
a  aucun  doute ,  celles  destinées  à  faire  connaître  au  miniaturiste  les  inten* 
«  tions  de  la  reine ,  et  elles  sont  des  plus  circonstanciées. 


28  MANUSCRITS. 

c  Nous  donnerons  comme  exemple  la  onzième ,  qui  s^applique  à  la  plus 
a  curieuse  miniature. 

a  Gy  endroit  est  la  onzième  et  dernière  histoire,  qui  contient  comment  la 
dc  royne  de  Navarre  baille  son  livre  à  madame  la  duchesse  d'Estampes, 
oc  toutes  deux  estans  en  une  chambre  fort  bien  tapissée  et  parée.  La  dicte 
«  dame  d'Estampes  ayant  une  robe  de  drap  d'or  frizé ,  fourrée  d'hermyne 
a  mouchetée ,  une  cotte  de  toylle  d'or  incarnat ,  esgorgetée ,  et  dorée  avec 
«  force  pierreries.  La  royne  de  Navarre ,  tant  en  cette  hystoire  que  les  au- 
.  «  très ,  est  habillée  à  sa  façon  accoustumée ,  ayant  un  manteau  de  veloux 
a  noir  couppé  ung  peu  sous  le  bras.  Sa  cotte  noire,  assez  à  hault  collet, 
a  fourrée  de  martres ,  attachée  des  plingues  par  devant  ;  sa  cornette  assez 
oc  basse  sur  la  teste,  et  apparest  ung  peu  sa  chemise  froncée  au  collet.  > 

a  La  devise  de  la  reine  dont  il  est  parlé  dans  le  compte  est  :  Plus  vous  que 
€  moy.  Cette  devise  est  répétée  sur  cinq  miniatures. 

«  Les  armoiries  qui  figurent  en  tête  de  ce  volume  ne  sont  pas  celles  de  la 
a  duchesse  d'Ëtampes ,  comme  l'a  cru  M.  Le  Roux  de  Lincy,  qui  a  décrit 
«  avec  soin  ce  manuscrit  dans  le  tome  I,  p.  clxxxvu,  de  son  édition  de 
a  VHeptaméron,  mais  celles  du  comte  de  Vertus,  beau-frère  de  la  duchesse 
«  d'Ëtampes.  Cette  dame  aimait  beaucoup  la  comtesse  de  Vertus,  sa  sœur,  et 
a  le  duc  d'Ëtampes  prétendait  qu'elle  l'avait  ruiné  pour  enrichir  cette  sœur 
«  chérie.  Le  roi  lui-mêtne  (Henri  II)  consentit  à  déposer  en  1556,  dans 
«  une  enquête  ouverte,  à  ce  sujet.  Il  parait  néanmoins  très-probable  que  ce 
«  manuscrit  est  celui  offert  par  la  reine  de  Navarre  à  la  duchesse  d'Ëtampes, 
«  dont  les  armes  auront  été  recouvertes  ultérieurement  par  celles  du  comte 
«  de  Vertus ,  à  qui  il  aura  été  donné  par  sa  belle-sœur. 

«  Une  miniature,  celle  qui  représente  la  coche  ou  voiture,  a  un  peu  souffert, 
«  et  il  y  a  un  petit  trou  au  bas  de  la  robe  de  la  duchesse  d'Ëtampes ,  dans 
a  la  Xle  et  dernière.  » 

Ajoutons  que^e  précieux  manuscrit  a  été  adjugé  à  M.  Didot  pour  la  somme 
de  8,220  fr. 

41.  HOMÈRE.  Les  cinquième  et  sixième  livres  de  Tlliade,  tra- 
duits en  vers  français  par  Hugues  Salel.  —  In-8  carré,  de 
8i  ff.,  réglé;  mar.  br.,  fil.  à  compart.,  large  bordure  à  rin- 
ceaux, fleurs  de  lis  et  les  initiales  FF  au  milieu  des  plats, 
tr.  dor.  (rel.  du  Xf^P  siècle). 

Beau  manuscrit,  fort  bien  écrit  sur  vélin  fin  et  blanc.  C'est  l'exemplaire 
présenté  vers  1530  au  roi  FRANÇOIS  I®»",  à  qui  Salel  offrait  successivement 
sa  traduction  manuscrite ,  qu'il  n'a  pas  poursuivie  au-delà  du  commence- 
ment du  treizième  chant.  Il  est  revêtu  d'une  élégante  reliure  à  la  Grolier, 
parfaitement  conservée.  L'ornementation  et  les  fleurs  de  lis  sont  en  or;  les 
lettres  F  étaient  en  argent  qui  s'est  oxydé  sous  l'action  du  temps. 

42.  FIERABRAS  ou  la  Conquête  des  Espagnes  par  Charleraagne 
(en  prose).  — In-fol.,  de  117  ff.;  initiales  ornées;  mar.  la 
Vallière  clair,  riches  compart.  à  fr.,  tr.  dor.  (Duru). 

Manuscrit  du  XV«  siècle,  sur  papier.  Les  six  premiers  feuillets  contiennent 
la  table  des  chapitres.  Le  texte  commence  par  un  préambule  de  l'auteur 


BELLES-L^TTRES.  29 

dont  voici  les  premiers  mots  :  «  Saint  Pol  docteur  de  vérité  nous  dit,  etc.  »,  et 
il  finit  ainsi  :  ce  A  laquelle  [salvacion]  puissent  piàblement  paruenir  tous  ceulx 
qui  voluntiers  U  liront,  orront  ou  feront  lire.  Amen,  Explicit.  Deo  Gratias.  » 

On  sait  que  cette  compilation  eut  un  succès  immense ,  et  que  depuis  le 
XV®  siècle  elle  n'a  cessé  d'être  réimprimée  jusqu'à  ce  moment.  La  première 
édition  en  a  été  donnée  à  Genève  en  1478.  Le  compilateur,  qui  était  Suisse, 
déclare  avoir  entrepris  cette  œuvre  à  la  demande  d'un  chanoine  de  Lausanne 
qui  est  appelé  Henri  Bolmier  dans  l'édition  originale ,  quelquefois  Bolonnier 
dans  les  éditions  postérieures ,  et  Bolomier  dans  quelques  autres ,  ainsi  que 
dajîs  le  présent  manuscrit.  Il  ne  s'est  nommé  ni  dans  les  manuscrits  ni  dans 
les  plus  anciennes  éditions ,  tandis  que  dans  celle  de  Lyon ,  1489,  on  l'appelle 
Jehan  Bagnyon,  et  dans  celle  de  Lyon,  1501,  Jehan  Baignon  petit  citoyen  de 
Laitëanne,  nom  que  nous  révélons  pour  la  première  fois.  Le  lieu  de  son  ori- 
gine n'a  été  rapporté  dans  aucune  édition  ;  mais  notre  manuscrit  le  fait  con- 
naître de  cette  façon  dans  l'épilogue  placé  à  la  fin  du  roman  :  a  Et  se  aulcu- 
«  nement  en  tout  cestuy  livre  j'ay  parlé  aultrement  que  bon  françois,  sans 
«  langaige  substancieux  plain  de  bon  entendement ,  à  tous  facteurs  et  clercs 
«  humblement  j'en  demande  pardon.  Car  se  la  plume  a  mal  escript,  le  cuer 
'  «  n'a  pensé  que  bien  dire  :  Et  aussi  je  suis  natif  de  Savoie  en  Waux»  sans 
«  apprendre  la  langue  françoise  originale,  etc.  »,  ce  qui  veut  dire  qu'il  était 
du  pays  de  Vaud,  alors  soumis  au  duc  de  Savoie. 

Ce  roman,  composé  vers  le  milieu  du  XV®  siècle,  est  pour  la  Suisse  ro- 
mande le  plus  ancien  monument  de  son  histoire  littéraire. 

Notre  manuscrit ,  en  dehors  duquel  nous  ne  connaissons  djidentique  que 
celui  de  la  bibliothèque  de  Genève ,  offre  beaucoup  de  différences  avec  le 
texte  imprimé.  Il  est  parfaitement  conservé  et  a  de  grandes  marges.  La 
Bibliothèque  nationale  possède  un  manuscrit  de  ce  roman  en  prose  (n« 
2172  nouv.,  anc.  f.  fr.  ),  mais  il  ne  commence  ni  ne  finit  de  même  que  le 
nôtre. 

43.  LE  ROMAN  DE  JOSEPH  D'ARIMATHIE,  LA  VIE  DE  MER- 
LIN  ET  LA  QUÊTE  DU  SAINT  GRAAL.  —  In-4,  de  i25 
ff .  à  2  col.;  lettres  ornées  ;  relié  en  parchemin  vert,  ar- 
morie, tr.  rouge  (re/.  du  XFIIP  siècle). 

Précieux  manuscrit  sur  vélin,  daté  de  1301.  Il  est  d'une  importance  excep- 
tionnelle pour  l'étude  des  origines  et  du  développement  des  romans  de  la 
Table  ronde  au  sujet  desquels  la  controverse  ne  semble  pas  encore  épuisée. 
Les  trois  parties  de  ce  manuscrit  constituent  en  effet  la  première  forme  en 
prose  de  ces  fameux  romans  dont  l'influence  sur  le  goût  littéraire  en  Eu- 
rope fut  si  considérable.  M.  Paulin  Paris,  qui  a  jeté  le  plus  de  lumière  sur 
ces  questions  obscures,  regarde  cette  rédaction  en  prose  comme  une  ver- 
sion anonyme  du  poëme  du  Saint  Graal  attribué  à  Robert  de  Borron  (Xlle 
siècle),  poëme  que  nous  ne  possédons  pas  en  totalité.  M.  E.  Hucher,  qui  a 
publié  assez  récemment  (1875)  une  partie  de  ce  manuscrit,  voit  dans  ce  texte 
la  première  donnée  de  tous  les  Romans  dits  de  la  Table  ronde.  Suivant  M.  Hu- 
cher, contre  le  sentiment  de  M.  P.  Paris,  Robert  de  Borron  aurait  fait  le 
roman  en  prose  sur  lequel  se  serait  réglé  le  poëme  en  vers,  publié  par 
M  Francisque  Michel. 


30  MANUSCRITS. 

Le  grand  intérêt  de  notre  manuscrit  ne  se  rapporte  pas  à  la  première 
partie  (le  Roman  de  J9seph  d*Arimathie),  mais  à  la  seconde  qui  commence  à 
la  suite  du  récit  du  couronnement  d*Artus.  A  partir  de  là  nous  avons  un 
texte  probablement  UNIQUE,  car  malgré  toutes  les  recherches  on  n'a  pas 
pu  en  trouver  un  autre  manuscrit.  Dans  le  cadre  de  l'histoire  d'Artus ,  ce 
texte  nous  donne  la  première  rédaction  de  la  légende  de  Percevais  dernier 
dépositaire  du  saint  Graal,  légende  plus  simple,  mieux  coordonnée,  moins 
surchargée  d'éléments  parasites  que  celle  que  Gautier  Map  a  fondue  et 
travestie  dans  son  roman  de  la  Quête  du  saint  Graal.  C'est  le  nôtre  qui  a  ins- 
piré à  Chrestien  de  Troyes  son  célèbre  poëme  de  Perceval  le  Gallois, 

Le  titre  porte  :  Ci  comence  le  romanz  des  proWphecies  Merlin,  titre  com- 
plètement inexact.  Le  Saint  Graal  est  suivi  non  des  Prophéties,  mais  du  livre 
de  Merlin  (f.  18  v**)  auquel  il  sert  de  prologue.  Puis,  à  la  suite,  vient  le 
hvre  de  Perceval  ou  la  Quête  du  saint  Graal  (f.  92  v»  ),  qui  n'est  pas  même 
séparée  ici  du  roman  de  MerUn  par  une  grande  initiale.  Le  volume  est  ter- 
miné par  la  mort  du  roi  Artus  et  le  récit  de  la  diffusion  de  ses  aventures.  Il 
finit  par  cette  souscription  :  Ci  fenist  le  romanz  des  prophecilies  Merlin.  Il 
est  au,.,  (mot  effacé)  ||  et  fust  fait  lande  nostre  Seygnor  \\  M»  CCC°  P»  (1301). 

Ce  manuscrit,  d'une  belle  conservation,  avait  appartenu  à  l'illustre  d'A- 
GUESSEAU  dont  les  armes  se  trouvent  sur  les  plats,  et  les  masses  de  chancelier 
de  France,  sur  le  dos  de  la  reliure. 

44.  AVENTURES  DES  PRINCIPAUX  CHEVALIERS  DE  LA  TABLE 
RONDÇ.  —  In-foL,  de  i53  ff.  à  2  col.;  basane  noire,  bord, 
dorée. 

Manuscrit  sur  vélin,  d'une  très-bonne  écriture  de  la  première  partie  du 
XV«  siècle.  La  place  pour  les  miniatures  et  les  lettres  ornées  a  été  réservée 
en  blanc  ;  la  première  page  est  entourée  d'une  large  bordure  historiée ,  en  or 
et  en  couleurs.  Au  haut  de  cette  page,  on  lit  :  De  la  Bibliothèque  de  M.' le 
marquis  d'Aix  à  la  Serraz  ;  au  bas  :  Laurentij  Pyorheti  (?)  Camberianj. 

Ce  roman  commence  par  ce  sommaire  en  rouge  :  Cestui  Hure  parle  de  Grt- 
ron  et  de  Galhot  le  brun  et  de  Segurans  le  brun,  et  de  tous  ses  bons  chVrs  du 
temps  du  roy.  Vterpendragon,  encore  parle  de  tous  les  bôs  cheualiers  qui  furent 
ou  temps  du  roy  Artus.  Le  texte  débute  ainsi  :  Cy  endroit  dit  le  compte  et  la 
vraye  histoire  le  tesmoigne  Que  le  roy  Vterpendragon  tenoit  chascun  an  acous- 
tumeint  vne  grande  court  en  la  grant  plaine  du  chasteau  de  vmbre  qui  estoUt  la 
plus  belle  playne  la  plus  delictable  et  la  plus  planteureuse  que  len  trouuast  en 
tout  le  monde,  etc.  Il  finit  au  recto  du  dernier  feuillet  par  ces  phrases  :  Que 
vous  en  diroye  par  toute  la  court  se  fait  jois  et  feste  de  ce  que  ceste  bataille  es* 
toit  si  bien  finée.  Car  gràt  doubte  auoient  qu'il  n*en  sourdeist  mal  bien  gràt. 
Laudetur  deus. 

Sur  le  plat  intérieur  de  la  reliure,  on  a  collé  deux  feuillets  de  papier  ;  le 
premier  contient  cette  note  d'une  vieille  écriture  :  «  En  dieu  laffin.  sallin. 
a  Ce  présent  liure  est  vng  viel  romant  contenant  les  entreprises,  prouesses 
«  et  faitz  d'armes  de  plusieurs  cheualliers  de  la  Table  ronde  fondée  par  le 
«  roy  Vterpandragon  de  la  Grand  Bretait;ne  du  temps  dudit  Roy  que  de  ce- 
c  luy  du  Roy  Artus  son  filz.  Non  jamais  imprimé.  Se  doibt  garder  pour  son 
«  antiquité,  sallin.  »  Le  second  feuillet  est  occupé  par  une  longue  note  en 


BELLES-LETTRES.  31 

italien  que  le  savant  abbé  G.  Gazzera,  ancien  bibliothécaire  de  rUniversité 
de  Turin  et  correspondant  de  notre  Académie  des  inscriptions,  avait  consacrée 
à  ce  manuscrit  pour  le  marquis  d'Aix  à  la  Serraz,  note  où  il  constate  que 
cet  ouvrage  est  INÉDIT.  Nous  sgouterons  qu'à  notre  connaissance  ce  manus- 
crit est  UNIQUE. 

C'est  une  suite  d'aventures  nouvelles,  attribuées  à  des  héros  de  la  Table 
ronde  qui  tous  ont  leur  histoire  dans  laquelle  ces  aventures  ne  figurent  pas. 
Ces  héros  sont  :  Giron  le  Courtois,  Lancelot,  Tristan,  Palaméde,  Ségurade,  Gau- 
vaih,  Ut&rpendragon  et  Artus,  L'auteur  paraît  avoir  voulu  continuer  les  ro- 
mans plus  anciens  de  la  Table  ronde,  et  il  l'a  fait  souvent  assez  heureu- 
sement, en  conservant  le  respect  des  traditions  autorisées  dans  les  livres  an- 
térieurs. Son  ouvrage  est  d'une  lecture  attrayante  et  écrit  d'une  bonne  prose. 

45.  MAP  (Gautier).  Lancelot  du  I^c  (dernière  partie).  La  Quête 
du  Saint-Graal.  La  Mort  d'Artus.  — In-fol.,  de  237  ff.  à  2 
col.;  miniatures,  lettres  ornées  ;  mar.  la  Vallière,  riches  com- 
part.  à  froid,  tr.  dor.  (Hagué). 

Précieux  manuscrit  du  milieu  du  XIII«  siècle,  sur  vélin,  qui  paraît  nous 
offrir  le  plus  ancien  texte  de  la  célèbre  rédaction  en  prose  de  Gautier  Map. 
Il  commence  ^ar  une  miniature  passablement  effacée.  Il  offre  cette  dernière 
partie  du  Lancelot  distinguée  sous  le  nom  du  livre  d'Agravain,  et  dont  on 
peut  voir  l'analyse  dans  le  5«  vol.  des  Romans  de  la  Table  ronde  mis  en  nou- 
veau langage  par  M.  Paulin  Paris  (1877;  pp.  297-330).  Premières  lignes  :  «  Ci 
«  endroit  dit  li  contes  que  quant  Agrauains  se  fu  partiz  de  ses  compaignons, 
«  si  come  uos  auez  oi  qu'il  erra.  ij.  iorz  et  plus  sanz  auenture  trouer  qui  a 
«  conter  face  et  en  toz  les  leus  ou  il  uenoit,  fust  en  uile,  fust  en  bois,  deman- 
«  doit  noueles  de  lâcelot  a  toz  cens  que  il  encontroit...  »  La  Bibliothèque 
nationale  de  Paris  possède  dix  manuscrits  du  même  roman  et  du  même 
siècle  que  le  nôtre,  auquel  cependant  tous  nous  paraissent  être  postérieurs. 
Cinq  de  ces  manuscrits  sont  plus  ou  moins  incomplets.  Le  no  771  nouv. 
(7185*  anc.)  commence  au  même  endroit  que  le  nôtre  et  par  le  même  texte, 
tandis  que  la  rédaction  correspondante  dans  les  autres  manuscrits  s'en  éloi- 
gne plus  ou  moins  complètement.  Lancelot  du  Lac  finit  dans  le  nôtre  (fol.  129 
ro)  par  cette  phrase  :  a  si  fenist  ici  mestres  Gautier  (en  abrégé)  Map  son  liure 
et  commence  le  seint  graal.  d 

Le  Saint  Graal  (ou  plutôt  la  Quête  du  Saint  Graal)  commence  ainsi  :  «  A 
«  la  ueille  de  la  pentecoste  quant  li  compaignon  de  la  table  reonde  furent 
«  uenu  a  Kamaalot  et  il  orent  oi  le  seruisse  et  len  uoloit  mètre*  les  tables 
«  heure  de  none.  lors  entra  en  la  sale  a  cheual  une  mit  bêle  damoiselle...  » 
L'initiale  A  de  cette  phrase  renferme  une  assez  grande  miniature  représen- 
tant cette  scène.  Cette  partie  finit  ainsi  (fol.  183  v»)  :  «  Quant  il  orent  mengie  . 
«  a  cort  li  rois  fist  auant  uenir  les  clers  qui  metoient  en  escrit  les  auentures 
ce  au  cheualiers  de  laienz  et  quant  Boorz  ot  contées  les  auentures  del  seint 
«  graal  telles  come  il  les  auoit  ueues  si  lurent  mis  ses  escrit  et  gardées  en 
a  lainière  {sic)  de  Salebieres  dont  mestre  Gautier  Map  les  trest  a  fere  son 
«  liure  del  seint  graal  por  lamor  del  roi  Henri  son  seignor  qui  fist  lestoire 
«  translater  de  latin  em  francois.  Si  se  test  atant  li  contes  que  plus  nen  dit 
«  des  auentures  del  seint  graal  ». 


32  MANUSCRITS. 

La  Mort  d'Artus  débute  en  ces  termes  au  feuillet  suivant  au  bas  d'une  mi- 
niature  un  peu  dégradée  :  a  Apres  ce  que  mestres  Gautier  Map  ot  treitié 
c  des  auentures  del  graal  asez  sofisament,  si  come  il  li  semblot,  si  fu  auis 
«  au  roi  Henri  son  seigneur  que  ce  quil  lauoit  fet  ne  deuoit  pas  sofire  se  il 
a  ne  racontoit  la  fin  de  cels  dont  il  auoit  fet  deuât  mëtîon...  :»  La  fin  est 
«  ainsi  conçue  :  «  Si  se  test  ore  atant  mestres  Gautier  Map  de  lestoire,  quar 
«  bien  a  tôt  mené  afin  selonc  les  choses  qui  en  auindrent  et  define  ci  son 
c  liure  qui  après  ce  nen  poroit  nous  raconter  chose  qui  ne  mentist.  Explicit 
«  la  mort  du  roi  Artus.  » 

L^  présent  manuscrit  est  d'une  bonne  conservation .  Chaque  alinéa 
commence  par  une  initiale  peinte  en  or  et  en  couleurs;  la  plupart  de 
ces  initiales  sont  très-fraîches.  Le  volume  est  bien  complet,  sauf  un 
morceau  enlevant  du  texte  au  f.  116,  et  une  lacune  entre  les  ff.  244  à 
236  qui  a  été  comblée,  au  XV«  siècle  encore ,  au  moyen  de  21  ff.  copiés  sur 
papier. 

En  tête,  figure  un  fragment  de  huit  feuillets  de  vélin,  contenant,  en 
français,  d'une  écriture  duXVe  siècle,  des  détails  biographiques  sur  Galion  et 
ses  principales  sentences. 

La  signature  :  Lyonnet  doureille  (XY«  siècle)  se  rencontre  plusieurs  fois 
dans  ce  volume. 

46.  NOMS,  ARMES,  DEVISES  ET  CARACTÈRE  DES  CHE- 
VAUERS  DE  LA  TABLE  RONDE.  —  Pet.  in-fol.,  de  i55 
ff.;  dont  le  dernier  blanc;  i44  miniatures  et  lettres  ornées  ; 
veau  racine,  tr.  dor.  (anc.  rel.). 

Beau  et  curieux  manuscrit  du  XV«  siècle,  sur  vélin.  Il  commence  par  ce 
titre  en  rouge  :  a  Se  sont  les  noms,  armes  et  \\  blasons  de  cheualliers  et  côpaig- 
nos  de  la  table  ronde  ||  au  temps  que  Hz  iurerent  la  queste  \\  du  sainct  (jraal  a 
Camaloth  le  io^  \  de  la  penthecouste.  Et  par  la  vertu  diuine  estoiet  tous  a  ce 
tour  assém\\bles.  Vient  ensuite  un  court  historique  de  chacun  des  chevaliers  de 
la  Table  ronde  en  commençant  par  leur  chef,  le  roi  Artus.  Chaque  notice  est 
précédée  d'une  grande  miniature  fort  bien  dessinée,  représentant  les  armes 
de  chacun  des  chevaliers,  au  nombre  de  cent  quarante-quatre,  avec  leurs 
devises.  Ces  notices  sont  presque  exclusivement  consacrées  à  la  louange  des 
qualités  physiques  ainsi  que  des  penchants  des  chevaliers  voués  à  la  quête  du 
Saint-Graal.  Elles  s'arrêtent  au  verso  du  f.  134.  Les  15  ff.  suivants  contien- 
nent la  description  de  la  manière  dont  on  faisait  les  tournois  sous  le  roi  Vter- 
pendragon  et  de  son  fils  Artus,  roi  de  la  Grande-Bretagne.  Les  5  derniers 
ff.  renferment  vingt  articles  d'un  règlement  relatif  aux  devoirs  des  compa- 
gnons de  la  Table  ronde.  A  la  fin,  l'auteur  déclare  avoir  puisé  des  renseigne- 
ments pour  son  travail  «  tant  au  liure  de  maistre  Eélie,  maistre  Robert  de  Bor^ 
ron,  maistre  Gaulier  Moablebrec  (sic,  pour  Gautier  Map)  quedemaistre  Rusticien 
de  Pise  qui  en  parlant  en  leurs  Hures  la  ou  sont  èscrips  les  grans  faictz  de  tous 
les  cheualliers  de  la  Table  ronde.  » 

Cette  singulière  compilation  doit  être  du  dernier  quart  du  XV«  siècle. 
Elle  diffère  complètement,  comme  texte  et  comme  blasons ,  d'un  tout  petit 
volume  intitulé  :  la  Devise  des  armes  des  chevalliers  de  la  Table  ronde ,  dont  il 
existe  deux  éditions  du  XVP  siècle. 


BELLES-LETTRES.  33 

Nous  ne  connaissons  pas  d'autre  manuscrit  de  ce  teite  qui  soit  enrichi 
de  miniatures.  Celui-ci  porte  le  cachet  de  la  bibliothèque  de  Dinan  dont  il 
est  sorti  par  suite  d'un  échange.  Conservation  parfaite. 

47.  JEHAN  DE  PARIS,  ROY  DE  FRANCE.  Roman  en  prose.  — 
In-fol.,  de  70  ff.;  mar.  La  Vallière,  riches  compart.  à  froid, 
tr.  dor.  (Lorlic). 

Manuscrit  sur  papier^  d'une  belle  et  grosse  écriture  du  XV*  siècle.  Il  com- 
mence par  ce  titre  en  rouge  :  Cy  commence  vng  noble  et  très  excellât  romant 
nomme  Jehan  de  paris  roy  de  france ,  et  finit  ainsi  :  je  prie  a  Dieu  quil  nous 
doint  grâce  que  y  puissions  paruenir.  Amen.  Au-dessous,  on  lit  ;  Ce  livre  est  à 
moy  Je\\han  Sala, 

L'histoire  de  Jehan  de  Paris,  qui  a  toujours  joui  d'une  grande  popularité, 
est  un  des  meilleurs  et  des  plus  anciens  romans  français  dans  le  genre 
comique.  Jusqu'en  1856,  on  avait  cru  qu'il  a  été  composé  entre  1525  et  1535, 
à  l'occasion  de  la  lutte  que  François  le'  soutint  contre  le  roi  Henri  VÏII 
d'Angleterre  et  l'empereur  Charles-Quint,  et  l'on  voyait  le  roi  de  France  lui- 
même  dans  le  héros  du  roman.  Quelques  littérateurs,  Villemain  entre  autres, 
ont  pressenti  le  peu  de  fondement  de  ces  appréciations ,  et  c'est  précisément 
notre  texte  (dont  on  ignorait  l'existence  avant  1856  et  qui  à  cette  date  appar- 
tenait à  un  savant  Suisse  très-connu,  M.  E.-H.  Gaullieur),  qui  a  complète- 
ment justifié  leur  opinion  car  l'écriture  de  ce  manuscrit  est  sûrement  du  XV' 
siècle.  Or  cette  constatation  a  une  grande  importance  pour  notre  histoire  lit- 
téraire. M.  A.  de  Montaiglon ,  à  qui  on  doit  tant  d'excellentes  publications , 
a  profité  de  cette  découverte  pour  donner  une  nouvelle  et  dernière  édition  de 
ce  roman  (Paris,  1867,  in-16).  Dans  la  préface,  il  a  démontré  que  le  sujet  de 
cette  charmante  production  est  le  MARIAGE  DE  CHARLES  VIII  AVEC  ANNE 
DE  BRETAGNE;  la  «victime  de  la  verve  comique  de  l'auteur  n'est  autre 
que  l'archiduc  Maximilien  d'Autriche ,  le  concurrent  évincé.  Le  nom  du  ro- 
mancier est  inconnu,  mais  on  le  croit  Lyonnais.  Bien  que  son  œuvre  soit 
parfaitement  originale ,  il  dit,  dans  le  prologue ,  avoir  translaté  cette  histoire 
joyeuse  d'espaignol  en  langue  françoise,  sans  doute  pour  mieux  cacher  sa  per- 
sonnalité. Il  est  probable  qu'il  appartenait  à  l'entourage  de  la  reine  Anne,  et 
M.  de  Montaiglon ,  à  l'aide  d'ingénieux  rapprochements ,  insinue  que  c'est 
peut-être  un  nommé  Pierre  Sala,  auteur  d'un  autre  ouvrage  resté  en  ma- 
nuscrit et  où  il  est  beaucoup  question  de  Charles  VIII. 

En  dehors  de  notre  manuscrit ,  on  n'en  connaît  qu'un  second  qui  appar- 
tient à  la  Bibliothèque  nationale.  Le  nôtre  avait  une  lacune  de  7  ff.,  qui  ont 
été  refaits  avec  une  étonnante  habileté. 

AUTEURS  ITALIENS. 

48.  DANTE.  La  Divina  Commedia.  —  In-fol.,  de  82  ff.  à  2 col.  ; 
miniatures  et  bordures;  mar.  La  Vallière,  très-riches  com- 
part. à  froid  dans  le  style  vénitien,  tr.  dor.  (Hague). 

Très-précieux  manuscrit  sur  vélin,  daté  de  1378.  Il  commence  par  ce  titre 
en  rouge  :  Prtiwwz.  Ca.  infemi  comédie  dàtis  alâgerij  de  florecia  t  q^  autor  po  || 

3 


34  MANUSCRITS. 

ûfacit  exordiu  suU.  scd'o.  dicit  ad  qwè  locû  accessit,  tcio^  quô  |  fiUi  inpedU^,  /t 
quarto  ubi  inuenit  uirgilium.  La  première  page  est  entourée  d*une  riche  bordure 
historiée,  et  Tinitiale  K  du  premier  vers  de  Tépopée  contient  une  miniature 
relative  au  début  même  du  premier  chant  de  VEnfer  :  elle  représente  Dante 
au  moment  où,' assailli  par  un  lion  et  une  louve,  il  rencontre  Virgile.  La  se- 
conde miniature,  placée  au  commencement  du  Purgatoire  (fol.  27  r®),  nous  fait 
voir  Dante  dans  une  barque  dirigée  par  Virgile,  et  la  troisième,  qui  décore  le 
livre  du  Paradis,  représente  Dieu  dans  la  gloire  céleste,  et,  plus  bas,  le  poète 
conduit  par  Béatrice.  Les  pages  ornées  de  ces  miniatures  sont  en  outre  entou- 
rées de  bordures  historiées  dans  le  même  genre  que  celle  de  la  première  page, 
mais  différentes  de  composition.  L'écriture  de  ce  manuscrit  est  superbe  ,  et 
son  ornementation  intéresse  Thistoire  de  Fart.  Tous  les  arguments  des  chants 
sont  en  latin  et  écrits  en  rouge. 

La  Divina  Commedia  finit  au  verso  du  f.  77,  par  cette  souscription  :  Ex- 
plicit  Liber  Comédie  Dantis  ala  ||  gerijdeflorentia  Gloriosi  Teologi.  ||  excelentisfiio- 
sophi placidi poète.  H  Deo  Grattas.  Ame.  Amen,  Amen.  Au-dessous,  en  rouge  : 
Manus  scriptoris  saluetur  onibz  ||  horis.  Amen.  Au  feuillet  suivant,  après  un 
titre  ainsi  conçu  :  In  hoc  capVo  otinenf  diuisioes  toti'  lib*  comédie  dantis  Ala- 
gherij  d' floentia,  commence  une  longue  analyse  de  ce  gt*and  poème,  en  vers 
italiens  dontjes  premiers  sont  : 

O  uoi  che  siete  dal  uerace  lame  ' 
Alquanto illumiiiati  nella  mente; 

et  les  derniers  (môme  f.,  verso,  2®  col.)  : 

La  quai  gli  uenne  per  uoler  diuino  x 
Nel  mrçço  del  caroin. délia  sua  uita. 

Après ,  vient  une  autre  pièce  de  vers  dont  le  titre  eX  le  début  sont  :  Jn  hoc 
capl'o  continent'  declaratioes  vocabulo'jjfi  metaphoriçato'^  toci*  libri  comédie  dan- 
tis preddî. 

Pero  che  «ia  pin  fructo  e  piu  dilecfo 

A  colur  canne  [che  liailno]  uog  [i]a  di  sapere  ; 

et  qui  se  termine  ainsi  (f.  79  v<»)  : 

£  cosi  tutol  [  tutto'  1  ]  suc  dire  8i  comprende 
Fortincando  la  cristiana  fede. 

A  la  suite,  se  trouvent  deux  épitaphes  en  latin  qui  ont  été  gravées  sur  le  mau- 
solée de  Dante ,  de  six  vers  chacune  ;  la  première ,  qui  nous  parait  inédite, 
est  de  la  composition  d'un  nommé  Minchino  Mezzano  (?)  de  Ravenne,  d'après 
cet  intitulé  :  Infrascriptumprimum  Epithaphium  scultum  est  in  archa  Dantis  et 
factum  fuit  per  discretum  virum  f.  Minchinum  meçanum  de  Ravenna.  La  se- 
conde, attribuée  à  tort  à  Dante  lui-môme,  porte  ce  titre  :  Infrascriptum  Epù- 
taphium  scultum  est  in  archa  dicti  auctoris  et  nuperrime  factum  per  quemdam, 
qui  est  infrascripti  tenœns  ;  c'est  celle  qu'on  lit  encore  sur  le  tombeau  du 
poète. 

Le  feuillet  suivant,  dont  la  moitié  a  été  coupée,  commence  par  cette  im- 
portante souscription  écrite  en  rouge,  que  nous  reproduisons  en  complé- 


BELLES-LETTRES.  35 

tant  les  nombreuses  abréviations  :  Ego  Franciscus,  W,  Tare  olim  de  Ceswa  et 
nunchîtor  (habitator)  Pens'.  (sic),  hurui  librum  Comédie Dantis  Alagheriide  Flo- 
rencia  scripsi  (suit  une  ligne  effacée).  Qiiem  œmplevi  in  annis  domini  nostri 
Jesu  Christi,  M°CC(y*LXXVin,  et  die  ultima  mensis  setenbns,  tempore  Domini 
Urbanipp.  (papœ)  VI,  indictionè  prima ,  inter  quem  papam  et  cardinales  eroi 
quœstio  et  sisma,  quia  cardinales  aserebant  ipsum  non  esse  papam ,  ex  eo  quod 
eum  elegemni  Umore  Romànorum,  et  non  eonim  propria  voluntate. 

Ainsi ,  comme  le  constate  le  copiste ,  ce  manuscrit  a  été  terminé  Tannée 
même  où ,  à  la  suite  de  Télcction  du  pape  Urbain  Vl ,  commença  le  grand 
schisme  d'Occident  qui  dura  cinquante  et  un  ans. 

Plus  bas  est  écrite,  d'une  autre  main,  une  pièce  de  vers  latins  en  Then-  ' 
neûr  de  Dante ,  signée  :  Daniel  Furlanus. 

Le  dernier  feuillet ,  qui  avait  été  laissé  en  blanc,  contient  un  petit  traité 
latin  relatif  au  régime  à  observer  pendant  les  épidémies  et  aux  moyens  cura- 
tifs  (De  Regimine  et  Remediis  contra  Epidimias).  Il  a  été  composé  en  1399, 
selon  cette  souscription  finale  :  Explicit  utilis  tractatus  ad  liberationem  epi- 
thimie^  compositus,..  sub  annis  domini  MCCCLXXXXVIIII ,  per  magistrum 
Johannem  Cunbarbam  (?) ,  civem  leodomemsem.  Ce  traité,  un  des  plus  anciens 
sur  la  matière,  nous  paraît  inédit. 

A  la  première  page,  figure  Testampille  de  la  célèbre  bibliothèque  du  car- 
dinal Joseph-René  Imperiali ,  illustre  prélat,  grand  protecteur  des  lettres, 
mort  en  1737. 

Ce  manuscrit,  à  notre  connaissance,  n'a  jamais  été  décrit.  Colomb  de  Rati- 
nes ne  le  connaissait  (II ,  210)  que  par  une  simple  mention  qu'en  avait  faite 
Fontanini  comme  se  trouvant  dans  la  collection  du  cardinal  Severoli.  Il  doit 
assurément  être  classé  parmi  les  plus  importants  textes  de  Dante.  Sur  en- 
viron cinq  cents  manuscrits  connus  de  la  Divine  Comédie^  il  n'y  en  a  qu'une 
dizaine  qui  soient  antérieurs  au  nôtre ,  et  dans  ce  dernier  nombre  il  en  est 
deux  à  peine  qui  soient  exécutés  avec  une  intelligerite  exactitude.  Celui  que 
nous  venons  de  décrire  se  rapproche  beaucoup  du  plus  célèbre  de  tous,  du 
manuscrit  du  Vatican,  écrit,  dit-on,  par  Roccace.  Nous  avons  pu  le  constater, 
en  conférant  notre  texte  avec  celui  de  l'excellente  édition  critique  du  Dante, 
donnée  par  G.  Witte  (Rerlin,  1862,  in-4). 

C'est  donc,  en  présence  du  nombre^oujours  croissant  des  admirateurs  du 
grand  poète  itahen,  un  véritable  événement  que  l'apparition  d'un  nouveau 
manuscrit  de  son  œuvre  immortelle.  Il  avait  été  acheté  à  l'amiable  par 
M.  Didot,  au  prix  de  7,000  fr. ,  non  relié. 

49.  PETRARCA  (Fr.).  Rime.  ~  In.4,  de  i46  ff.;  lettres  ornées; 
mar.  rouge, riches comparl.  en  or,  dent,  int.,  tr.  dor.  {rel. 
anglaise). 

Manuscrit  du  XVIe  siècle,  sur  vélin,  d'une  très-belle  écriture  et  fort  bjen 
conservé.  Il  a  dû  être  exécuté  peu  de  temps  après  la  mort  du  poëte,  surve- 
nue en  1374  ;  c'est,  en  tout  cas,  un  des  plus  anciens  que  l'on  connaisse. 

Les  trois  premiers  feuillets  contiennent  une  table  alphabétique  des  pièces. 
Le  texte  commence  directement  par  ce  vers  du  premier  sonnet  : 

Vol  ch^ascuHate  in  rime  sparse  il  suono. 


36  MANUSCRITS. 

m 

Au  bas  de  la  page ,  figure  un  écusson  armorié  où  Ton  ne  distingue  qu'an 
»       rond  {?  tourteau)  sur  fond  d'argent. 

Cet  important  manuscrit  comprend  toutes  les  poésies  de  Pétrarque  en 
langue  Milgaire.  Les  Trionfi,  commencent  au  f.  117,  et  finissent  par  cette 
souscription  :  Frandsd^  Peirarce  Laureati  Poète  Triûphus  VF.  et  ulHmus  ex- 
plicit.  Cette  dernière  partie  surtout  contient  de  nombreuses  notes  et  commen- 
taires qui  paraissent  être  de  la  môme  main  que  le  manuscrit. 

La  reliure  porte  à  l'intérieur  Tex-libris  d'un  amateur,  avec  un  /ton  jwur 
armoiries,  et  les  initiales  E.  G.  H.,  qui  figurent  aussi  sur  le  second  feuillet 
de  garde  au  bas  d'une  ligne  d'écriture  fournissant  cette  mention  :  Questo  ma- 
noscritto  é  venuto  da  Carpentras. 

50.  NOBILI  (Guglielmo  de') .  Canzoni,  Sonetli  ed  Epitafïi  in  Iode 
di  P.  P.  Leone  X  e  délia  sua  famiglia.  —  In-4»  de  6i  fî., 
dont  le  premier  blanc;  veau  brun^  compart.  enor  et  à  froid, 
Ir.  dor.  (anc.  reL  itaL), 

Manuscrit  sur  papier,  du  commencement  du  XVIe  siècle,  d'une  belle  écri- 
ture. Ce  recueil  de  poésies-,  en  l'honneur  du  pape  Léon  X  et  de  sa  famille, 
commence  au  verso  du  second  feuillet  par  un  sonnet  intitulé  : 

Sonetto  del  subiecio  del  libro  :  cioè  argumenta. 

Au  bas  de  la  page,  se  trouve,  en  or  et  en  couleurs,  l'emblème  collectif  de  la 
maison  de  Médicis,  composé  d'un  bouquet  de  roses  et  de  laurier  environné 
de  flammes  et  portant  au  milieu  une  bague  ornée  d'un  diamant  (emblômede 
Gôme  de  Médicis,  dit  V Ancien),  et  un  joug  (-emblème  du  pape  Léon  X)  ;  sur 
une  banderole,  on  lit  ce  mot  :  G.  L.  G.  V.  I.  S.  :  d'après  f  évéque  Giovio,  c'est 
la  devise  de  Julien  II  de  Médicis,  duc  de  Nemours  ;  lu  à  rebours ,  ce  mot 
donne  :  Sivolg  [é]  (elle  tourne),  allusion  au  revirement  de  la  fortune  en  fa- 
veur de  ce  prince  après  bien  des  années  d'exil.  Au-dessous,  d'une  autre  écri- 
ture ,  ce  distique  : 

A  tre  sorelle  et  la  misera  madre 
Povere,  grande,  aflitte,  et  sanza  padre. 

Sanza,  au  lieu  de  senza,  conformément  à  la  prononciation  florentine. 
Au  feuillet  suivant,  commence  un  long  poème  héroïque  sur  les  faits  et  ge&tes 
des  Médicis,  en  huitains ,  qui  débute  par  ce  vers  : 

Marte  Tillonia  el  fu^orar  délie  aste. 

L'initiale  M,  enluminée ,  est  composée  de  quatre  morceaux  de  bois  vert  en- 
flammés (emblème  de  Pierre  II  de  Mécicis);  elle  fait  corps  avec  une  petite 
bordure  où  on  lit  la  devise  :  Suave,  sur  une  banderole  entourant  un  joug 
(emblème  personnel  de  Lépn  X).  Au  bas  de  la  page,  figurent  les  arnu>iries 
de  LÉON  X  à  qui  cet  exemplaire  avait  appartenu,  armoiries  surmontées  de 
la  tiare ,  accompagnées  des  clefs  de  Saint-Pierre,  et  de  l'emblème.  Le  poème 
finit  au  recto  du  f.  56  de  cette  manière  : 

Hor  fornitho  il  canlare,  faro  mie  scuse 
Con  lui,  col  ciel,  col  vulgo  et  con  le  Muse. 
Finis,  Composto  per  Guglielmo  de  Nobili. 


BELLES-LETTRES. 


37 


Viennent  à  la  suite  sept  pièces  de  vers  en  l'honneur  de  Léon  X,  un  sonnet 
adressé  à  Giuliano  de  Médicis,  un  autre  à  Lorenzo  de  Médicis,  et  des  épita- 
phes  de  Gôme,  de  Pierre  (fils  de  Gôme  de  Médicis),  de  Samson,  de  l'empe- 
reur Justinien,  de  Salomon,  et  de  Laurent  de  Médicis,  le  Magnifiqtte.  Le 
volume  finit  ainsi  : 

Salve,  Viva  et  Vale,  Finis. 


Tels  sont  les  côtés  intéressants  de  ce  manuscrit. 


HISTOIRE 


AUTEURS  GRECS  ET  LATINS,  ANCIENS  ET  MODERNES. 


51.  JUSTINUS.  Ex  Historiis  Trogi  Pompei.  —  Pet.  in-fol.,  de 
ii5  ff. ;  lettres  ornées;  rel.  en  parchemin. 

Beau  manuscrit  du  XY^  siècle,  sur  vélin  ,  exécuté  en  Italie.  Il  commence 
par  ce  titre  en  rouge  :  Epitoma  Ivstini  ex  Historiis  Trogi  Pom\\peij  totivs  or- 
bis  incipit.  Liber  primvs,  et  finit  ainsi  :  ...  ad  cuîHore  vite  usum  traductu  % 
forrnà  proulcie  redegit.  Deo  Qratias.  Il  est  bien  complet. 

L'intérêt  principal  de  ce  manuscrit  consiste  en  ce  qu'il  a  appartenu  au  ce- 
,  lèbre  bibliophile  et  helléniste  florentin,  GIANNOZZO  MANETTI  (1396- 
1459),  qui  occupe  une  place  considérable  dans  Thistoire  de  la  renaissance 
des  lettres ,  et  qui  fut  le  secrétaire  du  pape  Nicolas  V ,  cet  illustre  collec- 
tionneur de  manuscrits.  Au  verso  du  feuillet  de  garde,  on  trouve  non-seule- 
ment sa  signature  :  Jannoçij  Manettj ,  mais  aussi,  de  sa  main,  une  table  des 
chapitres,  avec  des  renvois  aux  feuillets  correspondants,  et  de»  notes  margi- 
nales dans  le  cours  du  volume. 

Au  recto  de  ce  même  feuillet  de  garde,  une  note  constate  qu'il  avait  été  ac- 

» 

quis  en  1811  :  ab  Equité  de  Magistris,  par  Aloysius  Marsuzi,  avocat  de  la  curie 
romaine.  Il  porte  en  outre  l'ex-libris  armorié  (  d*azur  au  lion  d'or  passant, 
accompagné  de  trois  fleurs  de  lis)  ^  avec  la  devise  :  La  Vertu  est  la  seuie  no- 
blesse. 

52.  JUSTINUS.  Epitomein  Trogi  Pompei  hi«;torias.  — -  SALLUS- 
TIUS  (C.  Cr.).  Calilinaria  et  Jugurthina  Bella.  —  FLORUS 
(L.  A.).  Epilome  rerum  romanarum  (fragment).  —  Pet.  in- 
fol.  carré,  de  loo  ff.  à  2  col.  ;  lettres  ornées  ;  ais  de  bois  re- 
couv.  de  velours  rouge  et  d'une  plaque  en  métal  doré, 
avec  émaux  de  Limoges ,  pierres  gravées  et  ivoire  sculpté. 

Manuscrit  du  XV®  siècle ,  sur  vélin.  Il  commence,  sans  aucun  titre,  par 
le  texte  de  Justin  qui  finit  au  verso  du  f.  58,  avec  le  mot  :  EœpUcit,  Dans  cette 
partie,  les  ff.  53,  54  et  57  ont  été  arrachés,  et  deux  autres  ff.  sont  écornés. 

Ce  texte  offre  beaucoup  de  variantes.  L'une  d'elles  réduit  à  trente-deux 
ans  le  règne  de  Sémiramis  après  la  mort  de  Ninus  (fol.  1  v«),  tandis  que 
d'autres  manuscrits  portent  quarante-deux  ans. 

Les  ff.  59-60  contiennent  une  pièce  de  vers  dont  le  premier  est  : 

Si  dar  ire  tua.^  pAti  nuniine  ad  aures, 


HISTOIRE.  39 

et  les  derniers  : 

Tu  modo  quod  superesi  suspensa  corrige  pefia. 

Hec  mea  ceasure  carmina  reddo  toe.  '     .  . 

C'est  un  petit  poëme  latin  où  la  France  personnifiée  demande  qu'on  fasse 
la  paix.  Il  contient  des  allusions  aux  guerres  récentes  contre  les  Anglais,  et 
parle  d'un  Piccinino ,  apparemment  un  des  cfélèbres  capitaines  italieiis  de  ce 
nom  au  XY®  siècle.  Ce  poëme  ferait  croire  que  le  manuscrit  a  été  exécuté  par 
un  scribe  français ,  vers  1450. 

A  la  suite,  vient  le  texte  de  Salluste  qui  finit  au  f.  90  vo,  par  cette  sous- 
cription :  Oui  cupis  ignotû  iugurte  nosce'  letU  \\  tarpeie  rupU  puis'  ad  yma  mit 
Il  licet  necatû  referai  in  carc'e  pl'es. 

Le  f.  91,  laissé  en  blanc,  était-destiné  à  recevoir  les  premiers  chapitres 
du  texte  de  Florus  ,  car  le  feuillet  suivant  commence  à  la  fin  du  chap.  lY 
(règne  d'Ancus  Marcius)  :...  futurum,  ut  totius  mundicpes,  etc.  L'œuvre  de 
cet  historien  s'arrête  ici  au  milieu  du  chap.  XYIII  du  second  livre,  avec  ces  lir 
gnes  :  Quippe  sine  muro,  sine  turribus,  modico  édita  tumulo  apud  flumen  Silata 
vel  Stca,  quatuor  milibus  Celtiberorum  quadraginta.,.  Il  faut  remarquer  que, 
dans  l'édition  de  ce  classique  donnée  par  M.  D.  Nisard»  on  trouve  :  apudfl»- 
men  Durium  sita ,  au  lieu  de  :  Silata  vel  Sica.  Des  divergences  semblables  se 
rencontrent  fréquemment  dans  le  cours  de  notre  manuscrit. 

Titres  en  rouge  et  jolies  initiales  en  or  et  ea  couleurs,  d'une  grande  fraî- 
cheur. 

Au  premier  feuillet,  au-dessus  des  premières  lignes  du  texte,  on  lit  :  Ex 
dono  Henrici  Gœssens  (?)...  œnventvs  dive  Elisab ecdesia  Beghinarum  (?).... 

Mais  ce  qu'il  y  a  de  plus  précieux  dans  ce  volume ,  c'est  une  reliure  de  la 
plus  grande  richesse  et  d'un  intérêt  capital  pour  l'histoire  de  l'art.  Dans 
le  milieu ,  se  trouve  enchâssé  un  ivoire  sculpté  d'un  beau  travail,  représen- 
tant le  Crucifiement.  A  gauche  de  la  croix,  la  sainte  Yierge  et  saint  Jean  qui 
lui  prend  la  main;  derrière  eux,  les  saintes  femmes  en  pleurs;  à  droite  de 
la  croix,  deux  groupes  de  soldats.  Au-dessous  de  la  croix ,  deux  bustes  d'an- 
ges. Cet  ivoire,  à  en  juger  par  les  costumes ,  les  armes  et  les  armures,  doit 
dater  du  XII«  siècle.  Il  est  entouré  d'une  bordure  frappée  et  dorée  ;  une 
seconde  bordure ,  en  saillie ,  formée  de  quatre  superbes  plaques  en  émaux 
cloisonnés  de  Limoges,  plaques  séparées  par  des  carrés  en  filigranes' rele- 
vés par  des  cabochons,  complète  cet  ensemble  harmonieux.  Ces  carrés  en 
filigranes  sont  au  nombre  de  huit,  dont  chacun  est  accompagné  de  quatre  ca- 
bochons :  quatre  d'entre  eux  portent  dans  leur  centre  une  intaille  antique.  A 
chaque  coin  du  plat,  des  pédicules  fleurdelisés  enserrent  de  grands  cabochons 
en  cristal  de  roche. 

Cette  description  ne  pourra  donner  qu'une  faible  idée  de  ce  chef-d'œuvre 
d'orfèvrerie  qui  remonte  au  moins  au  XIII«  siècle  ;  nous  renvoyons  les  cu- 
rieux à  la  reproduction  que  nous  en  donnons  dans  le  catalogue  illustré. 

Ce  beau  ^volume  provient  de  la  collection  Libri  (1864). 

53.  ARRIANUS.  De  Gestis  Alexandri  magni.  Historia  Indica. 
(Traduction  latine  par  P.-P.  VERGERIO.)  — In-fol.,  de  162 
fT.  (le  feuillet  127  et  le  recto  du  suivant  sont  blancs);  bor- 


40  MANUSCRITS. 

dures  et  lettres  ornées  ;  mar.  brun,  ornem.  à  froid,  Ir.  dor. 

{anc.  rel.  ital.). 

Superbe  mannscrit  du  XV©  siècle,  sur  vélin.  Il  commence  par  une  épitre 
du  traducteur  :  Ad  Fiigismvndvm  de  Luçenborch  Romanorvm  ||  Imperatorem  et 
Vngarie  Bohemieq=  Regem  \\  Petrvs  Pavivs  Vergerivs  Prohemivm  incipU, 
Dans  cette  épître,  Vergerio  rappelle  que  c'est  par  ordre  et  pour  Tosage  per- 
sonnel de  l'empereur  Sigismond  qu'il  avait  entrepris  cette  traduction  de 
l'expédition  d^ Alexandre  le  Grand.  La  première  page  est  bordée  des  trois 
côtés  par  un  encadrement  fort  âhnple,  mais  gracieux,  peint  en  or  et  en  cou- 
leurs. Au-dessus  de  la  bordure  supérieure,  on  lit  :  Ihesv,  Maria.  Johannes,  Au 
bas  de  la  page,  figurent  ces  armes  :  Paie  d'or  et  d'azur  de  six  pièces;  Técusson 
est  supporté  par  deux  anges  soufflant  chacun  dans  une  trompette  ornée 
d'une  banderole,  dont  l'une  porte  la  lettre  N,  et  l'autre  le  chiffre  V,  qui  dé- 
signent évidemment  le  pape  NICOLAS  V,  le  plus  illustre  des  bibliophiles  du 
XVe  siècle.  Ce  qui  confirme  cette  attribution,* c'est  qu'au  f.  42  v»,  dans  la  bor- 
dure qui  orne  la  marge  extérieure,  on  voit  un  ange  portant  un  écusson  où, 
sur  un  fond  de  pourpre,  sont  peintes  en  blanc  les  clefs  de  saint  Pierre  en  Sau- 
toir, surmontées  de  la  tiare,  jemblèmes  du  souverain  pontificat.  Dans  la  partie 
inférieure  de  la  bordure,  on  aperçoit  un  hibou  peint  en  or. 

VEocpédition  d'Alexandre  commence  au  f.  2  ro  et  finit  au  f.  139  fo  par  cette 
souscription  :  Finis  Gestorvm  Alexandri,  Lavs  Deo  ;  elle  est  immédiatement 
suivie  de  sa  continuation  :  Arriani  de  Rébus  Indicis  et  navigacione  dassis 
Alexandri  ex  India  in  Persidem.  Liber  VIF ,  ainsi  terminée  :  Finis  Rervm 
Indicarvm.  Deo  Gratias,  Iacobvs  Ç\ssenhem  scripsit. 

Chaque  livre  commence  par  une  charmante  initiale  en  or  et  en  coaleors. 
Notes  marginales. 

Pierre -Paul  Yergerio,  dit  r  Ancien,  attaché  au  service  de  l'empereur  Si- 
gismond, fit  cette  version,  dans  un  latin  pur  et  élégant,  entre  1417  et  1419, 
alors  qu'il  était  presque  octogénaire.  L'ouvrage  d'Arricn  était  encore  inconnu 
aux  Occidentaux  («  Latinis  vero  prorsus  incognitum,  tandem  quasi  longo  pastli- 
minio  in  patriam  revocarem  »  ;  épître  dédie),  et  cette  traduction  est  aussi  la  pre- 
mière qu^on  ait  faite  d'un  auteur  grec  au  commencement  de  la  Renaissance. 
Elle  ne  fut  jamais  imprimée,  et  les  manuscrits  en  sont  rares  au  point  que  le 
savant  Hallam  s'exprime  à  ce  sujet  en  ces  termes  :  a  Elle  existe,  dit-on j  dans 
la  bibliothèque  du  Vatican,  mais  elle  est  fort  peu  connue  (Hist.  de  la  litt,  <£e 
l'Europe,  t.  I,  p.  100).  » 

Conservation  irréprochable  ;  grandes  marges. 

54.  LIVIUS  PATAVINUS  (Titus).  Historiarum  libri.  —  In-fol., 
de  2i8  f  f.  ;  lettres  ornées;  ais  de  bois  recouverts  de  veau 
brun,  ornem.  à  froid  dans  le  style  vénitien,  tr.  dor.  (anc. 
reL  Uni.). 

Très-beau  manuscrit  sur  vélin,  daté  de  1425.  Il  commence  par  ce  titre  en 
rouge  :  Titi  Liuij  patauini  uiri  clarissimi  ab  urbe  condita  liber  p'mus  \\  ind- 
pit.  prohemium,  L  res  gestœ  ppl'i.  r.  domi  forisqz.  Une  charmante  bordure, 
peinte  en  or  et  en  couleurs ,  encadre  cette  page  de  trois  côtés,  et  contient , 
enlacée  dans  ses  gracieux  entrelacs,  l'initiale  F  du  mot  facturus  qui  com- 


HISTOIRE.  41 

ménce  le  texte;  dans  sa  partie  inférieure,  elle  renferme  on  blason.  Le  texte 
finit  ainsi  au  recto  du  dernier  feuillet  :  Titi  Liuii  predicti  ab  urbe  condita  li- 
ber dedifim  et  ultimus  huius  decadis  explicit,  deo  grattas.  Bononie  Ano  drU 
MCCCCXXV^. 

55.  POLYBIUS.  Historiaruoi  libri  superstites,  e  graeco  in  lati- 
num  dsermonem  conversi  per  Nicolaum  Perottum.  — Pet. 
in-foL,  de  226  ff.;  bordures  et  lettres  ornées;  velours  vert. 

Très-beau  manuscrit  sur  vélin,  exécuté  en  Italie  au  XV«  siècle.  Il  com- 
mence ainsi  :  Nkoîai  Perotti  in  Polybivm  ||  Historicvm  prohemivm  in\\cipit  /ie- 
liciter.  Cette  première  page  est  ornée  d'une  jolie  bordure  peinte  en  or  et  en 
couleurs,  et  s'étendant  de  la  marge  de  fond  à  la  marge  supérieure.  Le  texte  de 
ce  prologue  commence  aussi  par  une  belle  et^ande  initiale  enluminée.  Au 
bas  de  la  page,  se  trouve  une  couronne  de  laurier  peinte  en  or  et  en  cou- 
leurs; le  milieu  a  été  laissé  en  blanc  pour  un  blason.  Chacun  des  cinq  livres 
de  cette  histoire  est  orné  en  tête  d*une  belle  initiale.  Le  texte  finit  par  cette 
souscription  :  Nicolati  (sic)  Perotti  liber  qvintus  Historiarvm  Polybij  finit.  Lege 
fœlidter. 

Cette  traduction  des  cinq  premiers  livres  de  Polybe,  faite  par  Perotti, 
sur  la  demande  du  célèbre  pape  Nicolas  V,  a  été  imprimée  à  Rome  en  1473, 
mais  les  exemplaires  en  sont  des  plus  rares. 

56.  EUTRÔPIUS.  Hisloriae  Romanae  Epitoine.  —  SAI.LUS- 
TIUS.  In  Ciceronem  Invectiva.  —  CICERO.  In  Sallustium. 
—  MACROBIUS.  In  Somnium  Scipionis  M.  T.  Ciceronis 
Expositio.  — Pet.  in-fol.,  de  88  ff.;  lettres  ornées;  mar. 
rouge,  compart.  à  froid,  tr.  dor.  (Lortic). 

Manuscrit  du  XV»  siècle ,  sur  vélin.  Il  commence  par  ce  titre  :  Evtropivs 
exterar\>m  romanarvmqz  rei^vm.  Le  texte  débute  par  une  ravissante  initiale?, 
peinte  sur  un  fond  d'or  pointillé.  Chacun  des  dix  livres  est  orné  d'une  belle 
initiale  enluminée ,  et  les  chapitres  commencent  par  de  grandes  maguscules 
peintes  alternativement  en  bleu  et  en  rouge.  Eutropius  finit  au  bas  du  f.  34  ro 
par  cette  phrase  :  quin  ad  maiorem  scribendi  diligentiam  conseruamus. 
Eocplicit, 

L'invective  de  Salluste  et  la  réponse  de  Cicéron  occupent  les  six  pages 
et  demie  suivantes. 

Le  commentaire  de  MacIigbe  du  Songe  de  Scipion ,  exposé  dans  la  Ré- 
publique de  Cicéron,  commence  au  f.  37  v»  par  un  chapitre  préliminaire  qui 
ne  figure  pas  dans  l'édition  publiée  sous  la  direction  de  M.  D.  Nisard,  et  qui 
débute  ainsi  :  Cvm  in  Aphricam  venissem,  a  Malio  consule  ad  quartam  legionem 
tribunus  militum,..  Le  texte  de  ce  traité  est  accompagné  de  dessins  géomé- 
triques à  Tappui  des  observations  de  l'auteur,  et  il  est  terminé  par  cette 
souscription  :  Macrobii  in  Somnivm  Scipionis  a  Cicérone  editvm  comentvm 
explicit.  Amen.  TeXoç. 

On  sait  que  c'est  un  passage  de  ce  commentaire  qpii  fit  naître  chez  Christo- 
phe Colomb  l'idée  de  la  sphéricité  de  la  terre  et  de  l'existence  des  antipodes. 


42  MANUSCRITS. 

Notre  texte  d*Eutrope  et  de  Macrobe,  dont  les  manuscrits  ne  sont  pas 
communs,  offre  beaucoup  de  variantes  avec  les  éditions  imprimées. 
Jolie  écriture,  fine  et  nette.  Grandes  marges.  Conservation  parfaite. 

57.  SALLUSTIUS  (C.  Cr.).  Catilinaria  et  Jugurtina  Bella.  — 
Pet.  in-fol. ,  de  90  (f.  ;  bordures  et  lettres  ornées  ;  mar.  brun/ 
ornem.  à  fr.,  tr.  dor.  (anc.  rel.  ital.). 

Superbe  manuscrit  italien  du  XY«  siècle,  sur  yélin.  Il  commence  par  ce 
titre  en  lettres  d*or  :  Crispi  Sa/vstu  de  Bello  Catelilnario  liber  primvs  félici- 
ter Il  incipit.  La  page  est  entourée  d'un  admirable  encadrement,  digne  du 
célèbre  Attavante.  Il  est  composé  d'enroulements  variés,  dans  lesquels  se 
jouent  des  anges  et  des  oiseaux^  L'initiale  0  qui  commence  le  texte,  et  qui 
fait  corps  avec  le  cadre,  renferme  une  délicieuse  miniature  représentant  un 
savant,  à  mi-corps,  tenant  un  livre.  Dans  la  partie  inférieure  de  Fencadre- 
ment,  sont  placés  quatre  anges,  très-finement  dessinés,  dont  deux  tien- 
nent une  couronne  de  laurier  au  milieu  de  laquelle  un  rond  a  été  réservé 
pour  recevoir  un  blason.  Riches  initiales  enluminées.  Notes  marginales.  Le 
texte  finit  ainsi  :  Crispi  Sallvstii  de  Bello  Ivgvrtino  \\  liber  féliciter  explidt. 
Finis. 

La  conservation  de  ce  charmant  manuscrit,  dont  le  texte  est  excellent, 
ne  laisse  rien  à  désirer. 

58.  CiïlSAR  (J.).  De  Bello  Gallîco,  Civili,  Alexandrino,  Africano 
et  Hispanensi  Commenlarîa.  —  In-fol.,  de  i43  ff.,  dont  le 
premier  et  le  dernier  blancs;  encadrement  et  lettres  or- 
nées ;  mar.  rouge,  compart.  en  or,  tr.  dor.  {Lortic). 

Superbe  manuscrit  sur  vélin,  daté  de  1443,  vieux  style.  Il  commence  par 
la  Guerre  des  Gaules,  sans  aucun  titre.  La  première  page  est  entourée  d'un 
encadrement  du  plus  beau  style  italien  du  XY»  siècle,  peint  en  or  et  en  couleurs 
et  composé  de  rinceaux  gracieusement  combinés ,  d'anges,  d'oiseaux  et  de 
chimères.  Dans  la  marge  extérieure  de  droite,  un  groupe  de  guerriers  com- 
mandés par  César,  qui  est  couronné  de  laurier  et  couvert  d'une  somp- 
tueuse armure.  Au  bas  de  la  page,  quatre  anges,  d'un  beau  dessin,  suppor- 
tent ou  accompagnent  une  couronne  de  laurier  au  milieu  de  laquelle  est 
un  écusson  d'armoiries  :  Coupé  :  au  \^^,  d'azur  à  une  Sirène  au  naturel;  au 
2*,  de  gueules  à  un  pal  d'argent.  Aux  côtés ,  les  initiales  M.  L 

Les  sept  livres  de  commentaires  sont  suivis  de  la  continuation  de  Hirtius 
(îol.  58  r»)  qui  s'arrête  au  f.  66. 

Vient  ensuite  le  commentaire  sur  la  Guerre  civile,  ainsi  terminé  (fol.  106 
vo)  :  Auli  Hirdj  viri  clarissimi  de  bello  ciuili  C.  Julij  cesaris  liber  XF  explicit. 
Indpit  vij,  de  bello  Alexandrino, 

La  Guerre  d'Alexandrie  finit  par  cette  souscription  (fol.  118  r®)  :  Explidt 
xij  de  bello  phamacis,  Sequif  xiij  de  bello  Jubé. 

La  Guerre  d Afrique  a  pour  souscription  (fol.  133  v»)  :  Auli  hirdj  de  bello 
affricano  cesaris  liber  viif  explidt,  Eiusdem  indpit  xiiif  de  bello  hispanisi 
contra  filios  Magni  Pompeij, 

La  Guerre  d'Espagne  finit  par  cette  phrase  :  quarum  laudibus  et  virtute  Uh 


HISTOIRE.  43 

tus  in  orbe  terrarum  mondus  exultât.  Amen,  Le  copiste  a  ajouté  de  lui-même 
les  derniers  mots  à  partir  de  :  totus. 

Voici  la  souscription  finale  qui  donne  le  nom  du  scribe,  Guillaume  Maz- 
zola,  et  la  date  :  Explicit  liber  xiiij,  de  bello  hispanensi  Juîij  Cesaris  contra  Cn: 
Pom,  et  Sextum  Pom,  filios  magni  Pompeij.  Amenfinitusp»  me  Gviirmum  mazo- 
lam  die  penultima  Januarij  1443. 

Au-dessous,  on  lit  ces  sentences  relatives  à  Futilité  des  études  histori- 
ques :  TulUus  primo  de  Oratore  dicit  :  Historia  est  temporum  testis,  lux,  ve- 
ritas,  vita  memorie,  magistra  vite,  nuncia  vetustatis.  Aristoteles  pro  Rhetori- 
corum  didt  :  Historié  antiquorum  utiles  sunt  ad  dandum  bona  consilia  civitati. 

Ce  manuscrit  contient  donc  tout  ce  qui  nous  reste  de  César.  Pour  donner 
une  idée  de  la  valeur  du  texte,  nous  citerons  quelques  noms  propres  des 
peuples  gaulois ,  tirés  du  livre  VI ,  chap.  75,  de  la  Guerre  des  Gaules.  Ainsi 
notre  manuscrit  écrit  Segusianis,  et  non  Segusiavis;  il  contient  la  bonne  ver- 
sion Amô/iiare^is,  au  lieu  de  Ambivaretis;  il  donne  Bîenoviis,  au  lieu  defiran- 
noviis,  mais  la  bonne  leçpn  serait  Blannoviis;  il  écrit  £/etict;s  et  fia/6a/i$^  tan- 
dis que  presque  tous  les  manuscrits  portent  Eleutetis  ou  Eleutheris,  et  /Jaba- 
lis  ;  il  donne  la'  bonne  version  Helvetiis,  au  lieu  de  Helviis  ;  et  au  même  livre, 
chap.  90,  il  contient  Ambibaretos,  comme  les  meilleurs  manuscrits,  au  lieu 
de  Ambivaretos, 

Les  nombreuses  initiales,  peintes  en  couleurs,  sont  d'un  genre  particu- 
lier et  d'un  goût  exquis.  Notes  marginales. 

Sur  le  feuillet  de  garde ,  en  regard  de  la  première  page ,  on  trouve  les 
noms  des  propriétaires  de  ce  manuscrit  au  XV»  siècle ,  dans  une  note  ainsi 
conçue  :  Hec  C.  Jullij  Cesaris  Comentaria  illustris  eques  et  patricius  venetus 
dominus  Jacobus  Antonius  Marcellus  mihi  Johànni  Micâelli  Garrâro  dono 
dédit  anno  sup'.  Millesimum  qvadtrigentesimum  quinquagesimo  sexto  (1456), 
pp.  q.munus  einostra  nosqz  deberi  sempitemum  confitemurj  Plus,  tard,  le  pré- 
nom de  Micâelli  a  été  surchargé  à  la  plume  de  celui  de  Guidono,  Très-proba- 
blement, les  armoiries  et  les  initiales  dont  nous  avons  parlé  plus  haut  sont 
celles  de  ce  Jacques- Antoine  Marcello ,  patricien  de  Venise.  Sur  le  premier 
'  feuillet  de  garde,  on  lit  :  Complet.  Le  24  avril  1839.  J.  J.  de  Bure  Vaine. 

Ce  beau  manuscrit,  d'une^écriture  soignée,  est  parfaitement  conservé  et 
très-grand  de  marges. 

59.  SUETONIUS.  Vil«  XH  Caesarum.  —  In-4,  de  169  ff.;  let- 
tres ornées;  mar.  bleu  ,  fil  à  fr.,  tr.  dor.  (Lortic). 

Beau  manuscrit  du  XV®  siècle,  sur  papier.  Il  commence  par  ce  titre  :  Caij  ' 
Suetonij  tranquilli  de  uita  duodecim  Cesa':^  \\  liber  primus.  Caius  Julius  Cé- 
sar incipit,  La  première  page  est  encadrée  dans  une  bordure  enluminée,  très- 
simple,  mais  fort  jolie.  Le  texte  finit  par  les  mots  :  deo  gracias.  La  place  pour 
les  mots  grecs  a  partout  été  laissée  en  blanc.  Notes  marginales. 

Ghaque  biographie  commence  par  une  grande  et  belle  initiale  en  or  et  en 
couleurs.  Grandes  marges.  Conservation  parfaite. 

60.  VALERIUS  MAXIMUS.  De  Diclis  faclisque  memorabilibus. 
—  In-fol.,  de  166  (f.  ;  bordures  et  lettres  ornées;  mar.  bleu 
foncé,  fil.,  tr.  dor.  {Lortic). 


44  MANUSCRITS. 

Très-beau  manuscrit  du  XV«  siècle,  sur  vélin,  exécuté  en  France.  Il  com- 
mence au  verso  du  premier  feuillet  par  la  table  des  chapitres  qui  finit  à  la 
page  suivante.  Le  prologus  (fol.  3  r®)  est  précédé  de  ce  titre  :  ValerU  Maxind 
factorU  et  \\  dktorû  memorabiliu  /t6*  1'  idpit.  Au-dessus,  un  écusson  ar- 
morié :  D'azur  à  wi  oiseau  (la  tête  est  effacée,  mais  c'était  probablement 
un  Faucon)  d'or;  au  chef  d'argent  à  deux  bandes  d'azur,  chargées  d'un  cœur 
de  gueules.  Cet  écusson  touche  à* une  belle  bordure,  en  or  et  en  couleurs, 
formant  un  angle  droit  à  Tintêrieur  duquel  est  placée  la  grande  initiale  en- 
luminée U,  du  mot  rr6t5  par  lequel  débute  le  prologue. 

Le  neuvième  livre  de  Yalèré  Maxime  fmit  au  f.  155  v.»  ;  il  est  suivi  de  VJ^pi- 
tome  de  G.  Titus  Probus  qui  est  terminé  par  cette  souscription  :  Decùni  Kbri  Caij 
titiprobi  epithoma  desinit.  A  la  suite,  vient  un  petit  traité  sur  Torganisatioii 
politique,  civile  et  administrative  chez  les  Romains  ;  il  commence  par  une  liste 
de  sept  rois  de  Rome.  Enûn ,  le  volume  est  terminé  par  ui^e  table  alphabé- 
tique des  matières. 

Deux  copistes  ont  concouru  à  la  confection  de  ce  manuscrit.  Il  ne  con- 
tient pas  au  premier  livre  les  vingt-quatre  exemples  qu*on  ne  rencontre  que 
dans  un  très-petit  nombre  de  copies.  Les  marges  sont  enrièhies  de  nombreuses 
notes.  Au  dernier  feuillet,  on  lit  ces  vers  d'une  écriture  du  XVI®  siècle  : 

Dieu  tout  puissant  Thomme  bon  favorize 
Communément  le  meschant  il  mesprize. 

Les  manuscrits  de  Valère  Maxinie  sont  rares.  Celui-ci  est  fort  bien  con- 
servé. 

61.  CASSIODORUS  (Magnus  Aiirelius).  Epistolae.  —  In-fol., 
de  265  ff.  ;  bordures  et  Jellres  ornées;  mar.  brun,  compart. 
en  argent  et  à  froid,  tr.  dor.  et  ciselée  (anc,  reL). 

Admirable  manuscrit  du  commencement  du  XVI^  siècle,  sur  beau  vélin, 
avec  des  marges  superbes.  Il  commence ,  sans  aucun  titre ,  par  la  préface 
de  Tauteur  :  Cvm  disertorvm  ||  gratiam  aut  communibm  fa\\bulis...,  'Cette 
première  page  est  ornée,  de  deux  délicieuses  bordures  se  touchant  à  angle 
droit.  Celle  de  la  marge  supérieure  renferme ,  au  milieu  des  rinceaux  4'or 
sur  un  fond  pourpre ,  un  rond  coupé  de  pourpre  et  de  sinople ,  soutenu  par 
deux  anges,  et  contenant  les  armoiries  du  pape  LËON  X  pour  qui  ce  manuS'- 
crit  a  été  fait,  La  bordure  de  la  marge  intérieure  renferme  les  différents 
emblèmes  de  ce  souverain  pontife ,  encadrés  dans  une  composition  du  pins 
beau  style  renaissance ,  qui  se  détache  merveilleusement  sur  un  fond  en  or 
mat.  Dans  le  haut,  est  Temblème  de  Laurent  le  Magnifique,  père  de  Léon  X, 
emblème  composé  de  trois  plumes,  blanche,  rose  et  verte  (symbole  des  trois 
vertus  théologales),  placées  au  milieu  d'une  bague  et  accompagnées  de  la  de- 
vise :  S^mper.  Il  a  été  porté  par  tous  les  membres  de  la  maison  de  Médicis. 
Plus  bas,  dans  un  médaillon,  figure  Tëmblème  personnel  de  Léon  X,  con- 
sistant en  un  joug,  avec  la  devise  :  Suave,  Il  est  surmonté  de  la  lettre  N,  dont 
nous  ignorons  la  signification.  Le  tout  est  accompagné  de  branches  de  ro- 
sier fleuries  qui  font  aussi  partie  de  Temblème.  La  grande  initiale  G  qui 
commence  le  texte  est  fort  belle.  On  y  voit ,  au  milieu ,  un  portrait  d*homme, 
à  mi-corps,  tenant  un  livre  :  c'est  sans  doute  Gassiodore. 


HISTOIRE.  45 

Chacun  des  douze  livres  commence  par  une  riche  initiale  fleuronnée; 
chaque  chapitre,  et  il  y  a  en  plus  de  470,  est  orné  d'une  majuscule  en  or  sur 
un  fond  de  couleur. 

Le  texte  finit  par  cette  rubrique  :  Cassiodori  viri  spectabil*  liber  explicit. 

On  connaît  la  rareté  des  manuscrits  des  lettres  politiques  de  Gassiodore , 
œuvre  remarquable  et  la  seule  pour  ainsi  dire  qui  nous  fournisse  des  ren- 
seignements sur  l'état  social  et  politique  des  Romains  sous  la  domination  des 
Goths.  On  ne  saurait  en  rêver  un  plus  bel  exemplaire.  Notez  que  la  reliure 
elle-même  a  été  faite  pour  Léon  X,  dont  elle  porte  les  armes  peintes  sur  les 
deux  plats  :  c'est  un  superbe  échantillon  de  Tart  italien  au  XVI«  siècle. 

Il  provient  de  la  collection  de  M.  L.  Double. 

62.  PETRUS,  monachus  Vallium  Sarnay  (PIERRE  DE  VAUX 
CERNAY).  Gesta  Simoni»,  comitis  de  Monteforle.  —  In-fol., 
de  71  (IF., à  2  col.;  mar.  brun,  fil.  à  fr.,  Ir.  dor. 

Manuscrit  du  XV®  siècle,  sur  yÉLiN,  d'une  belle  écriture,  avec  rubriques. 
Il  commence  par  ce  titire  :  Gesta  nobUis  vvri  dûi  Symcfnis  \\  comitis  de  Mute- 
forti  des'cpta  per  \\  frem  petrU  monachu  vallium  \\  sarnay  dst'cien*  ordts  pro- 
logus  II  huius  operis,  et  finit  ainsi  :  Explicit  gesta  seu  kystoria,.,.  Amen.  Bn- 
dicamus  dno.  Deo  gracias,  La  place  pour  les  initiales  des  chapitres  a  été  lais- 
sée en  blanc. 

Il  suffit  de  rappeler  que  Pierre  de  Vaux-Cernay ,  historien  français  du 
XII®  siècle,  a  été  le  témoin  oculaire  de  la  guerre  des  Albigeois ,  à  la  suite  de 
l'armée  de  Simon  de  Monfort ,  pour  faire  ressortir  l'intérêt  de  ce  rare  ma- 
nuscrit où  il  y  a  à  récolter  bon  nombre  de  variantes  inédites.  A  la  fin ,  se 
trouve  une  lettre  du  célèbre  capitaine  adressée  aux  sénéchaux  à  reffet  de 
donner  aide  et  protection  aux  couvents  et  églises  fondés  par  saint  Domini- 
que ;  nous  la  croyons  inédite.  * 

Grandes  marges;  conservation  parfaite.  De  la  bibliothèque  du  marquis 
de  Morante. 

AUTEURS  FRANÇAIS. 

63.  LES  GRANDES  CHRONIQUES  DE  FRANCE,  dites  de  Saint- 
Denis.  —  Gr.  in-fol.,  de  4o4  ff*;  miniatures,  bordures  et  let- 
tres ornées;  cuir  de  Russie,  ornem.  à  fr.;  doublé  de  tabis; 
fermoirs  en  argent  repoussé  [Gruel). 

Superbe  manuscrit  de  la  fin  du  XI  Y®  ou  du  commencement  du  XV«  siècle, 
sur  YEUN.  En  tête,  figurent  deux  grandes  et  belles  miniatures,  reliées  par  un 
cadre  commun.  L'une  représente  probablement  la  construction  de  la  cathé- 
drale de  Saint-Denis  ;  l'autre,  le  couronnement  de  Gharlemagne.  Le  texte 
commence  ainsi  :  Cest  le  prologue  du  translateur.  ||  Cil  qui  ceste  ceuure  \\  co-- 
mence  a  tous  ceulx  qui  cesle  \\  histoire  liront  Salut...  La  chronique  s'arrête  à 
l'avènement  de  Charles  VI,  ce  qui  correspond  au  chap.  CX  de  l'édition  due  aux 
soins  de  M.  Paulin  Paris;  elle  ne  contient  pas  les  deux  derniers  chapitres, 
celui  du  couronnement  et  celui  du  pillage  de  la  Juiverie,  qu'on  ne  rencontre 
que  dans  les  manuscrits  postérieurs.  Elle  est  ainsi  ierimnée:  ...  Jlesquelsle 


46  MANUSCRITS. 

• 
.  côscentirent  etorent  \\  agréable  et  cetera.  Amen,  ||  Cy  fenissent  lesfaiz  du  bon  rcy 
Charles  le  quint  ain||5f  nommez. 

La  première  page  est  entourée  d'un  bel  encadrement.  Des  bordures  et  une 
quantité  considérable  d'initiales  de  diverses  dimensions  ornent  ce  précieux 
volume  :  elles  sont  toutes  remarquables  par  la  finesse  et  l'élégance  du  des- 
sin, aussi  bien  que  par  leur  fraîcheur. 

Il  provient  de  la  collection  d'Armand  Bertin  qui  l'avait  acheté  en  Angleterre. 
Dans  le  catalogue  de  vente  de  la  bibliothèque  de  cet  amateur  distingué,  nous 
relevons  cette  note  :  «  Une  main  sacrilège  avait  enlevé  au  cominenceinent 
a  une  miniature  qui  remplissait  la  moitié  d'un  feuillet,  et  dans  le  cours  du 
«  volume  un  ceilain  nombre  de  lettres  ornées.  Ces  imperfections  ont  été  ré- 
«  parées  avec  la  plus  grande  habileté  et  avec  le  soin  le  plus  minutieux  [par 
«  un  excellent  calligraphe,  M.  Victor  Rougé].  » 
En  effet,  il  faut  en  être  prévenu  pour  s'en  apercevoir. 

64.  CHRONIQUES  DE  NORMANDIE.  —  Ih-foi.,  de   25'j  AT.; 
miniatures  et  lettres  ornées  ;  rel.  luolle  en  parch. 

Admirable  manuscrit  du  XY«  siècle ,  sur  vélin,  d'une  belle  et  grande  écri- 
ture gothique ,  semblable  à  celle  du  célèbre  manuscrit  des  Chroniques  de 
Froissart  que  possède  notre  Bibliothèque  nationale.  Il  est  orné  de  quinze 
GRANDES  MINIATURES,  d'une  beauté  et  d'une  finesse  rares. 

La  première,  placée  en  tète,  représente  la  Descente  en  Normandie  du 
FAMEUX  RoLLON,  OU  Rou  ;  puis  Robert,  premier  duc  de  cette  province.  C'est 
un  ravissant  petit  tableau.  Un  vaisseau  aborde  devant  une  ville  fortifiée 
dont  on  admire  les  beaux  édifices  :  c'est  indubitablement  Rouen.  Sur  les 
murs  de  la  ville,  des  guerriers  sont  réunis  autour  d'un  chef  qui  tient  un 
sceptre  à  la  main  ;  d'autres  guerriers  à  pied  et  à  cheval  sortent  de  Tenceinte 
fortifiée  pour  se  porter  au*  devant  des  conquérants.  A  droite,  au  second  plan, 
un  autre  fiavire  vient  de  débarquer,  sur  une  île  dont  ne  voit  qu'une  partie , 
une  petite  troupe  à  la  rencontre  de  laquelle  vient  un  détachement  de  cava- 
liers. Derrière  eux,  apparaît  une  magnifique  église  à  tours  élevées ,  ren- 
fermée dans  une  enceinte  également  fortifiée.  Au  fond,  le  fleuve  est  bordé 
par  une  chaîne  de  monticules ,  sur  l'un  desquels  se  dresse  un  gibet  avec  le 
corps  d'un  pendu.  Au-dessous  de  cette  miniature,  commence  le  texte  par  ces 
mots ,  sans  aucun  titre  :  Pour  ce  que  ceulx  de  bonne  vou\\lenté  qui  tendent  vefiir 
a  hon\\n€ur  selon  Dieu...  L'initiale  P,  richement  enluminée,  renferme  un  écus- 
son  armorié  :  de  gueules  à  trois  chevrons  d'or  ;  l'écu  est  sommé  d'un  heaume 
avec  ses  lambrequins  et  ayant  pour  cimier  deux  bras  tenant  un  cœur.  Ces 
armes  reparaissent  aussi  dans  une  initiale,  au  fol.  151  r°.  La  page'entiëre  est 
encadrée  dans  une  bordure  historiée  d'un  grand  luxe. 

La  seconde  miniature  (fol.  24  r*»)  représente  le  Mariage  du  duc  Rou 
AVEC  Gille  ou  Gisèle  de  France,  en  présence  du  roi  Charles  le  Simple, 
père  de  la  dame  (912).  La  cérémonie  a  lieu  sous  un  riche  portique,  au  milieu 
d'une  nombreuse  assistance.  La  finesse  d'expression  de  toutes  les  têtes  est 
vraiment  extraordinaire,  ainsi  que  la  beauté  des  monuments  d'architec- 
ture. 

Dans  la  troisième  (fol.  35  vo),  nous  assistons  au  Départ  du  duc  Guul- 
LAUME,  dit  Longue-Èpée,  de  la  ville  d'Amiens,  et  a  son  assassinat  à  Pé- 


HISTOIRE.  47 

QuiGNY-suR-rSoMME  PAR  LES  GENS  d'Arnoul,  COMTE  DE  FLANDRE  (942).  Re- 
marquables spécimens  d'architecture. 

Dans  la  quatrième  (fol.  74  ro),  Richard  sans  Peur  fait  rebâtir  l'é- 
glise DE  Fécahp. 

La  cinquième  (fol.  88  r»)  est  composée  de  deux  parties  ;  dans  celle  de 
droite,  on  voit  porter  à  Fécamp  le  duc  Richard  II,  dit  le  Bon;  dans  celle  de 
gauche,  il  est  représenté  sur  son  Ut  de  mort ,  au  milieu  de  son  entourage 
(1027).  -^ 

La  sixième  (fol.  89  r«)  représente  la  Prise  du  château  d*Alençon  par 
LE  DUC  Robert  I»',  dit  le  Diable^  père  de  Guillaume  le  Conquérant. 

Dans  la  septième  (fol.  101  r^),  le  môme  Robert  I^^,  atteint  d'une  maladie 
pendant  son  pèlerinage  à  Jérusalem  (1035),  se  fait  porter  en  litière  par  des 
Éthiopiens,  ce  qui  lui  faisait  dire  en  plaisantant  «  qu'il  allait  au  paradis, 
mené  par  des  diables  ».  (Voir  la  reproduction  au  catalogue  illustré.) 

La  huitième  (fol.  138  v^*),  divisée  en  deux  compartiments,  représente 
d'un  côté  Edouard,  roi  d'Angleterre,  sur  son  lit  de  mort,  de  l'autre,  le 
Couronnement  d'Herald. 

La  neuvième  (fol.  155  v^)  a  pour  sujet  le  Débarquement  de  Guillaume 
LE  Conquérant  sur  les  cotes  d'Angleterre  et  la  bataille  d'Hastings 
(14  oct.  1066). 

La  dixième  (fol.  160  v®)  nous  fait  assister  à  un  épisode  de  la  Bataille 
d'Hastings,  au  moment  où  les  Normands  simulent  la  fuite  pour  faire  sortir 
les  Anglais  de  leurs  a  hourdis  ».  Au  fond  ,  on  voit  l'Abbaye  de  la  bataille , 
fondée  par  le  duc  Guillaume  sur  le  champ  d'Hastings.     . 

Dans  la  onzième  (fol.  167  r°),  les  familles  de  l'armée  vaincue  viennent  en- 
lever leurs  morts  après  la  bataille.  Le  corps  du  roi  Herald  ou  Harold  est 
transporté  par  des  religieux  au  monastère  de  Watham.  Au  fond,  V Ab- 
baye de  la  bataille.  (Voir  la  reproduction  au  catalogue  illustré.) 

La  douzième  (fol.  176  r»)  représente  d'un  côté  les  Funérailles  de  Guil- 
laume le  Conquérant,  de  l'autre,  le  Couronnement  de  GuilLaume  le  Roux, 
par  Lanfranc,  archevêque  de  Canterbury  (1087). , 

Dans  la  treizième  (fol.  186  r^)  est  représentée  la  chasse  à  Newforest  (au- 
jourd'hui' le  parc  de  Southampton)  où  le  duc  Robert  II,  dit  Courteheuse, 
trouve  la  mort  (1100). 

La  quatorzième  (fol.  213  v»)  représente  la  Bataille  du  Mans,  entre 
Henri  II,  roi  d'Angleterre,  et  le  roi  de  France  Philippe- Auguste ,  assisté  du 
prince  Richard  Cceur  de  Lion  (1189);  A  droite,  la  ville  du  Mans  en  flammes  ; 
au  fond,  des  embarcations  garnies  de  troupes. 

Enfin,  dans  la  dernière  (fol.  244  v»),  nous  avons  sous  les  yeux  le  Siège 
DU  Château  de  chalus  où  Richard  Cœur  de  Lion,  alors  roi  d'Angleterre  et 
duc  de  Normandie ,  est  mortellement  atteint  de  la  flèche  de  Bertrand  de 
Gourdon  (1199).  Chatus  est  situé  au  centre  du  plateau  du  Limousin,  mais 
le  miniaturiste,  pour  produire  plus  d'effet,  a  pris  la  licence  d'y  figurer  un 
port  de  mer.  (Voir  la  reproduction  au  catalogue  illustré.) 

Ces  peintures  nous  offrent  un  des  plus  beaux  spécimens  de  ce  que  l'art 
français  a  produit  au  XV®  siècle.  Elles  fournissent  en  outre  de  précieux  dé- 
tails pour  les  costumes,  l'ameublement,  les  cérémonies  rehgieuses,  l'archi- 
tecture ,  la  construction  navale,  lés  armes  et  les  armures,  etc.  Ce  n'est  pas 
tout.  Le  volume  renferme  en  outre  plusieurs  centaines  d'initiales  enlumi- 


48  MANUSCRITS. 

nées,  de  dimensions  variées  :  les  plus  grandes  ont  presque  sept  centimè- 
tres carrés.  Chacune  d'elles  présente  au  milieu  un  sujet  d'ornement  ou  un 
surjet  de  genre,  délicieusement  peints  en  camaïeu,  or  ou  blanc,  sur  un  fond 
de  couleur.  On  y  voit  des  animaux  réels  ou  fantastiques,  des  pièces  héral- 
diques, des  fleurs,  des  luttes,  des  tournois,  des  scènes  des  mœurs,  plusieurs 
sujets  de  danse  des  morts ,  etc.  Tous  les  bouts  de  lignes  sont  garnis  de  tirets 
diaprés.  La  liste  des  chevaliers  qui  ont  pris  part  à  la  conquête  de  l'Angle- 
'  terre  (foi.  163  à  166)  est  entourée  d'un  grand  luxe  ;  chaque  ligne  de  cette 
liste  commence  par  une  belle  majuscule  peinte. 

Le  texte  finit  par  cette  phra^  :  Cest  an  sesunirent  (sic)  les  crestiens  de  toutes 
terres  a  eulx  croisier  pour  aler  en  Jhertisalem  concquerre  la  sainte  terre.  L'au- 
teur anonyme  finit  son  histoire  à  la  paix  de  1217  entre  Henri  III,  roi  d'An- 
gleterre, et  Philippe-Auguste.  Sa  rédaction  est  cependant  postérieure  à  1^0, 
car,  vers  la  fin,  il  fait  mention  du  rachat  de  saint  Louis. 

Plusieurs  extraits  de  ce  manuscrit  ont  été  donnés  au  siècle  dernier  dans 
les  t.  XI  et  Xin  du  Recueil  des  historiens  des  Gaules  et  de  la  France^  publié  par 
les  religieux  bénédictins  de  la  congrégation  de  Saint-Maur.  Il  appartenait  à 
ce  moment  à  Charles- Antoine  Bernard,  marquis  d'Averne,  maréchal  des 
camps  et  armées  du  roi  ;  depuis ,  il  passa,  *par  héritage,  entre  les  mains  de 
M.  de  Yauquelin  d'Ailly  qui  a  mis  son  nom  sur  le  parchemin  de  la  reliure. 

65.  CHRONIQUES  ABRÉGÉES  DES  ANCIENS  ROIS  ET  DUCS 
DE  BOURGOGNE.  —  In-4,  de  i5  ff.;  miniatures;  velours 
rouge,  milieu,  coins  et  fermoirs  de  cuivre  repoussé  (reL  du 
temps)  ;  ëtuien  mar.  vert  {Lortic). 

Manuscrit  de  la  fin  du  XV^  siècle,  sur  vélin,  de  la  plus  haute  importance. 
C'est  une  suite  de  onze  buniatures  couvrant  la  page  et  accompagnées  d'un 
texte  très-court.  Le  siget  principal  de  chacune  de  ces  miniatures  occupe  les 
deux  tiers  de  la  page  ;  au-desbous,  dans  une  riche  boiidure,  il  y  a  invariable- 
ment trois  lignes  de  texte. 

Le  recto  du  premier  feuillet  est  blanc  ;  au  vei-so,  se  trouve  une  miniature 
formant  frontispice.  Dans  une  galerie  somptueuse  dont  le  côté  droit  laisse 
voir  des  rayons  chargés  de  volumes  reliés ,  un  clerc  vénérable,  richement 
vêtu  et  de  haute  stature,  enroule  autour  d*un  pilier  sculpté  l'extrémité  d'un 
grand  rouleau  sur  lequel  on  lit,  en  lettres  d'or  :  S'ensieuent  aukwms  cronir 
ques  ex  H  traittes  daulcuns  anciens  registres  et  \\  aultres  enseignemens  danciens 
roix  II  princes  et  pltiisz  saintes  personnes  is\\sv^  de  la  tresnoble  et  anchienne 
maisoW  de  bourgongne,  A  gauche,  au-dessus  d'une  frise,  deux  lions  soutenant 
un  écu  aux  armes  primitives  de  Bourgogne. 

En  regard  de  ce  frontispice ,  se  trouve  la  seconde  miniature  qui  offre 
trois  sujets  distincts,  mais  liés  étroitement  entre  eux.  A  gauche,  sainte  Marie- 
Madeleine  assiste,  à  Aix  en  Provence,  au  baptême  administré  par  saint  Maxi- 
min  àTROPMiHE,  premier  roi  de  Bourgogne,  ainsi  qu'à  sa  femme,  que  la  sainte 
avait  convertis  à  Marseille.  Au  milieu ,  Etienne,  le  second  roi  légendaire, 
quitte  son  palais  pour  accomplir  un  pèlerinage  à  Saint-Victor,  de  MarseiUe  où 
il  fait  porter  la  croix  de  saint  André,  par  reconnaissance  pour  sainte  Made- 
leine qui  l'avait  ressuscité,  ainsi  que  sa  mère.  Cette  creix  est  devenue  -depuis 
l'enseigne  des  ducs  de  Bourgogne.  Dans  la  partie  droite ,  est  représentée  la 


HISTOIRE.  49 

scène  de  la  résurrection  dont  nous  venons  de  parler.  Les  trois  lignes  de  texte 
par  lesquelles  commence  cette  chronique  sont  ainsi  conçues  :  Lan  quatorse 
après  la  resurrecti\\(m  nostre  sr  la  glorieuse  mag\\delaine  parsa  prédication 
co[verii],..  Le  texte  continue  à  la  page  suivante.  (Voir  dans  le  catalogue  il- 
lustré la  reproduction,  pai*  la  gi*avure  sur  bois,  de  ce  curieux  petit  tableau.) 

Dans  la  troisième  miniature  (fol.  3  r^),  Guilpérig  I<»r,  roi  de  Bourgogne, 
accompagné  de  sa  suite,  accueille,  à  la  porte  d'une  église,  saint  Oyant  et 
sainte  Loxicine  (Lucienne),  qui  <  furent  disciples  de  monsr  saint  lehan  evan- 
geliste  et  apportèrent  Vappocalipse  en  Bourgongne,  »  Il  fonda  pour  eux  Tab- 
baye  de  Saint-Oyant  (?). 

La  quatrième  miniature  (t.  4  Y*)  représente,  dans  un  petit  compartiment 
à  gauche,  le  Martyre  de  saint  Maurice,  neveu  deSigismond  IV,  roi  de  Bour- 
gogne, et  de  plusieurs  de  ses  compagnons  ;  le  reste  de  la  peinture  nous  laisse 
voir  rintérieur  d'une  belle  église  romane  où  s'accomplit  le  Baptême  de 
Glovis,  sous  les  yeux  de  sainte  Glotilde.  Le  bon  patriote  bourguignon  qui  a 
rédigé  le  texte  ne  manque  pas,  à  cette  occasion,  de  décocher  à  ses  ennemis 
d'alors  ce  trait  malin  qui  caractérise  l'époque  :  a  Et  estoient  christiens  les 
«  roix  de  Bourgongne  longtemps  avant  qu'il  y  eust  roy  crestien  en  France.  » 

La  cinquième  miniature  (fol.  5  vo)  nous  fait  assister  à  la  grande  bataille 
où  «  Thierry  [II],  roy  de  Bourgongne,  desconfist  Lothaire  [Glotaire],  roy 
«  de  France,  II«  de  ce  nom,  l'an  VI^  V  (605).  »  L'artiste,  d'accord  en  cela  avec 
la  légende ,  y  représenta ,  planant  au-dessus  des  armées ,  «  ung  angèle  quy 
«  sur  le  peuple  tenoit  une  espée  toute  nue.  »  Il  s'agit  probablement  de  la  ba- 
taille d'Ëtarapes  dont  la  date  est  fixée  par  les  historiens  à  l'année  604. 

Dans  le  sixième  tableau  (fol.  7  v»),  Gérard  de  Rousaillon,  le  célèbre 
héros  des  chansons  de  geste,  remporte  une  victoire  sur  le  roi  de  France.  Au 
fond,  on  voit  Vabbaye  de  Vezelay,  fondée  par  Théochus ,  roy  de  Bourgogne, 
père  de  Gérard;  et  terminée  par  ce  dernier;  sur  la  route,  on  distingue  le  cor- 
tège qui  y  transporte  le  «  corps  de  la  glorieuse  Magdelaine,  comme  il  ap- 
<  pert  en  sa  légende.  » 

La  septième  miniature  (fol.  9  yo)  représente  saint  Bernard  au  moment 
où  il  prend  possession ,  avec  les  moines  de  Giteaux ,  de  la  célèbre  abbaye  de 
Clairvaux.  On  lit  au  bas  :  «  Saint  Bernard,  chapelain  de  k  Vierge  Marie,  des- 
«  cendy  de  la  maison  des  roix  de  Bourgogne.  »  Il  était,  en  effet ,  allié  pai*  sa 
mère  Âleth  (diminutif  d'Elisabeth)  à  la  première  maison  des  ducs  de  Bour- 
gogne. Gette  page,  remarquable  pour  la  partie  architectonique ,  est  reproduite 
en  gravure  sur  bois  au  catalogue  illustré. 

La  huitième  (fol.  10  vo)  représente  I'empereur  Frédéric  Barberousse, 
<K  frère  de  Boson,  roy  de  Bourgogne,  »  en  vêtements  impériaux,  la  couronne 
sur  la  tête,  l'épée  haute  dans  une  main  et  le  globe  dans  l'autre.  Il  sort  d'un 
palais,  suivi  de  ses  barons.  Â  droite,  on  voit  la  mer  et  deux  vaisseaux  garnis 
de  guerriers  :  il  faut  probablement  y  reconnaître  l'expédition  de  Barberousse 
pour  la  croisade. 

Dans  la  neuvième  (fol.  i3  ro),  Philippe  le  Bon  ,  duc  de  Bourgogne,  est 
assis  sur  le  trône  entouré  de  ses  barons  et  chevaliers  de  la  Toison  d'or.  Sur 
les  marches  du  trône,  repose  un  lion;  à  gauche,  un  valet  nègre  caresse  un 
lévrier  blanc. 

La  dixième  (fol.  44  r«)  nous  montre  Gharles  le  Téméraire  sur  son 
trône,  entouré  des  chevaliers  de  la  Toison  d'or  et  des  ofQciers  de  sa  cour.  Au 

4 


50  iMANUSCRlTS. 

dehors  du  palais ,  les  domestiques  des  seigneurs  bourguignons  avec  leurs 
chevaux  ;  sur  le  premier  plan,  on  voit  le  palefroi  blanc  du  duc,  richement  ca- 
paraçonné. (Voir  la  reproduction,  en  chromolithographie,  de  cette  miniature 
au  catalogue  illustré.  ) 

Dans  la  onzième  (fol.  15  r«),  divisée  aussi  en  deux  compartiments,  Maii- 
MiLiEN,  archiduc  d'Autriche  (plus  tard  le  célèbre  Maximihen  I*',  empereur 
d'Allemagne),  accompagné  de  ses  barons,  remet  une  épée  de  chevalier  à  son 
jeune  fils  Philippe  (plus  tard  Philippe  le  Beau,  roi  de  Gastille  etpèredei  l'em- 
pereur Gharles-Quint)  qui  lui  est  présenté  par  sa  mère  Marie  de  Bourgo- 
gne, fille  unique  de  Charles  le  Téméraire.  La  duchesse  est  accompagnée  des 
dames  de  sa  cour.  Au  fond  de  la  salle,  est  représenté  le  Lion  de  Flandres; 
assis  sur  le  parquet.  A  travers  les  vitres  de  deux  grandes  fenêtres,  on  voit, 
dans  le  lointain,  les  monuments  d'une  ville.  Dans  le  compartiment  gauche, 
attenant  à  cette  miniature,  est  représentée  l'entrée  du  palais  ducal  :  un  hal- 
lebardier  se  tient  au  pied  du  perron;  le  Lion  de  Fiandi*es  est  couché  dans 
une  niche.  Au  fond ,  on  aperçoit  en  partie  une  belle  église  gothique  et  des 
maisons.  On  trouvera  dans  le  catalogue  illustré  une  reproduction,  en  gravure 
sur  bois,  de  cette  curieuse  miniature. 

Ces  miniatures  sont. autant  de  petits  tableaux,  intéressants  à  étudier  au 
point  de  vue  du  costume,  des  armes,  des  armures,  de  l'architecture  et  de  l'his- 
toire de  l'art.  Les  paysages  en  sont  ravissants.  Les  bordures  placées  au-dessous 
offrent  ce  qu'il  y  a  de  plus  parfait  en  ce  genre  à  cette  époque.  La  richesse  et 
la  variété  des  dessins,  le  choix  heureux  des  sijgets  d'ornementation,  l'harmo- 
nie des  couleurs,  tout  s'y  trouve  réuni.  Toutes,  elles  ont  un  fond  or  mat,  poin- 
tillé, sur  lequel  se  détachent,  en  relief,  des  branches  d'arbustes  peintes  en  gri- 
saille, des  fleurs,  des  fruits,  des  singes,  des  oiseaux,  des  papillons,  des  in- 
sectes, des  êtres  fantastiques,  enfin  des  créatures  hvunaines,  telles  qu'une  dame 
avec  un  chien,  une  demoiselle  pinçant  de  la  guitare,  un  berger  jouant  de  la 
musette,  un  archer  lançant  sa  flèche  sur  un  oiseau  qui  s'envole. 

A  quelle  école  appartient  l'artiste  qui  a  exécuté  ces  belles  peintures?  On 
ne  peut,  à  notre  avis,  le  rattacher  à  l'école  flamande.  La  simplicité  dans  la  com- 
position, la  naïveté  d'expression  des  figures  et  du  style  en  général ,  enfin  cer- 
tains défauts  caractéristiques  le  rapprochent  de  l'École  firançaise.  Nous  pen- 
sons que  le  miniaturiste  était  de  la  Bourgogne  proprement  dite,  peut-être 
de  Dijon  môme. 

Reste  à  savoir  pour  qui  a  été  fait  ce  somptueux  manuscrit.  Il  faut  d'abord 
remarquer  qu'il  a  été  conçu  dans  une  idée  politique.  D'un  bout  à  l'autre,  le 
texte  est  un  panégyrique  exalté  de  la  puissance  et  du  grand  rôle  historique 
du  duché  de  Bourgogne.  L'auteur  augmente  le  nombre  de  ses  anciens  sou- 
verains, l'appelle  royaume,  et  ce  n'est  qu'en  approchant  des  temps  modernes, 
qu'il  juge  à  propos  de  soutenir  que  c'est  par  l'efifet  de  la  haine  et  par  trahison 
que  ce  titre  fut  changé  en  celui  de  duché.  Bien  que  le  manuscrit  soit  posté- 
rieur à  la  réunion  de  la  Bourgogne  au  royaume  de  France ,  opérée  par 
Louis  XI,  non-seulement  notre  chroniqueur  ne  parle  point  de  ce  grand  fait 
historique ,  mais  il  affirme  les  droits^  des  héritiers  de  Charles  le  Téméraire 
sur  ce  pays,  et  octroie  au  jeune  Philippe,  fils  de  Maximilien  d'Autriche,  le 
titre  de  duc  de  Bourgogne.  C'est  donc  une  sorte  de  protestation  contre  Van- 
nexion  de  ce  duchéy  et,  comme  telle ,  elle  ne  pouvait  être  adressée  qu'à  celui 
qui  y  était  le  plus  directement  intéressé.  L'auteur  enregisti*e  la  mort  de 


HISTOlRfc:.  51 

Marie  de  Bourgogne  (1481),  et  finit  ainsi  sa  chronique  (fol.l5  v»)  :  «  Desdiz 
MA.XIMILIAN  et  Marie  ,  duc  dAmtrice  et  ducesse  de  Bourgongne,  est  descendy 
a  Phelippe,  duc  de  Bourgongne  et  conte  de  Flandres,  leur  seul  fil,  et  n'auoit 
«  iceluy  que  trois  ans  et  IX  mois  au  trespas  de  lad.  feu  Marie,  sa  mère,  d  Le 
manuscrit  ne  doit  donc  pas  être  de  beaucoup  postérieur  à  cette  date ,  et  il 
est  forcément  antérieur  au  16  février  1486 ,  où  Maximilien ,  qualifié  ici  dttc 
d'Autriche,  fut  élu  roi  des  Romains. 

De  tout  ce  qui  précède,  il  résulte  pour  nous  presque  la  certitude  qu'il  a 
été  exécuté  pour  ce  même  Maximilien  (depuis  empereur  Maximilien  I®r)  : 
soit  directement,  soit  qu'il  lui  ait  été  oiTert  par  quelque  ardent  légitimiste 
bourgtlignon  de  cette  époque.  On  remarquera  môme  que  le  portrait  de  ce 
prince,  zélé  protecteur  des  arts ,  est  assez  ressemblant. 

Nous  n'insisterons  pas  davantage  sur  l'intérêt  exceptionnel  qu'oifre  ce 
manuscrit  unique ,  dont  les.  peintures  sont  d'une  fraîcheur  et  d'une  conser- 
vation parfaites.  Il  a  été  acquis  par  M.  Didot,  en  1865,  pour  une  somme 
supérieure  à  son  pesant  d'or  :  celle  de  dix  mille  francs. 

66.  LE  TRESPAS  DE  L'HERMINE  REGRETÉE  (Funérailles 
d'ANNE  DE  BRETAGNE,  reine  de  France,  par  un  ano- 
nyme). —  In-4,  de  4o  ff«  (l^s  deux  derniers  sont  blancs); 
miniatures  et  lettres  ornées  ;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  (Z?e- 
rome). 

Admirable  manuscrit  sur  vélin,  exécuté  vers  1515.  Ce  récit  détaillé 
des  funérailles  d'Anne  de  Bretagne,  rédigé  par  un  témoin  oculaire  qui  a 
gardé  l'anonyme,  diffère,  tant  par  le  style  que  par  certains  détails  fort  im- 
portants, de  la  relation  officielle,  écrite,  sur  l'ordre  de  Louis  XII,  par  Pierre 
Choque,  dit  Bretagne^  roi  d'armes  de  la  défunte  (voir  le  n»  suivant).  Il  est 
ENTIÈREMENT  INÉDIT,  et  mériterait  d'être  publié.  De  plus,  il  est  orné  de 
CINQ  MINIATURES  (nou  compris  le  titre)  d'une  grande  beauté. 

  la  première  page,  est  peint  un  drap  noir,  chargé  d'une  croix  blanche  au 
milieu  de  laquelle,  sur  une  tablette  fixée  au  drap  par  une  épingle,  on  lit  le  titre 
du  volume  :  Le.  Tres=:\\pas,  de.  \\  lher=\\mine.  ||  regre=\\tee.  Cette  croix  est 
cantonnée  de  quatre  écussons  aux  armes  de  la  reine,  mi-parties  de  France  et 
de  Bretagne  et  entourées  de  la  cordelière. 

Le  texte  commence  au  feuillet  suivant,  en  ces  termes  :  «  Or  prions  Dieu 
pour  les  âmes  des  trespassez.  Singulièrement  et  très  eacpressement  pour  celle 
de  très  haulte,  très  puissante,  très  illustre  et  très  magnanime  princesse  Madame 
Anne,  etc.  »  L'auteur  anonyme  de  cette  rédaction  devait  être  un  des  officiers 
intimes  de  la  princesse  et  de  ceux  qui  l'ont  le  plus  regrettée.  Une  douleur 
profonde,  pénétrée  de  sentiments  élevés,  perce  sous  sa  plume,  et  rien  que  le 
choix  de  ce  titre  mélancolique  semble  témoigner  de  la  sincérité  de  ses  regrets. 

La  première  des  miniatures  (fol.  5  v»)  (ellos  sont  toutes  de  la  grandeur 
des  pages)  représente  la  Reine  morte,  couchée  sur  un  lit  de  parade,  dans 
sa  chambre  du  château  de  Blois.  Le  visage  de  la  reine ,  noble  et  calme , 
est  d'une  grande  beauté.  Autour  d'elle,  les  dames  de  son  service ,  vêtues  de 
deuil,  ainsi  que  des  religieux  et  des  religieuses,  assis  ou  à  genoux,  disent  des 
prières. 

La  seconde  miniature  (fol.  12  v»)  nous  fait  voir  l'Intérieur  de  l'église 


52  MAxNUSCRITS. 

Saint-Sauveur  a  Blois,  au  moment  où  Tévéque  de  Paris  dit  la  messe  devant 
le  somptueux  catafalque  de  la  reine.  Cette  miniature  est  reproduite  en  gra- 
vure sur  bois  dans  le  catalogue  illustré. 

Les  deux  miniatures  suivantes  sont  placées  Tune  en  regard  de  Pautre  (fol. 
27  vo  et  28  ro)  et  forment  ainsi  un  tableau  du  plus  bel  effet.  C'est  TArrivée 
DU  CORTÈGE  FUNÈBRE  A  L*ÈGLiSE  Notre-Dame  DE  PARIS.  Le  Cardinal  Jean  de 
Luxembourg,  arclievêque  du  Mans,  assisté  de  Tévêque  de  Paris  et  d'un  nom- 
breux clergé,  vient,  à  la  porte  de  la  cathédrale,  au-devant  du  corps  delà 
reine,  qui  est  couvert  d'un  drap  d*or  surmonté  d'une  effigie  de  cette  prin- 
cesse, et  porté  par  les  Henouards  (mesureurs  de  sel  de  Paris).  Les  quatre  pré- 
sidents du  Parlement,  vêtus  de  leurs  chapes  écarlates  fourrées  de  menu 
vair,  tiennent  chacun  un  des  coins  du  drap.  Derrière  le  corps,  quatre  écuyers, 
vêtus  de  deuil ,  portent  le  paile  (dais)  qui  surmontait  le  corps  pendant  la 
marche,  tandis  que  d'autres  personnages ,  tous  en  grand  deuil ,  ont  à  la  main 
des  torches  aux  armes  de  la  reine.  Le  devant  des  maisons,  sur  le  parcours 
du  cortège,  est  tendu  d'un  di'ap  bleu  à  flammes  d'or. 

Enfin,  la  dernière  miniature  (fol.  36  r»)  représente  I'Ensevelissement 
du  corps  de  la  reine  dans  le  caveau  du  chœur  de  la  cathédrale  de  Saint- 
Denis.  Le  cardinal  du  Mans  jette  sur  la  dépouille  mortelle  une  pelletée  de 
terre,  tandis  que  Pien-e  Choque ,  roi  d'armes  de  Bretagne,  reçoit ,  des  mains 
du  gi-and  écuyer,  la  couronne  ducale  pour  la  poser  sur  le  cercueil.  La  céré- 
monie représentée  dans  ce  petit  tableau,  supérieurement  exécuté,  ainsi  que 
le  texte  qui  s'y  rapporte ,  ne  nous  sont  connus  que  'par  le  présent  manuscrit  : 
c'est  ce  que  M.  Le  Roux  de  Lincy  a  signalé  dans  sa  belle  monographie 
d'Anne  de  Bretagne. 

On  ignore  le  nom  du  miniaturiste,  qui  compte ,  en  tout  cas ,  au  nombre 
des  meilleurs  artistes  de  la  cour  de  Louis  XII.  Les  cinq  compositionc  ci-des- 
sus diffèrent  complètement  de  celles  qui  ornent  la  relation  officielle  des  fu- 
nérailles (voir  le  n»  suivant).  Elles  sont  fort  bien  dessinées,  et  ce  qui  frappe 
surtout,  c'est  le  jeu  naturel  et  l'expression  vraie  des  physionomies. 

Le  texte ,  dont  chaque  paragraphe  commence  par  une  initiale  peinte  en 
or  sur  un  fond  rouge  ou  bleu ,  finit  ainsi  :  «  Lors  commença  ledit  roy  d'armes 
«  Bretaigne  à  crier  à  haulte  voix  en  ladicte  salle^  disant  :  La  trescresHenne 
«  royne  et  duchesse  nostre  souveraine  dame  et  maistresse  est  morte  !  Chasam  se 
«  pourvoye  !  Finis,  » 

Ce  manuscrit  avait  appartenu  au  siècle  dernier  au  chancelier  d'Agubs? 
SEAU ,  ce  que  constate  une  assez  longue  note  sur  le  feuillet  de  garde.  Il  y 
portait  le  n®  4859.  D'après  cette  note ,  il  était  relié  en  velours  noir,  avant 
d'avoir  été  revêtu  de  sa  couverture  actuelle.  Un  second  enregistrement ,  si- 
gné par  le  bibliothécaire  du  chancelier,  figure  au  verso  du  titre.  Mais  ce 
beau  volume  a  une  provenance  bien  plus  illustre  encore.  Il  figure,  en  effet,  au 
catalogue  de  la  riche  collection  de  manuscrits  du  GRAND  CONDÉ,  catalogue 
publié  par  M.  Le  Houx  de  Lincy  dans  le  Bulletin  du  bibliophile,  1860.  Bien 
que  l'indication  se  borne  à  cette  mention  :  IV^  185.  Le  Trépas  de  l'hermine 
regrettée,  l'identité  nous  paraît  hors  de  doute,  attendu  qu'on  n'en  connaît 
pas  d'autre  exemplaire.  En  1862  il  figurait  au  catalogue  raisonné  d'une 
belle  série  de  manuscrits  faisant  partie  de  la  librairie  Techener  :  il  y  était 
coté  5,000  fr. 

Ce  précieux  manuscrit  est  dans  un  état  de  conservation  parfaite. 


HISTOFRE.  53 

67.  FUNÉRAILLES  D'ANNE  DE  BRETAGNE  (par  Pierre  Cho- 
QUE,  dît  Bretagne^  roi  d'armes).  —  Pet.  in-foL,  de  64  ff.; 
miniatures  et  lettres  ornées;  mar.  noir,  doré  en  plein,  Ir. 
dor.  {aric,  reL). 

Superbe  manuscrit  sur  vélin,  exécuté  vers  1515.  C'est  la  relation  offi- 
cielle des  cérémonies  funèbres,  relation  dont  nous  avons  parlé  ci-dessus. 
Louis  XII  en  fit  exécuter  un  certain  nombre  d'exemplaires ,  qui  furent  tous 
ornés  de  onze  miniatures  ,  toujours  les  mômes,  représentant  les  principaux 
épisodes  des  funérailles ,  et  dont  le  célèbre  peintre  Jean  Perréal ,  dit  Jean 
de  Paris,  avait  fourni  les  modèles.  Ces  exemplaires  ont  été  distribués,  chacun 
avec  une  dédicace  spéciale ,  aux  princes  du  sang  et  aux  parents  de  la  dé- 
funte. On  en  connaît  aujourd'hui  près  de  vingt  exemplaires,  dont  dix  sont 
conservés  à  la  Bibliothèque  nationale.  On  n'en  cite  qu'un  seul  appartenant  à 
un  particulier  :  c'est  celui  de  la  célèbre  collection  de  sir  Thomas  Phillips ,  au 
château  de  Middlehill. 

Notre  manuscrit  commence  au  verso  du  ler  feuillet  par  une  petite  mi- 
niature représentant  un  écusson  aux  armes  de  la  reine,  surmonté  d'une 
double  couronne  et  supporté  par  un  ange  à  genoux  et  par  un  lion.  Une  her- 
mine, avec  la  devise  :  A  ma  Vie,  est  placée  au-dessous.  Plus  bas,  la  lettre  N  en- 
luminée devait  commencer  la  dédicace  qui  n'a  pas  été  faite.  Le  texte  est 
précédé  de  ce  titre  en  rouge  :  Comemoration  et  auertissement  de  la  \\  mort 
de  trescrestiene,  treshaulte,  trespuis\\sante  et  tresexcellante  princesse  ma  très- 
doubtée  \\  et  souueraine  dame.  Ma  dame  Anne,  deux  foiz  roi/\\ne  de  France^ 
duchesse  de  Bretaigne,  seuîle  héritière  \\  d'icelîe  noble  duché.  Contesse  de  Mont- 
fort^  de  B.iche\\môt,  d'Estampes  et  de  Vertuz,  Ensaignement  de  \\  sa  progé- 
niture Et  complainte  que  faict  Bretai\\gne,  son  premier  herault  et  Vun  de  ses 
roys  d'armes.  Suit  d'abord  cette  Complainte  en  vers,  puis  la  Généalogie 
de  la  reine,  «  faitte  en  termes  rudes  et  ryme  selon  les  ystoires  antiques  », 
qui  se  poursuit  pendant  vingt  et  une  pages.  Nous  arrivons  ensuite  à  la  rela- 
tion du  décès  et  des  funérailles  de  la  reine. 

Voici  les  sujets  des  dix  autres  miniatures  :  !<>  Exposition  du  corps  sur  un 
lit  de  parade ,  dans  la  salle  d'honneur  du  château  de  Blois  (fol.  12  r»);  — 
2»  Ensevelissement  du  corps  (fol.  14  r°);  —  3*>  Prière  autour  du  cercueil 
(fol.  16  vo);  —  4°  Signe  étrange  qui  a  été  vu  au-dessus  de  la  ville  de  Suze, 
et  en  plusieurs  lieux  du  Piémont,  de  la  Savoie,  etc.,  le  jour  du  décès  de 
la  reine  (fol.  19  r»  )  ;  —  5»  La  Chapelle  ardente  à  l'église  Saint-Sauveur  à 
Blois  (fol.  26  ro);  — 6°  Le  Cortège  funèbre  à  Paris;  le  cercueil  est  porté 
par  les  hénouards,  et  accompagné  par  les  présidents  du  Parlement  (fol.  42  r**)  ; 

—  7**  La  Chapelle  ardente  à  Notre-Dame  de  Paris  (fol.  44  r®);  —  8®  La  Cha- 
pelle ardente  à  l'église  de  Saint-Denis  (fol.  46  v°)  ;  —  9®  L'Exposition  du 
cœur  de  la  reine  dans  la  chapelle  de  l'église  des  Carmes,  à  Nantes  (fol.  57  r")  ; 

—  10°  La  Boîte  d'or,  en  forme  de  cœur,  surmontée  d'une  couronne  et  cou- 
verte d'inscriptions  gravées,  dans  laquelle  fut  enfermé  le  cœur  de  la  dé- 
funte (fol.  61  r«). 

Quoique  inférieures  à  celles  du  précédent  manuscrit,  ces  miniatures  sont 
fort  belles  et  d'une  grande  fraîcheur.  Elles  ont  été  reproduites  dans  les 
Monuments  de  la  monarchie  françoise,  de  Montfaucon,  t.  IV. 

Sur  les  marges  sont  peintes  les  armoiries  des  principales  villes  que  tra- 


r,4  MANUSCRITS. 

versa  le  cortège  funèbre,  telles  que  Blois,  Orléans,  Janville,  Étampes  et 
Paris.  Chaque  paragraphe  du  texte  commence  par  une  initiale  enluminée. 

Au  milieu  de  la  relation,  on  a  intercalé  des  rondeaux,  en  forme  d'épîtaphe, 
complaintes  de  mort,  etc.,  dus  à  la  plume  d'André  de  la  Vigne,  secrétaire 
de  la  reine  et  auteur  de  quelques  bonnes  pièces  de  notre  théâtre  comique. 
On  y  trouve  aussi  d'autres  pièces  de  vers  écrites  par  des  anonymes.  Cette 
relation  a  été  publiée  par  MM.  Merlet  et  de  Gombert  en  1858. 

La  reliure  de  ce  volume  est  digne  d'attention.  Elle  paraît  avoir  été  exé- 
cutée au  XV1«  siècle ,  dans  l'atelier  des  Eve  peut-être.  Les  plats  sont  par- 
semés de  fleur  de  lis,  d'hermines  et  d'A  couronnés.  Au  milieu,  dans  un 
riche  fleuron ,  on  voit  les  armes  d'Anne  de  Bretagne.  La  dorure  à  petits 
fers  est  remarquable  ;  le  tout  est  parfaitement  conservé. 

Ce  manuscrit  a  figuré  au  môme  catalogue  que  le  précédent,  au  prix  de 
3,000  fr.  Depuis,  il  a  reparu,  à  la  vente  Libri  (1864). 

M.  Techener  a  fait  reproduire  le  dessin  de  cette  belle  reliure  dans  son 
Histoire  de  la  hibUophilie. 

68.  TERRIER  DU  MARQUISAT  DE  BREVAL.  —  In-fol.,  carré, 
de  86  ff.;  miniatures;  mar.  noir,  compart.  et  fleurons  en 
argent  et  en  mosaïque,  tr.  dor.  (anc,  reL). 

Manuscrit  du  XYI®  siècle ,  sur  vélin.  Il  est  intitulé  :  Procès  verbal  de  la 
refformacion  de  la  for  est  de  Breval  et  du  Brueil  de  Gainville,  pour  haulte  et 
puissante  dame  Madame  Lionne  de  Poytiers,  duchesse  de  Valentinois,  contesse 
de  Maulevrier,  dame  d'Annet  et  de  Breval,  Ce  titre  est  répété  sur  le  feuillet 
de  garde. 

C'est  l'exemplaire  même  de  DIANE  DE  POITIERS,  dans  sa  reliure  ori- 
ginale ,  portant  sur  les  plats  les  emblèmes  de  la  duchesse  :  trois  croissants 
entrelacés,  entourés  d'un  cadre  formé  d'arcs  ;  et,  au  dos,  le  chiffre  de  Diane  et 
d'Henri  II. 

Le  recto  du  feuillet  qui  suit  le  titre  est  entièrement  occupé  par  un  grand 
écusson  aux  armoiries  paternelles  de  Diane  (de  Saint- Vallier )  ;  le  fond  de 
la  page  est  peint  en  bleu ,  parsemé  de  flammes  d'or. 

Au  recto  du  feuillet  suivant,  figurent  ses  armoiries  personnelles  :  Parti: 
au  1<^,  dazur  à  huit  croisettes  d'or  passées  en  orle  autour  d'un  écusson  d'azur 
bordé  d'or  et  chargé  d'un  autre  écusson  d'argent  ;  qui  est  de  Brézé  ;  au  2*,  écar- 
telé  :  aux  i  et  4,  d'azur  à  six  besants  d'argent;  au  chef  d'or;  qui  est  deBaint- 
Vallier  ;  au  2,  d'azur  semé  de  fleurs  de  lis  d'or  ;  au  franc  quartier  d'argent, 
à  trois  croissants  de  gueules;  au  3,  d'argent  aux  emmanchés  de  sable;  qui  est  de 
RuFn.  L'écu  en  losange  est  surmonté  d'une  couronne  ducale ,  et  entouré 
de  la  cordelière  de  veuve.  Aux  coins  de  la  page,  sont  peints  en  or  deux  arcs 
et  deux  carquois  garnis  de  flèches.  Le  fond  est  peint  en  bleu  et  parsemé  de 
lunes  d'or. 

Au  recto  du  feuillet  suivant ,  on  voit  les  armes  de  son  mari ,  Louis  de 
Brézé ,  surmontées  de  la  couronne  de  comte  et  entourées  du  collier  de  Saint- 
Michel.  Le  fond  peint  en  bleu  est  parsemé  de  pensées. 

Ces  trois  pages  sont  encadrées  dans  une  bordure  noir  et  or. 

Le  procès-verbal  en  question  date  du  1er  avril  1544.  Il  a  été  dressé  par- 
devant  Paul  de  Yillemor,  conseiller  du  roi.  On  y  trouve  l'historique  de  la 
propriété  de  la  forôt  de  Breval  et  autres  lieux. 


HISTOIRE.  55 

A  la  suite  de  ce  volumineux  document,  on  a  ajouté  les  pièces  suivantes  : 

1<*  Note  adressée  au  prince  de  Tingry  au  sujet  de  la  rénovation  des  ter- 
riers du  marquisat  de  Breval  lui  appartenant  ;  sur  papier,  sans  signature  ; 

2®  Nomination  à  la  charge  de  garde-péche  dans  la  rivière  d'Eure,  et  de 
garde-chasse  dans  le  marquisat  de  Bréval,  d'un  nommé  Clair-Joseph  Peret , 
habitant  de  la  paroisse  de  Bué  ;  original  en  parchemin ,  daté  du  21  septembre 
1771,  signé  par  Charles-François-Christian  de  Montmorency-Luxembourg, 
prince  de  Tingry,  et  scellé  de  son  cachet  ; 

3®  Copie  sur  parchemin  de  deux  actes  émanant  du  roi  Philippe  V  (1317 
et  1318),  à  Teffet  de  constater  que  la  châtellenie  de  Breval  a  toujours  été 
du  domaine  du  Roy. 

Le  volume  entier  et  la  reliure  sont  parfaitement  conservés. 

69.  STATUTS  DE  L'ORDRE  DE  SAINT-MICHEL.  —  In-4,  de 
44  ff*M  miniatures  et  lettres  ornées;  mar.  noir,  compart. 
fleurdelisés,  tr.  dor.  {reliure du  XFP  siècle). 

Manuscrit  du  XVI«  siècle,  sur  beau  vélin  et  d*une  belle  écriture  ronde. 
Il  commence  ainsi ,  sans  aucun  titre  :  La  table  des  cfuippitres  du  Hure  de  \\ 
lordre  du  treschrestien  Roy  de  France  \\  Loy$  vnziesme.  A  Ihonneur  de  sainct 
Il  Michel 

Ces  statuts  de  Tordre  de  Saint-Michel ,  créé  par  Louis  XI  au  château 
d'Amboise,  le  l«r  août  1469,  comptent  92  articles.  En  tête  (fol.  7  r»),  se  trouve 
une  miniature  de  toute  beauté ,  admirablement  conservée ,  et  occupant  les 
deux  tiers  de  la  page  :  elle  représente  la  réception  d*un  chevalier  de  Tordre. 
Elle  est  entourée,  ainsi  que  quatre  lignes  de  texte  écrites  au-dessous,  d'un 
beau  cadre  style  Renaissance,  avec  les  armes  de  France  au  bas.  Nous  en  don- 
nons une  reproduction  au  catalogue  illustré. 

Chaque  paragraphe  de  la  table  et  du  texte  commence  par  une  charmante 
initiale  en  or  et  en  couleurs. 

De  la  bibliothèque  Yemeniz. 


70.  DIPLOME  délivré  à  MARIE-ANTOINETrE,  daupliine  de 
France ,  par  rAcadémie  des  sciences  et  des  beaux-arls 
d*Augsbourg,  en  qualité  de  membre  honoraire.  — In-fol., 
de  3  ff.;  relié  en  velours  rouge. 

Original  en  parchemin ,  daté  du  28  avril  1770,  et  signé  :  Johann  Daniel 
von  Eerzberg^  Prœses;  —  Johannes  Esaiasvon  Nilson,  Director;  —  Hierony- 
mus  Andréas  Mertens,  Secret ar lus. 

En  tête ,  figurent  les  armes  de  TAcadémie,  dessinées  à  la  plume.  Les 
noms,  prénoms  et  titres  de  la  Dauphine,  ainsi  qne  les  premières  lignes  du  di- 
plôme ,  occupent  trois  pages ,  et  sont  écrits  en  beaux  caractères  gothiques, 
avec  un  grand  luxe  d'ornements.  Le  calligraphe  de  TAcadémie  des  beaux- 
arts  d'Augsbourg  a  produit  ici  un  chef-d'œuvre  du  genre. 


IMPRIMÉS 


IMPRIMES 


BELLES-LETTRES 


I.  LINGUISTIQUE 


71.  Etymologicum  magnum  (en  grec).  (A  la  fin  :  )  Imprimé  à  Fe- 
nise  par  Zacharias  CalUergi^  aux  frais  du  noble  et  illustre 
Nicolaos  BlastoSy  deCrète^  i499-  ^^'  iï^-fol.;  veau  fauve, fil., 
Ir.  dor. 

Édition  pnncéips.  Chef-d'œuvre  de  typographie,  remarquable  par  la  beauté 
des  types  grecs  et  par  le  luxe  de  son  illustration.  Le  célèbre  Marc  Musurus  a 
fait  insérer  en  tête  une  préface  fort  intéressante  pour  l'histoire  littéraire. 
M.  Didot  a  consacré  à  ce  beau  livre  une  longue  étude  dans  son  ouvrage  sur 
Aide  Manuce  (p.  546  à  561). 

Exemplaire  Renouard,  très*pur  et  presque  à  toutes  marges. 

72.  MANUTIUS.  Aldi  Manuiii  Romani  Rudimenta  Grammatices 
iaiinae  linguae.  (A  la  fin  :  )  Fen.  (apud  ^Idum),  mense  febr, 
D  I,  (i5oi).  In-4;  mar.  rouge,  fil.  à  froid,  fleurons,  tr.  dor. 

[Hardf).   • 

Première  et  très-rare  édition,  avec  les  deux  appendices.  Aide  a  placé  en 
tête  une  curieuse  épître  qui  touche  à  des  questions  délicates  de  pédagogie. 
Voir  Didot,  A/de  Afanuce. 

Très-bel  exemplaire,  grand  de  marges. 

73.  DESPAUTERIUS  (Joh.).  CommentariiGrammatici.  Parisiis, 
exoff.  Bob.  Slephaniy  i537.  In-fol.;  veau  fauve,  fil.,  tr.  dor. 

[Bofet). 

Une  des  plus  belles  impressions  de  Rob.  Estienne. 
Superbe  exemplaire,  réglé,  aux  armes  du  comte  d'Hoym,  provenant  de  la 
bibl.  Morante. 


60  BELLES-LETTRES. 

74.  GASPARINI PergamensisOrthograpliiae liber fœliciter  incipit. 
—  GUÂRINI  Veronensis  de  diphlhongis  libellus  fœliciler 
incipit.  (  Absque  nota.)  lD-4y  de  2^3  (T.  dont  4  blancSi  et  9 
fr.fSans  ch.,recl.  ni  sign.;  lettres  rondes;  mar.  bleu,  (il., 
riches  conipart.  sur  lesplals,  tr.  dor.  (Lortic). 

Édition  extrêmement  rare.  C'est  on  des  quatre  premiers  livi*es  imprimés 
par  Martin  Crantz,  Ulrich  Gering,  Michel  Friburger,  dans  le  local  qu'ils  oc- 
cupaient à  la  Sorbonne,  avec  les  caractères  des  Epistolœ  du  même  auteur  et 
dans  la  même  année  (1470),  car  la  fonte  n'est  pas  fatiguée. 

Magnifique  exemplaire. 

75.  JANUA  (Joli.  de).  Calholicon.  (A  la  fin  :)  Àltissimi  presi- 
dio,,.  hic  liber  egregius.  catholicoa.  dhcie  incamacionis  cumis 
M.  cccc.  IX.  (1460)  j^bna  in  urùemaguntina,,.  confectus  est, 
Gr.  in-fol.,  goth.;  relié  en  2  part,  en  mar.  bleu,  riches 
comp.,  tr.  dor.  (Masquillier). 

Édition  pr inceps,  attribuée  aux  presses  de  Gutenberg.  Le  volume  com- 
mence, sans  intitulé,  par  ces  mots  :  (P)  Rosodia  quedâ  ps'gràmatice  nuncupa- 
tur.,,  La  page  est  entourée  d'un  encadrement  peint  en  or  et  en  couleurs.  Nom- 
breuses initiales  enluminées. 

Superbe  exemplaire,  de  la  bibl.  Borluut  de  Noortdonck. 

76.  Calholicon  abbreviatum.  (A  la  fin  :  )  Exaratum  per  loannem 
Lambert,  commorantem  in  vico  sancti  Jacobin  i5o6.  ln-4> 
goth.,  à  2  col.;  mar.  bleu,  Ir.  dor.  [Trautz-Bauzonnet). 

Curieux  dictionnaire  latin-français.  Cette  édition  fort  rare ,  reproduit  la 
première,  encore  plus  rare,  imprimée  à  la  fin  du  XV®  siècle  par  A.  Cayllaut. 

Exemplaire  Yemeniz,  de  toute  beauté  et  non  rogné  aux  marges  infé- 
rieures. 

77.  ESTIENNE  (Robert).  Traicte  de  la  gràmaire  Françoise. 
L*OliuierdeIiob.Estienne,ln-8'j  marg.  rouge  jans.,  tr.  dor. 
{TrautZ'Bauzonnet) . 

Première  édition.  La  date  (1557)  est  exprimée  dans  le  texte  à  la  dernière 
page.  Très-bel  exemplaire,  grand  de  marges  (H.:  0,163). 

78.  ESTIENNE  (Henri).  Traicté  de  la  conformité  du  language 
François  auec  le  Grec.  S.  /.  n,  d.  {marque  deH.Estienne).  Pet. 
in-8  ;  mar.  rouge,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  {Smeers). 

Édition  originale,  qui  contient  les  différents  passages  supprimés  dans 
la  suivante,  entre  autres  le  morceau  dirigé  contre  le  pape.  A  la  fin,  se  trouve 
un  avis  au  lecteur,  terminé  par  un  passage  sur  l'orthographe  du  livre  :  cet 
avis  ne  figure  pas  non  plus  dans  la  seconde  édition. 

79.  ESTIENNE  (Henri).    Traicté  de  la  conforniilé  dv  langage 


RHÉTORIQUE.  61 

françois  auec  le  Grec.  A  Paris  y  par  Robert  Esiiennej  iSGg. 
ln-8;  mar.  bleu  jansr  ÇTraïUz^Bauzonnet). 

Seconde  édition.  Exemplaire  Yemeniz,  d'une  grande  pureté,  réglé,  et  non 
rogné  (H.:  0,185). 


M.  RHÉTORIQUE 
Rhéteurs  et  orateurs  ^  anciens  et  modernes, 

80.  DEMETRII  Phalerei  de  Elocvlione  (en  grec).  Florent iae^ 
ap\fd  IçntaSy  i552.  ln-8;  mar.  brun^fiLàcompart.^  tr.  dor. 
[anc.  reL). 

Première  édition  publiée  séparément.  Exemplaire  en  grand  paptér,  cou- 
vert d'une  fort  belle  reliure  aux  armes  de  Médicis  parti  de  Malatesta.  Il 
avait  en  effet  appartenu  à  FRANÇOIS-MARIE  DE  MÉDICIS,  grand:-duc  de 
Toscane,  qui  en  a  fait  présent  à  son  précepteur  Antonio  Angeli ,  selon  la 
note  autographe  de  ce  dernier,  écrite  sur  un  feuillet  de  garde,  et  datée  du 
i«r  sept.  1552.  De  la  collection  Renouai'd. 

81 .  CICERO.  M.  Tullii  Ciceronis  Rheloricorum  secundus  tomus. 
Àpud  Seh.Gryphiumy  Lugduni^  i546.  In-i6,  de  63i  pp.; 
rnar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  (anc.  reL). 

Exemplaire  ayant  appartenu  à  JEAN  RACINE  dont  il  porte  la  signature , 
et  des  notes  autographes  en  vingt-sept  endroits  du  volume.  De  la  collection 
Bnmet. 

82.  (CICERO,  de  Oratore.)  VenetiiSy  Valdarfer^  i470-  In-fol.; 
mar.  bleu,  comp.  à  froid,  orn.  dor.  sur  les  plats,  tr.  dor. 

(Lortic). 

Superbe  exemplaire  à  grandes  marges  de  cette  édition  rare,  premier  ou- 
vrage sorti  des  presses  de  Valdarfer. 

83.  FICHET.  Gulielmi  Ficheti  Rhetoricorum  libri  très.  In  Pari- 
siorum  Sorbona  [Ulrich  Geringy  Martin  Crantz  et  Michel  Fri- 
burgery  lAvO-  ^^*'  ^^^"4;  i^^r.  bleu,  plaque  à  froid  sur 
les  plats,  comp.  à  filets,  tr.  dor. 

Un  des  premiers  livres  imprimés  à  Paris.  Les  deux  ff.  d*épîtres  prél.  que 
l'on  rencontre  dans  quelques  exemplaires  ne  se  trouvent  pas  dans  celui-ci, 
bien  complet  du  reste  et  très-beau.  Quant  à  la  date  de  ce  volume,  il  faut  con- 
sulter un  travail  remarquable  de  M.  Madden  et  qui  sera  peut-être  le  dernier 
mot  sur  la  question  de  VOrigine  de  rimprimerie  de  Paris  (à  la  suite  de  ses 
Lettres  d'un  bibliographe;  V«  série  ;  Pans,  1878,  in-8). 


&2  BELLES-LETTRES. 

84.  Oratores  graeci.  Oraliones  horvm  rlielorvm  :  Aescliinb.  Ly- 
81%.  Alcidamantis...  f[raece.  Oraliones  infrascriplorvin  Rhe- 
lorvni  :  Ândocidis ,  Isa?i,  Dinarchi,  etc.  (A  la  fin  :)  yeneiiis, 
apudyJldum,  et  Aiulream  Soceruni  mense  Aprili.  M.D.XIll 
(i5i3).  2  pari,  en  i  vol.  in-fol.  —  Isocralis  oraliones.  Alci- 
dainantis  contra  dicendi  magistros,  etc.  (A  la  fin  :)  Venetiis 

in  œdibvs  Aldi et  Aiulres^  Soceri AI. /). XIll {i5iZ.^.  — 

Ensemble  2  vol.  in-fol.;  mar.  rouge,  fil.,  coiupart.,  tr.  dor. 
{Bozérian  jeiuie). 

Première  édition  de  ce  vaste  recueil  dont  les  beaux  exemplaires,  comme 
celui-ci,  sont  très-recherchés.  L'épître  dédicatoire  d'Aide  contient  beaucoup 
de  détails  intéressants  pour  l'histoire  du  mouvement  littéraire  au  XVI«  siècle. 

Exemplaire  réglé,  à  grandes  marges. 

85.  BOSSU  ET.  Oraison  funèbre  de  Henrielle  Marie  de  France, 
reine  de  la  Grand'BreUigne  prononcée  le  i6  novembre 
1669...  par  Monsieur  l'Abbé  Bossuet,  nommé  à  TEvesché  de 
Condom.  Paris ^  Séh.  Mabre  CramoisjTj  1669.  — Oraison  fu- 
nèbre de  Henriette  Anne  d'Angleterre,  ducliesse  d'Orléans, 
prononcée  à  Saint-Denis  le  21  jourd'Aoust  1670,  parMessire 
Jacques  Bénigne  Bossuet.  lbid,y  1670.  —  En  i  vol.  in-4; 
mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  {anc.  reL). 

Édition  originale. 

Exemplaire  de  Bossuet  lui-même  ,  selon  toute  probabilité,  car  il  porte 
Tex-libris  de  son  neveu  et  héritier,  J.-B.  Bossuet,  évêque  de  Troyes. 

86.  BOSSUET.  Oraison  funèbre  de  Marie  Terese  d'Auslriche,  in- 
fante d'Espagne,  reine  de  France...  prononcée  à  Saint-Denis 
le  i"sept.  i683  parMessire  J.-B.  Bossuet.  Paris ^  S.  Mahre 
CramoisjTj  i683.  ln-4  ;  mar.  noir,  fil.  à  froid,  {anc.  reL). 

Édition   originale.  Vignette  gravée  par  Séb.  Le  Clerc. 
Exemplaire  en  grand 'pa'pier.  Haut.:  285miilim. 

87.  BOSSUET.  Oraison  funèbre  de...  Michel  Le  Tellier,  cheva- 
lier, chancelier  de  France.  Prononcée...  le 25  janvier  1686. 
PariSy  par  S.  Mabre  Cramoisj-y  1686.  In-4;  veau  fauve, 
fil.,tr.  dor.  (Lortic). 

Édition  originale.  En  tête ,  est  placée  une  vignette  allégorique  oflrant 
le  portrait  du  chancelier,  gravée  par  J.-L.  Rouliet;  et  à  la  fin,  un  charmant 
cul-de-lampe  gravé  par  S.  Thomassin  :  Tun  et  l'autre  d'après  J.  Parrocel. 

Exemplaire  grand  de  marges  (H.  :  245  mill.),  mais  un  peu  piqué. 

88.  BOSSUET.  Oraison  funèbre  de  Louis  de  Bourbon ,  prince 
de  Condé,  premier  prince  du  sang.  Prononcée  dans  l'Eglise 


POETES  GRECS.  63 

de  Nostte-Dame  de  Paris  le  lo  mms  t6êj*  FarMessire  J.-B. 
Eossuet.  Paris  y  S.  Mabre  Cramoisjr  y  1687.  in^4  r  »>^>^-^  1^^^» 

fil.  (anc.  relJ).  - 

Édition  originale. 

Très-bel  exemplaire  portant  cet  envoi  de  la  main  de  BOSSUET  :  Madame 
DarminuUlielr  de  la  part  de  Monseigneur  de  Meaux  (probablement  Anne  du 
Blé,  femme  d -Henri  de  Beringhen ,  seigneur  d'Armainvilliers). 

On  y  a  joint  une  lettre'  autographe  du  GRAND  GONDË ,  adressée , 
croyons-nous,  à  Turenne.  EUe  commence  ainsi  :  <  Je  ne  suis  pas  surpris, 
Monsieur  le  maréchal...  »  et  contient  ce  curieux  passage  :  a  On  dit  que  M.  de 
«  Montecuculy  s'est  montré  d*un  avis  contraire  aux  ordres  qu'il  avoit  reçus 
«  de  sa  Cour,  et  que  la  raison  qu'il  en  a  donnée  étoit  vostre  présence  à  la 
«  tête  des  armées  du  roy.  Si  la  chose  est,  cet  avis  vous  fera  beaucoup  d'hon- 
«  neur  et  Â  luy  aussi.  » 

m.  POÉSIE 
I .  Poëtes  grecs  et  latins. 

89.  Gnomse  monostichae,  sive  sentenliae  ex  dîversis  poetis,  se- 
cundum  ordinem  alphabeli  ;  accedit  Musaei  poematium  de 
Herone  et  Leandro,  cura  I.  l^scaris  (en  grec).  S.  L  n.  d. 
In-4 7 sans  titre,  de  18  ff.  ;  inar,  rouge  jans.,  tr.  dor.  {Trautz- 
Bauzonnet), 

Édition  très-rare,  exécutée  en  lettres  capitales.  On  croit  qu'elle  est  sortie 
des  presses  d'Alopa,  à  Florence ,  de  1494  à  1500. 
Exemplaire  Yemeniz,  en  parfaite  condition. 

90.  Vetustissimoruni  authorum  georgica,  bucolica,  et  gnomica 
poetnata  quae  supersunt  (grsece  et  latine,  cuni  annot.  ex  edit. 
Joan.  Crispim). l4pud  Crispinum,  iSÔQ.  4  part,  en  1  vol.  in- 
16;  mar.  bleu,  dent.,  doublé  de  moire,  Ir.  dor.  {Bozérian). 

Charmant  exemplaire,  couvert  d'une  jolie  reliure.  De  la  bibl.  Yemeniz. 

91.  f  Anlhologiaepigrammatum  graecoruni,  gnpc^,  cuira  lo.  Las- 
caris.)  (A  la  fin  :)Impressum  FLorentiœ^per  Laurentiuni Fran- 
cisci  de  Alopa  K^enetum^  i[\Ç)[{.  In -4;  \eau  rouge,  tr.  dor. 
(reliure  en  mosaïque  et  peintures  appliquées  sur  les  plats ^  si» 
gnée  par  Jos.  Lehrnery  de  Vienne). 

Première  édition  de  l'Anthologie  de  Planude,  et  l'un  des  cinq  volumes 
imprimés  par  Alopa  en  lettres  capitales  grecques. 

Cet  exemplaire  contient  Tépître  de  Lascaris  à  Pierre  de  Médicis  qui  a 
été  supprimée  dans  les  exemplaires  distribués  en  septembre  1494,  époque 
de  l'entrée  des  Français  en  Italie. 


61  BELLES-LETTRES. 

92.  Florilegium  diversorum  epigrammatuin  in  VU  litnros  (en 
grec).  (A  la  fin  :  )  Fenetiis,  in  œdibus  Atdi\  niense  No^fembrij 
i5o3.  In-8;  velours  vert,  tr.  dor. 

Superbe  exemplaire,  sur  papier  fort,  de  la  première,  la  plus  belle  et  la 
plus  rare  édition  de  TAnthologie  donnée  par  les  Aide.  Il  avait  appartenu 
à  GROLIËR,  protecteur  et  bienfaiteur  d*Alde.  Au  bas  de  la  première  page, 
se  trouvent  deux  médaillons  très-bien  peints;  Fun  porte  les  armes  de  Gro- 
lier,  avec  cette  devise  :  M.  Jehan  Ghrier  (sic),  conmller  du  rcy,  tréiorier  gë- 
néral  de  Milan;  Tautre  contient  un  emblème  représentant  une  main  tenant 
un  fer  et  entamant  une  des  montagnes  (des  Alpes)  pour  la  diviser;  la  devise 
porte  :  JEque  dificulter  (sic). 

Cet  exemplaire  était  resté  inconnu  à  M.  Le  Roux  de  Lincy. 

93.  Florilegium  diversorum  epigrammatiim  veterum ,  in  septem 
libros  divisuin,  magno  epigrammatù  numéro  et  duobus  in- 
dicibus  auctù  (en  grec),  ^nno  1 566  excudebai  Heruicus  Ste- 
phanus,  illustris  viri Huldrichi  tjpographus.  Gr.in-4f  de  3  fF. 
non  cliifT.  (dont  le  dernier  blanc),  SSg  pp.  et  17  (T.  non 
chiff.;  mar.  rouge,  fil..  Ir.  dor.  (Derome), 

Belle  édition  dont  le  texte  a  été  entièrement  revu.  Ëxemplaii'e  r^lé,  en 
parfaite  condition.  Haut.  :  263  milLim. 

94.  (HOMERI Opéra,  graece.)  Florentiœ^sumptibusBern.  et  Nei'ii 
Ner/ioruniy  i488.  2  pari,  en  i  vol.  in-foL;  mar.  La  Vallière, 
riches  com  par  t.,  tr.  dor.  {jDuru). 

Première  édition  d'Homère,  fort  rare.  La  partie  littéraire  a  été  soignée 
par  l'Athénien  Déniétrius  Ghalcondyle,  et  M.  Didot  a  le  premier  démontré, 
dans  son  Aide  Manuce  (pp.  3844),  que  l'exécution  de  ce  beau  monument 
typographique  est  due  à  Démétrius  le  Cretois. 

Magnifique  exemplaire,  d'une  grande  pureté.  La  reliure,  dans  le  genre 
Grolier,  est  remarquable. 

95.  (HOMERlOpera.)Ilias,  Vlyssea,Batracliomyomachia.  Ihrmni 
XXVII  (cum  Vila  Homeri).  (f^enetiisy  in  œdibus  Aldi,  i5o4). 
3  vol.  pel.  in-8;  ais  de  bois  recouverts  de  veau  noir,  com* 
pari,  en  or;  éluis. 

Première  édition  aldine. 

Voici  les  curieux  détails  que  M.  Didot  a  donnés,  dans  son  Aide  Manuce 
(p.  266),  au  sujet  de  ce  beau  et  précieux  exemplaire  : 

a  Par  un  heureux  hasard,  j'ai  pu  enrichir  ma  bibliothèque  de  l'exem- 
pt plaire  grand  papier  qui  a  appartenu  à  FRANÇOIS  I«r.  Malheureusement, 
«  ces  deux  volumes,  tout  en  étant  parfaitement  conservés  dans  leur  reliure 
«  ancienne  et  originale,  ont  été,  sauf  un  des  plats  du  volume  de  l'Odyssée, 
«  presque  entièrement  dépouillés  de  la  peau  supérieure.  Mais  on  y  voyait, 
«  parfaitement  tracé  sur  le  bois,  le  dessin  des  fers  qui  en  faisaient  l'orne- 


POETES  GRECS.  65 

c  ment  et  qui  y  étaient  profondément  incrustés.  Il  a  donc  été  facile  de 

«  reconstituer  la  reliure  pour  l'Iliade  et  pour  ce  qui  n'était  pas  conservé  dans 
c  la  reliure  de  TOdyssée,  en  faisant  graver  les  fers  parfaitement  identiques  et 
«  les  appliquant  aux  creux  marqués  dans  les  ais  du  bois.  Ce  qui  restait 
a  intact  de  la  reliure  primitive  du  volume  de  TOdyssée  a  été  précieusement 
«  conservé  et  constate  Tauthenticité  de  ce  superbe  exemplaire  qui  avait  appar- 
«  tenu  à  la  bibliothèque  de  Golbert  {Bibliothecœ  Colbertinœ),  AlaBiblio- 
«  tbèque  de  France  [nationale],  il  existe  plusieurs  volumes  de  la  collection 
«  des  Aide ,  revêtus  de  la  même  reliure  de  François  I®'.  9 

M.  Didot  a  confié  c^e  travail  de  reconstitution  à  M.  Hagué,  qui  y  fit  preuve 
d'une  grande  habileté.  Au  milieu  de  compartiments  à  la  Grolier,  figurent  les 
arme^  de  France,  la  Salamandre  de  François  I^i",  et  les  initiales  F  couron-^ 
nées. 

Les  deux  volumes  étaient  renfermés  dans  des  étuis  en  mauvais  état  \ 
M.  Smeers  les  a  refaits,  en  conservant  tous  les  vieux  morceaux. 

96.  ANACREONTIS  Teij  odœ.  Ab  Henrico  Stéphane  luce  et  La- 
linitate  nijncpriiTiuiii  donatse.  Lutetiœ^apud  Henricum  Ste- 
phahum ,  1 554 .  In-4  ;  niar.  rouge,  fil.  à  fr. ,  ir.  dor.  [Lortic). 

Première  édition ,  aussi  belle  que  rare,  donnée  par  Henri  Estienne  sur  un 
manusqj'it  qu'il  prétendit  avoir  découvert  dans  ses  voyages.  L'interprétation 
en  vers  latins  et  les  observations  sont  également  dues  à  cet  habile  helléniste. 
Voir  la  iVbtice  sur  Anacréon^  par  M.  Didot  (  pp.  34  et  suiv.)  sur  les  particula- 
rités de  cette  précieuse  édition.  Elle  doit  avoir  été  imprimée  chez  Charles 
Estienne. 

Très-bel  exemplaire,  portant  d'importantes  notes  manuscrites  en  grec  et 
en  latin. 

97.  ANACREONTIS  et  aliorutnLyricorum  aliquotpoëtarumÛdae. 
In  easdem  Henr.  Stephani  Observa liones.  Eaedem  lalinae. /^û5- 
risiiSj  MDLVI  {i 556) japudGuiL  Moreliiim...  H  Bob.  Stepha- 
num.  In-8.  —  Anacreonlis  Teii  antiquissimi  poêtae  Lyrici 
Odae,  ab  Helia  Andréa  lalinae  faclae,  etc.  Luletiœ^  apud  Rob. 
Steplianum  et  Guil.  Morelium^  i556.  In-8.  — Les  Odes  d'A- 
nacréônTeien,  traduites  de  grec  en  François,  par  Reini  Bel- 
leau  de  Nogent  en  Perche,  ensemble  quelques  petites  hymnes 
de  son  invention.  PariSy  André  fVechely  i556.  In-8.  — 
La  Tragédie  d'Euripide,  nommée  Hecuba,  traduicte  de  grec 
en  rhythme  francoise  (par  Laz.  de  Baïf  ),  dédiée  au  Roy. 
A  Paris  y  de  l'impr.'de  Rob.  Estienne.  i55o,  Pet.  in-8.  — 
Rel.  en  i  vol.;  mar.  bleu,  tr.  dor.  {Derome). 

Exemplaire  de  LONGEPIERRE,  d'une  conservation  par  faite,  avec  la  Toison 
d'or.  La  traduction  de  R.  Belleau  est  dédiée  à  Ghretophle  (sic)  de  Ghoiseul, 
abbé  de  Mureaux,  et  le  volume  commence,  après  Tépitre  dédicatoire,  par 
une  Élégie  de  Ronsard  adressée  à  cet  abbé. 

98.  (PINDARI  Olympia,  Pythia,  Nemea,  Isthmia,  graece,  cum 

6 


«6  BELLES-LETTRES. 

scholîis  graecis.)  Impressi  Romœ  y  per  Zachariam  Calliergi 
cretensem...  (i3  Aug.  i5i5).  Pet.  in-4;  mar.  rouge,  fil., 
orn.  sur  les  plats,  tr.  dor.  (Lortic). 

Deuxième  édition,  rpura,  recherchjée  et  préférable  à  la  première  domiée 
par  les  Aide  en  1513.  Magnifique  exemplaire. 

99.  THÉOCRITE.  Les  Idylles  de  Théocrite,  traduites  de  Grec  en 
vers'/rançois  (par  de  Longepierre).  Avec  des  remarques. 
Paris,  P.  Aubouin  et  P.  Emery^  i688.  In-ia,  front,  gr.; 
mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  (Du  Seuil). 

Exemplaire  de  Sainte-Beuve. 

100.  (APOLLONIUS  Rhodius.  Argonauticon  libri  IV,  graece, 
cum  scholiis  graecis.  Florentiœ  [Laurentius  Franciscus  de 
Alopd\,  1496.)  Iii-4;  nisir.  rouge,  tr.  dor.  {reL  angl.). 

Edition  pnncéps,  imprimée  en  lettres  capitales  grecques.  Très-bel  exem- 
plaire. 

101.  APOLLONII  rhodij  Argonautica,  antiquis  unà,^t  optimis 
cum  commentarijs  (en  grec).  (A  la  fin  \)  FenetiiSyinœdibus 
Aldi  et  Andreœ  soceri,  mense  aprili.  M.D.XXI  (iSai) .  In-8; 

'  mar.  brun,  comp.  en  or,  ir.  dor:  [anc.  reL  itaL). 

Édition  rare,  ^el  exemplaire  de.Ballesdens  dont  il  porte  la  signature  sur 
le  titre.  H.  :  164  mill.  De  la  bibl.  Yemeniz. 

102.  BION  et  MpSCHUS.  Les  Idylles...  traduites  de  grec  en  vers 
François  (par  de  Longepierre).  Avec  des  remarques.  Paris,  P. 
Aubouifiy  etc.,  1686.  —  Idylles  (par  de  Longepierre).  PariSy 
P.  AubouUi,  etc.,  1686.  —  a  part,  en   i  vol.  in-8;  mar. 

•   rouge,  doublé  de  mar.  vert,  dent,  int.,  tir.  dor.  {Bojret). 

m 

Exemplaire  de  LONGEPIERRE,  avec  la  Toison  d*or.  Les  reliures  doublées 
provenant  de  la  collection  de  ce  bibliophile  sont  très-rares,  et  il  y  en* a  fort  peu 
qui  puissent  égaler  celle-ci  comme  travail  et  comme  conservation.  De  la  cd- 
lection  de  M.  le  baron  Pichon.  On  y  a  igouté  le  portrait  de  Longepierre  gravé 
par  Gh.  Dupuis  d'après  de  Troy. 

103.  MUS/Ël  Opusculum  de  Herone  et  Leandro,  quod  et  in  lati- 
namlinguamad  verbum  tralatum  est  (gr.  etlat.).  (A  la  fin  de 
ta  partie  grecque,  on  lit,  en  grec  :)  Imprimé  à  Fenise  aux  frais 
et  par  la  dextérité  d'Aide  le  philhellène  et  le  Romain.  S.  d. 
(v.  i494)-  Pet.  in-49  de  2a  fT.,  fig.  s.  b.;  mar.  rouge,  fil.,  tr. 
dor.  {Bedford). 

Livre  d*une  grande  rareté.  G*est  le  premier  qui  soit  sorti  des  presses  d'Ai- 
de Manuce,  dont  une  préface  en  grec  figure  en  tète.  La  traduction  latine  par 


POÈTES   LATINS.  67 

M.  Musurus  occupe  les  onze  derniers  ff.  Deux  ^andes  figures  sur  boia,  gros- 
sièrement exécutées,  représentent  le  voyage  périlleux  de  Léandre  et  sa  mé- 
saventure. 

Très-bel  exemplaire,  avec  quelques  légers  race. 

103  bis.  MUSÉE.  Les  Amours  deLeandre  et  de  Héro  :  Poème  de 
Musée  le- Grammairien;  traduit  du  grec  en  François  (par  de  la 
Porte  du  Theil),  avec  le  texte.  Paris^  Nyon^  1.784  {imprimé 
chez  Didot  aîné).  In-12,  de  ix-45  pp.,  avec  une  fig.  d'après 
Cochin;  mar.  vert.,tr.  dor.  [Derome): 

Petit  bijou  d'impression.  Exempl.  prov.  du  cabinet  du  marquis  de  Goislin. 

104.  V.IRGILIUS.  bucolica.  S.  L  n.  d.  In-fol.,  de  16  flF.  ;  mar.  l^ 
Vallière,  fil.  à  froid,  ornem.  dor.  sur  les  plats,  Ir.  dor.  (Dura). 

(K  Édition  de  la  plus  grande  rareté,  dit  M.  Brunet,  et  qui  a  été  longtemps 
«  inconnue  à  tous  les  bibliographes.  Les  caractères  demi-gothiques  ont  quel- 
<  que  rapport  avec  ceux  dont  Eggesteyn  a  fait  usage  à  Strasbourg,  dans  les 
«  premiers  temps  de  son  établissement  (1468).  »  Le  jtfanue/n'en  cite  qu*une 
seule  adjudication  :  celle  de  la  vente  d'Ourches ,  303  fr. 

Superbe  exemplaire,  presque  à  toutes  marges.  Légers  race,  au  f.  16. 

105.  VIRGILIUS.  (Publii  Virgilii  Maronis  Opéra.  Lovaniiy  Joan. 
«  de  fFestfalitty  1475-1476).  3  part,  en  i  vol.  in-fol.;  mar.  La 

Vallière,  riches  compart.,  tr.  àov.{Lortic). 

Édition  fort  rare.  Très-bel  exemplaire ,  grand  de  marges.  Il  est  couvert 
de  notes  manuscrites. 

106.  VIRGILII  (P.)  Maronîsopus  eximium,  Per  Paulum  Malleo- 
lum  Andelocen  iterata  diligentia  plané  recognilum.  (A  la  fin  :) 
P.  V.  Maronis  opus  per  Magislru  Ulricà  gering  et  MagistrCi 
Bertoldù  rejrmbolt  socios  Parisiis  in  vico  sorbonico  y  torsis- 
wne.Impressu  :  fine  habuit  pridie  id  sepiebris  Aruio  Christi 
M.  CCCC.  XCIIII  (i494)-  ln-4,  lettres  rondes;  mar.  vert, 
riches  comp.,  tr.  dor.  (Lortic). 

L'une  des  plus  rares  impressions  parisiennes.  Bel  exemplaire. 

1.07.  VERGILIUS  {sic).  (A  la  fih  :  J  Venetiis,  ex  aedihi^s  Mdi  Ro- 
mani mense  yéprili.  M.  Dl  (i5oi).  In-8;  mar.  bleu,  |il., 
compart.,  doublé  de  tabis,  tr.  dor.  {Bozérian  jeune). 

C'est  dans  ce  "Virgile  qu'Aide  employa  pour  la  première  fois  le  caractère 
dit  italique  ou  aldino,  gravé  par  François  de  Bologne ,  et  dont  le  modèle  lui 
fut  donné  par  l'écriture  de  Pétrarque.  C'est  aussi  le  premier  livre  publié 
dans  le  format  in-8,  et  cette  initiative  d'Aide  eut  une  influence  bienfaisante 
pour  la  propagation  des  lettres.  On  peut  lire,  dans  l'ouvrage  de  M.  Didot  sur 


68  BELLES  LETTRES. 

Aide  Manuce  (pp.  155-166),  on  chapitre  intéressant  et  nouveau  sur  toutes  les 
questions  qui  se  rattachent  à  cette  édition  de  Virgile. 

Fort  rare.  Superbe  exemplaire,  réglé,  à  grandes  marges  (H.  :  167  mill.). 

107  bis.  VIRGILII  (P.  V.  M.)  Opéra  quae  quidem  extant  omnia  ; 
ciim  verisin  Bucolica,  Georgica  et  /£neida  commentariis  Tib. 
Donati  et  Servit  Honorati  summa  cura  ac  fide  a  Georgio 
Fabricio  Chemnicensê  emendatis,  etc.  Basileœ^  ex  off.  Hen- 
ricpetrina^  1576.  In-fol.;  mar.  brun,  fiL  {anc.  reL). 

Superbe  exemplaire ,  aux  premières  armes  de  J.-A.  de  Tuou.  Qn  trouve 
à  la  suite  :  Priapea,  $we  diversonun  Poetarumin  Priapum  lusus, 

108.  VIRGILE.  Les  OEvvresdeP.  Virgile  Maro, traduites 

de  lalin  en  François,  les  Bucoliques  et  Georgiques  pal*-  R.  le 
Blanc  :  les  douze  liures  de  TEneide  par  Loys  des  Masures  : 
avec  un  trezième  liure,  adiousté  par  Mapheus.  Roçen, 
Rap/iael  dv  Petit  Val  y  i6o8.  In-ia;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor. 
(  TraïUzrBauzonnet) . 

Édition  peu  commune  et  la  plus  complète  de  cette  traduction.  Bel  exem- 
plaire. 

109.  VIRGJLO  degvisat  o  TEneido  bvrlesco,  del  S'  de  Vales,  de 
Mountech.  jé  TovloKfso^  de  l'imprimario  de  Fronces  Boçde^ 
1648.  In-4,  de  3  ff.  lim.,  58  pp.  et  i  f.  bl.  pour  le  premier 
livre,  74  pp.  pour  le  deuxième,  68  pp.  pour  le  troisième  et 
75  pp.  pour  le  quatrième;  tnar.  olive,  fil,  dent.  int.  tr. 
dor.  (JLortic). 

Volume  de  toute  rareté.  Les  auteurs  de  la  Biogra'phxe  toulousaine,  dit  le 
Manuel^  ne  connaissaient  que  l'exemplaire  qui  appartenait  en  1823  à  M.  Be- 
l^illet  et  qui,  ainsi  que  celui  de  la  Bibliothèque  nationale ,  ne  contient  que 
les  trois  premiers  livres.  Très-bel  exemplaire. 

110.  HORATIUS.  (À  la  fin  :)  renetiis  apç^d  Aldx^m  Romon^m 
même  maio.  M.  DL  (i5oi).  In-8;  mar.  violet  foncé,  fil.  à 
compart.,  tr.  dor.  {Lavis). 

Première  édition  aldine,  précieuse  et  presque  aussi  rare  que  celle  de 
Virgile  sous  la  même  date.  Magnifique  exemplaire ,  très-grand  de  marges 
(H.  :  162  millim.). 

llO é/>.  HORATII  (Q.) Flacci  poemata,  in  quibus  multa  correcta 
sunt...  (A  la  fin  :)  f^enetiis  api^d ^Idvm  Romanvm  mense  mcu'- 
tio.  M.  D.  IX.  (iSog).  ln-8;  mar.  cilron,  riches  compart. 
à  la  Grolier,  tr.  dor.  (Trautz-Bauzonnet). 

Seconde  édition  aldine ,  plus  correcte  que  la  première  et  aussi  rare.  Ma- 
gnifique exemplaire,  très-grand  de  marges  (H.  :  163  m.  et  1/2). 


POETES  LATINS.  69 

m.  H0RAT1I(Q.)  Flacci  Poemata  omnia.  Ratio  mensum,  etc. 
ParisiïSjCX  off.  Rob.  Stéphanie  i544«  ln-8;  veau,  compart. 
en  mosaïque^  tr.  dor.  et  cis.  (reliure  du  XVI*  siècle). 

Magniflque  exemplaire,  régulé,  couvert  d'une  riche  reliure  portant  sur  les 
plats  les  initiales  6.  T.  Les  couleurs  en  ont  été  ravivées. 

H 2.  HORATII  (Q.)  Flacci  Opéra.  Londini^  œneis  fabuUs  incidit 
lohannes  Pine,  1733-37.  a  vol.  gr.  in-8;  mar.  rouge,  fil.,  tr. 
dor.  {Derome). 

Très-bel  exemplaire  de  premier  tirage. 

113.  HORACE.  Les  Poésies  d'Horace  trad.  en  François  (par  Bat- 
leux).  Parisy  Desaintet  Saillant ^  1750.  3  vol.  in-i3;  mar. 
rouge,  fil.,  dos  orné,  tr.  dor.  [Derome). 

^     Charmant  exemplaire,  couvert  d'une  reliure  très-fralche,  aux  armes  de 
la  marquise  de  POMPADOUR.    • 

114.  OVIDII  Opéra.  Veneliis,  in  cedibiis  Aldi ^  i5o2  i5o3.  3  vol. 
in-8;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  et  cis. 

La  description  de  ces  trois  volumes  donnée  au  Manuel  laisse  à  désirer.  Le 
t.  \^^  se  compose  de  deux  parties ,  dont  la  première  est  datée  d'oc^o6re  et  la 
seconde  du  14 novembre  1502.  Le  t.  III  (portant  au  dos  t.  II  dans  le  présent 
ex.  )  est  aussi  divisé  en  deux  parties  :  la  première  porte  la  date  de  janvier 
1502  (1503  nouv.  style),  et  la  seconde,  celle  de  février  1503  (1504  n.  st.). 

M.  Brunet  constate  que  cette  édition  est  très-difûcile  à  trouver  complète. 
Le  premier  volume  du  présent  exemplaire  porte  au  bas  du  second  feuillet  recto 
ces  armes  peintes  :  dor  à  une  fasce  de  gueules,  acœmpagnée  de  trois  quinte feuH' 
les,  2  et  1.  Aux  côtés^de  récusson ,  les  initiales  :  N.  D.  Les  mômes  armoiries 
sont  répétées  au  second  f.  du  t.  III,  et  la  page  est  entourée  d'un  joli  encadre- 
ment en  or  et  en  couleurs.  Ces  deux  volumes  sont  réglés  et  ornés  de  belles 
initiales  enluminées.  Le  t.  II,  qui  n'avait  pas  appartenu  au  môme  proprié- 
taire que  les  précédents,  est  un  peu  plus  court.  L'exemplaire  est  beau,  mal- 
gré qq.  race,  à  la  fin  du  t.  I^i". 

US.  OVIDII  (P.)  Nasonis  Métamorphoses.  [Loifanii,  Joh.  de 
fVeslphaliaj  circa  i[\^^.)  In-fol.,  goth.;  mar.  vert,  fil.  à 
fir.,  tr.  dor.  (Capi). 

Édition  fort  rare,  dont  le  Manuel  ne  cite  aucune  adjudication.  Magnifique 
exemplaire.  > 

116  OVIDE.  Les  .XXI.  Epi=]]stres  doaide  j]  Translatées  de  latin 
en  françoys  par  reuerend  père  ||en  dieu  monseigneur  leuesque 
dangoulesme  (Oclavien  cle  Saint-Gelais).  (A  la  fin  :  )  Ce  pré- 
sent liure  des  epislres  ouide  a  este  imprime  a  Paris  par  Pierre 


\ 


70  BELLES-LETTRES. 

le  caron  demourant  en  la  rue  de  la  iuifrie  a  lenseigne  de  la 
rose  ou  aupalays  a  la  première  porte  {au-dessous,  la  marque 
de  P.  Le  Caron).  Pet.  in-4>  goth.,  de  129  ff.  n.  chîir., 
sign.  a-x,  36 lignes  par  page,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  dent, 
inlér.,  tr.  dor.  {TrautZrBauzonnet). 

Cette  édition,  d*une  rareté  insigne ,  n*est  pas  indiquée  par  M.  Brunet , 
mais  il  en  signale  une  de  Vérard,  imprimée  vers  1502  et  portant  le  même  nom- 
bre de  feuillets  et  de  lignes  à  la  page.  Gomme  on  sait  que  Pierre  Le  GarOn  a 
beaucoup  imprimé  pour  Vérard,  il  faut  croire  que  cette  édition  n'est  autre 
que  la  sienne,  avec  le  colophon  modifié.  Les  petits  caractères  employés  dans 
ce  volume  sont  en  effet  les  mêmes  que  ceux  de  certains  ouvrages  publiés  par 
Vérard. 

Très-bel  exemplaire,  bien  conservé. 

117.  OVIDE.  Les  .xxi.  epistres  de  Ouide  translatées  de  la||lin  en 
francoys  par  reuerend  père  en  dieu  monseigneur  leljuesque 
dangoulesme  (Octavien  de  Saint-Gelais).  S.  /.  n.  d.  In-49 
golh.,  de  i4o  ff.  n.  ch.,  sign.  a-q  par  8  ,  r-s  par  6,  à  Sa  li- 
gnes par  page,  fig.  sur  bois;  mar.  rouge,  compart.  en  or  et 
à  froid,  ni.,  tr.  dor.  (Lortic). 

Édition  non  indiquée  au  Manuel.  Magnifique  exemplaire ,  avec  témoins, 
dans  une  riche  reliure. 

118.  OVIDE.  Ouide  duremede||  damours.  Translate nouuellemêt 
de  I  latin  en  francoys  auec  lexpo||sition  des  fables  cosonan- 
tes|  au  texte  Imprime  a  Paris.  ||Cum  puillegio.  (A  la  fin  :)... 
imprime  a  paris  le  qualriesme  iour  defeurier  Lan  mil  cinq  cens 
et  neufi^  iSog)  Pour  antkoine  vérard (^suit  la  mention  d'un 
privilège  de  dix  ans).  Pet.  in-fol.,  goth.,  à  longues  lignes; 
mar.  bleu,  comp.  à  larges  dent.,  tr.  dor. 

Seule  édition  connue  et  rarissime  de  cette  traduction  anonyme  en  vers. 
Très-bel  exemplaire ,  coUationné  complet  et  signé  par  De  Bure  Taîné  (1833). 
Raccommodage  au  dernier  f. 

119.  STATU  Sylvarum  libri  quinque  ;  Thebaidos  libri  duodecim  ; 
Achilleidos  duo.  Fenetiis^  in  œdibus  Aldi^  i5o2.  In-8;  mar.  ^ 
rouge,  fil.,  tr.  dor.  {anc.  reL). 

Première  et  rare  édition  aldine.  Exemplaire  portant  sur  les  plats  de  la  re- 
liure,' d*un  côté  :  M.  ïjaurini  et  amicorum,  de  Tautre,  sa  devise  :  Virtux  ar- 
dtio.  Les  livres  à  la  reliure  de  MARC  LAURINUS  (Marc  Lauwereyns,  de 
Bruges),  célèbre  bibliophile  du  XYI'  siècle,  sont  de  toute  rareté. 

Exemplaire  parfaitement  conservé,  provenant  des  bibl.  Borluut  et  Solar. 

120.  MARTIAUS.  M.  Val.  MartialisEpigrammata  cum  notisTh. 


POETES  LATINS.  7! 

Farnabii.  Amsierdamiy  apud  L  Blaeu,  i644*  ïn-ia;  veau 
fauve, fil.  (ahc.  reL). 

Exemplaire  de  De  Bure  Fatné  svec  cette  note  de  sa  main  :  «  La  signature 
«  qui  se  trouve  sur  le  frontispice  est  celle  du  fameux  JEAN  RACINE ,  au- 
ce  quel  cet  exemplaire  a  appartenu.  » 

121.  CLAUDIANI  (Cl.)  quae  exstant  Nie.  Heinsius  Dai\.  f.  recen- 
suit  ac  notas  addidit.  Lugduni  Batavoruniy  ex  officiha  c/zm- 
riana,  i65o.  In-12;  veau  rac.,  fil.  {anc.  reL). 

Édition  préférée  pour  la  collection.  L'exemplaire  a  134  mill.,  mais  il  est 
un  peu  taché  d*eau.  Ce  qui  lui  donne  un  mérite  particulier,  c'est  qu'il  porte 
au  bas  du  titre  la  signature  de  JEAN  RACINE,  à  qui  il  a  appartenu. 

122.  HYGINUS.  C.  JuliiHygini  Augusti  libertifabularum  liber... 
Ejusdem  Poeticon  astronomicon .  Basil eœ  y  apudl.  Hérita- 
giuniy  i535.  Pet.  in-fol. ;  mar.  br.,  comp.,  tr.  dor.  {réf. 
du  XFI^  s.). 

Première  édition  des  Fables  attribuées  au  grammairien  Hyginus.  Admi- 
rable reliure  faite  pour  D.  CANEVAHI,  médecin  du  pape  Urbain  YII,  avec 
le  médaillon  en  or  et  couleurs  représentant  le  char  du  Soleil.  Ce  volume 
provient  des  ventes  Libri,  1851,  Solar,  et  en  dernier  lieu  de  la  3*  vente  Te- 
cheher  où  il  a  été  payé  1850  fr.  sans  les  frais. 

123.  (Poelae  christiani.)  Prudentii  poetae  Opéra  (gr.  et  lat.^. 
FenetiiSj  apud  Aldum^  i5oi .  !2  tom.  en  i  vol.  in-4«  —  Sedulii 
Mirabilium  diuinorû  libri  quatuor,  etc.  VenetiiSy  apud  Al- 
durriy  i5oi.  2  part,  en  i  vol.  in-4«  —  Gregorii  Nazianzeni 
Opusculum  9  etc.  Fenetiis,  ex  Aldi  Academiaj  i5o4.  In-4. 
' —  Nonnus.  Paraphrasis  Evangelii  secundum  Johannem. 
Ibid.^  sanà  date.  In-4.  —  Ensemble  4  vol.  ;  mar.  rouge ,  fil., 
comp.  en  mosaïque,  ancre  aldine  sur  les  plats,  tr.  dor.  et 
cis.  (Lortic).    - 

Collection  très-précieuse ,  sur  laquelle  le  Manuel  donne  d'amples  détails, 
et  qu'on  trouve  difficilement  complète. 

Magnifique  exemplaire,  d'une  grande  pureté,  couvert  d'une  riche  reliure. 


124.  SANMAZARII  (Jacobi)  Opéra  omnia  latine  scripta,  nuper 
édita .  (  A  la  fin  :  )  Fenetiis ,  in  sedibus  hœredum  Aldi  Ma- 
nutii^  i535.  In-8;  mar.  brun ,  riches  con^part.,  tr.  dor. 

Exemplaire  de  GHOLIER,  portant  son  nom  et  sa  devise  sur  la  couverture. 
Toutes  les  initiales  dans  le  texte  sont  peintes  en  or.  Sur  le  titre ,  la  signa- 
ture de  Ballesdens,  La  reliure,  d'une  exquise  élégance,  est  en  parfait  état  de 
conservation.  De  la  collection  Double. 


72  BELLES-LETTRES. 

3.  Poëtes  français. 
A.  Depuis  Guillaume  de  îaorris  jusqu'à  Villon. 

125.  ROMAN  DE  LA  ROSE.  Le  Rommant  De  la  Rose  (corn- 
'    mencé  par  Guill.  de  Lorris  et  terminé  par  Jean  de  Meung). 

'  (A  la  fin  :) 

C'est  la  fin  do  rAmant  de  la  ruse 
Ou  tout  lart  damours  est  enclose. 

S.  L  n.  d.  In-fol.,  goth.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  cornp., 
doublé  de  mar.  bleu,  riche  dent,  inl.,  tr.  dor.  {Trautz-Bau- 
zonnet). 

Première  édition  connue  de  ce  roman  célèbre ,  imprimée  avec  les  cé^ 
ractères  dont  s*est  servi  à  Lyon  Guillaume  Le  Roy  en  i485  pour  le  Doctrinal 
de  scepience. 

Superbe  exemplaire,  avec  nombreux  témoins  et  couvert  d*une  ricbe 
reliure.  Le  premier  feuillet,  qui  ne  contient  qu'une  ligne  de  titre,  avait 
perdu  un  grand  morceau  dans  la  partie  blanche ,  et  a  été  remargé ,  mais 
niai  :  on  y  a  joint  un  feuillet  complet,  habilement  refait.  Le  feuillet  ori- 
ginal porte  la  signature  de  Hugues  de  Salins,  docteur  médecin  à  Beaune, 
antiquaire  du  XVII«  siècle,  très-connu.  Exemplaire  de  Clinchamp,  mais  qui 
n*est  pas  le  même  que  celui  qui  a  passé  chez  Salar,  Double,  etc. 

126.  ROMAN  DE  Ld  ROSE.  Cy  comméce  le  romât  de  la  rose|| 
Ou  tout  lart  damours  est  enclose.  (A  la  fin  :  ) 

Cest  fin  do  romant  de  la  rose 
On  tout  lart  damours  est  enclose. 

S.  l.  n.  d.  Pet.  in-fol.,  goth.,  de  179  ff.  (et  non  177)  non 

ch.,  à  2  col.,  de  34  lignes,  sign.  a*-z*,  fig.  s.  bois;  mâr.  la 
Vallière,  milieu  en  mosaïque,  tr.  dor.  {Cape). 

Magnifique  exemplaire  d'une  é^tion  de  toute  rareté ,  dont  le  Manuel  ne 
cite  aucune  a4judication. 

127.  ROMAN  DE  LA  ROSE.  Le  rommant  delà  Rose jj iinprime  a 
Paris  (au-dessous,  la  marque  de  Vérard).  S.  d.  (vers  1496).' 
Pet.  in-fol.,  goth.,  de  i5o  fT.,  à  a  col.  de  4i  Hgn.;  mar. 
rouge,  doublé  de  mar.  bleu ,  avec  gardes  de  drap  d*or,  com- 
part.  à  filets  et  feuillages  intérieurs  et  extérieurs,  avec  Técu 
de  France  sur  les  plats,  tr.  dor.  et  icis.;  étui  de  mar.  bl. 
{Lortic) . 

Magnifique  exemplaire  de  la  seconde  édition  de  Vérard ,  sur  vélin,  con- 
tenant UNE  GRANDE   ET  QUATRE-VINGT-CINQ  PETITES  MINIATURES   d*Une    exé- 

cution  très-fine  et  d*une  fraîcheur  ravissante.  Il  paraît  être  le  même  que 


POETES  FRANÇAIS.  73 

celui  cité  dans  le  Manuel  comme  ayant  les  deux  premiers  ff .  faits  à  la  plume  : 
ils  ont  été  admirablement  refaits  par  M.  Pilinski.  D'ailleurs  on  ne  connaît  de 
cette  édition  que  deux  autres  exemplaires  sur  vélin,  conservés  à  la  Biblio- 
thèque nationale. 


128.  ROMAN  DE  LA  ROSE.  Le  romant  de  la  rose.  ||  Codicille  f 
testament  de  ||  maistre  lebâ  de  Meun.  \\Nouuel/eme/U  Im- 
prme  (sic)  a  Paris  {par  Jean  Du  Pré  pour  Antoine  Férard). 
2  tom.  en  i  vol.  in-4,  goth.,  à  2  col.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge, 
fil.,  Ir.  dor.  (ànc.  reL). 

La  seconde  partie  a  pour  titre  :  Le  CodidUe  jc  testament  de  maistre  lehà 
de  meun,  Auecques  lepitaphe  Du  /eu  roy  Charles  septiesme  qui  trespassa  a 
Meun,  Dans  le  Manuel,  on  lit  pour  ces  deux  derniers  mots  :  audit  Meun. 
C'est  donc  un  nouveau  tirage. 

Très-bel  exemplaire,  un  peu  taché.  Notes  manuscrites.  ^ 

129.  ROMAN  DE  LA  ROSE.  Le  pommant  de  la  rose  nou|]iielle- 
ment  Imprime  a  Paris  ||  pour  Guillaume  eustace.  (A  la  fin  :) 
Imprime  nouuellement  a  Paris  par  ||  Nicolas  des  prez  Impri- 
meur demou\rant  en  la  rue  sainct  estienne  a  lenseigne  ||  du  mi- 
rouer.  S.  d.  In-fol.,  golh.,  à  2  col.,  de  \t\i  ff.  dont  i  bl., 
sîgn.  a-z,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  riches  comparr.  à  froid, 
tr.  dor.  [Hardy). 

Édition  de  la  fin  du  XY»  ou  du  comm.  du  XVI»  siècle,  et  probablement 
la  même  que  celle  décrite  au  Manuel  dont  il  y  a  des  exemplaires  au  nom 
de  Jehan  Petit  ou  de  Jehan  Ponce.  Très-bel  exemplaire ,  sauf  une  légère  pi- 
qûre vers  la  fin.  Le  premier  f.  semble  refait. 


de  la  rose 


aul- 


130.  ROMAN  DE  LA  ROSE.  Sensuyt  le  romât 

tremêt  dit  le  soge  vergier||*  Nouuellement  Iniprime  a  Paris. 
(A  la  fin  :  )  Cyfinist  le  Romant  de  la  rose  Nouuellement  im- 
prime  a  Paris  par  Jehan  ihannot.  S.  d.  (entre  i52o  et  i522). 
In-4>  goll^M  à  2  col.  de  [\\  Hgn,;  mar.  rouge,  orn.  sur  les 
pi.,  tr.  dor.  {TrautZ'Baufonnet). 

Cette  édition  diffère  de  celle  décrite  dans  le  Manuel  en  ce  que  le  chiffre 
XXIX  ne  figure  pas  sur  le  titre.  Très-bel  exemplaire ,  sauf  qq.  ff.  courts  en 
tête. 

\Z\.  ROMAN  DE  LA.  ROSE. 

Cy  est  le  RomSt  de  la  roze... 

On  les  vend  a  Paris  en  la  rue  Sainct  lacques  en  la  bouticque 
de  lehan  Petit...  (au  verso  du  premier  f.,  privilège  accordé 
à  Galiot  du  Pré  en  date  du  19  avril  1626).  In-fol.,  goth.,  à  2 
col.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  {anc.  reL). 


74  BELLES-LETTRES. 

Très-bel  exemplaire,  provenant  de  la  riche  collection  du  bibliophile, 
généalogiste  et  protecteur  des  lettres  fort  connu ,  Charles  de  Baschi,  mar-  « 
quis  d'Auhaïs  (mort  en  1777),  dont  il  porte  les  armes  sur  les  plats  et 
Tex-libris  à  Tintérieur  de  la  reliure.  Sur  le  titre ,  se  trouve  manuscrite  la 
note  suivante  :  Dmo  dédit  D.  Lud.  Daniel  de  Moncaîm  de  Gozan,  de  Can» 
.  diac,  etc.,  armo  MDCCVIII  (1708)  die  XXIV  Januaru;  et  sur  l'avant-demier 
f.,  nous  relevons  ce  curieux  renseignement  :  CoTuet  me  acheta  le  ZF*  de 
mars  1553,  viij  sols  tout  blanc.  Quelques  autres  notes  manuscrites  sur  les 
marges. 

132.  ROMAN  DE  LA  ROSE. 

Cy  est  le  Rommant  de  la  Roze... 

On  les  vend  a  Paris  en  la  rue  sainct  laques  en  la  boutique  de 
lehan  Petit,  i53i.  In-fol.,  goth.,  à  :x  col.,  fîg.  s.  bois;  mar. 
vert, riche  dent.,  tr.  dor.  {anc.  rel.). 

Même  édition  que  celle  de  Galliot  du  Pré  à  la  même  date.  Très-bel  exem- 
plaire ,  réglé ,  dans  son  ancienne  reliure  portant  sur  les  plats  Técusson  au 
chiffre  composé  des  lettres  R  et  double  G  entrelacées,  surmonté  de  la 
couronne  de  comte,  et  sur  le  titre,  la  signature  de  :  A.  Brodeau,  S^"  de  la 
Ghastière  ;  ce  poète  et  secrétaire  de  la  reine  d'Anne  de  Bretagne  a  aussi 
écrit  quelques  notes  en  marges.  Le  f.  de  garde  contient  une  note  signée  : 
G.  Mercier. 

133.  ROMAN  DE  LA  ROSE.  Le  rommant  \\  de  la  Rose  nouuellç- 
ment  reueu  ||  et  corrige  oullre  les  pre|jcedentes  Impressions. 
On  les  vend  a  Paris  au  Clou  Breunio  (pour  Clos  Bruneau  )  a 
lenseigne  de  la  corne  de  Serf  (^ïc)  pour  Guillaume  le  Bret^ 
i538.  In-8,  goth.,  de  7  ff.,  3o3  ff.  ch.  et  i  f.Jpour  la  mar- 
que, fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  fil.,  orn.  sur  les  plats  en  mosaï- 
que, tr.  dor'.  (Lortic). 

Superbe  exemplaire,  réglé,  très-grand  de  marges  et  couvert  d'une 
charmante  reliure. 

134.  ROMAN  DE  LA  ROSE.  Le  Rommant  de  la  Rose  noul|uelle- 
ment  Reueu  et  corrige  (par  Cl.  Marot)||  oullre  les  précé- 
dentes Il  Impressions.  On  les  vend  a  Paris  par  Galliot  du 
pre,  1629.  I  t.  en  2  vol.  pet.  in-8,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge, 
fil.,  tr.  dor.  {anc.  reL). 

Joli  exemplaire ,  bien  conservé ,  de  la  première  édition  en  lettres  ron- 
des ,  rare  et  recherchée.  Sur  les  plats  de  la  reliure ,  on  lit  :  Bibliothèque 
de  Houlbec.  A  Tintérieur,  se  trouve  un  ex-libris  armorié. 

De  la  bibl.  Ghedeau. 

435.  ROMAN  DE  LA  ROSE. 


POETES  FRANÇAIS.  75 

Cesl  le  roman  de  la  rose 
Moralise  cler  et  net 
Trâslate  de  rime  en  prose 
Par  Tostre  hïïble  molinet 

(A  la  fin  :  )...  Imprime  a  Lyon  Lan  Mil  cinq  cens  ^  trois 
par  maistre  Guillaume  balsarin....  autrement  corrigie  p 
(i5o3)  amende  quil  nestoit  par  denant  (sic)...  Gr.  in-4,  golh. , 
à  3  col.yfîg.  s.  bois;  veau  fauve,  fil.,  ir.  dor.  (o/zc.  reL^  à  la 
rose). 

D'après  cette  souscription,  il  semble  qu'il  existerait  une  édition  antérieure 
à  celle-ci  de  la  version  de  Molinet  ;  on  n'en  a  cependant  pas  vu  d'exemplaire. 
Gelui-ci,  grand  de  marges,  et  dans  un  état  de  conservation  rare,  porte  sur 
le  feuillet  de  garde  la  signature  de  De  Bure  l'aîné. 

136.  MEUNG  (Jean  de).  Le  Codicille  et  testament  ||  de  maistre 
lehâ  de  meun.  (A  la  fin  :)  Cy  fine  le  codicille  de  maistre 
leliande  meun.  In-4,  goth.,  de  3o  ff.,  à  longues  lignes,  Sy 
à  la  page,  sîgn.  a-z;  mar.  rouge,  fil.,  Ir.  dor.  (IViedree). 

Édition  rarissime,  non  citée  au  Manuel  et  qui  pourrait  bien  être  la 
première  de  cet  opuscule ,  car  elle  ne  contient  pas  Vépitaphe  du  feu  roy  Char- 
les septiesme,  qui  n'a  dû  être  sgoutée  que  plus  tard. 

Au-dessous  du  titre,  se  trouve  une  gravure  sur  bois  représentant  l'au- 
teur, qui  apparaît  aussi,  enseignant  à  un  jeune  élève ,  dans  une  autre  gra- 
vure ,  placée  au  verso  du  dernier  feuillet. 

Seul  exemplaire  connu ,  et  en'parfait  état,  sauf  le  dernier  f.  race. 

137.  MEUNG  (Jean  de).  Le  plaisant  leu  du  dbdechedrbn-  de 
Fortune,  non  moins  récréatif,  que  subtil  et  ingénieux.  Re- 
nouvelle et  changé  de  sa  première  édition.  ^4  Lyon,  par  lean 
Huguetanj  i58i.  In-8,  avec  deux  tableaux  qui  se  déploient; 
mar.  vert,  tr.  dor.  (Kœhler). 

Bel  exemplaire,  de  la  bibl.  Goste. 

138.  LA  FONTAINE.  La  Fontaine  des  amovrevx  de  science, 
Compilée  par  maistre  Jean  de  la  Fontaine  de  Valenciennes. 
Reueuê  et  mise  en  son  entier  auec  les  figures,  par  maistre 
Antoine  du  Moulin  Masconnois.  Â  Lyon,  par  lean  de  Tos^r- 
rues,  1571.  In-8,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  Ir.  dor.  {Duru). 

Très-bel  exemplaire.  De  la  bibl.Yemeniz. 

139.  (DUPIN,  Jean.)  Le  liure  de  bone  vie  qui  est  appelle  mâ- 
deuie.  Chambery,  Ant.  Nejret^  i485.  Pet.  in-fol.,  goth.  de 
i3i  ff.  nbn  chiff.  (sign.  a  àe  lOy  h  di  k  par  8,  /  de6,  /w  à 


76  BELLES-LETTRES. 

p  par  89  f  de6,  r  de  5  )  ;  fig.  sur  bois;  mar.  lâ  Vallière  clair, 
riches  comp.  à  la  Grôlier,  Ir.  ddr.  [Hagué). 

Édition  originale,  excessivement  rare,  de  cette  satire  virulente  des  grands 
et  des  petits.  M.  Brunet  a  dû  avoir  sous  les  yeux  un  exemplaire  incomplet, 
car  il  n'assigne  à  cet  ouvrage  que  125  ff. 

Nous  complétons  la  description  donnée  par  l'illustre  bibliographe.  Les 
ff.  prél.  sont  au  nombre  de  5 ,  dont  le  premier  blanc,  et  c'est  le  verso  du  se- 
cond qui  porte  une  grande  figure  sur  bois ,  représentant  l'auteur.  Les  sept 
premiers  livres  sont  en  prose  et  le  huitième  en  vers.  Ce  dernier  commence 
au  f.  l^  par  une  table  des  chapitres.  Le  feuillet  suivant  porte  en  tête  une 
figure  sur  bois.  Le  dernier  feuillet  contient  au  recto  une  grande  figare  sur 
bois  représentant  les  armes  de  Savoie  et,  au  fond,  la  vue  de  Ghambéry.  Le  lieu 
et  la  date  d'impression  sont  exprimés  dans  une  souscription  en  vers  que 
M.  Brunet  a  rapportée,  mais  avec  plusieurs  fautes. 

Le  second  feuillet  et  les  trois  derniers  ont  été  habilement  reSûts  par 
M.  Pilinski.  D'ailleurs  l'exemplaire  est  en  parfait  état  et  grand  de  marges. 


Othea  déesse 
nus  plusieurs 


140.  (CHRISTINE  DE  PISAN.)  Sensuit  lepistre  de 
de  pru||dêce  moralisee  en  ||  laquelle  sont  cote 
bons  et  notables  enseignemens  ||  pour  toutes  personnes 
voulans  ensuiuir  les  ver||tus  et  fuir  les  vices.  Nouuellement 
imprime  a  ||  Paris  en  la  rue  Neufue  nostre  dame  a  lenseigne  || 
de  lescu  de  frofice.  In-4>  golb.,  de  33  ff.,  fig.  s.  bois;  mar. 
vert,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  {Bauzonnet-Trautz), 

Édition  curieuse,  non  indiquée  dans  le  Manuel  y  et  qui  probablement  a  été 
imprimée  par  la  V^e  Trepperel  vers  1521.  Très-bel  exemplaire. 

1 4 1  :  CHRISTINE  DE  PISAN .  Les  cent  hystoi|lres  de  Troye||.  Lepis- 
tre de  Othea  déesse  de  prudence  enuoyee  a  ||  lesperit  cheua- 
lereux  Hector  de  Troye,  auec  cent  liy[|stoîres.  IVouuellerrwt 
imprimée  a  paris  j^  Philippe  \\  le  noir  libriare  (sic)  demourant  a 
la  rue  sain  et  Jacques  a  ||  lenseigne  de  la  Rose  blanche  couron^ 
née.  (A.  la  fin  :)...  Imprimées  a  Paris  par  Philippe  le  noir.,. 
i522.  In-49  goth.,  de  100  pp.,  fig.  s.  bois;  mar.  blanc, 
riches  compart.  en  or  et  mosaïque ,  doublé  de  tabis,  tr. 
dor.  {Hagui). 

Superbe  exemplaire,  couvert  d'une  reliure  riche  et  originale. 

142.  CHARTIER.  Les  fais  maistre  alain  ||  Chartier  notaire  et  se|| 
cretaire  du  Roy  Charles  vi"  (Au  v®  de  Tavant-dernier  f.  :)... 
Imprime  en  la  ville  de  paris  par  honnourable  homme  maistre 
pierre  le  caron^  1489.  2  tom.  en  i  vol.  in-fol.,  golh.,  à 
2  col.,  fig.  sur  bois;  mar.  bleu,  fil.  à  froid,  doublé  de  mar. 
rouge,  large  dent,  int.,  tr.  dor.  {Lorlic). 


POÈTES  FRANÇAIS.  77 

Édition  précieuse  et  fort  rare.* Elle  ne  contient  qu'une  gravure,  deux  fois 
répétée,  qui  permet  de  constater  son  antériorité  sur  Tédition  qui  suit  (voir 
Didot,  Catalogue  raisonné  ^  n»  580  et  580  bis). 

Superbe  exemplaire ,  sauf  un  raccommodage  au  dernier  f . 

143.  CHARTIER.  Les  faiz  (dictz  et  ballades)  mais||lre  alain  || 
charelier.  (A  la  fin  :  )  Imprimez  a  paris  par  Pierre  le  caron 
marchant  libraire  demourant  à  paris  en  la  rue  de  quiquepoit  a 
lenseigne  de  la  croix  blàche.  S.  d.  (vers  1489).  2  t.  en 
I  vol.  in-fol.,  golh.,  à  2  col.,  fig.  s.  bois;  mar.  bl.,  comp.^ 
doublé  de  mar.  çitr.,  dent. ,  tr.  dor.    [Trautz-Bauzonnet). 

Édition  également  rare  et  recherchée.  Les  vers  commencent  par  des  ma- 
juscules. 

Ce  superbe  exemplaire ,  provenant  des  coll.  Double  et  Desq,  porte  sur  le 
titre  la  signature  du  poëte  Amâdis  Jamyn.  Race,  au  dernier  f. 

144.  CHARTIER.  L^s  faiclz  et  dictz  de  feu  ||  de  bonne  mémoire 
Maislre  Alain  charlier. . .  Nouuellement  imprime,  reueu  et  cor- 
rige oullre  les  précédentes  impressions...  Adiouste  le  Débat 
du  gras  et  du  maigre. . .  On  les  vend  a  Paris. . .  en  la  bouticque 
de  Galliotdu  pre  Libraire^  1626.  In-fol.,  goth.,  fig.  s.  bois; 
mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  [Derome). 

Très-bel  exemplaire. 

148.  CHARTIER.  Lesœuures  feu  maistre  Alain  Cliarlier...  Nou- 
uellement imprimées  reueues  et  corrigiees  oullre  les  prece- 
dêtes  impressions.  On  les  vend  a  Paris..,  en  la  bouticque  rfe 
Galliot  du  pre...  1629.  (A'  la  fin  :)  Imprimées  a  Paris  v 
maistre  Pierre  vidoue  Lan,  CCCCC.  XXIX  pour  Galliot  au 
pre.  Pet.  in-8,  fig.  s.  bois  ;  mar.  vert,  double  de  mar.  rouge , 
fil.,  riches  comp.  int.,  tr.  dor.  [Bauzonnet). 

Édition  en  lettres  rondes,  très-rare 'en  belle  conservation.  Magnifique 
exemplaire.  H.  :  140  mill. 

146.  CHARTIER.  Les  œuures  de  maistre  Alain  Charlier,  conte- 
nans  l'histoire  de  son  temps ,  L'espérance,  le  curial,  le  quadri- 
logue  et  autres  pièces,  toutes  nouuellement  reueuës,  corri- 
gées et  de  beaucoup  augmentées  sur  les  exemplaires  escrits 
à  la  main,  par  André  du  Chesne,  Tourangeau.  Paris,  S.  Thi^ 
boust y  1617.  In-4  ;  vél.  blanc. 

Bonne  édition,  gui  présente  un  bien  meilleur  texte  que  les  précédentes. 
Le  premier  possesseur  a  ajouté  une  copie  manuscrite  des  Demandes  et  res- 
ponses  d'amours  qui  manquent  à  cette  éditipn  ;  mais  il  eût  pu  y  joindre  le 
Débat  du  gras  et  du  maigre  que  Du  Ghesne  avait  aussi  rejeté. 


78  BELLES-LETTHES. 

147.  (CHARTIER.)  La  Belle  Dame  ^ns  mercy,  (Au  reclo  du  der- 
nier f.  : )  explicU,  In-I^j  golli.,  de  6  (T.,  à  a  col.  de  38  lîgo.  ; 
mar.  vert,  ni.,  tr.  dor.  {Trautz-Bauzonnet). 

Édition  de  toute  rareté.  Très-bel  exemplaire. 

148.  (FRANC,  Martin.)  Le  Champion  des  dames.  S.  L  n.  d.  Pet. 
in-fol.,  goth.,  fig.  s.  bois,  initiales  peintes  à  la  main;  mar. 
vert,  fil.,  Ir.  dor.  (Deromé). 

Plaidoyer  en  faveur  des  femmes,  en  réponse  au  Roman  de  la  Rose. 
Édition  fort  rare ,  et  dont  l'impression  est  attribuée  à  Guill.  Le  Roy,  cé- 
lèbre typographe  lyonnais  (vers  1485). 

Superbe  exemplaire.  H.  :  274  mill.  De  la  coll.  Double'. . 

149.  FRANC  (Martin).  Le  Champio  des  Dames...  Contenant  la 
Deffence  des  Dames,  contre  Malebouche  et  ses  consors,  et  vic- 
toire dicelles.  (A  la  fin  :  )  Imprime  a  Paris  par  maistre  pierre 
Vidoae  pour. . .  Galliot  du  pre. . .  1 53o.  Pet.  in-8,  fig.  s.  bois  ; 
uiar.  cilr.,  fil.,  tr.  dor.  (Derome), 

'      Édition  en  lettres  rondes,  rare  et  recherchée.  Très-bel  exemplaire.  H.  : 
132  mill.  et  1/2. 

150.  FRANC  (Martin).  (Lestrif  de  fortune.)  (A  la  fin  :  )  Fin  de 
les  tr  if  de  fortune  et  vertu.  S.  1.  n.  d.  (Bruges,  Colard  Afan- 
sion  ,  V.-  i477)«  In- fol.,  goth.,  à  longues  lignes;  mar.  br., 
fil.  à  fr.,  tr.  dor.  [Duru). 

Édition  reconnue  pour  être  sortie  des  presses  de  Golard  Mansion.  L'ou- 
vrage est  divisé  en  trois  livres ,  et  compte  224  ff.,  dont  un  blanc  au  commen- 
cement, un  blanc  avant  le  3"  livre ,  et  deux  autres  blancs  à  la  fin. 

L*UN  DES  DEUX  EXEMPLAIRES  CONNUS  et  celui  même  qui  a  servi  à  M.  Bmnet 
pour  la  description  qu'il  en  donne.  Sa  conservation  et  sa  beauté  ne  laissent 
rien  à  désirer.  H.  :  278  mill.  L.  :  210  mill.  Le  second  exemplaire  conna 
est  à  la  bibliothèque  Sainte-Geneviève,  à  Paris,  et  M.  Brunet  a  constaté  qu'il 
est  d'un  tirage  moins  net.  Celui-ci  a  successivement  appartenu  à  Heber,  au 
prince  d'Essling  et  à  M.  Yemeniz  ;  ce  dernier  Ta  fait  recouvrir  d'une  élégante 
reliure  à  TY,  et,  à  la  vente  de  sa  bibliothèque ,  ce  livre  précieux  a  été  adjugé 
au  prix  de  7,000  fr.  à  M.  Asher,  libraire,  qui  l'a  cédé  ensuite  à  M.  Dtdot. 

B.  Depuis  Villon  jusqu'à  Clément  Marot. 

151.  VILLON.  Les  ϔiures  de  Francoys  Villon  de  Paris,  reueues 
et  remises  en  leur  entier  par  Clément  Marot,  valet  de  cha- 
bre  du  Roy.  S,  L  n.  d.  (Au  recto  de  Tavant-dernier  feuil- 
let :  )  Fin  des  œeuures  (sic)  de  Francoys  Villon ,  etc.  Pet.  in- 
8;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  (^Kœhler). 


POËT^S  FRANÇAIS.  79 

Exemplaire  UNIQUE  d'une  édition  en  lettres  rondes,  comprenant  56  ff.,  à 
la  fin  desquels  on  remarque  sept  curieuses  gravures  sur  bois.  Les  caractères 
de  cette  édition,  non  indiquée  au  Manuel,  ne  ressemblent  pas  à  ceux  de  l'é- 
dition de  1533.  La  pagination,  souvent  interrompue ,  est  marquée  en  chiffres 
romains;  elle  est  fréquemment  fautive  :  f .  37  au  lieu  de  12  ^  2i  au  lieu  de 
16,'  50  au  lieu  de  30;  30  au  lieu  de  32;  35  pour  38;  14  pour  46.  De  la  bibl. 
Yemeniz. 

•  • 

1 52.  VILLON.  Les  œvvresde  Fr^mçoys  Villon  de  Paris,  reneues  et 
remises  en  leur  entier  par  Clément  Marot,  \alet  de  chambre 
du  Roy.  On  les  vend  a  Paris...  en  la  bouticque  de  Caliot  du 
Pre.  (A  la  fih  :  )  Fin  des  œuures  de  Françoys  Villon..,  fu- 
rent paracheuecs  de  imprimer  le  dernier  iour  de  Septembre, 
Van  mil  cinq  cens  trente  et  troys  (i533).  Pet.  in-8:  mar. 
rouge,  fil.  à  compart.,  doublé  de  mar.  bleu,  tr.  dor.  (Zor//c). 

Édition  très-rare,  la  plus  recherchée  de  celles  en  lettres  rondes,  et  très- 
différente,  pour  soh  contenu,  dèTédition  de  1532. 

Magnifique  exemplaire,  très-grand  de  marges  (H.  :  131  mill.  et  1|2). 
TJn  exempl.  de  cette  édition,  couvert  d'une  riche  reliure  de  Trautz-Bauzon- 
net,  a  atteint  le  prix  de  3,500  fr.  à  la  vente  Potier,  en  1870. 

133.  VILLON.  Les  œuures  de  Françoys  Villon  de  Paris,  reueue>s 
et  remises  en  leur  entier  par  Clément  Marot ,  valet  de  cham- 
du  roy.  On  les  vend  a  Paris  en  la  grand  salle  du  Palais  y  aux 
premier  et  deuxiesme  pilUerSy  par  Arnoul  et  Charles  les  An- 
gelier s  frères.  S.  d.  (i  54o).  In-i6  ;  mar.  rouge^  dent. ,  tr.  dor. 
\Lefebvre). 

Très-bel  exemplaire.  Coll.  Desq. 

154.  (?  VILLON.)  «  Le  Recueil  f  îstoires  d*s  repues  fraclies... 
Cy  fine  le  recueil  et  hjrstoires  des  repeues  franches,  S.  1.  n-  d. 
In-8  allongé,  de  ai  ff.,  par  6  ff .  à  la  feuille,  sign,  a-d^  ; 
veau  fauve  {anc.  rel.). 

C'est  probablement  la  première  édition  des  Repues  franches.  Le  Manuel 
parle  de  la  marque  de  Trepperel  :  elle  n'existe  pas  à  cet  exemplaire  qui  pour- 
tant est  bien  complet.  Il  provient  de  la  bibl.  du  duc  de  la  Vallière. 

135.  (Le  Jardin  de  plaisance  et  fleur  de  rhétorique.  )  (Au  recto 
du  dernier  f.:)  Imprime  a  Paris  le  .XXIX.  Iour  rfw||  moys  doc- 
tobre.  Mil  cinq  cens  et  cin/j  (  i5o5).  In-fol.,  goth.,  à  a  col., 
à  58  et  Sg  lignes  dans  les  pages  pleines,  sign.  au  -ii;  veau 
fauve,  comp.  à  la  Grolier,  tr.  dor.  (Hagué). 

Ce  traité  de  Tart  poétique,  avec  des  exemples  à  Tappui  tirés  des  œuvres 
d*un  grand  nombre  d'anciens  poètes  français,  tels  que  Arnoul  Gresban, 


80  BELLES-LETTRES. 

Alain  Ghartier,  Christine  àe  Pisan, 'Charles  d'Orléans,  etc.,  est  fort  curieux 
pour  Thistoire  des  mœurs  au  XV^  siècle.  On  y  trouve  pour  la  première  fois 
le  fameux  DébcU  de  la  Noire  et  de  la  Tannée  (voir  plus  haut,  le  n9  38). 

La  présente  édition  est  la  plus  ancienne  avec  date.  M.  Brunet  Va  citée 
sans  la  décrire,  et  il  n'en  rapporte  aucune  a4judication.  Il  manque  proba- 
blement à  cet  exemplaire  un  f.  blanc  destiné  au  titre  rubrique  à  la  main. 
Le  volume  commence  par  une  belle  gravure  sur  bois  représentant  Fauteur 
offrant  son  livre  à  un  souverain.  Le  premier  vers  est  :. 

Hault  protecteur  vouloir  tresmagnanime. 

Exemplaire  grand  de  marges,  avec  témoins.  La  reliure  de  ce  volume, 
exécutée  en  fac-similé  d'un  livre  ayant  appartenu  à  Grolier,  porte  la  devise 
de  ce  célèbre  amateur  d'un  côté,  et  de  Tautre  ces  mots  :  A.  Firm.  Didoti  et 
AMicoRUM.  C'est  un  chef-d'œuvre  d'imitation.  Piqûres  de  vers  et  race. 

• 

156.  Le  Jardin  ||  de  plaisan  ||  ce  Et  fleur  de  rethoricque.  (A  la 
fin  :  ). . .  Imprime  nouuellement  a  Paris  par  Michel  lenoir  pour 
lehati  Petit  libraire,  S.  d.  Pet.  in-fpL,  golli.,à  a  col.,  fig.  s. 
bois;  mar.  vert,  fil.,  Ir.  dor.  (Bauzonnet-Trautz). 

Édition  antérieure  à  l'année  1520,  époque  de  la  mort  de  Michel  Le  Noir. 
Très-bel  exemplaire.  Un  certain  nombre  de  ff.  courts  en  tête  ont  été  re- 
margés. 

187.  Sensiiyl  le  Jardin  de||  plaisance  p  fleur  de  re=[|llioricqiie 
contenant  plusieurs  beaulx  liures,  comme  le  donel  de  no- 
blesse baille  ||  au  roy  Charles  ||  viij,  eic.  On  les  vend  a  Lyon  en 
la  rue  mercière  près  de  sainct  Anthojne  cheux  Martin  Bouil- 
lon. (A  la  fin  :)...  Imprime  nouuellement  a  Lyon  par  Oliuier 
arnollet.  S.  d.  (de  i52o  à  i53o).  Gr.  in-4,  gotli.;  mar.  vert, 
doublé  de  mar.  rouge,  fil.,  dent,  int.,  Ir.  dor.  {Bauzoimee). 

Magnifique  exemplaire,  ayant  appartenu  à  M.  Cigongne,  qui  a  fait  reftdrey 
par  .M.  Taforel,  le  dernier  f.  contenant  la  marque  de  l'imprimeur. 

158.  (MICHAULT.)  La  dance  des  aueugles.  (A  la  fin  :)  C^finisl 
le  (sic)  dance  des  aueugles  ||  Imprimée  a  paris  par  Le  Petit  Lad- 
reus  (au  \°,  la  marque  du  Petit  Laurens).  S.  d.  Pet.  in-4, 
golli.,  de  36  ff.  à  longues  lignes,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge, 
comp.,  doublé  de  mar.  violet,  orn.  int.  en  or  et  en  mosaï- 
que, tr.  dor.  [Lortic). 

Édition  non  indiquée  au  Manuel  et  extrêmement  rare.  Le  Petit  Laurens 
a  exercé  de  1491  à  1517.  Très-bel  exemplaire. 

159.  MESCHINOT.  Les  lunettes  des  princes  coposees||p  noble 
homme  lelian  meschinot  ||Escuier...  (marque  de  Jean  Du  Pré 


POÈTES  FRANÇAIS.  81 

de  Paris  sur  le  litre).  S.  l.  n,  d.  In-4,  golb.,  de  88  flf.,  fig. 
s.  bois;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  {anc.  rel.^  genre  Padeloup). 

Édition  de  toute  rareté.  Jean  Du  Pré  a  exercé  à  Paris  de  i48i  jusque 
vers  1500.  Très-bel  exemplaire ,  réglé.  De  la  bibl.  Solar. 

160.  MESCHINOT.  Les  Lunettes  des  princes.  Ensemble  plusieurs 
additions  et  Ballades  par  noble  borne  lehan  Mescbinot  es- 
cuyer,  de  nouueau  Composées.  Et  se  vendent...  MDXXVIIL 
(A  la  fin  :)....  Imprimées  ce  .xx.\\Iour  doctohre  Par  maistre 
pierre  Fidoue...  pour,..  Galliot  du  Pre^  1628.  Pet.  in-8  ; 
mar.  rouge,  fil.  àcompart.,  doublé  de  mar.  bleu,  dent.  înt., 
Ir.  dor.  (Lortic), 

Jolie  édition  en  lettres  rondes,  très-rare  et  fort  recherchée.  Magnifique 
exemplaire,  très-pur.  H.  :  131  mill. 

161.MATHEOLU3. 

Qui  nous  mOstre  sans  varier 
Les  biens  et  aussi  les  vertus 
Qui  viennet  pour  soy  marier. 

(  A  la  fin  :  )  C^  Jine  matheolus  imprime  nouuellemet  a  Lyon 
sur  le  rosne  clieulx  Oliuier  Arnoullet  demourant  auprès  de 
nostre  dame  de  confort,  S.  d.  Pet.  in-4,  golh.,  fig.  s.  bois; 
mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  i^Trautz-Bauzonnet), 

Édition  peu  commune.  Très-bel  exemplaire.  Race,  au  le'  f. 

162.  MARTIAL  DE  PARIS.  Sensuiuêt  les  \igilles  ||  de  la  mort  du 
feu  roy  Cbarles  se||pliesme...  composées  par  mai||stre  mar- 
cial  de  paris  dit  dauuer||gne  procureur  en  parlement.  (  A  la 
fin  :)  Imprime  a  Paris  par  lehan  du  pre  demourant  aux 
deux  cynes  en  la  grant  rue  saint  iacques  le  xviii  iour  de  may 
mil  cccc.  iiiixx  et  xiii*.  (i493).  Pet.  in-fol.,  golh.,  fig.  s.  bois; 
mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  [Trautz-Bauzonnet), 

Première  édition ,  précieuse  et  fort  rare.  Très-bel  exemplaire,  provenant 
des  coll.  Coppinger,  Solar  et  Double.  Qq.  race,  aux  derniers  ff. 

163.  xMARTlAL  DE  PARIS.  Sensuyt  les  vigîlles  du  Roy  Charles  ou 
est  conlenu  comment  il  conquist  France  sur  les  anglois... 
(Au  v°  de  Tavant-dernier  f.)  :  Cjfinisset  les  vigilles  ûT  la  mort 
du  roy  char  les  septiesme, . .  composées  par  maistre  Marcial  de 
paris  dit  dauuergne^  procureur  en  parlement.  Imprime  a  pa- 
ris par  la  veuf ue  feu  Jelian  trepperel...  S.  d.  (entre  i520  et 
1527).  In-4,  golb.,  fig.  s.  bois;  veau  fauve  (anc.  rel,). 

Bel  exemplaire  d'une  édition  peu  commune. 

6 


8ii  BELLES-LETTRES. 

164.  ALEXIS.  Le  grant  blason  de  faulses  amours  ||  fail  et  copose 
par  frere  Guillaume  ||  Alexis  Religieux  de  lyre  :  f  prieur  ||  De 
busy.  (A  la  fin  :)...  Imprime  a  Paris  par  ||  Jehan  Lambert ^ 
1493.  Pel.  in-4,  golh.  ;  mar.  olive,  fil.,  Ir.  dor.  (Kœhler). 

Édition  fort  rare.  Bel  exemplaire  d*Armand  Bertin.  Race,  aux  premiers  ff. 

165.  COQUILLART  (Guill.).  Sensuyuent  les  ||  droilz  Nouue||auIx 
Auec  le  De||bat  des  dames  et  des  armes...  (A  la  fin  :  )  Imprie 
nouuellement  a  paris  Par  la  vefue  feu  Jehà  trepperel,..  (vers 
i5i2?).  In-4j  goth.;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  (anc.reL^. 

Édition  originale  des  œuvres  de  Coquillart ,  fort  rare.  Exemplaire  Gigon- 
gne. 

1 66.  COQUIIJLART. Il  Les  OEvvresJI  de  maistre  Guillaume  Goquil|| 
lart,  en  son  \iuàt  officiai  {|  de  Reims,  nouuelle||mêt  reueues^ 
corrigées.  M.  D.  XL.  On  les  veiida  Lyon^  chez  François  Juste 
deuant  nostre  Dame  de  Côfort.  In- 16,  de  122  flF.  ch.  ;  mar. 
rouge,  fil.,  tr.  dor.  {TrautZ'Bauzonnet\ 

Exemplaire  de  M.  Solar,  avec  cette  petite  note  de  la  main  de  M.  Coppin- 
ger  à  qui  il  a  appartenu  :  «  Seul  exemplaire  connu  de  cette  édition.  »  En 
effet,  on  n'en  a  pas  rencontré  d'autre  jusqu'à  ce  moment. 

167.  COQUILLART.  Les  OEuvresde  M.  Gvillavme  Coqvillart,  en 
son  \iuant  officiai  de  Reims.  Nouuellement  reueues  et  cxyt- 
rigees.y/i^o/i,  par Benoist Rigavd^  ^^^79-  In-i6,  de  266  ppt  ; 
mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor. 

C'est  probablement  la  dernière  des  éditions  de  ce  poëte  publiées  au 
XVI«  siècle,  et  c'est  pourtant  la  plus  rare.  M.  Brunet  n'a  fait  que  la  citer, 
sans  l'avoir  vue,  et  M.  d'Héricault  déclare  n'avoir  pu  en  rencontrer  un  seul 
exemplaire  pour  son  édition  de  Coquillart.   ^ 

Elle  paraît  avoir  été  faite  sur  celle  de  Galliot  du  Pré.  Le  Monologue  des 
perrucques  ou  du  Gendarme  cassé  n'est  pas  complet  :  il  s'arrête  avec  ce  vers  : 

Sainct  Anthoine  arde  le  tripot, 

suivi  du  mot  :  Fin. 

Les  Petites  ceuvres  (  pièces  politiques  )  annoncées  dans  la  table  placée  au 
vo  du  f .  de  titre ,  ce  qui  a  lieu  aussi  dans  des  éditions  antérieures ,  ne  s'y 
trouvent  point. 

Très-bel  exemplaire,  aux  armes  du  marquis  de  Coislin. 

1 68.  SAINT-GEL  Aïs  (Oct.  de).  La  chasse  et  le  ||  départ  damours|| 
faict  et  Compose  par  reuerend  père  en  dieu  messire  Oc- 
touien  de  ||  sainct  gelaiz  euesque  dangoulesme  et  par  noble 
homme  biaise  da|]uriol  bachelier  en  chascun  droit  demou- 


POÈTES  FRANÇAIS.  83 

ranta  Thoulouze.  HCumpreuilegio.  (Au  v**  du  dernier  f.:).... 
nouuellement  imprime  a  paris  le  xiiii^  iour  dauril  mil  cinq 
cens  et  neuf  (i^oçj)  pour  Anthojne  verard,.,  In-fol.,  golh., 
à  2  coi.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  fil.  àfr.,tr.  dor.  (JDuru), 

Première  édition,  devenue  fort  rare.  La  marque  de  Vérard  se  trouve  à 
la  fin.  Très-bel  exemplaire ,  grand  de  marges,  sauf  qq.  ff.  race,  à  la  fin  du 
volume.  H.  :  260  mill.  De  la  coll.  Yemeniz. 

169.  SAINT-GEL  Aïs  (Oct.  de).  Sensuyt  le  seiour  Dhon|lneur, 
copo||se  par  Reuerend  père  en  dieu  ||  messire  Octouien  de 
sainct  Gelaiz  Euesq  dan||goulesme.  Nouuellement  imprime  a 
Paris  par  la  veufue  feu  lehâ  trepperel.  Demourant  en  la 
rue  neufue  nostre  dame,  A  lenseigne  de  les  eu  de  France,  S. 
d.  (entre  i52o  et  1527).  Pet.  in-4,  goth.,  fig.  s.  bois; 
mar.   vert,  fil.  à  fi'.jtr.  dor.  [Duru). 

Bel  exemplaire ,  sauf  le  dernier  f.  qui  est  restauré.^ 

170.  SAINT-GELAIS  (Oct.  de).  Le  Vergier  dhonneur  Nou||uel- 
lement  imprime  a  paris.  ||De  lentreprinse  et  voyage  de  Na- 
ples...  Ensemble  plusieurs  ||  auUres  choses  faictes  et  com- 
posées Par  reuerend  père  en  dieu  monsieur  Octauien  de 
sainct  Gelais  euesque  dangoulesme  et  par  maistre  Andry  de 
la  vigne  secrétaire  de  la  Royne  ^  de  monsieur  le  duc  de 
Sauoye  auec  aultres.  On  les  vend  a  paris  en  la  rue  neuue 
nostre  dame  A  lenseigne  de  saint  lehan  leuangeliste.  (Au  r® 
du  dernier  f.  :  )  Nouuellement  imprime  a  Paris  par  Phelippe 
le  noir^..,  demourant  en  la  grant  rue  sainct  Jacques  a  /?- 
seigne  de  la  Rose  blanclie  couronnée  (au  v®,  la  marque  de 
lehan  lanot).  Pet.  in-fol.,  goth.,  fig.  s.  bois;  mar.  bleu,  fil., 
tr.  dor.  (TrautZ'Bauzonnet) . 

Ce  volume  présente  un  problème  curieux  pour  l'histoire  de  la  typogra- 
phie parisienne.  Il  est  imprimé  par  Philippe  le  Noir,  c'est-à-dire  de  1520  à 
1531  ;  mais  il  se  vend  à  l'adresse  de  Simon  Vostre  auquel  sa  veuve ,  Nicole 
Vostre,  a  succédé  de  1520  à  1528,  et  il  porte  la  marque  de  .Tean  Janot,  père  de 
Denys  Janot  ;  de  plus,  cette  marque  de  Jean  Janot  est  presque  conforme  à 
celle  de  Simon  Vostre.  Mais  ce  Janot  ne  peut  avoir  succédé  à  Nicole  Vostre, 
puisqu'il  est  mort  en  1522.  Le  volume  en  tout  cas  peut  se  dater  1520  à  1522. 

Très-bel  exemplaire. 

171.  MOLINET.  Les  faiclz  et  dictz  de  feu  de  bo||ne  mémoire 
Maislre  lehan  Molinet  :  contenans  plusieurs  beaulx[|Traictez, 
Oraisons  et  Champs  royaulx...  On  les  vend  au  Palais  en  la 
Gai  1er ie —  A  la  houticque  de  lehan  Longis  et  de  la  veufue 
leJuzn  sainct  denys,  (A  la  nn  :). . .  nouuellement  imprimez  a  Paris 


84  BELLES-LETTRES. 

Lan  mil  ci/uj  cens  xxxi  (i53i)  Pour  leJianlongis  et  laveuftte 
feu  lehan  sainct  Denys.  Pet.  in-foL,  golh.,  de  4  ff.  prél-, 
dont  I  blanc,  et  i33  ff.  ch.;  mar.  rouge,  fil.  à  fr.,  tr.  dor. 

(  Duru), 

Première  édition.  Très-bel  exemplaire. 

172.  GOBIIN.  Les  loups rauissans (\  la  fin  :)  Cyfine  ce  présent 

Hure  des  loups  rauissans  fait  et  compose  par  maistre  Robert 
gobin,.,.  Imprime  par  anthoine  verard...  S.  d.  (vers  i5o3). 
In-4,goth.,  fig.  s.  bois;  mar.  bleu,  fil.  à  comp.,  tr.  dor. 
[Bauzonnet-Trautz). 

Première  édition,  fort  rare,  d'un  ouvrage  en  vers  et  en  prose,  aussi  cu- 
rieux pour  le  texte  que  pour  ses  figures  sur  bois  pleines  d'esprit  et  de  naïveté 
(voir  le  Manuel ,  et  Renouvier,  Des  Gravures  en  bois  dans  les  livres  d'ArU.  Yé- 
rard). 

Exemplaire  Yemeniz.  H.:  182  mill.  Conservation  parfaite,  sauf  qq.  race. 

f 

173.  (BOURGOUYNC,  Simon.)  Lespinelte  dv  ieune  prince  Con- 
quérant ||  Le  royaulme  debonne  renommée (A  la  fin  :)... 

Nouuellement  compose  et  imprime  a  paris  le  xii*  iour  de 
feurier  mil  cimj  cens  et  huft  (i  5o8)  Pour  Ànthofne  verard. . . 
In-fol.,  gotb.,  à  2  col.;  mar.  \ert,  fil.,  tr.  dor.  (Derome 
jeune). 

Édition  fort  rare.  Très-bel  exemplaire ,  avec  témoins.  H.  :  278  mill.  Il 
provient  de  la  bibl.  Yemeniz,  à  la  vente  de  laquelle  il  a  été  remis  sur  table 
sous  prétexte  d'un  ou  de  plusieurs  ff.  refaits,  ce  qui'n'a  pas  été  bien  démontré. 

174.  (DAMER VAL,  Eloy.)  Sensuil  la  grut  dyablerie...  (Au  v*»  du 
6'  f.:)  Imprime  a  Paris  par  la  veufue  feu  iehan  trepperel  et 

Jehan  iehnnnot  ^  Imprimeur  et  Libraire S.  d.  Pet.   in-49 

gotb.,  fig.  s.  bois;  \eau  fauve,  fil.,  tr.  dor.  {anc.  rel.). 

Édition  considérée  comme  antérieure  à  celle  d'Alain  Lotrian. 

Bel  exemplaire  Yemeniz.  Un  trou  au  IV©  f.  et  des  piqûres  à  la  marge  race. 


173.  DESMOULINS.*  Le  catholicon  des  ||  mal  aduisez  autrement 
dit  le  CYmelie||re  des  malbeureux.  (A  la  fin  :)  Cy  fine  le  ca- 

tholicii  des  mal  aduisez....  compose  par Laurens  desmou^ 

lins  prestrc.  Imprime  a  Paris  le  deuxiesme  iour  daoust  mil  v 
ces  et  treize  (i5i3)  pour  Iehan  petit  et  Michel  le  noir..\, 
In-8,  gotb.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  riebes  comp.,  tr.  dor. 
{Niedrée). 

L'auteur,  dans  l'épître  placée  au  commencement,  a  désavoué  les  éditions 
précédentes  comme  trop  mal  imprimées  (voir  au  Manuel). 
Bel  exemplaire,  sauf  race,  au  dernier  f. 


POETES  FRANÇAIS.  85 

176.  CRETIN.  Châtz  royaulx  || oraisons  et  aultres  petitz  Iraiclez 
faiclz  et  II  composez  par  feu  de  bonne  me=:  ||moire  maistre  Guil- 
laume  || Grelin...  (A  la  fin  :)  Imprime  a  Paris  par  maistre 
Simon  du  bois  pour  Galliot  du  pre^  iSs'y.  In-8,  goth.;  mar. 
bleu,  fil.,  tr.  aor.  [Bauzonnet-Trautz). 

Édition  la  plus  recherchée.  Très-bel  exemplaire ,  réglé,  précieux  surtout 
comme  ayant  appartenu  àMARGUERiTE,  reine  de  Navarre.  Il  lui  avait  été  offert 
par  François  Charbonnier,  vicomte  d'Arqués,  à  qui  on  doit  cette  édition  des 
poésies  de  son  ami  Crétin,  édition  dédiée  à  cette  même  princesse.  La  reine 
en  fit  présent  en  1527  à  son  poëte-valet  de  chambre,  Victor  Brodeau,  S*"  de 
la  Chastière,  qui  le  constata  dans  une  note  autographe  sur  le  f.  de  garde  à  la  fin 
du  volume. 

177.  (GRINGORE,  P.)  Ce  présent  liure  appelle  le  chasteau  de 
labour  a  este  a||cheue  le  dernier  iour  de  May.  Mil.  Cincq  cens 
(i5oo).  Pour  II  Symon  Voslre  libraire  demourant  a  Paris  en 
la  rue||neuue  nostre  dame  a  lenseigne  sainct  iehan  leuàge- 
liste  (au-dessus,  la  marque  de  Pigouchet).  Pet.  in-8,  goth., 
de  49  IT-  (^'^  P^r  8  et/.  9),  fig.  s.  bois;  mar.  vert,  fil.  à 
comp.,  fleur,  à  froid,  Ir.  dor.  (Niedrée). 

Édition  fort  rare,  ornée  de  curieuses  figures  sur  bois.  Magnifique  exem- 
plaire, provenant  de  la  coll.  Yemeniz,  mais  qui  n'a  pas  figuré  à  la  vente.  11 
est  incomplet  du  dernier  f.,  qui  ne  contient,  paraît-il,  que  deux  gravures. 

178.  (GRINGORE,  Pierre.)  Le  Chasteau  de  labour.  (A  la  fin  :  ) 
Ce  présent  liure  appelle  le  chasteau  de  labour  a  este  imprime\\a 
paris  par  Iehan  Trepperel  demourant  en  la  rue  neufue  Nostre 
dame  a  lenseigne  de  lescu  de  france,  ln-4,  goth.,  à  longues 
lignes,  de  4o  ff.  n.  ch.,sign.  A. -H.;  fig.  s. bois;  mar.  violet, 
fil.,  tr.  dor. 

L'adresse  ci-dessus,  ne  pouvant  se  rapporter  à  Jehan  II  Trepperel,  qui 
exerçait  de  1529  à  1530,  doit  être  attribuée  ||  à  son  père,  mort  en  1511,  et  l'é- 
dition ne  doit  pasétre  postérieure  à  cette  dernière  date.  Elle  n'est  pas  indi- 
quée au  Manuel,  et  le  présent  exemplaire  est  actuellement  le  SEUL  CONNU. 
Malheureusement  il  est  incomplet  d'un  feuillet.  Raccommodages. 

179.  GRINGORE.  Les  folles  en tre||prises.  (A  la  fin  :  )  Imprime  \\a 

paris  par  maistre  Pierre  leDrUy  imprimeur\\ (i5o5).  Pet. 

in-8,  goth.,  de  60  (T.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge, fil.,  tr.  dor. 
[anc.  reL). 

UN  DES  DEUX  EXEMPLAIRES  CONNUS,  imprimés  sur  vélin.  La  fin  de 
la  souscription  est  effacée;  elle  contenait  ce  qui  suit  :...  pour  icelluy  Grin- 
goire  (sic)  le  XXIII  iour  de  decem\\bre,  Lan  mil  cinq  cens  et  cinq.  Or  il  existe 
une  autre  édition  avec  la  même  date  et  sortie  des  presses  du  même  im- 
primeur :  M.  Brunet  croit  que  celle-ci  est  la  seconde. 


86  BELLES-LETTRES. 

Le  nom  de  l'auteur  se  trouve  non-seuleraent  mentionné  dans  la  sous- 
cription, mais  il  est  caché  dans  les  huit  derniers  vers  dont  les  initiales  ser- 
vent à  le  composer,  suivant  cet  avis  :  le  surnom  de  lacteur  sera  trouue  par  les 
premières  lettres  de  ce  couplet. 

Exemplaire  La  Vallière,  Heber  et  Brunet.  Les  22  figures  sur  bois  (y  com- 
pris la  marque)  sont  peintes  en  or  et  en  couleurs.  Le  feuillet  8  du  cah.  c  est 
assez  bien  refait  à  la  plume. 

180.  GRINGORE.  Les  folles  enlrei|prises  (au-dessoiîs ,  la  figure 
de  Mère  Sotte,  puis  ces  quatre  vers  :) 

Au  pellican  rue  Salut  iacques  ce  liure 
Intitule  les  folles  entreprises 
Ou  les  faultes  de  plusieurs  sont  coprises. 
A  tous  venans  on  les  vend  et  deiiure. 

(A  la  fin  :  )  Cjr  finist  le  liure  des  folles  entreprises  imprime  a 
paris  Lan  mil  cinq  cens  f  sept  le  penultime  iour  de  lanuier. 
ln-8,  goth.,  de  64  ff.,  sign.  A-H.  par  8;  fig.  s.  bois;  mar 
bleu,  tr.  dor.  [Dura). 

Édition  augmentée,  mais  imprimée  avec  les  mêmes  caractères  que  celles 
de  Pierre  le  Dru,  page  pour  page,  avec  de  légers  changements  d'orthographe, 
et  ornée  de  mêmes  gravures  sur  bois  et  au  même  nombre  ;  ce  qui  nous  fait 
croire  qu'elle  est  sortie  de  l'établissement  du  môme  imprimeur.  Le  privilège 
ayant  été  accordé  à  l'auteur  lui-môme  pour  lequel  Pierre  le  Dru  a  imprimé 
ce  volume,  comme  on  l'a  vu  dans  la  souscription  de  l'édition  précédente, 
Gringore  en  aura  fait  faire  plusieurs  éditions  à  l'adresse  des  différents  li- 
braires. L'adresse  indiquée  dans  les  quatre  vers  ci-dessus  était  alors  celle  de 
Geoffroy  De  Marnef. 

La  gravure  du  feuillet  e^,  qui  représente  dans  l'édition  précédente  un  pape 
accompagné  de  quatre  cardinaux,  a  été  remplacée  dans  celle-ci  pai*  une  autre, 
dont  le  sujet  est  la  messe  de  saint  Grégoire. 

L'augmentation  dans  le  texte,  dont  nous  avons  parlé  plus  haut,  consiste 
en  une  pièce  de  vers  de  8  pages,  intercalée  vers  la  fin,  avant  La  supplication 
faicte  par  charité  au  treschrestien  roy  :  c'est  pourquoi  cette  édition  compte 
4  ff.  de  plus  que  la  précédente. 

Très-bel  exemplaire,  et  le  SEUL  CONNU  jusqu'à  ce  présent. 

181.  GRINGORE.  Les  abuz  du  monde  (au-dessous,  la  figure 
de  Mère  Sotte).  (A  la  fin,  le  privilège  se  terminant  ainsi  :) 
...et  a  este  ce  présent  liure  1  prime  a  paris  par  maistre  Pierre 
le  dru  pour  icelluj  gringore  lan  mil  .ccccr.  et  Ax,  le  dixiesme 
iour  {/octobre  (iSog).  Pet.  in-8,  golh.,  fig.  s.  bois;  mar. 
bleu,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.  {J)uni). 

Charmant  exemplaire  de  MM.  de  Clinchamp  et  Solar.  Les  gravures  sur 
bois,  bien  que  quelque  peu  grossières ,  sont  caractéristiques. 


POÈTES  FRANÇAIS.  87 

182.  GRINGORE.  Sensuyuent  les  fôtaisies  de  mere  Sote  :  con- 
tenant plusieurs  belles  hystoires  moralisees...  (A  la  fin  :)... 
Nouuellement  Imprimées  a  Paris  par  Alain  Lotrian  Démoliront 
en  la  rue  neufue  nostre  Dame  a  lenseigne  de  lescu  de  France. 
XXV.  f.  ûT.  S.  d.  Pet.  in-4,  goth.,  de  loi  flf.,  fig.  s.  bois; 
mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  (^Bauzonnet). 

Alain  Lotrian  exerça  à  VEcu  de  France  de  1532  à  1543.  La  souscription 
diffère  un  peu  de  celle  donnée  au  Manuel. 
Très-bel  exemplaire ,  ^auf  qq.  ff.  remargés. 

183.  GRINGORE.  Sensuyuent  les  ||  menus  propos  || mere  Sote 
nouuellemèt  composée  par  Pierre Grin||goire...  (A  la  fin  :) 
Cj  finisset  les  menus  propos...  Nouuellemèt  imprime  a  paris 
par  Philippe  le  Noir...  Et  fus  t  aciieue  le  septiesme  iour  de 
iuillet  Lan  mil  cinq  cens  vingt  et  huit  (iSaS).  Pet.  in-8, 
goth.;  mar.  rouge,  fil.,  riches  comp.,  tr.  dor.  (Niedrée). 

Bel  exemplaire,  dans  une  charmante  reliure. 

184.  GRINGORE.  Les  faintiljses  du  monde.  (A  la  fin  :)  Cf  finis- 
sent les  faintises  du  mode.  À  lyon  imprimées  cheux  Barnabe 
chaussard.  Près  nostre  dame  de  Confort.  S.  d.  Pet.  in-8, 
goth.,  de  19  f  f .  ;  mar.  citr.,  orn.  sur  les  plats,  tr.  dor. 
{TrautZrBauzonnet). 

Charmant  exemplaire,  de  la  coll.  Double.  Remargé  en  tête. 

185.  GRINGORE.  Heures  de  nostre  dame  translatées  en  fi^n- 
coys  et  mises  |  en  rihtme  {sic)  par  Pierre  Grégoire  (sic) 
dict  vaudemot  herault  darjlmes...  Et  ce  vendent  cheuz  lelian 
Petit  a  la  rue  sainct  laques  a  la  fleur  de  lis  dor.  In-4»  goth., 
fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  (Niedrée). 

Première  édition ,  dont  on  ne  connaît  actuellement  qu'un  second  exem- 
plaire sur  papier  qui  appartient  à  M.  le  baron  James  de  Rothschild.  Elle 
contient  le  calendrier  de  1524  à  1538,  ainsi  que  le  premier  privilège  accordé 
pour  ce  volume  par  François  1er  et  daté  de  Lyon ,  le  10  octobre  1525.  Dans 
son  Catalogue  raisonné  (n»  600),  M.  Didot  a  démontré  que  c'est  à  tort  qu'on 
avait  attribué  à  Geoffroy  Tory  les  remarquables  figures  qui  ornent  cette  édi- 
tion. L'une  de  ces  gravures  représente  le  Couronnement  d'épines,  mais  tous 
les  personnages,  y  compris  le  Christ,  sont  revêtus  de  costumes  des  plus 
bizarres  et  qui  n'ont  rien  de  traditionnel.  M.  Emile  Picot,  auteur  de  la  pré- 
cieuse Bibliographie  cornélienne,  en  fut  frappé  le  premier,  et,  pensant ,  avec 
raison,  que  cette  figure  devait  avoir  un  sens  particuher,  il  a  procédé  à  ce  sujet 
à  une  enquête  rigoureuse.  Le  résultat  de  cette  enquête  est  une  dissertation 
fort  ingénieuse  (Pierre  Gringore  et  les  Comédiens  italiens;  Paris,  Morgand  et 
Fatout,  1878,  in-8,  fig.  en-fac.  sim.)  où  le  savant  bibliographe  expose,  sou 


88  BELLES-LETTHES. 

forme  d'hypothèse,  que  le  personnage  torturé  par  les  bouffons  pourrait  bien 
être  Gringore  lui-même ,  abreuvé  d'outrages  par  ses  concurrents  les  comé- 
diens italiens,  établis  à  Paris  vers  1520,  et  très-appuyés  depuis  parla  cour,  au 
préjudice  des  acteurs  français.  La  Sorbonne  a  dû  s'émouvoir  de  ce  traves- 
tissement trop  hardi  d'une  scène  de  la  Passion  :  le  parlement  intervint,  et, 
par  un  arrêt  de  règlement,  du  28  août  1527,  il  ordonna  que  cet  ouvrage  de 
Gringore  ne  serait  pas  réimprimé. 

186.  GRINGORE.  Heures  de  noslre  dame ,  etc.  Veau  noîp  gau- 
fré, tr.  dor.  {rel.  du  temps). 

Même  édition  que  celle  du  n»  précédent.  Exemplaire  sur  véun,  proba- 
blement UNIQUE.  Les  gravures  sont  recouvertes  par  une  miniature  très- 
fraîche  de  couleurs.  La  comparaison  de  ces  deux  exemplaires  d'une  même 
édition  montre  toute  la  supériorité  du  peintre  miniaturiste  sur  le  tailleur 
d'images.  Le  volume  est  malheureusement  incomplet  de  4  ff.  de  pièces 
liminaix-es. 

187.  GRINGORE.  Heures  de  nostre  Dame  translatées  de  latîa 
en  II  francoys,  et  mises  en  ryme,  Additionnées  de  plusieurs 
chantzjl  Royaulx  figurez  et  moralisez...  On  les  vend  a  Pa-- 
ris ,  en  la  Rue  sainct  lacques^en  la  maison  ||  de  lehan  Petit^ 
libraire.  S.  d.  In-8,  goth.,  de  8  ff.  lim.  et  90  ff.  ch.,  fig.  s. 
bois;  veau  noir  gaufré,  tr.  dor.  et  cis.  {rel.  du  temps). 

dette  deuxième  édition  ne  diffère  pas  sensiblement  de  la  précédente.  Elle 
a  trois  gravures  de  moins  :  les  deux  du  premier  f.  et  celle  qui  représente  le 
Jardin  de  la  Vierge  florie.  La  planche  de  l'homme  anatomique  et  la  marque 
de  J.  Petit  ne  sont  pas  non  plus  les  mêmes.  Quant  au  texte,  la  différence  réelle 
consiste  en  une  addition  de  quatre  Oraisons  (  f.  2  r»  à  4  r»  )  ;  pour  le  reste, 
c'est  une  réimpression  page  pour  page  de  l'édition  précédente ,  sauf  les  va- 
riantes orthographiques  et  quelques  modifications  dans  les  vers. 

Elle  contient  le  calendrier  de  1528  à  1543,  ainsi  qu'un  nouveau  privilège 
du  roi ,  daté  de  Paris ,  le  15  novembre  1527,  portant  correctement  le  nom 
de  Gringore  et  non  plus  celui  de  Grégoire ,  comme  au  privilège  primitif. 
L'interdiction  faite  par  le  parlement  avait  donc  été  levée ,  mais  probablement 
à  condition  de  faire  disparaître  du  nouveau  tirage  la  scène  grotesque  de  la 
Passion.  Or  cette  figure  reparaît  encore  dans  cette  édition-ci ,  ce  qui  porte 
M.  É.  Picot  à  croire  qu'elle  aura  été  supprimée.  Elle  est,  en  effet,  d'une 
rareté  extraordinaire  :  M.  Picot,  malgré  toutes  ses  recherches,  tant  en 
France  qu'à  l'étranger,  n'a  rencontré  que  le  présent  exemplaire ,  qui,  mal- 
heureusement,  est  incomplet  du  f.  ciiij.  Les  Chantz  royaulx  mentionnés 
au  titre  n'y  ont  pas  été  joints ,  bien  que  le  volume  soit  en  reliure  du  temps. 

Une  nouvelle  édition  a  dû  suivre  immédiatement  celle-ci;  car  il  y  a  des 
exemplaires  à  la  môme  date ,  mais  où  la  figure  grotesque  de  la  Passion  ne 
se  retrouve  plus.  Il  est  essentiel  de  remarquer  à  cet  égard  qu'au  Manuel 
il  règne  une  certaine  confusion  entre  les  différentes  éditions  de  ces  heures, 
confusion  imputable  aux  rédacteurs  des  catalogues  où  l'I'éminent  biblio- 
graphe a  puisé  ses  renseignements. 


POETES  FRANÇAIS.  89 


188.  GRINGORE.  Heures  de  nostre  dame  ||  translatées  de  latin 
en  francoys  et  mises  en  ryme.  Addition^nees  de  plusieurs 
chantz  Royaulx  figurez  et  moralisez. . .  On  les  vend  a  Paris  ^ 
en  la  rue  sainct  Jacques  en  la  maison  de  lehan  petit.  S.  d. 
In-47  go'^'^M  fig-  s.  bois.  —  Chantz  Royaulx,  figurez  moral- 
lement  sur  les  uii[|steres  miraculeux  de  Nostre  saulueur  ^ 
rédempteur  ||  Jesuschrist,  ^  sur  la  passion  auec  plusieurs 
deu||tes  Oraisons  ^  Rondeaux  contêplatifz.  Com||posez  par 
Pierre  Gringoire  dict  vaude||mont...  On  les  vent  a  Paris  en 
lagràt  Rue  sainct  lacques  en  la  maison  de  lelian  Petit.  S.  d. 
In-4,  goth.,  fig.  s.  bois.  —  2  part,  en  i  vol.  ;  mar.  vert,  fil. 
à  comp.,  tr.  dor.  {Bauzonnet\ 

Cette  nouvelle  édition  contient  le  calendrier  de  1534  à  1549,  ainsi  que 
le  privilège  de  1527.  Elle  reproduit  exactement  le  texte  de  l'édition  précé- 
dente, page  pour  page.  La  planche  de  l'homme  anatomique  est  la  môme 
que  celle  de  la  première  édition.  La  différence  la  plus  importante  consiste 
en  ce  que  la  figure  grotesque  de  la  Passion  y  a  été  remplacée  (comme  à  la 
seconde  édition  de  1528)  par  une  autre ,  représentant  un  homme  à  genoux 
entouré  de  quatre  personnages  qui  le  menacent  de  bâtons  ;  elle  porte,  comme 
l'autre ,  le  monogramme  G.  S.  surmonté  de  la  croix  de  Lorraine.  M.  Picot 
croit  que  l'artiste,  n'abandonnant  point  son  idée  première,  aura  encore  re- 
présenté Gringore  sous  la  figure  de  l'homme  agenouillé. 

Les  Chants  royaux,  qui  font  suite  aux  Heures ,  offrent  sept  gravures. 
L*une  d'elles  n'est  autre  que  la  scène  de  la  Passion  dont  nous  avons  parlé, 
mais  elle  a  été  gravée  à  nouveau ,  afin  de  remplacer  les  vêtements  grotes- 
ques par  des  costumes  traditionnels.  Sauf  ce  changement,  la  disposition 
générale  du  tableau  y  a  été  fidèlement  conservée. 

Les  exemplaires  de  cette  édition  des  Heures  sont  extrêmement  rares; 
quant  à  celle  des  Chants  royaux,  elle  n'est  point  indiquée  au  Manuel, 

189.  GRINGORE.  Chantz  Royaulx  figurez  morallement  sur  les 
mi=||steres  miraculeux  de  Nostre  saulueur  etredépteur  ||  lesu- 
christ  ^  sur  sa  Passion  ||  auec  plusieurs  deuo||tes  Oraisons  et 
Rondeaux  contêplatifz...  On  les  ved a  Paris  en  la  gràt  Rue 
sainct  laques  en  la  maison  de  lelian  petit..,  S.  d.  Pet.  in-4, 
goth.,  de  32  fT.,  fig.  s.  bois;  mar.  citron  avec  bandes  de 
mar.  rouge,  fil.  à  comp.,  orn.  sur  les  plats,  tr.  dor.  (^Lortic). 

Cette  édition,  la  seule  décrite  au  Manuel,  diffère  de  la  précédente  et  lui 
est  postérieure.  C'est  une  réimpression  page  pour  page,  avec  les  mêmes 
figures;  mais  le  titre,  autrement  disposé,  est  tiré  en  rouge  et  en  noir  dans 
celle-ci,  tandis  qu'il  l'est  simplement  en  noir  dans  l'autre.  Au  surplus,  la 
présente  édition  porte  à  la  fin  la  mention  du  privilège  du  10  octobre  1527, 
ce  qui  n'a  pas  lieu  dans  la  précédente. 

Magnifique  exemplaire,  très-grand  de  marges. 

190.  (  GRINGORE.)   Rôdeaulx  nou||ueaulx  Iusques||au  nombre 


90  BELLES- LETTRES. 

de  cent  et  troys||  Contenant  jj  plusieurs  menuz  ppos  q  deux 
vray  ||  amas  ont  euz  nagueres  ensèble  de[|puis  Te  comnien- 
cement  de  leur  a||mour  iusques  a  li  mort  de  la  dame.  Auec 
plusieurs  II  aullres  adiouslez  a  la  [|  fin  corrigez,  reveuzfjet 
cuenables  au  [|  dit  propos  |fet  uial|liere.  Oa  les  vend  a  Paris 
en  la  rue  nciifue  noslre  dame  a  lenseigne  saince  (sic)  Nicolas. 
S.  d.  (v.  i5io).  Pet.  in-8,  golh.,  de  4?  ff-»  ^îgn.  a-f.;  mar. 
rouge,  fleurons,  tr.  àoT^Trautz-Bauzonnety 

Édition  sortie  des  presses  de  Pierre  Sergent  ou  de  Jean  Bonfons,  et  non 
indiquée  au  Manuel.  Exemplaire  pai'fait,  provenant  des  coll.  Solar  et  Double. 

191.  (GRINGORE.)  Rondeaulx  en  [|  Nombre  troys  ||  cens  cio- 
quâte,  singuliers  ^  a  to'  propos...  (A  la  fin  :)  Imprime  nou- 
uellementaParis  pour  Alain  Lotrian,.,  en  la  rue  neuf ue  noslre 
Dame  a  lenseigne  de  lescu  de  France,  S.  d.  (v.  i53o).  Pet. 
in-8,  goth.;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  [anc.  rel.). 

Edition  fort  rare.  Exemplaire  un  peu  court. 

192.  GRINGORE.  Notables  ensei||gnemens,  adages  et  prouerbes 
faitz  ^  com||posez   par  Pierre  Grîgore  dit  vauldeinôtj)  he- 

rault  darmes Nouuellemêt  reueuz  ^  cor||rigez...  On  les 

vend,.,  en  la  boufique  de  Galliot du pre...  (A la  fin  :) im- 
primez a  Paris  j)  Nicolas  couteau et  furet  acheue^  dim^ 

primer  le,  xxs^i^,  iour  du  moys  de  lanuier  Lan  de  grâce  mil 
cuui  cens  vingt  et  huyt  (i528).  Pet.  in-8,  goth., de  i  ff.  prël., 
123  ff.  cb.  (le  dernier  colé  par  erreur  Cxxxiii)  et  i  f.  non 
ch.;mar.  citr.,  fil.,  tr.  dor.  {(inc.  rel.). 

Exemplaire  atteint  par  l'humidité  dans  le  fond  des  marges  et  restauré 
dans  le  bas  des  premiers  ff. 

Au  bas  du  titre,  on  lit  cette  signature  :  de  la  Fontainey  qu'on  croit  être 
celle  du  grand  fabuliste  dans  son  jeune  Age. 

193.  (GRINGORE.)  Contrediclz  de  Sôgecreux...  (A  la  fin:)... 

Nouuellement  imprimez  a  Paris  par  Nicolas  couteau  impri- 
meur pour  Galliot  du  pre  libraire.  Et  fut  acheue  dimprimer 
le  second  iour  du  moys  de  may  Lan  mil  cinq  (sic)  et  trente 
(i53o).  Pet.  in-8,  golh.;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  {anc,  reL). 

Ouvrage  satirique,  précieux  et  rare.  Exempl.  Solar.  Q({.  ff.  race. 

194.  LE  MAIRE  (J.).  Le  temple  dho||neur  ^  de  vertus  :  auquel 
sont  conlejlnus  les  cbans  des  bos  ^  vertueux  bergiers  ||. . .  Com- 
pose p.  Jeban  le  maire  disciple  de  Molinet.  Nouvellement 
imprime  a  Paris.  On  les  vend  a  Paris  en  la  rue  neufue  nostre 


POETES  FRANÇAIS.  91 

Dame  a  lenseigne  de  lescu  de  France,  (A  la  fin  :)  Cy  finist 

Imprime  a  Paris  par  Alain  lotrian  et  Denjs  ianot.  S.  d. 
(v.  i536).  In-8,  goth.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor. 

Édition  de  toute  rareté.  Exemplaire  aux  armes  et  chiffres  d'A.  Audenet, 
provenant  de  la  bibl.  Yemeniz.  Un  peu  court. 

195.  MICHEL  (G.).  LA  forest  de  conscien||ce  contenant  la 
chasse  des  princes  spirituelle.  (A  la  fin  :)  Cj  fine  la  forest  de 

conscience Nouuellemct  composez  par  Guillaume  miche l 

dict  de  tours  ^  Et  imprime  par  Micliel  le  noir... Le  dernier  iour 
daoust  Mil  cinq  cens  et  vingt  (i52o).  In-8,  goth.,  fig.  s. 
bois;  mar.  rouge  jans.,  tr.  dor.  (Trautz-Bauzonnet). 

Joli  exemplaire  d'un  li\Te  rare. 

196.  MICHEL  (^G.).  Le  Siècle  dore  :  contenant  le  temps  de 
Paix,  amour,  ^  concorde.  (Au  r°du  dernier  f.  :)Fin  du  sciecle 
dore  :  compose  par  Guillaume  Michel  Et  imprime  par  Guil- 
laume Fesandady  Acheue  le.  xx.  iour  de  Fehurier  :  pour 
Hemonlefeure  libraire,  ln-4,  goth.,  fig.  s.  bois;  mar.  vert, 
fil.  àcomp.,  tr.  dor.  (Lortic). 

Privilège  du  19  février  1521.  Bel  exemplaire. 

197.  BOUCHET  (J.)  L'AmouJlreux  transy  sans  espoir.  (A  la  fin  :) 
Cf  finissent  les  faitz  de  lamoureux  transj  [facteur  de  ce 
présent  Hure)  maistre  lehan  bouchet  £cureur  a  poictiers.  Im- 
primes a  paris  par  honnorable  home  Anthoine  Verard,  S.  d. 
(après  i5o2).  ln-4,  goth.,  a  longues  lignes,  en  gros  carac- 
tères, fig.  sur  bois;  v.  fauve,  fil.,  tr.  dor. 

Édition  fort  rare  et  la  plus  ancienne  de  ces  poésies.  Très-bel  exemplaire , 
qui  avait  appartenu  au  marquis  du  Roure. 

198.  (BOUCHET  J.).  Sensuyt  le  temUple  de  bonne  rejjnomee  ^ 
repos||  des  hommes  ,  et  fêmes  illustres,  Irouue  ||  par  le  Tra- 
uerseur  de  voyes périlleuses ||...  (Aureclo  du  4*  f-)  Imprime 
nouuellement  a  paris  par  la  veufue  feu  lehan  trepperel  et 
lelui  lehannot.  S.  d.  (entre  i5ii  et  i52o).  în-4,  golh.,  à 
longues  lignes;  fig. s.  bois;  mar.  La  Vallière,  compart.  à 
froid,    tr.  dor.  {Cape). 

Très-bel  exemplaire  d'une  édition  fort  rare,  dont  le  Manuel  ne  cite  au- 
cune adjudication. 

199.  (BOUCHET,  J.)    Sensuyt    le    la|ibyrith    de    for;|tune     <^ 


92  BELLES-LETTRES. 

seiour  ||  des  troys  no[|bles  Dames  Compose  par  lacteur  des 
Rejlgnars  trauersans  et  loups  rauisans.  Surynomme  le  tra- 
uerseur des  voyes périlleuses.  (A  la  fin  \) Nouuellemet  imprime 
a  Paris  ^  Alain  Lotrian^  de  mourant  a  la  rue  neufue  nostre 
dame  a  lenseigne  de  lescu  de  France.  S.  d.  (entre  i532  et 
i543).  In-4,  goth.jsign.  A-GG.;  mar.  orange,  fil.,  Ir.  dor. 
[Kœhler). 

Édition  rare.  Exemplaire  grand  de  marges.  Piqûres  de  vers  race. 

200.  (BOUCHET,  J.)  Opuscules  dufltrauerseur  des  voyes  pe=|| 
rilleuses.  Nouuellemenl||parluy  reueuz,  amendez  ||  et  corri- 
gez iouxte  la  dernière  impression  ||...  On  les  vend  a  Paris 
par  la  vefue  de  feu  lelian  ianot  tenant  demeurant  en  la  rue 
de  marchepalu  a  lenseigne  de  la  corne  de  cerf.  (A  la  fin  :) 
Imprime  a  Paris  pour  lavejue^  etc.  S.  d.  Pet.  in-4,  goth.; 
mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  (JBauzonnet-Trautz). 

Très-bel  exemplaire,  avec  témoins,  provenant  des  coll.  Crozet  et  Double. 
On  voit  par  le  sommaire  ci-dessus  qu'il  existe  une  édition  antérieure,  mais 
il  n*en  a  jamais  paru  d'exemplaire,  que  nous  sachions.  L'adresse  ci-dessus  nous 
donne  la  date  approximative  de  cette  édition,  car  nous  savons  (voir  Didot, 
Essai  sur  la  grav.  s.  bois,  col.  157)  que  c'est  de  1522  à  1529  que  la  veuve  Janot 
demeura  à  la  Corne  de  cerf. 

201 .  (BOUCHET,  J.)  Opusculles  du  trauerseur  des  ||  voyes  péril- 
leuses nouuellement  par  luy  reueuz  ||amandez  et  corri- 
gez. ||..  (Marque  de  de  Marnef  sur  le  titre.)  (A  la  fin  :)  Im- 
prime a  Poictiers  par  laques  Bouche t  A  la  Celle,  le  ix.  Da- 
puril  Lan  Mil  cimj  Cens  vingt  et  six  (i526).  ln-4,  goth., 
à  long,  lign.;  mar.  viol.,  fil.,  large  dent.,  tr.  dor.  (Thomp- 
son), 

Très-bel  exemplaire,  réglé,  d'une  édition  rare. 

202.  BOUŒET  (J.).  Le  Panegyric  du  Che-|luallier  sans  reproche 
[Louis  de  la  Trimouille].  (Au  v®  du  194®  f.  :)  Cf  finist  le 
Cheualier sans  reproche  côposep  maistre  Jehan  Bouchet...  Im- 
prime p  laques  Bouchet  demeurant  aud^  Poictiers  a  la  Celle  y 
Et  se  vedet  en  la  boutique  dudit  Bouchet  ^  au  PelUcan  près  le 
Palais  Et  fut  acheue  le.  xx^iii.  iour  de  mars  mil  cinq  cens, 
xxvii{iSi^).  In-4,  goth.  ;  mar.  olive,  tr.  dor.  (rel.  angL). 

Superbe  exemplaire. 

203.  (BOUCHET,  J.)  Les  triùplies  ||  de  la  Noble  et  amoureuse 
Da||me,  ^  Tart  de  honnestement  ||  aymer.  Compose  par  ||  le 


POÈTES   FRANÇAIS.  93 

Traiierseur  des  Voyes  périlleuses.  Nouuellemeiit  imprime  a 
Paris  y  M.D.  xxxix  (iSSg).  On  les  vend  en  la  rue  neufUe  nos- 
tre  Dame  a  lenseigne  S.  Jehan  baptiste ,  près  S.  Geneuiefue 
des  ardens^  par  Denjrs  ianot.  In-8 ,  golh.;  mar.  rouge,  fil.,  tr. 
dor.  {Niedréê). 

m 

Très-bel  exemplaire.  Titre  reraargé  en  tête. 

204.  (BOUCHET,  J.)  Les  angoysses  et  rel]medes  damours.  ||  Du 
Trauerseur,  en  son  adolescence.  On  les  vend  a  Poictiers  au 
Pélican.  (  A  la  fin  :  )  Imprime  a  Poictiers  le  huytiesme  iour  de 
lanuier  M. D. XXXVI.  par  lelian  ^  Enguilbert  de  Marnef frè- 
res. In-4,  goth.;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  {Padeloup), 

Première  édition.  Au  4®  f.,  se  trouve  une  gravure  sur  bois  de  style  ar- 
chaïque ,  portant  la  double  croix  de  Lorraine. 
Très-bel  exemplaire. 

205.  (BOUCHET,  J.)Le  lugement  poe-||tic  de  l'honneur  fe-||menin 
^  seiour  des  [|  illustres  claires  ^  lionnestes  Dames,  par  le  || 
Trauerseur.  On  les  vend  a  Poictiers  a  lenseigne  du  Pélican 
dauant  (sic)  le  Palais.  (A  la  fin,  en  caracl.  ilal.  :)  Imprimé 
à  Poictiers  le  premier  d Auril  M.D.XXXFllI  (i538)  par 
lehan  et  Enguilbert  de  Marne  f  Frères.  In-4  ,  goth.,  fig.  s. 
bois.;  mar.  violet,  fil.,  large  dent.  {rel.  angl.). 

Les  figures  sur  bois ,  dont  quatre  portent  la  croix  de  Lorraine ,  sont  re- 
marquables. Bel  exemplaire,  de  la  coll.  Double. 

206.  BOUCHET  (J.).  La  Flevr  et  trivmphe  de  cent  et  cinq  Ron- 
deaulx  contenans  la  constance ,  et  inconstance  de  deux  Amas 
composez  par  aucun  Gètil  Homme  présentez  et  dédiez  au 
Treschrestien  Roy  de  Fràce  a  qui  Dieu  dône  Iresbône  vie 
et  sente  pspere.  Et  adiouste.  xiij.  Rondeaulx  differans. 
Auec  XXV.  Balades  différentes  côposees  par  Maistre  lehan 
Bouchet  aultrement  dict  le  trauerseur  des  voyes  périlleuses 
Procureur  a  Poyctiers.  Nouuellemtt  imprimes  A  Lyon.  M.D.XL 
(i54o).  On  les  vend  a  Lyon  ^  en  rue  Mer  cire  en  la  Boutique 
de  lehan  Mousnier  près  du  Maillet  dargent.  Pet.  in  8,  goth. 
(titre  en  lettres  rondes),  de  48  ff.  non  chiffrés  (A.-E,  G,  par 
8);  mar.  citr.,  fil.,  tr.  dor.  {anc.  rel.). 

Exemplaire  de  Ch.  Nodier  et  d'Yemeniz.  Un  peu  court  en  tête,  mais 
avec  témoins. 

207.  BEAULlEU(Euslorgde). 


94  BELLES-LETTRES. 

Le8  gestes  des  soI||liciteurs 
Ou  les  lisans  pourrDt  cognoistre 
Quest  ce  de  solliciteur  estre 
Et  qui  sont  leurs  réformateurs. 

(Au-dessous,  une  marque  de  Jehan  Guyart,  qui  n'est  pas 
celle  donnée  qui  est  au  Manuel,  Plus  bas  :)  Cum  priuilegio. 
vo  du  dernier  f.,  les  armes  de  la  ville  de  Bordeaux,  et  au- 
dessous,  cette  souscription  {)  Imprime  a  Bourdeaulx  le  vingt 
et  troisiesme  tour  de  aoust  Là  mille  cinq  cens  xxix  (1629) 
par  lelum  gujart  imprimeur.,.  Pet.  in-4,  goth.  ;  mar.  bleu, 
fil.,  tr.  dor.  [Kœhler). 

Pièce  de  vers  fort  [rare,  qu'on  a  considérée  longtemps  comme  la  plus 
ancienne  production  des  presses  bordelaises.  C'est,  en  tout  cas,  le  second 
livre  français  imprimé  à  Bordeaux. 

Exemplaire  aux  armes  et  chiffres  d'Audenet.  Coins  race. 

208.  BOURDIGNÉ  (Ch.).  La  Légende  I|  ioyeuse  maislre  Pierre 
Faifeu,  Cotenante  plusieurs  singularilez  ^  veri||lez...  (Au 
bas  du  litre  :  )  Tout  passe.  (A  la  fin  :)  Fin  desfaitz  ^  dictz 
ioyeulx  de  ma'ustre  pierre  faifeu  mis  ^  rédigez  par  niessire 
Charles  bor digne  prebstre  le  premier  iour  de  mars  lan  mil. 
ccccc.xxxï.  Jit  imprimez  a  Angers  lan.  M. D. XXXII.  (iSSa). 
Pet.  in-4,  goth.,  de  54  ff.;  mar.  vert,  fil., à  comp.,  tr.  dor. 
(  Bauzonnet"  Trautz  ) . 

Première  édition,  de  toute  rareté.  M.  Brunet  en  signale  une  de  1526, 
mais  nous  croyons  pouvoir  affirmer  qu'elle  n'existe  pas  :  l'émincnt  bibliogra- 
phe aura  été  induit  en  erreur  par  un  exem})laire  incomplet  (il  indique  52 
ff.),  privé  de  la  souscription  finale,  et  il  aura  pris  comme  date  du  livre  le 
chiffre  1526  qu'on  lit,  en  effet,  dans  la  bordure  du  titre  de  la  présente 
édition,  bordure  empruntée  sans  doute  à  un  ouvrage  antérieur. 

Magnifique  exemplaire,  avec  témoins.  Race,  ot  retouches. 

209.  BOURDIGNÉ  (Ch.).  La  Légende  de  maistre  Pierre  Faifeu, 
mise  en  vers  par  Charles  Bourdigné.  Paris,  Coustelier^  1723. 
In-8;  mar.  rouge,  fil.,  ir.  dor.  {^Anc.  rel.  aux  armes  de 
France). 

Exemplaire  imprimé  sur  vklin.  On  sait  que  cette  édition  contient  en  outre 
les  Poésies  diverses  de  Jean  Molinet,  extraites  de  ses  Faicts  et  dits. 

210.  DU  PRÉ  (J.).  •Le  palais  des  no||bles  Dames,  auqla  treze 
parcelles  ou  chambres  ||  principales  :  en  chascune  desquelles 

plusieurs  histoires....  Nouuellement  copose 
|coyse  par  noble  Jehan  du  pre.  (A  la  fin  :  ) 


sont  déclarées 
en  rithme  fran 


Adresse  a  tresillustre  ^treshaulte  prïcesse  madame  Marguerite 


POETES   FRANÇAIS.  95 

de  Frâce  Roynede  Nauarre...  S,  L  n.  d,  (après  i534).  In-8, 
goth.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  fil.  à  fr.,  tr.  dôr.  {Koehler), 

Ouvrage  non  réimprimé  et  de  la  plus  grande  rareté.  Très-bel  exemplaire, 
de  la  coll.  A.  Bertin. 

2 H  .  (DU  PONT,  G.).  Les  Controiiersses  des  Se||xes  Masculin  et 
Femenin  (par  Gralian  du  Pont,  seigneur  de  Drusac).  (A  la 
fin  :  ) 

Dedans  Tholose  :  imprime  entièrement 

Est  il  ce  liure  :  sachez  nouuellement 

Par  Maistre  Jacques  :  Colomies  suraorome 

Maistre  imprimeur  :  Libraire  bien  famé 

Lequel  se  tient  :  et  demeure  deuant 

Les  Saturnines  :  Nonains  deuot  conuent 

Lan  Mil  cinq  cens  trente  et  quattre  a  bon  compte 

Du  moys  Januier  trcntiesme  sans  mescompte. 

In-fol.,  goth.,  fig.  s.  bois;  mar.  bleu,  fil.,  tr.  dor.  (Simier). 

Première  édition,  fort  rare.  Plusieurs  pièces  de  vers  sont  licencieuses. 
Bel  exemplaire,  de  la  coll.  Solar. 

212.  DES  PERIERS.  Recveil  des  œvvres  de  fev  Bonaventvre 
desPeriers,  Vallet  de  Chambre  de  Treschrestienne  Princesse 
Marguerite  de  France,  Royne  de  Nauarre.  A  Lyon,  Par  lean 
de  Tournes^  i544-  Iï^-S  ;  mar.  bleu,corop.,  tr.  dor.  {Lefebvré)^ 

Première  édition ,  peu  commune.  Très-bel  exemplaire,  sauf  qq.  ff.  courts 
en  tête. 

213.  (RENÉ  D'ANJOU).  Labuze  en  court  [  L'Abusé  en  cour]  (par 
René  d'Anjou,  roi  de  Sicile).  S.  L  n.  d,  In-4,  goth.,  de  34 
ff.  n.  chiff.  (sign.  A-Gpar  4,  Hpar  6),  à  3g  lignes  par  page, 
fig.  s.  bois;    mar.  La    Vallière,   fil.  à    compart.,  tr.  dor. 

Édition  non  décrite,  ornée  de  onze  figures  sur  bois.  Magnifique  exem- 
plaire. 

G.  Poètes  anonymes  depuis  la  fm  du  XV  jusqu'au  milieu  du  XVP  siècle. 

214.  Heures  de  nostre  dame  en  fi*ancoys  et  en  latin  ||  Imprimées 
a  paris  nouuellement.  (Au  r^  du  dernier  f.  :)  Cy  finient  les 
heures  en  francois  Imprimées  a  paris  pour  Ânthoine  verard 
libraire  demourarU  sur  le  pot  nostre  dame  a  Ijmage  saint 
Jehan  leuangeliste.,,  S.  d.  (  i488  ou  i499)-  ^^^'  in-8,  goth., 
de  112  ff.  n.   ch.,  fig.  s.  bois;    mar.   rouge,   fil.  à  comp., 


96  BELLES-LETTRES. 

doublé  de  mar.  bleu  doré  en  plein,  tr.  dor.  {Trautz-Bau- 
zonnet). 

Au-dessous  du  titre  rapporté  plus  haut ,  se  trouvent  ces  huit  vers  : 

Lamoiir  de  dieu  chascun  ||  bon  cresUen 

Doit  acqu(*rir  en  son  cQ||menceineat 

En  desir&t  |)seiierer  en  bi^ 

Affin  quil  puisse  acquérir  saunement 

Et  appliquer  doit  son  entendement 

A  le  seruir  soir  et  au  malin 

En  recordant  ses  heures  dignement 

Translatées  sont  au  plus  près  du  latin. 

Le'dernier  f.  ne  contient  que  la  souscription ,  en  sept  li^es.  Les  figures 
sur  bois  sont  les  mômes  que  celles  qu'on  rencontre  dans  les  diverses  petites 
Heures  de  Vérard. 

Les  Heures  que  nous  décrivons  présentent  cette  particularité,  comme  celles 
que  Gringore  a  postérieurement  publiées,  qu'elles  sont  entièrement  en  vers  ; 
c'est  pourquoi  nous  avons  cru  devoir  les  placer  plutîSt  à  la  Poésie  que  dans 
la  section  des  livres  de  piété.  Leur  auteur  est  encore  inconnu,  et  elles 
avaient  échappé  aux  recherches  de  M.  Brun  et. 

Cet  exemplaire,  peut-être  UNIQUE,  est  d'une  conservation  admirable.  H 
provient  de  la  bibl.  de  M.  Yemeniz  et  a  reçu  une  de  ces  reliures  à  petits  fers 
et  à  l'Y  qui  sont  les  chefs-d'œuvre  de  Trautz-Bauzonnet. 


215.  Le  caquet]]  des  bonnes  Chambrières,  déclarant  ||  aucunes 
finesses  dont  elles,  vsent  j]  vers  leurs  inaistres  ^  niaistres-|| 
ses.  Imprime  par  le  com  |mandement  de  leur  l|  Secrétaire 
niai|',slre  Pierre  ||  babil||let.  Item  vne  Pronoslication  sur  les 
Maries  (C  femmes  veufues.  Auec  la  manière  pour  con||gnois- 
tre  de  quel  boys  se  ||  chaulfe  Amour.  On  les  vend  a  Ljron 
en  la  mayson  ||  de  feu  Barnabe  Cliaussardy  près  ||  nostre  dame 
de  Confort,  S.  d.  Pet.  in-8,  golh.,  de  12  flf.  (et  non  de  8  ff.), 
sign.  A.-C;  mar.  violet,  fil.  à  comp.,  Ir.  dor. 

C'est  la  plus  ancienne  édition  de  cette  spirituelle  facétie  en  vers. 

La  Pronostication..,  Four  lan  mil  dnq  cens  Z  cinquante  commence  au  fol. 
Cij  r®.  La  dernière  pièce  fmit  ainsi  :  Qu4)y  quHl  aduienne.  Finis. 

Exemplaire  de  Ch.  Nodier,  puis  d'Yemeniz,  avec  témoins,  le  seul  qui 
ait  passé  en  vente.  M.  de  Montaiglon  n'a  pu  consulter  cette  édition  pour  la 
réimpression  qu'il  a  publiée  de  cette  pièce. 

216.  (Le  Chevalier  aux  Dames.) 

Cy  est  le  Chevalier  aus  Dames 
De  grant  leaultez  et  prudence 
Qui  pour  les  garder  d'  to*  blasmes 
Fait  grant  prouesse  et  gr&t  vaill&ce. 


POÈTES   FRANÇAIS.  97 

(A  la  fin  :  )  C y  finit  le  Cheualier  auz  Dames,  Imprime  a  Mets 
par  maistre  Gaspart  Hochfeder  La»  vigille  de  saincte  Aga- 
the, Lan,  Mil  -v^  et.  a:i^/[|  (i5i6).  Pet.  in-4,  golh.,  fig.  sur 
bois;;  mar.  rouge,  doré  en  plein  à  petits  fers,  doublé  de 
mar.  bleu,  large  dent.,  tr.  dor.  (BauzonnetrTrautz). 

Édition  originale  et  fort  rare,  de  ce  poëme ,  en  forme  de  songe,  d'un  au- 
teur inconnu  qui  prend  la  défense  du  beau  sexe  contre  les  attaques  du  Ro- 
man de  la  Bose.  L'une  des  23  fig.  sur  bois  porte  le  nom  de  François  Oudet. 

Superbe  exemplaire  à  toutes  marges  :  on  dirait  môme  en  grand  papier. 
La  reliure  est  un  chef-d'œuvre.  De  la  coll.  Ycraeniz  (2075  fr.). 

217.  La  côplaïte  II  doloureuse  ||  du  nouue||au  marie.  S,  Ln,  d, 
Pet.  in-8,  goth.,  de  8  ff.  ;  mar.  vert.,  fil.,  tr.  dor.  {Niedrée), 

Môme  texte  que  dans  l'édition  de  Trepperel  (voir  le  n®  225  ).  Exemplaire 
réglé  et  très-grand  de  marges ,  provenant  de  la  bibl.  Yemeniz.  C'est  le  seul 
qui  ait  passé  en  vente. 

218.  La  côplainte  |]  du  prisonnier  damours  ||  faicle  au  jardin  de 
Il  plaisance.  S,  l,  n,  d.  Pet.  in-8,  goth.,  de  4  ^-i  de  22  li- 
gnes par  page,  deux  fig.  sur  bois  au-dessous  du  titre;  mar. 
vert,  tr.  dor. 

Cette  pièce  de  poésie,  imprimée  vers  1530,  est  réellement  remarquable. 

Exemplaire  de  Ch.  Nodier  et  d' Yemeniz,  avec  témoins.  C'est  le  même 
probablement  qui  a  servi  à  M.  Brunet  pour  s^  description  :  aussi  croyons- 
nous  que  c'est  par  suite  d'une  erreur  qu'il  indique  une  fig.  s.  bois  au  titre 
et  une  autre  au  v®  du  dernier  f.,  car  il  ne  paraît  pas  exister  d'autre  édition 
de  cette  Complainte  amoureuse. 

9 

219.  Les  con[]tenances  de  la  ||  table.  (A  la  fin  :)  Cy  finissent 
les  ôtenàces  de  la  table,  S.  1.  n.  d.  In-4,  goth.,  de  4  ff»; 
mar.  rouge,  fleurons,  tr.  dor.  (Trautz-Bauzonnet), 

Au-dessous  du  titre ,  se  trouve  la  marque  et  les  noms  de  P.  Marescbal 
et  de  Barnabe  Chaussart  qui  ont  exercé  ensemble  à  Lyon  de  1496  à  1504 
environ.  Édition  de  toute  rareté ,  qui  offre  un  texte  plus  correct  que  les 
autres. 

Exemplaire  Double,  grand  de  marges,  le  seul  qui  ait  passé  en  vente. 
Légers  race. 

220.  Le  Credo  du  commun  ||  peuple  celon  {sic)  le  temps  ||  qui 
court.  S,  l,  n,  d.  Pet.  in-8,  goth.,  de  4  ff-,  à  20  lignes 
par  page  pleine,  fig.  s.  bois;  veau  ant.,fil.  à  fi*.,  orn.  en 
or,  tr.  dor.  {Koekler), 

Dans  cette  pièce,  composée  de  18  huitains  en  vers  octosyllabiques,  le  poète 
anonyme,  en  prenant  successivement  pour  point  de  départies  phrases  du  Credo 


98  BELLES-LETTRES. 

latin,  exprime  les  doléances  du  peuple  contre  les  exactions  dont  il  est  la  vic- 
time. En  voici  un  fragment  : 

Crucifiants  est  et  sera 
Le  peuple  par  larrons  sergens. 
Et  iainais  on  ne  se  deffera 
•  De  pilleurs  et  mangeurs  de  gens. 
Adiiocatz  sont  frisques  et  gens 
De  nouz  {sic)  draps  et  laine  vestuz. 
Le  bruyt  de  nous  poures  indigens 
A  bas  mortuus  et  sepultus. 

La  première  page  contient,  au-dessus  et  au-dessous  du  titre,  cinq  petites 
gravures  et  une  fleur  de  lis  florentine.  Quatre  de  ces  figure^  représentent 
des  sibylles;  quatre  autres  sibylles  figurent  au  v°  du  feuillet.  Parmi  les  pre- 
mières, celle  qui  représente  la  sibylle  delphique  se  voit  au  v®  du  dernier  f.  du 
Monologue  de  la  Chamberiére  (  voy.  le  n»  232),  imprimé  à  Lyon  par  ou  pour 
Pierre  Prévost,  ce  qui  autorise  à  croiie  que  le  présent  volume  est  sorti  des 
mêmes  presses.  Il  est  imprimé  en  petits  caractères  gothiques  et  finit  au  f .  4  v« 
par  le  mot  :  Finis. 

Cette  pièce  curieuse  n'est  pas  indiquée  au  Mantiely  et  on  n'en  connaît 
aucune  autre  édition.  Exemplaire  Yemeniz,  réglé ,  peut-être  UNIQUE.  Deux 
marges  rapportées. 

221.  Le  II  débat  des  deux  bons  ||  Seruiteurs.  (A  la  fin  :)  Cj' 
Jinist  le  débat  des  deux  bons  seruiteurs,  S.   1.  n.  d.  (Paris, 

vers  i5oo).  In-4>  goth.,  de  12  ff.  ;  mar.  vert,  fil.,  Ir.  dor. 

{Niedréé). 

Opuscule  en  vers ,  en  forme  de  dialogue  entre  Taîné ,  le  jeune  et  l'ac- 
teur. Il  diffère  complètement  du  Doctrimil  des  bons  serviteurs. 

Édition  fort  rare.  Exemplaire  Yemeniz ,  très-grand  de  marges.  Qq.  pi- 
qûres race. 

222.  Les  dictz  de  |  salomon  Auecques  les  resjjpoces  de  marcon 
fort  ioyeujjses.  S,  L  n.  d.  In-8,  goth.,  de  4  ff-  ;  veau  écaille, 
fil.,  Ir.  dor. 

Ancien  fac-similé^  à  la  plume,  d'un  opuscule  rare,  et  passablement  li- 
bre, renfermant  40  strophes  de  trois  vers. 

On  y  a  joint  divers  fragments  de  vieilles  chansons  imprimées  en  caractère 
gothique ,  chansons  plus  que  légères  et  qui  paraissent  totalement  inconnues. 

Flxemplaire  Yemeniz. 

223.  Les  diclz  des || besles  ^  aussi  des|]oyseaulx.  (A  la  fin  :)  Ç^ 
finissent  les  dictz  des  oiseaulx.  Nouuellement  Imprime  a  Pa- 
ris en   la  rue  neufue  nostre  Dame  a  lescu  de  France,  S.  d. 
(vers  i5oo).   Pet.  in-8,  goth.,  de  12  ff.,  48  fig.  sur  bois; 
mar.  vert,  large  dent.,  tr.  dor.  (Niedrée), 

Le  titre  est  répété  au  verso  du  1^^  f.^  avec  un  changement  à^y  en  t  dans 


POETES  FRANÇAIS.  99 

le  mot  oiseaulx.  Cette  édition  sort  des  presses  d*Alain  Lotnan  ou  de  celles 
de  Jehan  Jehannot.  Exemplaire  de  Huzard  puis  d'Yemeniz,  et  le  seul  qui 
ait  passé  en  vente.  Coins  race. 

224.  Le  doctrinal  des  ||  filles.  S.  L  n,  d.  Pet.  in-4,  goth.,  de  6 
ff.,  sign.  a;  mar.  rougé,  dent.,  tr.  dor.* 

Édition  lyonnaise  de  la  fm  du  XV«  siècle,  dont  le  texte  est  conforme  à 
celle  de  Mareschal  et  Chaussart.  C'est  probablement  la  même  que  celle  dont 
M.  Brunet  a  signalé  deijx  exemplaires  (Nugent  et  Heber),  mais  qu'il'n'apas 
dû  avoir  sous  les  yeux,  la  description  rapide  qu'il  en  donne  n'étant  pas  d'ac- 
cord avec  le  présent  exemplaire.  En  effet,  le  titre ^  en  deux  lignes,  ne  donne 
que  :  Le  Doctrinal  des  fUles;  au  v®,  est  une  grande  figure  sur  bois  représen- 
tant une  Matrone  qui  enseigne  à  une  jeune  demoiselle.  Ce  Doctrinal  occupe 
les  sept  pages  suivantes  (à  20' lignes  par  page,  sauf  la  dernière  )  et  finit  ainsi  : 
Cy  fine  le  doctri\\nal  des  filles.  Il  est  suivi  d'une  pièce  en  vingt  vers  :  Les 
dix  cômàdemes  de  la  loy  de  dieu,  et  d'une  autre  :  Les  cinq  cornaderries  de  le- 
glise,  en  dix  vers.  Une  pièce  en  prose  :  Les  xii.  articles  de  la  foy  (14  lignes) 
termine  cette  édition  de  toute  rareté  que  M.  de  Montaiglon  n'a  pas  connue. 
Le  verso  du  dernier  f.  est  blanc. 

Magnifique  exemplaire ,  de  la  coll.  Yemeniz. 

225.  Le  doctrinal  des  ||  femmes  maries  {sic).  S.  /.  /^.  d,  (mar- 
que de  J.  Trepperel  sur  le  titre).  Pet.  in-4,  goth.,  de  6  ff. 
—  Le  doctrinal  des  nouueaulx  maripz.  S.  L  n.  d.  (même 
marque).  Pet.  in-4,  goth.,  de  6  ff.  —  La  complainte  du 
nouueau  marié.  S.  L  n,  d.  (même  marque).  Pet.  in-4?  goth., 
de  9  ff.  —  En  I  vol.  ;  mar.  rouge ,  fil.,  tr.  dor.  [Bradel). 

Pièces  fort  rares ,  fmîîrimées  vers  la  fin  du  XV«  siècle.  Au  verso  du  titre 
de  la  première,  on  trouve  une  figure  sur  bois,  très-médiocre,  représentant 
un  moine  assis  (peut-être  l'auteur  de  la  pièce)  devant  lequel  trois  bour- 
geois se  tiennent  debout. 

La  pièce  suivante  porte  au  v*»  du  titre  une  autre  gravure  qui  se  fait 
remarquer  par  la  bizarrerie  du  dessin  et  la  singularité* du  sujet  :  elle  re- 
présente 'un  homme ,  entouré  d'enfants  et  d'animaux  domestiques ,  battu 
par  sa  femme  «armée  d'une  quenouille.  Cette  même  «gravure  est  reproduite 
au  verso  du  titre  de  la  dernière  pièce. 
*  Exemplaire  d'une  conservation  hors  ligne ,  très-grand  de  marges.  Il  a 

appartenu  successivement  à  Le  Duc ,  Bignon  et  Brunet,  et  a  été  acheté  à  la 
vente  de  ce  dernier  1,250  fr. 

226.  La  doctrine  et  instru||ction  q  baillent  et  monstrent  ||  les 
bos  pères  a  leurs  enfans.  (A.  la  fin  :  ) 

Qui  ce  liure  voudra  acheter 
Autant  de  soir  que  de  matin 
Qui  sans  vienne  droit  marchander 
Chez  maistre  guUlaume  Balsarin. 


iOO  BELLES-LETTRES. 


Imprime  a  Lyon  MCCCCC  .  XXIII.  (i523).  Finis.  Pet.  in-8, 
goth.,  de  8  fî.,  fig.  s.  bois.  —  Le  testament  du  père  ||  Leql 
il  laissa  a  son  filz  :  a  la  ||  fin  de  ces  (sic)  iours,  pour  lis- 
trui||rea  vertu,  e  fouir  (sic)  aux  vices.  (À  la  fin  :) 

C y  finist  le  testament  du  père 

Et  a  este  nouuellement  imprime 

En  papier  non  pas  en  parchemin 

Qui  le  vouldra  acheter  • 

Vienne  chez  Guillaume  BaUarin, 

Pet.  in-8,  goth.,  de  8  ff.,  fig.  s.  bois.  —  En  i  vol.;  mar. 
vert,  doublé,  de  mar.  rouge,  orneni.,  tr.  dor.  (Bauzonnet). 

Cette  Doctrine  et  instruction  offre  une  rédaction  modifiée,  et  plus  déve- 
loppée, d'un  autre  opuscule  en  vers ,  intitulé  :  La  Doctrine  du  j>ére  au  fils^ 
dont  on  connaît  plusieurs  éditions.  Elle  se  compose  de  55  stances  de  4  vers 
octosyllabiques,  suivies  d*une  Conclusion  en  manière  de  Ballade,  en  4  stances, 
et  est  terminée  par  une  Response  que  baille  le  filz  au  père  des  enseignerriës 
que  luy  a  enseigner,  en  3  stances. 

Le  Testament  du  père  est  le  complément  de  la  pièce  précédente ,  et  on  ne 
connaît ,  de  Tune  et  de  l'autre ,  que  la  présente  édition. 

Exemplaire  Coste ,  puis  Yemeniz ,  le  seul  qui  ait  passé  en  vente.  Conser- 
vation parfaite. 

227.  La  Fontaine  II  Damours,  et  la  (sic)  description.  ||  Nouuel- 
lement imprimée.  ||  Et  se  commence. 

Nescio  quid  sit  arnor  nec  amoris  ||  sentie  nodum 
Sed  scie  si  quis  amat,  nescit  ||  habere  Dodumr 

S.  /.  n.  (L  Pet.  in-8,  goth.,  de  4  ff-j  fîg.  s.  bois;  mar.  vert, 
tr.  dor. 

Édition  fort  rare.  Exemplaire  de  Gh.  Nodier,  puis  d'Yemeniz. 

228.  La  fortune  ||  Damours. 

Sermon  ioyeulx  d'ung  verd  galant 
Et  dune  hergiere  iolye 
Que  peut  nommer  chascun  lisant 
Damour  la  fortune  ou  follye. 

(  A  la  fin  :  )  On  les  vend  a  /jaris  en  Icf.  rue  Neuf  ne  nostre  Dcune 
a  lenseigne  de  lescu  de  France,  S.  d.  Pet.  in-8,  goth.,  de  8 
fT.,  fig.  s.  bois.  —  Le  deprofunjdis  des  amou||reux. //7t- 
prime  ^nouuellemet  a  Paris.  S.  d.  Pet.  in-8,  gotb.,  de  4 
ff.,  fig.  sur  bois.  —  En  i  vol.  ;  mar.  violet,  fil.,  tr.  dor.  {aux 
armes  de  A,  Audenet). 


POETES   FRANÇAIS.  101 

La  première  de  ces  pièces  est  écrite  en  vers  de  huit  syliables,  divisés  en 
stances  de  6  à  10  vers  ;  la  seconde  se  compose  de  27  quatrains  octosyllabi- 
ques.  On  n*en  connaît  pas  d'autre  édition ,  et  le  présent  exemplaire ,  prove- 
nant des  coll.  Ch.  Nodier  et  Yemeniz,  est  le  seul  qui  ait  passé  en  vente. 

229.  Le  giroufïlier  aux  dames.  ||  ensemble  le  dit  des  sibiles.  || 
Epistre  de  seneque  a  lucille  cosolaloire  de  libéral  ||  leur 
amy  q  estoit  triste  pour  ce  q  la  cite  de  lyon  dont  ||  il  esloit, 
estoît  arse  et  brulee  :  par  ceste  epistre  on  peut  ||  clerement 

^  congnoistre  quât  et  cornent  la  cite  de  lyon  fut  derniereiht 
destruicte.  Et  en  quel  lieu  elle  estoit  fondée  ||  et  quelle  elle 
estoit  et  les  ans  de  sa  durée.  S,  /.  n.  cl.  Pet.  in-4?  goth., 
de  ï6ff.,  fig.  s.  bois;  mar.  bleu,  fil.,  tr.  dor.  i^Bauzonnet- 
Trautz). 

Le  dernier  opuscule  est  en  prose.  Cette  édition,  fort  rare,  est  sortie  pro- 
bablement des  presses  lyonnaises  au  commencement  du  XVJe  siècle. 
Exemplaire  Yemeniz,  très-beau,  sauf  un  petit  race,  au  le»"  f. 

230.  La  grâd  patiéce  des  ||  Femmes  oXve  leurs  Maris.  S.  L  n,  d. 
Pet.  in-8,  goth.,  de  4  ff-  ;  mar.  rouge,  fil.,  Ir.  dor.  {^rrautz- 
Bauzonnei). 

Pièce  imprimée  vers  4530  et  dont  on  ne  connaît  que  cette  édition.  Exem- 
plaire Yemeniz.  Qq.  marges  rapportées. 

231.  Livre  de  la  fontaine  perillevse,  avec  la  chartre  d'amours  : 
autrement  intitulé,  le  songe  du  verger.  OEuvre  très-excellent, 
de  poésie  antique  contenant  la  Steganographie  des  mystères 
secrets  de  la  science  minérale.  Auec  commentaire  de  L  G.  P. 
(Jean  Gohory  Parisien).  A  Paris ,  pour  ledn  Ruelle^  libraire 
demeurant  rue  sa'uict  laques ,  à  V enseigne  S,  Hierosme^  1672. 
In-8,  de  48  ff.;  mar.  vert,  fil.,  riches  orn.  sur  les  plats ,  tr. 
dor.  (Duru). 

Gohory  s'est  trompé  en  croyant  voir  un  poème  hermétique  dans  ce  livre 
d'amour,  dont  voici  le  sujet  :  Un  jeune  homme  se  désaltère  à  la  fontaine  pé- 
rilleuse de  l'amour  ;  un  vieillard  le  conduit  dans  la  Chartre  (prison)  d'amour, 
où  la  vue  des  infortunés  atteints  de  cette  passion  inspire  au  jouvenceau  des 
idées  plus  sages. 

232.  Monologue  Ijnouueau  et  fort  ioyeulx  de  la  Cham||beriere 
desproueue  {sic)  du  mal  damours.  (A  la  fin  :)  On  les  vent  a 
Lion  près  les  Imlles  par  pierres  preuostj  et  au  palajs  a  la  Ga- 
lerie de  la  cliancellerie.  Finis,  S.  d.  Pet.  in-8,  goth.,  de  l\ 
ff.,  fig.  s.  bois;  mar.  bleu,  fil.,  tr.  dor.  {Trautz-Bauzonnet). 

Le  titre  est  suivi  d'une  figure  sur  bois,  et  la  souscription,  d'une  grande 


402  BELLES-LETTRES. 

fleur  de  lis  florentine.  Deux  petites,  vignettes  sur  bois  au  verso  du  dernier  f. 
ExempL  Yemeniz.  Deux  marges  en  tête  rapportées. 

233 .  Le  passe  || Temps,'et  le  songe  ||  du  Triste.  Lamant||  triste  son- 
geant. (A  la  fin  :  )  Cy  fine  ce  présent  Hure  intitule^  Le  pa^se 
Temps  y  et  le  songe  du  Triste  ^  Auec  le  De  profundis  des  Amou- 
reux 9  NouUellement  imprime  a  Lyon  :  par  ArUoyne  Blanchard. 
S.  d.  (i53o).  Pet.  in-8,  goth.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  fil. 
à  fr.,  tr.  dor.  (Duru). 

A  la  suite  de  la  souscription  on  lit  ces  quatre  vers  : 

Lan  de  troys  croix,  cincq  croyssans,  ung  trepier 
Yindrent  despaigne  nez  seigneurs  filz  de  france 
Et  a  Bayonne  de  Juillet  le  premier, 
De  leur  ostage  fut  faicte  deliurance. 

t 

m 

L*année  indiquée  dans  cette  sorte  de  rébus  est  1530  (MCCÇCCXXX)  : 
c'est  en  effet  à  cette  date  qu*Henri,  dauphin  de  France,  et  Charles,  duc  d'Or- 
léans ,  tous  deux  fils  du  roi  François  1er,  furent  ramenés  en  France  :  ils 
avaient  été  envoyés  en  1526  à  Madrid,  comme  otages,  en  échange  de  leur 
père,  prisonnier  de  Charles-Quint  après  la  bataille  de  Pavie. 

Édition  fort  rare.  Exemplaire  Yemeniz,  le  seul  qui  paraisse  avoir  passé  en 
vente.  Légers  race. 

234.  LA. Il remembrance  du  ||niauuais  riche.  (A  la  fin  :  )  Cyfinist 
la  remembrance  du  mauuais  riche.  S.  1.  n.  d.  In-4  j  goth., 
de  4  ff-?  ^  ^^  lignes  par  page;  mar.  grenat,  fil.  à  fr.,  tr. 
doT.  (Duru). 

Cette  édition  Unique  a  dû  être  imprimée  à  Lyon  à  la  fin  du  XV«  siècle. 
Exemplaire  provenant  de  Cailhava  etd'Yemeniz,  avec  qq.  racô.  C'est  le  seul 
qui  ait  passé  en^ vente. 

235.  Ij.a  Source  Dhonneur,  pour  maintenir  la  corporelle  Elé- 
gance des  Dames  ei;  vigueur  fleurissant,  et  pris  inextima- 
ble,  auec  vne  belle  Epislredune  Noble  Dame  alson  Seigneur 
et  Amy.  Nouuellemèt.  i532.  On  les  ved  a  LyoUy  en  la  bou- 
tique de  Romain  M  or  in,,.,  (A  la  fin  :  )  Imprime  a  Lyon  par 
Denys  de  Harsy,  pour  Romain  Morin  libraire  Demourant.  en 
la  Rue  Mercière,  i532.  Pet.  in-8,  de  72  (T.,  lettres  rondes, 
fig.  s.  bois;  mar.  br.,  fil.,  tr.  dor.  (T/ioui^enin). 

Deuxième  édition ,  très-rare ,  identique  avec  la  première.  Le  titre  est  en- 
touré d'un  encadrement  genre  Geoffroy  Tory,  avec  les  initiales  de  l'impri- 
meur, D.  D.  H.  entrelacées.  Le  volume  est  orné  de  39  vignettes,  dont  7  ré- 
pétées. Elles  sont  de  deux  provenances  différentes,  les  unes  assez  fines,  les 
fifutres  un  peu  grossières,  et  paraissent  avoir  été  empruntées  en  partie  à  une 
édition  illustrée  de  TÉnéide.  Les  grandes  initiales  ornées  sont  bien  dessinées 
et  ne  manquent  pas  d'intérêt. 


POÈTES  FRANÇAIS.  103 

Ce  petit  volume  n'a  jamais  été  analysé,  que  nous  sachions,  et  il  méritait 
de  Têtre.  Le  titre  ne  donne  pas  exactement  Tidée  du  livre.  C'est  un  traité  de 
morale  où,  dans  des  vers  passablement  alambiqués,  Tauteur  recommande  à 
ses  lectrices^  d'afcquérir  les  vertus  et  les  qualités  qui  font  Tornement  du  beau 
sexe,  telles] qu'humilité ,  persévérance ,  honnêteté  (pudeur),  chasteté ,  pa- 
tience, libéralité,  etc.,  etc.  A  l'appui  de  ses  préceptes,  il  invoque  des  exem- 
ples empruntés  à  l'histoire  sacrée  et  profane ,  ancienne  et  moderne ,  sous 
forme  de  petits  récits  en  prose.  On  y  trouve  d'un  côté  l'histoire  de  Lucrèce, 
de  Virginie,  de  Sémiramis,  d'Esther,  de  sainte  Cécile,  de  sainte  Godelienne 
de  Flandres,  etc.;  de  l'autre,  les  aventures  du  seigneur  de  Varembon, 
l'histoire  de  GriseUdis ,  celle  de  la  comtesse  de  Vendôme,  d'après  Christine 
de  Pisan,  celle  de  la  reine  Blanche  de  Castille,  celle  d'une  princesse  de  Sa- 
lerne ,  un  «  exemple  de  la  grande  libéralité  et  courtoysie  que  fist  le  bon  et  ver- 
«  tueux  seigneur  de  Bayart  à  son  îiostesse  et  à  ses  filles  en  la  ville  de  Bresse  », 
etc.,  etc.  Ces  historiettes  sont  en  général  fort  bien  tournées  et  pleines  de 
vei've  :  leur  auteur  mérite  une  place  distinguée  parmi  nos  conteurs. 

Le  traité  de  la  Source  d'honneur  est  terminé  par  une  pièce  de  vers  (Exem- 
ple de  mirouer  d'entendement  par  la  mort),  où  le  poëte  passe  en  revue  toutes 
les  reines  et  princesses  les  plus  célèbres  qui  sont  mortes  dans  la  seconde 
moitié  du  XV e  siècle  :  c'est  un  morceau  fort  intéressant. 

A  la  suite  se  trouvent  Les  Epitaphes  des  neufpreuses  (Thomyris,  Sémira- 
mis, Menelape,  Amazone,  Lampheton,  Creuse,  Panthasilée,  Hippôlyte  etDéi- 
phille),  et  enfin  cette  belle  Epistre  d'une  noble  dame  à  son  seigneur  et  amy, 
annoncée  au  titre.  Cette  épître  en  vers  cadre  mal  avec  les  préceptes  moraux 
qui  font  le  principal  sujet  du  volume,  et  il  ne  serait  pas  prudent  de  permettre 
à  une  jeune  fille  la  lecture  de  certains  passages  où  : 

La  plus  dolente  et  angoisseuse  femme 
Qui  oneques  fat  en  ramoureufte  flamme, 

fait  le  récit  d'une  halte  «  en  ung  grand  boys  ». 

L'auteur  de  ce  livre  n'est  pas  connu,  mais  la  nature  de  son  talent  se  rap- 
proche beaucoup  de  celui  de  Jean  Dupré,  gentilhomme  du  Quercy,  à  qui 
nous  devons  le  Palais  des  nobles  dames  (voir  plus  haut ,  le  n»  210.) 

Ce  petit  volume,  parfaitement  conservé ,  sauf  une  piqûre  de  vers  insigni- 
fiante, a  été  payé  375  fr.  à  la  vente  Martin  en  1869. 

236.  Les  venles||damours.  (A  la  fin  :)  cf  finent  les  verdies  da- 
mours.  S.  1.  n.  cl.  Pet.  in-4,  goth.,  de  8  ff.  n.  ch.,  sign.  (A)- 
B;  mar.  vert,  riches compart.  et  dent.,  tr.  dor.  (Chambolle- 
Dura). 

Ce  dialogue  en  vers  octosyllabiques  entre  l'amant  et  Vamye,  qui  n'est 
qu'un  souvenir  d'un  jeu  de  société  du  XV©  siècle ,  eut  de  nombreuses  édi- 
tions :  elles  diffèrent  toutes  entre  elles.  Celle-ci  est  probablement  la  même 
que  la  première  insuffisamment  décrite  au  Manuel,  Elle  est  fort  rare  et  s'éloigne 
sensiblement  de  trois  éditions  d'après  lesquelles  M.  de  MontaigloTi  a  fait  sa 
réimpression.  Au-dessous  du  titre ,  se  trouve  une  grande  figure  sur  bois 
représentant  l'amant  et  l'amie  se  parlant  debout;  elle  se  répète  au  verso 
du  môme  feuillet.  Le  texte  commence  ainsi  :  Sensuyuent  les  ventes  da- 


104  BELLES-LETTRES.   , 

mours.  Les  pages  pleines  comptent  chacune  trente:  lignes.  Le  verso    da 
dernier  f.  est  blanc. 

Très-bel  exemplaire,  dans  une  riche  reliure.  Qq.  race. 

237.  Les  ventes   damours,  S,  L  n.  d.  In-47  golh.,  de  10  ff.; 
mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  {Trautz-Bauzonnet). 

G*est  la  môme  donnée  que  celle  de  Tédition  ci-dessus,  mais  la  rédaction 
en  est  différente.  Sur  63  strophes  ,  formant  ensemble  322  vers,  il  n'y  a  que 
huit  strophes  qui  sont  soit  identiques,  soit  légèrement  modifiées.  La  pièce 
n'est  plus  disposée  en  dialogue,  en  ce  sens  que  les  noms  de  deux  interlocu- 
teurs, ïamant  et  Vamie,  n'y  figurent  point  en  tête  des  stances.  Cette  édition 
paraît  avoir  été  imprimée  à  Lyon ,  avant  1500,  avec  les  mêmes  caractères 
que  le  Repues  franches.  Le  présent  exemplaire  doit  être  le  môme  que  celui 
que  M.  Brunet  a  décrit  et  qu'il  déclare  incomplet.  En  effet,  le  f.  de  titre 
semble  refait,  probablement  sur  celui  d'une  autre  édition,  car  on  ne  connaît 
de  celle-ci  que  ce  seul  exemplaire.  Le  texte  commence  ainsi  :  Cy  après 
sensuiuet plusieurs  \\  ventes  damours.  Le  f.  suivant  porte  la]signature  a.  3;  la 
seconde  signature  est  6.  1.  Le  dernier  vers  des  Ventes  d'amour  est  : 

Me  donne  espoir  darooiirprochayne. 

A  la  suite  :  Cy  dessoubz  sensuyuent  dictz  a  plaisance,  qui  comptent  12  vers. 
Très-bel  exemplaire,  avec  témoins.  Qq.  race. 


D.  Depuis  Marot  jusqu'à  Ronsard ^ 

238.  MAROT  (Jean  Desniarels,  dit),  lan  Marol  de  Caen  sur  les 
deux  heureux  voyages  de  Gènes  et  Venise,  victorieusement 
mys  a  fin,  Parle  Ireschreslien  Roy  Loys  Douziesme  de  ce 
,  nom.  Père  du  Peuple.  Et  véritablement  escriptz  par  iceluy 
lan  Marot,  alors  Poêle  et  Escriuairi  de  la  tresmagnanime 
Royne  Anne ,  Duchesse  de  Bretaigne,  et  depuys,  valet  de 
chambre  du  Ireschrestié  Roy  Francoys,  premier  du  nom... 
(A  la  fin  :)  Ce  présent  Liure  fut  acheue  dimprimer  le  xxii. 
lour  de  lanuier .  m.d.  xxxii.  (iSSa)  pour  Pierre  Rouf  et  y  dict 
le  Faulclieur^  par  Maistre  Geufroj  Tory  de  Bourges ^  Impri- 
meur du  Roy.  In. 8.  —  Le  Recueil  lehan  Marot  de  Caen, 
Poêle  et  escripuain  de  la  magnanime  Royne  Anne  de  Bre- 
taigne... {Même  adresse.)  S.  d.  In-8,  de  [\o  ff.;  mar.  rouge, 
fil.,  tr.  dor.  (Kœkler). 

Édition  originale ,  aussi  précieuse  que  rare,  surtout  pour  le  second  re- 
cueil. Quant  au  premier,  on  n'en  rencontre  presque  jamais  un  exemplaire 
aussi  complet  que  celui-ci .  Le  volume  compte  bien  en  effet,  CI  ff.  chÛfréSy 
mais  ce  que  M.  Brunet  n'indique  pas,  c'est  que  le  dernier  cahier,  N,  com- 
mençant au  f.  XGVIl,  n'offre  que  5  ff.  imprimés,  qui  doivent  être  suivis  des 
3  ff.  blancs,  pour  que  ce  cahier  soit  complet.   Or  ces  3  ff.,  qui  manq[uent 


POÈTES  FRANÇAIS.  105 

presque  toujours,  se]  trouvent  dans  le  présent  exemplaire.  Il  provient  de  la 
bibl.  Viollet-le-Duc.  Le  f.  de  garde  porte  cette  note  autographe  signée  de  Jules 
Janin  :  «  Le  Becuei/  de  Jehan  Marot,  à  la  suite  de  ces  Deux  Voyages^  est  tout 
«  à  fait  nonrogné,  intonsis  capillis.  Le  titre  et  la  dernière  page,  quelque  peu 
«  endommagés,  ont  été  habilement  réparés.  »  Il  faut  y  ajouter  que  plusieurs 
autres  ff.  ont  aussi  été  raccommodés. 

239.  MAROT  (Jean).  Recveil  ||des  œvvres|  lehan  Marot  illuslre 
poète  II  Frandoys,  Contenant  j)  Rondeaiilx.  (jEpîstres;  || 
Vers  espars.  ||  Chantz  diuers.M.  d.xxxiiii  (i534).  On  les  vend 
a  Lyon  en  la  maison  de  Fràcoys  luste  Demourant  deuant 
nostre  Dame  de  Confort.  Pet.  in-8  allongé,  goth.,  de 42  ff., 
sign.  A-Epar  8,  F,  2  ff.;  mar.  rouge  jans.,  tr.  dor.  (Dura). 

Édition  non  indiquée  au  Manuel  et  de  toute  rareté.  Le  cadre  qui  entoure 
le  titre  porte  en  haut  les  mots  :  ACABH  TYXH,  et  au  bas,  l'initiale  F.  Les 
ff.  sont  numérotés  en  chiffres  arabes ,  sauf  le  titre,  et  le  dernier  f.  qui  ne 
contient  que  la  marque  de  Fr.  Juste. 

Cette  édition  contient  en  plus  de  la  précédente  les  Proverbes  énigmatiques 
et  un  decasticon  intitulé  :  Quod  Maro  non  Marotus  sitdicendum  latinis. 

Très-bel  exemplaire,  saufqq.  race. 

240.  MAROT  (Clément).  I^d61e||scence  ||  Clemen||tine.  Autre- 
ment, Les    Oeuures    de  Clément   Marot  ||  de   Cahors   en 

Quercy, composées  en  leage  de  son  Adolescence Le 

tout  reueu,  corrige  et  mis  en  bon  ordre On  les  vend  a 

Paris,  deuant  Lesglise  Saincte  Geneuiefue  des  Ardens,  Rue 
Neufue  nostre  Dame.  A  Leiiseigne  du  Faulcheur...  (A  la 
fin  :  )  Ce  présent  Liure  fut  acheue  dimprimer  le  Lundj.  xij 
iour.  Daoust.  Lan.  M.  D.  XXXII  (i532).  Pour  Pierre  Roffet y 
dict  le  Faulcheur,  Par  Maistre  Geofroy  Tory.  Iviprinieur  du 
Roy,  In-8,  de  4  ff-  prél.,  ii5  ff.  €^i  i  f .  d'errata;  mar. 
rouge,  compart.  à  la  Grolier,  tr.  dor.  {Duru). 

«  Première  édition  avouée  par  Fauteur.  Elle  est  extrêmement  rare.  On 
((  n'a  pas  encore  trouvé  d'exemplaire  de  l'édition  fautive,  imprimée  à  son 
«  insu,  dont  il  se  plaint  dans  Tépître  prél.  et  au  f.  89  de  celle-ci.  L'édition 
«  suivante  de  Cl.  Marot  a  été  le  dernier  ouvrage  imprimé  par  Tory  même 
«  (Didot,  Catal.  raisonné^  n»  748).  » 

Le  Manuel  ne  cyte  que  l'exemplaire  Solar  acquis  par  la  Bibliothèque  na- 
tionale; depuis,  aucun  autre  n'a  passé  en  vente. 

Très-bel  exemplaire,  sauf  qq.  coins  race. 

241.  MAROT  (Cl.).  La  Svite  de  radojjlescence  Clémentine,  Dont 
le  II  contenu  pourrez  veoir  a  ||  l'autre  costé  de  ce  fueillet. 
On  la  vend  a  Paris  en  la  rue  neufue  nostre  Dame  deuant  l'E- 
glise saïncte  Geneuiefue  des  Ardens  a  lenseigne  du  Faulcheur, 


i06  BELLES-LETTRES. 

Auec  Priuilege  pour  trois  ans.  i534.  Pet.  in-8,  de  4  ff-  et  i52 
pp.;  mar.  rouge,  orn.  sur  les  pL,  Ir.  dor.  [Diirii). 

(y.  On  n'avait  pas  remarqué  jusqu'ici  que  le  privilège  au  nom  de  la  veuve 
n  de  Pierre  Roffet  lui  permet  de  faire  imprimer.  Comme  on  sait  qu'elle  n'é- 
«  tait  que  libraire,  il  se  peut  que  la  veuve  de  Tory  (si  elle  a  jamais  exercé, 
«  ce  que  M.  Bernard  n'a  pas  établi  avec  certitude)  ait  imprimé  ce  volume , 
«  car  ce  sont  bien  les  petits  caractères  (corps  dix)  que  son  mari  a  employés 
«  dans  plusieurs  de  ses  éditions  (Didot,  CataL  raisonné,  n*»  750).  » 

Édition  extrêmement  rare ,  dont  on  ne  cite  aucune  adjudication.  Magni- 
fique exemplaire,  réglé. 

2i2.  MAROT(Cl.).  Ladolescen||ce  clemen||tîne.  Aultremént,  Les 
Oenures  de  Cle(tment  Marot  du  Cahors  en  Quercy,  (|  Valet  de 
Chambre  du  Roy...  On  les  vend  a  Lyon  a  la  Fleur  de  Lys  dor 
en  la  Boutique  de  Guillaume  Boulle  Librayre  en  la  Rue  Mer- 
cierç.  i534.  In-i6,  de  i52  ff.,  lettres  rortdes.  —  La  suite  de 
ladolescen[jce  Clémentine  dont  le  cotenu  sensuyt.  ||  Une  Eglo- 
gue  sur  le  Irespas  de  Ma||dame  Loyse  de  Sauoye  mère  du 

Roy On  les  vend  a  Ljo...  en  la  Boutique  de  Guillaume 

Boulle.  i534.  In-i6,  goth.,  de  8  ff.  et  lyS  pp.  — Re- 
cveil  II  des  œuvres  lehan  Marot  [|  illuslre  poète  Frâcoys ,  |j 
Contenant.  ||  Rondeaulx.  ||  Epislres.  |  Vers  espars.  ||  Chaifts 
Royaux.  [|  M.  D.  xxxiv.  In-i6,  de  56  ff.,  lettres  rondes, 
fig.  s.  bois.  Relié  en  2  vol.,  mar.  bleu,  compart.  à  la  Grolier, 
doublé  de  mar.  rouge,  large  dent.,  tr.  dor.  {Trautz-Bau- 
zonnet). 

Édition  de  toute  rareté,  imprimée  sur  papier  fort. 

Exemplaire  Yemeniz ,  le  seul  cité  par  M.  Brunet  et  qui  paraît  être  le 
SEUL  CONNU  jusqu'à  pré-sent.  La  reliure  de  ces  deux  volumes  est  un  petit 
chef-d'œuvre. 

2i3.  MAROT  (Cl.).  Les  œuures||  de  Clément  Marot  va||let  de 
chambre  dv[[Roy.  Desquelles  le  contenu  sensuyt.  [  Lado- 
lescence  Clémentine,  ||  La  suytle  de  ladolescence ,  |  Deux 
Liures  dEpigrammes  bien  augmentées.  ||  Le  premier  Hure 
de  la  metamorllphose  dOuide.  (|  Le  tout  par  luy  aultre- 
mént, et  mieulx  ordonne,  que  par  cy  deuant.  ||La  Mort  ny 
mord,  y  Pour  Antlioine  bonnemere  ||  demouranl  a  Ihostel  dAl- 
bret.  In- 16,  lettres  rondes,  fig.  s.  b.;  mar.  rouge,  fil.,  tr. 
dor.  ionc.  reL). 

Édition  non  décrite  auMawwe/.  La  date  a  été  grattée  au  titre.  Le  volume  se 
compose  de  quatre  parties  :  la  première  compte 98  ff.,  chiffrés  ii  à  xlviii,  xliià 
xlviii,  lix  à  Ix,  li  à  Ivi,  Ixv  à  Ixxx,  Ivii  à  Ixiiii,  Ixxxiàlxxxviii,  Iviiàhiii,  sign. 
a-nij  ;  —  la  seconde,  portant  le  titre  :  La  suite  de  \\  ladolescence  cîe-\\mentine.,.. 
et  la  date  de  1539,  compte  106  ff.,  mal  chiffrés,  Tavant-dernier  côté  cxx,  et 


POETES   FRANÇAIS.  107 

le  dernier  blanc  ;  sign.  A-Oi;  —  la  troisième  (intitulée  :  Les  Epigrckm\\mes  de 
Clément Ma=\\rot,  Diuisez  en  deux  Liures),  a  34ff. ,  bien  chiffrés,  sign.  Aa-Ee  ; 
—  la  quatrième  {Le  Premier  li-\\vre  de  lametamor\\phose  dOuide,  translate  \^ 
de  Latin  en  Francoys  \\  par  Clément  \\  Marot),  compte  30  ff.,  sign.  aA — eE  ;  on 
lit  à  la  fin  de  cette  partie  :  On  les  vend  a  Paris  par  Anthoine  bonnemere,  de- 
meurant a  Ihostel  dAlbret  deuant  sainct  Hilayre,  4534. 

Enfin,  à  la  suite  se  trouve  une  EgJogue  faicte  par  Marot,  qui  compte  8  ff. 

Cette  édition  de  Bonnemere  est  antérieure  à  celle  sans  date  donnée  par  le 
même  imprimeur  et  qui  porte  des  accents,  tandis  que  celje-ci  n*en  a  point. 

Très-bel  exemplaire,  dans  une  excellente  reliure  digne  de  Boyet. 

244.  MAROÎ  (Cl.).  Les  Oeuures  de  ||  Clément  Ma=j|rot  valet  de|| 
chambre  du||Roy.  Desquelles  le  contenu  sensuit.  ||  L'ado- 
lescence Clémentine,  ||  La  suite  de  L'adolescence  :  bien  aug- 
mêtees.  Deux  liures   d'Epigrammes.  ||  Le  premier  Hure,  de 


la  Meta^l 
et  mieulx 


morphose  d'Ouide.  ||  Le  tout  par  luy  autrement, 
ordonné,  que  par  cy  deuant.  ||La  Mort  ny  mord. 
On  les  uend  a  I/fon^  chez  Grjrphius  (i538).  2  tom.  en  i  vol. 
in-8,  goth.,  de  90  ff.,  gS  ff.  (le  Manuel  dit  à  tort  96),  32 
ff.,  26  ff.;  vél.  blanc,  tr.  dor.  (JBauzonnet), 

Édition  précieuse,  la  môme  que  celle  de  Dolet  de  1538.  Magnifique  exem- 
«    plaire,  sauf  qq.  taches  et  légers  race.  Il  avait  appartenu  à  Heber,  A.  Berlin, 
Le  Roux  de  Lincy  et  Solar. 

245.  MA.ROT  (Cl.).  Les  Oeuures  de  Clément  Marot...  On  les 
uend  a  Lyon  chez  Francojs  luste,  (A  la  fin  :  )  Imprime  a  Lyon 
par  lehan  Barbon,  i539.  In-i6,  golh.;  mar.  rouge,  fil.,  fleu- 
rons, tr.  dor.  (Z.  Tripon), 

Édition  précieuse  et  rare.  . 

Bel  exemplaire,  mais  un  peu  court  (115  mill.  de  h.). 

246.  MAROT  (Cl.).  Les  Oeuures  de  Clément  Marot  de  Cahors, 
Valet  de  chambre  du  Roy.  Augmentées  d'ung  grand  nom- 
bre de  ses  compositions  nouuelles,  par  cy  deuant  non  im- 
primées. Le  tout  songneusement  par  luy  mesmes  reueu... 
A  Lyon  Chés  Estienne  Dolet ^  iS[\2.  Pet.  in-8;  mar.  rouge, 
fil.*,  à  comp.,  doublé  de  mar.  bleli ,  riches  orn.,  tr.  dor. 
(Lortic) . 

Édition  fort  rare  et  l'une  des  plus  recherchées  à  cause  des  Œuvres  les  plus 
nouvelles,  données  ici  pour  la  première  fois. 

Magnifique  exemplaire,  grand  de  marges  (H.:  0,149). 

247.  MAROT  (Cl.).  Les  Oevvres  de  Clément  Marot  de  Cahors, 
valet  de  chambre  dv  Roy.  Augmentées  d'ung  grand  nombre 
de   ses   compositions    nouuelleà...   A  Lyon,  Chés  Estienne 


108  BELLES-LETTRES. 

Dolet,  i543.  2  pari,  en  i  vol.  pet.  in-8  ;  inar.  rouge,  fil.  à 
comp.,  tr.  dor.  {Duseuil). 

Édition  précieuse  et  aussi  rare  que  la  précédente.  Très-bel  exemplaire, 
réglé.  H.:  0.147. 

248.  MAROT  (Cl.).  Les  ||  Oeuures  de  \\  Clément  Marot,  ||  de 
Cabors,  valîet[|de  Chambre  du  Roy.  ||  Plus  amples,  et  en 
meilleur  orjjdre  que  parauant.  A  Paris,  Cliés  Nicolas  du  Che^ 
mirij  à  l'enseigne  du  Grjphon  (T argent,  deuant  le  collège  de 
Cambray,  i546.  2  tom.  en  i  vol.  in-i6;  mar.^citr.,  milieu 
en  mosaïque,  tr.  dor.  {Trautz-Bauzonnei). 

Jolie  édition  en  caractères  italiques ,  non  indiquée  au  Manuel,  Voicî  sa 
composition  :  Œuvres  (372  ff.  ch.  et  42  ff.  de  table)  ;  —  UEnfer,  terminé 
par  la  pièce  du  Coq  à  Vasne  à  Lyon  Jamet  (46  ff.)  ;  —  52  Pseaumes  (avec  ce 
titre:  Cinquan-\\te  devx pseav-Wmes  de  David,  etc.,  comme  dans  Tédition 
d'A.  Girault,  de  4545,  décrite  au  Manuel;  79  ff.  ch.  et  4  f.  n.  ch.). 

Magnifique  exemplaire,  avec  témoins.  Timbre  d'une  bibliothèque  sur 
le  titre. 


de  Clément  II  Marot,  de  Ca- 
Roy.  yi  Lfon,  chez  Guillau 


249.  MAROT  (Cl.).  Les  OEvvres 
bors,  Il  vallet  de  ||  cbambre  dv 

me  Bouille,  i548.  (A  la  fin  :  )  Imprime  a  Lyon  par  Estienne 
RoiKssin,  et  lean  Avsoult,  3  tom.  en  i  vol.  in-i6;  veau  fauve, 
ricbes  comp.  en  mosaïque,  tr.  dor.  etcis.  [rel.  duXVP  s.). 

Édition  non  indiquée  par  M.  Brunet,  fort  bien  imprimée  en  caractères 
italiques.  A  la  suite  des  Œuvres  (4G  ff.  n.  ch.  pour  la  table,  etc.,  et  527  pp. 
ch.) ,  se  trouvent  :  {VEnfer  (82  pp.)  ;  —  Tradv=:\\ctions  de  \\  Clément  Ma-\\rot 
vallet  de  \\  chambre  dv  \\  Roy  ;  A  Lyon  Chez  Guillaume  Rouille  4547.  (476  pp.)  ; 
— Pseaumes  de  David  (sans  titre  spécial  (428  pp.)-  Les  noms  des  imprimeurs 
se  trouvent  aussi  à  la  lin  de  chacune  des  deux  dernières  parties. 

Magnifique  exemplaire,  réglé,  couvert  d'une  charmante"  reliure  portant 
sur  les  plats  le  nom  de  Gosvinus  Demerssen,  Dans  la  dernière  pai'tie  ,  on  a 
transposé  les  pp.  443-275  de  la  partie  précédente  à  la  place  des  pp.  443- 
427  des  Pseaumes,  et  vice-versa. 

250.  MAROT.  Clément  Marot.  A  Lyon,  par  lean  de  Tournes, 
i558.  2  t.  en  I  vol.  in-i6,  fig.  s.  bois;  mar.  bleu  foncé, 
fil.,  doublé  de  mar.  rouge,  dent,  int.,  tr.  dor.  {anc.  rel.). 

La  traduction  des  deux  livres  de  la  Métamorphose  d'Ovide  est  ornée  de  22 
figures  sur  bois  du  Petit  Bernard.  Charmant  exemplaire ,  réglé,  grand  de 
marges,  dans  une  excellente  reliure  genre  Duseuil. 

251.  MAROT.  Clément  Marot.  A  Lyon,  par  lean  de  Tournes, 
iSyS.  2  t.  en  I  vol.  in-i6,  fig.   s.  bois;  mar.  citron,  fil.. 


POETES   FRANÇAIS. 


109 


doublé  de  inar.  rouge  doré  en  plein  à  petits  fers,  tr.  dor. 

{anc.  reL). 

Réimpression  page  pour  page  de  l'édition  ci-dessus,  avec  les  mêmes 
ligures.  Elle  est  fort  rare. 

Très-bel  exemplaire,  couvert  d'une  riche  reliure  qu'on  pourrait  attribuer 
à  Le  Gascon. 

252.  MAROT.  Les  OEuures  de  Clément  Marot,  de  Cahors,  en 
Querci,  vallet  de  chambre  du  Roy.  Reveues,  augmentées  de 
plusieurs  choses,  et  disposées  en  beaucoup  meilleur  ordre 
que  ci  devant.  Plus  quelques  œuvres  de  Michel  Marot  fils 
.  dudit  Marot.  A  Niort  y  par  Thomas  Portatif  iSgô.  2  tom. 
en  I  vol.  in- 16;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  {Duseuil). 

Édition  en  caractères  italiques.  Bel  exemplaire,  mais  un  peu  court  en 
'    tête. 


253.  MAROT.  Les  OEuvres  de  Clément  Ma-rot  deCahors,  valet 
de  chambre  du  Roy.  Reueuës  et  augmentées  de  nouveau. 
La  Haycn  A,  Moetjens,  1700.  2  vol.  in- 12;  mar.  rouge,  fif. 

•  à  comp.,  tr.  dor.  [anc.  reL), 

Édition    recherchée.  Fort  bel  exemplaire,  réglé,  très-pur.  H.  :  0,433. 

254.  MAROT  (CL).  L'Enfer  de  Clément  Marot  de  Cahors  en 
Quercy,  Valet  de  chambre  du  Roy.  Item  aulcunes  ballades, 
et  Rondeaulx  appartenants  a  largument.  Et  en  oultre  plu- 
sieurs aultres  compositions  dudict  Marot,  par  cy  deuant  non 
imprimées.  A  Lyon  chés  Estienne  Doletj  1642.  Pet.  in-8, 
de  61  pp.  et  I  f.  ;  mar.  violet,  riche  compart.,  tr.  dor. 
{Tliornpson). 

Édition  extrêmement  rare.  On  trouve  au  commencement  du  volume  une 
épître  de  Dolet  à  Lyon  Jamet. 

Exemplaire  de  Ch.  Nodier,  avec  témoins  (H.  :  0,153),  acquis  à  la  vente 
Yemehiz  au  prix  de  570  fr.  , 

255.  MAROT.  Les  Pseavmes  mis  en  rime  Françoise  par  Cl.  Marot 
et  Th.  de  Beze.  (Suivis  de  La  forme  des  Prières  Ecclésiasti- 
ques. )  Ljon^  par  lean  de  Tournes,  pour  Antoine  Vincent, 
M.  D.Lxiii  (i563).  1  part,  en  i  vol.  pet.  in-8.,  musique  im- 
pr.  et  bordures;  veau  brun,  riches  comp.  en  mosaïque,  tr. 
dor. 

«  Les  encadrements  qui  se  trouvent  à  chaque  page  de  ce  précieux  vo- 
«  lume  avaient  été  déjà  employés  par  J.  de  Tournes,  en  1557,  pour  la  Afé^a- 
«  morphose  figurée.  Cette  précieuse  édition  des  psaumes  contient  28  bordu- 


110  BELLES-LETTRES. 

«  yes  différentes.  C*est  la  dernière  publication  de  Jean  (!•')  de  Tournes  et 
ft  Tune  des  plus  belles.  Elle  est  peut-ôtre  le  plus  rare  des  ouvrages  sortis 
<i  des  presses  des  de  Tournes ,  car  on  n'en  connaît  avec  certitude  que  deux 
K<  exemplaires,  celui  de  la  Bibliothèque  impériale  et  celui  de  M.  Yemeniz. 
((  Tout  porte  à  croire  que  l'édition  aura  été  détruite  avec  soin  dans  les  per- 
te sécutions  de  1567  et  la  destruction  qui  eut  Ueu  alors  des  livres  de  fonds 
«  des  de  Tournes.  Elle  porte ,  ce  qui  est  remarquable,  un  privilège  du  roi 
«  Charles  IX  (Didot,  Catal.  raisonné,  n»  531)  ». 

Magnifique  exemplaire.  La  reliure,  qui  recouvre  d'anciens  plats,  est  une 
charmante  imitation  moderne: 

256.  DÉSIRÉ  (Arlus).  Le  Conlrepoison  des  cinquante  deux 
Chansons  de  Clément  Marot,  faulsement  intitulées  par  tuy 
Psalmes  de  Dauid,  faict  et  composé  de  plusieurs  bonnes 
doctrines  et  sentences  preseruatiues  d'Heresie...  par  Artus 
Désiré.  Plus  adiousté  de  nouueai#certains  lieux  et  passages 
des  œuures  dudict  Marot,  par  lesquelz  Ion  cognoistra  l'he- 
resie  et  erreur  d'iceluy.  Paris,  Pierre  Gaultier,  l562.  ln-8; 
mar.  br.,  fil.,  tr.  dor. 

Deuxième  édition  donnée  par  le  même  imprimeur,  mre.  Bel  exemplaire. 
Qq.  race. 

257.  Le  rabais  du  caquet  de  Fripelippes  et  de  Marot  dict  Rat 
pelé  adiclione  auec  le  comment.  Faict  par  Mathieu  debou- 
ligrri  page  de  maistre  Francoys  de  Sagon  secrétaire  deLabbe- 
de  sainct  Eburoult.  S.  L  n,  ln-8  ,  de  20  ff.  dont  le  dernier 
bl.  —  Epistre  a  Marot  par  François  de  Sagon  pour  lui  mons-  ' 
trer  que  Frippelipes  auoit  faict  sotte  coparaison  des  quatre 
raisons  dudict  Sagon  a  quatre  Oysons.  Yela  de  quoy.  (A  la 
fin  :)  Au  Palais  par  Gilles  Corrozet  et  lelian  André  y .  iSS^. 
ln-8,  de  16  ff.,  dont  i  bl.  —  Le  valet  de  Marot  contre  Sa- 
ijron  eu  m  commento.  On  les  vendu  Paris  en  la  rue  Sainct  lac- 
ques  près  sainct  Benoist,  en  la  boutique  de  lehan  Morin^  près 
les  troys  couronnes  dargent,  iSSy.  In-8,  de  8  ff .  —  Appolo- 
gie  faicte  par  le  grant  abbe  des  Couards  sur  les  Inuectiues 
Sago,  Marot,  La  Huleric.  Pages,  Valetz,  Braquetz,  etc.  On  la 
vend  Deuant  le  collège  de  liei/ns,  S.  d.  4  ff-î  mar.  vert, 
compart.,  tr.  dor.  (Tlioui^enin). 

Recueil  de  quatre  pièces  fort  rares.  Exemplaire  d'Armand  Bertin  et  Au- 
denet. 

258.  Le  Liure  de  plusieurs  pièces,  c'est-à-dire  faict  et  recueilly 
de  diuers  Autlieurs,  corne  de  Clemét  Marot,  et  autres.  — 
Ljony  Thibauîd  Pajen,   i548.  (A  la  fin  :  )  Imprime  à  Lyon 


POETES   FRANÇAIS.  IH 

par  NicolcLS  ^acquenois.  In-i6  ;  mar.  bleu,  fil.  à  fr.,  tr.  dor. 

(^Duru). 

Charmant  exemplaire  de  ce  volume  peu  commun. 

259.  MARGUERITE  DE  FRANCE.  Le  Miroir  de  treschrestienne 
princesse  Marguerite  de  France,  Royne  de  Nauarre,  Du- 
chesse d'Alençon  et  de  Berry  :  auquel  elle  voit  et  son  néant, 
et  son  tout.  On  les  uend  à  Lyon  chez  le  Prince^  près  nostre 
Dame  de  confort.  i538.  (A  la  fin  :)  Imprimé  a  Lyon  par 
Pierre  <le  saincte  Lucie  dict  le  prince^  près  nostre  dame  de 
Confort.  In-8,  de  92  pp.  et  i  f.  pour  la  marque;  mar.  vert, 
fil.,  tr.  dor.  (Brufère). 

Édition  fort  rare  incomplètement  décrite  au  Manuel,  À  la  suite  du  Miroir 
viennent  les  pièces  suivantes  :  Discord  estant  en  V homme  par  la  contrariété 
de  t Esprit  et  de  la  Chair;  —  Le  VI.  Pseaulme  de  Davidy  translaté  en  fran- 
çoys  selon  Vkéhrieu  par  Clément  Marot  ;  —  Oraison  à  nostre  seigneur  Jésus- 
Christ;  —  une  autre  Oraison  (en  prose)  ;  —  Briefve  doctrine  pour  deuément 
escripre  selon  la  propriété  du  langage  Françoys  (curieux  petit  traité  en  prose 
où  pour  la  première  fois  il  est  question  de  remploi  de  l'apostrophe  et  de  la 
cédille,  par  Jean  Saîomon,  dit  Florimond)  ;  —  Sur  la  Devise  de  lan  le  Maire 
de  Belges,  Laquelle  est  de  peu  assez  (8  vers);  -7  V Instruction  et  foy  d'un 
chrestien,  mise  en  françoys  par  Clément  Marot  ;  —  enfln  une  épître  en  vers 
au  lecteur,  adressée  par  Marguerite  de  France. 

Très-bel  exemplaire,  avec  nombreux  témoins. 

260.  MARGUERITE  DE  FRANCE.  Marguerites  de  la  Marguerite 
des  princesses  tresillustre  Royne  de  Navarre.  ^  Ljon^  par 
Jean  de  Tournes  j  i547.  ï^'8-  — Suite  des  Marguerites  de  la 
Marguerite  des  princesses  tresillustre  royne  de  Navarre.  lù., 
i547.  In-8,  fig.  sur  bois;  veau  fauve,  riches  compart.  en 
mosaïque  sur  les  plats  et  au  dos,  tr.  dor.  (^rel.  du  XFI^  s.). 

Édition  la  plus  recherchée.  Les  gravures  de  la  seconde  partie  sont  de 
Bernard  Salomon. 

Exemplaire  grand  de  marges,  d'une  conservation  remarquable  (sauf 
une  piqûre  dans  la  marge  des  30  dern.  f.)  et  dans  sa  première  reliure  lyon- 
naise du  XVJe  siècle,  restaurée  avec  soin.  H.  :  0,170.  Un  bel  exemplaire 
dans  une  reliure  analogue,  également  restaurée ,  a  atteint  le  prix  de  1460  fr. 
à  la  vente  Brunet. 

261.  MARGUERITE  DE  FRANCE.  Les  ||  Margve||rites  de  la 
Mar||gverite  des  Prin||cesses ,  Tresillustre  ||  Royne  de  Na[|- 
uarre.  A  Paris j  par  lehan  Ruelle^  i558.  In- 16,  de  394  ff. 
chiff.  et  5  ff.  n.  ch.  ;  mar.  rouge,  riche  dent,  sur  les  plats, 
tr.  dor.  (^BelZ'Niédrée). 

Jolie  édition  imprimée  en  caractères  italiques,  non  citée  par  M.  Brunet. 


H2  BELLES-LETTRES. 

Le  f.  249  porte  comme  faux- titre  :  Stiite  des  \\  Margve\\rites  de  la  Margvente 
Il  desprinceS'Wscs,  tresil\\lustr€  \\  roine  \\  de  \\  Navarre. 

Cette  édition  fort  rare  contient  de  plus  que  celle  de  Jean  de  Tournes, 
4547,  deux  pièces  par  G.  Aubert  :  1»  Epitaphe  de  Marguerite  de  ValloiSy  royne 
de  Navarre  (au  \o  du  titre)  ;  —  2«  Chant  à  îoucnge  des  deux  Marguerites  de 
Valois,  qui  occupe  les  deux  derniers  ff. 

Très-bel  exemplaire. 

262.  Le  Tombeau  de  Marguerite  de  Valois  royne  de  Navarre. 
Faîct  premièrement  en- Dislicques  Latins  par  les  trois  sœurs 
Princesses  en  Angleterre.  Depuis  traduiclz  en  Grec,  Italie, 
et  François  par  plusieurs  des  excellent/.  Poètes  de  la  Frâce. 
Auecques  plusieurs  Odes,  Hymnes,  Cantiques,  Epitaphes, 
sur  le  mesme  subiect.  j4  Paris,  de  l'imprimerie  de  Michel 
Fezandat  et  Robert  Gran  Ion..,  et  au  Palais  en  la  boutique  'de 
f^incent  SarlenaSy  i55i.  In-8  ;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor. 

Recueil  curieux  et  rare.  Très-bel  exemplaire,  réglé.  A  la  fin ,  Tex-libris 
gravé  d'André  Félibien  des  Avaux. 

263.  DU  MOULIN  (A.).  Panegyric  des  damoyselles  de  Paris  sur 
les  neuf  Muses  [la  dédicace  au  lecteur  estadressée-par  Antoine 
Du  Moulin  Masconnois].  A  Lyon^  par  leande  Tournes j  i545. 
In-8,  de47pp.,  car.  ital.;  mar.  bleu,  fil.,tr.  dor.  [Kœhler). 

Outre  la  pièce  annoncée  sur  le  titre,  ce  petit  volume  rare  contient  encore  : 
Le  Triumphe  des  muses  j  contre  Amour;  Les  Obsèques  d'Amour  y-  Complainte 
d'une damoy selle  fugitive;  L'Amante  loyalle,  qui  dejjuis  ha  esté  variable! 

Seule  édition  qui  existe  de  ces  poésies.  Exemplaire  de  Ch.  Nodier,  puis 
d'Yemeniz. 

264.  TAHIREAU  (J.).  Les  Poésies  de  JacqvesTahvreau,  dv  Màps. 
Mises  toutes  ensemble  et  dédiées  au  Reuerendissime  Car- 
dinal de  Guyse.  ^  Paris ,  pour  Abel  VAngeliery  etc.,  i574- 
In-8,  de  8  fT.  prél.  et  i36  ff.  cliiflf.  ;  mar,  rouge,  tr.  dor. 
(Cape,  Masson-Debonnelle  J  5»s.). 

m 

Bel  exemplaire  de  ce  volume  rare. 

265.  ÏAHUREAU  (J.).  Oraison  de  laques  Tabureau  au  Roy  :  î)e 
la  grandeur  de  son  règne,  et  de  l'excellance  de  la  langue 
françoyse.  Plus  quelques  vers  du  mesme  autbeur  dédiez  à 
Madame  Marguerite.  Paris^  F^^  Maurice  de  laPorte^  i555. 
ln-4?  de  7.1  fir.;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  (Kœliler). 

Opuscule  rare.  Marque  typographique  dessinée  par  J.  Cousin. 
Très-bel  exemplaire. 

266.  SAINT-GELAIS.  OEuvres  poétiques  de  Mellin  de  S.  Gelais. 


POETES  FRANÇAIS.  113 

Ljron^AnZ,  de  Harsy  j  1674.  In-8,  de  8  ff.  prél.  et  253  pp.  ; 
veau  fauve,  fil.  à  comp.,  tr.  dor. 

L'édition  précédente,  de  1547,  dont  on  ne  connaît  qu*un  exemplaire, 
ayant  été  publiée  sans  la  permission  de  Tauteur,  a  probablement  été  saisie  et 
supprimée.  Elle  est  très-incomplète  et,  en  revanche,  on  y  trouve  beaucoup 
de  pièces  étrangères  à  Saint-Gelais.  La  présente  éditiop,  imprimée  en  ca- 
ractères italiques,  ce  qui  la  distingue  d'une  contrefaçon  publiée  sous  la  même 
date,  mais  en  lettres  rondes  ,  est  donc,  à  vrai  dire,  l'édition  originale.  C'est 
aussi  la  plus  rare  et  la  plus  recherchée. 

Exemplaire  Yemeniz. 

267.  BELLAY  (J.  du).  Les  Regrets  et  avtres  œvvres  poetiqves  de 
loach.  dv  Bellay  Ang.  Paris,  imp,  de  Federic  Atorel,  i558. 
In-4,  de  4  et  46  ff-  —  Divers  ievx  rvstiqves  et  avtres  œv- 
vres poetiqves.  Ilnd,^  id,,  i558.  76  ff.  —  Devx  livres  de^ 
TEneide  de  Virgile,  a  scavoir  le  qvatrieme,  et  si:cieme,  tra- 
duicts  en  vers  francois...  avec  la  Complainte  de  Didon  a 
Enée,  prise  d'Ouide.  La  Mort  de  Palissure...  et  d'Adieu  aux 
Muses,  pris  du  Latin  de  Bûccanan.  Ibid,^  id,,  i56o.  ^3  et 
I  f .  —  La  Monomachie  de  David  et  de  Goliath.  Ensemble 
plusievrs  autres  œvvres  poeliqves.  Ibid.^  id,,  i56o.  52  ff. 
— '  Le  Premier  livre  des  anliqvilez  de  Rome  contenant  vne 
générale  description  de  sa  grandevr,  et  comme  vne  deplo- 
ration  de  sa  rvine...  plus  un  songe  ou  vision  sur  le  mesme 
subiect.  Ibid.^  id.y  i558.  i4  ff-  —  Discovrs  av  Roy  svr  la 
trefve  de  Tan  M.D.LV.  Ihid.^  id.,  i558.  8  ff .  —  Hymne  av 
Roy  svr  la  prinse  de  Callais,  Auec  quelques  autres  œuures 
sur  le  mesme  subiect.  If?id,^  id.^  l558.  4  ff •  —  Epilhalame 
svr  le  mariage  de...  Philibert  Emanvel,  dvc  de  Savoye,  et... 
Margverite  de  France,  sœvrvniqve  dv  Roy.  Ibid.y  id.^  iSSg, 
i4  ff.  —  Tvmvlus  Henrici  secvndi  Gallorvm  Régis...  Idem 
gallicetotidem  uersibus  expressum...  Accessit...  elegiaad... 
Carolum  card.  Lotharingum.  Ihid,j  id.,  iSSg.  i4  ff.  —  En- 
treprise dv  Roy-Davlphin  povr  le  tovrnoy,  sovbz  le  nom  des 
chevaliers  advantevrevx.  A  la  Royne,  et  aux  dames.  Ibid. 
id.,  iSSg.  i4  ff.  —  Ode  svr  la  naissance  dv  petit  dvc  de 

Beavmont,  fils  de  M^^  de  Vandosme,  roy  de  Navarre 

Ibid, y  id.j  i56i.  8  ff .  —  La  Deferfse  et  illvstration  de  la 
langve  francoise,  avec  TOHue  de  nouveau  augmentée.  La 
Musagnœomachie.  L'Anterotique  de  la  vieille  et  de  la  ieune 
Amie.  Vers  lyriques.  Ibid,^  id,,  i56i.  ii5  ff.  —  Lovange 
de  la  France  et  dv  roy...  Henry  IL  Ensemble  vn  discovrs 
svr  la  poésie.  Jbid.,  id.^  i56o,  8  ff.  —  Recveil  de 
poésie  présente  à  ....Madame  Margverite,  sœvr  vniqve  du 
Roy...  Reueu  et  augmenté  par  l'auteur.  Jbid.^  id.,   i56i. 

8 


114  BELLES-LETTHES. 

4o  ff.  —  Elégie  svr  le  Irespas  de  fev  loachim  dv  Bellay,  par 
G.  Aubert  de  Poicliers.  Jbicl.y  id.^  i5ôo.  6  ff.  non  cli.,  dont 
I  bl. — 15  part,  en  i  vol.;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  (Kœhler). 

Superbe  exemplaire,  réglé,  provenant  du  cabinet  d'Armand  Berlin.  Il 
manque  peu  de  choses  à  ce  recueil  pour  présenter  la  série  complète  des  œu- 
vres. Sur  les  quatorze  pièces  de  J.  du  Bellay  dont  il  se  compose,  onze  sont 
en  éditions  originales,  dont  plusieurs  rarissimes. 

268.  BELLAY  (J.  du).  Ode  svr  la  naissance  dv  petit  dvc  de 
Beavmont,  fils  de  Monseign.  de  Vandosme  ,  roy  de  Na- 
varre. Par  J.  D.  B.  A.  (Joach.  du  Bellay,  Angevin).  Ensem- 
ble certains  Sonnets  du  mesme  auteur  à  la  Royne  de  Na- 
varre, ausquels  ladicte  Dame  fait  elle  mesme  response.  Pa- 
ris', Federic  Morely  i56i.  In-4,  de  i4  ff.  non  chifT.  ;  mar. 
La  Vallièrejans.,  tr.  dor.  (Oipé). 

Édition  originale.  Bel  exemplaire,  très-grand  de  marges. 

269.  LA  BORDERIE.  L'Amie  de  covrt.  Nouuellement  inuentée 
par  le  Seigneur  de  la  Borderie.  A  Lyon^  chés  Estienne  Dolety 
i542.  In-8,  de  38  pp.;  mar.  vert,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  [Thomp- 
son). 

Édition  rare,  précédée  d'un  avis  de  Dolet. 

270.  HEROET.  La  Parfaicteamye.  Nouuellement  composée  par 
Antoine  Heroet,  dict  la  Maison  neufue.  Auec  plusieurs  aul- 
tres  compositions  dudict  Autheur.  A  Ljoriy  chés  Estienne 
Dolet ^  i542.  In-8;  mar.  vert,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  {Thompson). 

Édition  rare,  en  caractères  italiques.  Titre  refait  à  la  plume. 

271.  HEROET.  La  Parfaicte  amye...  A  Lyon,  chés  Estienne  Do- 
let^ i543.  In*8;  ||mar.  rouge,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.  {Joseph 
Thou^enin). 

Édition  non  moins  rare  que  la  précédente.  Elle  est  imprimée  en  carac- 
tères romains. 

Très-bel  exemplaire,  portant  sur  les  plats  :  Ex  Musœo  Caroli  Nodier. 

272.  FONTAINE  (Ch.).  La  Contr'amye  de  covrt  :  par  Maistre 
Charles  Fontaine  Parisien.  A  Lyon,  cliez  Sulpice  Sabon  : 
poUr  Antoine  Constantin >  (A  la  fin  :)  Imprime  a  Lyon  par 
Sdpice  Sabon.  i543.  Pet.  in-8,  de  47  pp«;  niar.  vert,  fil.  à 
fir.,  tr.  dor.  {Lortîc). 

Édition  non  indiquée  au  Manuel.  Elle  est  dédiée  au  card.  de  Lorraine. 
Sur  le  titre,  au-dessus  de  la  marque  de  Timprimeur,  on  lit  : 


POETES   FRANÇAIS.  H5 

L*Avlhevr. 
Qui,  fors  Sulpice,  entreprendra 
De  m'iroprimer,  il  mesprendra. 

Exemplaire  grand  de  marges.  Timbre  d'une  bibliothèque. 

273.  DU  SAIX.  Lesperon  ||  de  discipline  pour  inciter  les  hu- 
mains aux  bo|jnes  lettres,  stimuler  a  doctrine,  animer  a 
sciéj|ce —  Lourdement  forge,  (C  rudemêt  lime,  |  par  Noble 
homme  Fraire  Antoine  du  Saix,  ||  Commendeur  de  sainct 
Antoine  de  Bourg  en  ||  Bresse.  i532.  Quoy  quil  aduienne. 
S.  L  2  tomes  en  i  vol.  pet.  in-4,  goth.;  mar.  olive,  fil.  à 
comp.  et  orn.  sur  les  plats,  tr^  dor.  {Lortic). 

a  Une  grande  incertitude  règne  encore  sur  le  lieu  de  l'impression  et  le 
a  nom  du  typographe  auquel  est  dû  ce  remarquable  volume,  dont  chaque 
«  page  est  entourée  d'une  bordure  imitée  des  Heures  de  G.  Tory  impri- 
«  mées  chez  Simon  de  Colines  en  1527.  Voir  le  Manuel^  t.  II,  col.  ^9,  pour 
«  l'attribution  de  ce  volume  à  une  presse  genevoise,  et  VEssai  sur  la  gra- 
«  vure  sur  bois,  pour  sa  description  (Didot,  CataL  raisonné,  n»  459).  d 

Rare.  Très-bel  exemplaire. 

274.  DU  SAIX.  Petitz  fatras  dung  apprentis  (Antoine  du  Saix), 
surnomme  Lesperonnier  de  discipline.  i537.  On  les  vend  a 
Paris,  chez  Simon  de  Colines^  au  Soleil  dor^  rue  S,  Jehan  de 
Beauluais.  In-8,  de  (\o  flf.  ;  mar.  brun,  fil.  à  comp.,  riches 
orn.  sur  les  plats,  tr.  dor.  {Cape). 

Première  édition,  rare.  Le  frontispice  porte  la  croix  de  Lorraine  et  figure 
dans  les  encadrements  de  Tory  ;  mais  le  volume  paraît  sorti  des  presses  de 
Simon  de  Colines. 

275.  (SCEVE,  Maurice.)  Délie,  obiect  de  plus  haulte  vertu.  A 
Ljron^  cliez  Sulpice  Sahon  pour  Antoine  Constantin,  i544- 
In-8,  fig.  s.  bois;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  [anc.  rel.). 

Première  édition,  fort  rare.  Au  v<»  du  second  f.,  un  joli  portrait  du  poète 
gravé  sur  bois. 

Bel  exemplaire,  aux  armes  de  la  marquise  de  POMPADOUR. 

476.  HABERT  (Fr.).  Les  Quatre  Livres  de  Caton,  pour  la  doc- 
trine de  la  jeunesse  par  F.  H.  (Habert).  Paris,  de  l'impr.  de 
Phil.  Danfree  et  Richard  Breton,  iSSg.  In-8,  de  §2  ff.; 
mar.  bleu  jans.,  tr.  dor.  (Charnbolle-Duru). 

Édition  non  indiquée  par  M.  Brunet,  imprimée  en  caractères  de  civilité. 
Les  deux  derniers  feuiUets  contiennent  une  pièce  de  vers  :  De  l'homme  pru- 
dent^  trad.  de  Beroalde. 

Bel  exemplaire,  de  la  coll.  de  M.  le  baron  Pichon. 


146  BELLES-LETTRES. 

277.  HABERT  (P.).  Le  Miroir  de  vertu  et  chemin  de  bien  vi- 
vre. Mis  et  disposé  partie  en  prose,  partie  par  quatrains 
moraux  selon  Tordre  d'Alphabet  Et  augmenté  du  contenu  en 
la  page  suivante.  Par  Pierre  Habert.  Paris,  Claude  Micardy 
1597.  In- 12,  de  120  ff.  non  chiff.;  mar.  rouge,  fil.,  Ir. 
dor.  [Hardj-Mennit). 

Édition  non  indiquée  au  Manuei,  imprimée  en  caractères  de  civilité. 

278.  (DÉSIRÉ,  Artus.)  Les  Batailles  et  victoires  dv  chevalier  Ce- 
leste  contre  le  Cbeualier  Terrestre,  Tvn  tirant  a  la  maison 
de  Dieu,  et  l'autre  a.  la  maison  du  Prince  du  monde  chef  de 
Teglise  maligne.  Auec  le  terrible  et  merueilleulx  assault 
donné  contre  la  Saincte  cité  delerusalem,  figurée  a  nostre 
mère  saincte  Eglise  enuironnée  des  ennemys  de  la  Foy.  A 
Paris,  chez  Magdalehie  BoursettCy  en  la  rue  Sainct  Jacques  a 
renseigne  de  V Eléphant,  i553.  In- 16,  de  176  ff.,  fig.  s.  bois; 
mar.  rouge  ancien,. fleurons,  tr.  dor.  (Lortic). 

Édition  non  citée  au  Manuel,  Elle  contient  29  vignettes  assez  jolies.  Celle 
du  f.  120  porte  la  marque  D.  H.  On  sait  qu' Artus  Désiré  était  un  des  plus 
fougueux  champions  de  Torthodoxie  catholique  au  xvic  siècle.  Bel  exemplaire. 

279.  DÉSIRÉ  (A.).  Les  Batailles  et  victoires  dv  chevalier  Ce- 
leste (même  titre  que  ci-dessus).  Nouuellementreueu  par 

M.  Artus  Désiré,  autheur  de  ce  présent  liure.  ^4  Paris,  par 
lelian  Ruelle,  à  renseigne  Sainct  Nicolas,  Rue  Sainct  laïques, 
1557.  Iïï-i6>  d^  175  et  I  ff.,  fig.  s.  bois;  veau  fauve,  fil., 
tr.  dor.  {Dura). 

Charmante  édition  en  caractères  italiques,  ornée  des  mêmes  gravures 
que  celle  ci-dessus.  Le  dernier  f.,  n.  ch.,  ne  contient  qu'un  beau  fleuron. 
Joli  exemplaire. 

280.  (DÉSIRÉ,  Arlus.)  Les  Disputes  de  Guillot  le  Porcher  et  de  la 
Bergère  de  S.  Denis....  contre  lehan  Caluin sur  la  vé- 
rité de  nostre  saincte  Foy  catholicque.  Paris,  Pierre  Gaul- 
tier, rue  S.  lacques,  à  l'enseigne  de  la  Vigne,  i56o.  In-8,  de 
3,  77  et  8  ff.;  veau  fauve,  fil.,  tr.  dor.  ÇBauzonnet). 

Édition  fort  rare,  et  plus  complète  que  celle  de  1559  publiée  par  le  même 
éditeur  (voir  Brunet). 

281.  Hymnes  des  ||  vertus.  Représentées  au  vif  par  belles  et  dé- 
licates figures.  {Lyvn)  Par  lean  de  Tournes,  i6o5.  In-8,  de 
116  pp.  ch.,  fig.  sur  bois;  mar.  rouge,  tr.  dor.  {TrautZr 
Bauzonnet). 


POÈTES   FRANÇAIS.  117 

Volume  de  poésies  extrêmement  rare,  analogie  aux  Hymnes  du  temps  de 
Guéroult.  M.  Brunet  ne  Fa  pu  citer  que  d'après  le  catalogue  La  Yallière-Nyon. 
Il  est  orné  de  vingt  charmantes  vignettes,  dans  le  style  du  Petit  Bernard. 

Exemplaire  Yemeniz,  adjugé  315  irancs. 

282.  (GREVIN,  Jacques.)  Proème  sur  l'histoire  des  François  et 
hommes  vertueux  de  la  maison  de  Medici.  Paris,  Bob. 
Estienne,  1567.  In-4  ;  mar.  La  Vallière,  ornem.  sur  les  plats, 
tr.  dor.  {Cape). 

Opuscule  de  toute  rareté.  Très-bel  exemplaire,  grand  de  marges. 

283.  (DES  Al]TELZ,Guill.)  Repos  de  pi vs  grand  travail.  ^Ljo/?, 
ipar  lean  de  Tournes  et  GuiL  Gazeau.  i54o.  In-8  ;  mar.  vert, 
fil.,  tr.  dor.  {Bauzonnet). 

Édition  bien  imprimée  en  caractères  italiques.  Très-bel  exemplaire,  de 
la  bibl.  Solar. 

284.  FORMER.  L'Vranie  de  I.  Former.  A v  très  chrestien  roy 
de  France  Henry  deuxiesme  de  ce  nom.  Paris,  Charles  Lan-- 
gelier,  i555.  In-8;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  (Lortic). 

Rare.  Joli  exemplaire. 

285.  BRACH  (P.  de).  Les  Poèmes  de  Pierre  de  Brach  Bovrde- 
lois.  Divisés  en  trois  livres.  A  Bos^rdeaux,  par  Simon  Mil- 
langes,  1576.  In-4>  de  8*ff.  lim.,  220  flf.  ch.,  et  2  ff.  (table); 
veau  fauve,  fil.,  tr.  dor.  {Niedrée). 

Édition  qui  fait  honneur  à  la  typographie  bordelaise ,  et  la  seule  qui. 
existe  de  ce  poëte  de  talent.  Elle  est  ornée  d'un  superbe  portrait  de  Tauteur, 
gravé  par  Th.  de  Leu. 

Magnifique  exemplaire ,  très-pur,  avec  témoins. 

286.  BELLEAU  (Remy).  Les  Oevvres  poétiqves  de  Remy  Bel- 
leav.  Rédigées  en  deux  tomes.  Paris^  par  Mamert  Pâtisson, 
imprimeur  du  Boy,  au  logis  de  Bobert  Es  tienne,  iS^S.  2 
vol.  pet.  in- 12;  veau  fauve,  fil.  (anc.  rel.). 

Édition  originale  des  œuvres  de  ce  poëte ,  fort  bien  imprimée  en  carac- 
tères italiques.  Elle  est  dédiée  au  roi  Henri  III.  Le  privilège  est  daté  de  Blois, 
le  il  septembre  1571.  Le  tome  II  est  intitulé  :  Les  Odes  d'Anacréon  Teien,  etc. 

Exemplaire  aux  armes  du  comte  d'Hoym,  avec  la  signature  du  poëte  Rob. 
Garnier,  contemporain  de  Remy  Belleau,  sur  le  titré  du  1er  vol.,  et  avec 
des  notes  autographes  du  même.  Très-grand  de  marges  (H.  :  0, 132).  Quel- 
ques taches. 

287.  BELLEAU  (R.).  Odes  d'Anacréon  Teien,  Poète  Grec.  Tra- 


us  BELLES-LETTRES. 

dvittes  en  francois  par  Remj  Belleau.  Ensemble  quelques 
petites  hymnes  de  son  inuention.  Nouuellement  reueu,  cor- 
rigé et  augmenté  pour  la  quatriesme  édition.  Plus  quelques 
vers  Macaron iqueSy  etc.  Paris,  Gilles  Gilles^  ^^'J^-  In-i6, 
de  56  IT.  oh.  et  12  fF.  n.  cli.;  mar.  La  Vallière,  comp. 
genre  Grolier,  tr.  dor.  (^Hagué). 

Première  traduction  française  de  ce  poète  et  première  œuvre  de  Belleau. 
Charmante  édition  en  caractères  italiques  et  avec  un  joli  encadrement  au 
titre.  Elle  n*est  plus  dédiée,  comme  la  première  (voir  plus  haut,  n°  97),  à 
Tabbé  Chr.  de  Ghoiseul,  mais  à  Jules  Gassot,  conseiller-secrétaire  du  roi, 
auquel  Ronsard  a  adressé  une  élégie  placée  ici  à  la  suite  de  Tépître  dédi- 
catoire. 

Bel  exemplaire ,  réglé ,  dans  une  jolie  reliure. 

288.  BELLEAU  (Remy).  Les  Amovrs  et  novveaux  eschanges 
des  pierres  précieuses  :  vertus  et  proprietez  d'icelles.  Dis- 
covrs  de  la  vanité  pris  de  TEcclesiasle.  Eciogves  sacrées, 
prises  dv  Cantiqve  des  Cantiques.  Par  Remy  Beiieav.  u4  Pu- 
riSj  par  Mameri  Pâtisson^  au  logis  de  Rob.  Estierme^  1676. 
In-4?  de  6  ff.  prél.,  90  ff.  ch.  et  i  f.  ;  mar.  bleu  ,  fil.,  dou- 
blé de  mar.  orange,  riches  compart.,  tr.  dor.  {Clwmbolle- 
Dura  et  Marias  Michel). 

Fort  rare.  Superbe  exemplaire,  presque  à  toutes  marges  (H.  :  0,  244). 

289.  BELLIARD.  Le  premier  livre  des  poèmes  de  Gvillavme 
Belliard,  secrétaire  de  la  Royné  de  Nauarre.  Contenant  les 
delitievses  Amours  de  Marc  Antoine,  et  de  Cleopatre,  les 
triomphes  d'Amour,  et  de  la  Mort,  et  autres  imitations 
d'Ouide,  Pétrarque,  et  de  TArioste.  A  la  Royne  de  Navarre. 
A  Paris,  pour  Claude  Gautier ,  1578.  ln-4»  de  4  ff-  prél., 
i33  ff.  en.  et  i  f.  cont.  deux  Sonnets  et,  au  verso,  la  Ta- 
ble des  OEuiTes;  mar.  vert,  fil.  à  fi*.,  tr.  dor.  {Niedrée). 

Fort  rare.  Bel  exemplaire ,  grand  de  marges ,  avec  témoins.  Titre  res- 
tauré. 

290.  Ul  LOYER.  Erotopegnie  ov  Passetemps  d'amovr.  En- 
semble une  Comédie  du  Muet  insensé.  Par  Pierre  Le  Lover. 
Sieur  de  la  Brosse,  Angeuin.  A  Paris,  pour  Abel  VAngelier, 
1576.  In-8;  mar.  La  Vallière,  fil.,  tr.  dor.  (Trautz-BaU" 

.  zonnel). 

Fort  rare.  Jolie  édition ,  bien  imprimée.  Bel  exemplaire. 

291.  JAMYN  (A.).  Les  OEvvres  poetiqves  d'Amadis  lamyn.  Av 
Roy  de  France  et  de  Pologne.   Paris,   de  Viniprimerie  de 


POETES    FRANÇAIS.  119 

Robert  Estienne,  par  Marner t  Pâtisson^  iS^S.  In -4?  de  4? 
3o7  et  5  ff.  (tables);  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  [Niedrée). 

Première  édition.  Bel  exemplaire.  H.  :  0,  222. 

292.  Novveav  Recveil  des  plvs  beavx  vers  de  ce  temps.  Paris, 
Toi^ssaint  di^  Bray,  1609.  (A  la  fin  :  )  De  r Imprimerie  de 
Pierre  PaKftonnier.,.  In-8,  de  16  et  536  pp.;  mar.  rouge, 
compart.,  doublé  de  mar.  rouge  à  riches  compart.,  tr.  dor. 

{Lebrun).^ 

Première  édition ,  fort  rare.  Très-bel  exemplaire ,  réglé. 

293.  DESPINELLE.  Les  Mvses  ralliées.  —  Le  Parnasse.  A  Pa- 
ris, chez  Mathieu  Guillemot.  S.  d.  (i 603-1607).  2  vol. 
in-12;  mar.  La  Vallière,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.  et  cis.  (Zor- 
tic) . 

Recueil  de  poésies  rare  et  recherché.  Le  premier  volume  se  compose  de 
6  ff.  prél.  (dont  un  titre  gravé  "par  L.  Gaultier  et  daté  de  4603),  de  341,  120, 
12  ff.  (table,  privilège  de  1598  et  2  ff.  blancs),  plus  un  suppl.  de  21  ff.  Le 
tome  II,  de  6  ff.  prél.  (dont  un  titre  gravé  par  le  môme  et  daté  de  1607,  le 
privilège  de  1606  avec  Achevé  dimprimer  le  25  feburier  1607,  etc.),  348  ff. 
dont  3  blancs,  102  ff.,  plus  8  ff.  non  ch.  (table). 

'  Le  premier  volume  est  dédié  à  Charles  de  Bourbon ,  comte  de  Soissons  ; 
le  second ,  au  marquis  de  Cœuvres.  Le  titre  de  départ  de  ce  second  volume 
est  :  Le  Parnasse  des  plvs  excellens  Poètes  de  ce  temps,  ou,  Mvses  francoises 
r^ alliées. de  diuer ses  parts.  Le  titre  courant  des  deux  volumes  porte  :  Les  Mvses 
francoises. 

Bel  exemplaire,  réglé. 

294.  DESPINELLE.  Le  Parnasse  des  plvs  excellens  poètes  de  ce 
temps,  Paris,  Mathieu  Guillemot,  1618.  2  vol.  in-12;  mar. 
rouge,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.  et  cis.  (Lortic), 

Le  tome  1er  se  compose  de  18  ff.  non  ch.  (dont  un  titre  gravé  par  L.  Gaul- 
tier et  privilège  de  1606),  et  de  444  ff.  ch.  Le  tome  II,  de  6  ff.  prél.  (avec  le 
même  titre  gravé  qu'à  l'édition  de  1607,  mais  daté  de  1618,  et  le  même  pri- 
vilège), 482  ff.  ch.  et 8  ff.  (table). 

M.  Brunet  dit,  d'après  le  catal.  La  Vallière-Nyon ,  que  ce  recueil  de  1618 
forme  les  tomes  III  et  IV  de  l'édition  de  1607  du  Parnasse  :  c'est  une  erreur, 
car  ces  deux  volumes  ne  sont  qu'une  réimpression  très-augftientée  de  l'édi- 
tion décrite  au  J»î°  précèdent  et  bien  plus  rare.  Le  titre  courant  est  le  même. 

Parmi  les  pièces  préliminaires  du  t.  l^r^  se  trouve  un  Sonnet  à  M^e  de 
Luynès ,  et  une  longue  Ode  à  M^  Charles  d'Albert ,  Seigneur  de  Luynes , 
qui  ne  figurent  pas  dans  l'édition  précédente.^ 

On  remarquera  que  les  deux  volumes  portent  :  Acheué  d'imprimer  le 
25.  Feurier  1607,  à  la  suite  des  privilèges  ;  le  tome  II  a,  à  la  fin  des  poésies 
(  f.  482)  :  Tin  du  second  Tome  des  Muses  R' alliées. 

Fort  bel  exemplaire ,  réglé. 


420  BELLES-LETTRES. 


E.  Depuis  Ronsard  jusqu'à  Malherbe. 

295.  RONSARD.  LesOEvvres  de  P.  de  Ronsard  Gentilhomme 
vandomois  rédigées  en  six  tomes.  Le  premier,  Contenant 
ses  Amours,  diuisées  e^  deux  parties  :  La  première  com- 
mentée par  M.  A.  de  Muret  :  La  seconde  par  R.  Belleau. 
Paris  y  Gabriel  Buon,  1567.  In-4>  de  124  ff.  et  de  88  ff. 
ch.  et  2  n.  ch.,  dont  le  dernier  blanc;  mar.  rouge,  fil.,  tr. 
dor.  {Lortic), 

JPremier  volume  des  Œuvres.  Les  commentaires  de  Muret  et  de  Belleau 
ajoutent  un  grand  intérêt  philologique  et  littéraire  à  cette  édition ,  et  ne  se 
retrouvent  pas  dans  toutes.  Le  premier  livre  contient  les  poi-traits  de  Muret 
et  de  Ronsard ,  gravés  sur  bois  d'après  J.  Cousin,  selon  Papillon.  Le  second 
livre  a  un  titre  spécial,  à  la  même  date. 

Très-bel  exemplaire ,  réglé.  H.  :  0,  235. 

296.  RONSARD.  Les  OEvvres  de  Pierre  de  Ronsard  Gentil- 
homme Vandosmois  Prince  des  Poêles  francois.  Reueues 
et  augmentées.  A  Paris  Chez  Bartkelemjr  Mace,  1609. 
In-fol.,  de  8  fT.  prél.  (et  non  7  ff.),  i2i5  pp.,  6  ff.,  i32  pp. 
et  2  ff.  ;  mar.  brun,  riches  compart.  à  petits  fers,  tr.  dor. 
{anc.  rel.). 

Édition  peu  commune.  Titre  giavé  par  L.  Gaultier,  et  les  portraits  gra- 
vés sur  bois,  de  Muret,  de  Ronsard  et  de  son  amie. 

Très-bel  exemplaire.  Les  plats  de  la  reliure  portent  un  écusson  armorié  : 
une  aigle  tenant  dans  le  bec  trois  épis  de  blé. 

297.  RONSARD.  Les  OEvvres  de  Pierre  de  Ronsjrd,  gentil- 
homme Vandosmois  ,  prince  des  poètes  francois.  Reueues  et 
augmentées.  A  Paris,  chez  Nicolas  Buon,  1609-1610.  11 
part,   en  5  vol.  in-12;  mar.  bleu,  fil.,  tr.  dor.  [Niedrée). 

On  trouve  ici,  à  la  suite  des  Œmres,  et  comme  11®  partie,  les  Pièces 
retranchées ,  et  Tabrégé  de  VArt  poétique  qui  manque  souvent.  .Par  une  cir- 
constance que  la  description  donnée  au  Manuel  n'explique  pas,  les  parties 
Ire  et  90  portent  la  date  de  1610,  tandis  que  les  2e  à  8«,  puis  la  lie  (qui  selon 
M.  BruneCest  de  1610)  portent  1609.  Une  transposition  a  été  faite  par  le 
relieur  dans  les  9®  et  10®  parties  entre  les  ff.  correspondants  de  Tune  et  de 
Tautre.  Titre  gravé  par  L.  Gaultier.  Portraits,  gravés  sur  bois,  d*Henri  II, 
Henri  III,  Charles  IX,  François  de  Valois,  Ronsard  et  Muret,  dont  plu- 
sieurs répétés. 

Très-bel  exemplaire,  sauf  qq.  race,  insigniûants. 

298.  RONSARD.  Les  OEvvres  de  Pierre  de  Ronsard  Gentil- 
homme  Vandosmois  Prince  des  Poètes  francois.  Reueues  et 


POETES   FRANÇAIS.  421 

augmentées  et  Illustrées  de  Commentaires  [par  Muret]  et 
remarques  [  par  Nie.  Richelet].  A  Paris j  chez  Nicolas  Buon^ 
1623.  2  vol.  gr.  in-fol.,  portraits;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor. 

(Koehler). 

La  plus  belle  et  la  plus  complète  édition  de  ce  poète ,  ornée  d*un  titre 
gravé  par  L.  Gaultier  et  de  douze  portraits  suivants  :  Ronsard  et  son  amie 
(gr.  p)  Cl.  Mellan),  Richelet  (gr.  p.  Picquet),  Henri  II,  Charles  IX,  Henri  III, 
François  de  Valois ,  Henri  de  Lorraine,  duc  de  Guise ,  Nogaret,  duc  d*Eper- 
non ,  Anne  de  Joyeuse,  Marie  Stuart  et  Catherine  de  Médicis ,  tous  gravés 
en  tàille-douce  par  Th.  de  Leu ,  plus  celui  de  Muret ,  gravé  sur  bois. 

Superbe  exemplaire  en  giand  papier,  de  la  bibl.  A.  Bertin. 

299.  RONSARD.  Les  Qvatre  premiers  livre  (sic)  de  la  Fran- 
ciade.  Av  Roy  tres-chrestien,  Charles,  nevfîemede  ce  nom. 
Par  Pierre  de  Ronsard,  Gentilhomme  Vandomois.  Paris j 
Gabriel  Buon,  i5'j2.  InT4>  de  i4  ff-j  229  pp.  ch.  et  i  p. 
pour  les  errata;  mar.  olive,  riches  ornements  sur  les  plats 
a  petits  fers,  tr.  dor.  (Cloi^is  Eve). 

Première  édition,  rare,  d'un  poème  non  achevé.  Portraits  de  Ronsard  et 
de  Charles  IX  gravés  sur  bois. 

Bel  exemplaire,  réglé,  grand  de  marges  ;  plusieurs  ff.  de  la  fin  portent 
une  piqûre  dans  la  marge  supérieure.  Très-riche  reliure,  bien  conservée. 
Le  plat  supérieur  porte  des  traces  de  quelques  coups  de  canif. 

300.  RONSARD.  Les  Meslanges  de  P.  de  Ronsard,  dédiées  a  lan 
Brinon.  Seconde  édition.  Paris,  Gilles  Corrozet,  t555.  In-8, 
de  56  fT.  ch.  —  Continvation  des  Aoiovrsde  P.  de  Ronsard 
Vandomois.  Paris,  pour  Vincent  Certenas  (sic),  i555.  In-8,  de 
91  ff.  et  I  f.  pour  le  priv.  —  En  i  vol.;  mar.  bleu,  fil.  à 
comp.,  tr.  dor.  (Dura). 

Bel  exemplaire. 

I 

301.  RONSARD.  Les  Hymnes  de  P.  de  Ronsard,  Vandomois... 
A  Paris,  ches  André  fVechel^  i555.  ln-4>  de  199  pp.,  les 
quatre  dern.  non  ch.  —  Hymne  de  Bacvs  par  Pierre  de 
Ronsard,  avec  la  version  latine  de  lean  Dorât.  A  Paris, 
ches  André  Wecliel,  i555.  ln-4,  de  32  ff.,  dont  les  trois 
dern.  nonch.  —  En  i  vol.;  mar.  rouge,  fleurons,  tr.  dor. 
iCapé), 

Édition  originale,  rare.  Superbe  exemplaire  en  grand  papier,  réglé,  avec 
témoins.  De  la  coll.  Desq. 

30^.  RONSARD.  Responce  de  P.  de  Ronsard,  Gentilhomme 
Vandomois,  avx  inivres  et  calomnies,  de  ie  ne  sçay  quels 


122  BELLES-LETTRES. 

Prédicans,  et  Ministres  deGenéiie.  Sur  son  Discours  et  Con- 
tinuation des  Misères  de  ce  Temps.  Paris^  GcJjriel  Biion^ 
i563.  In-4,  de  26  ff.;  mar.  rouge  jans.,  dent,  intér.,  tr.  dor. 

{Smeers), 

Magnifique  exemplaire,  grand  de  marges. 

303.  Réplique  sur  la  response  faite  par  Messire  Pierre  Ronsard, 
iadis  poète  et  maintenant  Prestre^  à  ce  qui  luy  auoit  esté 
respondu  sur  les  calomnies  de  ses  Discours ,  touchant  les 
misères  de  ce  tçmps.  Par  D.  M.  Lescaldin.  5.  /.,  i563. 10-4* 
de  55  pp.  —  Response  avx  calomnies  contenves  av  dîs- 
covrs  et  Suyte  du  Discours  sur  les  Misères  de  ce  temps,  faits 
par  Messire  Pierre  Ronsard,  iadis  Poète  et  maintenant  Prebs- 
tre.  La  Première  par  A.  Zamariel  [Antoine  de  la  Roche- 
Chandieu]  :  Les  deux  aultres  par  B.  de  Mont-Dieu  [nom 
supposé  de  J..Grevin].  Ou  est  aussi  contenue  la  Metamor* 
phose  dudict  Ronsard  en  Prebstre.  S.,  L  (Orléans),  î563. 
In-4,  de  3o  ff.  n.  cli.  —  En  i  vol.;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor. 

Pièces  rares.  Au  verso  de  ravant-dernier  feuillet  de  la  seconde  on  lit  : 
Imprimé  le^de  Feburier  1562.  Exemplaire  Sainte-Beuve. 

304.  RONSARD.  Svperivs.  Premier  [Second  et  Troisiesme]  livre 
des  amovrs  de  P.  de  Ronsard  mis  en  musique  à  IIII  par- 
ties par  Anthoine  de  Bertrand  natif  de  Fontanges  en  Auuer- 
gne.  y/  Paris  y  par  Adrian  le  Roy  et  Robert  Bailardy  impri- 
meurs  du  Roj,  1578.  In-4,  de  32,  24  et  20  flf.  ch.;  veau 
fauve,  orn.  sur  les  plats,  tr.  dor.  (anc.  reL). 

Ce  volume,  extrêmement  rare,  contient  le  bel  alphabet  orné  dessiné,  pour 
Le  Roy  et  Ballard,  par  Jean  Cousin. 

Bel  exemplaire,  sauf  une  piqûre  au  troisième  livre  dans  la  marge  du 
bas.  La  reliure  porte  le  nom  d'Andreve  de  Pelletier. 

305.  RONSARD.  Sonetz  de  Pierre  de  Ronsard,  mis  en  mvsique 
à  cinq,  six  et  sept  parties,  par  M.  Philippe  de  Monte,  mais- 
tre  de  la  Chapelle  de  Tempereur.  A  Loifain  chez  Pierre  Pha-' 
lèse...  et  en  Atwers  chez  lean  Bellere,  15^5.  5  part,  in-4 
obi.,  de  18,  19,  20,  18  et  20  ff.;  broché. 

Première  édition,  non  indiquée  au  Mamiel  et  rarissime.  Elle  se  compose 
de  cinq  parties  :  Supenus,  Contratenory  Ténor,  Bossus^  Quinta  pars. 
Très-bel  exemplaire. 

306.  RONSARD.  Ténor.  Sonetz  de  P.  de  Ronsard,  mis  en  mv- 
sique a  5.  6.  et  7.  parties  par  M.  Phil.  de  Monte....  A  Paris, 
par  Àdrian  le  Jioj  et  Rob.    Ballard,  imprimeurs  du  ttqy. 


POÈTES  FRANÇAIS.  123 

T575.  In-4obl.,  de  20  ff.  plus  i  f.  pour  la  marque;  mar. 
orange,  fil.  à  fr.,  fleurons,  tr.  dor.  (Lortic). 

Très-rare.  Alphabet  d'après  Jean  Cousin.  Magnifique  exemplaire. 

307.  RONSARD.  Terior.  Poésies  de  P.  de  Ronsard  et  autres 
Poètes,  mis  en  Musique  à  Quatre  et  Cinq  parties  par  M.  Fran- 
çois Regnard.  ^  Paris,  par  Adrian  le  hoj  et  Robert  Ballardy 
1579.  ln-4  obi.,  de  26  ff.;  mar.  orange,  fil.  à  fr.,  fleurons, 
tr.  dor.  {Lortic). 

Complément  du  volume  précédent,  fort  rare.  lAême  alphabet.  Magni- 
fique exemplaire. 

308.  BAIF.  Les  Amovrs  de  lan  Antoine  deBaif.  Paris ,  V^^  Mau- 
rice de  la  Porte,  i552.  In-8,  de  io3  pp.  —  Le  Ravissement 
d'Evrope,  Par  L  Ant.  de  Baif.  Paris,  F^^  Maurice  de  la 
Porte,  i552.  In-8,  de  8  ff.  non  ch.;  veau  racine. 

Éditions  originales,  extrêmement  rares.  Magnifique  exemplaire,  grand  de 
marges. 

309.  BAIF.  Qvatre  livres  de  Tamovr  de  Francine.  Par  lan  An- 
toine de  Baif.  A  laqves  de  Cottier,  Parisien.  Première  im- 
pression.  Paris,  André  l^echel.  (Au  r°  du  dernier  f.:)  A 

Paris ^  de  l'impr.  de  André  Wechel i555.  Pet.   in-8,  de 

120  ff.  ch.  et  8  ff.  n.  ch.;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  {Cape, 
Masson^Debonnelle  iS'**.). 

Édition  originale,  fort  rare.  A  la  suite  de  la  table,  est  insérée  une  poésie 
de  Jacques  Tahureau  :  Contre  t envieux.  Très-bel  exemplaire. 

On  trouve  très-difficilement  à  réunir  ce  volume  ainsi  que  les  deux  pré- 
cédents en  éditions  originales. 

310.  BAÏF.  Le  Premier  des  Météores  de  lan  Antoine  de  Baif.  A 
Caterine  de  Medicis  Royne  mère  dv  Roy.  A  Paris,  par  Ro- 
bert Estienne,  1567.  In-4,  de  l\o  pp.  ch.  et  4  ff-  n-  ch.; 
mar.  bleu,  fil.,  doublé  de  mar.  orange  à  riches  compart., 
tr.  dor.  {ChamboUe-Duru  et  Marias  Michel), 

Seule  édition  séparée,  fort  rare.  A  la  suite  des  Météores,  se  trouvent  trois 
pièces  de  Baif,  une  Elégie  à  la  France  par  Jodelle  et  un  Sonet  de  Ph.  de 
Hotman. 

Magnifique  exemplaire,  couvert  d'une  riche  reliure. 

3H.  BAIF.  Evvres  en  rime  de  lan  Anthoine  de  Baif  secrétaire 
de  là  chambre  dv  Roy.  Paris,  Lucas  Breyer,  iS'j'i.  —  Les 
Amovrs...  Ihid.,  1672.  —  Les  levx..  Ibid,,    (573.  —  Les 


^24  BELLES-LETTRES. 

Passetems...  Ibid.^  i573.  —  Ensemble  4  ^ûl.  in-8;    mar. 
rouge,  fil.  à  comp.,  Heur.,  tr.  dor.  {Lortic), 

Réunion  de  quatre  volumes  fort  rares  ;  ce  qui  est  encore  plus  rare,  c'est 
que  le  présent  exemplaire  est  en  grand  papier,  réjglé,  et  en  parfoit  état,  sauf 
qq.  marges  rapportées.  Le  premier  volume  est  un  peu  plus  grand  que  les 
autres. 

312.  BAÏF.  Etrènes  de  poézie  fransoeze  an  \ers  mezurés... 
par  Jan  Antoéne  de  Baïf,  Segretere  de  la  Çanbre  du  Roe. 
Paris,  Denjs  du  Fui,  i574.  In-4;  ^él.,  tr.  dor. 

Superbe  exemplaire,  unique  dans  cette  condition,  presque  entièrement 
non  rogné,  aux  armes  de  J.-A.  de  Thou. 

On  a  relié  «\  la  suite  une  autre  pièce  du  même  auteur  :  De  profectione  et 
AdverUu  Henrici  Régis  Polonorum  augtisti  in  regnum  mum.  Ode,  Joannis  Au- 
rati  poetœ  ilegii,  ex  GaUico  Joannis  Antonii  Baifij.  —  Sur  le  voeiaje  et  Vari" 
vée  du  Roe  de  P8/one  an  son  Rœiautne  Ode  de  Jan  Antœne  de  Baif.  Parisiis, 
apud  Dionysium  Vallensem,  1574. 

Pour  la  singulière  orthographe  employée  par  Tauteur  dans  ce  livre,  voir 
Touvrage  de  M.  Didot  :  Observations  sur  Vorthographe  française* 

Ce  précieux  volume  a  été  payé  900  fr.  à  la  vente  Brunet. 

313.  BAÏF.  Les  Mimes,  enseignemens  et  proverbes  de  lan  An- 
toine Baif.  Reueus  et  augmentez  en  ceste  dernière  édition. 
yé  Paris  j  par  M  amer  t  Pâtisson,  imprimeur  du  Rojr.  Citez 
Rob.  Estienne,  1597.  In-12;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  (Dû- 
ifid). 

Première  édition  complète;  elle  est  imprimée  en  caract.  ital.;  les  livres 
III  et  IV  portent  une  pagination  à  part. 

Le  dernier  f.  préliminaire,  hlanc  au  recto,  offre  au  verso  un  remanjua- 
hle  portrait  de  Baïf,  fort  bien  gravé  sur  bois,  et  très-peu  connu  des  icono- 
graphes. 

Très-joli  exemplaire,  grand  de  marges.  Les  3  fif.  rél.  appartenant  aux 
livres  III  et  IV  ont  été  transposés  à  la  reliure, 

314.  BAIF.  Les  Mimes,  enseignemens  et  pï'overbes  de  !..  A.  De 
Baïf.  A  Tolose, pour  Ican lagourt ,  1608.  In- 12,  de  5  ff.  Um., 
et  164  ff.  cil.;  mar.  La  Valiière,  fii.  à  fr.,  tr.  dor.  {Petit). 

Très-jolie  édition  en  caractères  italiques,  non  indiquée  au  Manuel  qui  ne 
cite  que  celle  de  1612  du  môme  éditeur.  Le  titre  gravé  est  orné  d*un  beau 
portrait  du  poëte. 

315.  PETIT  BOIS.  Discovrs  satyric  de  la  mort.  Par  le  sieur  du 
Petit  Boys,  Poiteuin ,  Gentilhomme  seruant  du  Roy  de  Na- 
uarre.  A  Mon- Seigneur  le  Prince  de  Condé.  A  la  Rochelle, 


POÈTES   FRANÇAIS.  .      125 

par  P,  Haultitij  1577.  ï*^"8,  de  16  ff.  dont  i  bl.;  mar. 
orange,  fil.  àfr.,  tr.  dor.  (Loriic). 

Pièce  très-rare,  non  indiquée  au  Manuel,  Exemplaire  avec  témoins,  mais 
malheureusement  trop  rogné  en  tête. 

316.  La  Pvce  de  Madame  Des-Roches.  Qvî  est  vn  recveil  de 
divers  Poèmes  Grecs,  Latins  et  François,  composez  par  plv- 
sifîvrs  doctes  personnages  avx  Grans  Jours  tenus  à  Poitiers 
l'An  M.  D.  LXXIX.  j4  Paris,  pour  Abel  l'Jngelierj  i583. 
In-4;  veau  fauve,  fil.,  tr.  dor. 

Ce  recueil,  devenu  rare,  est  un  des  plus  gracieux  spécimens  de  la  poésie 
légère  auXVIo  siècle.  Une  puce,  aperçue  en  1579,  pendant  les  Grands  Jours, 
sur  le  sein  de  M'^*  Des-Roches,  donna  lieu  à  cette  joute  poétique  des  plus 
beaux  esprits  du  tempe  :  E.  Pasquier,  Scévole  de  Sainte-Marthe,  Gourtin 
de  Gissé,  etc.  (voir  Tavis  au  lecteur).  On  y  trouve  de  fort  jolis  vers  de 
Madame  Catherine  Des-Roches  elle-même  que  l'éditeur  de  ce  recueil ,  Jac- 
ques de  Sourdrai  (qui  signe  aussi  de  son  anagramme  :  Qui  à  vous  se  dédira), 
appelle  la  «  perle  de  nostre  pays  poitevin.  »  Une  charmante  pièce  en  prose  : 
Louange  de  /a  pvce/ termine  la  première  partie  (f.  60).  La  seconde  est  précédée 
de  ce  faux  titre  :  JHvers  Poèmes  tant  svr  les  Grans  lôvrs  tenvs  à  Poitiers  Van 
M. D. LXXIX.  qve  svr  avtres  sviets  faits  aux  mesmes  Grans  lovrs.  Parplvsievrs 
avtevrs.  M.D.LXXXIL 

317.  DU  MONIN.  L'Vranologie  ov  le  ciel  de  lan  Edovard  dv 
Monin  PP.  contenant,  outre  l'ordinaire  doctrine  de  la 
Sphaere,  plusieurs beaus  discours  dignes  de  tout  gentil  esprit. 
A  Monseignevr  M.  Philippes  Des- Portes.  Paris,  chez  Guil- 
liaume  Julien ,  i583.  In- 12;  mar.  bleu  jans.  ,  tr.  dor. 
{Hardfy  ^ 

Bel  exemplaire  d'un  volume  très-rare. 

318.  (THYARD,  P.  de.)  Errevrs  amovrevses,  Augmentées  d'une 
tierce  partie.  Plus ,  Vn  Liure  de  Vers  Liriques.  A  Lyon, 
par  lande  Tournes  ^  i555.  In-8;  veau  vert.,  fil.,  tr.  dor. 
i^Ducastin). 

Première  édition  complète  des  trois  livres,  fort  rare.  Au  verso  .du  titre, 
un  joli  portrait  de  la  dame  de  Fauteur,  gravé  sur  bois. 
Exemplaire  de  VioUet-le-Duc.  Piqûres  de  vers  race. 

319.  THYARD  (P.  de.)  Les  Oevvres  poétiques  de  Pontvs  de 
ïyard,  Seigneur  de  Bissy  :  asçavoir,  Trois  liures  des 
Erreurs  Amoureuses.  Vn  liure  de  Vers  Liriques.  Plvs  Vn 
recueil  des  nouuelles  œuures  Poétiques.  A  Paris,  par 
Galiot  du  Pré,   i573.  In-4>  de  4  ^m  prél.,  164  pp.    et 


126  BELLES-LETTRES. 

20  fT.  —  Ponti  Thyardei ,  Bissiani,  ad  Petrvm  Ronsard vni, 
De  Cœlestibus  Asterismis  Poëmalium.  Parisiis^  apud  Galéo- 
tum  à  PratOy  1*573.  ln-4  >  de  4  ff.  —  Manlice  ou  Discours 
de  la  vérité  de  Diuination  par  Astrologie.  Autheur  Pontus  de 

Tyard Seconde  Edition  augmentée.  Paris ,  Galiot  du  Pré. 

S.  d.  In-4,  de  2  ff.,  ii4  pp.  et  1  f.  (errata).  —  Solitaire 
premier,  ov  Dialogve  de  la  fvrevr  poetiqve.  Par  Pontus  de 
Tyard...  Seconde  Edition,  augmentée.  Paris  y  Galiot  du  Pré. 
S.  d.  (épîlre  dédie,  du  i*'  avril  1675,  et  non'  i573).  In-4,  de 
2  fî.  et  68  pp.  —  4  part,  en  i  vol.;  veau  fauve,  dent.,  tr. 
dor. 

Recueil  fort  rare.  Au  verso  du  titre  des  Œuvres^  un  Sonnet  de  Ronsard 
sur  les  Erreurs  amoureuses,  qui  manque  à  l'édition  ci-dessus.  Le  dessin  des 
belles  initiales  historiées  et  des  en- té  tes  est  attribué  à  Jean  Cousin. 

Exemplaire  du  comte  de  Corbière,  assez  grand  de  marges  (sauf  qq.  ff,), 
mais  un  peu  roux. 

320.  LE  FEVRE  DE  LA  BODERIE.  La  Galliade  ov  de  la  Re- 
volvtion  des  arts  et  sciences,  à  Monseignevr  fils  de  France, 
frère  vniqve  du  Roy.  Par  Guy  le  Féure  de  la  Boderie ,  secré- 
taire de  Monseigneur,  et  son  Interprète  aux  langues  pere- 
grines.  Paris,  Guillaume  Chaudière,  1578.  In-4;  mar.  vert , 
fil.,  tr.  dor.  (iViedrée). 

Première  édition  de  ce  poème  peu  connu ,  qui  fournit  de  précieux  ren- 
seignements sur  les  artistes  et  les  savants  les  plus  renommés  en  France  au 
XVIo  siècle. 

Magnifique  exemplaire,  réglé,  d'Armand  Bertin ,  puis  d'Yemeniz. 

321.  LA  PRIMAUDAYE.  Cent  qvatrains  consolatoires  dv  sievr 
4e  la  Primaudaye.  ^  Lyoriy  par  Benoist  Riga\'d,  i582.  In-8, 
de  27  pp.;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  {Kœhler). 

Bel  exemplaire  d'une  édition  rare.  Haut.:  0,  156.  De  la  bibl.  Yemeniz. 

322.  SAINTE-MARTHE.  Les  premières  œvvres  de  Scevole  de 
Sainte-Marthe,  gentilhomme  Lodvnois.  Qui  contiennent  ses 
Imitations  de  Traductions  recueillies  de  diuers  Poètes  Grecs 
et  Latins...  Â  Paris,  de  l'Imprimerie  de  Federic  Morelj 
1571.  (Au  v°  du  titre  :  )  Acheuées  d'imprimer  le  25.  de  Fe- 
hurler  l\in  M.  D.  LXIX  (iSôg).  ln-8 ,  de  8-  et  120  ff.  — 
Hymne  svr  TAuant-Mariage  dv  Roy.  Par  Sceuole  de  Saincte-  . 
Marthe... /é/V/.  1670.  In-8,  de  16 ff.  — En  1  vol.;  mar.  rouge, 
fil.  à  fir.,  tr.  dor.  {Hardy), 

Première  édition,  fort  bien  imprimée.  Le  second  opuscule  est  très-rare. 
Magnifique  exemplaire,  avec  témoins. 


POETES   FRANÇAIS.  127 

323.  SAINTE-MARTHE.  Les  OEuvres  [latines  et  françaises]  de 
Scevole  de  Sainte-Marthe.  Dernière  édition.'  Paris j  lacques 
Villery^  1629-30.  4  part,  en  i  vol.  in-4;'mar.  rouge  ancien, 
riches  compart.,  tr.  dor.  et  cis.;  étui  de  mar.  vert  [Lortic), 

Première  édition  collective ,  non  indiquée  au  Manuel,  Chaque  volume  a 
un  titre  .et  une  pagination  spéciale. 

Magnifique  exemplaire,  avec  témoins ,  couverte  d'une  élégante  reliure. 
De  la  bibl.  Desq. 

324.  ALIZET.  La  Caliiope  chrestienne,  ou  Recveil  De  Prières, 
Consolations  et  Méditations  Spirituelles  :  par  Benoît  Alizet. 
j4  GencKfe  de  V Imprimerie  de  Gabriel  Cartier^  iSgS.  In-8,  de 
4  ff.  prél.  et  120  pp.;  mar.  La  Vallière,  fil.,  tr.  dor.  {Lortic). 

Poète  huguenot,  pour  ainsi  dire  inconnu.  Ni  Viollet-le-Duc,  ni  M.  Brunet, 
ni  les  grands  ouvrages  de  biographie  ne  parlent  de  cet  émule  de  Du  Bartas. 
On  trouve,  entre  autres ,  dans  ce  volume  ral'issime ,  les  pièces  suivantes  : 
Aux  fidèles  Pasteurs  et  Docteurs  des  églises  chrestiennes  reformées..,  es  divers 
pays  de  l'Europe;  —  Aiw?  magnifiques  Seigneurs^  Cité  et  République  ]de  Beme^ 
en  l'an  1568  ;  —  Aux  mesmes,  tan  1574.  Supplication  pour  l'assistance  des 
Eglises  françoises  dissipées  (après  la  Saint-Barthélémy  )  ;  —  A  l'Eglise  et 
Republique  de  Genève  en  l'an  1580  ;  —  plusieurs  pièces  adressées  à  des  pas- 
teurs des  églises  reformées,  etc. 

Très-bel  exemplaire. 

325.  DU  CHESNE.  Le  Grand  mh^oir  dv  monde;  Par  loseph  Dv 
Chesne,  sieur  de  la  Violette,  D.  médecin.  Ljron ,  poi^r  Bar- 
theleml  Honorât,  1587.  ^^^"4»  d<î  8  fî.  et  206  pp.;  cuir  de 
Russie,  fil.,  tr.  dor.  {Thompson), 

Première  édition,  fort  rare.  Bel  exemplaire. 

326.  DU  VERDIER.  LesOmonimes,  satire  des  mœvrs  corrom- 
pues de  ce  siècle  Par  Antoine  dv  Verdier,  homme  d'armes 
de  la  compagnie  de  Monsieur  le  Seneschal  de  Lyon.  A  Lyon, 
par  Ant.  ôryphius,  1572.  (A  la  fin  :  )  y^  Lfon,  de  imprimerie 
de  Pierre  Roussin^  1672.  Ia-4^  ^^  12  ff-  ch.;  veau  ant., 
fil.,  tr.  dor.  (Kœkler). 

Seule  édition  publiée,  fort  rare.  Magnifique  exemplaire,  de  la  coll.  Van 
der  Helle. 

327.  PASSERAT.  Le  premier  livre  des  poèmes  de  Jean  Passerat. 
Reueus et  augmentez  parTAutheur  eh  ceste  dernière  édition. 
A  Paris  y  par  la  veafue  Marner t  Pâtisson  ^  1602.  Pet.  in-8; 
veau  fauve,  fil.,  tr.  dor. 

Bel  exemplaire  d'un  volume  rare. 


128  liELLES-LETTRES. 

328.  DESPORTES.  Les  premières  œvvres  de  Philippe  Des  Por- 
tes.  k\  Roy  de  Pologne.  Paris,  Robert  le  Mangnier,  iB'j^. 
In-4;  niar  rouge,  fil.,  tr.  dor.  [Niedrée), 

Première  édition.  Magnifique  exemplaire,  réglé.  Une  cassure  race, 
au  2e  f. 

329.  DESPORTES.  Les  premières  œvvres  de  Philippês  Des-Por- 
tes.  Dernière  édition,  reueûe  et  augmentée.  j4  Paris j  par 
Mamert  Pâtisson^  i6oo.  In-8;  mar.  rouge,  fil.  à  comp.,  dos 
orné,  tr.  dor.  {anc.  reL). 

Une  des  plus  belles  éditions  de  ce  poète  et  la  plus  recherchée.  Magni- 
fique exemplaire ,  couvert  d'une  riche  reliure  portant  sur  les  plats  et  au  dos 
les  initiales  R,  M,  A,  T,  E,  N,  S,  etc.,  entrelacées. 

330.  DESPORTES.  LesOEvvres  de  Philippes  Des-Portes ,  Abbé 
de  Thiron.  Reueues  et  corrigées,  yé  Rov^en  de  l'imprimerie  de 
Raphaël  du  petit  Val  y  i6r  i.  Pet.  in- 12  ;  vél.  bl.,  avec  une 
bordure  en  mar.  rouge ,  doré ,  milieu  à  compart.  en  mar. 
olive ,  avec  dorure  en  écaille  de  poisson ,  doublé  de  mar. 
rouge,  dent.,  tr.  dor.  {anc.  rel,). 

Édition  la  plus  complète ,  ornée  d'un  joli  titre  gravé  par  L.  Gaultier. 
Elle  a  été  donnée  par  Thibault  Desportes,  sieur  de  Beuilliers,  secrétaire  et 
grand  audiencier  de  France.  Elle  commence  par  huit  pièces  de  vers  en 
rhonneur  du  poète ,  dont  quatre  en  français,  parmi  lesquelles  on  remarque 
une  Élégie  sur  les  CEuvres  de  M,  Bes-portes,  par  Des  Yveteaux.  A  la  suite  de 
la  table,  se  trouve  le  Tombeau  de  Messire  Ph,  Desportes,  pièce  en  vers  de  I. 
de  Montereul. 

La  reliure  qui  recouvre  ce  volume  est  fort  originale,  mais  malheureuse- 
ment ce  n'est  qu'un  remboîtage  ;  elle  est  d'un  format  un  peu  plus  grand  que 
le  livre.  II.  :  0,  133. 

331.  DESPORTES.  Les  CL.  Pseavmes  de  David,  Mis  en  vers 
François ,  par  Philippes  Des-Portes  abbé  de  Thiron.  Auec 
quelques  cantiques  de  la  Bible ,  et  autres  œuures  Chrestien- 
nes,  et  Prières  du  mesine  Autheur.  y4  Paris ^  par  la  vefue 
Mamert  Pâtisson,  i6o3.  In- 12;  nfiar.  vert,  fil.  à  fr.',  tr.  dor. 
[Dura). 

Édition  complète.  Les  œuvres  chrétiennes  et  prières  annoncées  sur  le  litre 
forment  des  parties  distinctes  ;  la  première  est  intitulée  :  Poésies  chrestiennes 
(îôirf.,  4604),  la  seconde  :  Qvelqves  prières  et  meditaiwis  (sic)  chrétiennes 
(ibid.,  4604). 

Joli  exemplaire. 

332.  VAUQUELIN  DE  LA  FRESNAYE.  Les  Diverses  Poésies  dv 


POÈTES  FRANÇAIS.  129 

sievr  de  ia  Fresnaie  Vavqvelin...  A  Caeriy  Par  Charles  Macé 
Imprimeur  du  Rof.  1612.  Pet.  in-8;  mar.  rouge, riches  coin- 
part.,  Ir.  dor.  (Cape), 

Cette  édition  ne  diffère  de  la  première  de  1605,  dont  les  exemplaires  ^ont 
presque  introuvables,  que  par  un  nouveau  titre  et  les  trois  ff.  suivants 
qui  ont  été  réimprimés.  Tout  le  reste  du  volume  appartient  au  premier  ti- 
rage. Les  exemplaires  de  cette  édition  sont  aussi  extrêmement  rares.  Celui-ci 
est  très-pur  et  parfaitement  conservé  (H.  :  0,150). 

333.  LU  ROQUE.  Les  OEvvres  du  Sievr  de  la  Roqve  de  Clair- 
mont  en  Beavvoisis.  Reveves,  et  augmentées  de  plusieurs 
Poésies  outre  les  précédentes  Impressions.  A  la  Royne  Mar- 
gverite.  Paris  y  f^^^  Claude  de  Monstroeil,  1609.  In- 1*2,  de 
8  ff.  prél.,  8o3  pp.,  et  i4  ff.  de  table;  mar.  rouge,  fil.,  tr. 
dor.  {Masson-Debonnelle), 

Cette  édition  parait  être  la  même  que  celle  qui  est  décrite  au  Manuel  sous 
la  date  de  1619,  au  lieu  de  1609,  sans  doute  par  suite  d'une  faute  typogra- 
phique. Très-bel  exemplaire. 

334.  PASQUIER  (E.).  Les  levx  poetiqves  d'Estienne  Pasquier. 
Paris*  lean  Petit-pas  ^  i6to.  In-8,  de  8  ffl  prél.  et  799  pp., 
portr. ;  veau  fauve,  fil.,  tr.  dor. 

M.  Brunet  indique  cette  édition  sous  le  titre  de  Jeunesse  d'E.  Pasquier  et 
sa  suite*  Dans  le  présent  exemplaire ,  le  titre  de  Jeux  poétiques  se  répète 
après  la  p.  328  et  il  est  compris  dans  la  pagination.  Le  volume  contient  :  le 
Monophile,  les  Colloques  d'amour,  les  Lettres  amoureuses,  les  Jeu^  poétiques, 
•  la  Puce  (titre  spécial),  la  Main  (titre  spécial).  Le  portrait  de  l'auteur,  gravé 
par  Th.  de  Leu ,  est  placé  en  tête ,  mais  il  devrait  l'être  avant  le  titre  de  la 
Main,  car  il  est  compris  dans  la  pagination. 
Édition  rare.  Bel  exemplaire. 

335.  PASQUIER  (E.).  Recveil  des  ryines  et  proses  de  E.  P.  A 
Paris,  Charles  VAngeliery  i555.  Pet.  in-8,  de  68  ff.  oh.; 
mar.  bleu  jans.,  tr.  dor.  (Cape), 

Le  nom  de  l'auteur  figure  en  toutes  lettres  dans  l'extrait  du  privilège ,  du 
24  octobre  1555,  accordé  au  libraire  Vincent  Sertenas,  dont  l'adresse  se 
trouve  sur  le  titre  de  certains  exempl.  Plusieurs  pièces  comprises  dans  ce  re- 
cueil fort  rare  n'ont  pas  été  réimprimées  dans  les  Œuvres  complètes  de  Pas- 
quier. 

Très-bel  exemplaire,  de  la  bibl.  Bordes. 

336  REGNIER.  Les  Satyres  et  autres  œuvres  dv  sievr  Régnier. 
Augmentés  de  diverses  Pièces  cy-devant  non  imprimées. 
A  Leiderij  chez  Jean  et  Daniel  Elsevier,  i652.  Pet.  in- 12; 
mar.  bleu,  fil.,  tr.  dor.  (Trautz-Bauzonnet). 

9 


i30  BELLES-LETTRES. 

La  plus  précieuse  des  éditions  de  Régnier.  La  dix-neuvième  satire  est 
en  originaL 

Très-bel  exemplaire.  H,  :  124  mill.  i\2. 

331.  REGNIER.  Les  Satyres  dv  sievr  Régnier.  Dernière  Edition, 
reueiié,  corrigée  et  de  beaucoup  augmentée,  tant  par  le  sieur 
de  Sigogne,  que  de  Berthelot.  Dédiées  av  Roy.  Paris  y  de 
rimpr,  d^ Anthoine dif  Biveilyi&i[\.  Pet.  in-8;  mar.  vert,  fil. 
à  fr.,  tr.  dor. 

Cinquième  édition.  Très-bel  exemplaire. 

338  URFE  (D').  Le  Sireine  de  messire  Honoré  d'Vrfé...  Reveu, 
corrigé  et  augmenté  de  nouueau  par  l'Autlieur...  aiiec  ati- 
tres  Poésies  du  mesme  Autheur,  nouuellement  mises  en  lu- 
mière. A  Paris^  chez  Toitssainct  du  Brajr ^  i6i8.  In-8,  de 
128  fr.;  mar.  rouge,  fil.  àcomp.,  fleurons,  tr.  dor.  {Lortic). 

Dernière  édition  de  ce  poème.  Charmant  exemplaire. 

339.  (AUBIGNÉ,  Th. -A.  d\)  Les  Tragiqves,  Donnez  av  pvblic 
par  le  larcin  de  Promelhee.  Au  dezert,  par  L.  B.  Ù,  D.y 
1616.  Pet.  in-4;  mar.  rouge,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  {Cape). 

Première  édition,  fort  rare,  mais  sans  Y  errata^  qui,  ayant  été  sgouté  après 
coup ,  ne  figure  que  dans  un  petit  nombre  d'exemplaires.  Celui-ci  provient 
de  la  coll.  Max.  Du  Camp. 


.T.«. 


3i0.  ArBlGNt(Tli.-A.  d').  Les  Tragiqves  ci-devant  donnez  au 
pvblic  pnr  le  larcin  de  Promelhee  et  depuis  avovez  et  enri- 
chis piir  le  S*"  d'Avhigné.  S,  /.  n.  d.  In-8;  veau  antique,  fil., 
tr.  dor.  [Kœhler). 

Seconde  édition,  plus  complète  et  rare.  Elle  a  été  exécutée  vers  1620,  à 
rimprimerie  particulière  de  d'Aubi<]^né,  dirigée  par  J.  Moussât.  A  la  fin,  se 
trouve  un  élo^^e  eu  prose  d'Henri  IV,  pour  avoir  donné  la  paix  à  la  France. 

341.  MAILLIET.  Les  Poésies  dv  sievr  de  Mailliet.  A  la  louange 
de  la  Reyne  Marguerite.  Augmentées  en  ceste  seconde  Edi- 
tion. Et  dédiées  à  Sa  Maiesté.  A  Paris,  Par  lean  Hérault ^ 
1612.  Pet.  in-8,  de  85  pp.  ;  mar.  rouge,  fil.,  doublé  de  mar. 
citron,  tr.  dor.  {Cliambolle-Duru). 

Poète  bordelais  extrêmement  rare. 

Très-bel  exemplaire  provenant  de  la  bibl.  de  M.  H.  Bordes,  avec  son  ex- 
libris  frappé  en  or  sur  la  doublure. 

3i2.  COLAS  (P.).  Les  Lirmes  d*Aron!he  svr  Tinfidélilé  de  Clo- 
rigene  Recil  Paslornl  diuiséen  Cinq  Journées  Par  P.  Colas... 
Lj'on,  lean  Lautret,  1G20.  (Au  r**  du  dernier f.  :)...  Imprimé 


POETES  FRANÇAIS.  131 

à  Ljon  par  lean  Lautret ^  le  7  Nouembre  161 9.  In- 12,  litre 
gravé;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  {Thibaron-Echaubard). 

Volume  fort  rare,  que  M.  Brunet  n'a  sans  doute  pas  vu,  car  il  ne  Taurait 
pas  classé  au  Théâtre.  Outre  le  poème  annoncé  au  titre ,  il  contient  encore  : 
Le  Songe  d'Ence,L Ombre  d'AlciSy  Les  Alîarmes  deCloeîis,  et  d'autres  poésies 
parmi  lesquelles  on  remarque  des  stances  Contre  une  qui  dit  au  peintre  de 
luy  faire  les  tétons  durs. 

Joli  exemplaire. 

343.  LA  BORDERIE.  Les  Prelvdes  dePerroqvet,  flvteur  lolo- 
sain.  Dédies  a  Monseigneur  le  Duc  de  Mayenne.  Par  le 
Sieur  de  la  Borderie.  ^4  Bourdeaus,  par  Gilbert  Fernoy^ 
1620.  Pet.  in-4,  de  4  ff-  et  80pp.;  mar.  violet,  fil.,  Ir.  dor. 

i^Ducastiii), 

Volume  fort  rare. 

344.  SONNET  DE  COUR  VAL.  Satyre  Menippée  svr  lespoingnan- 
tes  traverses  et  incommoditez  du  Mariage.  Avec  la  Time- 
llielie  ov  censvre  des  femmes.  Par  Thomas  Sonnet,  docteur 
en  médecine.  Gentilhomme  Virois.  Troisiesme  édition.  Re- 
ueué  de  nouueau  par  TAutheur  et  augmentée  d'vne  Def- 
fence  apologetiqve,  contre  les  Censeurs  de  sa  Satyre  du  Ma- 
riage. A  Paris ^  chez  Jean  Millot ,  cididcx  (1610).  4  part,  in- 
8;  mar.  orange,  fil.  à  comp.,  doublé  de  mar.  orange,  à  ri- 
ches compart.  [Hering  et  M  aller). 

Cette  édition  n'a  pas  été  suffisamment  décrite.  Chaque  partie  porte  une 
pagination  distincte,  mais  les  signatures  des  cahiers  continuent  pour  les  trois 
premières  parties.  Elles  ont  chacune  un  titre  particulier.  La  seconde  est  ainsi 
intitulée  :  Thimethelie  ov  Censvre  des  femmes.  Satyre  seconde.  En  laquelle  sont 
amplement  descrites  les  Maladies  qui  arriuent  ordinairement  à  ceux  qui  vont 
trop  soutient  à  l'escarmouche  soubs  la  Cornette  de  Venus.  Par  Th.  Sonnet, 
Sievr  de  Courval^  etc.  A  la  suite  de  cette  satire,  on  trouve  :  Six  epitaphes  ou 
Tombeaux ,  contenant  plusieurs  détails  biographiques  inconnus.  Après  la 
Deffence  Apologetiqve,  viennent  4  ff.  non  chiff.  contenant  une  épître  au  lecteur 
et  des  stances  sur  son  livre,  feuillets  portant  la  signât.  A  et  qui  ne  semblent 
pas  être  ici  à  leur  place. 

La  4*  partie  jointe  à  cet  ouvrage  est  intitulée  :  Responce  d  la  Contre-Satyre 
par  VAvtheur  des  Satyres  dv  mariage,  et  Thimethelie.  Imprimé  à  Paris^  1609. 
Cette  Contre -Satire,  non  indiquée  au  Jtfanue/,  était  intitulée  :  ContreSatyre 
pour  la  deffence  des  Dames,  faicte  par  des  Gentils- hommes  des  plus  affidez  à  ce 
sexe.  Sonnet-Courval  nous  informe  que  Fauteur  anonyme  de  cette  Contre-Sa- 
tyre, dédiée  aux  plus  belles  dames  de  la  cour,  avait  déjà  publié  un  opuscule 
intitulé  :  A  La  Louange  des  femmes  vertueuses,  par  unAdvocatdu  Parlement  de 
Paris.  Ces  curieux  renseignements  bibliographiques  nous  paraissent  complè- 
tement nouveaux. 

Volume  rare,  provenant  des  bibl.  Courbonne  et  Yemeniz. 


132  BELLES-LETTRES. 

3i5.  THEOPHILE  (Viaud).  Les  OEvvres  de  Tlieo|>hile,  Diui- 
séesen  trois  parties.  Première  partie  contenant  1  immortalité 
de  l'Ame,  auec  plusieurs  autres  pièces.  La  seconde^  les  Tragé- 
dies. £t  la  troisiesme,  les  pièces  qu'il  a  faites  pendant  sa  pri- 
son. Dédiées  aux  beaux  esprits  de  ce  temps.  Paris  ,  Antlioine 
de  Sommavilley  i656.  In- 13,  de  269  et  3o3  pp.;  mar. 
rouge,  fil.,  tr.  dor.  [Dura). 

Édition  presque  complète  et  l'une  de  celles  qu'on  recherche.  Bel  exem- 
plaire. 

F.  Depuis  Malherbe  jusqu'à  nos  jours, 
a.  Poésies  de  divers  genres. 

346.  MALHERBE.  Les  Oevvres  de  ]VP  François  de  Malherbe, 
Gentil-homme  ordinaire  de  la  chambre  du  Roy.  Seconde 
édition.  Paris  ^Char/es  Chappellain^  i63i.  In-4;  mar.  rouge, 
fil.  à  fr.,  Ir.  dor.  {Petit), 

Réimpression  pure  et  simple  de  l'édition  ori^nale,  publiée  par  Franc. 
d*Arbaud,  sieur  de  Porchères,  cousin  de  Tauteur.  Les  poésies  ont  une  pagi- 
nation à  part.  Le  Discours  sur  les  Oeuvres  de  M,  de  Malherbe  (par  Ant.  Godeau) 
a  été  transposé  à  la  fm  dans  cet  exemplaire.  Il  est  suivi  du  privilège,  à  la  fin 
duquel  on  lit  :  Acheué  d' imprimer  le  22  de  Décembre  1629,  ce  qui  prouve  que 
cette  partie  de  l'ouvrage  provient  du  tirage  fait  pour  l'édition  originale. 

Le  portrait  de  Fauteur  manque,  mais  l'exemplaire  est  superbe  et  grand  de 
marges. 

3i7.  Le  Cabinet  des  mvses,  ou  nouueau  recueil  des  plus  beaux 
vers  de  ce  temps.  y4  Rouen^  de  timpr,  de  David  du  Petit-Val^ 
161 9.  In- 12,  de  943  pp.  et  8  ff.;  mar.  rouge,  fil.  à  froid, 
tr.  dor.  {Lortic). 

Recueil  très-rare.  Bel  exemplaire. 

348.  Jardin  des  Mvses  ov  se  voyent  les  Fleurs  de  plusieurs  ag- 
greables  poésies,  recueillies  de  diuers  Âutlieurs  tant  anciens 
que  modernes.  Paris^  A,  de  Sommaville et  A,  Courbé^  i643. 
In- 12;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  (TrautirBauzonnet). 

Charmant  exemplaire  de  ce  recueil  de  pièces  curieuses. 

349.  Recveil  des  plvsbeavx  vers  de  Messievrsde  Malherbe,  Ra- 
can,  Maynard,  Bois-Robert, Mon fvron,  Lingendes,  Tovvant, 
Motin,  de  Lesloille  et  autres  diuers  Auteurs  des  plus  fameux 
Esprits  de  la  Cour.  Reueuz,  corrigez  et  augmentez.  PariSf 


POÈTES  FRANÇAIS.  «3 

Toussainct  du  BrajTy  i63o.  In-8  ;  mar.  rouge,  fil.,  Ir.  dor. 
[Hardy-  Mennil) . 

Le  privilège  est  du  2  juin  1626  et  la  première  édition  de  ce  recueil  a  été 
donnée  en  1627.  Celle-ci  est  de  beaucoup  augmentée.  Très-bel  exemplaire. 

350.  Recveil  chrestien,  ov  sont  une  Prophétie  de  S'^Brigîde 

Royne  d'Escosse Vn  Discours  faict,  et  présenté,  par  le  feu 

Cheu.  de  Bonnet  au  Roy  Charles  IX...  et  vn  autre  Discours, 
faict  par  le  sieur  Mario  Verdisot  Vénitien...  en  vers  italiens 
[avec  une  trad.  en  vers  français]  audit  Roy  Charles....  des- 
criuantet  narrant,  des  grands  voyages  fàicts...  en  la  Tur- 
quie :  Et  les  chemins,  villes nommément  de  la  Terre 

Sainte.  Par  G.  de  Bonnet,  son  neueu ,  sieur  et  Baron  d'Au- 
melas....  A  La.  Royne  Régente.  A  Paris^  chez  Pierre  Ches^a- 
lier^  i6ii.  —  Exlraict  d*vn  Livre  inlitvlé  Historiale  des- 
cription de  l'Ethiopie,  imprimé  en  Anuers  par  Christofle 
Plantin,  Tan  i558.  Où  sont  des  prophéties  confirmatiues  de 
celles  qui  sont  cy  devant  [dans  le  Recueil  Chrestien].  Des 
lettres  escrites  à  nostre  Sainct  Père  le  Pape  Clément  VII,  par 

TEmpereur  et  Roy  d'Ethiopie,  autrement  Prete-Ian A 

Paris j  i6ii.  2  part,  en  i  vol.  in-8;  mar.  rouge,  fil.  à 
comp.,  tr.  dor.  {anc.  reL). 

Exemplaire  de  MARIE  DE  MÉDIGIS,  portant,  sur  les  plats  et  au  dos,  des 
lis  couronnés. 

Le  premier  ouvrage  est  orné  de  beaux'portraits  de  Henri  IV,  de  Louis  XIII 
et  de  Marie  de  Médicis,  gravés  par  L.  Gaultier.  A  la  suite  d'une  longue 
épître  dédicatoire  adressée  à  la  reine-mère,  de  môme  que  dans  le  corps  de 
l'ouvrage,  on  trouve  des  pièces  de  vers  de  différents  auteurs.  Ce  recueil 
est  omis  dans  le  Manuel.  Exemplaire  Yemeniz. 

351 .  EXPILLY.  Les  Poèmes  dv  sievr  d'Expilly  à  M""*  la  marqvise 
de  Monceavx.  A  Paris,  chez  Abel  Langellier,,.  iSgô.  2 
part,  en  i  vol.  pet.  in-4,  portr.;  mar.  bleu.,  fil.,  dos  orné, 
tr.  dor.  (^Hardj- Mennil), 

Première  édition  de  ces  poésies.  Elle  est  très-rare  et  les  exemplaires  en 
sont  généralement  incomplets.  A  celui-ci  il  manque  un  feuillet  de  dédicace, 
et  un  feuillet  blanc  à  la  fin  de  la  première  partie,  correspondant  aux  pages 
107  et  108.  Le  texte  de  la  première  partie  s'arrête  à  la  page  106  et  la  pagi- 
nation continue  dans  la  seconde  partie  qui  est  dédiée  à  Messire  Françoys  de 
Bone,  seigneur  de  Lesdiguiéres,  En  tête  du  volume  se  trouve  un  beau  portrait 
de  l'auteur,  gravé,  ainsi  que  les  deux  titres,  par  Th.  de  Leu. 

Magnifique  exemplaire.  De  la  coll.  H.  Bordes. 

352.  EXPILLY.  Les  Poèmes  de  Messire  Clavde  Expilly,  Conseiller 
du  Roy  an  son  Conseil  d'Etat  et  Prezidant  au  Parlemant  de 


434  BELLES-LETTRES. 

Grenoble.   A  Grenoble^  de  V imprimerie  de  Pierre  Verdier^ 
1624.  Gr.  in-4;  veau  fauve,  fil.  {Kœhler). 

Seconde  édition,  fort  rare  et  plus  complète  que  la  première.  Elle  est  im- 
primée selon  le  système  orthographique  proposé  par  Tauteur.  Très-bel  exem- 
plaire. 

353.  FRENICLE.  Les  OEvvres  de  N.  Frenicle.  Paris,  Jean  de 
Bordeaux,  1629.  In-8;  inar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  (Cape). 

Très-bel  exemplaire.  De  la  coll.  Desq. 

354.  (COLLETET,  Guill.)  Les  Divertissemens  deCoUetet.  Paris, 
Rob.  Estienne^   i63i.  Pet.  in-8;  mar.  brun  jans.,  tr.   dor. 

{Petit). 

Première  édition.  Exemplaire  grand  de  marges  et  très-pur. 

355.  SARASIN.  Les  OEvvres  de  Monsievr  Sarasin.  Imprime  à 
Roi^en  et  se  vend  à  Paris,  chez  Augustin  Courbé,  i658.  In- 1 2  ; 
mar.  rouge/ fil.  à  fr.,  tr.  dor.  {Hardy). 

Joli  exemplaire. 

356.  GOMBAULD.  Les  Poésies  de  Gombavld.  Paris,  Aug. 
Courbé,  1646.  In-4  ;  inar.  bleu,  fil.  à  compart.,  tr.  dor. 

Magnifique  exemplaire,  presque  à  toutes  marges,  on  dirait  même  en  grand 
papier  (H.  :  0,  231). 

357.  RACAN.  Dernières  œvvres  et  poésies  chrestiennes  de  Mes- 
sire  Honorât  de  Eveil,  Chevalier,  Seigneur  de  Racan...  Pa- 
ris, Pierre Lamjr,  1660.  Pet.  in-8;  mar.  rouge,  riches  comp. 
à  pet.  fers,  tr.  dor.  {anc.  reL). 

Magnifique  exemplaire,  couvert  d'une  ricbe  reliure  à  la  Duseuil. 

358.  (CAILLY,  J.  de.)  Diverses  petites  poésies  dv  chevallier 
d'Aceilly.  Premier  volume.  A  Paris,  imprimées  chez  André 
Cramoisjr,  1667  (au-dessous  de  l'adresse  :)  Et  se  donnent  au 
Palais.  In-i2',  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  (Padeloup). 

Exemplaire  provenant  de  la  coll.  Dinaux  et  Tun  des  trois  avec  titre  qui 
soient  connus  de  cette  édition  originale.  Ghai'les  Nodier,  qui  a  donné  une 
nouvelle  édition  de  ce  jeune  et  charmant  poète,  d'après  celle  de  La  Monnoye, 
n'avait  jamais  pu  se  la  procurer  ni  même  la  voir  (voir  son  Catalogue). 

359.  FURETIÈRE  (Ant.).  Poésies  diverses  dv  Sievr  Fvretière 
A.  E.  P.  (avocat  en  Parlement).  Paris,  Guill.  de  Luj-nes, 
i655.  In-4,  front,  gravé;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  {Cape). 

Première  édition.  Très-bel  exemplaire. 


POETES  FRANÇAIS.  135 

360.  BENSSERADE.  Les  OEiivres  de  Monsieur  de  Bensserade. 
Paris ^  Charles  de Sercf y  1697.  ^  ^^'-  în^^i^,  front,  gravés; 
mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  {Chambolle-Duru). 

Première  édition  des  œuvres  diverses  de  ce  poëte.  L'éditeur  annonce  dans 
son  épître  qu'il  se  trouve  dans  le  premier  volume  plusieurs  pièces  c  qui  n'ont 
jamais  veu  le  jour  ». 

Les  pièces  préliminaires  contiennent  un  long  Discours  sommaire  de  Mon- 
sieur L,  T.  (l'abbé  Tallemant)  touchant  la  vie  de  M.  de  Bensserade. 

Très-bel  exemplaire. 

361 .  SCARRON.  Recueil  des  œuvres  burlesqties  de  M.  Scarron, 
dédiées  à  sa  chienne.  Paris ^Toussainct  Quinet,  1648.  In-4; 
veau  fauve  (anc,  rel.). 

Ce  recueil  contient  en  outre  :  Jodelet  ou  le  maître  valet,  les  Trois  Dorotees 
ouleJodelet  souffleté. 

Exemplaire  aux  armes  de  la  comtesse  de  Verrue. 

362.  BOILEAU.  Satires  du  Sieur  D***.  Paris,  Fred.  Léonard, 
1666.  In-i2,  front,  gr.;    mar.  rouge,  fil.,  Ir.  dor. 

Édition  originale.  Elle  contient  les  sept  premières  satires  avec  le  Biscofurs 
au  Roi.  Très-bel  exemplaire. 

363.  BOILEAU. Satires  du  Sieur  D***.  Seconde  édition.  Paris, 
Claude  Barbin,  1667.  In-12;  mar.  vert,  fil.  à  fr.,  Ir.  dor. 
{Hardy). 

Édition  plus  rare  encore  que  la  première. 

364.  BOILEAU.  Satires  du  Sieur  D***.  Seconde  édition.  Paris, 
Denjs  Thierrj-y  1667.  'n-12;  cuir  du  Russie,  fil.,  tr.  dor. 

Édition  faite  sur  le  privilège  de  Claude  Barbin,  mais  elle  en  diffère  en 
ce  que  le  Discours  au  Roy  se  trouve  répété  une  seconde  fois  avant  la  satire 
YI  et  que  la  satire  II  à  M.  de  Molière  se  trouve  supprimée.  Cette  singularité 
a  échappé  à  Berriat  Saint-Prix. 

365.  BOILEAU.  Sa  tires  dvSievr  D***.  Paris,  L.  Billaine,  D.  Thier- 
ry ,F.  Léonard  et  CL  Barbin,  1668.  In-8,  front.,  4  ff.  Hm., 
76  (et  non  78)  pp.  et  6  ff;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  (Lortic). 

Troisième  édition  originale,  contenant  de  plus  que  la  seconde  les  satires 
VIII  et  IX  et  le  Discours  sur  la  satire.  Qq.  piqûres  devers. 

366.  BOILEAU.  Satires  dv  sievr  D***.  Paris  L.  Billaine,  D. 
Thierry,  F.  Léonard  et  Cl.  Barbin,  1669.  In-i2,  fronl.  (de 

1666),  3  ff.,  76  pp.  (les  9  prem.  Satires), 6  ff.  (Discours  sur 


136  BELLES-LETTRES. 

la  satire),  et  1 1  pp.  {E pitre- au  Roy)  ;  mar.  lilas,  fil.,  Ir.  dor. 

{Niedrée). 

Quatrième  édition  originale,  fort  rare. 

367.  BOILEAU.  OEiivres  diverses  du  sieur  D***,  avec  le  Traité 

du  Sublime  ou  du  merveilleux  dans  le  Discours Paris, 

CL  Barbin,  1674.  In-4j  2  fig.  gr.;  mar.  rouge,  fil.  (a/ic.  re/.). 

Première  édition  sous  le  titre  d*OEMvrcs.  On  y  trouve  pour  la  première 
fois  \ATt  poétique  et  les  quatre  premiers  chants  du  Lutrin. 

Précieux  exemplaire,  portant  sur  un  f.  de  garde  un  envoi  autographe  de 
Boileau  à  M.  du  Lignon  de  Bcttin,  auteur  de  V Histoire  de  V idolâtrie  payerme. 

368.  BOILEAU.  OEuvres  diverses  du  sieur  D***.  Avec  le  Traité 
du  Sublime...  Paris,  Cl.  Barbin,  1675.  2  part,  en  i  vol. 
in- 12,  fig.;  mar.  La  Vallière,  fil.,  fleur.,  tr.  dor.  (Lortic). 

Belle  réimpression  de  l'édition  ci-dessus.  Entre  les  pp.  132  et  133  on  a 
intercalé  dans  celle-ci  VEpistre  V,  dont  les  pages  sont  chiffrées  133  à  139. 

369.  BOILEAU.  OEuvres  diverses  du  sieur  D***...  Nouvelle  édi- 
tion, reveue,  corrigée  et  augmentée  de  plusieurs  pièces 
noiweWes,  S uii^ant  la  copie  à  Paris,  àu^msterdam,  c/iezj4bra- 
ham  fFolfgang,  1680.  In- 12,  fig.;  mar.  bleu,  fil.  à  comp., 
tr.  dor.  {Hardy). 

Charmante  réimpression  de  Tédition  de  Thierry,  1675,  à  laquelle  on  a 
ajouté  répître  V  et  les  satires  (IX  et  X)  contre  les  maltôtes  et  le  mariage, 
faussement  attribuées  à  Boileau. 

370.  BOILEAU.  OEuvres  diverses  du  sieur  D***.  Avec  le  Traité 
du  Sublime...  Sur  V imprimé  a  Paris,  chez  Denys  Tliierry, 
1682.  In-i2,  de  i55  pp.  et  6  ff.;  118  pp.  et  6  ff.;  veau 
fauve,  fil.,  tr.  dor.  [Niedrée). 

Jolie  copie,  avec  quelques  variantes,  d'une  édition  inconnue  jusqu'ici.  On 
lit  au  privilège  :  Achevé  d'imprimer  pour  la  seconde  fois  le  12  de  janvier  1683. 

371 .  BOILEAU.  OEuvres  diverses  du  sieur  D***. . .  Nouvelle  edi- 
tion  reveue  et  augmentée,  y/  Paris ,  chez  Denys  Thierry, 
i683.  In-i:^;  mar.  rouge,  fil.  à  comp.,  Ir.  dor.  (anc,  reL). 

Édition  originale  des  épîtres  VI  à  IX,  des  V»  et  Vie  chants  du  Lutrin^  etc. 
Elle  est  précédée  d'une  lettre  autographe  d'envoi  de  Boileau  à  M.  de  Guille- 
ragucs ,  ambassadeur  de  France  à  Gonstantinople,  auquel  est  adressée  la  cin- 
quième épître  commençant  ainsi  : 

Esprit  né  pour  la  cour  et  maître  en  Vartde  plaire, 
Guilleragues,  qui  sais  et  parler  et  te  taire. 


POETES  FRANÇAIS.  437 

On  conçoit,  quand  on  songe  à  Textréme  rareté  des  autographes  de  Boi- 
leau,  le  prix  qu'ajoute  une  pareille  pièce  à  une  édition  originale. 

372.  BOILEAU.  OEuvres  diverses  du  sieur  D***...  Nouvelle  édi- 
tion .reveué  et  augmentée.  Paris  ^  Denjrs  Thierry^  i685. 
In- 12;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  {Lortic). 

Édition  originale,  très-rare.  Elle  contient  le  Remerciement  à  TAcadémie 
et  cinq  épigrammes. 

373.  BOILEAU.  OEuvres  diverses  du  sieur  D***. . .  Nouvelle  édi- 
tion, revue  et  augmentée  de  diverses  pièces  nouvelles. 
Suwant' la  copie  de  Paris  y  à  Amsterdam  y  chez  Abraham 
fVolfgang^  1686.  In*i:s;  mar.  vert,  fil.,  fleurons,  tr.  dor. 
\Lortic). 

Joli  exemplaire  d'une  belle  réimpression  de  Tédit.  de  Barbin ,  1683,  à 
laquelle  on  a  ajouté  les  maltôtes ,  la  satire  sur  le  mariage  et  la  réponse. 

374.  BOILEAU.  OEuvres  diverses  Du  Sieur  D***  Avec  le  Traité 
du  sublime...  de  Longin.  Et  les  Reflexions  critiques  sur  ce 
Rhéteur  :  où  Ton  répond  aux  objections  faites  contre  quel- 
ques Anciens.  Nouvelle  Edition  reveué  et  augmentée.  Paris, 
Denys  Thierry ,  1694.  2  vol.  in- 12;  mar.  rouge,  fil.,  tr. 
dor.  {anc.  reL). 

Cette  édition  contient  de  plus  que  les  précédentes  YOde  sur  la  prise  de 
Namur  et  la  satire  (Xe)  sur  le  mariage. 

Bel  exemplaire  aux  armes  du  marquis  de  Franconville,  lieutenant  général 
des  armées  navales. 

375.  BOILEAU.  OEuvres  diverses  du  S'  Boileau  Despreaux... 
Nouvelle  édition  reveué  et  augmentée.  Paris,  Denys  Thierry, 
1701.  2  vol.  in-12;  mar.  bleu,  fil.,  tr.  dor.  (Lortic). 

Édition  originale  ce  sans  contredit  la  plus  précieuse  de  Boileau,  »  dit 
M.  Berriat-Saint-Prix.  C'est  la  dernière  donnée  par  l'auteur  et  son  «  édition 
favorite.  »  Les  fautes  commises  dans  l'édition  in-4  de  la  même  année  ont  été 
corrigées  dans  celle-ci. 

376.  BOILEAU.  OEuvres  de  Nicolas  Boileau  Despreaux  avec 
des  éclaircissements  historiques,  donnez  par  lui-même... 
La  Haye,  P.  Gosse  et  /.  Neaulme,  1729.  2  vol.  in-fol.,  fig. 
de  B.  Picart;  mar.  rouge,  fil.-,  tr.  dor.  {Deromé). 

Réimpression  de  la  première  édition  illustrée  avec  les  mômes  figures.  En 
tête  du  1er  vol.  se  trouve  le  portrait  de  la  princesse  de  Galles,  gravé  par 
Gunst,  d'après  Kneller. 

Très-bel  exemplaire,  fort  bien  relié. 


188  BELLES-LETTRES. 


b.  Poèmes  sacrés,  satiriques,  badinSy  etc.  —  Fables,  Contes,  ChanBom» 

377.  LA  FONTAINE.  Élégie.  In-4,  de  2  ff.;  mar.  orange,  fil. 
à  coinpart.,  milieu  en  mosaïque,  tr.  dor.  {Lortic).  ' 

Édition  originale  de  cette  célèbre  Élégie,  aiuc  Nymphes  de  Vaux^  écrite 
à  Toccasion  de  la  disgrâce  du  surintendant  Fouquet.  G*est  une  pièce  volante, 
imprimée  probablement  à  Paris  en  1661 ,  d'une  manière  occulte.  Les  exem- 
plaires en  sont  introuvables,  et  elle  est  restée  inconnue  à  Walckenaer  et  i 
M.  Brunet.  Les  pages  sont  chiffrées  et  le  texte  finit  au  milieu  de  la  troi- 
sième. 

Cet  exemplaire  a  appartenu  au  fameux  surintendant.  Au  haut  de  la  pre- 
mière page,  on  lit  :  Jtf.  Foucquet,  envoi  écrit  de  la  main  môme  du  grand  poète. 

On  a  joint  à  cette  haute  rareté  bibliographique  un  précieux  AUTOGRA- 
PHE DE  LA  FONTAINE.  C'est  le  brouillon  môme  de  son  Ode  pour  la  paix 
qui  a  paru  pour  la  première  fois  en  1671  (voir,  plus  bas,  le  n®  379).  Le  texte 
en  était  d*abord  conforme  à  l'imprimé ,  sauf  deux  changements,  mais  ensuite 
La  Fontaine  a  biffé  les  trois  premiers  vers  qu'il  a  remplacés  par  sept  au- 
tres. La  pièce  ainsi  modifiée  a  été  réimprimée  dans  les  Ouvrages  de  prose  et 
de  poésies  des  sieurs  de  Maucroix  et  de  la  Fontaine  ;  Amsterdam,  1685,  2  vol.  in- 
12;  1. 1,  p.  121.  Notre  autographe  offre  en  outre  la  première  pensée  du  po6te, 
car  il  s'y  trouve  des  mots  ratués  qui  n'ont  jamais  figuré  à  l'impression. 

378.  LA  FONTAINE.  Poème  de  la  captivité  de  saint  Malc, 
par  M.  de  La  Fontaine.  Paris,  Claude  Bar  b  in,  1673.  In-12; 
mar.  vert  jans.,  tr.  dor.  {Trautz-Bauzonnet). 

Édition  originale  de  ce  petit  poème.  On  dit,  ce  qui  expliquerait  son  ex- 
trême rareté,  qu'elle  a  été  supprimée  parce  que  l'auteur,  dans  son  épttre 
dédicatoire  au  cardinal  de  Bouillon ,  lui  a  donné  le  titre  à! Altesse  Séré- 
nissime.  Cette  épithète  est  en  effet  biffée  dans  le  présent  exemplaire  qm  pro- 
vient de  la  coll.  Solar,  et  on  y  a  substitué,  à  l'encre,  le  titre  d'éminentiseime. 

379.  LA  FONTAINE.  Fables  novvelles  et  autres  poésies  de  M. 
delà  Fontaine.  Paris ,  Dcnys  Thierry,  1671.  In- 12,  fig.  de 
Cliauveau;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  (Â^rtrrf/), 

Ce  volume  contient  huit  fables  alors  inédites,  V Élégie  sur  Fouquet,  la  se- 
conde édition  d'Adonts,  l'Ode  pour  la  paix,  et  autres  poésies  également  pu- 
bliées pour  la  première  fois.  Très-bel  exemplaire. 

380.  LA  FONTAINE.  Fables  choisies  mises  en  vers  par  J.  De  La 
Fontaine.  Paris,  Desaint  et  Saillant,  1755-59.  4  vol.  gp. 
in-fol.,  fig.  d'Oiidry;  mar.  rouge,  large  dent./tr.  dor.  (Pa- 
deloup). 

Très-bel  exemplaire,  en  grand  papier  de  Hollande^  couvert  d'une  reliure 
avec  fers  spéciaux  à  cet  ouvrage. 


POÈTES  FRANÇAIS.  139 

381.  LA  FONTAINE.  Fables  choisies,  mises  en  vers  par  M.  de 
la  Fontaine,  et  par  lui  reveués,  corrigées  et  augmentées. 
Paris ^  Denys  Thierry  et  Claude  Barbin,  1678,  1679,  1694. 
5  vol.  in-i2,  fig.  de  Chauveau  et  autres;'mar.  vert,  fil.,  Ir. 
dor.  {Hardy). 

Seule  édition  complète  qui  ait  été  imprimée  sous  les  yeux  de  Tauteur. 

Le  t.  Jei'  est  de  premier  tirage,  avec  les  armes  gravées  du  Dauphin,  mais 
sans  le  f.  d'errata.  L'avertissement  suivi  ^errata  de  la  S®  partie  appartient 
à  cette  même  partie,  qui  commence  le  second  recueil  de  Fables,  et  non  pas 
à  la  4«,  comme  dit  M.  Brunet.  Le  t.  III  n'a  pas  le  carton  indiqué  au  Manuel, 
pdhr  la  p.  99,  mais,  en  revanche,  le  f.  suivant  est  un  carton  dont  M.  Brunet 
ne  parle  pas.  Ceux  du  t.  IV  ne  se  trouvent  pas  dans  cet  exemplaire.  La  5e 
partie  est  de  la  bonne  date,  mais  de  troisième  tirage. 

Bel  exemplaire. 

382.  LA  FONTAINE.  Contes  et  novvelles  efl  vers.  De  M.  De  la 
Fontaine.  Paris,  Claude  Barbin,  1667.  Pet.  in-8,  de  n  pp. 
93  pp.  et  I  f.  pour  le  priv.  —  Devxiesme  partie  des  Contes  et 
novvelles  en  vers.  De  M.  delà  Fontaine.  Paris^  Claude  Bar- 
bin,  1667.  Pet.  in-8,  de  1 1  pp.  prél.,  160  pp.,  et  3  pp.  pour 
le  priv.  —  En  I  vol.;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  {Hardy). 

La  première  partie  parait  être  en  édition  originale,  avec  un  nouveau  titre  ; 
on  remarquera  que  jusqu'à  ce  moment  les  bibliographes  n'ont  pas  signalé  de 
réimpression  avec  la  date  de  1667  au  nom  de  Cl.  Barbin.  Le  privilège  est 
du  14  janvier  1664,  et  l'achevé  d'imprimer  du  10  janvier  1665,  comme  dans 
l'édition  originale.  Cependant  le  vers  14  de  Joconde  est  tel  qu'il  resta  défini- 
tivement  après  correction. 

La  seconde  partie  paraît  être  également  en  édition  originale,  avec  un 
nouveau  titre.  Le  privilège  est  du  30  oct.  1665,  au  nom  de  Cl.  Barbin  seul, 
et  Vachevé  d'imprimer  du  21  janvier  1666.  Or  la  réimpression  connue  jus- 
qu'ici avec  la  date  de  1667  est  non  pas  au  nom  de  Barbin,  mais  à  celui  de  Louis 
Billaine,  cessionnaire  de  la  moitié  du  piivilége. 

En  tout  cas,  il  n'y  aurait  que  la  comparaison  attentive  avec  l'édition  ori- 
ginale datée  de  1675,  édition  presque  introuvable,  qui  pourrait  résoudre 
cette  question. 

383.  LA  FONTAINE.  Contes  et  nouvelles  en  vers.  De  M.  de  La 
Fontaine.  Paris,  Claude  Barbin,  1669.  In- 12;  mar.  rouge, 
fil.,  dos  à  petits  fers  et  en  mosaïque,  tr.  dor.  {Lortic). 

Troisième  édition  originale.  On  n'en  rencontre  pour  ainsi  dire  pas 
d'exemplaires  avec  le  nom  de  Barbin,  carie  Manuel  n'en  signale  point.  Celui- 
ci  est  un  des  rares  où  le  conte  de  la  Servante  justifiée  est  terminé  (p.  119) 
par  deux  vers  obscènes,  imprimés  en  caractères  italiques  et  qui  ne  sont  pas 
de  La  Fontaine. 

Très-bel  exemplaire,  dans  une  charmante  reliure. 


140  BELLES-LETTRES. 

384.  LA  FONTAINE.  Contes  et  nouvelles  en  vers,  De  M.  de  la 
Fontaine.  Paris^  Claude  Barbin^  1673.  Pet.  in- 12,  de88ff.; 
mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  {Niedrée). 

m 

Contrefaçon  hollandaise  de  la  première  partie,  ce  que  Ton  reconnidt  aisé- 
ment à  la  forme  du  caractère  italique  de  la  préface.  Elle  est  fort  rare  et  n'est 
pas  indiquée  au  Manuel, 

385.  LA  FONTAINE.  Nov veaux  Contes  de  Monsievr  de  la 
Fontaine.  MonSy  Gaspar  Migeoriy  1674.  Pet.  in-8,  de  168 
pp.;  mar.  rouge,  fil.,  doublé  de  mar.  vert  avec  uneiriche 
dent.,  tr.   dor.  (Smeers). 

Édition  originale  de  la  quatrième  partie  des  Contes,  laquelle,  ayant  été 
interdite,  dut  paraître  secrètement.  On  présume  que  Mons,  désigné  comme 
lieu  de  l'impression,  n'est  qu'une  supercherie  et  que  le  livre  est  sorti  des 
presses  d'un  imprimeur  de  province,  de  Rouen,  peut-être. 

Très-bel  exemplaire. 

386.  LA  FONTAINE.  Contes  et  nouvelles  en  vers.  De  Monsieur 
de  la  Fontaine.  Nouvelle  Édition  enrichie  de  Tailles-Douces. 
Amsterdam  y  Henri  Deshordes  ^  1 68  5.  2  t.  en  i  vol.  in- 12,  gra- 
vures à  Teau-forte  de  Romain  de  Hooge;  mar.  rouge,  fil., 
tr.  dor,  {rel.  angL). 

Les  épreuves  de  cet  exemplaire  sont  très-belles  et  de  premier  tirage.  Il 
est  du  reste  en  tout  conforme  à  la  description  minutieuse  donnée  au  Jtfomie/ 
de  la  première  des  trois  éditions  sous  cette  date.  H.  :  0,163. 

387.  LA  FONTAINE.  Contes  et  nouvelles  en  vers,  par  M:  de  La 
Fontaine.  Amsterdam  [Paris ^  Barboii)^  1762.  2  vol.  in-8, 
fig.,  mar.  vert,  fil.,  dent.,  doublé  de  tabis,  tr.  dor.  [De- 

rome). 

Édition  dite  des  Fermiers  généraux,  ornée  de  fig.  d'Eisen  et  des  culs-de- 
lampe  de  Choffart.  Admirable  exemplaire,  avec  témoins,  et  contenant  des 
épreuves  d'une  beauté  rare.  Le  Cas  de  conscience  et  le  Biahle  de  Papeflguières 
sont  doubles,  en  états  différents ,  couverts  et  découverts.  On  y  trouve  en 
outre  trois  figures  un  peu  libres  et  qui,  comme  telles,  avaient  été  refusées  par 
les  fermiers  généraux;  ce  sont  :  une  seconde  gravure  pour  la  Servante  justi- 
fiée^ une  seconde  gravure  pour  Richard  Minutolo,  enfin  une  autre  pour  le 
Tableau, 

Le  portrait  de  Choffart  est  à  fond  blanc  et  de  premier  tirage. 

Plusieurs  portraits  de  La  Fontaine  ont  été  ajoutés  :  !<>  deux  portraits 
différents  par  Aug.  de  Saint-Aubin  ;  2o  une  charmante  épreuve  du  portrait 
gravé  par  Ficquet,  avec  le  ruisseau  blanc;  3»  le  portrait  dessiné  par  Marilller, 
avant  la  lettre;  4»  deux  petits  portraits  fort  rares,  gravés  d'après  H.  Rigaud, 


POÈTES  FRANÇAIS.  Ul 

Tun  par  J.-6.-M.  Dupréel,  Tautre  par  G.-S.  Gaucher;  ils  sont  tirés  sur  la 
même  feuille. 

La  reliure,  avec  Tadresse  de  Derome  le  jeune,  est  celle  avec  lyre  et  tro- 
phée que  les  fermiers  généraux  faisaient  exécuter  pour  leurs  exemplaires 
particuliers. 

Exemplaire  de  Renouard,  avec  sa  signature. 

388.  LA  FONTAINE.  Contes  et  Nouvelles  en  vers  par  Jean  de 
la  Fontaine.  Paris ,  de  Cimprim.  de  P.  Didot  l' aine ,l' an  IIP 
de  la  république^  ^19^*  ^  vol.,  in-12;  mar.  rouge,  fil.  à 
compart.,  tr.  dor.  (ilJolet). 

Magnifique  exemplaire  en  grand  papier,  auquel  on  a  ajouté  les  culs-de- 
lampe  de  Choffart  tirés  à  part  et  quelques-unes  des  figures  originales  de  l'é- 
dition des  Fermiers  généraux^  ainsi  que  d'autres  qui  n'en  sont  que  des  copies. 

389.  (DORAT,  Cl.-J.)  Les  Baisers,  précédés  du  riiois  de  mai, 
poème.  A  la  Haye^  et  se  trompe  à  Paris  chez  Lambert^  etc., 
1770.  Gr.  in-8,  fig.;  mar.  rouge,  large  dentelle  à  Toiseau, 
dite  Ponipadourj  tr.  dor.  (Lortic). 

Superbe  exemplaire  en  grand  papier  de  ce  poëme,  orné  de  charmantes  vi- 
gnettes et  de  culs-de-lampe  d'après  Eisen.  Le  titre  est  en  rouge  et  noir;  les 
épreuves,  de  premier  tirage,  sont  d'une  beauté  exceptionnelle. 

390.  (DORAT,  Cl.-J.)  Fables  nouvelles.  La  Ha/e,  et  se  trouve  à 
Parisy  chez  Delalain^  ^11^^  ^  tomes  en  i  vol.  in-8,  mar. 
vert,  fil.,  tr.  dor.  (re/.  angL). 

Un  des  chefs-d'œuvre  de  Marillier  :  deux  frontispices ,  vignettes  et  culs- 
de-lampe. 

Exemplaire  en  papier  de  Hollande,  avec  de  fort  belles  épreuves. 


391.  Le  Parnasse  satyrique  du  sieur  Théophile.  M.  DC.  LX. 
(1660).  Pet.  in-12;  mar.  rouge,  fil.  à  compart.,  doublé  de 
mar.  rouge  avec  dent.,  tr.  dor.  (Thbuveniri) , 

Jolie  édition,  en  lettres  rondes,  et  la  plus  recherchée. 
Charmant  exemplaire  de  Gigongne  et  de  M»"^  le  duc  d'Aumale. 

392.  Le  Cabinet  salyrique  ou  recveil  |)arfait  des  vers  piquans  et 
gaillards  de  ce  temps.  Tiré  des  secrels  cabinets  des  Sieurs  de 
Sigognes,  Régnier,  Motin,  lierthelot,  Maynard...  Dernière 
édition,  reueuë,  corrigée,  et  de  beaucoup  augmentée. 
M,  DC.  LXyi  (1666).  5.  /.  [Amsterdam^  D.  Elzevier,  à  la 
Sphère).  2  vol.  pet.-in-i2  ;  mar.  rouge,  fil.  à  compart.,  dou- 
blé de  mar.  rouge,  dent.,  tr.  dor.  (Thouvenin). 

Très-bel  exemplaire  (H.  :  0, 129),  provenant  des  mômes  collections  que  le 
précédent,  et  couvert  d'une  reliure  identique. 


U2  BELLES-LETTRES. 

393.  Les  Poésies  facétieuses  par  les  beaux  esprits  de  ce  temps. 
S.  L  (Hollande),  16G8.  Pet.  in-12,  de  gS  pp.;  mar.  bleu, 
dos  et  coins  ornés,  tr.  dor.  {Trautz-Bauzonnet). 

Première  édition.  Recueil  de  poésies  libres  et  satiriques  qui  se  joint  à 
la  collection  elzévirienne.  Il  est  devenu  fort  rare. 
Très-bel  exemplaire. 

394.  SAINCTONGE.  Poésies  galantes  de  Madame  de  Sainctonge. 
Paris^  Jean  Guignard^  1696.  In- 12,  de  [\i{.  prél.,  300  pp. 
et  4  ff-;  mar.  bleu,  fil.,  tr.  dor.  {Cape). 

En  tête  du  volume  se  trouve  une  épître  dédicatoire  en  vers  adressée  à  son 
Altesse  royale  Madame  et  signée  GiUot  de  Sainctonge.  M.  Brunet  ne  cite  pas 
ces  poésies,  et  les  grandes  biographies  ne  parlent  pas  de  cette  dame. 

Charmant  exemplaire. 


395.  GUEDRON  et  BOESSET.  Airs  de  cour,  à  quatre  et  cinq 
parties,  par  P.  Guedron.  Paris,  Pierre  Ballardj  1608,  1613, 
1617,  ^^ï8,  1620,  5  parties.  —  Airs  de  cour,  à  quatre  et 
cinq  parties,  par  Anthoine  Boesset.  y4  Paris^  par  Pierre  Bal- 
lard^  1617,  1620,  1621,  1624,  1628,  5  part.  —  Ensemble 
10  part,  en  i  vol.  in-8  obi.;  mar.  olive;  fil.,  Ir.  dor.  {anc. 
rel.). 

Exemplaire  de  dédicace  au  roi  LOUIS  XIII,  parsemé  de  son  ch^fire  cou- 
ronné et  de  fleurs  de  lis.  A  la  un ,  il  contient  une  série  de  chansons  ma- 
nuscrites, parmi  lesquelles  il  y  en  a  deux  autographes  du  roi  lui-même. 

a  Ce  recueil  d'airs  de  cour  n'aurait  pas  appartenu  au  roi  Louis  XIII ,  qa*il 
serait  encore  bien  rare  et  bien  ])récieux,  car  tous  les  livrets  de  musique  de 
chambre  que  les  Ballard  publiaient  seuls  à  cette  époque,  en  vertu  d'un  pri- 
vilège du  roi,  étaient  bientôt  gâtés  et  détruits  par  l'usage,  et  ne  sarvindent 
guère  à  la  génération  qui  les  avait  vus  naître  ;  de  même  que  les  livres  de 
chasse,  de  cuisine,  de  jardinage  et  de  prédictions.  Mais  ce  recueil,  outre  son 
incontestable  mérite  de  rareté  et  de  curiosité,  est  en  quelque  sorte  un  mo- 
nument historique,  une  relique  de  la  vie  privée  de  Louis  XIII.  Tallemant 
des  Réaux  (édition  de  M.  Paulin  Paris,  t.  II,  p.  246)  a  placé  ce  roi  dans 
la  confrérie  des  musiciens  :  «  Il  composait  en  musique  et  ne  s'y  connaissait 
ce  pas  mal.  »  Nous  sommes  donc  fondés  à  lui  attribuer  les  vers  et  la  mnsiqpie 
de  deux  chansons  qu'il  a  écrites  et  notées  de  sa  propre  main  à  la  fin  du  re- 
cueil, l'une  sur  l'éloignement  d'une  dame  qu'il  ne  nomme  pas,  Tautre  sur 
le  départ  à'Amarillxs.  Cette  Amarillis  pourrait  bien  être  madame  de  Haute- 
fort,  dont  il  s'était  fait  le  chaste  adorateur.  Voici  deux  couplets  de  cette  tou- 
chante chanson  d'amour  : 

Quels  lauriers  pui-je  prétendre 
Dans  l'amertume  ou  je  vy? 


POETES  ITALIENS  ET  ESPAGNOLS.  143 

Sans  cœur,  que  pui-je  entreprendre  ? 
Hélas  !  tu  me  Tas  ravy. 
Ah  !  qu^il  me  vaudroit  bien  mieux 
N'avoir  point  re?eu  tes  yeux  ! 

Dans  quel  goufre  de  tristesse 
Mes  jours  sont  ensevelis  ! 
Las  1  malgré  moy  je  te  laisse, 
Tu  le  vois,  Amariliis, 
Et  ne  sçais  l'arrest  des  cieux 
Qui  m'eslongne  de  ses  yeux. 

ce  II  y  a  plusieurs  autres  airs  manuscrits  qui  sont  certainement  de  ceux 
que  le  roi  aimait  à  chanter  lui-même  en  basse-contre,  mais  qui  ont  été  co- 
piés par  une  autre  main,  peut-être  celle  de  Moulinié,  le  compositeur  favori 
du  roi,  qui  semble  avoir  mis  son  paraphe  sur  la  dédicace  du  premier  fasci- 
cule. N'oublions  pas  d'indiquer  dans  ce  fascicule  la  fameuse  chanson  du  Pe- 
tit pon,  que  Louis  XIII  entonnait  de  si  gaillarde  humeur  quand  il  était  dans 
'  ses  bonnes.  On  voit  cela  et  bien  d'autres  choses  dans  le  Journal  de  son  mé- 
decin ordinaire,  Hérouard.  Peut-être  y  découvrira- 1- on  quelque  passage  re- 
latif à  ce  recueil  d'airs  de  cour,  formé  et  relié  exprès  pour  Louis  XIII,  qui 
Ta  tenu  plus  d'une  fois  entre  ses  mains  royales  dans  les  concerts  intimes 
que  dirigeait  Antoine  Boesset,  l'intendant  de  la  musique  de  la  chambre  du 
roi  et  de  la  reine.  »  (Note  de  M.  Paul  Lacroix,  jointe  au  volume,) 

396.  LA  BOBDE  (J.-B.  de).  Choix  de  chansons,  mises  en  mu- 
sique par  M.  de  la  Borde,  premier  valet  de  chambre  ordi- 
naire du  roi,  gouverneur  du  Louvre,  ornées  d'estampes  par 
J.  M.  Moreau  (Le  Bouteux,  Le  Barbier  et  Saint-Quentin). 
Paris^  chez  de  Lormel^  ^11^-  4  L  en  2  vol.  gr.  in-8,  fig.; 
mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  [anc,  reL). 

Très-bel  exemplaire,  sans  le  portrait  de  l'auteur  qu'on  ajoute  quelquefois, 
mais  qui  ne  fait  pas  partie  de  l'ouvrage. 


3.  Poètes  italiens  et  espagnols. 

397.  DANTE.  Credo  che  Dante  fece  quando  fu  acusalo  per  he- 
retico  allô  Inquisitore  esso  lui  a  Bauenna.  S.  L  n.  d,  ln-4, 
de  4  ff->  caract.  demi-gothique;   mar.  citron,  fil.,  ornem. 

.  sur  les  plais,  tr.  dor.  [Bedford) . 

Édition  du  XV®  siècle,  de  toute  rareté. 
Exemplaire  Libri,  le  seul  cité  au  ManueL 

398.  DANTE.  Comincia  la  comedia  di  dan  te  alleghieri  di  firenze 
nella  qle  tracla  délie  pêne  et  punicioni  de  uicii  et  demeriti 
et  premii  délie  uirtu.  S.  L   (Foligno),  /.  Numeistery    i[\^i. 


144  BELLES-LETTRES. 

Pet.  in-fol.y  de  ^48  fT.  non  ch.,  sans  aucun  f.  blanc;  mar. 
vert,  fil. 

Il  est  reconnu  aujourd'hui  que  c*est  la  plus  ancienne  édition  connue  de 
la  Divine  Comédie,  Le  texte,  sans  être  irréprochable ,  oiïre  de  bonnes  le- 
çons. Elle  est  fort  rare.  (Voir  Brunet.) 

Ce  qui  rend  précieux  cet  exemplaire,  c'est  qu'il  est  couvert  de  notes  ma- 
nuscrites de  Lucca  PULCI,  célèbre  poôte  italien  du  XV'  siècle. 

399.  DANTE.  Qui  comïcia  la  vila  e  costumi  dello  excellête  Poe- 
ta  vulgare  Dante  aligliieri  di  Firenze...  (A  la  fin  des  sonnets  :) 
De  Spiera  uendelinfu  il  stampatore  ||  ciel  mille  quattrocento  e 
settantasetti  (1477)...  Gr.  in-fol.,  gotli.,  de  874  ff.;  mar. 
citron,  fil.  à  froid,  tr.  dor.  [Dura). 

Magnifique  exemplaire  d'une  édition  rare,  accompagnée  d'un  commen- 
taire attribué  à  Benvenuto  da  Imola,  et  précédée  d'une  biographie  du  poète 
par  Boccace.  Pour  la  correction  du  texte,  elle  est  supérieure  à  toutes  les 
éditions  précédentes. 

400.  DANTE.  (La  Divina  Commedia.)  Comento  dî  Christophoro 
Landino  Fiorentino  sopra  la  comedia  di  Danthe  Alighieri 
poeta  Fiorentino.  (A  la  fin  :)  Pinedel  comento,..  impresso  in 
Firenze  per  Nicholo  di  Lorenzo  délia  Magna  a  di.  XXX.  da-- 
gosto.  M.  CCCC.  LXXXI{i[\9^i).  Gr.  in-fol.,  fig.;  mar.  vert 
foncé,  compart.  en  or  et  à  froid,  tr.  dor.  [Lortic). 

Édition  rare  et  très-recherchée,  d'abord  parce  que  c'est  la  première  du 
commentaire  de  Landino,  mais  surtout  parce  qu'on  y  trouve  assez  souvent 
des  gravures  en  taille-douce  attribuées  à  Baccio  Baldini,  qui  les  aurait  exé- 
cutées d'après  les  dessins  de  Sandro  Botticelli.  Ces  gravures  sont  rangées 
parmi  les  pièces  rares  et  précieuses  pour  Torigine  de  la  gravure  en  creux. 

Le  présent  exemplaire,  presque  à  toutes  marges  et  fort  bien  conservé, 
sauf  qq.  race,  contient  deux  de  ces  gravures;  ceux  qui  en  ont  plus  de  deux 
sont  extrêmement  rares. 

Il  a  aussi  le  f.  blanc,  qui  manque  presque  toujours. 

401.  DANTE.  Les  terze  rime  di  Dante.  (A  la  fin  :)  Fenetiis^  in 
sedib.  Aldi,  accvratissime.  Men.  A\^g.  M.  DU.  (i5o2).  Pet. 
in-8;  mar.  rouge,  fil.  à  froid,  fleurons,  tr.  dor.  [Hardj^. 

Première  édition  donnée  par  Aide,  et  aussi  la  première  qui  ait  été  pu- 
bliée dans  ce  format.  Elle  est  rare,  recherchée,  et  on  en  trouve  difficilement 
des  exemplaires  bien  complets  comme  celui-ci.  IL:  0,150. 

402.  PETRARCA.  Le  Cose  volgari  di  messer  Francesco  Petrar- 
clia.  (A  la  fin  :)  Impresso  in  Vinegia  nelle  case  d'Aide  Ro^ 
mano,  nel  annoM.Dl.  del  mese  di  Luglio  et  totto  cori^ommis- 
sima  diligenza  dallo  scritto  di\mano  medesimo  del  Poeta, 


POÈTES  ITALIENS  ET  ESPAGNOLS.  145 

hauiUo  da  M.  Piero  Bembo  nobile  venetiano  e  daxlui  doue 
BisoGNOE  sTATo  RiUEDUTO  ET  RAccoNOSciUTo.  Pct.  in-8;  mar. 
rouge,  comp.y  tr.  dor.  {rel.  ital.  duXFP  s.). 

Première  édition  aldine.  «  Ce  qui,  indépendamment  de  sa  rareté,  lui 
<(  conservera  toujours  du  prix,  dit  M.  Brunet,  c'est  qu'elle  a  été  donnée  par 
ce  Pierre  Bembo  d'après  un  manuscrit  autographe  de  Pétrarque  et  que  l'é- 
cc  diteur,  ainsi  que  l'imprimeur,  ont  apporté  tout  leur  soin  pour  la  rendre 
«  entièrement  conforme  à  Toriginal.  »  Le  dernier  cahier,  dépourvu  ici  d'un 
des  feuillets  blancs  annoncés  au  Manuel,  n'aura  été  publié  qu'après  l'ouvrage 
et  manque  très-souvent. 

Précieux  exemplaire  sur  vélin,  provenant  du  marquis  Terzi  de  Bergame , 
et  vendu  3350  fr.  (plus  5  OiO)  à  Paris  ,  en  mars  1861,  quoiqu'il  ne  porte  que 
160  mill.  La  souscription  contient  le  passage  nobile  venetiano,,,.  racconos- 
ciuto ,  qui  paraît  avoir  été  supprimé  pendant  le  tirage. 

La  reUure  de  ce  volume,  dont  le  style  ressemble ,  mais  avec  plus  de  sim- 
plicité ,  à  celui  des  reliures  de  Grolier,  a  probablement  été  exécutée  dans 
l'atelier  qu'Aide  avait  établi  chez  lui. 

403.  BOCCACCIO.  Comincia  el  nimphale  fieso||lano  damore 
composto  per  ||  lo  excellente  hvomo  mes||ser  Giovanni  Boc- 
cacci  poe||ta  fiorentino  nel  qvale  |J  si  contiene  lo  inamora- 
men||to  dafrico  et  dimensola[}  e  i  loro  accidenti  et  morte. 
S.  L  n.  d.  In-4,  de  8o  ff.  non  ch.,  à  3  octaves  par  page,  sans 
ch.,  réel,  nisign.;  mar.  rouge,  fil.  à  froid,  comp.,  tr.  dor. 
{Hardjr). 

Édition  du  xv®  siècle,  non  indiquée  au  Manuel ,  et  excessivement  rare. 
Exemplaire  de  toute  beauté. 

404.  ARIOSTO.  Orlando  fvrioso  di  Mèsser  Lvdovico  Ariosto 
con  la  noua  giunta...  M.  D.  XXXVIIII  (iSSg).  (A  la  fin  :) 

Finisse  Orlando  furioso Stampato  in  Fenegia  per  Au- 

gustino  di  Bindoni.    Nelli  anni  del  signore.    M, D, XXXIX. 
In-8,  goth.;  cuir  de  Russie  fauve,  fil.,  tr.  dor.  {rel,  angL). 

Édition  de  toute  rareté.  D'après  le  catalogue  Dunn  Gardener  (n®  30,  vendu 
470  fr.),  on  n'en  connaîtrait  qu'un  seul  exemplaire  complet,  appartenant  à 
M.  Melzi,  de  Milan.  Celui-ci  est  superbe,  avec  témoins,  et  bien  complet,  car  il 
a  les  2  ff .  pour  les  portraits  gravés  d'après  le  Titien  et  un  f.  contenant  la  table 
et  les  annotations. 

405.  Trabisonda  Historiata  ne  laquale  si  contiene  Nobilissime 
battaglie  con  la  vita  e  morte  deRinaldo.  (A  la  fin  :)...  Im- 
pressa  in  Venetia.  Nel  M  cccccxi  (i5i  i)adixxv  de  Otubrio, 
In-4>  à  2  col.,  lettres  rondes,  fig.  s.  bois;  mar.  ronge,  comp. 
à  fr.,  Ir.  dor.  {Hardf). 

Édition  excessivement  rare.  Bel  exemplaire,  avec  témoins. 

10 


146  BELLES- LETTRES. 

406.  El  libro  chiamato  Trabisonda  :  Nel  quai  se  traita  de  la 
vila  et  morte  de  Rinaldo.  (A.  la  fin  :)...  Stampato  in  Fine- 
gia  per  Aloise  Torti..,  i535.  In-4  ;  "lar.  rouge,  fil.,  tr.  dor. 
{anc.  reL), 

Édition  rare.  Bel  exemplaire. 

407.  ALAMANNI  (Luigi).  Gyrone  il  Corlese.  Stampato  in  Parigi 
da  Rinaldo  Calderio  et  Claudio  sux)figluolo.  (A  la  fin  :)  Stam- 
pato in  Parigi,  VAnno  i548.  ln-4  ;  tï\diV.  La  Vallîère,  fil.  à 
froid,  ornem.  sur  les  plats,  tr.  dor.  {Cape). 

Seule  édition  imprimée  sous  les  yeux  de  Fauteur.  Beau  frontispice  gravé 
sur  bois.  Magnifique  exemplaire ,  grand  de  marges. 

408.  SANNAZARO.  Arcadia  del  Sannazaro  MDXXXIIII..  (A  la 
fin  :)  Impresso  in  Vinegia  nelie  case  delli  heredi  d  ^Aldo  Ho- 
mano,  et  Andréa  Socero,  i534.  In-8;  veau  fauve,  dos  fleur- 
delisé et  dauphin  couronné  sur  les  plats,  tr.  dor.  (reL  du 

XVI's.). 

Exemplaire  du  Dauphin,  depuis  HENRI  IL 

409.  BOSCAN.  Las  Obras  de  Boscan  y  algvnas  de  Garcilasso  de 
la  Vega  reparlidas  en  qvatro  libros.  (A  la  fin  :  )  Actxharon 
se  de  imprimir, .,  :  en  Barcelona  en  la  officina  de  Garles  Anw- 
rosy  i543.  In-4;  niar.  brun,  riches  compart.  à  fix>id,  tr. 
dor.  {Hagué). 

La  plus  ancienne  édition  connue  de  ces  poésies  célèbres  et  fort  rare. 
Magnifique  exemplaire,. très-grand  de  marges.  La  reliure  a  été  faite  à  l'imi- 
tation de  Tancienne  qui  recouvrait  ce  volume. 

IV.  THÉÂTRE. 
I .  Théâtre  grec  et  latin, 

410.  Tragœdise  seleclse  i^chyli,  Sophoclis,  Euripidis,  cum.  du- 
plici  interpretatione  latina  una  ad  verbum,  altéra  carminé. 
[Gênerai)  i567,  excud.  Henr,  Stephanus.  n  vol.  in-i6;  mar. 
rouge,  fil.,  tr.  dor.  [anc,  reL), 

Très-bel  exemplaire  aux  armes  de  de  Thou.  Il  provient  de  labibl.  de  R. 
Heber  et  de  J.-Ch.  Brunet. 

4H.  .'ESCHYLI  tragœdiœ  sex  (en  grec).  (A  la  fin:)  Feneiiis,  in 
œdibi^s  Aldi  et  Andreœ  soceri^  i5i8.  ln-8;  mar.  rouge, 
fil. ,  tr.  dor.  {anc,  reL).  • 

Première  édition.  Très-bel  exemplaire. 


'  « 


THEATRE  GREC  ET  LATIN.  147 

412.  SOPHOCLISlragœdiaeseptem...  (en  grec-).  (A  la  fin:)  Ve- 
netiis,  in  Aid i  Romani  Academia^  i5o2.  In-8;  mar.  brun, 
fil.,  tr.  dor.  {Clarke  et  Bedford), 

Première  édition ,  rare  et  estimée.   C'est  le  premier  Lvre  avec  la  sous- 
cription au  nom  de  V Académie  aldine. 

Très-bel  exemplaire,  grand  de  marges  (H.  :  0,161  ). 

413.  SOPHOCLE.  Tragédie  de  Sophocles  intitulée  Electra.... 
traduicte  du  grec...  en  rythme  francoyse  (par  Lazare  de 
Baïf)...  Imprimée  a  Paris  pour  Estiene  Roffetj  iSS^.  ln-8; 
mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  (Bauzonnet-Trautz). 

Bel  exemplaire  de  cette  pièce  précieuse  et  rare. 

414.  (EURIPIDES.  Medea,  Hïppolytus,  Alcestiset  Andromache, 
graece ,  cura  lo.  Lascaris.  Florentiœ^  per  Laurentium  de  Alo- 
pa.)  S.  d.  (vers  1496).  In-4;  mar.  La  Vallière,  comp.  a 
fi'oid ,  tr.  dor.  (Cape). 

Édition  princepSy  très-rare,  imprimée  en  lettres  capitales  grecques.  Elle 
ne  contient  que  les  quatre  tragédies  qu'on  connaissait  à  cette  époque. 
Magnifique  exemplaire ,  avec  témoins. 

415.  EVRIPIDIS  tragœdiae  septendecim,  ex  quib.  quaedam 
habent  commentaria...  (A  la  fin  :)  Fenetiis^  ap^^d  Aldi^m 
mense  febn^ario,  M.  D.  III.  (i5o4  n.  style).  2  tom.  en  i 
vol.  in-8;  mar.  rouge,  fil.  à  compart.,  ancre  aldine  sur  les 
plats,  tr.  dor.  (rel.  angL). 

Cette  édition  peut  être  considérée  comme  la  première  complète  de  ce 

poète.  Le  titre  n'annonce  que  dix-âept  tragédies;  la  dix-huitième,  V Hercule 

furieux^  découverte  pendant  l'impression  du  second  volume,  a  été  ajoutée  à 
la  fin. 

Très-bel  exemplaire. 

416.  EURIPIDIS  tragœdiae  XIX.  Accedit  nunc  recens  vigesimae, 
cui  Danae  nomen,  initium,  e  vetustis  Bibliothecae  Palatinae 
membranis,    graece  et  latine.    Latinam    interpretationem 

M.  y£milius  Portus....  correxit  et  expolivit Carminum 

ratio  ex  Gui.  Cantero  diligenter  observata,  additis  ejusdem 
in  totum  Euripidem  noiis.  Heidelbergœ^  typ^^  Hieronymi 
Commelinij  1597.  2  vol.  in-8;  mar.  rouge,  comp.,  tr.  dor. 

Belle  reliure  du  commencement  du  XYII^  siècle,  à  riches  compartiments 
d'une  finesse  d'exécution  remarquable.  Exemplaire  de  M.  Brunet. 

417.  EURIPIDE.  La  Tragédie  d'Euripide  nommée  Hecuba,  tra- 
duicte de  Grec  en  rhythme  Françoise  (par  Lazare  de  Baïf). 


148  BELLES-LETTRES. 

Dediee  au  Roy.  Paris,  Rob.   Es  tienne,   i544*  l^'^i    DMr. 
rouge,  orn.  à  froid,  tr.  dor.  {Bauzonnet-Trautz). 

Édition  ori^nale.  «  Depuis  la  t âge  77  jusqu'à  la  p.  104,  se  trouTent  dii- 
a  férents  morceaux  de  poésie  :  La  fable  de  Caunus  et  Byblis  suivant  Ovide , 
«  Siloe  de  Silvanius,  etc.,  et  à  la  fin  la  devise  de  Baîf  :  Rerum  vices.  (Bru- 
net).  » 

Très-bel  exemplaire. 

418.  EURIPIDE.  Llphigene  (sic)  d'Euripide  poète  tragiq.  : 
tourne  de  grec  en  François  par  l'Auteur  de  l'art  poétique 
(Thomas  Sibilet).  Paris ,  Gilles  Corrozet^  i55p.  In-8}  mar. 
rouge  jans.,  tr.  dor.  (Bauzonnet-Trautz). 

Exemplaire  très-beau  et  très-grand  de  marges. 

419.  ARISTOPHANIS  Comoediae  novein  (en  grec).  (A  la  fin  :) 
Venetiis  apuclAldum,  M.  IID.  (1498).  In-fol.  ;  cuir  de  Russie, 
fil.  à  compart.,  tr.  dor. 

Première  et  très-rare  édition.  Les  scolies  qui  accompagnent  ces  neuf  co- 
médies ont  été  recueillies  par  Marc  Musurus,  qui  a  fait  insérer  aussi  en 
tète  du  volume  une  préface  enthousiaste,  écrite  dans  un  style  trë&-coloré. 
Elle  a  été  traduite  en  français  pour  la  première  fois  par  M.  Didot,  dans  son- 
xUde  Manuce  (pp.  107-110). 

420.  PLAVTI  Comœdiae.  (A  la  fin  :)  Plautinç  viginti  Comœ- 
die  :  lingue  Latine  delicie  :  magna  ex  parte  emendatç 
per  Georgiuni  Alexandrinum...  Impresse  faere  opéra  et 
impendio  loannis  de  Colonia  Agripinensi  :  atqz  Finaelini  de 
Spira.  Venetiis.  M.  CCCC ,  LXXII,  (1472).  In-fol.;  mar. 
rouge,  fil.  à  compart.,  milieu,  Ir.  dor.  {^Hardjr), 

Édition  princqos,  fort  rai'e. 

Très-bel  exemplaire.  Le  recto  du  f.  5,  par  lequel  commence  le  texte,  est  en- 
touré d'une  charmante  bordure  peinte  en  or  et  en  couleurs,  où  figurent  des  oi- 
seaux, des  fleurs,  etc.  La  banderole  placée  au  bas  d'une  couronne  de  lau- 
rier, dont  le  milieu  a  été  laissé  en  blanc  pour  un  blason ,  porte  la  devise  : 
Franche, 

421.  TERENTII  (Pub.)  Comœdiœ  sex,  ex  recensione  Heinsiana. 
Lugduni'Bata\^oruni^  ex  off,  Elzci^iriana^  i635.  Pet.  in-12, 
litre  gravé;  mar.  rouge,  comp.,  tr.  dor.  {anc.  reL^. 

Bel  exemplaire  de  la  bonne  édition  aux  armes  du  cardinal  de  RICHE- 
LIEU. Le  dos  a  été  refait.  On  a  ajouté  à  Tintérieur  une  doublure  en  maro- 
quin. De  la  coll.  Brunet. 

422.  TERENCE.  Les  six  comédies  de  Terence^   tresexcellent 


THÉÂTRE  FRANÇAIS.  149 

poète  comique,  mises  en  francoys,  avec  le  latin  correspon- 
dant Tvn  a  Tautre ,  en  faneur  des  ieunes  enfans  désireux  de 
la  pureté  et  intelligence  de  la  langue  Latine  (par  J.  Bourlier). 
Paris j  pour  Michel  ClopeiaUy  1567.  (A  la  fin  :)  A  Paris , 
par  Fleury  Preuostj  le  vingtiesme  iour  de  MarSj  1 667 .  In- 1 6  ; 
mar.  bleu,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  (Cape), 

Charmant  exemplaire. 

423.  SENECA.  Scenecae  (sic)  Tragoedîae.  (A  la  fin  :)  Venetiis  in 
œdihus  Aldi  et  Andrese  Soceri  mense oclohri  i^i'j,  In-8 ;  veau 
noir,  orn.  à  fi'oid,  tr.  dor.  et  cis. 

Première  édition  aldine,  due  aux  soins  de  Girolamo  Avanzio. 
Exemplaire  dans  sa  première  reliure ,  faite  au  XVIo  siècle.  De  la  coll.  H. 
Bordes. 


2.  Théâtre  français. 
A.  Depuis  l'origine  jusqu'au  milieu  du  XVI*  siècle. 

424.  Le  très  excellent  f  sainct  mysj  tere  du  vieil  testament  par 
personnages,  auquel  sont  con|jtenus  les  hystoires  de  la  Bible. 
Reueu  et  corrige||  de  nouueau  et  imprime  auecques  les 
figu[res  pour  plus  facille  inlelligence||  nouuellement  imprime 
||a  Paris.  Lan  mil  cinq  cens  quarante  ^Deux.  On  les  vend  a 
Paris  au  palais...  par  Vincent  Serlenas.  (A  la  fin  :)...  Nou- 
uellement imprime  a  Paris  par  lehan  Real.  Lan  mil  cinq  cenz 
quarante  et  deux  (1642).  In-fol.,  goth.,  à  2  col.,  fig.  s.  bois; 
mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  [anc,  reL). 

Édition  fort  rare.  Exemplaire  défectueux  et  complété  à  l'aide  de  i4  ff. 
écrits  en  fac-similé  par  Fyot.  Il  provient  des  coll.  Dufay  et  Soleinne. 


425.  Le  sacrifice  de  A[|braham  a  huyt  personnaiges,  cest  as|sa- 
uoir  Dieu,  miséricorde,  Ra||phael,  Abraliâ,  Sarra,  Isaac,  |ls- 
mael  f  Eliezer.  Nou||uellement  corrige||  et  augmente  et  ioue 
deuâl||  le  Roy||  en  Ihoslel  de  Flandres  a  Paris,  et  despuis 
a||Lyon.  Lan  Mil.  D.  xxxix.  S,  /.  n.  d.  (Lyon^  iS'ig).  Pet. 
in-8,  goth.,  de  44  ^^m  %•  sur  le  tilre;  mar.  rouge,  fil.,  tr. 
dor.  (Bauzonnet). 

Fac-similé  d'une  édition  de  la  plus  grande  rareté,  exécuté  par  M.  A.  Vei- 
nant ,  avec  une  exactitude  et  une  perfection  surprenantes. 
Exemplaire  Desq. 

426.  MILLET.  (La  Destruction  de  Troye  la  grant.)  (A  la  fin  :) 


im  BELLES-LETTRES. 

Çy  finist  listoire  de  la  destruction  de  trojre  la  grarU  mise  par 
personnai^es  par  maistre  iacques  miletlicecU  en  loixElimpri- 
mee  a  paris  le  huytiesme  iour  de  may  par  lehan  driart  Impri- 
meur demourant  a  la  rue  saint  Jacques  a  lenseigne  de  trois 
pucelles.  Lan  mil  quatrecens  quatre  vingt z^  dix  huyt  (1498). 
Pet.  in-fol.,  goth.  à  2  col.  de  4o  lig.,  de  220 ff.,  fig.  s.  bois; 
mar.  violet,  compart.  en  mosaïque,  tr.  dor.  [Thoux^enin) . 

Édition  de  toute  rareté.  Un  dernier  f.  (221)  qui  ne  contient  que  le  chiffre 
de  Vérard ,  et  qu'on  ne  trouve  que  dans  quelques  exemplaires ,  car  il  parait 
avoir  été  ajouté  après  coup,  ne  figure  pas  dans  celui-ci.  Les  gravures  sur  bois 
sont  très-remarquables  et  peu  connues. 

Magnifique  exemplaire,  provenant  des  doubles  de  la  Bibl.  nationale  et  en 
dernier  lieu  de  la  coll.  Soleinne. 

427.  MILLET.  Sensuyt  la de||structio  de  trojlyela  grâtpar|{  pson- 
nages  faî||cte  Par  les  Grecs  auec  les  ||  nierueilleux  faitz  du 
preux  Hector  de  Troye  filz  ||  du  grant  Roy  Priam...  j(A  la 
fin  :  )  Cy  finist  Ihystoire  de  la  destruction  de  Troye  la  grant 
mise  par  personnaiges  par  maislre  laques  millet  licecie  en  loix 
^  imprimée  nouuellemet  a  paris  lan  mil  cinq  ces  xx\^i  (1626) 
le  xxii  iour  de  mars.  In-4,  goth.,  à  2  col.,  fig.  s.  bois;  mar. 
vert,  fil.  à  froid  [Petit), 

Édition  très-rare.  Exemplaire  un  peu  court  de  marges,  mais  très-pur.  Qq. 
race,  au  dernier  f. 

428.  Le  mistere  de  la  concep|llion  Natiuite  Mariage.  Et  annon- 
*   cia=||lion  de  la  benoisle  vierge  marie.  Auec  la  natiui||te  de  le- 

suchrist  et  son  enfance.  Contenant  plusi||eurs  belles  malie- 
res  :  dont  les  noms  sont  en  la  ||table  de  ce  présent  liure.  Im- 
prime nouuellemêl||  a  Paris,  xx.  c.  (A  la  fin  :)  Cy  finist  le 
mistere  de  la  conception...  Imprime  nouuellement  a  Paris  par 
Alain  lotrian  et  Denis  lanot.  Demourans  en  la  rue  neufue 
nostre  Dame  a  lenseigne  de  Lescu  de  France.  S.  d.  (vers 
i53o).  Pet.  in-fol.,  golh.,à  2  col.,  fig.  s.  bois;  mar.  bleu, 
fil.,  doublé  de  mar.  bleu  à  large  dent.,  tr.  dor.  [Derome). 

Édition  fort  rare.  Exemplaire  de  Gaignat,  de  Morel  de  Vindé  et  d'Yeme- 
niz.  Le  texte  avait  été  anciennement  découpé,  entouré  de  cadres  en  rouge 
et  noir,  et  monté  sur  des  feuillets  encadrés  de  cartouches.  Riche  reliure. 

429.  Le  mistere  de  la  co||ception  :  natiuite  :  ||  mariage  et  annû- 
cialion  de  la  benoisle  vierge  ma||rie.  Auec  la  natiute  de  le- 
suchrist  et  son  enfance...  i547.  On  les  vend  a  paris  en  la 
rue  neufue  nostre  Dame  a  lenseigne  sainct  Nicolas  par  Pierre 
sergent.  (A  la  fin  :)  Cy  finist  le  mistere  ^  etc.  Pet.  in-4>  goth., 


THÉÂTRE  FRANÇAIS.  iBi 

à  !2Col.y  fig.  sur  bois;  mari  La  Yallière,  fil.  à  froid,  fleurons 
et  milieu,  tr.  dor.  [Traut z- Bauzonnet) . 

Très-bel  exemplaire,  avec  témoins.  De  la  coll.  Solar. 

430.  (La  passion  denostresaul|{ueur  lesuchristauecles  addicions 
elcor|  rectionsfaictes  par  treseloquent  et  scientifique  doc  |teur 
maistre  Jehan  Michel,  lequel  mystère  fust||ioue  a  angiers  moult 
triumphamment  et  ||sumptueusement  en  lan||mil  quatre  cens 
qua=||tre  vinglz  et  six||  en  la  fin  daoust.  On  les  vend  a  paris^ 
Chez  Jeliandriard  imprimeur  demourarU  en  la  rué^  Sainct  iac- 
ques  a  lenseigne  des  troys  pucelles^  lan  mil  quatre  cens  quatre 
vingtz  et  dix.)  (Au  v**  du  aernier  f.  :)  Cjrfinist  le  mystère  de  la 
passiô,,.  imprime  a  paris  le  septiesme  iour  de  may  par  iehan 
driard  imprimeur  aemouràt  a  la  rue  Saint  iacques  a  lensei- 
gne des  trois  pucelles  lan  mil  quatre  ces  quatre  vingtz  et  diXj 
(1490).  In-fol.,  golh.,  à  2  col.,  de  2Z0  ff.;  mar.  rouge,  fîl., 
dent.,  tr.  dor.  [aux  armes  de  Roxburghe). 

Le  titre ,  le  f.  ci  et  les  2  derniers  ff.  sont  manuscrits.  C*est  l'exemplaire 
même  qui  a  soulevé  une  grosse  question  en  bibliographie  au  sujet  de  la  plus 
ancienne  édition  de  ce  Mystère.  Cette  question  a  été  parfaitement  élucidée 
par  M.  Brunet.  De  Bure,  sur  la  foi  de  la  souscription  manuscrite  de  cet 
exemplaire,  a  cru  à  Texistence  d'une  édition  de  Driart  de  1486.  Or  il  est 
prouvé  que  la  présente  édition  est  la  même  que  celle  dont  le  seul  exemplaire 
complet  que  l'on  connaisse  est  aujourd'hui  à  la  Bibliothèque  nationale  :  édition 
qui  ne  porte  point  de  souscription  et  dont  le  titre,  imprimé  en  deux  lignes,  est 
ainsi  conçu  :  Le  mistere  de  la  passionûsucrist  iouee  a  Angiers.  On  aurait  d'ail- 
leurs pu  remarquer  que  les  caractères  difTèrent  complètement  de  ceux  qui 
ont  été  employés  par  Driart.  Il  faut  cependant  croire  qu'il  a  dû  exister  une 
édition  de  Driart  non  pas  de  1486 ,  mais  bien  de  1490,  édition  dont  on  aurait 
copié  la  souscription  pour  le  présent  exemplaire,  car,  détail  à  noter,  le  mot 
dix,  au  titre  et  dans  la  souscription ,  a  été  surchargé  postérieurement  et 
transformé  en  six  (i486),  sans  doute  pour  être  d'accord  avec  la  date  de  la  re- 
présentation de  ce  mystère  à  Angers  (fin  d'août  1486).  En  tout  cas  cette  édi- 
tion doit  être  antérieure  à  1490. 

Cet  exemplaire,  précieux  malgré  ses  imperfections,  provient  du  duc  de 
La  Vallière,  de  Gaignat  et  d'Heber. 

431.  Cest  le  mistere  de  la  passion  Iesu{|christ  iouee  a  paris  et 
angiers.  (A  la  fin  :  )  Fin  du  mistere  de  la  passion  nostre  seig' 
iesuchrist.  loue  a  paris  derrenierement  cest  an.  mil  quatre 
cens  quatre  vingtz  f  dix  imprimée  pour  Ânthoine  verard  li- 
braire,.. S.  1.  n.  d.  (avant  i49o)«  In-fol.,  goth.,  à  n  col., 
de  104  (et  non  io3)  ff.  pour  la  première,  et  de  io4  ff. 
pour  la  seconde  journée  ;  mar.  viol.,  riches  comp.  à  petits 
fers ,  tr.  dor.  {Kœhler). 


452  BELLES-LETTRES. 

Édition  fort  rare.  M.  Brunet  avait  fait  la  description  de  ce  beau  livre  d'a- 
près un  exemplaire  défectueux  du  f.  blanc  qui  termine  le  dernier  cahier  de 
la  première  partie.  Celui-ci ,  très-pur  (sauf  qq.  légères  restaurations),  très- 
grand  de  marges,  et  orné  de  charmantes  initiales  peintes  en  or  et  en  cou- 
leurs ,  provient  de  la  bibl.  de  M^**  le  duc  d'Aumale  ;  c'est  probablement  le 
môme  que  celui  du  prince  d'Essling. 

432.  Sensuyt  le  mistere  ||  de  la  passio  nostre  ||  seignr  Jhesucrist  [| 
nouuellemêt  corrigée  Auec  les  adiciôs  faictes  ||  p  treseloquêt 
et  scîentifiq  docteur  M.  iehan  ini||cbel.  Leql  mistere  fut  ioue 
a  angiers  môlt  triuplialement  et  dernièrement  a  Paris.  1.  c. 
(A  la  fin  '.yk  Ibôneur  de  dieu . . .  Nouuellemêt  imprimée  a  paris 

par  la  vefue  jeu  ieha  trepperel.  Demeurant  en  la  rue  neufue 
nfe  dame  a  lenseigne  delescude  frace.  S.  d.  (vers  i Sai).  ln-4> 
goth.,  de  cclxiii  ff.  chif.  et  i  f.  n.  ch,,  fig.  s.  bois;  mar. 
\ert,  riches  comp.,  tr.  dor.  {Lortic). 

Édition  fort  rare  et  différente  de  celles  citées  au  Manuel  avec  nom  de 
la  veuve  Trepperel.  Le  dernier  f.  n'est  pas  coté ,  et  la  pagination  saute 
de  89  à  100,  de  sorte  que  le  volume  n'a  en  réalité  que  254  ff. 

Raccommodages,  et  deux  marges  rapportées  au  dernier  f. 

433.  La  Résurrection  de  nostre  seigneur  lesuchrisl  par  per- 
sonnages. Cornent  il  sapparut  a  ses  apostres  x  a  plusieurs 
autres  ||  et  comment  il  monta  es  cieulx  le  iour  de  son  Ascen- 

*  tion  Nouuellement  imprimée  a  Paris.  XIII.  (au-dessous  une 
grav.  s.  b.  représ,  la  Résurrection).  (Au  v"  de  lav. -dernier 
f.  :)  Cy  fine  le  mistere  de  la  résurrection  de  nostre  seigneur 
lesuchrist.  Nouvellemet  imprimée  a  Paris  par  Alain  lotrian. 
Demourant  en  la  rue  neufue  nostre  Dame  a  lenseigne  de  lescu 
de  France.  S.  d.  In-4>  go^h-?  à  2  col.,  de  li  ff.  chiff.,  plus 
I  f.  (table  ;  au  v**  la  grande  marque  de  Timprimeur)  ;  veau 
antique,   comp.  en  or  et  en  couleurs,  tr.  dor.  {Hague). 

Édition  très-rare,  exécutée  avant  1539.  Elle  ne  diffère  de  deux  autres  du 
même  imprimeur,  décrites  par  M.  Brunet ,  qu^en  cela  que  le  nombre  de 
cahiers  y  est  porté  à  13,  tandis  que  dans  celles-ci  il  n'est  que  de  il. 

Bel  exemplaire,  avec  témoins.  Les  7  derniers  ff.  ont  été  refaits  avec  une 
rare  perfection. 

434.  La  vêgeanljce  et  destru[|ction  de  Hierusa||lem  par  per- 
sonnaiges||  Exécutée  par  vaspasien  et  son  filz  Titus...  Im- 
primée dernièrement  a  Paris.  idSq.  On  les  vend  a  Paris  en 
la  rue  neufue  nostre  Dame  a  lenseigne  de  lescu  de  France , 
par  Alain  Lotrian.  In-4>  goth.,  à  2  col.;  mar.  violet  foncé, 
fil.  à  comp.,  tr.  dor.  {Fogel). 


THÉÂTRE  FRANÇAIS.  153 

La  composition  de  ce  mystère  est  attribuée  tantôt  à  P.  Blanchet,  tantôt  à 
Jean  Michel. 

Édition  rare.  Exemplaire  un  peu  court  en  tête  ,  mais  avec  témoins  dans 
le  bas. 

435.  (GRESBAN,  Arnoul  et  Simon.)  Le  premier  [et  le  second] 
volume  du  triom||phant  Mystère  des  Actes  des  A postres  trans- 
late fidèlement  a  la  ve|jrite  hisloriale,  escripte  par  Sainct 
Luca  Théophile.  Et  illustre  ||  des  légendes  autenticques  et 
\ies  de  Sainctz  Receues  par  leglise  tout  ordonne  par  per- 
sonnages. (Au  V*  de  Tav. -dernier  f.  du  t.  II  :  )  Cy  fine  le 
neiifuiesme  et  dernier  Hure  des  Actes  des  ^postres  Nouuelle- 
ment  Imprimez  a  Paris  pour  Guillaume  alabat  bourgeoys  et 
marchant  de  la  ville  de  Bourges  par  Nicolas  couteau  impri- 
meur demourant  a  Paris  et  furent  acheuez  le,  xsf^,  iour  de 
Mars  lan  de  grâce  Mil  cinq  cens  xxxm,  (iSS^)  auant  Pas- 
ques.  2  part,  en  i  vol.  in-fol.,  goth.,  à  2  col.,  fig.  s.  bois; 
veau  brun,  riches  compart.  à  froid,  argent,  et  dor.,  avec 
une  plaque  historiée  dorée  d'un  côlé  et  argentée  de  l'autre, 
tr.  dor.  (anc.  reL). 

Première  édition  connue.  Précieux  exemplaire  qui  contient,  à  la  fin  de 
la  première  partie,  les  quatre  ff.  imprimés  en  plus  petits  caractères  que  ceux 
du  volume  et  qui  manquent  à  tous  les  autres  exemplaires  connus.  Il  y  a  de 
plus,  à  la  fin  de  la  deuxième  partie ,  un  feuillet  contenant  un  rondeau.  Le 
volume  est  d'une  conservation  irréprochable.  ^ 

La  reliure  est  d'un  grand  intérêt.  Elle  porte  sur  le  plat  de  dessus  les  ini- 
tiales G  H,  et  la  date  :  1597.  Le  petit  sujet  du  milieu,  frappé  en  or,  représente 
une  femme  debout  dans  un  cercueil  et  tenant  dans  la  main  gauche  un  sa- 
blier. Sur  un  côté  du  cercueil,  on  lit  :  Eodie  unimus ,  cras  monmur.  Le  sujet 
de  la  plaque  du  second  plat  est  une  Nativité. 

436.  GRESBAN  (A.  et  S.).  Le  premier  [et  le  second ]  volume 
des  II  Calholicques  œuures  et  Actes  des  Aposlres  rédigez  en 
escript  jj  par  Sainct  Luc...  Et  les  demonstrances  ||des  figures 
de  Lapocalipse  veues  par  Sainct  ||  Jehâ  zebedee...  Le  tout 
veu  et  corrige  bien  jj  et  deuemêt  selon  la  vraye  ve|rile.  Et 
ioue  par  personna||ges  a  Paris  en  Ihostel  ||  de  Flandres  Lan 
mil  cinq  cens.  xli.  (i54i).  On  les  vend  en  la  grand  Salle 
du  Palais  par  Arnoul  et  Ch,  les  Ângeliers  frères,.,  (A  la 
fin  :  )  Fin  du  mistere,,,  El  fut  acheue  ledit  Hure  dimprimer 
le,  xxm"^.  iour  de  Maj  Lan  Mil  cinq  cens,  xli,  pour  Arnoul 
z  Charles  les  Angeliers  frères ,  3  tomes  en  2  vol.  in-fol.,  goth., 
a  2  col.,  fig.  s.  bois;  veau  fauve,  tr.  dor.  {anc.  rel.). 

Édition  la  plus  complète  et  la  plus  recherchée. 

Très- bel  exemplaire  aux  armes  de  Le  Fevre  de  Caumartin-Saint-Ange. 
Il  provient  de  la  bibl.  de  M^^  le  duc  d'Aumale. 


154  BELLES-LETTRES. 

437.  Miracle  de  ||  Nostre  Dame  comment  elle  deliura  vne  || 
abbesse  qui  esloit  grosse  de  son  clerc.  El  ||  est  le  dict  mi- 
racle a  XIII  personaiges...  (A  la  fin  :)  :  Cjrfinist....  Imprime 
Noiiuellemet  a  Paris  pour  Pierre  Sergent  libraire  demourat 
a  Paris  en  la  rue  neujue  nostre  dame  a  [enseigne  sainct  Ni- 
colas,  S.  d.Pet.  in-8,  goth.,de  24ff.,sign.  A.  C,  fig.  s.  bois; 
mar.  rouge,  (r.  dor.  (Dura). 

Fac-similé  admirablement  exécuté  à  la  plume  par  Aug.  Veinant. 

Ce  petit  volume ,  qui  provient  de  la  coll.  Desq,  soulève  un  problème 
assez  important  pour  la  bibliographie.  Ce  Miracle  n*est  connu  jusqu'à  ce 
moment  que  par  le  manuscrit  unique ,  conservé  à  la  Bibliothèque  nationale 
(no  819  et  820  nouv.,  anc.  f.  fr.;  n»  7208*  A  ancien),  et  qui  contient  une  série 
de  Miracles  de  Nostre  Dame,  dont  plusieurs  ont  été  publiés  de  nos  jours  : 
l'ensemble  de  ces  Miracles  fait  Tobjet  d'une  publication  due  aux  soins  de 
MM. ^Gaston  Paris,  de  Tlnstitut,  et  U.  Robert,  qui  s'imprime  actuellement 
pour  la  Société  des  anciens  textes  (Paris,  1876-78;  in-8,  t.  I  et  II).  On  a  tou- 
jours cru  que  le  Miracle  dont  nous  avons  rapporté  le  titre  n'avait  jamais 
été  imprimé  :  et  en  effet  on  n'en  a  encore  signalé  aucune  édition.  Le  présent 
fac-similé  semblerait  prouver  qu'il  en  a  existé  une.  La  régularité  des  lettres , 
leur  espacement,  ainsi  que  la  disposition  typographique  en  général,  font  exclure 
toute  idée  de  supercherie  à  cet  égard,  et  portent  à  croire  que  ce  fac-similé  a 
réellement  été  exécuté  d'après  un  original  qu'on  n'a  pas  encore  retrouvé.  En 
attendant,  ce  petit  volume  devient  précieux. 

Au  titre,  se  trouve  une  petite  vignette  représentant  sainte  Brigitte  à 
'genoux,  et  au  verso  du  dernier  f.,  la  marque  de  Pierre  Sergent,  trois  pe- 
tites bordures  et  l'indication  du  nombres  de  feuilles  (iij  F). 

438.  Le  cry  et  procla-||malion  publicque  :  pour  iouer  le  mis- 
tere  des  Actes  :  des  Aposlres,  en  la  Ville  de  Paris:  ||  faict 
le  leudy  seiziesme  iour  de  Décembre  [llan  mil  cinq  cens 
quarante...  Onies  vend  a  Paris,.,  en  la  bouticque  de  Denys 
Janol,  i54i.  in- 8,  golli.,  mar.  rouge,  fil.  à  compart.,  dou- 
blé de  bas.  bleue,  dent.,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.  (^Bauzonnet). 

Réimpression  d'une  pièce  dont  le  seul  exemplaire  connu  se  trouve  à  la 
Bibliothèque  nationale.  Elle  a  été  faite  à  Paris,  chez  Pinard,  en  1830,  par  les 
soins  de  M.  Veinant. 

Un  des  deux  exemplaires  tirés  sur  vélin.  Il  provient  des  coll.  Armand 
Bertin,  Solar  et  Desq. 

439.  La  Patience  de  lob,  selon  Thistoire  de  la  bible,  comme 
il  perdit  lovs  ses  biens  par  guerre,  et  par  fortune,  et  la  grande 
pauurelé  qu'il  eusl.  Et  comme  tout  luy  fut  rendu  par  la 
^rî^ce  de  Dieu.  Et  est  à  quarante  neuf  personnages.  XI.  Fu. 
feuilles],  y^  Rouent  chez  Romain  Beauuais  près  le  grand  por- 
tail nostre  Dame,  S.  d.  ln-4,  à  2  col.,  lettres  rondes,  fig. 
sur  bois;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  {cinc.  rel.). 


THÉÂTRE  FRANÇAIS.  455 

Édition  fort  rare.  Sur  le  titre,  une  figure  sur  bois  représentant  Job,  et  à  la 
fin,  une  autre  dont  le  sujet  est  S^  Jean  à  Patmos. 

Exemplaire  du  ducdeLaVallière,  puis  du  baron  d'Heiss  ;  acquis  au  prix  de 
420  fr.  à  la  vente  Y  emeniz. 

• 

440.  Le  procès  que  a  ||  fait  Miséricorde  contre  lustice.  pour  la 
redempliô  ||  humaine  Laquel  nous  dennonstre  ||  le  vray  mîs- 
tere  de  lanuciation  nostre  ||  seigneur  ihesucrist  (à  24  per- 
sonnages). S.  L  n.  d.  Pet.  in-4,  goth.,  de  4^  fT.;  mar.  bleu, 
fil.,  doublé  de  tabis,  tr.  dor.  [Rozeriati). 

Copie  figurée  sur  vélin,  par  Fyot,  d'après  le  seul  exemplaire  connu.  De 
la  bibl.  de  Soleinne. 

441.  (ANEAU,  Barth.)  Chant  Natal,  contenant  sept  noelz,  ung 
chant  Pastoural,  et  un  chant  Royal,  auec  ung  Mystère  de  la 
Natiuité,  par  personnages.  Composez  en  imitation  uerbale 
et  musicale  de  diuerses  chansons.  Recueilliz  sur  Tescripture 
saincte,  et  d'icelle  illustrez.  ApudSeh,  Grjphiuni,  Lugduniy 
1539.  Pet.  in-4>  de  16  fF.;  mar.  bleu,  fil.,  doublé  de  tabis, 
tr.  dor.  (JBozérian), 

Copie  figurée  sur  vélin,  par  Fyot,  d'une  pièce  extrêmement  rare. 
Exemplaire  Soleinne  et  Desq. 

442.  Le  mystère  de  la  vie  ||ethystoire  de  mon=||seigneur  sainct 
Martin,  lequel  fut  Archeuesque  de  ||  Tours....  (A  la  fin  :)  Im- 
prime Nouuellement  a  Paris,  pour  la  ueujue  Jean  Bonfons. 
S.  d.  (entre  i566  et  iSySj.  Pet.  in-4j  go^b.,  à  2  col.;  mar. 
rouge,  fil.,  tr.  dor.  [Hardj),  . 

Reproduction  en  fac-similé,  exécutée  avec  une  rare  perfection  par  M.  Vei- 
nant, d'une  pièce  découverte  dans  la  bibliothèque  de  Chartres.  M.  Veinant  a 
pu,  à  l'aide  d'un  second  exemplaire,  refaire  les  deux  feuillets  qui  manquent 
à  ce  premier  exemplaire. 

443.  Sensuit  le  mislere  |j  de  môseigneur  saïct  pierre  et  sainct 
paul  par  personnages.  Conte|lnât  plusieurs  aultres  vies  ||  Mar- 
tires  ^  côsuersions  de  ||  sainctz  Côme  de  sainct  etienne, 
sainct  clemét  ||  sainct  lin,  sainct  clete...  Nouuellement  im- 
prime a  paris  Par  la  ueufue  feu  lehan  trepperel  et  lehan 
iehannot..  S.  d.  (entre  i5ii  et  i52o).  In-4,  goth.;  mar. 
rouge,  fil.,   tr.  dor.  {anc.  reL). 

Seule  édition  connue,  de  toute  rareté.  Exemplaire  du  duc  de  La  Vallière 
et  de  Solar,  avec  le  titre  habilement  refait  à  la  plume  : 

444.  Le  Jeu  et  ||  Mystère  de  la  Saincte  Hostie  par  ||  personna- 


456  BELLES-LETTRES. 

ges.  (Au-dessous,  une  vignelle;  a  h  fin  :)  Fin  du  mystère  de 
la  sainctc  hostie,  In-8,  golb.,  de  38  ff.;  mar.  rouge,  fil.  à 
comp.,  tr.  dor.  {Bradel). 

Copie  figurée  sur  vélin,  par  Fyot,  d'une  édition  dont  on  ne  connaît  au- 
jourd'hui aucun  exemplaire,  et  qui  n'est  môme  pas  citée  au  Manœl,  Mercier 
de  Saint-Léger,  dans  une  note  autographe  jointe  au  volume,  croit  celle-ci 
antérieure  aux  deux  autres  dont  le  texte  aurait  suhi  beaucoup  de  modifica- 
tions. 

Exemplaire  de  Soleinne  et  Desq. 

4i5.   I^  mislere  II  du  cheualier  qui  donna  sa  femme  ||  au  dya- 

l>le.  A  dix  personnages.  Ceslassavoir.  Dieu  le  Père S.  L 

n.  d,  (après  i5o5).  Pet.  in-8,  goth.,  de  28  ff.;  mar.  ronge, 
compart.,  doublé  de  tabis,  tr.  dor.  {Bradel). 

Copie  figurée  sur  vélin,  par  Fyot,  d'une  édition  de  toute  rareté,  qui  pa- 
raît être  la  plus  ancienne  connue  de  cette  pièce.  Elle  ne  se  rapporte  pas 
très-exactement  pour  le  titre  à  l'édition  citée  par  M.  Brunet  ;  les  signatures 
sont  ici  A-0  par  2,  ce  qui  probablement  du  copiste. 

446.  L'Enfant  Prodigue  ||  par  personnaiges.  ||  Nouuellemët 
Translate  de  lalin  en  frâcoys  ]|  Selon  le  texte  de  leuangille. 
Etluy  bailla  sô  II  père  la  part,  Laqlle  il  despendit  meschâ- 
mét  II  auec  folles  femmes,  iiij  (cahiers).  (A  la  fin  :)  Cyfinist 
le  liure  intitule  lenfant  prodigue  Nouuellement  Imprime  a  Pœ- 
ris.  Pet.  in-4î  goth.,  à  2  col.,  de  20  ff.;  fig.  s.  bois;  mar.  La 
Vallièrejans.,  tr.  dor.  {Duru). 

Admirable  reproduction  en  fac-similé,  due  à  la  phime  de  M.  Veinant, 
d'une  édition  extrêmement  rare. 

447.  Moralité  II  Nouuelle  du  mauuais  Riche  et  ||  du  Ladre.  A 
douze  personnages.  S.  /.  n.  d.  Pet.  in-8,  goth.,  de  16  flf.; 
mar.  rouge,  comp.,  doublé  de  tabis,  tr.  dor.  [Bradel). 

Copie  figurée  sur  vélin,  par  Fyot,  d'une  édition  fort  rare. 

448.  Maistre  Pierre  pathelin  Hystorie.  (A  la  fin  :)  Cy  fitve  la 
farce  de  maistre  Pierre  pd^helin.  Imprimée  a  Paris ^  par 
Marion  de\\  malaunoy  vefue  de  feu  maistre  Pierre  fe|j  paron. 
Demeurant  en  la  rue  de  la  iuyfrie  a  ||  lenseigne  de  la  Rose^ 
ou  au  palays  a  la  pre\miere  porte.  S.  d.  (vers  i5oo).  I0-49 
goth.,  de  3o  ff.  non  chiff.,  sig.  «-/par  6  et  par  4  alternati- 
vement, [\o  lignes  à  la  page;  fig.  s.  bois;  mar.  La  Vallière, 
riches  ornements  sur  les  plats  à  pet.  fers,  tr.  dor.  [Masson^ 
Debonnellé), 


CORNEILLE.  157 

Édition  non  indiquée  au  Manuel,  La  marque  de  Pierre  le  Caron  est  au 
verso  du  dernier  feuillet.  Sa  veuve  ne  figure  pas  dans  la  liste  de  Lottin. 
Magnifique  exemplaire  :  De  la  Bibl.  de  M,  le  Marquis  d'Aix  a  la  Serraz. 


449.  JODELLE.  Les  OEvvres  et  meslanges  poétiques  d'Estienne 
lodelle,  sieur  du  Lymodin.  Reueues  et  augmentées  en  ceste 
dernière  édition.  Ljon,  B.  Bigaud ,  1597.  In-12;  mar. 
rouge,  fil.,  tr.  dor.,  dos  à  petits  fers  (^anc.  reL). 

Joli  exemplaire,  dans  une  excellente  reliure.  De  la  bibl.  Brunet. 


B.  Depuis  Corneille. 

CORNEILLE. 

(Pour  les  détails  bibliographiques»  consulter  la  Bibliographie  cornélienne,  par  M.  Emile 

Picot;  Paris,  Â.  Fontaine,  1876,  in-8.) 

450.  OEVVUES  de  CORNEILLE.  Première  partie.  Imprimé  à 
Boiïen  [par  Laurens  Maurry],  et  se  \fend  A  Paris ^  citez  An- 
toine  de  Somma^ille. . .  Et  Augustin  Courbé,  1 644  •  In  - 1 2 ,  por- 
trait et  front,  gravé.  — Oevvres  de  Corneille.  Seconde  Partie. 
Imprimé  à  Boûen^  et  se  vend  A  Paris,  cfiez  Toussainct  Quinetj 
1648.  In-i2.  —  Oevvres 'de  Corneille.  Troisième  partie. 
Imprimé  à  Boûen^  et  se  vend  A  Paris ^  Chez  Antoine  de  Som- 
mai^ille.  i652.  In-12.  —  Ensemble  3  vol.  in-12;  mar.  rouge, 
fil.  à  compart.,  milieu  et  dos  à  petits  fers  à  la  Du  Seuil, 
doublé  de  mar.  bleu,  large  dent.,  tr.  dor.;  étuis  en  mar. 
vert  [Lortic). 

Première  édition  sous  le  titre  d'ÇEuvres  {Bibl.  corn  ,  n»  98, 100, 101).  Elle 
est  très-précieuse ,  et  c'est  un  bonheur  rare  aujourd'hui  de  pouvoir  en  réu- 
nir les  trois  volumes;  le  t.  pr  surtout  est  devenu  introuvable  :  il  contient  les 
huit  pièces  de  Corneille  antérieures  au  Ciel.  H.  :  0,131  ;  0,132;  0,131  1/2. 

451.  OEvvres  de  Corneille.  Première  [Seconde  et  Troisième] 
Partie.  A  Paris,  chez  Edme  Pepitigué,  i655.  3  vol.  în-12; 
mar.  rouge,  fil.  à  comp.,  dos  à  petits  fers,  tr.  dor.  {Lortic). 

Charmante  impression  de  l'édition  originale  des  Œuvres  [Bibl,  corn., 
no  103).  Il  est  bien  difficile  de  trouver  ainsi  tous  les  trois  volumes  à  l'adresse 
de  Pepingué.  Le  présent  exemplaire  est  en  outre  fort  beau.  H.  :  0,132. 

452.  OEvvres  de  Corneille.  Paris,  GuilL  de  Luyne^  1657.  4 
vol.  in-12;  mar.  rouge, fil.  à  compart. 


158  BKLLES-LETTKES. 

Édition  extrômement  rare  et  qui  ne  diiT(>re  que  par  le  titre  de  celle  de 
1656,  dont  on  n'a  pas  encore  découvert  un  seul  exemplaire  de  la  première 
partie  (Bibl.  corn.,  iv  105). 

Le  t.  IV  ne  porte  en  tôte  qu'ui)  faux-titre  sans  nom  de  libraire  :  M.  E. 
Picot  croit  qu'il  devait  avoir  primitivement  un  titre  avec  la  date  de  1C56.  Cette 
quatrième  partie  contient  d'abord  deux  pièces  de  Thomas  Corneille  :  Le 
Feint  Astrologue  et  D.  Bertrande  Cigarral^  avec  pagination  suivie  ;  mais  comme 
la  table  placée  au  verso  du  titre  général  indique  encore  :  l'Amour  à  lamode 
et  le  Bergei'  extravagant,  on  a  joint  ces  deux  pièces  en  éditions  séparées. 

453.  Le  Theâlre  de  P.  Corneille.  Revev  et  corrigé  par  l'Av- 
thevr.  Imprimé  à  JRouen,  Et  se  vend  A  Paris^  Chez  TIxomas 
Jollfj  1664.  2  vol.  in-foL,  portrait  et  front,  gravé;  mar. 
rouge,  fil.,  compart.,  tr.  dor. 

Édition  dont  le  texte  a  été  revu  per  Corneille  pour  la  troisième  fois  (Bibl. 
corn.,  n<*  108).  Bel  exemplaire  avec  témoins.  Au  titre,  la  signature  :  ex  librts 
Campy  ;  on  peut  consulter  sur  ce  personnage  les  Mémoires  de  Retz,  t.  II, 
p.  336. 

454.  Le  Théâtre  de  P.  Corneille.  Reveu  et  corrigé  par  l'Autheiir. 
A  Rouen  Et  se  vend  A  Paris  y  chez  Thomas  Jolly^  1664-66. 
4  vol.  in-8,  fig.  —  Poëines  dramatiques  de  T.  Corneille. 
Imprimés  à  Roven^  Et  se  vendent  A  Paris  y  Chez  Augustin 
Courbé  y  etc.,  1661,  1666.  2  vol.  in-8,  fig.  —  Ensemble 
6  vol.;  mar.  rouge,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.  [anc.  reL). 

Précieux  exemplaire,  tant  à  cause  de  son  excellente  reliure  que  pour  cer- 
taines particularités  que  M.  Picot  a  signalées  dans  son  livre  (n®  109).  Ainsi 
on  ne  connaît  en  tout  que  quatre  exemplaires,  y  compris  celui-ci,  qui  contien- 
nent des  figures  dans  la  ¥  partie  des  Œuvres.  Dans  ce  même  4*  vol.,  on  a 
relié  à  la  suite  la  3*^  partie  des  poèmes  de  Th.  Corneille.  Cet  exemplaire  pro- 
vient d'Armand  Bertin  et  de  Solar. 

433.  AGESILAS,  Tragédie.  En  Vers  libres  rimez.  Par  P.  Cor- 
neille.  A  Eo^en^  Et  se  i'end  a  Paris,  Chez  GçilL  de  Lç^yne, 
1666.  In-12;  mar.  rouge,  fil.  à  fr.,  tr.  dor. 

Édition  originale  {Bibl.  corn.,  n°  85).  Exemplaire  non  lavé,  avec  qq.  ta- 
ches et  des  race,  aux  trois  premiers  ff.  H.:  0,145. 

456.  Andromède,  Tragédie.  Représentée  auec  les  Machines  sur 
Je  Théâtre  Royal  de  Bourbon.  Sur  la  copie  imprimée  à  Rouen  , 
Chez  Laurens  Maifrry^  i652.  In-12  ;  mar.  rouge,  fil.,  doublé 
de  mar.  bleu,  orn.  int.,  tr.  dor.  [Gruel), 

Contrefaçon  de  l'édition  originale  in-12.  Bel  exemplaire.  H.:  0, 133. 

437.  LE  CiD,  Tragicomedie.  A  Paris,  Ches  François  Targa  [et] 


CORNEILLE.  159 

Augustin  Courbé,  S.   d.  (1637).   ^^^'  iii-12,  front,  gravé; 
mar.  rouge,  fiL  à  froid,  tr.  dor.  [Thompson). 

Édition  originale  in-12  {Bihl.  corn.,  no  10).  Exemplaire  non  lavé.   H.: 
0,  116.  Race,  au  dernier  f. 

458.  Le  Cid  Tragicomédie.  //  Paris  Ches  Aug.  Courbé  [et]  Pierre 
le  Petit.  S.  d.  Pet.  in-12;  mar.  rouge,  fil.  à  froid,  Ir.  dor. 

D'après  le  Manuel^  cette  édition  sans  date  aurait  paru  vers  la  même  an- 
née que  la  première.  M.  E.  Picot  (BibL  corn.,  n^  12)  croit  qu'elle  n'a  pu  être 
exécutée  que  vers  1642. 

Exemplaire  non  lavé.  H.:  0,  123. 

459.  CINNÂ  ov  la  Clémence  d' A vgvste.  Tragédie.  A  Paris,  Chez 
Tos^ssainct  Qçinet^  i643.  In-12,  front,  gr.;  mar.  vert,  fil. 
à  comp. ,  tr.  dor.  {IViedrée). 

Édition  originale  in-12  (BibL  com,^  n"  21).  Exemplaire  avec  qq.  taches. 
H.:  0,  119. 

460.  HERACLIVS  Emperevr   d'Orient,  Tragédie.  Imprimé  à 
,  Rouen  ^  et  se  if  end  A  Paris  y  Chez  Antoine  de  Sommavilley  1647. 

In- 12  ;  veau  fauve,  fil.  (rel.  fatiguée). 

Édition  originale  in-12  (fiibl.  corn.^  n»  51). 
Exemplaire  avec  des  notes  à  l'encre.  H.:«0,  129, 

461.  HORACE  Tragédie.  A  Paris  y  Chez  Ai^gi^stin  Covrbé,  i64i. 
In-12;  front,  gr.;  mar.  orange,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  [Smeers), 

Édition  originale  in'12  {BibL  corn,,  n»  17).  Bon  exemplaire.  H.:  0,123. 

462.  Horace  Tragédie.  Par  le  sievr  Corneille.  Suii^ant  la  Copie 
imprimée  à  Paris ^  1647.  In-12;  mar.  rouge  jans.,  tr.  dor. 
{BelZ'Niedréè) . 

Jolie  édition  publiée  par  L.  et  B.  Elzevier,  à  Leyde.  Bel  exemplaire,  avec 
témoins.  H.:  0,  126. 

463.  LE  MENTEVR,  Comédie.  Imprimé  a  Rouen j  et  se  vend: 
A  Paris,  Chez  Antoine  de  Sonimas^ille...  Et  A\^g.  Courbé ^ 
i644«  Pet.  in-12  ;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  [Duru). 

Édition  originale  in-12  {BibL  corn,,  n»  36).  Très-bel  exemplaire.  H.: 
0,130.  Qq.  coins  race. 

464.  Le  Mentevr,  Comédie.  S,  L  n.  d.  (i652).  In- 12,  de  3  ff. 
et  120  pp.;  mar.  rouge,  fil.,  doublé  de  mar.  vert,  orn.  int. 
tr.  dor.  (Gruel). 


160  BELLES-LETTRES. 

Contrefaçon  excessivement  rare.  M.  E.  Picot  n'a  pu  en  citer  (no  320) 
que  deux  exemplaires  :  celui-ci,  et  celui  de  M.  B.  Fillon,  faisant  partie  d'an 
recueil. 

Très-bel  exemplaire.  H.:  0,  134. 

465.  NICOMÈDE.  Tragédie.  Paris,  Chez  Àvg.  Cosfrbéy  i653. 
In- 12;  mar.  violet,  fil.,  doublé  de  mar.  rouge,  orn.  int.,  tr. 
dor.  (Gruel). 

Édition  originale  in-12  (Bibl,  com.^  n°  66  bis).  Bel  exemplaire.  H.:  0, 433. 

466.  OEDIPE,  Tragédie.  Par  P.  Corneille.  Imprimée  à  Boi^en,  et 
se  vend  A  Paris  y  Chez  A\>g.  Coirbé.. .  EtGi^ilL  deLçyne,  1 659. 
In- 12;  mar.  lie  de  vin,  fil.  àcomp.,  Ir.  dor.  {Lortic). 

Édition  originale ,  rare  {BibL  corn,,  n^  73).  Bel  exemplaire.  H.  :  0,136. 

467.  OTHON.  Tragédie.  Par  P.  Corneille.  A  Paris,  ChezGM- 
lavme  de  Ls^yne,  i665.  In-12;  mar.  rouge,  fila  comp.,  tr. 
dor.  {Lorlic), 

Édition  originale,  avec  le  titre  rectifié  {BibL  corn.,  n®  84).  Très-bel  exem- 
plaire. H.  :  0,147. 

468.  PERTHARITE.  Roy  des  Lombards,  Tragédie.  A  Bo^en, 
Chez  Lai^rens  Mayrry.^.  Et,.,  A  Paris.  Chez  G\nlL  de  Lçynts^ 
i653.  In- 12  ;  mar.  rouge,  fil.  à  fr.,  tr.  dor. 

Édition  originale ,  rare  {Bibl,  corn,,  n»  69).  Bel  exemplaire,  non  lavé. 
H.  :  0,131. 

469.  PULCHERIE.  Comédie  heroique.  A  Paris  ,  Chez  Guillaume 
de  Luffie,  1673.  In-12;  mar.  rouge,  fil.  à  fr.,  tr.  dor. 

Édition  originale  {Bibl.  corn.,  n»  89).  Exemplaire  non  lavé,  grand  de 
marges  (IL:  145  mill.  et  ly2),  mais  avec  des  taches  au  coin  du  bas  de  plu- 
sieurs ff. 

470.  D.  Sanche  d'Arragon,  Comédie  Heroique.  Suiuani  la 
Copie  imprimée  A  Paris,  i65o.  In- 12;  mar.  La  Vallière 
jans.,  tr.  dor.  (Niedrée). 

Jolie  copie  sortie  des  presses  des  Elzeviers,  à  Leyde,  avec  une  sphère  sur 
le  titre  {Bibl,  corn,,  n»  350).  Elle  est  fort  rare,  car  M.  Picot  ne  Ta  connue 
que  par  le  présent  exemplaire,  qui  est  très-beau ,  non  lavé,  mais  un  peu  roux. 
H.  :  0,126. 

471.  SERTORIVS,  Tragédie.  Imprimé  à  Roi^en,  El  se  vend  A 
Paris;,  Chez  Ai^q.  Cos^rbé..,  Et  GçilL  deLç/ne,  1662.  la-ia; 


CORNEILLE.  161 

de  6  fF.  et  82  pp.;  mar.  lie  de  vin,  fil.  à  comp.,  Ir.  dor. 

[Lortic). 

Édition  originale ,  dont  il  y  a  deux  sortes  d'exemplaires  (BibL  corn.,  n^ 
81).  H.  :  0,136. 

472.  SOPHONISBE,  Tragédie.  Par  P.  Corneille.  Imprimée  à 
Roi^erij  Et  se  vend  A  Paris  ^  Chez  Guilla\fme  de  Luyne^  i663. 
In- 12;  mar.  rouge,  fil.  à  fir.,  tr.  dor. 

Édition  originale  {Jiihl,  corn.,  n»  82).  Exemplaire  presque  non  rogné 
(H.  :  0,150),  mais  avec  qq.  taches. 

473.  SURENA  General  des  Parthes,  Tv^^edie,  A  Paris,  Chez 
Guillaume  de  Lujrne^  1670.  In-12;  mar.  rouge,  fil.  à  fr.,  tr. 
dor. 

Édition  originale,  rare  (BibL  corn.,  n»  90).  Exemplaire  non  lavé ,  grand 
de  marges  (H.  :  0,147),  mais  avec  des  taches. 

474.  THEODORE  Vierge  et  Martyre,  tragédie  chrestienne. 
Imprimé  à  Rouen  j  Et  se  vend  A  Paris,  Chez  Aug,  Coi^rbé,  1 646 . 
In-12;  mar.  rouge,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  [Lorlic), 

Édition  originale  in-12  (JBi6/.  com.^  n»  48).  Très  bel  exemplaire.  H.  : 
0,135. 

475.  TITE  ET  BERENICE.  Comédie  heroique  par  P.  Corneille. 
A  Paris  y  Chez  Guillaume  de  Luyne^  1671.  ln-12;  mar.  rouge, 
fil.  à  fr.,  tr.  dor. 

Édition  originale,  rare  {Bibl.  corn.,  n»  87).  Le  présent  exemplaire  offre 
cette  particularité  que  la  dernière  page  est  chiffrée  régulièrement  76  et  non 
pas  44 ,  ce  qui  prouve  que  la  faute  a  été  corrigée  pendant  le  tirage.  Grand 
de  marges  (H.  :  0,145),  non  lavé,  mais  avec  des  taches. 

476.  LA  TOISON  D*OR,  Tragédie.  Imprimée  à  Roi^en^  Et  se  vend 
A  Paris,  Chez  Avg.  Courbé.,,  et  Cvillavine  deLvjne^  1661. 
In-12;  mar.  lie  devin,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.  (JLortic). 

Édition  originale ,  très-rare  (Bibl.  corn.,  n®  77).  Bel  exemplaire,  sauf  qq. 
coins  et  le  dernier  f.  restaurés.  H.  :  0,141. 

477.  LA  VEFVE  ov  le  traistre  trahy.  Comédie.  A  Paris,  Chez 
François  Targa,  i634.  In-8;  mar.  vert,  fil.  à  compart.,  mi- 
lieu, tr.  dor.  (Lortic). 

Édition  originale  très-rare  (Bibl.  com.,no  3),.  Exemplaire  un  peu  court 
(H.  :  0,157).  Race,  au  titre. 

11 


162  BELLES-LETTRES. 

MOLIÈRE. 

(Pour  les  détails  bibliographiques ,  consulter  la  Bibliographie  moliéresquB,  pt^r  M.  Paul 
Lacroix  (Bibliophile  Jacob).  Seconde  édition;  Paris,  Fontaine,  1875,  iii-8.) 

478.  LES  OEVVRES  de  Monsievr  Molière.  Paris,  GabrielQuinet 
et  Louis  Billainé]^  i666.  2  vol.  in- 12,  front,  gr.;  mar.  vert, 
îl.  à  comp.,  milieu  à  la  Duseuil,  dos  à  petits  fers,  tr.  dor. 

(Lortic), 

Édition  précieuse,  la  première  du  théâtre  de  Molière  avec  une  pagination 
suivie  (Bihl.  moliér.,  n»  ^67). 

Très-bel  exemplaire,  sauf  qq.  race.  H.  :  0,142. 

479.  LES  OEUVRES  de  Monsieur  de  Molière.  ^  Paris,  Chez 
Denys  Thierry...  et  Claude  Barhin y  1674-1675.  7  vol.  in-i:2; 
mar.  orange,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.  (Smeers). 

C'est  au  savant  auteur  de  la  Bibliographie  moliéresque,  à  M.  Paul  Lacroix, 
que  revient  Thonneur  d'avoir  récemment  démontré  que  c'est  la  Véritable 
édition  originale  de  Molière  (voir  sa  notice  sous  ce  titre  ;  Paris,  A.  Fontaine, 
1873,  gr.  in-18),  celle  qui  contient  le  véritable  texte,  revu  et  corrigé  par 
Molière  peu  de  temps  avant  sa  mort.  L'importance  de  cette  édition  avait  été 
signalée  pour  la  première  fois,  treize  ans  auparavant,  par  un  autre  savant  bi- 
bliographe, M.  Pierre  Deschamps,  rédacteur  du  catalogue  de  la  célèbre  biblio- 
thèque Solar  (1860).  Le  t.  VII  renferme  la  première  édition  du  Malade  tma- 
ginaire,  d'après  le  manuscrit  de  l'auteur,  et  aussi  la  première  édition  de  VOm- 
bre  de  Molière,  comédie  par  Brécourt. 

Cette  édition  précieuse  est  aujourd'hui  excessivement  rare. 

Très-bel  exemplaire.  H.  :  0,152. 

480.  Les  OEuvres  de  Monsievr  de  Molière.  ^  Paris ^  Chez  De- 
nis  Thierry...  Claude  Barbin...  et  Pierre  Trabouillety  1681. 
5  vol.  in-12;  mar.  olive,  fil.,  tr.  dor.  (Jjortic^, 

Réimpression  de  l'édition  précédente,  exécutée  à  Lyon,  au  sentiment  de 
M.  Potier.  Elle  est  peu  commune. 
Très-bel  exemplaire.  H.  :  0,148. 

481.  LES  OEUVRES  de  Monsieur  de  Molière.  Reveuès,  corrigées 
et  augmentées.  Enrichies  de  figures  en  Taille-douce.  Pctris, 
Denys  Thierry^  Claude  Barbin  et  Pierre  Trabouillety  1682. 
8  vol.  in-12  ;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  {Hardy-Mennil). 

Édition  publiée  par  Vinot  et  La  Grange.   Elle  contient  six  comédies  qui 
étaient  restées  inédites  (Bibl.  moliér.,  n®  277). 
Magnifique  exemplaire,  réglé.  H.  :  0,164. 

482.  LES  OEUVRES  de  Monsieur  Molière.  Édition  nouvelle, 


MOLIÈRE.  163 

Enrichie  de  figures  en  laille-douce;  et  augmentée  des  OEu- 
vres  Posthumes.  À  Amsterdam  y  Chez  Jaques  le  Jeime  ^  i684- 
1689  (OEuvres  Poslhu mes).  6  vol.  in-i2;mar.  rouge,  fil., 
tr.  dor.  {Lorlic). 

s  Jolie  édition  imprimée  par  D.  Elzevier  et  mise  en  vente  par  H.  Wetstein, 
avec  des  frontispices  ajoutés  (BibL  moliér.^n'*  279). 
Très-bel  exemplaire.  H.  :  0,130. 

483.  OEUVRES  de  Molière.  Nouvelle  édition.  Paris,  Christophe 
Dat^idy  1739.  8  vol.  in-12,  fig.;  raar.  vert,  fil.,tr.  dor.  {anc, 

rel,). 

Édition  très-estimable ,   conforme  pour  le  texte  à  celle  de  1734  donnée 
par  Marc- Antoine  Joly  (BibL  moUér.,  n®  320). 
Magnifique  exemplaire,  réglé.  H.  :  0,160. 

484.  OEUVRES  de  Monsieur  de  Molière.  Nouvelle  édition.  Ams- 
terdam, Jr/cstée  et  Merkusy  i744-  4  ^ol-  p^t.  in-12,  porlr. 
et  fig.  de  Punt,  d'après  Boucher;  mar.  rouge,  fil.,  tête  dor. 
(  Trautz-bauzonrtet  ) . 

Superbe  exemplaire,  relié  sur  brochure  et  non  rogné. 

485.  L'AMOVR  MEDEQN.  Comédie.  Par  I.  B.  P.  Molière.  Pa- 
ris, Théodore  Girard ,  1666.  In- 12,  fi'ont.;  mar.  vert,  fil.  à 
comp.,  tr.  dor.  (Lortic). 

Édition  originale  {BibL  moliér.,  n»  11  ). 
Bel  exemplaire.  H.  :  0,147  il2. 

486.  L'Amovr  meclecin.  Comédie.  Par  1.  B.  P.  Molière.  Paris , 
Pierre  Traboûillet,  1669.  In-12;  mar.  vert,  fil.  à  comp.,  tr. 
dor.  (Lortic). 

Deuxième  édition.  Bel  exemplaire.  H.  :  0,147. 

487.  L'Amour  médecin.  Comédie.  Pari.  B.  P.  Molière.  Paris, 
CL  Barbin,  1674.  In-12;  mar.  rouge,  fil.  à  fr.,  doublé  de 
mar.  vert,  dent.,  tr.   dor.  {Gruel). 

Joli  exemplaire.  H.  :  0,146. 

488.  AMPHITRYON,  comédie.  Par.  I.  B.  P.  de  Molière.  Paris, 
lean  Riboi^,  1668.  Pet.  in-12;  mar.  vert,  fil.  à  fi:.,  tr.  dor. 

Édition  originale,  rare  {BibL  moliér.,  n»  16). 
Très-bel  exemplaire.  H.  :  0,146. 

489.  Amphitryon.  Comédie.  Par  I.  B.  P.  de  Molière.  Sur  l'Im- 


164  BELLES-LETTRES. 

primé  y  A  Paris  ^  1669  (avec  une  Sphère  sur  le  litre).  In-12; 
mar.  rouge,  fil.,  orn.,  double  de  mar.  bleu,  fil.  àcomp.,  tr. 
dor.  (Gruel), 

Contrefaçon  faite  peut-être  à  Rouen.  Bel  exemplaire.  H.  :  0,134. 

490.  Amphitryon,  comédie.  Par  L  B.  P.  de  Molière.  Paris ^ 
Claude  Barbiriy  1674.  In- 12;  mar.  rouge  jans.,  tr.  dor. 
[Smeers), 

Contrefaçon  faite  en  France.  Très-bel  exemplaire.  H.  :  0,147. 

491.  L'AVARE,  comédie.  Par  I.  B.  P.  Molière.  PariSy  lean  Ri- 
bo\f^  1669.  In- 12;  mar.  vert,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.  [I^rtic). 

Édition  originale  {BibL  moliér.,  n»  17).  Exemplaire  restauré  aux  derniers 
ff.  H.  :  0,142. 

492.  Le  BotJRGEois  gentilhomme  comedie-balet.  Faite  à  Cham- 
bort,  pour  le  Divertissement  du  Roy.  Par  I.  B.  P.  Molière. 
Paris,  Claude  Barbin^  1673.  In-12;  mar.  vert,  fil.  à  comp., 
tr.  dor.  (^Lortic), 

Deuxième  édition,  faite  pour  le  compte  de  Molière  {BibL  moliér.,  n®  20). 
Très-bel  exemplaire,  non  lavé.  H.  :  0,148. 

493.  LA  CRITIQVE  DE  L'ESCOLE  DES  FEMMES,  comédie.  Par 
I.  B.  P.  Molière.  Paris^  Claude  Barbin^  i663.  In-12;  mar. 
rouge  jans.,  tr.  dor.  (Chambolle-Duru) . 

Édition  originale,  rare  (JB16/.  moliér,^  n^  8). 
Très-bel  exemplaire,  réglé.  H.  :  0,152. 

494.  LE  DEPIT  AMOVREVX,  comédie.  Représentée  sur  le 
Théâtre  du  Palais  Royal.  De  L  B.  P.  Molière.  Paris^  Gabriel 
Qy>inetj  i663.  ln-12,  de  io5  pp.;  mar.  vert,  fil.  à  fr.,  fleur., 
tr.  dor.  (^Niedrée). 

Édition  originale,  dont  il  y  a  deux  sortes  d'exemplaires ,  ce  qui  n^est  pas 
indiqué  dans  la  BibL  moliéresque  (n®  2). 
Exemplaire  mal  lavé.  H.  :  0,138. 

495.  L'ESCOLE  DES  MARIS,  comédie,  de  L  B.  P.  Molière. 
Représentée  svr  le  Théâtre  du  Palais  Royal.  Paris,  CL  Bar- 
biriy  1661.  ln-12,  fi:ont.;  mar.  rouge  jans.,  tr.  dor.  {TrcuUz- 

Bauzounet). 

Édition  originale  (BibL  moliér.,  n^  5).  Exemplaire  avec  témoins  sur  les 
côtés,  mais  un  peu  court  en  tête.  H.:  0,146.  Qq.  coins  race. 


MOLIÈRE.  465 

496.  L'ESCOLE  DES  FEMMES.  Comédie.  Par  I.  B.  P.  Molière. 
Paris  y  Gabriel  Qi^inet^  i663.  In- 12,  front.,  5  flf.  et  96  pp.; 
mar.  vert,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.  [Lortic). 

Édition  originale,  second  tirage  (BibL  moliér.,  n»  6).  Bel  exemplaire.  H.: 
0,443  \\2. 

497.  L'Escole  des  femmes,  comédie.  Par  I.  B.  P.  Molière.  Pa- 
ris, Estienne  Lojsoriy  i665.  In-12,  fig.  ;  mar.  rouge, fil.,  tr. 
dor.  {Cape). 

Deuxième  édition.  Très-bel  exemplaire.  H.:  0,  444  4i2. 

498.  L'ESTOVRDY  ov  les  contre- temps,  comédie  Représentée 
svr  le  Théâtre  du  Palais  Royal.  Par  I.  B.  P.  Molière.  Paris ^ 
Gabriel  Qvinety  i663.  In- 12;  mar.  rouge,  fil.,  dent.,  tr. 
dor. 

Édition  originale  (Bi6^  moliér.,  n»  4).  Exemplaire  non  lavé.  H.:  0,437. 

499.  LES  FASCHEVX  comédie.  De  I.  B.  P.  Molière,  Représentée 
svr  le  Théâtre  du  Palais  Royal.  Paris ,  Gifillavme  de  Lvyne^ 
1662.  In-12;  mar.  vert,  fil. 

Édition  originale  ifiihl.  moliér.,  n»  7).  Exemplaire  réglé.  H.:  0,447. 

500.  LES  FEMMES  SÇA VANTES.  Comédie.  Par  1.  B.  P.  Mo- 
liere.  Et  se  {fend  pour  VA  ut  heur.  A  Paris  ^  Chez  Pierre  Promé^ 
1673.  In-12;  mar.  rouge,  fil.,  dent.,  tr.  dor. 

Édition  originale  {Bihl.  moliér.,  n»  23). 
Exemplaire  non  lavé,  avec  qq.  taches.  H.:  0,437. 

501 .  LE  FESTIN  DE  PIERRE,  comédie.  Par  J.  B.  P.  de  Molière. 
Édition  nouvelle  et  toute  différente  de  celle  qui  a  paru  jus- 
qu'à présent.  Brtisselles j  George  de  Backer^  1694.  Gr.  in-12,  ' 
de  72  pp.;  mar.  rouge,  fil.,  doublé  de  mar.  rouge  à  comp., 
tr.  dor.  {Niedrée). 

Pour  rédition  originale,  voir  dans  les  OEwvres  de  4682.  On  trouve  dans 
celle-ci  la  scène  du  Pauvre,  avec  d'autres  variantes  que  celles  qui  sont  dans 
rédition  de  Wetstein,  4683. 

Très-bel  exemplaire.  H.  :  0,i57. 

502.  LES  FRAGMENS  de  Molière.  Comédie.  Paris ^  Jean  Ribou, 
1682.  In-12;  mar.  rouge,  fil.  à  froid,  tr.  dor. 

Édition  originale  (Bihl.  moliér.^  n»  34).  Ce  sont  des  fragments  du  Fes- 
tin de  Pierre^  qui  n'avait  pas  encore  été  publié,  cousus  ensemble  par  Champ- 
meslé.  Le  texte  diffère,  en  bien  des  endroits,  du  texte  complet  de  cette  pièce 


166  BELLES-LETTRES. 

publiée  pour  la  première  fois  dans  les  Œuvres  de  Molière,  en  1682  (voir  ci- 
dessus,  u^  481  )  ;  en  outre,  plusieurs  scènes  qui  se  trouvent  ici,  scènes  fort  jo- 
lies et  qui  sont  certainement  de  Molière ,  ne  figurent  point  dans  Tédition  de 
la  pièce  entière.  Bel  exemplaire.  H.  :  0,144. 

503.  GEORGE  DANDIN,  ov  le  Mary  confondv.  Comédie.  Par 
I.  B.  P.  de  Molière.  PariSy  Jean  Riboif^  1669.  In- 12;  mar. 
rouge  jans.,  tr.  dor.  (Puru). 

Édition  originale  {Bibl,  moliér,,  n»  18). 
Très-bel  exemplaire.  H.:  0,146.  Qq.  taches. 

504.  Le  Malade  IMAGINA.IRE,  Comédie,  meslee  de  musique  et  de 
dance.  Par  M.  De  Molière.  ^  Cologne,  chez  Jean  Sambix, 
1674.  In-i2,  de  2  ff.  et  126  pp.;  mar.  vert,  fil.  àcomp.,  tr. 
dor.  (^Lortic). 

Contrefaçon  de  la  pièce  de  Molière.  On  croit  qu'elle  a  été  imprimée  en 
France  {Bibl,  moliér,^  n»  27).  Il  y  a  eu  deux  éditions  sous  la  même  date; 
celle-ci  est  plus  rare  que  celle  qui  contient  160  pp. 

Très-bel  exemplaire.  H.:  0,144. 

505.  LE  MARIAGE  FORCÉ.  Comédie.  Par  l.  B.  P.  de  Molière. 
Paris,  lean  Ribov,  1668.  In-12;  mar.  vert,  fil.  à  fir.,  tr. 
dor. 

Édition  originale  (Bibl.  molier.,  n°  10). 
Très-bel  exemplaire.  H.  :  0,145. 

506.  LE  MEDEQN  MALGRÉ-LUY.  Comédie.  Par  L  B.  P.  de 
Molière.  Paris,  lean  Ribo\fy  1667.  Pet.  in-12,  firont.,  3  fî. 
prélim.  et  i52  pp.;  mar.  vert,  fil.   à  comp.  tr.  dor.  (Lor- 

tic) . 

Édition  originale  (Bibl.  moliér,,  n®  13).  M.  Lacroix  n'assigne  à  cette 
pièce  que  2  ff.  prél.,  y  compris  le  front,  gravé  :  le  présent  exemplaire  en  a 
4  :  front.,  titre ,  1  f.  pour  le  privilège  et  1  f.  blanc. 

Très-bel  exemplaire.  H.:  0,147. 

307.  Le  Médecin  malgré  luy.  Comédie.  Par  L  B.  P.  Molière. 
Et  se  vend  pour  la  Feiwe  de  CAïUheur,  A  Paris ^  Chez  Henry 
Loyson,  1673.  Pet.  in-12;  mar.  bleu,  fil.  à  compart.,  tr. 
dor.  {Lortic), 

a  On  est  étonné,  dit  M.  Lacroix  (Bibl.  moliér.,  n®128),  de  voir  paraître 
«  cette  réimpression  un  mois  après  la  mort  de  Molière.  Le  nouveau  privilège 
a  est  daté  du  21  mars  1673  !  » 

Fort  rare.  Bel  exemplaire,  très-grand  de  marges.  H.:  0,140. 


MOLIÈRE.  467 

SOS.  LE  MIS AINTROPE ,  comédie.  Par  I.  B.  P.  De  Molière. 
Paris ^  lean  Ribov,  1667.  In- 12,  front,  gravé;  mar.  vert, 
fil.  à  comp.,  tr.  dor.  {Lortic). 

Édition  originale  (Bihl,  moliér.,  n®  12).  Superbe  exemplaire,  très-grand 
de  marges.  H.  :  0,147. 

509.  Le  Misantrope,  comédie.  Par  L  B.  P.  De  Molière.  Paris, 
lean  Rihov^  1667.  In- 12,  de  10  ff.  prél.  et  84  pp.;  mar. 
rouge  jans.,  tr.  dor.  {Smeers), 

Contrefaçon  de  l'édition  originale.  Elle  est[rare.  Bel  exemplaire.  H.  :  0,141. 

510.  MONSIEVRDE  PO VRCEAVGNAC, Comédie.  Faite  aCham- 
bord,  pour  le  Diuertissement  du  Roy.  Par  I.  B.  P.  Molière. 
Paris  y  lean  Rihov  ^  1670.  Pet.  in-12;  mar.  rouge,  fil.  à 
fr.,  tr.  dor.  {Ihirii). 

Édition  originale  (Bihl.  moHér.f  n°  19).  C'est  une  des  pièces  de  Molière 
les  plus  rares. 

Bel  exemplaire.  H.  :  0,139. 

5H.  Monsievr  de  Povrceavgnac ,  Comédie.  Faite  à  Chambord, 
pour  le  Divertissement  du  Roy.  Par  L  B.  P.  Molliere 
[sic),  Paris,  Claude  Barbin,  1673.  Pet.  in-12;  mar.  vert, 
fil.  à  comp.,  tr.  àox .  {Lortic) , 

D'après  M.  Lacroix  {Bihl.  moliér.,  n**  169),  .ce  serait  une  édition  pos- 
thume, tandis  qu'au  n**  19,  le  savant  bibliographe  indique,  sous  la  môme 
date  et  chez  le  même  libraire ,  une  autre  édition  qui  serait  la  dernière  pu- 
bliée du  vivant  de  Molière ,  et  n'aurait  pas  les  deux  ff.  prél.  qui  se  trouvent 
dans  l'autre  après  le  f.  de  titre.  Cette  édition  existe-t-elle  réellement?  Celle 
que  nous  décrivons  est  fort  rare ,  et  le  présent  exemplaire  est  très-beau.  H.  : 
0,146  1/2. 

512.  Les  Précievses  ridicvles.  Comédie.  Représentée  av  Pe- 
tit-Bourbon. Jouxte  la  Copie  Imprimée.  Paris,  GvilL  de 
Lajne^  1660.  Pet.  in-12,  de  5  ft\  prél.,  83  pp.  et  2  pp. 
pour  le  privil.  ;  mar.  vert  jans.,  tr.  dor.  {I^rtic). 

Contrefaçon  de  l'édition  originale  de  toute  rareté ,  faite  dans  la  même 
année.  Le  collationnement  de  cet  exemplaire  ne  se  rapporte  pas  à  la  contre- 
façon signalée  par  M.  Lacroix  (BibL  moliér.,  n®  3).  11  est  très-bien  conservé, 
mais  un  peu  rogné  dans  le  bas.  H.  :  0,125. 

513.  Les  Pretieyses  ridicvles  comédie.  Représentée  au  petit 
Bourbon.  INovvellement  mises  en  Vers.  Seconde  Edition. 
Paris,  Estienne  Loyson^   1661.  In- 12,  de    12   (et  non  4)> 


468  BELLES-LETTRES. 

ff.  prél.  et  60  pp.  ;  mar.  orange,  fil.  à  comp.,  tr.  dor. 

{Lortic) . 

Cette  édition ,  indiquée  souvent  comme  étant  la  seconde  de  cette  pièce 
de  Molière ,  n'en  est  qu'une  traduction  en  vers  par  Bodeau  de  Saumaize. 
Très-bel  exemplaire. 

514.  PsicHÉ,  tragedie-ballet.  Pari.  B.  P.  Molière.  Paris,  daucle 
Barbirty  1673.  In-12;  mar.  vert,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.  {Lor^ 

tic) . 

Deuxième  édition  {BibL  moliér,,  n®2i).  Magnifique  exemplaire,  avec 
nombreux  témoins.  H.  :  0,159. 

515.  Sganarelle,  o\  lecocv  imaginaire.  Comédie.  Auecles  Ar- 
gumens  de  chaque  Scène.  ^  Paris,  Chez  Augustin  Courbé^ 
1662.  In- 12;  mar.  rouge  jans.,  tr.  dor. 

Deuxième  édition,  publiée,  sans  la  participation  de  Molière ,  par  le  sieur 
de  Neuf-Villenaine,  auteur  des  arguments  {Bibl.  moliér, ,  n®  4). 

Un  des  exemplaires  rares  qui  offrent  cette  particularité  signalée  par 
M.  Lacroix  que  le  nom  du  sieur  de  Neuf-Villenaine  a  été  remplacé  dans  le 
privilège  par  celui  de  de  Molier.  Il  est  très-beau  et  grand  de  marges  (  H.  : 
0,153),  sauf  qq.  ff.  un  peu  plus  courts  que  les  autres. 

516.  Sganarelle  ou  le  Cocu  imaginaire.  Comédie.  Avec  les  Ar- 
gumens  de  chaque  Scène.  Suii^ant  la  Copie  imprimée^  à  Paris 
\ Amsterdam^  Abr.  fVolfgang^  au  Quœrenao\  1662.  Pet. 
in-12,  de  3  ff.  préi.  et  [\o  pp.  —  La  Cocué  imaginaire.  Co- 
médie (par  Donneau  de  Vizé).  Suwant  la  copie  imprimée  à 
Paris  {ibid.)j  1662.  Pet.  in-12,  de  5  ff.  prél.  et  26  pp.  — 
En  I  vol.;  mar.,  rouge,  fil.,  tr.  dor.  [Cape), 

Le  collationnement  donné  par  M.  Lacroix  pour  la  première  pièce  (J)i6/. 
moliér.,  n<*  4)  paraît  inexact  :  c'est  sans  doute  celui  de  la  seconde,  qui  se 
trouve  généralement  à  la  suite. 

Joli  exemplaire.  H.  :  0,123  1/2. 

517.  SGANARELLE ov le Cocv  imaginaire.  Comédie.  ParL  B.  P. 
MoIier  (sic).  Paris ^  Jean  Biba^j  1666.  Pet.  in-12,  de  /|5 
pp.;  mar.  vert,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.  (^Lortic). 

a  Cette  édition,  dit  M.  P.  Lacroix,  est  probablement  l^édition  originale 
<K  publiée  par  Molière.  »  Elle  est  fort  rare  et  on  en  a  longtemps  ignoré  l'exis- 
tence. 

Exemplaire  relié  sur  brochure  et  non  rogné.  H.  :  0,157. 

518.  LE  SICILIEN,  ov  Tamovr  peintre,  comédie.  Par  I.  B.  P.  de 


MOLIËRE.  169 

Molière.  Paris,  lean  Ribo^f^  1668.  In-12;  mar.  vert,  fil.  à  fr., 
Ir.  dor. 

Édition  originale  [Bihl,  moliér.,  n®  14).  Bel  exemplaire,  non  lavé,  avec  qq. 
taches.  H.  :  0,145 1/2. 

519.  Le  Sicilien.  Comédie  de  Monsievr  deMoUiere.  Paris j  Ni- 
colas  Pepinglé  (sic),  1668.  In-12;  mar.  rouge  jans.,  tr. 
dor.  (Smeers). 

Contrefaçon  de  l'édition  originale.  On  croit  qu'elle  a  été  faite  en  pro- 
vince. Exemplaire  non  lavé.  H.  :  0,140. 

520.  LE  TARTVFFE,  ov  Flrapostevr,  comédie.  Par  1.  B.  P.  de 
Molière.  Imprimé  aux  despens  de  V AuthewTy  et  se  vend  A 
Paris ^  Chez  leanRibos^j  1609.  In-12  ;  mar.  vert,  fil.  à  comp., 
tr.  dor.  {Lortic). 

Édition  originale ,  fort  rare  (Bi6/.  moliér,,  ri®  15).  Bel  exemplaire,  non 
lavé.  H.  :  0,140. 

521.  Le  Tartvffe,  ov  Tlmpostevr,  comédie.  Par  L  B.  P.  de  Mo- 
lière. Paris,  lean  Rihoif^  1669.  Pet.  in-12,  front.;  mar.  vert, 
fil.  à  comp.,  tr.  dor.  (Lortic). 

Seconde  édition.  Bel  exemplaire,  non  lavé.  H.  :  0,141. 

522.  Le  Tartuffe,  ou  Tlmposteur,  Comédie.  Par  I.  B.  P.  Mo- 
lière. Paris,  Claude  Barbin,   1673.  ln-12;  mar.  vert,  fil.  à 

comp.,  tr.  dor.  {Lortic).^ 

Dçrnière  édition  préparée  par  Molière,  mais  publiée  après  sa  mort.  Elle 
est  rare  et  offre  des  variantes.  Bel  exemplaire;  raoc.  au  titre. 

523.  MOLIÈRE.  Les  Plaisirs  de  Tisle  enchantée,  Covrse  de  ba- 
gve.  Collation  ornée  de  Machines ,  Comédie  meslée  de  Danse 
et  de  Musique,  Ballet  du  Palais  d*Alcine,  Feu  d'artifice  : 
Et  autres  Festes  galantes  et  magnifiques;  faites  par  le  Roy  à 
Versailles,  le  7  May  1664.  Et  continuées  plusieurs  autres 
lours.  Â  Paris j  Chez  Robert  Ballard^'\^^[\,  In-fol.,  de  71 
pp.  ch.  pour  les  deux  premières  journées  et  12  pp.  non  ch. 
pour  la  troisième,  avec  9  grandes  grav.  dess.  etgrav.  par 
Isr.  Silvestre;  mar.  rouge,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.  {anc.  reL), 

Édition  non  indiquée  au  Manuel.  «  La  première  journée  se  compose  de 
a  la  course  de  bagues ,  dont  les  vers  sont  de  Benserade.  La  seconde  journée 
a  est  l'édition  originale  de  la  Princesse  (TÈlide,  de  Molière ,  complète ,  avec 
a  ses  intermèdes  et  ses  arguments  (  que  les  éditeurs  en  ont  séparés ,  bien  à 
«  tort,  par  la  suite).  Cette  première  édition  présente  quelques  variantes, 


no  BELLES-LETTRES. 

«  particulièrement  à  la  fin  du  quatrième  acte ,  avec  les  éditions  suinuites. 
«  La  pièce  était  jouée  par  Molière  et  sa  troupe.  La  troisième  JDumée  est 
«  l'édition  originale  du  Palais  (TAldne,  ballet  dont  les  vers  sont  de  Bense- 
«  rade.  Dans  le  récit  de  cette  troisième  journée  on  trouve,  au  recto  du  der- 
cc  nier  feuillet,  le  passage  contenant  un  blâme  adressé  par  le  roi  à  laco- 
((  médie  du  Tartuffe.  Les  planches  de  Silvestre  sont  de  second  état,  avec 
«  son  exeud.  et  le  cum  •privUegio.  Ces  belles  planches  avaient  été  tirées  d'a- 
a  bord  sans  texte ,  avec  ces  mots  :  Isr.  Silvestre  delineavit  et  sculpsit  (Didot, 
«  CataL  raisonné,  N<*  948).  » 

Magnifique  exemplaire ,  aux  armes  de  GOLBERT  sur  les  plats  de  la  re- 
liure ,  et  le  SEUL  CONNU  de  ce  tirage. 


524.  Le  II  Songe  dv||  resveur||.  ^4  Paris j  Chez  Gifillaçme  de 
L\fjruej  i66o.  In-i2,  de  36  pp.;  mar.  rouge  jans.,  tr.  dor. 
[Belz-Niedréé) . 

L'historique  de  cet.  opuscule  se  trouve  en  partie  dans  la  préfiice.  Un 
nommé  Boucher  avait  fait  imprimer,  en  la  même  année  4660,  une  pièce  en 
prose  intitulée  :  /a  Pompe  funèbre  de  Scarron.  Dans  ce  libelle,  Tautear  ano- 
nyme ,  qui  n'était  autre  que  Bodeau  de  Saumaize ,  passait  en  revue  les  au- 
teurs dramatiques  capables  de  concourir  à  l'héritage  du  créateur  du  genre 
burlesque.  Après  avoir  mis  de  côté  d'abord  Corneille  et  ensuite  Molière  lui- 
môme  «  comme  un  boufi'on  trop  sérieux  »,  il  se  décida  dérisoirement  pour 
Bois-Robert. 

C'est  en  réponse  à  cette  boutade  que  l'auteur  inconnu  du  présent  volume, 
le  Songe  du  resveur,  a  imaginé,  en  guise  de  représailles,  cette  bluette  au  milieu 
de  laquelle  il  a  intercalé  des  épigrammes  foudroyants  contre  Saumaize,  épi- 
grammes  qu'il  a  mis  sous  le  nom  de  Quinault,  de  Boyer,  de  Bois-Robert, 
de  Molière  lui-môme,  de  Boileau,  de  Corneille,  de  Furetière,  de  Bense- 
rade ,  etc.  Il  est  hors  de  doute  qu'il  était  en  rapports  intimes  avec  eux  pour 
avoir  osé  mettre  en  avant  leurs  noms,  sans  avoir  encouru  au(5tine  récla- 
mationàcet  égard.  M.  Lacroix  pense  môme  que  ces  épigrammes  appartien. 
nent  bien  à  ceux  dont  elles  portent  le  nom.  La  moitié  du  poème  est  consa- 
crée à  la  défense  de  Molière  contre  Saumaize  qui  y  est  traité  d'une  rude  &çon. 

Ce  volume  est  donc  d'un  grand  intérêt  pour  une  collection  moliéresque. 
M.  Lacroix  l'a  réimprimé  en  1867,  d'après  l'exemplaire  qu'il  croyait  unique 
et  qui  est  conservé  à  la  bibliothèque  de  l'Arsenal  :  il  n'a  appris  que  plus  tard 
l'existence  de  celui-ci. 

525.  L'Apollon  francois ,  ov  L'Abrégé  des  Règles  de  la  Poésie 
Françoise.  Par  L.  L  L.  B.  G.  N.  J  Roiferiy  chez  I^Uen 
Covranty  1674*  In-8;  mar.  rouge,  fiL,  tr.  dor.  {Lortic). 

Les  initiales  désignent  :  Les-Isles-Le-Bas ,  Gentilhomme  normand ,  au- 
teur de  plusieurs  tragédies.  Ce  qui  donne  de  l'importance  à  ce  petit  Tolume 
fort  rare ,  que  M.  Brunet  n'a  cité  que  d'après  le  catalogue  La  Vallière-Nyon, 
c'est  qu'on  y  trouve  un  Sonnet  sur  la  sépulture  de  Jean- Baptiste  PocUn  (sic) 
dit  Molieres  (sic),  Cotnédien,  au  cimetiei^e  des  Momés  (sic),  à  Pcaris,  sonnet 


RACINE.  171 

qui  fait  connaître  les  motifs  pour  lesquels  le  grand  poëte  fut  inhumé  au 
cimetière  de  Saint-Joseph,  réservé  aux  enfants  morts  sans  avoir  reçu  le 
baptême ,  aux  suicidés  et  à  ceux  qui  étaient  décédés  sans  avoir  demandé 
le  secours  de  la  Religion. 

RACINE. 

526.  OEuvres  de  Racine.  A  Paris ^  Chez  Claude  Barbin^  1676. 
3  vol.  gr.  in- 12,  fig.  grav.  par  Chauveau  et  Séb.  Le  Clerc 
d'après  Le  Brun;  mar.  bleu^iil.  à  comp.,  milieu,  tr.  dor. 

{Lortic), 

Précieuse  édition  originale  collective  des  neuf  pièces  représentées  jusqu'à 
cette  date.  La  Phèdre,  annoncée  au  v<*  du  titre  du  t.  II  comme  devant  faire 
partie  du  volume,  n'a  paru  qu'en  1677  et  c'est  cette  édition  originale  qui 
est  jointe  au  présent  exemplaire.  Le  t.  III,  qui  complète  la  collection,  se 
compose  d'Esther  (Denys  Thierry,  1689)  et  d'Athalie  (le  même  1692)  en 
éditions  originales  (figures). 

Superbe  exemplaire,  avec  témoins.  H.  :  0,160. 

527.  OEuvres  de  Racine.  Suwant  la  Copie  impriim'e  A  Paris, 
1678.  2  vol.  pet.  in-i2,  fig.;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor. 
{JSiedrée^, 

Charmante  réimpression  de  l'édition  originale.  Elle  a  été  faite  à  Amster- 
dam ,  par  Wolfgang,  au  Quœrendo,  et  s'arrête  à  la  Phèdre. 
Bel  exemplaire.  H..  :  0,125. 

528.  OEUVRES  de  Racine.  Paris,  Denjs  Thierry,  1697.  ^  ^^1- 
in-i2,  fi'ont.  et  fig.  de  Chauveau;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor. 
{Hardy) . 

Dernière  édition  publiée  du  vivant  de  l'auteur,  et  la  première  qui  con- 
tient Esther  et  Athalie.  Elle  est  rare  et  recherchée. 
Très-bel  exemplaire.  H.  :  0,159  1/2. 

529.  OEUVRES  de  Racine.  Nouvelle  édition.  Augmentée  de 
diverses  Pièces  et  de  Remarques,  etc.  Avec  de  très-belles 
Figures  en  Tailles  douces.  A  Amsterdam  et  à  Leipzig,  chez 
Arkstée  et  Merkus,  1750.  3  vol.  gr.  in-12,  fig.  grav. 
par  Tanjé,  d'après  Du  Bourg;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  (JJe- 
romé). 

Très-bel  exemplaire.  H.  :  0,164. 

530.  Alexandre  le  grand.  Tragédie.  Paris,  Pierre  Trabouillet, 
1672.  In-i2  ;  mar.  bleu,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.  (J^ortic). 

Deuxième  édition.  Très-bel  exemplaire.  H.  :  0,150. 


172  BELLES- LETTRES. 

53i.  ANDROMAQVE.  Tragédie.  A  Paris,  Chez  Claude  Barbm, 
1668.  In-i2  ;  mar.  bleu,  fil.  à  comp.,lr.  dor.  {Lortic). 

Édition  originale.  Bel  exemplaire.  H.:  0,144.  Race,  au  dem.  f.  et  le  titre 
remargé  en  tête. 

532.  ATHALIE,  tragédie,  Tirée  de  l'Ecriture  sainte.  A  Paris, 
Chez  De ny s  Thierry^  1692.  In- 12,  avec  i  grav.;  mar.  bleu, 
fil.  à  comp.jtr.  dor.  {Lortic). 

Édition  originale  in-12.  Très-bel  exemplaire.  H.:  0,158. 

533.  BAJAZET.  Tragédie.  Par  M'  Racine.  Et  se  vend  pour 
Va  ut  heur,  A  Paris  ^  Chez  Pierre  Le  Monnier,  1672.  In- 12; 
mar.  bleu,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.  {Lortic), 

Édition  originale.  Bel  exemplaire.  IL:  0,454.  Qq.  piq.  de  vers  bouchées. 

534.  BERENICE.  Tragédie.  Par  M.  Racine.^  Paris,  Oiez 
Claude  Barbin^  167 1 .  In- 12  ;  mar.  bleu,  fil.  à  corap.,  tr.  dor. 

{Lortic) . 

Édition  originale.  Très-bel  exemplaire.  H.:  0,454.  Qq.  piq.  de  vers  bou- 
chées. 

534  his.  (de  S***  .)  Réponse  à  la  critique  de  Bérénice.  Pa- 
ris, Guillaume  deLujne,  167 1 .  In-12  ;  mar.  bleu, fil.  à  comp., 
tr.  dor.  {Lortic) . 

Très-bel  exemplaire. 

535.  BRITANNICUS  tragédie.  Prt/7>,  Claude  Barbin,  1670.  In- 
12,  de  8  (et  non  7)  ff.  et  80  pp.;  mar.  bleu,  fil.  à  comp., 
tr.  dor.  {Lortic), 

Édition  originale.  H.:  0,442. 

536.  ESTHER.  Tragédie.  Tirée  de  TEscriture  sainte.  A  Paris, 
Chez  Denjrs  Thierry^  1689.  In-4.  —  Chœurs  de  la  tragédie 
d'Esther,  avec  la  musique ,  composée  par  I.  B.  Moreav, 
Maistre  de  Musique  du  Roy.  Pansj  Thierry^  Barbin  et  Bal-- 
lardj  1689.  In-4,  avec  la  belle  grav.  de  Séb.  Le  Clerc,  d'après 
Le  Brun.  —  Athalie.  Tragédie.  Tirée  de  TEcriture sainte.  A 
Paris ^  Chez  Claude Barbin y  1691.  In-4,avec  la  belle  grav.  de 
Mariette  d'après  J.-B.  Corneille.  —  En  i  vol.;  mar.  rouge, 
fil.,  fleurons,  tr.  dor,  {Millier). 

Éditions  originales  en  ce  format.  Superbe  exemplaire  d*A.  Bertin,  parfoite- 
ment  complet. 


RACINE.  173 

537.  ESTHER.  Tragédie.  Tirée  de  FEscrittire  Sainte.  A  Paris ^ 
Citez  Claude  Barbin^  1689.  ï'i"!^?  ^^^c  ^  grav.;  mar.  bleu, 
fil.  à  comp.,  Ir.  dor.  [Lortic). 

Édition  originale  in-i2.  Superbe  exemplaire.  H.:0,15d* 

538.  IPHIGÉNIE.  Tragédie.  Par  M.  Racine.  y4  Paris,  Chez  Claude 
Barbin,    1675.  In-12;    mar.   bleu,  fil.   à  comp.,  tr.   dor. 

[Lortic). 

Édition  originale.  Bel  exemplaire.  H.:  0,153.  Qq.  piq.  de  vers  bouchées. 

539.  MITHRIDATE,  tragédie.  Par  M'  Racine.  À  Paris,  Chez 
Clavde  Barbin,  1673.  In-i2,de  5  ff.  et  81  pp.;  mar.  bleu, 
fil.  à  comp.,  tr.  dor.  [Lortic). 

Édition  originale.  Très-bel  exemplaire.  H.:  0,153.  Qq.  piq.  de  vers  bou- 
chées. 

540.  LES  PLAIDEVRS.  Comédie.  J  Paris,  cfiez  Gabriel  Quinet, 
1669.  In-i2  ;  demi-rel.  de  veau  fauve,  dos  et  coins  {Trautz- 
Bauzonnet). 

Édition  originale,  de  la  plus  grande  rareté.  Exemplaire  un  peu  court. 
H.  :  0,137. 

541.  PHÈDRE  ET  HIPPOLYTE.  Tragédie.  Par  M'  Racine.  A 
Paris,  Chez  lean  RiboUy  1677.  ln-12,  sans  la  grav.j  mar. 
bleu,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.  {Lortic), 

Édition  originale.  Exemplaire  d'une  qualité  exceptionnelle,  relié  sur  bro- 
chure et  non  rogné.  H.:  0,180  1/2.  Légers  race,  au  titre  et  au  dem.  f. 

542.  LA  THEBAYDE  ov  les  frères  ennemis.  Tragédie.  J  Paris, 
Citez  Clui^de Barbirty  1664.  Iii-12;  mar.  bleu,  fil.  àcompart., 
tr.  dor.  [Lortic). 

Édition  originale.  Bel  exemplaire.  H.:  0,147. 


543.  LA  FONTAINE.  L'Eunuque.  Comédie  (imitée  de  Térence). 
Paris,  Chez  Augustin  Courbé^  i654.  In-4;  veau  fauve,  dent., 
tr.  marb.  [Thoui^enin). 

Édition  originale  du  premier  ouvrage  du  grand  poète  dont  le  nom  figure 
dans  le  privilège.  Magnifique  exemplaire,  très-grand  de  marges. 

544.  QUINAULT.  Le  Théâtre  de  M.  Quinault.  Suimnt  la  Copie 
imprimée  A  Paris  (Amsterdam,  avec  le  Quœrendo  d'Abraham 


174  BELLES-LETTRES. 

Wolfgang),  i663.  2  vol.  pet.  in-12,  %.;  mar.  rouge  jans., 
tr.  dor.  (Duru). 

Très-bel  exemplaire  et  bien  plus  complet  que  les  exemplaire  ordinaires.  Il 
contient  : 

T.  L  La  Mort  de  Cyrus  (1662)  ;  —  Le  Mariage  de  Cambise  (4662)  ;  —  Le 
Feint  Alcibiade  (1662)  ;  —  Les  Coups  de  V amour  et  de  la  fortune  (1662)  ;  — 
Amalasonte  (1662);  —  Stratonice  (1662)  ;  —  Astrate,  roy  de  Tyr  (1665);  — 
La  Mère  coquette  ou  les  amans  brouillez  (1666)  ;  —  BelleropJion  (1670). 

T.  n.  La  Comédie  sans  comédie  (1662)  ;  —  Le  Pantosme  amoureux  (1662)  ; 
—  La  Généreuse  ingratitude  (1662)  ;  —  L'Amant  indiscret  ou  le  maistre 
étourdi  (1662)  ;  —  Les  Rivalles  1662)  ;  —  Agrippa  roy  d'Albe  ou  le  Faux  Ti- 
berinus  (1663)  ;  —  Pausanias  (1697) . 

Il  renferme  donc  seize  pièces  au  lieu  de  douze  que  comporte  Tédition  de 
1662. 

545.  REGNARD.  LesOEuvres  de  M.  Regnard.  Bruxelles,  frères 
t'Serstei^ens,  171 1.  2  vol.  in-12;  fig.,  niar.' rouge  jans.,  tr. 
dor.  {Petit). 

Première  édition  du  théâtre  complet  de  Regnard ,  imprimée  en  caract. 
elzéviriens ,  ornée  à  chaque  volume  d'un  frontispice ,  gravé  par  Berterham 
d'après  B.  Picart,  et  d'une  figure  sur  cuivre  à  chaque  pièce. 

Charmant  exemplaire ,  avec  témoins. 

3.   Théâtre  italien  et  espagnol.     . 

546.  DIVIZIO  DA  BIBIENA.  Comedia  di  Bernardo  Divîtio  da 
Bibiena  intitolata  Calandra.  Stampata  in  Venetia  per  Mar- 
chio  Sesstty  m.  d.  xxxiiii  (i534).  ln-8,  de  47  ff»;  ™ar.  rouge, 
fdé,  tr.  dor.  [Niedréè). 

Magnifique  exemplaire  d'une  édition  extrêmement  rare. 

* 

547.  Les  Abvsez,  comédie  faite  à  la  mode  des  anciens  G>naiques, 
premièrement  composée  en  langue  Tuscane,  et  nonunée 
Intronati^  depuys  traduite  en  Françoys  par  Charles  Estienne, 
et  nouuellement  reueue  et  corrigée.  À  Paris ^  par  Estienne 
GroulleaUy  i549.  In- 16,  fig.  s.  bois;  mar.  vert,  comp.,  tr. 
dor.  {Bauzonnet). 

Pièce  fort  rare.  Très-joli  exemplaire,  dans  une  charmante  reliure  avec 
compartiments  dits  à  la  rose.  De  la  bibl.  Brunet(350  fr.). 

548.  ANDREINI.  L'Adamo.  Sacra  rappresentatione  di  Gio.  Bat- 
tista  Andreino  Fiorentino.  Con  priuilegio  acT  instanza  di  Gc- 
ronimo  Bordoni  libraro  in  Milano.  161 3.  In-4,  fig.  s.  cuivre; 
mar.  rouge,   comp.  à   froid,   fleurons,   tr.    dor.  {Hardy). 


ROMANS  DE  CHEVALERIE.  175 

Première  édition  de  ce  poème  dramatique  qui  passe  pour  avoir  fourni  à 
Milton  le  sujet  et  quelques  détails  du  Paradis  perdu.  Les  planches  sont  exé* 
cutées  d'après  les  dessins  de  Cari'  Antonio  Procaccini. 

549.  Celesline  en  la=[|quelle  est  traicte  des  déceptions  des  se- 
ruiteurs  [|  enuers  leurs  inaistres,  ^  des  macqiierelles  en=(|uers 
les  amoureux  trâslate  dytalie  en  frâcois (A  la  fin  :)  Im- 
prime a  Paris  par  Nicolas  cousteau  imprimeur,  tour  Galliot 
du pre,..  Et  fut  acheue  le  pmier  iour  Daoust  Lan  mil  cinq 
cens  vingt  et  sept  (1527).  In-8,  goth.,  fig.  s.  bois;  mar. 
brun,  fil.,  tr.  dor.  [rel,  anqL). 

Traduction  française,  des  plus  curieuses,  de  la  Tragi-comedia  de  Calisto  y 
Melibea  espagnole,  d'après  la  version  italienne. 

550.  CERVANTES  (M.  de).  Ocho  comedias  y  ocho  entrenieses 
nuevos ,  nunca  representados.  Compuestas  por  Miguel  de 
Cervantes  Saavedra,  etc.  ^iïo  161 5.  En  Madrid,  por  la 
viuda  de  Alonso  Martin.  Pet.  in-4j  de  4  ff«  prél.,  267  ff. 
chiff.  plus  I  f.;  mar.  rouge,  fiil.,  tr.  dor.  {anc,  reL). 

Première  édition,  très-rare. 


V.   ROMANS. 
I .   Romans  français . 

A.  Romans  de  chevalerie, 
a.  JntrodiLction. 

551.  (BONNOR,  Honoré  de.)  Larbre  des  batailles.  (A  la  fin  :)... 
imprime  a  paris  le  viii.  io^  de  iuing  Mil.  cccc.  quatre  vlgtz 

():  treize  [i[\qI^)  par  anthoirieverard In-fol.,  goth.,  fig»  s. 

bois;   mar.  vert,  fil.  à  fr.,  doublé  de  mar.  rouge  à  large 
dent.,  tr.  dor.  [Duru). 

Édition  fort  rare  de  ce  beau  livre  dédié  à  Charles  VIIL  Magnifique  exem- 
plaire, couvert  d'une  riche  reliure  :  il  provient  de  la  bibl.  Yemeniz.  H.:  0,253. 
Le  f.  de  titre  et  plusieurs  £f.  à  la  fin  sont  restaurés  dans  les  parties  blanches. 

b.  Romans  du  cycle  de  Charlemagne  et  des  vassaux. 

552.  TURPIN  (pseudo).  Cronique  et  histoire  faicte  et  composée 
par  II  reuerend  père  en  dieu  Turpin  archeues[|que  de  Reims, 
lung  des  pairs  de  fi'àce  ([Contenant  les  prouesses  et  faictz 
darmes  aduenuz  en  son  temps  ||  du  très  magnanime  Roy 


176  BELLES-LETTRES. 

Charles  le  grât,autre-|  met  dit  Charlemai-||gae  :  f  de  8oa  nep- 
ueu  Raoulâd||  Lesquelles  il  redi||gea  ||  comme  copilateur  du- 
dit  œiiure. . .  (A  la  fin  :  )  Imprime  a  Paris  par  maistre  Pierre 
yidouej  pour  hormeste  personne RegnauU  c/iauldiere. . .  Ce  hui- 
tiesme  iour  de  luing  mil  cinq  cens,  xxvii  (iSa^).  In-4,  goth.; 
mar.  vert,  dent.,  doublé  de  tabis,  tr.  dor. 

Édition  ori^ale,  très-précieuse,  de  ce  livre  célèbre  qui  est  une  sorte  de 
roman  de  chevalerie.  Très-bel  exemplaire  provenant  des  doubles  de  la  BibL 
royale. 

S53.  FIERABRAS.  (A  la  fin  :)  Cyjinist Fierahras  Imprime  a  Lyon 
par  Ia(jues  maillet,  Lan  de  ^  grâce  MiL  cccc,  Ixxxix.  (1489). 
Le  xxiiour  de  millet,  Gr.  in-4,  semi-goth.,  fig.  s.  bois  ;  mar. 
violet,  comp.  etornem.  dor.  et  à  froid,  tr.  dor.  {Tliouçenin). 

Édition  rarissime.  Elle  est  très-importante,  car  c'est  la  première  et  la 
seule  parmi  celles  du  XV^  siècle  qui  nous  révèle  le  nom  de  Fauteur  de 
cette  fameuse  compilation  qui  est  pour  la  Suisse  romande  le  plus  ancien  mo- 
nument de  son  histoire  littéraire.  Cet  auteur  s'appelait  Jehan  Bagnton  et 
était  de  Lausanne  :  nom  inconnu  jusqu'ici  dans  les  annales  des  lettres  et  que 
nous  avons  la  bonne  fortune  de  signaler,  croyons-nous,  pour  la  première  fois. 
Nous  avons  donné  plus  haut  quelques  détails  à  ce  sujet,  à  roccasion  d'un 
manuscrit  précieux  de  ce  roman  en  prose  (voir  le  n°  42).  Voir  aussi  aa  n^  dû 
la  description  d'un  manuscrit  de  la  célèbre  chanson  de  geste  de  Fetabros 
d'Alixandre, 

Exemplaire  Yemeniz,  le  seul  qui  paraisse  avoir  passé  en  vente.  RaCc.  au 
bas  du  1er  f. 

5Si.  La  côqste  du  grant[|roy  Charlemaigne  ||  des  espaignes.  Et 
les  vailîjlances  des  douze  pers  de||  France.  Et  aussi  celles  de  [| 
Eierabras  (sic),  (Au  \^  du  dern.  f.  :)  Cy  finist  Fierbras  (sic) 
imprime  a  lyon  près  de  nostre  dame  de  confort  par  Pierre  ma-' 
reschal  Barnabas  Chaussard  imprimeurs  ^  libraires.  Ltm 
de  grâce.  M,  ccccc,  ^  ung  (i5oi).  Le.  xxx.  de  lanuier. 
In-/|,  goth.,  fig.  s.  bois  ;  mar.  rouge,  riches  comp.,  doublé 
de  mar.  vert,  avec  encadrement  de  feuillage  d'or,  tr.  dor. 
(Lortic). 

La  Conqueste  des  Espaignes  n'est  autre  chose  que  le  roman  de  FieraXaui, 
sous  un  nouveau  titre.  Édition  fort  rare. 

Magniûque  exemplaire,  avec  témoins  :  il  a  235  mill.  de  haut.,  tandis  celui 
d'Yemeniz  ne  portait  que  216  mill.  Le  titre,  le  dern.  f.  (blanc)  et  q(i.  coins 
sont  habilement  restaurés. 

355.  MORGANT.  Histoire  de  Morgan t  le  Géant  :  Lequel  avec  ses 
frères  persecutoit  souuent  les  Chresliens...  Paris,  Nicolas . 


ROMANS  DE  CHEVALERIE.  177 

BonfonSj  i584.  In-4>  à  2  col.,  fig.  sur  bois;  mar.  rouge,  fil. 
à  fr.,  tr.  dor.  (Bauzonnet). 

Exemplaire  en  parfaite  condition  provenant  de  la  vente  Yemeniz  (495  fr.). 

556.  OGIER  LE  DANOIS.  Ogier  le  Dannoys  duc  de||dânemar- 
che  :  qui  fut  lùg  ||des  douze  pères  de  france,  lequel  auec 
layde  du  roy  Charlemaigne|| chassa  les  payés  hors  de  Rome... 
(A  la  fin  :)  Imprime  a  Lyon  sur  le  rosne  par  Claude  nourrj ^  dit 
le  Prince.,.  Et  fut acheue  de  imprimer  le  septiestne  iour  du 
moys  de  Nouebre.  Loji  de  grâce  Mil.  ccccc.  xxi^  (i525).  Pel. 
in-fol.,  golh.,  à  longues  lignes ,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  fil.  à 
comp.,  doublé  de  mar.  bleu,  rich.  orn.  int.,  tr.  dor.  [Lortic). 

Édition  bien  imprimée  et  d'une  grande  rareté,  dont  M.  Brunet  ne  cite 
que  l'exemplaire  de  De  Bure,  vendu  2,200fr.  chez  Yemeniz  :  il  avait  247  mill. 
de  haut.  Celui-ci  est  superbe  de  conservation ,  avec  témoins ,  et  porte  250 
mill. 

557.  MILLES  ET  AMYS  [Amis  et  Amiles].  Milles  (c  Amys.  ||  La 
très  ioyeuse  plaisante  ^  re||crealiue  hysloire  des  faitz  gestes 
triûphes^  prouesses  des  très  preux  f  vaillans  cheualiers  Mil 
les  ^  Amys.  Et  de  leurs  enfas,  cestassauoir  Anceaulme  ^  Flo- 
rissel...  (A  la  fin  :)...  nouuellement  imprimer  Lyon  sur  le 
Rosne  par  Oliuier  Arnoullel  ^fut  acheue  le  dernier  iour  de 
Aaoust.  I^an.  mil.  CCCCC.  liij  (i553).  ln-4,  goth.,à  longues 
lignes,  sign.  A-S  par  8,  ï  par  6,  35  lignes  à  la  page,  fig.  s. 
bois;  mar. rouge,  fil.  à  comp.,  doublé  de  mar.  bleu,  tr.  dor. 
{Lortic). 

Édition  non  indiquée  au  Manuel,  et  de  toute  rareté. 
Très-bel  exemplaire,  avec  témoins. 

558.  HUON  DE  BORDEAUX.  Les  gestes  et  faictz  ||  merveilleux 
du  no||ble  Huon  de  Bor-||deaulx  Per  de  France,  Duc  de 
Guyenne,  Nouuellement  rédige  en  bon  (|  Francoys..  A  Paris. 
Pour  Jean  Bonfons.  S.  d.  In-4,  golh.,  à  2  col.,  fig.  s. bois; 
mar.  bleu,  fil.,  tr.  dor.  (Trautz-Bauzonnet). 

Édition  rare.  Bel  exemplaire,  mais  un  peu  court  en  tête.  Race. 

559.  GUERIN  DEMONTGLANE.  Sensuyt  la  tres|Iplaisante  hys- 
toi[|redu  Preux  et ||  vaillant  Guerin  de  Montglaue  {sic)...  (A  la 
fin  :  ) . . .  Nouuellemet  imprimée  a  Paris  pour  lelià  TreppereL . . 
en  la  rue  neufue  nostre  dame  A  lenseigne  de  Lescude  France. 
S.  d.  Pet.  in-4,  goth.,  94  ff.,  sig.  A-V,  38  lign.  à  la  page, 
fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  fil.  à  comp.,  doublé  de  mar.  bleu, 
tr.  dor.  [Lortic) . 

12 


178  BELLES-LETTRES. 

Édition  non  décrite.  Elle  contient  à  la  fin  le  roman  abrégé  de  Girard  de 
Viane.  Maj^^nîfique  exemplaire,  très-pur. 

560.  MEURVIN.  Histoire  dv  prevxet  vaillant  cheualier  Meuruin, 
fils  d'C^er  le  Danois ,  lequel  par  sa  prouesse  conquis!  Hieru- 
salem^  Babilone,  et  plusieurs  aulres  royaumes  sur  les  infi- 
delles.  A  Paris^  par  Nicolas  Bonfons.  S.  d.  (vers  i58o).  In- 
4,  à  2  col.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  fil.  à  compart.,tP.  dor. 
[Kœhler) . 

Roman  rare,  dont  on  ne  connaît  que  trois  éditions. 
Très-bel  exemplaire,  de  la  coll.  Yemeniz  (310  fr.). 

561 .  QUATRE  FILS  AYMON.  Les  quatre]!  filz  aymon.  (A  la  tin  : ) 

C/y  finist  lystoire  du  preux  et  vaillàt  cheualier  [|  regfiault  de 
Montauban,  Imprime  a  lyon  sur  \  le  rosne  par  Claude  nourry, 
Lan  mil  cinq  cens  et  six  (i5o6)  le  seiziesme  iour  daoast,  Gr. 
in-4,  golli.,  à  longues  lignes,  fig.  s.  bois;  mar.  vert,  riches 
compart.,  tr.  dor.  {Cliambolle-Duru). 

Édition  précieuse  ,  non  mentionnée  jusqu'ici  par  les  bibliographes.  Elle 
se  compose  de  139  ff.  non  ch.,  sign.  as  par  cahiers  de  8  if.,  sauf  a  qui  en  a 
quatre  et  s.  sept.  Les  gravures  sur  bois  sont  remarquables  de  composition. 

Magniliquc  exemplaire,  très-gi^and  de  marges,  avec  témoins. 

562.  RENAUD  DE  MONTAUBAN.  Sensuit  la  côqueste  ||  du  tres- 
puissât  em-|]piredeTresbisôde  II  et  de  la  spacieuse asie...  (A 
la  fin  \)Cj  fine,.,  La  Comjuestc.faicle  par  regnault  de  Mon- 
tauban., ,  Nouuellemet  imprime  a  Paris  par  la  vefue  feulehoji 
treperel  demourant  a  la  rue  neufue  noslre  Dame  a  leséigne 
delescude  France,  S.  d.  (de  i52oà  1527).  Pet.  in-4>  goth., 
fig.  s.  bois;  mar.  olive,  fil.  à  fr. ,  doublé  de  mar.  rouge,  dent., 
tr.  dor.  [Kœliler). 

Première  édition,  rarissime.  Exemplaire  du  prince  d'Essling,  Solar  et 
Double,  fort  bien  conservé. 

863.  MABRlAN.Histlioire  II  singulière  f  fort  recreati||ue  GStenât 
la  reste  des  faitz  z  Gestes  des  quatre  filz  ||  Aymon ,  Regnault, 
Allard,  Guichara,  et  le  petit  Rijlcliard.  Et  de  leur  cousin  le 
subtil  Maugis(  lequel  fut  II  pape  de  Rome).  Semblablement  La 
cronicque  ^hYstoi||re  du  cneualeureux  preux ^ redouble  prîce 
Mabrian||Roy  dèHierusalezetdeInde  la  maiour  filz  deyuon|| 
roy  deHierusalè  Lequel  fut  filz  du  vaillâtRegnault  ||de  mon- 
tauban... On  les  vend  a  paris  en  la  grant  salle  du  palajs  : 
au  premier  pillier  En  la  boutique  de  Galliot  du  pre  libraire 
iure  de  Luniuersite,  (A  la  fin  :)  Fin  de  la  Cronicque.,.   Du 


ROMANS  DE  CHEVALERIE.  179 

preux.,.  Mabrian...  Nouuellement  Imprime  a  Paris  par  la- 
ques Njuerd  libraire  ayant  sa  bouticle  ioingnàt  la  Dtniere 
Porte  du  Palays.  S.  d.  (i525).  In-fol.,  goth.,  à  2  col.,  fig. 
s.  bois;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  [anc.  rel.). 

SEUL  EXEMPLAIRE  CONNU  de  la  première  édition  de  ce  roman  de 
chevalerie  important.  C'est  par  erreur  que  M.  Brunet  a  mentionné  un  exem- 
plaire chez  le  prince  d'Essling  :  cet  amateur  n'avait  que  l'édition  de  1530. 

Il  est  fort  bien  conservé  et  grand  de  marges.  Sur  le  titre,  la  signature  de 
Daniel  Dumonstier,  célèbre  peintre  de  portraits  au  XYII^  siècle.  Figures  ma- 
ladroitement coloriées. 

56i.  MAUGIST.  LHistoire  de  Mau||gistDaigreinont||  et  de  Viuian 
son||frere.  En  laquelle  est  contenu  comme  Maugist,  a  laydede 
Oriande  ||la  Feesamye,  alla  en  lisle  de  Boucaut...  A  Paris. 
Pour  la  veufue  lean  Bonfons...  S.  d.  In-4,  goth.,  à  lon- 
gues lignes;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  {Derome). 

Édition  rare.  Exemplaire  de  Girardot  de  Préfond,  d'Héber  et  d'Yemeniz. 
Piqûres  sur  qq.  marges. 

c.  Romans  de  la  Table  ronde  et  des  Amadis. 

565.  SAINT-GRAAL.  Cest  Ihystoire  du|)  sainct  Greaal.  Qui  ||  est 
le  premier  liure  delà  Table  ronde...  (A  la  fin  ;)...  Nouuel- 
lement imprime  a  Paris.  Par  Phelippe  le  noir...  Et  fut  acheue 
le  .xxiiii.  iour  Doctobre  Mil  cinq  cens  vingt  et  troys  (iSsS). 
2  tom.  en  i.vol.  pet.  in-fol.,  goth.,  à  2  col.,  fig.  s.  bois; 
mar.  vert,  riche  dent.,  orn.  sur  les  plats,  tr.  dor.  \anc.  rel.). 

Édition  très-rare.  Il  paraîtrait  que  c'est  la  même  que  celle  de  1516,  dont 
on  aurait  simplement  recomposé  le  commencement  et  la  fin  ;  car  elles  se  rap- 
portent ligne  pour  ligne.  Le  frontispice  gravé  sur  bois  porte  la  croix  de  Lor- 
raine :  il  représente  les  fameuses  aventures  de  Virgile  et  le  Jugement  de  Pa- 
ris, où  ce  dernier  est  remplacé  par  le  roi  François  I^r. 

Ce  superbe  exemplaire  a  appartenu  au  roi  LOUIS  XIV  :  la  reliure  est  par- 
semée de  L  couronnés.  Il  a  été  acquis  au  prix  de  3950  fr.  à  la  troisième  vente 
Techener. 

I 

566.  MERLIN.  Le  premie  [sic)^  [et  le  second]  volume  de  merliu. 
S.  l.  n.  d.  (Paris y  Férard ,  1498)*  2  part,  en  i  vol.  pet. 
in-fol.,  goth.,  à  2  col.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  fil.  à  com- 
part.,  tr.  dor.  (anc.  rel.). 

Première  édition,  fort  rare  et  la  plus  recherchée.  Ces  deux  volumes  con- 
tiennent en  entier  Thistoire  de  Merlin.  Le  troisième,  qui  forme  un  ouvrage 
indépendant,  mais  faisant  suite  à  celui-ci,  renferme  les  Prophéties  de  Merlin. 

Très-bel  exemplaire,  non  lavé. 


180  BELLES-LETTRES. 

367.  PROPHÉTIES  DE  MERUN.  Sensuit  ||  les  pphecies  ||  de  Mer- 
lin  Qui  est  la  tierce  p||tie  et  dernière...  (A  la  fin  :  )  Noimelle- 
meut  imprimées  a  Paris  y  En  la  grant  rue  sainci  lacques.., 
aciieue  dimprimer  le  xxiiii^  iour  de  Décembre  Mil  cimi  ceritz 
,xxviii {i52S).  In-4,  goth.,  à  2  col.;  inar.  rouge,  fil.,  tr.  dor. 
(/Viedrée). 

C'est  le  troisième  volume  de  l'édition  donnée  par  Philippe  le  Noir. 
Très-bel  exemplaire,  avec  témoins. 

568.  LANCELOT  DU  LAC.  Le  premier  [  le  second  et  le  tiers] 
\olume||De  lancelot  du  lac  nouuelleuient  imprime  a  Pa- 
ris***. (A  la  fin  du  t.  P'  :)  Cjfinist  le  premier  volume  de  la 
table  ronde  lancelot  du  lac.  Imprime  a  paris  Lan  mil  quatre 
cens  quatre  vingt z  et  quatorze  (i494)«  ^^  premier  ious  de 
luillet  pour  Anthoine  verard  Libraire  demourant  a  paris. 
(A  la  fin  du  t.  III  :)  Cf  fine  le  derrcnier  volume,..  Imprime 
po^  anthoine  verard..,  3  t.  en  2  vol.  in-fol.,  goth.,  fig.  s. 
bois;  mar.  rouge,  large  dent.,  mors  de  mar.  et  dent.,  tr. 
dor.  {Le^vis). 

Edition  à  45  lignes ,  fort  rare.  Magnifique  exemplaire ,  de  la  coll.  Yeme- 
niz,  adjugé  4400  fr.  à  M.  Quaritch. 

569.  LANCELOT  DU  LAC.  Le  premier  [le  second  et  le  tiers] 
volume  de  Lance|jlol  du  lac  nouuellemêt  ||  imprime  a  paris. 
Mil  cinq  cens  ,xxxiii  (i533).  On  les  vend  a  Paris...  par 
Philippe  le  noir...  (A  la  fin  :)  Cj fine  le  dernier  volume  de  la 
Table  ronde...  Nouuellement  imprime  a  Paris  pour  Phelippe 
le  Noir.,.  3  part,  en  i  vol.  in-fol.,  goth.,  à  2  col.;  mar. 
rouge,  fil.,  fleurs  de  lis,  écu  de  France  en  mosaïque,  dos  à 
petits  fers,  tr.  dor.  {Lortic). 

Édition  très-rare.  Magnifique  exemplaire,  avec  témoins. 

570.  PERCEVAL.  Tresplaisante  et  Re||creatiue  Hystoire  ||  du 
Trespreulx  et  vaillant  Cheuallier  ||  Perceval  le  galloys..,  (A 
la  2®  col.  du  dernier  f.  :)  Fin  du  Romant...  Le  tout  nouuel- 
lement Imprime  a  Paris  j  pour  hônestes  personnes  lelian 
sainct  denys.  et  lehan  long i s.,.  Et  fut  acheue  de  Imprimer 
le  premier  iour  de  Septembre,  Lan  mildnq  cens  tretite  (  1 53o) . 
Pet.  in-fol.,  goth.,  fig.  s.  bois;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  {une. 
rel.). 

Seule  édition  connue  de  ce  roman  en  prose.  Elle  est  rare  et  fort  recherchée. 
Très-bel  exemplaire.  Les  premiers  ff.  sont  courts  en  tôte. 


ROMANS  DE  CHEVALERIE.  18J 

571.  ARTUS  DE  BRETAGNE.  Sensuit  le  preux  ||  cheiialiier 
Art'IJdeBretaigne.  Traictant  de||merueilleux  failz.  Imprime|| 
nouellemêt  a  Paris  en  la  ||rue  neufue  nostre  dame  a  lê||seigne 
de  lescu  de  France,  xxxvj .  (A  la  fin  :). . .  Imprime  nouuellement 
a  Paris  par  ^lain  Lotrian,..  S.  d.  In-4,  goth.,  à  2  col.,  fîg. 
sur  bois;  mar.  rouge,  riches  comp.,  doublé  de  mar.  bleu 
aux  armes  de  France,  Ir.  dor.  (Lortic). 

Édition  fort  rare,  non  indiquée  au  Manuel,  Alain  Lotrian  exerçait  seul  à 
VÊca  de  France  depuis  1532  jusqu'en  1543. 
Superbe  exemplaire,  avec  témoins. 

572.  GIGLAN.  LHystoire  de  Giglà  ||Roy  de  Gallesfilz||  de  mes- 
sire  Gauuaï  ||  et  de  Geoffroy  son  compagnô  tous  deux  che- 
ualiers  de  ||  la  table  Ronde...  Nouuellement  translate  Des- 
paignol  en  Francoys.  Imprime  a  Paris  par  Nicolas  Chrestien 
demourant  en  la  rue  neufue  nostre  Dame  a  lenseigne  de  lescu 
de  France.  S.  d.  In-4>  go^b.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  fil. 
à  comp.,  tr.  dor.  {anc.  relX 

Édition  fort  rare,  non  indiquée  au  Manuel.  Exemplaire  avec  témoins. 
Qq.  taches. 

573.  GYRON  LE  COURTOYS  (par  Hélie  de  Borron).  Auecques 
la  deuise  des  armes  de  tous  les  cheua^||liers  de  la  table  ronde. 
Imprime  a  paris  pour  j4n(hoine  verard.,.  S.  d.  (vers  i5oi). 
Gr.  in-fol.,  goth.,  à  2  col.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  fil  à 
comp.  à  la  Grolier,  doublé  de  mar.  bleu,  dent.,  tr.  dor. 
{Lortic). 

Première  édition,  fort  rare  et  la  plus  recherchée. 

Bel  exemplaire,  mais  avec  le  f.  de  titre  et  le  8^  f.  prél.  (blanc au  v®) 
refaits  en  fac-similé.  D'ailleurs  on  ne  connaît  que  quelques  exemplaires  ab- 
solument complets.  Celui-ci  offre  une  particularité  que  M.  Brunet  a  constatée 
dans  un  des  exemplaires  de  la  Bibl.  nat.  :  les  8  premiers  ff.  du  texte  ainsi 
que  les  ff.  12  et  13  (11  et  12  dans  l'autre)  appartiennent  à  une  autre  édition 
qui  paraît  avoir  été  faite  aussi  par  Vérard,  mais  en  caractères  moins  forts  : 
elle  reproduit  celle-ci  page  pour  page. 

574.  MELIADUS  ||  De  leonnoys...  On  les  vend  a  Faris...  en  la 
boutique  de  Galliot  du  Pre.,,  (A  la  fin  :  )  ...  acheue dimprimer 
a  Paris  le,  xxv^.  iour  du  mojs  de  Nouembre.  Lan  mil  , 
cinq  cens,  xxviii  (iSsS)  (au  verso,  la  marque  de  Galliot  du 
Pre).  In-fol.,  goth.,  à  2  col.;  veau  fauve,  a  riches  compart. 
en  or  et  en  couleurs ,  Ir.  dor.  {Hagué). 

Première  édition,  extrêmement  rare.  Magnifique  exemplaire,  très-grand 
de  marges,  et  couvert  d'une  charmante  reliure  ;  le  dessin  des  plats  est  com- 


«82  BELLES-LETTRES. 

posé  avec  beaucoup  de  goût  dans  le  style  Renaissance.  H.  :  0,322.  Cet  exem- 
plaire avait  appartenu  aux  mêmes  personnages  que  le  manuscrit  des  Aven- 
tures  des  chevaliers  de  la  table  ronde  que  nous  avons  décrit  plus  haut  (n®  44). 
On  y  lit  aussi,  sur  le  titre  et  à  la  fin  du  volume ,  la  signature  et  la  devise 
d'un  amateur  du  XYI^  siècle  ,|  nommé  Sallin,  qui  était  assez  au  courant  des 
romans  de  la  Table  ronde,  à  en  juger  par  quelques  notes  (pi'il  a  mises  sur 
les  marges  de  qq.  ff.  du  commencement.  Le  titre  porte  aussi  la  signature 
d'un  I.  de  Pyochet,  avec  la  devise  :  In  Pace  nom  hostes,  et  enfin  celle  du  mar- 
quis d'Aix  à  la  Serraz.  Le  prologue  de  ce  livre  porte,  en  guise  de  signature, 
Tanagramme  :  Gaing  me  nuy^  que  maître  Sallin  explique  en  ces  termes  : 
Cest  a  dire  Jean  Guagnim, 

575.  TRISTAN.  Les  grandes  ||  proesses  du  tresvaillant,  noble 
et  ex=||ceHent  cheualier  Tristan  fîlzDu  [|  noble  roy  Meliadus 
De  Leon=||noys. ..  Nouuellemet  ini^prime  a  Paris Lan\\  Mil  cinq 
cens  xxxiii  (i533).  (A  la  fin)  :  Nouuellement  imprime...  Le 
dixiesme  ioar  de  Septebre.  2  part,  en  i  vol.  in-foi.,  goth., 
à  2  col.;  mar.  vert,  comp.  à  la  Grolier,  tr.  dor.  (LorUc). 

Édition  donnée  par  Denys  Janot.  Curieux  frontispice  gravé  sur  bois  (voir 
Didot,  Catal.  raisonné^  n°  607). 
Très-bel  exemplaire.  Qq.  race. 

576.  Le  premier  livre  dv  nouueau  Tristan ,  Prince  de  Leonnois, 
chevalier  de  la  table  ronde,  et  d'Ysevlte,  princesse  d'Yr- 
lande,  Royne  de  Cornouaille.  Fait  françoys,  par  lan  Maugin, 
dit  l'Angeuin.. .  ^  Paris,  chez  la  venue  Maurice  de  la  Porie^ 
1554.  In-fol.;  mar.  bleu,  fil.,  tr.  dor.  (Kœhler). 

Première  édition  de  ce  remaniement  dédié  à  Maupas,  abbé  de  Saint 
Jean  de  Laon.  Une  épître  et  une  ode  à  lui  adressées  se  trouvent  au  com- 
mencement du  volume. 

Bel  exemplaire,  sauf  le  dernier  feuillet  restauré.  De  la  coll.  Temeniz. 

577.  ISAIE  LE  TRISTE.  LHistoire  de  Isaie  ||  le  triste  filz  de 
Triljstan  de  leonnoys. . .  (A  la  fin  :)...  nouuellemenl  Imprime  a 
Paris  :  pour  lehan  Bonfons...  S.  d.  Pet.  in-4,  goth.,  à  lon- 
gues lign.,  fig.  s.  bois;  mar.  bleu,  fil.,  tr.  dor.  (Trautz^Bau" 

zonnet). 

Édition  rare,  exécutée  de  1548  à  1572.  Très-bel  exemplaire.  Légers  race. 

578.  CLERIADUS  ET  MELIADICE.  Cy  cômence  le  prologue  du 
liure  de  cleriadus  et  meliadice.  (A  la  fin  :)  Cy  finist  le  ra^ 
mant  ^  cronique  de  Cleriadus  et  Meliadice  fille  au  roy  Q  den-' 
gleterre,  Nouuellemet  imprime  a  Paris  k  huitiesme  iour  de 
may  mil\  quatrecens quatrevingz  (C  quinze  (i495).  Pour  An- 
thoine  verad  (sic)  libraire  demd^rant  sur  le  pont  nostfe  d€une 


ROMANS  DE  CHEVALERIE.  183 

a  limaige  sainct  lehan  leuangeliste . . .  In-fol.,  goth.,  à  lon- 
gues lignes,  de  94  ff.  (le  dernier  coté  xcviij),  fig.  s.  bois; 
peau  de  truie,  riches  compart.  à  petits  fers  à  froid,  tr.  dor.; 
coins  et  fermoirs  en  argent  oxydé;  étui  en  peau  de  truie 
{Trautz-  Bauzonnet). 

Première  édition. 

Exemplaire  UNIQUE,  imprimé  sur  vélin.  Il  est  orné  de  trente-cinq  mi- 
niatures exécutées  par  un  artiste  du  temps.  Les  lettres  initiales  des  chapi- 
tres sont  peintes  en  or  et  en  couleurs.  Il  y  manquait  le  premier  et  le  dernier 
ff.  que  le  relieur  a  remplacés  par  des  ff.  blancs  :  il  est,  en  effet,  très-probable 
que  ces  ff.  étaient  blancs ,  ou  bien  le  premier  contenait  le  titre ,  et  le  der- 
nier, la  marque  de  Vérard,  ce  qu'il  est  impossible  de  vérifier,  car  on  ne  con- 
naît de  ce  beau  livre  même  aucun  exemplaire  sur  papier.  En  tout  cas,  le 
texte  est  bien  complet  et  il  contient  (f»  xxxv),  chose  rare  à  cette  date ,  une 
charmante  chanson  composée  de  neuf  vers,  dont  le  premier  est  : 

Alez  vous  en  mon  désir  amoureux  ! 

C'est  feu  P.  Jannet  qui  a  trouvé  en  1850  ce  livre  précieux,  et  il  Ta  cédé  à 
M.  Yemeniz.  On  se  rappelle  la  grande  bataille  qui  a  été  livrée  en  1867,  à  la 
vente  de  la  riche  collection  du  célèbre  bibliophile  lyonnais ,  pour  la  pos- 
session de  ce  trésor  en  son  genre  :  il  a  été  adyugé  à  M.  Didot  pour  la  somme 
de  dix  mille  francs,  aux  applaudissements  de  la  salle  entière. 


579.  PERCEFOREST.  La  Tresele=||c;ale  Délicieuse  ||  Melliflue  et 
trespiaisante  Hystoire  du. . .  Roy  Perceforest  ||  Roy  de  la  grand 

Rretaigne Nouuellemet  Imprime   a  Paris.   Mil,  v.  ces. 

xxxjl^iS'ii)  (au  bas  du  frontispice  :)  Egidii^s  Gormontii^s. 
(A  la  fin  de  la  &  partie  :)  Cj  fine  le  sixiesme  et  dernier  Vo- 
lume des  anciennes  Crotiicques  de  la  grant  Bretaigne...  Im- 
prime nouuellemenl  a  Paris ^  et  fut  ac lieue  ce  présent  volume 
le.  xmi.  iour  du  moys  de  Décembre^  Mil  cirui  ^^^•^«  •^•^•^'ï 
(i532).  6  lom.  en  2  vol.  pet.  in-fol.,  golli.,  à  2  col.;  mar. 
rouge,  riches  compart.  à  la  Grolier,  doublé  de  mar.  bleu, 
dent,  à  feuillages,  tr.  dor.  (^Lortic). 

Seconde  édition  connue,  fort  rare.  Très-bel  exemplaire,  bien  complet. 
Qq.  race. 


580.  AMADIS  de  GAULE  (les  vingt-quatre  livres).  Lyon,  Chain- 
héry  et  Parisy  iS^S-iGiS.  24  vol.  (dont  3  doubles)  in-i6, 
et  3  vol.  in-8.  —  Le  Thresor  de  tovs  les  livres  d'Amadis  do 


184  BELLES-LETTRES. 

Gaule.  Lyon.  1606,  2  vol.  in- 16.  —  Ensemble  29  vol.;  mar. 
bien  foncé,  fil.,  tr.  dor.  (anc.  rel.). 

Voici  la  composition  de  cet  exemplaire  : 

T.  le»"  :  Lyon,  B.  Rigaud,  1575;  —  t.  II  à  VIII  :  Lyon,  Franc.  Didier, 
1577  ;  —  t.  IX  :  Lyon,  B.  Rigaud,  1575;  —  t.  X  :  Lycm,  F.  Didier,  1577  ;  — 
t.  XI  et  XII  :  Lyon,  B.  Rigaud,  1576;  —  t.  XIII  :  Lyon,  F.  Didier,  1577  ;  — 
t.  XIV  :  Chambéry,  Fr.  Poumar,  1575;  —  t.  XV  et  XVI  :  Lyon,  B.  Bigaud^ 
1577-1578;  —t.  XVII  :  Lyon,  Et.  Michel,  1578;  —  t.  XVIII  :  Lyon,  L.  Clo- 
quemin,  1579;  —  t.  XIX  :  Lyon,  J.  Beraud,  1582;  —  t.  XX  et  XXI  :  lywi, 
L.  Cloquemin,  1581. 

Les  t.  XIII  à  XXI  n'ont  paru  que  dans  le  format  in-16,  et  c'est  avec  ces 
volumes  qu'on  complète  l'édition  in-8  des  douze  premiers  livres. 

Cet  exemplaire  a  en  double  les  volumes  suivants,  complément  nécessaire 
des  précédents  :  le  XVÏ^  livre,  trad.  par  Nie.  de  Montreux,  un  jeune  homme 
de  15  à  16  ans  {Paris,  J.  Poupy,  1577):  volume  le  plus  rare  de  tous;  — 
le  XIX^  livre ,  trad.  par  Jacques  Chariot  {Lyon,  L.  Cloquemin,  1581)  ;  —  te 
XX^  livre,  trad.  par  Jean  Boyron  (Lyon,  A,  Tardif,  1582). 

Les  trois  derniers  livres  de  ce  roman,  qui  n'ont  paru  que  dans  le  format 
in-8,  sont  ici  en  édition  originale  (t.  XXII  :  Paris,  Gilles  Rohinot,  1615; 
—  t.  XXIII  :  Paris,  CL  Rigaud,  1615;  —  t.  XXIV  :  Paris,  G.  Bobinât,  1615). 

Enfin,  un  dernier  complément,  le  Thresor  de  tovs  les  livres  d'Amadis  de 
Gavle..,  (Lyon,  J.-A.  Hngv£tan,  1606,  2  vol.  in-16)  termine  cette  collection 
qu'il  serait  pour  ainsi  dire  impossible  de  se  procurer  aussi  complète,  sur- 
tout en  reliure  ancienne  et  uniforme. 

Cet  exemplaire  aurait  fait  partie  de  la  bibliothèque  de  la  marquise  de  Pom- 
padour.  Il  est  d'une  belle  conservation ,  sauf  un  certain  nombre  de  coins 
race.  Il  provient  de  la  coll.  d'Edward  Vemon  Utterson. 

Le  t.  VII  porte  au  titre  cetle  inscription  à  l'encre  :  Ce  Hure  est  à  Daniel 
Dumonstier  :  c'est  le  célèbre  peintre  de  portraits  au  XVII®  siècle. 

581.  FLORES  DE  GRÈCE.  Histoire  du  tres-vaillant  et  redovte 
dom  Flores  de  Grèce,  svrnomnie  le  chevalier  des  Cignes, 
Second  fils  d'Esplandian,  Empereur  de  Conslâlinopie  :  mise 
en  François  par  le  Seigneur  des  Essars  Nicolas  de  Herberav, 
commissaire  ordinaire  en  Tarlillerie.  Reueuê  et  corrigée  de 
nouueau  outre  les  précédentes  impressions.  Paris^  lean 
Ruelle,  1573.  In-8;  mar.  fauve,  fil.,  comp.  en  mosaïque,  tr. 
dor.  (Cape). 

Édition  non  indiquée  au  Manuel  et  fort  bien  imprimée. 
Très-bel  exemplaire,  avec  témoins. 

582.  OLIVIER  DE  CASTILLE.  Oliuier  de  ||  Castille.  (A  la  fin  :) 
Cy  fine  Ihysloire  de  oliuier  de  castille  Et  de  artus  dalgarbe 
son  loyal  cô\)aignô  Et  de  helajnefille  au  roy  dagleterre  ^  de 
henry  fdz  de  oliuier  q  gras  \fais  darmes  firel  en  leur  téps. 


ROMANS  DE  CHEVALERIE.  185 

Dieu  leur  pardoint^  a  tous  trespassez.  Amen.  S.  1.  n.  d. 
In-fol.,  golh.,  à  longues  lign.,  fig.  s.  bois;  niar.  rouge,  dou- 
blé de  mar.  rouge,  riche  dentelle  int.,  tr.  dor.  (Trautz-Bau- 
zonnet). 

«  Il  est  dit  dans  le  prologue  que  maistre  Loys  Garbin  (dit  Gruise),  citoyen 
«  et  imprimeur  de  Genesue^  a  été  sollicité  d'imprimer  ce  roman.  Les  carac- 
«  tères  sont,  en  effet,  ceux  des  Sept  Sages  de  Rome,  imprimés  par  lui  en 
a  1492  (Didot,  Catal  raisonné,  n<»  319)  ». 

Exemplaire  UNIQUE,  de  toute  beauté,  avec  témoins  et  non  lavé. 

583.  PALMERIN  D'OLIVE.  L'histoire  de  Palmerin  d'Oliue,  filz 
du  roy  Florendos  de  Macedone,  et  de  la  belle  Griane...  tra- 
duit iadis  par  vn  Auteur  incertain  de  Castillan  en  Françoys, 
mis  en  lumière  et  en  son  entier,  selon  noslre  vulgaire,  par 
lan  Maugin,  dit  le  petit  Angeuin.  A  Paris,  pour  Flncent  Ser- 
tenus.. .  i553.  (A  la  fin  :)  Nouuellement  imprimé  à  Paris  par 
Est.  GroulieaUy  pour  luy^  lean  Longis  et  Vincent  S er tenus  Li- 
braires. In-fol. ,  fig.  s.  bois;  veau  fauve,  fil.  à  compart.,  tr. 
dor.  [Bauzonnei). 

Curieuses  figures  sur  bois  ;  le  dessin  de  plusieurs  est  attribué  à  Jean 
Cousin. 

Très-bel  exemplaire,  réglé. 

584.  PALMERIN  D'ANGLETERRE.  Le  premier  [et  le  second] 
livre  dv  prevx,  vaillant  et  tresvictorievx  chevalier  Palmerin 
d'Angleterre,  filz  dv  roy  dom  Edoard...  Traduit  de  Castillan 
en  François  par  maistre  Jacques  Vincent,  du  Crest  Arnauld 
en  Dauphiné...  A  Lyon^  par  Thibauld  Pajen^  m.  d.  lui 
(i553).  2  part,  en  i  vol.  in-fol.;  veau  fauve,  riches  com- 
part. à  la  Grolier,  tr.  dor.  [Hagué). 

Première  édition.  Magnifique  exemplaire,  très-grand  de  marges.  H.  : 
0,329;  celui  de  M.  Yemeniz  ne  comportait  que  315  mili. 

d.  Rcymans  de  Rome  la  Grant,  ou  de  V Antiquité. 

585.  JASON  ET  MÉDEE.  Cest  Ihystoire  du  preux  ||  et  vaillant 
cheualier  Ja=|  son  filz  au  noble  roy  Eson  roy  de  Thebes,  et 

de  samye  Medee...  (A  la  fin  :) Nouuellement  imprime  a 

Paris  par  Alain  Lotrian...  S.  d.  (entre  i532  et  i543).In-4> 
golh.,  fig.  s.  bois;  mar.  vert,  fil.  à  fr.,  Ir.  dor.  {Cape). 

L'auteur  de  ce  roman  est  Raoul  Le  Fèfre ,  dont  le  style  a  été  retouché 
dans  la  présente  édition. 
U.    Exemplaire  Yemeniz,  avec  témoins. 


186  BELLES-LETTRES. 

386.  TROIE  LA  GRANDE.  Le  recueil  des  hystoires  deTroye.  || 
Le  premier  volume  du  recueil  des||  stoires  (sic)  et  singulari- 
tez deTroye  la  grande...  \jq  tout  côpose  par  excellét  hysto- 
riographe...  Raoul  le  feure...  chapellain  de...  monseigneur 
Philippe  duc  de  Bourgoigne.  (A  la  fin  :)  Finist  le  recueil,.. 
Imprime  a  Lyon  par  Anthoine  du  Ry^  le  second  iour  de  Dé- 
cembre. Lan  mil  cinq  cens  vingt  x  neuf  [1^20^.  2  parties  en 
I  vol.  pet.  in-fol.,  golh.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  corop.  à 
froid,  fil.,  tr.  dor.  (Ouru). 

Très-bel  exemplaire  de  cette  édition  rare,  ornée  de  curieuses  figures  sur 
bois.  Qq.  race. 

587.  FLORIMQ\T.  Hystoire  (C  ancienne  ||  Cronicque  de  lexcel- 
lent  roy  Florimot  filz  du  noble  Ma||taqgas  duc  Dalbanie. . . 

(A  la  fin  :)  nouuellement  imprimée  pour  Jehan  longis...  et 

fut  acheuee  dimprimer  le  vingtiesme  iour  Dauril .  Lan  mil 
cinq  cens  vingt  huyt  (iSaS).  In-4,  goth.,  fig.  s.  bois;  mar, 
brun,  fil.  àcompart.,  tr.  dor. 

Première  et  rare  édition  d'un  des  plus  rares  romans  de  chevalerie. 
Très-bel  exemplaire,  provenant  de  De  Bure,  Morel  de  Vindé  et  Yemeniz. 

588.  ALEXANDRE  LE  GRAND.  ICy  cômence  lhystoi=:||re  du 
très  vaillât  no(|ble  preux  et  hardy  |1  roy  Alixâdre  le  grât  ||  ia- 
disroy  ^  seigneur  de  tout  le  monde...  (A  la  fin  :)  ..nouoelle- 
niet  imprime  a  Lyon  sur  le  rosne  par  Oliuier  Arnoullct.  S.  d. 
In-4,  goth.,  à  longues  lignes,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  fil.  à 
riches  compart.,  doublé  de  mar.  bleu,  orn.  intér.,  tr.  dor, 
[Lortic) . 

Magnifique  exemplaire  d'une  édition  extrêmement  rare. 

589.  JUDAS  MACHA  BÉE.  Les  excelléles  magnifiques  et  trium- 
phan|]tes  croniques.  des  treslouables  et  moult  vertueux  faietz 
de  la  saincte  hystoire  de  bible  du  tres||preux  et  valeureux 
prince  ludas  machabeus  vng  des  .ix.  preux  tresuaillant  iuif. .. 
(Au  r°  du  dern.  f.  :)...  Imprime  a  Paris,,,  pour  Anthoine 
bon  mère  Imprimeur,,,  ^  acomply  ou  moys  Daotist.  Lan  de 
Salut  Mil  cinq  Cens  et  ,xiiii,  (i5i4).  Pet.  in-foL,  goth.,  fig. 
s.  bois;  mar.  La  Vallière,  compart.  à  froid,  tr.  dor.  {Bau-' 
zonnel). 

Première  édition,  rare,  ornée  de  figures  siir  bois  remarquables. 
Exemplaire  Cigongne ,  très-grand  de  marges.  Race,  aux  premiers  ff. 

590.  (DESTRUCnON  DE  JERUSALEM.)  .V.  /.  n.  d.  {Lyon, 
Guillaume  Le  Roy  ^  vers  i48o).  In-fol.,   goth.,  ff.  nonch., 


ROMANS  DE  CHEVALERIE.  187 

sîgn.  a-eij,  à  24  et  25  lignes  par  page  entière;  mar.  rouge, 
fil.,  tr.  dor.  [Padeloup). 

Édition  imprimée  avec  les  caractères  du  Doctrinal  du  temps  de  Michault. 
Le  présent  exemplaire  est  incomplet  des  ff.  a  et  dii,  mais  il  est  le  SEUL 
CONNU.  Grand  de  marges  ;  celle  du  bas  du  dem.  f.  est  rapportée.  Race. 

591 .  LES  SEPT  SAGES  DE  ROME.  Les  sept  sages  de  Rome.  (  A  la 
fin  :  )  C^  fînist  le  présent  Hure  des  sept  \\  Sages  de  Romme, 
Imprime  a  Gé^neue.  Lan  M.CCCC.XCiiii  (i494)-  Le  \\  xxj  iour 
de  lullet.  Dieu  en  soit  loue.  ||  Amen.  In-foi.,  goth.,  de  5^ 
ff.  (le  dem.  blanc),  fig.  s.  bois;  veau  fauve,  compart.  en 
or  et  en  couleurs,  tr.  dor.  et  cis.  {Hagué). 

L'une  des  premières  éditions.  Elle  est  ornée  de  50  gravures  sur  bois  des 
plus  intéressantes  (voir  Didot,  Cotai,  raisonné,  n®  320). 

Superbe  exemplaire ,  très-grand  de  marges ,  et  L'UN  DES  DEUX  CON- 
NUS :  le  second  est  à  la  bibl.  de  l'Arsenal.  Qq.  race. 

592.  (LES  NEUF  PREUX.  )  (  A  la  fin  :  )  Cjfine  le  Hure  intitule  le 
trium=^\]f)he  des  neuf  preux...  Et  \\  a  este  imprime  en  la  ville 
dabbeuil==\\le  par  Pierre  gerard  et  finy  le  penut^time  iour  de 
maj  lan  mil.  quatre  cj  quatre  i'ingtz  sept  (1487).  Pet. 
in-fol.,  goth.,  à:;^  col.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  riches  com- 
part. en  mosaïque,  doublé  de  mar.  bleu  à  comp.  en  mo- 
saïque, tr.  dor.  et  cis;  étui  de  mar.  La  Vallière  (Lortic). 

Première  édition ,  extrêmement  rare.  C'est  le  troisième  livre  imprimé  à 
Abbeville. 

Magnifique  exemplaire ,  dans  une  superbe  reliure. 

593.  Les  neuf  preux  :  ||  Nouuellement  imprime  a  Paris.  (A  la 
fin  :  )  Imprime  a  Paris  par  Michel  le  noir...  Et  fut  acheue  le 
troiziesme  lourde  décembre.  Lan  mil  cinq  cens  ^  sept.  (iSo-y). 
In-fol.,  goth.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  (anc. 
rel.) . 

Seconde  édition  connue  et  presque  aussi  rare  que  la  précédente  d'Abbe- 
ville.  Très-bel  exemplaire,  de  la  bibl.  Cigongne.  Les  ff.  Oiiii  et  Riiii  sont 
transposés. 

594.  LES  TROIS  GRANDS.  Les  troys  grans.  (A  la  fin  :)  Cr 
fnent  les  troy^s  grans.  Cestassauoir  \\  Alexandre.  Pompée,  et 
Charlemaigne .  S.  1.  n.  d.  In-4,  goth.,  fig.  s.  bois;  mar. 
rouge,  fil.,  doublé  de  mar.  bleu  à  riche  dentelle,  tr.  dor. 
(  Trautz-Bauzonnet). 

Seule  édition  connue  de  ce  roman.  Exemplaire  UNIQUE  et  très-beau , 
sauf  qq.  race.  Charmante  reliure.  De  la  coll.  Yemeniz. 


188  BELLES-LETTRES. 


e.  Romans  d'aventures. 

595.  GÉRARD  DENEVERS.  Lhistoire  de  tres=||  noble  et  cheua- 
lereux  ||  prïce  Gerad  (sic)  cote  ||  de  neuers  ^  de  relhel  ^  de 
la  II  vertueuse  et  très  ||  chaste  prïcesse  euriant  de  sauoye  sa 
mye  (auKlessous,  la  marque  de  Hemon  le  Fevre).  (A.  la  fin  :) .. . 
Noullement  (sic)  Iprime  a  Paris  Le  .xxiij^  De  may.  M.  ccccc. 
XX.  (i52o).  Pour  Hemon  le  Feure...  In-4,  golh.,  fig.  s.  boîs; 
mar.  rouge  du  Levant,  fil.  àfr.,  doublé  de  mar.  bleu  doré 
en  plein  à  petits  fers,  tr.  dor.  [Bauzonnet-Trautz). 

Première  édition  connue.  Elle  est  de  toute  rareté  et  M.  Brunet  n'en  cite 
que  le  présent  exemplaire  qui  provient  de  la  coll.  Solar.  Un  certain  nombre 
de  ff.  soit  remargés.  La  dorure  des  plats  intérieurs  Qst  d'une  grande  richesse. 

596.  CLAMADES.  (Au  r°  du  dern.  f.  :)  Cy  finist  clamades  Hure 
tresexcellent  ^  pi^teux  Imprime  a  Vienne  par  maistre  pierre 
\schenck,  S.  d.'In-4,  golh.,  à  longues  lignes;  mar.  vert,  fil. 
a  compart.,  Ir.  dor.  [Dura). 

SEUL  EXEMPLAIRE  CONNU  de  cette  édition ,  mais  incomplet  du  feuil- 
let de  titre  et  du  cahier  d  tout  entier  composé  de  8  ff.  Une  figure  sur  bois 
au  vo  du  dem.  f.  De  la  coll.  Yemeniz.  Qq.  race. 

597.  VALENTIN  ET  ORSON.  Lhystoire  des  deux  nobles  et  vail=- 
lans  cheualiers  Valenlin  ^  Orson  enfans  de  lempereur  de 
Grèce  et  ne  ||  pueux  au  treschrestiê  roy  de  frâce  Pépin... 
(A  la  fin  :)...  Imprime  a  Lyon  p  OUiuier  Arnoullet  Lan 
Mil.  ccccc.  xxxix  (iSSg)  (^  le  xxj  de  Apuril.  In -4,  golh., 
fig.  s.  bois;  mar.  La  Vallière,  riches  comp.  à  la  Grolier,  tr. 
dor.  {Hagué). 

Édition  extrêmement  rare.  Exemplaire  avec  témoins.  Une  piqûre  de  vers 
non  bouchée,  et  une  autre  mal  raccommodée. 

598.  ROBERT  LE  DIABLE.  LA  lerrbile  (.w)  et  mer=^||ueilleuse 
vie  de  Robert  le  Dyable  ||filz  du  duc  Haubert  de  Normadie. 

Ï  Lequel  en  son  cômencemêt  estoit  très  maul=uais  :  et  après 
ùt  nomme  homme  de  Dieu.  (A  la  fin  :)...  Imprime  nouuel- 
lement  a  Lyon  :  par  lean  Canterel  dit  Motin^  en  la  maison  de 
feu  Barnabe  Cfiaussard  : . . ,  i545.  Pet.  in-4,  golh.,  fig.  sur 
bois;  mar.  orange,  compart.  en  or  et  à  fr.,  tr.  dor.  {Du- 
ru-Ctiambolle). 

Édition  de  toute  rareté ,  non  indiquée  au  MantieL  Très-bel  exemplaire , 
avec  témoins. 


ROMANS  DE  CHEVALERIE.  189 

599.  GUILLAUME  DE  PALERME.  Lhystoire  du  noble  et  preulx 
vaillant  cheualier  Guillaunie  de  Palerne  [sic)^deh  belle Me- 
lior...  (A  la  fin  :)  Imprime  nouuellement  a  Lyon,  Le  viij  de 
luing  Mille,  ccccc.  et  lij  [i 552) par  Oliuier  Arnoullet,  Pet. 
m-4j  go^h.,  fig.  s.  bois,  mar.  brun;  comp.  à  froid,  tr. 
dor.  {purU'Chambollé), 

Première  édition  connue,  de  toute  rareté.  M.  Brunet  ne  cite  que  l'exem- 
plaire de  la  bibl.  de  l'Arsenal.  Celui-ci  est  très-beau ,  mais  a  le  titre  refait 
en  fac-similé. 

600.  HUGUES  CAPET.  Ein  lieplichs  lesen  vnd  ein||warhamige 
Hyslorij  wie||einer  (d'  da  hiesz  Hug  Schapler  vn  wz  metz- 
gers  gschlecht)  ein  gewalliger  kùng||zu  Franckrich  ward... 
(A  la  fin  :  )  In  dem  iar  M,  Vc . .  disz  bûcchlin  getnïckt  vmi 
seliglichen  geendet  durch  Huns  GriXningern  in  der  kaiserli- 
chen  frjen  Statl  Strasburg  (i5oo).  In-fol.,  goth.,  fig.  s. 
bois;  mar.  lie  de  vin  ,  fil.,  orneni.  en  mosaïque  sur  les  plats, 
tr.  dor.  [Lortic). 

Le  texle  original  de  la  chanson  de  geste  de  Eugues  Capet^  composée  vers 
1340,  n'a  été  publiée  que  de  nos  jours,  par  le  marquis  de  La  Grange  (Paris, 
1864,  in-16),  d'après  le  seul  manuscrit  connu.  Il  n'en  existe  aucune  traduction 
en  prose  française,  mais  a  été  traduit  en  prose  allemande  vers  1440,  par  Eli- 
sabeth de  Lorraine ,  comtesse  de  Vaudemont,  mariée  au  comte  de  Nassau- 
Saarbruck.  L'édition  ci-dessus  est  la  première  de  cette  traduction  publiée  par 
Conrad  Heindôi-ffer.  Elle  est  ornée  de  36  grandes  figures  sur  bois,  et  les 
exemplaires  en  sont  presque  introuvables.  Celui-ci  est  magnifique  et  avec 
témoins. 

601 .  MELUSINE  nouuelle||mêt  corrigée  et  im-||primee  a  paris 
Par  pierre  le  Caron-(|  (au-dessous,  la  marquede  Jehan  Petit). 
(A  la  fin  :)  Cj  jiniu  Ijsloire  de  melusine  nouuellement  Im- 
primée  a  Paris  par  Pierre  le  Caron  Demeurant  en  la  rue  de 
la  iuj-rie.^.S.  d.  (vers  il\g5),  In-fol.,  golh.,  à  longues  lignes, 
fig.  s.  bois;  cuir  de  Russie,  fil.,  tr.  dor.  [Trautz-Bauzonnet). 

Édition  fort  rare  de  ce  roman  dû  à  la  plume  de  Jean  d'Arras. 
Exemplaire  grand  de  marges.  Piq.  de  vers  race,  et  le  dem.  f.  remargé. 

602.  (MÈLUSINA.)  Das  abenteiirlich  bûch  beweisetvns  vo||einer 
frawen  gênant  Melusina...  (A  la  fin  :)  Getruckt  vnd  vollendt 
von  loliannibàmlerzu  Augspurg,.,Annodiii  M.  CCCC.  LXXX. 
iar  (i48o).  In-fol.,  'goth.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  riche 
dent.,  tr.  dor.  [reU  angl.). 

«  Édition  non  citée  au  Manuel  de  ce  roman  de  chevalerie.  Les  gravures 


i90  BELLES-LETTRES. 

a  sur  bois  sont  singulières  par  leur  rudesse  et  leur  extrême  archaïsme.  Elles 
«  sont  exécutées  dans  la  manière  des  xylographes  primitifs  (Didot ,  Catal. 
a  raisonné,  n»  10).  » 

Cette  traduction  a  été  faite  sur  l'original  français  par  Thûring  von  Ring- 
geltingen.  Magnifique  exemplaire ,  très-grand  de  marges. 

603.  GEOFFROY  A  LA  GRAND  DENT.  Sensuyt  les  failz  et 
gestes  des  ||  nobles  coquestes  de  Geoffroy  a[|  la  grât  dêt  sei- 
gneur de  Lusignen  (sic)  \\  ^  sixiesme  filz  de  Raymondin  côjjte 
dudict  lieu  Z  de  Melusine.  (A  la  fin  :)  Imprime  a  Lyon  sur  le 
Rosne  près  nostre  dame  de  côfort  par  Oliuier  Arnoullet.  Le, 
xxi^.  de  Octobre.  Mil.  CCCCC.  xlix  (i549).  ^""4^  g^th.,  fig. 
s.  bois;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  {aux  armes  de  Marlbo- 
rough). 

La  plus  ancienne  édition  connue  de  ce  roman.  Elle  est  de  toute  rareté.  Le 
héros  du  roman  est  Geoffroy  II  de  Lusignan,  fils  de  Geoffroy  I®'  et  d*Eustache 
Chabot.  D'après  la  légende,  il  aurait  été  fils  de  la  fée  Melusine.  C'était  un 
fameux  guerrier  du  milieu  du  XlIIe  siècle;  il  eut  môme  l'audace  de  se  mettrç 
en  révolte  contre  le  roi  saint  Louis. 

604.  BAUDOUIN  DE  FLANDRES.  (Au  r°  du  5^  f.:)  Cy  com- 
mence  le  Hure || de  baudoyn  conte  de  flan|ldres  Et  de  ferrant 
filz  au  [|  roy  de  porlingal  qui  après  ||  fut  conte  de  flandres. 
(A  la  fin  :) . . .  Impresse  a  lion  sur  le  rosne  &  fini  le  douzeiesme 
iour  du  moys  de  nouembre  là  courant  mil  iiii  cens  Ixxviii 
(1478)  (par  Bar  th.  Buy  er).  Pet.  in-fol.,  gotli.,  à  2col.;  mar. 
rouge,  riches  compart.,  doublé  de  mar.  bleu,  avec  riches 
orn.  aux  angles  et  au  centre,  tr.  dor.  {Lortic), 

Première  édition.  Magnifique  exemplaire,  réglé.  Piq.  devers  race. 

605.  PARIS  ET  VIENNE.  Paris  et  la  belle  ||  Uienne.  (A  là  fm  :  ) 
Cj finis t  Ihjstoire  du  [tresualllat  cheualier  Paris  et  de  la  belle 
Vienne  fille  du  daulphin  de  viennq/s...  Imprimée  a  Lyd  sur 
le  rosne  par  Claude  nourry  alias  le  prince.  Le.  xxvi.  iour  de 
Auril.  Lan. M.  CCCCC.  & xx.{\^i6).\xi-l\'i  goth.,fig. s. bois; 
mar.  bleu,  comp.,  tr.  dor.  {Bauzonnet). 

Édition  extrêmement  rare.  Exemplaire  d'Armand  Bertin,  Tun  des  deux 
que  signale  le  Manuel.  Race. 

606.  IROIS  FILS  DE  ROIS.  Sensuit  le  Hure  des  ||  trois  filz  de 
Roys  II  cest  assauoir  de  fra==||ce,  ||  dangle terre,  et  descosse  , 
lesquelz  en  leur  ieu^|nesse  pour  la  foy  crestiêne  eurêt  de 
glorieuses  vi||ctoires  sur  les  turczau  seruice  du  roy  de  cecille 
Il  leql  fut  fait  après  vng  des  lecteurs  de  lempire.  (A  la  fin:)..« 


ROMANS   DE  CHEVALERIE.  191 

Imprime  nouuellé^ment  a  Paris  par  Alain  Lotria  Imprf^meur 
et  libraire  demouraten  la  rue  neuf^ue  nostrè  dame  a  leseigne  de 
lescud*  Frace.  S.  d.  (entre  i532  et  i54o).  In-4,  goth.,  fig. 
s.  bois;  mar.  rouge,  fil.,  orneni.  ettr.  dor.  {anc.  reL). 

Édition  de  toute  rareté,  non  indiquée  au  Manuel. 
Très-bel  exemplaire.  Les  figures  sont  coloriées. 

607.  FLORENT  ET  LYON  enfans||  de  lempereur  de  romme.  || 
X.  ca.  (au-dessous,  une  grande  grav.  s.  Dois).  (A  la  fin  :)  Cj 
finist  Ihistoire  de  Florent  et  Lyon.  Nouuellemet  ||  imprime  a 
Paris  en  la  rue^Neufue  nostre  Dame  a  len\\seigne  de  lescu  de 
France,  In-4,  goth.,  à  2  col.  de  39  lignes  à  la  page,  de  42 
ff.,fig.  s.  bois;  mar.  rouge  jans.,  doublé  de  mar.  rouge, 
doré  en  plein  à  petits  fers,  tr.  dor.  {Cape). 

Première  édition ,  non  citée  au  Manuel  et  rarissime.  Elle  est  sortie  des 
presses  d*Alain  Lotrian,  vers  1532-40. 
Magnifique  exemplaire,  avec  témoins. 

608.  HÉLÈNE  DE  CONSTANTINOPLE.  Le  Romant  de  la  [j  belle 
Helaine  de  ||  Constantinople  ||  Mère  de  Sainct  Martin  de 
Tours  en  Touraine,  p  de  Saint  Brice  ||  son  Frère.  XL  Ca.  A 
Paris.  Chez  Simon  Caluarin^  rue  Sainct  lacques  a  lenseigne 
de  la  Rose  blanche  couronnée.  S.  d.  In-4,  goth.,  à  2  col.; 
mar.  vert,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.]  {Trautz-Bauzonnct). 

La  date  de  cette  édition  fort  rare  se  rapporte  à  l'intervalle  compris  entre 
1553  et  1593. 

Exemplaire  réglé,  grand  de  marges.  Qq.  race.  De  la  bibl.  Yemeniz. 

609.  BERINUS.  Sensuyt  la  descripl||ion  en  forme  de  ro=||mât 
de  Ihystoire  du  ||  noble  cheuallier  Berinus.  Et  du  vaillant ,  et 
très  II  cheualereux  chàpion  Aygres  de  laymant  son  filz||... 
Nouuellemet  réduit  de  langaige  incôgneu  au  vulgaire  lan- 
gage firâcoys...  (A  la  fin  :)...  Imprime  nouuellemet  a  paris 
pleha  lannot  (sic)...  In-4,  goth.,  à  2  col., fig.  s.  bois;  mar. 
bleu,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  {Niedrée). 

On  apprend  par  le  privilège ,  imprimé  au  verso  du  frontispice,  que  ce 
livre  a  été  achevé  le  18  décembre  1521.  C'est  la  plus  ancienne  édition  de  ce 
roman.  Le  Manuel  n'en  cite  aucune  adjudication. 

Exemplaire  Yemeniz.  Le  dern.  f.  est  réparé. 

610.  LE  CHEVALIER  DORÉ.  La  plaisante  et  amoureuse  his- 
toire du  cheuallier  dore,  et  de  la  pucelle  surnommée  cueur 
dacier.  (A  la  fin  :)..  nouuellement  imprimée  MDXLII  (i542). 


192  BELLES-LETTRES. 

Pet.  in-8,  lettres  rondes;  fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  fil. , dou- 
blé de  mar.  bleu ,  dent.,  tr.  dor.  (^Trautz-Bauzonnet). 

Édition  rare  de  ce  roman  qui  n'est  qu'un  épisode  de  celui  de  Perceforest. 
Exemplaire  Yemeniz,  couvert  d'une  élégante  reliure. 

6ii.  PIERRE  DE  PROVENCE.  Au  nom  de  nostre  ||  seigneur 
ihûcrist  cy  conmence  listoi||redu  vaillant  cheualier  ||  pierres 
filz  du  conte  de  ||prouence  et  de  la  belle  ||  maguelonne...  Et 
fut  II  mis  en  cestui  lâgage  lan  ||  mil  CCCC  Ijjj  en  lama||niere 
qui  sensuit  (par  Bernard  de  Treviers).  (A  la  fin  :)  Cjrfinist  le 
liun  &  lyê^oire  de  pierre  filz  du  cd\te  de  prouece  S' de  la  bel\\le 
fïiagueloruie  fille  du  ^rof  de  naples,  Dec  gracias.  S.  1.  n.  d. 
In-fol.,  golh., à  2  col.;  mar.  rouge,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  {Duru)d 

Édition  imprimée  avec  les  caractères  dont  s'est  servi  Bart.  Buyer  à  Lyon 
vers  1478. 

UNIQUE  exemplaire  complet,  provenant  des  bibl.  du  prince  d'Essling  et 
d'Yemeniz.  Il  est  ma^ifîque  de  grandeur  et  de  conservation  ;  les  deux  dern.  ff. 
réparés  dans  les  marges. 

6i2.  La  belle  Maguelonne.  (A  la  fin  :)  Cy  finist  le  Hure  et  hjstoire 
de  Pierre  filz  du  conte  de  Prouence,  et  de  la  belle  Mague- 
lonne fille  du  rojrde  Naples.  Imprime  a  Rouen,  par  Richard 
Goupil.  Pour  Michel  Angier  LibraJre  &  relieur  de  luniuersite 
de  Caen^  demourani  audit  lieu...  Pour  lehan  Mace  libraire  : 
demouranl  a  Rennes^...  Et  pour  Richard  Mace  :  demeurant  a 
Rouen...  S.  d.  (vers  i53o).Pet.  in-4,  goth.;  mar.  vert,  fil., 
riche  dent.,  Ir.  dor.  {Hauzonnet). 

Édition  extrêmement  rare.  Exemplaire  d'Armand  Bertin.  Très-pur. 

613.  GUERIN  MESQUIN.  Le  premier  liure de  Guerin  Mesquin.  || 
La  tresioyeuse  plaisan||te  z  recreatiue  liystoire  des  faitz,  ges- 
tes, triumphes  ||  X  prouesses  du  très  preulx  z  vaillat  cheua- 
lier Gue=||rin  par  aduent  nomme  ||MesquinfilzdeMilloude|| 
Bourgogne,  prince  de  Tarante ,  z  en  son  temps  roy  ||  Dal- 
banye...  traduyct  ||  de  vulgaire  Italien  en  langue  Francoyse. 
Par  hô=||neste  personne  Jehan  Decuchermoys...  On  les  vend 
a  Lyon  en  la  boutic=^ue  de  Romain  Morin.  (A  la  fin  :)... 
acheue  de  Imprimer  le.  x\?i.  de  Auril.  Mil.  ccccc.  et.  xxx. 
(i53o)  par  Oliuier  Arnx)ullet.  Gr.  in-4  >  goth.,  fig.  s.  bois; 
mar.  rouge,  riches  comp.  à  la  Grolier,  doublé  de  mar. 
orange,  dent.  àfeuilL,  tr.  dor.  [Lortic). 

Première  édition,  fort  rare. 

A  la  suite  de  la  souscription,  on  lit  :  Smsayi  em/cun  brieftraicte  du  voyage 


ROMANS  DE   CHEVALERIE.  193 

de  Hiernsakm  de  Rome.  Et  de  Môsieur  sainci  Nycolas  de  bar  en  Poullie.  Le 
titre  de  ce  traité  porte  :  Sensuyt  le  sainct  voyage  de  Uierusalem;  il  occupe  les 
6  derniers  ff. 

Magnifique  exemplaire,  très-pur  et  avec  témoins. 

614.  GÉRILÉON  D'ANGLETERRE.  Le  premier  livre  de  la  plai- 
sante et  délectable  histoire  de  Gerileon  d'Angleterre...  Nou- 
iiellement  mis  en  François  par  Estienne  de  Maison-nevfve 
Bordelois.  j4  Paris j  Par  lean  Borel^  i5']2.  Pet.  in-8,  de 
i56fF.;  veau  fauve,  fil.,  tr.  dor.  {Kœhler), 

Première  et  rare  édition  de  ce  roman.  Elle  n6  contient  que  le  premier 
livre.  Très-bel  exemplaire. 

6i5.  Le  premier  [et  le  second]  livre  de  la  plaisante  et  délecta- 
ble histoire  de  Gerileon  d'Angleterre...  A  Paris ^  Chez  lean 
Houzé^  i586.  2  vol.  pet.  in-8;  mar.  rouge,  fil.  orn.,  tr. 
dor.  {Mackenzie). 

Première  édition  complète ,  contenant  les  deux  livres.  Elle  est  extrême- 
ment rare.  * 

Très-bel  exemplaire,  non  lavé,  provenant  des  doubles  de  la  bibl.  du  roi. 

616.  THESEUS  DECOIjOGNE.  LHystoireTresre-creatiue:  traic- 
tant  II  des  faictz  ^  gestes  ||  du  Noble  ^  vaillant  Cheualier  The- 
seus  de  Coulongne...  A  Paris,  Pour  Jehan  Bonfons.  S.  d. 
2  t.  en  I  vol.  in-47 goth. ,  à  2  col.;  veau  fauve,  fil. ,  tr.  dor.  {Pa- 
deloup). 

Bel  exemplaire  d'un  roman  qui  n'a  eu  que  deux  éditions.  Fort  rare. 

f.  Chroniques  romanesques. 

617.  BERTRAND  DU  GUESCLIN.  Bertrand  du  guesclin.  (A  la 
fin  :  )  C/  finis  t  le  Hure  des  faiz  de  mes  sire  Bertrand  du  gues- 
clin cheualier  Jadiz  connestable  de  france  et  seigneur  de  Ion- 
gueuille  .  S.  1.  n.  d.  In-fol.,  golh.,  à  2  col.,  de  35  lignes,  de 
88  ff.,  sign.  a-o,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge, fil.  à  froid,  dou- 
blé de  mar.  vert,  riche  dent.,  tr-  dor.  (Bauzonnet). 

Première  édition,  fort  rare.  Les  caractères  paraissent  appartenir  à  l'un 
*  des  premiers  imprimeurs  lyonnais  du  XV^  siècle. 

Magnifique  exemplaire,  provenant  d'Armand  Bertin.  Le  dernier  f.,  conte- 
nant la  môme  gravure  sur  bois  que  celle  qui  se  trouve  au  v°  du  l^r  f,,  est 
refait. 


618.  Bertrand  du  Guesclin.  Les  prouesses  et  vaillàces  du  | 
et  vaillât  cheualier  Ber[|lrand  du  Guesclin.  làdis  con 


preux 
Inesta- 


13 


idA  BELLES-LETÏRES; 

ble  de  France...  (A  la  fin  :  )...  Imprime  nouuellemet  a  Lyon 
par  OliiUer  /irnoullet.  Et  fat  acheue  le,  Xidii.  tour  de  May. 
MU.CCCCC.&xxix{\^i(^,  Pet.  in-4>goth.,fîg^. s.boîs;inar. 
rouge,  fil.  àcomp/,  tr.  dor.  {Bauzonnet). 

Édition  presque  aussi  rare  que  la  précédente.  Très  bel  exemplaire  y  avec 
témoins.  De  la  bibl.  du  prince  d'Essling. 

B.  Romans  de  divers  genres ,  Contes ,  Nouvelles ,  etc. 

>  ...  ' 

619.  (LA  SALLE  ,  Arit.  de.  )  LHysloyue  et  plaisante  cronicque  || 
*  du  petit  lehan  de  sainlre,  de  la  ieune  dannie  des  belles  cou- 
sines sans  II  autre  nom  nommer,  auecques  deux  autres  pe- 
tites hysloires  de  mes|]sire  Floridan  et  la  belle  Ellinde,  et 
Textraict  des  cronicques  de  flandres...  (A  la  fin  :)...  N'ou- 
uelleinent  Imprime  a  paris  par  Michel  le  noir. . .  Le  quinziesme 
iour  de  Mars  Lan  mil  cinq  cens  &  xm.  (i5i7).  Pet.  în-Foi., 
golh.,  à  2  col.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  comp.  à  la  Gro- 
lier,  doublé  de  mar.  bleu,  rich.  orn.  int.,  tr.  dor.  (Lorlic). 

Première  édition  connue  de  ce  joli  roman  ;  elle  est  aussi  la  plus  rare  et  la 
plus  recherchée.  L'exemplaire  du  duc  de  La  Vallière  a  été  Vendu  3,455  fr. 
chez  Solar.  Celui-ci  est  grand  de  marges  et  d*une  conservation  parftdtie. 

620.  (LA  SALLE,  Ant.  de.)  Lbystoîre  Z  cronid|que  du  petit 
le-liâ  de  sainlre  z  de  la  ieune  dame  des  beUes  cousines... 

y4  Paris.  Pour  Jehan  honfons..,  rue  neufue  nostre  Dame  a 
Lenseigne  sainct  Nicolas  (i553).  Pet.  in-4,  golh.,  à  a  coL; 
mar.  bleu,  fil.  àfr.,  doublé  de  mar.  rouge,  riche  dent.,  tr. 
dor.  (puru). 

Édition  rare.  La  date  de  1553  se  trouve  dans  une  souscription  qui  précède 
la  table.  '.-.   '^ ,  :. 

Exemplaire  très-pur,  mais  avec  de  petites  marges.       .... 

621.  JEHAN  DE  PARIS.  Sensuyt  ung  tres.||beau  z  excellêtro|| 
mant  nomme  Jehan  de  Paris  Roy  de  Francc||...  (Au  v* 
du  dern.  f.  :)  Cy  fiiiisl.».  Imprime  nouuellemcnt  a  Lyon  par 
Pierre  de  saincte  Lucie ,  dict  le  Prince  près  nostre  dame  de 
Confort.  S.  d.  (avant  i5^2).  Pet.  in-4,  goth.,à  longues  lignes, 
fig.  s.  bois;  cuir  de  Russie,  fil.,  tr.  dor.  (^aux  calmes  rf^Ux- 
terson). 

Nous  avons  dit  plus  haut  (n®  47),  en  décrivant  un  important  mamiscrit 
de  Jehan  de  Paris ,  que  c'est  un  des  meilleurs  et  des  plus  anciens  romans 
français  dans  le  genre  comique.  Depuis  que  M.  de  Môntaiglon  a  établi  avee 
'beaucoup  de  probabilité  que  le  sujet  de  cette  charmante- œuvre  littéraire  ^est  le 


ROMANS,   CONTES,  NOUVELLES,   ETC.  195 

mariage  de  Charles  Vin  avec  Anne  de  Bretagne,  il  ne  convient  plus  de  la 
classer  aux  romans  de  chevalerie  :  elle  est  absolument  originale  et  ne  doit 
rien  aux  chansons  de  geste. 

L'édition  ci -dessus  est  la  plus  ancienne  que  Ton  connaisse  de  ce  roman. 
Elle  est  extrêmement  rare  et  il  y  a  une  trentaine  d'années  on  en  ignorait 
même  l'existence. 

Très-bel  exemplaire,  avec  témoins.  De  la  coll.  Yemeniz. 

622.  Les  cent  nouuelles,  nou||uelles.  Contenant  en  soy  ||  Cet  cha- 
pitres et  hystoires,  ou  nou||ueauIx  comptes  plaisans  f  recrea|| 
tiz  {sic)  pour  deuiser  en  toutes  conipai||gnies  par  ioyeusete. 
(Au  r°  du  dernier  f .  :  )  ty  finissent  lès  cet  uouueaux  (sic) 
comptes  des  cent  nouue/les  nouuelles. . . .  Imprimes  a  paris  Par 
lehan  trepperel  Imprimeur  et  libraire.,.  S.  d.  (entre  iAqi 
et  i5i  i).  1ji-4j  goth.,  à  2  col.,  fig.  s.  bois;  wiar.  brun  jans., 
tr.  dor.  (re/.  angl.) . 

Édition  fort  rare,  imprimée  par  Jean  I®»*  Trepperel.  C'est  sans  doute*  la 
plus  ancienne  dans  le  format  in-4*'. 

Exemplaire  très-pur,  de  la  bibl.  Solar. 

623.  Les  Cent  nouvelles  nouvelles...  Cologne^  Gaillard  y  1701. 
2  voL  pet.  in-8,  front,  et  fig.  en  taille-douce  ;.  mar.  citron, 
fil.,  tr.  dor.  {Deromé). 

Édition  recherchée  pour  les  figures  de  Romain  de  Hooge.  Très-bel  exem- 
plaire, avec  les  vignettes  tirées  à  part. 

624.  Le  droict  che||min  de  Lopi-||tal ,  Et  de  ceulx  qui  en  ||  sont 
possesseurs  z  héritiers.  S,  L  n,  rf.  In-8,  goth.,  de  8  ff.;  mar. 
violet,  fil.,  tr.  dor. 

Pièce  en  prose  terminée  par  quatre  vers.  Fort  rare. 
Exemplaire  avec  témoins  au  bas,  mais  mal  rogné  en  tête.  De  la  bibl. 
Yemenis. 

625.  (RABELAIS.)  La  vie  inestimable  du  grantOnrgantua,  père 
de  Pâtagruel,  iadis  côposee  par  L'abstracteur  de  quinte  es- 
sence. Liure  plein  de  pantagruelisme  M.D.XXXVII.  On  les 
vendu  Lyon  cliés  Francoys  Liste ,  deuant  nostre  Dame  de  co/i- 
fort.  In- 16,  goth.,  de  1 19  ff.  ch.;  mar.  citron  ,  orn.  sur  les 
plats,  tr.  dor.  (Trautz-Sauzonnet). 

Édition  fort  rare,  qui  reproduit  celle  de  1535,  la  plus  ancienne  connue 
avec  date  de  ce  premier  livre  de  Rabelais. 

Très-bel  exemplaire,  réglé,  ayant  appartenu  à  Madame  de  POMPADOUR 
dont  les  armes,  qui  étaient  sur  l'ancienne  reliure,  ont  été  adaptées  à  l'inté- 
rieur de  la  nouvelle. 


196  •      BELLES-LETTRES. 

626.  (RABELAIS.)  La  vie  très  hor||rificque  du  grand  Gargan-||tua , 
père  de  Pantagruel  iadiscôposee  par  M.  ||  Alcofribas  abs- 
trac-||teur  de  quinte  essence.  Liure  plein  de  Pantagruelisme. 
M.  D.  XLIL  On  les  vend  a  Lyon  chez  Franco js  Juste  ^  deuat 
nostre  dame  de  Côjort.  (A  la  fin  :  )  Imprimé  a  Lyon  par  Fra- 
coys  Juste.  —  Pantagruel ,  ||  Roy  des  Dipsodes,  restitue  ||  a 
son  naturel ,  auec  ses  faictz  ||  et  prouesse^  espouenta|]bles  : 
côposez  par  feu  y  M.  Alcofribas  ||  abstracteur  ||  de  quinte  ||  es- 
sence. M.D.XLIL  On  les  verula  Lyon  citez  Francoys  Juste. . , 
—  2  part,  en  i  vol.  in-i6,goth.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge, 
fil.  à  comp.  dor.  à  petits  fers  ,  doublé  de  mar.  citron,  dent., 
Ir.  dor.  [TrautZ'Bauzonnet). 

Édition  de  toute  rareté ,  dont  il  est  extrêmement  difficile  de  trouver  les 
deux  parties. 

Magnifique  exemplaire,  très-grand  de  marges,  couvert  d'une  délicieuse 
reliure.  Il  provient  des  bibl.  de  Glinchamp,  Solar,  Double  et  Desq.  H.  :  0,103. 

627.  (RABELAIS.)  La  Plaisante  et  ioyevse  histoyre  du  grant 
Géant  Gargantua.  Prochainement  reueue,  et  de  beaucoup 
augmentée  par  TAulheur  mesme.  ^  Lyon,  chez  Estienne  Do- 
let,  i542.  — Pantagruel,  roy  des  Dipsodes,  restitvé  à  son 
naturel....  Plvs  Les  merueilleuses  nauigations  du  disciple 
de  Pantagruel  dict  Panurge.  ^  Lyon  y  chés  Estienne  Dotet^ 
i542. —  2  tom.  en  i  vol.  in-i6,  fig.  s.  bois;  mar.  vert, 
rich.  orn.  sur  les  plats,  tr.  dor.  [Niedrée). 

Édition  précieuse  et  rarissime,  dont  on  trouve  difficilement  les  deux 
parties  ainsi  réunies. 

Très-bel  exemplaire,  bien  complet. 

628.  RABELAIS.  Le  Qvart  livre  des  faictz  et  dictz  Héroïques 
du  bon  Pantagruel.  Composé  par  M.  Francoys  Rabelais  doc- 
teur en  Medicine.  Auec  priuilegedu  Roy.'  i552.  (A  la  fin  :) 
A  Rouen,  par  Robert  Falentin,  IJbraire.  In-i6;  mar.  ci- 
tron, fil.,  tr.  dor.  (Cape). 

L'une  des  premières  éditions  de  ce  livre  complet.  Joli  exemplaire.  Un 
certain  nombre  de  ff.  habilement  remargés  en  tête. 

629.  (RABELAIS.)  La  plaisante  et  ioyevse  histoyre  du  grand 
Géant  Gargantua...  —  Second  livre  de  Pantagruel...  — Tiers 
liure  des  Faictz....  du  noble  Pantagruel.  Faïence,  Claude  La 
Ville,  1547.  ^  ^oxxï.  en  i  vol.  in-i6,  fig.  sur  bob;  mar. 
brun ,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  [Lortic). 

Contrefaçon,  faite  au  commencement  du  xvii^  siècle^  de  rédition  de  Va- 
lence. 

Très-bel  exemplaire. 


ROMANS,   CONTES,   NOUVELLES,   ETC.  197 

630.  RABELAIS.  Les  OEvvres  de  M.  François  Rabelais,  Docteur 
en  Médecine.  Contenant  cinq  Hures  de  la  vie,  faictz  et  dicts 
Héroïques  de  Gargantua ,  et  de  son  filz  Pantagruel.  Plvs 
la  prognostication  Pantagrueline,  auec  TOracle  de  la  diue 
Bacbuc,  et  le  mot  de  la  Bouteille...  Le  tout  par  M.  Fran- 
çois Rabelais.  A  Lyon^  Pour  Pierre  Estiard^  i574.  3  tom. 
en  I  vol.  in-i6;  mar.  bleu,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  {puru).' 

La  troisième  partie  porte  au  titre  cette  adresse  :  A  Anvers^  'par  François 
Nierg,  1573.  Très-bel  exemplaire. 

531.  CRÈNNE  (Helis.  de).  Les  OEvvres  de  ma  dame  Helisenne 
de  Crenne...  A  sçauoir,  Les  angoisses  douloureuses  qui  pro- 
cèdent d'amours.  Les  Espistres  familières  et  kiuectives.  Le 
songe  de  ladicle  dame.  Le  tout  reueu  et  corigé  de  nouueau 
par  elle.  A  Paris,  par  Est.  Grouleau,  i55i.  In-i6,  fîg.  s.  bois; 
mar.  orange,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.  (TrautZrBauzormet). 

La  première  vignette  est  la  même  que  la  SS""  du  délicieux  petit  volume 
intitulé  V Amour  de  Cupido  et  Psiché  dont  les  ravissantes  gravures  sur  bois 
ont  été  exécutées  d'après  Jean  Cousin. 

Charmant  exemplaire. 

532.  MARGUERITE  D'ANGÔULÊME.  L'Heptameron  des  Nov- 
velles  de  tresillvstre  et  très  excellente  princesse  Margverite 
de  Valois,  Royne de Nauarre...  Paris ^  Gilles  Kohinot  {i55g), 
(A  la  fin  :  )  Imprimé  à  Paris  y  par  Benoist  Preuost,..  iSSg; 
mar.  La  Valliere  clair,  fil.,  riches  compart.  semés  de  mar-. 
guérites,  doublé  de  mar,  orange  à  riches  ornem.,  Ir.  dor. 
(Hard)'Mennil  et  Marias  Michel). 

Édition  originale  des  72  nouvelles  ;  c'est  la  même  dont  il  y  a  des  exem- 
plaires avec  les  adresses  de  V.  Sertenas  ou  de  J.  Gavellier.  Elle  est  extrême- 
ment rare. 

Exemplaire  grand  de  marges,  très-pur,  sauf.  race,  au  titre.  H.  :  0,221. 

633.  MARGUERITE  D'ANGOULÊME.  L'Heptameron  [|des  nov-|| 
velles  de  |l  tresillv|)stre  et  ||  lres||excellenj]te  prin-||cesse ,  Mar- 
gverite Il  de  Valois,  ||  royne  de  Navarre.  Imprime  (sans  lieu 
d'impression  ni  nom  de  libraire)  M.D.LX.  (i56o).  In-i6, 
de  i6  ff.  et  726  pp.;  mar.  rouge  jans.,  tr.  dor; 

De  toute  rareté.  M.  Brunet  dit  :  a  Édition  peu  connue,  décrite  par 
Ebert  »,  et  il  n'en  cite  aucune  adjudication. 

Très-bel  exemplaire,  avec  témoins.  Qq.  marges  restaurées. 

\U.  MARGUERITE  D'ANGOULÊME.  Les  Nouvelles  de  Margue- 
rite.  Reine  de  Navarre.  Berne ,  IVoui^elle  Société  typographi- 


f98  BELLES-LETTRES. 

qucj  1 780-8  ï .  3  vol .  în-8 ,  avec  fig.  gr.  par  de  Loogiieil ,  etc. , 
d*apres  Freudenbei^,  et  front,  et  cius  de  lampes  d'après 
Dunker;  mar.  bleu,  fil.,  tr.  dor. 

Magnifiqae  exemplaire,  a^ec  témoins.  Trës-joiies  épreuves. 

63o.  LA  FONTAINE.  Les  Amovrs  de  Psiché  et  de  Cupidon ,  par 
M.  de  La  Fontaine.  Paris^  CL  Barhin^  i66g.  ln-8;  veau 
brun  (fl/ie.  re/.);  étui  de  mar.  La  Vallière  {Lortic). 

Première  édition  et  la  seule  publiée  du  vivant  de  Tauteur.  Elle  contient 
aussi  en  original  le  poème  d'Adonis  qui  est  le  complément  naturel  du  précé- 
dent. 

Précieux  exemplaire  comme  ayant  appartenu  à  LA  FONTAINE  lui-même 
qui  a  écrit  sur  les  marges  de  nombreux  changements  qu'il  voulait  introduire 
dans  son  œuvre.  Beaucoup  de  vers  sont  remplacés  par  d\iutres.  Les  correc- 
tions de  style  sont  de  peu  d*importance  ;  elles  sont  rares  surtout  dans  le  texte 
en  prose,  texte  qui  avait  été  très-travaillé,  et  en  effet,  La  Fontaine  ayoae  dans 
sa  pré£aice  que  la  Prose,  bien  qu'elle  soit  la  langue  naturelle  des  hommes,  loi  a 
coûté  autant  que  ses  vers.  La  modification  la  plus  considérable  dans  cette  paj^ 
tie  se  trouve  à  la  p.  34  où  le  poète  a  biffé  10  lignes  commençant  par  :  c  GeUi 
devoit  estre  beau  »,  et  a  écrit  en  mai^e  :  <  (Hiez  ghIol  dans  une  réimpres- 
siùti  1. 

Cette  réimpression  ne  fut  faite  que  longtemps  après  sa  mort,  et  le  nouvel 
éditeur  n'avait  pas  â  sa  disposition  les  corrections  indiquées  par  l'auteur  dans 
le  présent  exemplaire,  corrections  qui  demeurent  entièrement  INÉDITES. 

636.  FÉNELON.  Suite  du  qaatriénie  livre  de  l'Odyssée  d'Ho- 
mère ,  ou  les  Avantures  de  Telemaque  fils  d'Ulysse.  j4  Pa- 
ris^ chez  la  veu^e  Claude  Barbin^  1699.  In- 12;  mar.  cilron, 
fil.,  Ir.  dor.  {Loriic). 

Édition  originale  de  la  pi*emière  partie  du  Télémaque. 
Très-bel  exemplaire. 

637.  FÉNELON. Les  AvanturesdeTelemaquefilsd'Ulysseou Suite 
du  quatrième  livre  de  TOdyssee  d'Homère.  Suivant  la  copie 
de  Paris  à  la  Haye  chez  Adrian  MoetjenSy  1699.  5  part,  en 
3  vo).  in- 12;  mar.  citron,  fil.,  tr.  dor.  [anc.  tel.). 

La  première  partie  est  de  la  deuxième  édition  faite  sur  celle  de^  Paris, 
avant  la  rectification  des  titres  courants;  les  quatre  parties  suivantes  sont  en 
éditions  originales.  La  II^'  suite  du  t.  11  a  été  ti'ansposée'à  la  reliure  avant  la 
l'e  suite  du  même  vol. 

Exemplaire  aux  armes  de  la  comtesse  de  Verrub  ;  le  premier  voliuae  est 
notablement  plus  C3urt  que  les  deux  autres. 

638.  FÉNELON.  Les  Avantures  de  Télémaque,  fils  d'UIysséF.  Par 
feu  Messire  François  de  Salignac  de  la  Motte Fenelon^..  Pre- 


ROMANS  ÉTRANGERS.  ^99 

miere  édition  conforme  au  Manuscrit  original.  Paris ^  Fia- 
rentin  Delaulne^  ^1^1-  ^  vol.  in- 12,  portrait  et  fig.  s.  cui- 
vre; veau  fauve,  fil.,  tr.  dor. 

La  plus  belle  de  toutes  les  anciennes  éditions  de  Télémaqae. 
Exemplaire  grand  de  marges  et  très-pur. 

639.  FÉNÈLON.  Les  Aventures  de  Télémaque,  fî)s  d'Ulysse,  par 
M.  de  Fénelon.  Paris,,  fie  l'Imprimerie  de  Monsieur  [P.  Fr. 
Didot  jeune) ^  i79o«  ^  ^^l*  g^«  i^^-S,  porlr.  et  fig.  en  taille- 
douce;  mar.  rouge,  fil.  à  compart.,  doublé  de  tabis,  tr.  dor. 
(Bozérian). 

Exemplaire  sur  papier  de  Hollande ,  avec  les  figures  de  Mari  Hier  avant  la 
lettre. 

640.  La  Fluste  de  Robin  en  laquelle  les  chansons  de  chasque 
me&tier  s'égaient ,  vous  y  apprendrez  la  manière  deiouër  de 
la  fluste,  ou  bien  de  vous  en  taire  avectrailz  de  paroles  dignes 
de  vostre  veué  si  les  considerez..4y.  /.  /%.  d.  Pet.  in-8;  mar. 

^  vert,  fil.,  tr.  dor.  {Simier), 

Facétie  d'une  rareté  extrême ,  écrite  vers  la  fin  du  XVII«  siècle.  Exem- 
plaire ayant  appartenu  successivement  à  Charles  Nodier,  au  prince  d*Ess- 
Ung  et  à  J.-Ch.  Brunet. 

64i..  (MONTESQUIEU.)  Le  Temple  de  Gnide.  Nouvelle  édilion 
avec  figures  gravées  par  N.  Le  Mire  d'après  les  dessins  de 
Ch.  Eisen.  Le  texte  gravé  par  Drouet.  Paris  ^  chez  le  Mire^ 
grosseur ^  ï??^.  Gr.  in-8;  veau éc,  fil.,  tr.  dor.  {Derome). 

Très-bel  exemplaire.  La  2o  pi.  de  Céphise  (p.  103)  est  de  premier  tirage, 
avec  la  légende  :  Embrassez^moi,,. 

2.  BomanSy  Contes j  etc.  y  étrangers, 

642.  LEONE.  Léon  hebriev  (Abarbanel)  de  Tamovr  (traduit 
par  Ponthus  de  Thyard).  ^  Ljon,  par  lean  de  Toi^rneSy  1 55 1 . 
2  t.  en  I  vol.  in-8;  mar.  noir,  riches  compart.,  tr.  dor. 
(anc.  reL). 

Exemplaire  aux  chiffres  couronnés  de  LOUIS  XIII  et  d'ANNE  d' AU- 
TRICHE. Au  milieu  des  plats,  on  a  frappé  les  initiales  H.  D. 

Le  dernier  f.  (fin  du  privilège)  a  été  arraché;  un  mot  coupé  au  titre. 

643.  BOCCACCIO.  Il  Decamerone  de  M.  Giovanni  Boccaccio, 
novamente  correttocon  tre  novelle  aggivnte.  (A  la  fin  :  )  Im- 
presso  in  Vinegianelle  case  d  Aldo  Romano,  et  d  Andréa  Aso-- 


200  BELLES-LETTRES. 

lanosuo  socero  nelV  anno  M.  D.  XXII.  Del  mesedi  Nouembre. 
Pet.  in-4;  mar.  rouge  du  Levant,  fii.  et  compart.  à  froid, 
avec  l'ancre  Aldine  sur  les  plats^  tr.  dor.  (Cape), 

Édition  à  la  fois  belle,  rare,  et  recherchée. 
*"  Magnifique  exemplaire,  très-pur. 

644.  BOCCACE.  LeDécameron  de  Jean  Boccace  (trad.  par  Ant. 
Le  Maçon).  Londres  (Paris),  1757.  5  vol.  in-8,  fig.;  mar. 
rouge,  fil.,  tr.  dor.  [Deromé). 

Cette  édition  renfermie  ensemble  116  pi.  et  autant  de  vignettes  d'après 
les  dessins  de  Gravelot ,  Boucher ,  Eisen  et  Gochin.  Très-belles  épreuves. 

645.  BOCCACE.  Fflammetle(5/c)côplaînte  des  tristes  amours  de 
Flâmette  a  son  amy  Pàphile,  Translatée  Ditalien  en  vulgaire 
francoys.  On  les  vend  a  Lyô  par  Claude  Nourry,  dict  le 
.Prince  :   près  nostre  dame  de  Côfort.  Zyo/i,   Cl.   Nourry^ 

i532.  Pet.  in-8,  goth.,  fig.  sur  bois;  mar.  rouge,  fil.,  tr. 
dor. 

Rare.  Très-bel  exemplaire. 

646.  (CAVICEO,  J.)  Le  Peregrin.  Dialogue  très  jelegftt  intitule 
le  Peregrin  traictat  de  Ihonneste  z  pudique  amour  cocilie 
par  pure  z  sincère  vertu  traduicl  de  vulgaire  Italien  en  lan- 
gue Frâcoyse  par  maistre  Frâcoys  dassy...  (A  la  fin  :  )....  Im- 
primez a  Lyon  par  Claude  nourry  dict  Le  prince.  Lan  de 
grâce  Mil  cinq  cens  vingt  et  liuyt.  (iSaS).  Le.  xx.  du  moys 
DauriL  In-4,  goth.,  front,  et  fig.  s.  bois;  mar.  rotige,  fil., 
tr,  dor.  {Lortic). 

Volume  fort  rare,  que  M.  Brunet  ne'  cite  que  d'après  le  catal.  La  Yal- 
lière.  Très-bel  exemplaire. 

647.  (PORTO,  Luigi  da.)  Hystoria  Nouellamente  Ritrovata  di  due 
nobili  Amanti  :  Con  la  loro  Pietosa  Morte  :  Interuenuta 
gia  nella  Citta  di  Verona.  Nel  tempo  del  Signor  Bartholo- 
meo  dalla  Scala.  (A  la  fin  :)  Qui  Finisse  lo  infelice  Innamo^\( 
ramenio  di  Romeo  Montecchi]\  Et  di  Giulietta  Capelletti.\\Siam' 
pat  a  in  la  inclit\\ta  citta  di  f^enetia\\  Per  Benedettc\\  de  Ben^ 
doni.  S.  d.  Pet.  in-8,  de  82  ff.  n.  chiff.,  sign.  A.-Dj  mar. 
La  Vallière,  riches  compart.  à  pet.  fers,  tr.  dor.  (Hagué).  . 

Ce  volume  anonyme  est  de  Louis  da  Porto.  C'est  la  première  édition  de 
la  nouvelle  ayant  pour  sujet  les  amours  de  Roméo  et  de  Juliette.  Elle  est  de 
toute  rareté  :  d'après  les  renseignements  que  nous  tenons  de  l'obligeance  de 
M.  Eug.  Piot  on  n'en  connaît  que  l'exemplaire  de  la  bibl.  Palatine  et  celui 
de  la  bibl.  Trivulce. 


ROMANS  ÉTRANGERS.  SOI 

Le  titre  est  imprimé  en  rouge  et  en  noir,  et  contient  la  marque  de  Tim- 
primeur,  avec  les  initiales  A  B;  elle  est  accompagnée  de  ces  mots  :  Im- 
tus  vt  Palma  Florebit,  L'épitre  dédicatoire  est  adressée  r  Alla  bellissima  et 
leggiadra  Madonna  Ludna  Sauoi'gnana. 

Très-bèl  exemplaire. 

648.  PICGOLOVIINI.  Lystoire||de  deux||  vrays  a|Imâs  eujlrial  z 
lu|Icresse.  (yéu  r*  du  2*f.  :  )  Sensuyt  listoire  de  eiirial  t  lu- 
cresse  cô||pillee  parenee  siluius  t  trâslatee  de  latin  |[  en  fran- 
coys  par  maistre  antitus  chappel|{lain  de  la  saïcte  chappelle 
aux  ducz  d'  bourj^oigne  a  digon  a  la  prière  z  reqste  des 
da-|lmes.  S.  L  n.  d.  In-8,  goth.,  de  48  ff.  non  chiff.,  a  29  ou 
3o  lign.  par  page,  sign.  a  f.  par  8,  fig.  sur  bois;  niar.  La 
Vailière  clair,  compart.  or  et  noir  à  la  Grolier,  tr.  dor.  {/Vie- 
drée) . 

Édition  excessivement  rare  d*une  traduction  moitié  en  vers,  moitié  en 
prose.  M.  Brunet  ne  parait  pas  l'avoir  connue ,  mais  il  en  cite  une  qui  porte 
le  même  titre,  édition  également  s.  L  n.  d.,  avec  cette  seule  différence  qu'elle 
est  in-4  et  compte  2  ff.  de  moins  que  celle-ci. 

Le  titre  est  orné  d'une  grande  initiale  historiée.  Au  verso  on  voit  une  vi- 
gnette représentant  les  deux  amants.  Le  dessin  en  est  assez  ferme  et  cor- 
rect ,  et  la  gravure  sort  déjà  du  genre  imiagerie.  Les  autres  petites  figures, 
souvent  répétées,  sont  légèrement  ombrées  au  trait;  presque  toutes  elles  ont 
été  faites  exprès  pour  cet  ouvrage. 

Superbe  exemplaire,  acheté  1000  fr.  à  la  vente  Yemeniz. 

Voir  notre  manuscrit  n»  28  pour  le  texte  original  de  ce  roman  qu'on  a 
l'habitude  de  classer  parmi  les  romans  de  chevalerie,  et  bien  à  tort  on  devrait 
savoir  que  l'auteur  y  a  retracé,  sous  des  noms  imaginaires,  l'histoire  tou- 
chante des  amours  de  son  ami  Gaspard  Schlick,  chancelier  de  l'empereur  Si- 
gismond,  et  d'une  noble  dame  de  Sienne. 

• 

649.  (ARÉTIN.)  Le  liure  des  deux  amans  ||  Guisgard  ^  sigis- 
munde.  (A  la  .fin  :  )  Imprime  a  paris  ^  Michel  le  noir  libraire 
demourat  sur  le  pont  Saint  Michel  a  Ijmaige  saint  lehan  le- 
uangeliste.  S.  d.  Pet.  in-4,  goth.,  de  i4  ff.  non  ch.,  fig.  s. 
bois;  mar.  orange,  milieu  en  mosaïque,  tr.  dor.  {Trautz-- 
Bauzonnet). 

Traduction  du  latin  de  Léonard  Arétia,  par  Jehan  Fleury,  dit  Floridus, 
en  vers  français. 

Édition  fort  rare.  Très-bel  exemplaire  provenant  de  De  Bure ,  puis  de  la 
coll.  Double. 


202  BELLES-LETTRES. 

650.  POLINDO.  Historia  del  inuencible  cauallero  don  Polindo 
hijo  del  rey  paciano,  Rey  de  Numidia....  (A  la  fin  :)  Fue im- 
pressa la  présente  historia  en  la..,  cibdad  de  Toledo  a  diez 
de abril de  mill & quinientos  &  veynte  & seysahos  (i Saô).  In-4, 
go  th.,  à  2  col.,  de  162  ff.;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  (Lortic). 

Roman  de  chevalerie  de  toute  rareté.  Il  manquait  à  la  ricbe  collection  de 
V.  Salvà,  et  il  ne  se  trouve  dans  aucune  bibliothèque  de  Paris.  Il  commence 
par  le  titre  rapporté  ci-dessus,  au  haut  du  i*'  f.,  signe  a\j.  Le  f .  précédent, 
qui  manque  ici,  était-il  blanc  ou  offrait-il  un  titre  court,  suivi  d'une  gra- 
vure sur  bois,  ce  qui  arrive  souvent  dans  cette  classe  de  livres  :  c'est  ce  qu'il 
nous  a  été  impossible  de  savoir,  personne  n'ayant  encore  complètement  dé- 
crit ce  volume. 

Très-bel  exemplaire,  de  la  bibl.  du  roi  Louis-Philippe. 

6Si.  CERVANTES  (M.  de).  El  Ingenioso  hidalgo  don  Qvixote 
de  la  Mancha.  Compuesto  por  Miguel  de  Ceruantes  Saaue- 
dra....  ///îo  1608.  En  Madrid,  Por  Juan  delà  Cuesta.  Ven- 
dese  en  casa  de  Francisco  de  Robles,  librero  del  Bey  tiro  se- 
fior,  —  Segvnda  parte  del  Ingenioso  hidalgo. ...  j^iîo  161 5. 

En  Madrid ,  etc.  —  2  vol.  pet.  in-4;  mar.  olive,  tr.  dor. 

.... 

La  première  partie  est  de  la  deuxième  édition  ;  \%  seconde  est  en  édition 
originale.  La  reliure  de  cette  dernière  est  aux  armes  et  au  chiffre  de  de 
Thou  ;  on  a  relié  le  premier  volume  à  Timitation  de  celle-ci  et  on  a  appliqué 
au  milieu  les  deuxièmes  armes  de  de  Thou,  empruntées  à  un  autre  ouvrage. 
Ces  deux  volumes  sont  aujourd'hui  fort  rares. 
.  Très-bel  exemplaire,  avec  témoins. 

652.  CERVANTES.  LosTrabaios  de  Persiles,  y  Sigismvfida,  His- 
toria  Selenlrional,  por  MigveldeCervantesSaavedra....  j4no 
161 7  :  En  Madrid.  Por  luan  de  la  Cuesta.  A  cosia  de  luan 
de  Villarroel  mercader  de  libros  en  la  Platerui.  (Au  v°  du 
dern.  f.:)...  En  Madrid.  Por  luan  de  la  Cuesta.  Ano  M,  DC. 
XFIL  In-4,  de  6  ff.  prél.  et  ^32  fï.  ch.Vtnar.  rouge,  fil., 
tr.  dor.  {Hardy). 

Première  édition ,  de  toute  rareté.  Très-bel  exemplaire ,  avec  témoint. 

653.  CERVANTES.  Novelas  exemplares  de  Migvel  de  Ceruantes 
Saauedra.  Milan,,  Juan  Baptista  Bidelo  j  161 5.  Pet..in-ia,de 
12  ff.  prél.  et  763  pp.;  mar.  rouge  ancien  ,  milieu^  tr.  dor. 

{Lortic).  •   '.'  ^ 

Édition  rare.  Magnifique  exemplaire ,  très-pur,  avec  témoins. 


ÉPISTOLAIRES  ET  POLYGRAPHES.  203 


VI.  EPISTOLAIRES  ET  POLYGRAPHES. 

654.  VICTORIUS.  Pétri  Victorii  variarvm  lectionvm  libriXXV. 

Florentiœ  y    exe,   Laurentius    Torrentinus  (i553).    Iii-foL; 
veau  brun,  riches  comp.,  tr.  dpr.  {anc,  reL). 

Première  édition.  C'est  dans  ce  volume  (p.  313)  qu'on  a  imprimé  pour 
la  première  fois  une  ode  d'Anacréon. 

Exemplaire ,  couvert  d'une  superbe  reliure  faite  pour  Th.  MAIOLJ,  avec 
son  nom  et  sa  devise  (voir  la  reproduction  au  catalogue  illustré). 

655.  GASPARINUS  [Barziza],  Gasparini  pergamensis  clarissinii 
oratoris,  episloIaR.  liber  fœlicilerincipit.  (A  la  fin:) 

Primos  ecce  libros  quos  hxc  indiutria  finxit     ^ 
I  Francorum  in  terris  œdibusque  atq.  tuis  ; 

4       Michaelf  Vdalricus,  Martinus  q.  mngistri 
Oos  impresserunt  :  ac/acient  atlos. 

S.  d.  In-4;  niar.  rouge  du  Levant,  comp.  à  la  Grolier,  tr. 
dor.  (  Thompson). 

PREMIER  LIVRE  IMPRIMÉ  A  PARIS,  en  1470,  sous  la  direction  de 
Guillaume  Fichet  et  avec  le  concours  de  Jean  de  la  Pierre  (  consulter  un  cha- 
pitre fort  curieux  consacré  à  ce  volume  par  M.  Madden  dans  ses  Lettres  d'un 
bibliograj>h€  ;  Ve  Série  ;  Paris,  1878,  in-8). 

Très-bel  exemplaire.  Race,  dans  le  coin  des  quatre  premiers  fî. 

656.  PLVTARCHI  Cheronaei...  Vitae  comparalae  illustrium  vi- 
rorù  Graecorum  e  Romanorum...  Hermanno  Cruserio  I.  C. 
interprète.  Lugduni  y  apud  Antonium  Grjrphium,  i566- 
67.  3  vol.  in- 12.  —  Thesavrvs  Plvlarchi...  super  moralia 
opéra...  Autore  Francisco  Le  Tort  Andegauo...  ParisiiSj 
apud loannem  Poupjr^  ^^11*  ^  '^^'"-  ^^  ^  ^o'*  in-12.  —  En- 
semble 4  vol.,  les  trois  premiers  en  mar.,  rouge,  le  qua- 
trième en  mar.  vert,  riches  comp.,  tr.  dor.  {anc,  reL), 

Exemplaire  ayant  appartenu  à  la  reine  MARGUERITE  DE  VALOIS,  cou- 
vert d'une  délicieuse  reliure  dont  les  plats  et  le  dos ,  dorés  en  plein,  sont 
semés  de  lis  et  de  marguerites.  Sur  le  plat  supérieur  de  chaque  volume,  se 
trouvent  ses  armes  ;  sur  le  plat  opposé,  un  pied  de  marguerite  entouré  de  la  de-* 
vise  :  Expectata  non  eludet  (voir  la  reproduction  au  catalogue  illustré). 

On  attribué  Texécution  de  ces  bijoux  de  reliure ,  dont  la  princesse  bi- 
bliophile faisait  couvrir  les  volumes  de  sa  collection ,  à  Clovis  Eve,  relieur 
d'Henri  IV.  Ce  qui  est  exceptionnel,  c'est  de  rencontrer  un  ouvrage  en  plu- 
sieurs volumes,  comme  celui-ci,  relié  de  cette  façon. 

Conservation  parfaite.  De  la  coll.  L.  Double. 


204  BELLES-LETTRES. 

6S7.  BEMBO.  Pétri  Bembi  de  Aetna  ad  Angelvm  Chabrielem 
liber.  (A  la  fin  :)  Impress\^m  Fenetiis  in  œdibêfs  Aldi  Ro- 
mani mense  febrs^ario  anno.  M.  y.  D.  {i495).  In-8^  de  3o 
ff.  non  chiff.;  mar.  rouge,  fil.,  Ir.  dor.  {Trautz-BcLuzonnet). 

a  G*est  une  des  plus  belles  impressions  d'Âlde ,  et  le  premier  ouvrage 
«  tout  latin  sorti  de  ses  presses...  Le  sujet  du  dialogue  intitulé  V Aetna  est  le 
ce  voyage  fait  en  Sicile  par  Pierre  Bembo,  avec  un  ami,  pour  assister  à  une 
a  éruption  de  ce  volcan.  Bembo  y  rappelle  le  souvenir  des  heureux  moments 
«  qu'il  a  passés  à  Messine,  près  de  Constantin  Lascaris,  dont  il  admire  le 
c  goût  passionné  pour  les  arts,  l'éloquence  et  la  philosophie  sublime  (Didot, 
<  Aide  Manace,  p.  77).  » 

M.  Brunet  assure  qu'il  s'est  conservé  un  très-petit  nombre  d'exemplaires 
de  ce  volume  intéressant  :  celui-ci  est  magnifique. 


HISTOIRE 


J.  GÉOGRAPHIE.  VOYAGES. 


658.  POMPONIUS  mêla  de  totius  Orbis  descriplione...  (marque 
de  Jehan  Petit).  (A  la  (in  :  )  Anno.  Saluliferœ  incarnalionis. 
M.  D.  VII.  Décima  die  lanuarii.  1  m  pressa  est  hoc  opus  per 
Egidiu  Gormùtium  et  per  Torinum  Hituricum  diligentiss .  re- 
cognitum.  Parrhisiis.  (au-dessous^  la  marque  de  Gilles  de 
Gourmont).  Pet.  in-4  ;  veau  fauve,  riches  compart.,  tr. 
dor.  {Hagué). 

En  tête  de  ce  rare  volume,  se  trouve  une  dédicace  de  Tory  à  Philibert  Ba- 
bou,  depuis  cardinal.  Le  dessin  des  plats  de  la  reliure  a  été  habilement  com- 
posé dans  le  style  de  Tomementation  des  livres  de  Geoffroy  Tory,  avec  Vem- 
bléme  du  Vot  cassé  au  milieu. 

659.  ANTONINUS.  Itinerarium  prouinciarum  omniû  Antonini 
Augusti...  Vénale  hahelur  uhi impressum  esly  in  domo  Henrici 
Stephani  e*  regiôe  schole  Decretorum  Parrhisiis.  (i5i3). 
In-i6;  mar.  rouge,  comp.,  doublé  de  tabis^  tr.  dor.  {Si- 
mier) . 

Première  édition,  donnée  par  Geofroy  Tory  d'après  les  manuscrits  de 
Christophe  de  Longueil.  Elle  est  fort  rare.  Très-bel  exemplaire,  avec  le  nom 
de  G.  A.  Walckenaer  frappé  en  or-  à  l'intérieur  de  la  reliure. 

660.  BREYDENBACH.  Des  sainctes  pérégrinations  de  iherusa- 
lem  et  des  auirons  et  des  lieux  prochains.  Du  mont  de  sy- 
nay  et  la  glorieuse  Katherine  (tiré  du  latin  de  Bernard  de 
Breydenbach,  par  Frère  Nicole  le  Huen).  (A  la  fin  :) Im- 
prime a  Lyon  par  hônestes  homes  Michelet  topie  de  pymont  : 
S"  laques  heremberck  dalemaigne  demourant  audit  lyon.  Là 
de  nostreseigne^  Mille  xccc.  quattre  vigtz&  huictz  (i488)  et 
le  xxi^ii  de  nùuebre.  In- fol.,  goth.,  à  longues  lignes,  de  i3o 
ff.;  fig.  s.  bois  et  en  taille  douce;  mar.  La  Vallière,  com- 
part. àlaGrolier  à  fr.,  doublé  de  mar.  bleu, dent.,  tr.  dor. 
{Lortic). 

Première  édition  française  de  cet  ouvrage  curieux  qui  est  aussi  le  premier 
où  figure  un  alphabet  arabe  et  un  petit  glossaire  turc.  Elle  est  fort  rare. 
Pour  les  gravures  sur  bois  dont  elle  est  ornée,  voir  Didot,  Catal.  raisonné, 


206  HISTOIRE. 

n^  463.  Elle  contient  en  outre  sept  planches  de  vues,  dont  une  de  Jérusalem, 
gravées  en  taille-douce. 

Magnifique  exemplaire,  très-grand  de,  marges  (H.  :  0,291).  La  première 
planche  (Venise),  dont  il  n'y  a  ici  qu'un  fragment  de  Toriginal,  a  été  admi- 
rablement reproduite  par  M.  Pilinski. 

661.  BREYDENBACH.  Le  grant  voyage  de  hie||rusalem  diuise 
en  deux  ||  parties.  En  la  première  est  Iraicte  des  pérégrina- 
tions de  la  saincte  ci||tedeHierusalem,  avec  les  a,  b,  c,  des  let- 
tres grecques,  caldees,  hebraicques  ||  et  arabicques,  auec  au- 
cuns langaiges  des  turcz  tràslatez  en  frâcois Imprime  a 

Paris  pour  François  regnault. .  :  (  A.  la  fin  :  ). ..  Impritjie, . .  le 
.xx^.  iour  de  mars  Lan  mil  cinq  cens,  xxii  (i522).  2  part,  en 
I  vol.  in-4,  golb.,lig.  s.  bois;  mar.  rouge,  riches  compart., 
Ir.  dor.  (Lebrun), 

«  Ouvrage  orné  de  48  figures  sur  bois  dont  4  grandes.  Une  ou  deux  «eu- 
«  lement  sont  copiées  de  l'édition  de  Lyon,  1488.  L'édition  de  Regnault, 
«  moins  remarquable  sous  ce  rapport  que  celle-ci,  contient  néanmoins  des 
«  additions  considérables,  dans  la  seconde  partie,  au  texte  primitif  (Didot, 
a  CataL  raisonné,  n»  599).  » 

Fort  rare.  Très-bel  exemplaire. 


n.  HISTOIRE  UNIVERSELLE.     . 


662.  CHRONIQUES  DE  FRANCE,  dites  de  Saint-Denis:  Le  pre||- 
mier  [le  second,  le  tiers,  le  quatrièsmë]  vollume  De  la  mer  || 
des  hjsloires  f  croniques  ||  de  france.  (A  la  fin  du  i"  vol.  :) 
C  y  fine  le  premier  vollume,..:  Et  fust  acheue  de  imprimer  le 
dernier  iour  Doctobre  Mil  cinq  cens  et  dixsept  {iSi'f) pour 
Galliot  du  prcy  librajre,,,  4  ^oL  gr.  in-4>  à  3  col.,  fig.  s. 
bois;  mar.  bleu,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  {Duru). 

Le  2«  Tol.  a  cette  souscription  :  îm-prime  nouuellement  a  Paris  Lan  mU 
cinq  cens.  xvii.  le  xxix,  iour  doctobre.  Par  Mi^ihel  le  Noir  libraire.,.  Pour  les 
détails,  voir  Didot,  Cotai  raisonné,  n®  595. 

C'est  la  plus  complète  de  toutes  les  anciennes  éditions  ;  elle  est  fort  rare. 

Très-bel  exemplaire,  grand  de  marges. 

* 

663.  (ROLEWINCK,  W.)  Le  petit  Fardelet  des  faits.  (Au  v*du 
f.  mï]  :)....  ce p' set  Hure  Uitule petit  [fardelet  des]/â/Vjs  ou 

fardelet  des  temps  a  este  translate  de  latin  en  'françoys  par. . . . 
maistre  Pierre  farget,..  de  lordre  des  frères  aùgustins  du 
couuenl  de  Lyon  et  imprime  audit  Lyon  lan  mil  cccclxxxiii 


HISTOIRE  ECCLÉSIASTIQUE.  207 

(i483)...  In-fol.,  goth.;  mar.   bleu,  fil.,  tr.  dor.{TraiUz- 
Bauzonnei), 

Première  édition  de  la  première  traduction  française  du  'Ba&cifMlv&  tetn- 
porwn  de  Werner  Rolewinck,  retouché  par  Henri  Wirczbjzrg  de  Vach. 
Les  caractères  sont  ceux  de  Math.  Husz,  imprimeur  lyonnais.  Le  passage  re- 
latif à  l'invention  de  l'imprimerie  est  au  v»  du  f.  88. 

Superbe  exemplaire  de  ce  volume  précieux,  dont  on  ne  connaît  qu'un 
second  exemplaire  :  celui  de  la  bibliothèque  S^^  Geneviève. 

664.  MARTIN  POLONAIS.  La  Cronique  |1  martiniane  ||  de  tous 
les  papes  qui  furent  iamais  et  ||  Gnist  iusquesau  pape  alexadre 
derrenier  II  decede  mil  cinq  cens  et  trois...   (A  la  fin  :)  Cy 

fine  la  derreniere  partie  de  la  cronique  Martinienne  imprimée 
a  paris  pour  Anùioyne  verard.,.  S.  d.  (vers  i5o3).  In-fol., 
golh.  à  2  col.;  mar.  rouge  jans.,  doublé  de  mar.  vert,  large 
dent,  à  pet.  fers,  tr.  dor.  {Hardy  et  Marias  Michel). 

Le  second  volume  de  cette  rare  et  précieuse  chronique  est  une  histoire 
de  France  abrégée  et  anecdotique  depuis  1399  jusqu'en  1503. 
Magnifique  exemplaire,  de  la  coll.  Double. 

665.  BOSSUET  (J.-B.).  Discours  sur  Thistoire  universelle  a  Mon- 
seigneur le  Dauphin  :  pour  expliquer  la  suite  de  la  Religion 
et  les  changemens  des  empires.  Paris^  Séb.  Mahre  Cramoisy, 
1 68 1 .  ln-4  ;  veau  brun  (anc.  rel.). 

Édition  originale,  ornée  d^unbeau  portrait  gravé  par  Edelinck. 

Exemplaire  portant  au  titr^  l'envoi  autographe  de  BOSSUET  k  :  M.  de 
Guenet  (conseiller  du  roi  au  parlement  de  Rouen),  dont  Tex-libris  armorié 
est  collé  à  l'intérieur  de  la  reliure. 

666.  BOSSUET  (J.-B.).  Discours  sur  l'histoire  universelle...  Se- 
conde édition.  Paris ,  Séb.  Mabre-Cramoisy ^  1682.  In-12; 
mar.  olive,  fil.,  tr.  dor.  {anc.  reL). 

Dans  une  note  sur  l'article  Bossuet  de  Nicéron  (Mémoires,  XI,  256),  Mer- 
cier de  Saint-Léger  s'exprime  ainsi  :  ce  Dans  la  2^  édition,  de  1682,  Bossuet, 
«  à  la  suite  d'une  longue  conversation  avec  l'abbé  Duguet,  mit  une  addition 
tf  qui  ne  se  trouve  plus  dans  les  éditions  suivantes.  » 

Très-bel  exemplaire,  de  la  coll.  Brunet. 

m.  HISTOIRE  ECCLÉSIASTIQUE. 

667.  EUSEBIUS.  ( Ecclesiastica  historia  per  Rufinum  de  graeco 
in  latinum  traducta.  Mantuœ^  loannes  Schallus^  ^479)*  r*el. 
in-fol.;  mar.  bleu,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  (Cape). 

Édition  rare.  Le  volume  commence  au  v®  du  i^f  f.,  sans  aucun  titre,  par 


â08  HISTOIRE. 

une  épitre  dédicatoire  de  rimpiimeur  Jean  Schallus,  médecin  {physicus)  d*He- 
rosfeld,  à  Frédéric  Gonzague,  duc  de  Mantoue.  Elle  occupe  trois  pages,  et 
est  suivie  de  6  ff.  d'index.  Le  volume  est  terminé  par  dix  vers  latins ,  où  on  lit 
le  nom  de  Timprimeur  et  la  date  de  l'impression. 

Très-bel  exemplaire,  à  grandes  marges ,  provenant  de  la  bibl.  de  W^  le 
duc  d'Aumale. 

668.  (EUSÈBE.)  Lhistoire  ecclésiastique  Translatée  de  Latin  en 
Frâcois,  Par  Messire  Claude  de  Sevssel.  On  les  vend  a  Pa- 
ris  deuant  Leglise  de  la  Magdeleine,  .4  /enseigne  du  Pot 
casse.  Par  Maistre  Geoffroy  Toiy  de  Bourges.  (A  la  fin  :  )  Ce 
présent  Liure  fut  *acheue  dimprimer  le.  xxi,  tour  Doctobre 
M. D. XXXII  (i532).  Par  Maistre  Geoffroy  Tory  de  Bourges ^ 
Marchant  Libraire  et  Imprimeur  du  Roy.  In-fol.;  mar.  noir, 
fil.,  comp.,  tr.  dor.  {anc.  rel.). 

Bel  exemplaire  d*un  des  volumes  les  plus  rares  de  la  collection  de  Tory. 

669.  NICÉPHORE.  L'Histoire  ecclésiastique  de  Nicéphore... 
traduite  de  latin  en  françois  [par  Jean  Gillot].  Paris,  Séb, 
Nisfelley  1567.  In-fol.  ;  veau  brun,  compart.,  tr.  dor. 

Exemplaire  de  dédicace  au  roi  CHARLES  IX,  avec  son  chiffre,  ses  armes 
et  sa  devise  :  Pietate  et  Justicia ,  sur  les  plats  et  sur  le  dos  de  la  reliure ,  qui 
a  été  habilement  restaurée  (voir  la  reproduction  au  catalogue  illustré). 

On  ignorait  jusqu'à  ce  moment  le  nom  de  l'artiste  qui  a  exécuté  les  rares 
reliures  aux  armes  de  ce  souverain ,  et  on  a  cru  pouvoir  les  attribuer  à  Nico- 
las Eve,  qui  semble  pourtant  n'avoir  travaillé  que  pour  Henri  HT  et  Henri  IV, 
car  les  documents  que  nous  possédons  sur  lui  ne  remontent  pas  au-delà  du 
règne  du  premier  de  ces  rois.  Ainsi  entre  Pierre  Roffet,  dit  Le  Faucheux,  re- 
lieur de  François  le^  et  d'Henri  H,  et  ce  Nicolas  Eve,  il  existait  dans  l'histoire 
de  la  reliure  une  lacune  d'une  trentaine  d'années  au  moins  :  c'est  M.  Lortic 
qui  a  eu  la  bonne  fortune  de  combler  cette  lacune  par  la  découverte  qu'il 
a  faite  du  nom  du  relieur  de  Charles  IX.  Nous  devons  à  l'obligeance  de  ' 
M.  Lortic  de  pouvoir  communiquer  à  MM.  les  bibliophiles  cet  important 
renseignement. 

Qui  eût  cru  que  c'est  dans  un  livre  de  médecine  qu'on  trouverait  le  nom 
de  ce  relieur?  C'est  pourtant  le  chirurgien  de  Charles  IX,  le  célèbre  Ambroise 
Paré,  qui  nous  le  fait  connaître.  Dans  son  Traicté  de  la  peste  (Paris ,  1568, 
in-8),  à  peine  cité  par  M.  Brunet,  il  rapporte  (p.  226),  un  cas  singuUer  de 
petite-vérole  qu'il  a  constaté  en  1568  chez  «  une  petite  enfant  aagée  de 
«  quatre  à  cinq  ans,  fille  de  CLAUDE  PIQUÉ ,  relieur  des  livres  du  Roy,  dé- 
fi meurant  rue  saint  lacques  à  Paris  ». 

On  ne  saurait  avoir  à  cet  égard  un  document  plus  authentique. 

Ce  beau  volume  provient  de  la  collection  de  M.  le  baron  Pichon. 

670.  BEDA.  (Historia  ecclesiastica  gentis  Anglorum.)  S.  l.  n.  d. 


HISTOIRE  ANCIENNE   ET  MODERNE.  209 

[Strasbourg y  Eggesteyn^  vers  i473).In-fol.,  goth.,  à  2  col.; 
mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  [Lortic). 

Première  édition,  fort  rare.  Magnifique  exemplaire,  très-grand  de  marges. 

671.  JOVIUS.  Pavli  Jovii  Novocomensis  episcopi  nvcerini ,  de 
vitaLeonis  decimi,  Pont.  Max.  libri  qvatvor...  Floreniise^  ex 
off\  Laurentii  Torrentinij  i549.  Ii^^-fol.  ;  mar.  brun,  riches 
compart.  en  or  et  en  mosaïque,  tr.  dor. 

Exemplaire  à  la  reliure  de  GEOLIER,  avec  son  nom  et  sa  devise.  C'est  as- 
surément Tune  des  plus  belles  qui  aient  été  faites  pour  ce  bibliophile  célè- 
bre (  voir  la  reproduction  au  catalogue  illustré). 

IV.  HISTOIRE  ANCIENNE  ET  MODERNE.  • 

672.  JUSTINUS.  (In  Trogi  Pompei  historias  lib.  XLIV.)  (A  la 

fin:) 

Megalltu  uenela  lensonNicolausinurbe 
Formauit  :  Mauro  principe  Christophoro,.. 

M.CCCC.LXX{\[\^6).  Gr.  in-4;  mar.  rouge ,  riches  com- 
part., tr.  dor.  (Lortic). 

Première  édition. 

Bel  exemplaire,  très-grand  de  marges.  Au  premier  f.,  un  large  encadre- 
ment fort  bien  enluminé  ;  nombreuses  bordures  historiées  ;  toutes  les  grandes 
initikles  de  chapitres  sont  peintes  en  or. 

673.  JUSTIN.  Les  OEvvres  de  ||  lustin  vray  hystorîographe,  sur 
les  faictz  et  gestes  de  Troge  Pompée,  contenant,  xliiii.  li- 
ures  traduictz  de  Latin  en  Frâcoys,  ||  Nouuellement  impri- 
mez j4  Paris  Mil  cinq  cens,  xxxmj  (i538)...  (A  la  fin  :  ) 
Nouellement  translate  de  Latin  en  Francoys  par  maistre 
Guillaume  Michel  dict  de  Tours.  Nouuellemet  imprime  a  Paris 
par  Denys  lanot...  In-fol.,  gotb.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge, 
fil.,  tr.  dor.  [Trautz-Bauzonnet). 

Édition  originale  et  fort  rare  de  cette  traduction.  Elle  contient  plusieurs 
gravures  sur  bois  remarquables  par  la  correction  et  la  fermeté  du  dessin. 
Superbe  exemplaire,  avec  témoins. 

674.  JOSEPHE  (Flavius).  Lhistoire  escripte  pre||mierement  en 
Grec  par  losepbus  le  luif  aucteur  ||  tresnoble  et  ancien  Et  en 
après  mise  en  La]|lin  dont  elle  a  este  depuys  faicte  ||  fran- 
coyse...  (A  la  fin  i)...  Et  fut  accomplye  de  imprimer  le  huy- 
tiesme  iour  Doctobre  mil  cinq  cens  et  trete  par  (  1 53o)  Nico- 
le 


210  •  HISTOIRE. 

las  Saué\tier  Imprimeur..  Pour  honnestes  personnes  Galliot 
du  prey  Poncet  le  preux  et  Claude  Cheuallon  Libraires..,  In- 
fol.,  goth.;  mar.  vçrt,  'doublé  de  mar.  rouge,  dent,  de  feuil- 
lage en  mosaïque,  Ir.  dor.  ;  étui  de  mar.  rouge  [Lortic). 

Précieux  exemplaire  sur  yéun  ,  avec  miniatures  et  initiales  enluminées. 
Le  titre  nous  paraît  refait,  et  il  diffère  complètement  de  celui  cité  au  Manuel, 

675.  HERODOTI  libri  novem  qvibvs  mvsarvm  indita  svnt  no- 
mina...  (en  grec).  (A  la  fin  :)  Venetiis  indorno^  Aldi  mense 
Septembri.  M.DII.  (i5o2).  In-fol.;  mar*  rouge,  fil.,  Ir.  dor. 

(^Derome). 

Première  édition,  qui  est  non-seulement  un  chef-d'œuvre  de  typographie, 
mais  dont  le  texte,,  revisé  par  Aide  lui-môme,  a  été  reconnu  excellent. 
Très-bel  exemplaire,  avec  notes  marginales  en  grec. 

676.  THVCYDIDES  (en  grec).  (A  la  fin  :)  Fenetiis  in  domx) 
Aldi  mense  Maio,  M.  DU.  (i5o2).  In-fol.,  mar.  rouge, 
compart.,  doublé  de  labis,  tr.  dor.  [Courtesfal). 

Première  édition,  rare.  Magnifique  exemplaire. 


677.  THUCYDIDE.  Lhystoirede  ||Thucydide... translatée  en  lan 
gue  Francoyse  par  feu  mes||sire  Claude  de  Seyssel  ...  (A  la 
fin  :  )  Imprime  a  Paris  [par  lelian  de  lagarde  pour  Gilles  de 
Gourmont].S.  d.  In-fol.;  mar.  rouge,  comp.,  tf.  dor! (Trautz- 
Bauzonnet) . 

Fort  rare.  Très-bel  exemplaire. 

678.  XENOPHON.  Georgii  Gemisti ,  qui  et  Pletho  dicîtur,  ex 
Diodori,  et  Plutarchi  historiis  de  iis,  quae  post  pugnam  ad 
Mantineam  gestasunt,  per  capita  tracta tio.  Herodiania  Marci 
principatu  liistoriar.  libri  octo ,  quos  Angélus  Politianus  ele- 
ganlissime  lalihos  fecit.  Enarratiunculae  antiquae,  etperbreues 
in  totum  Thucydidem. . .  (en  grec) .  (A  la  fin  :}  Fenetiis  in  Aldi 
Neacademia mense octobri  M,DJII{\  5o3).  In-fol.';  mar.  noir, 
fil.,  fleurons,  tr.  dor.  [anc.  reL). 

C'est  dans  ce  volume  que  se  trouve  la  première  édition  des  BetUmqaes 
de  Xénophon.  En  tête  figure  une  épftre  dédicatoire,  fort  intéressante, 
adressée  à  Guido  Pheretrio ,  duc  d'Urbin  ;  elle  a  été  traduite  du  grecs  pour  la 
première  fois  par  M.  Didot,  dans  son  Xlde  Manuce  (pp.  248-251).' 

Exemplaire  ayant  appartenu  au  roi  HENRI  II,  avec  Fécu  de  France  sur 
les  plats.  Dos  refait. 

679.  XENOPHONTIS...    quae    extant    opéra    (en  grec),   yinno 


HISTOIRE  ANCIENNE   ET  MODERNE.  209 

[Strasbourg  y  Eggesteyn^  vers  147  3).  In- fol.,  go  th.,  à  2  col.; 
mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  {Lortic). 

Première  édition,  fort  rare.  Magnifique  exemplaire,  très-grand  de  marges. 

671.  JOVIUS.  Pavli  Jovii  Novocomensis  episcopi  nvcerini ,  de 
vitaLeonis  deciini,  Pont.  Max.  libri  qvatvôr...  Florentiœ,  ex 
off\  LaurerUii  Torrenlinij  i549.  In-fol.  ;  mar.  brun,  riches 
compart.  en  or  et  en  mosaïque,  tr.  dor. 

Exemplaire  à  la  reliure  de  GROLIER,  avec  son  nom  et  sa  devise.  C'est  as- 
surément Tune  des  plus  belles  qui  aient  été  faites  pour  ce  bibliophile  célè- 
bre (  voir  la  reproduction  au  catalogue  illustré). 

IV.  HISTOIRE  ANCIENNE  ET  MODERNE. 

672.  JUSTINUS.  (In  Trogi  Pompei  historias  lib.  XLIV.)  (A  la 
fin  :  ) 

Me  galltu  uenela  lenson  Nicolaus  in  urbe 
Formauit  :  Mauro  principe  Christophoro,,. 

M.CCCC,LXX{i[\^o),  Gr.  in-4;  niar.  rouge ,  riches  com- 
part., tr.  dor.  (Lortic). 

Première  édition. 

Bel  exemplaire,  très-grand  de  marges.  Au  premier  f.,  un  large  encadre- 
ment fort  bien  enluminé  ;  nombreuses  bordures  historiées  ;  toutes  les  grandes 
initikles  de  chapitres  sont  peintes  en  or. 

673.  JUSTIN.  Les  OEvvres  de||  lustin  vray  hystoriographe,  sur 
les  faictz  et  gestes  de  Troge  Pompée,  contenant,  xliiii.  li- 
ures  traduictz  de  Latin  en  Frâcoys,  ||  Nouuellement  impri- 
mez ^  Paris  Mil  cinq  cens,  xxxmj  (i538)...  (A  la  fin  :  ) 
ISouellement  translate  de  Latin  en  Francoys  par  maistre 
Guillaume  Michel  dict  de  Tours.  Nouuellemet  imprime  a  Paris 
par  Denys  lanot...  In-fol.,  goth.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge, 
fil.,  tr.  dor.  {TrautZ'Bauzonnet). 

Édition  originale  et  fort  rare  de  cette  traduction .  Elle  contient  plusieurs 
gravures  sur  bois  remarquables  par  la  correction  et  la  fermeté  du  dessin. 
Superbe  exemplaire,  avec  témoins. 

674.  JOSEPHE  (Flavius).  Lhistoire  escripte  pre|Imierement  en 
Grec  par  losephus  le  luif  aucleur  |{  tresnoble  et  ancien  Et  en 
après  mise  en  La||lin  dont  elle  a  este  depuys  faicle  [|  fran- 
coyse...  (A  la  fin  :  )...Etfut  accomplie  de  imprimer  le  hujr- 

'    tiesme  iour  Doctobre  mil  cinq  cens  et  trete  par  (i53o)  Nico- 
le 


212  HISTOIRE. 

(libri  VII ,  etc.)  de  bello  gallico  ab  ipso  confecto.  (A  ta  fin  :) . . . 
Nicolûi^s  lenson  Gallicçs  f^enetUs  féliciter  impressit.  M. 
CCCC.  LXXI.  (i470-  In-fol.;  mar.  La  ValUère,  fil.  à  froid, 
ornem.y  tr.  dor.  (Dura), 

Magnifique  édition,  ans$i  rare  que  la  première,  celle  de  1469,  publiée  par 
Pannartz  et  Sweynheym.  Très-bel  exemplaire,  à  grandes  marges. 

684.  CESAR.  Les  œuures  et  brefues  exposi||cions  de  Julius  césar 
sur  le  fait  des  batailles  de  gaule.  (A  la  fin  du  texte  :.)...  Im- 
prime a  Paris  par  Michel  le  noir  libraire Lan  mil  cinq  ces 

et  dix  sept  [i  Si 'j)  le  a,  iour  daoast.  Pet.  in-4,  goth.,de  i38 
ff.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge,  fil.  à  fr.,  ornem.,  tr.  dor. 
{Cape), 

Rare.  Bel  exemplaire.  Piq.  de  vers  race.  * 

685.  TACITUS  (Cornélius).  Annalium  et  historiarum  libri  su- 
perstites,  etc.  (A  la  fin  :) 

Finis  Deo  laus 
Ceiareos  mores  scribit  Cornélius.... 

pressa 

Spirapremens  :  artis  gloria  prima  sue, 

S.  1.  n.  d.  [Fenise,  Vindelin  deSpire^  i47o)«  In-fol.;  mar. 
rouge,  fil.,  tr.  dor.  [Lortic). 

Première  édition,  précieuse  et  rare. 

Très-bel  exemplaire,  avec  des  notes  manuscrites  sur  les  marges. 

686.  SUÉTONE.  Svetone  |[  Tranquile  des  faitz.  Et  Gestes  ||  des 

douze  Césars...    (A  la  fin  :  )  Nouuellenîet  trastaiez  de 

latî  enfràcojrs  par  Guillaume  Mie  fiel  die  t  de  tours.  Et  njou- 
uellement  imprime  a  Paris  par  maistre  Pierre  Vidoaee  (sic) 
imprimeur  pour  GalliotduPre....  ^fut  acheue  le  Xi^i  iour.  de 
FeburierMiLv.  cens  (f, vingt  (i52o).  In-fol.,  fig.  s.  bois;  mar. 
vert,  fil.  à  froid,  tr.  dor.  (Kœhler). 

Première  édition,  fort  rare,  de  cette  traduction.  Le  Jlfanue/ n'indique  à  la 
même  date  qu'une  édition  in-8o  qui  n'est  pas  la  même. 

Magnifique  exemplaire  ,  grand  de  marges  et  très-pur  ;  le  dernier  f.,  qui 
ne  contient  que  la  souscription,  a  été  remargé. 

687.  PROCOPIVS.  De  Bello  persico  (per  Raphaël.  Volaterra- 
nura  conversum).  (A  la  fin  :  )  Impress^m  Romœ  per  E. 
Silher  al^  s  Franck...  iSog.  In-4  î  veau  brun ,  comp.  en  mo- 
saïque, large  dorure  au  pointillé,  \olules  et  fleurs  en  or  eten 
couleurs,  tr.  dor.  {rel.  du  XFP  siècle). 


HISTOIRE  DE  FRANGE.  2i3 

Reliure  de  toute  beauté ,  exécutée  pour  Thomas  MAIOLI  (voir  la  repro- 
duction au  catalogue  illustré).  Conservation  parfaite. 

688.  EGNAZIO.  Svmmaire  de  Chroniqves,  contenans  les  Vies, 
Gestes  et  Cas  Fortuitz,  de  tous  les  Empereurs  Deurope,  De- 
puis Iules  César,  lusques  a  Maximilian  dernier  decede.... 
Faict  Premièrement  en  Langue  Latine  par  Vénérable  et  Dis- 
crète personne  lehan  Baptiste  Egnace,  Venicien.  Et  Trans- 
late de  ladicle  Langue  Latine  en  Langaige  Francoys.,  par 
Maistre  Geoffroy  Tory  de  Bourges.  On  les  vendu  Paris,  a 
Lemeigne  du  Pot  casse,,,  (A  la  fin:)  Ce  présent  Liure  fut 
aclieue  dimprimer  a  Paris  le  XIII,  iour  Dapuril  M,  D,  XXIX, 
(1529)  pour  Maistre  Geofroy  Tory  de  Bourges^  qui  le  vend 
au dict  Paris  a  Lenseigne  du  Pot  casse,  In-8;  veau  brun, 
om.  à  fr.,  tr.  dor.  [rel,  du  XVP  siècle). 

Une  des  productions  rares  de  Tory. 

Exemplaire  irréprochable,  dans  sa  reliure  originale,  dite  au  Tôt  cassé , 
exécutée  dans  les  ateliers  de  Tory.  Le  dos  et  les  bords  du  plat  supérieur  ont 
été  refaits. 


V.  HISTOIRE  DE  FRANCE  et  de  L'ORIENT  LATIN. 

689.  LE  MAIRE.  Les  Illustrations  de||  Gaule  et  Singularitez  de 
Troye  ||...  Auec  Les  deux  epistres  de  Lamant  Vert.  Côpo- 
sees  II  par  lan  le  Maire  de  Belges.  (A  la  fin  :).  Imprime  A 
Lyon ,  par  Estienne  Haland  Imprimeur Et  se  vendent  au- 
dit lieu.  Et  sus  maistre  lacques  Maillet  libraire  (iSog).  — 
Le  secod  liure  des  Ulustratiôs  de  ||  Gaule  et  sjngularitez  de 
Troye.  || ...  (A  la  fin  :).  Imprime  a  Lyon  Par  maistre  Estiene 
Baland  Imprimeur,  Imu  Mil,  v^,  xij  (i5i2).  Et  le  ,xlj^  iour 
du  moys  de  Nouemhre  Pour  Geuffray  de  marnef,,,  —  Le 
tiers  Liure  des  Ulustratiôs  de  Gaule  et  Singu||laritez  de  Troye, 
Intitule  nouuellement  de  France  Orientale,  et  ||  Occiden- 
tale  (A  la  fin  :)  Imprime  a  Paris  ou  moys  de  luillet,  la 

Mil  cincq  cens  &  treize  (i5i3).  Par  le  cômandemet  de  Mais- 
tre lan  le  Maire Pour  Geoffroy  de  MarneJ,.,  —  Le 

Traiclie  Intitule,  de  la  differêce  des  scismes  ||  et  des  concilies 
de  leglise.  Et  de  la  pree||niinence  et  vtilite  des  concilies, 
de  II  la  saincte  église  Gallicaine...  par  lan  Le  Maire,  de 
Belges.  M.  v^.  el.  xj.  (A  la  fin  :)  Imprime  a  lyon  ou  Moys 
de  May  lan  Mil.  v^  et  xj,  (  1 5 1 1  ). . .  Par  Esticne  Baland  Im- 
primeur  -  LA  légende  des  Vénitiens. . .  (A  la  fin,  la  mar- 
que de  De  Marnef;  le  privilège  de  Lyon  est  en  date  du  3o 
Juillet  iSog).  —  Spart,  en  i  vol.  in-4,  fig.  sur  bois;  mar. 


2i4  HISTOIRE. 

lie  devin,  fil.,  armes  de  Louis  XI  en  mosaïque  au  milieu 
des  plats,  dos  orné,  feuillage  et  mosaïque,  tr.  dor.  {Lortic). 

Recueil  complet  en  éditions  originales ,  ce  qui  est  peu  commun.  Figures  « 
sur  bois  très-remarquables. 

Superbe  exemplaire ,  rempli  de  témoins  et  presque  non  rogné. 

690.  (?  MAMEROT,  Séb.)  Les  Passa||ges  de  oultre  ||  mer.  Du 
noble  Godefroy  de  buillon  ||  qui  fut  roy  de  Hierusalem.  Du 
bon  II  roy  sainct  Loys,  et  de  plusieurs  verjjtueux  princes  qui 
ce  sont  croisez  pour  ||  augméter  ^  soustenir  la  foy  crestiêne. . . 
Ils  se  vendent  en  la  rue  sainct  laques  a  /enseigne  de  Lele- 
pliât  deuant  les  Mathurins.  (A  la  fin  ,  la  marque  de  François 
Regnault.)  In-8,  goth.;  mar,  rouge,  fil.  à  comp.,  tr.  dor. 
{Bauzonnet-  Trautz) .  . 

Première  (?)  édition,  fort  rare.  Très-bel  exemplaire;  le  titre  est  refait. 

691.  (?  MAMEROT,  Séb.)  Les  passaiges  doultremer  ||  faitz  par 
les  francoys...  (A  la  fin  :)...  Nouueilement  imprime  a  Paris. 
Le  vingt  septiesme  iour  de  Nouenibre  Lan  mil  cinq  cens  et 
dixhuyt  (i5i8).  Par  Michel  le  Noir.,.  Pet.  in-fol.,  goth.,  à 
2  col.,  front,  gr.  s.  bois;  mar.  fauve,  compart.  à  froid, 
tr.  dor. 

Deuxième  édition,  très-différente  de  la  première,  et  encore  plus  rare. 
Très-bel  exemplaire ,  avec  témoins  au  bas  et  sur  les  côtés  des  marges  ; 
race,  à  la  marge  de  plusieurs  ff.  à  la  un. 

692.  VILLEHARDOUIN.  L'Histoire  de  Geoffroy  de  Villehar- 
dovyn,  mareschal  de  Champagne  et  de  Romenie;  de  la  con- 
queste  de  Constantinople  par  les  Barons  François  associez 
aux  Vénitiens,  Tan  1204.  d'un  costé  en  son  vieil  langage  ; 
et  de  l'autre  en  vn  plus  moderne  et  intelligible,  par  Biaise 
de  Vigenere...  Paris,  Abel  CAngeliery  i585.  In-4;  ttiar. 
La  Vallière,  fil.  à  compart.,  tr.  dor.  {lÂ)rtic). 

Première  édition.  Superbe  exemplaire ,  rempli  de  témoins. 

693.  JOIN VILLE.  L'histoire  et  Cronîqve  dv  treschresiien  roy 
S.  Loys,  IX.  du  nom,  et  xliiii.  Roy  de  France.  Escritte  par 
feu  messire  lan  Sire,  Seigneur  de  lonuille  (sic)...  Et  main- 
tenant mise  en  lumière  par  Antoine  Pierre  de  Rieus.  A  Poi^ 
tiers,  Enguilbert.  de  Marnef.  S.  d.  (i547).  ï*^""4;  iwar.  bleu, 
fleurs-  de  lis  aux  angles  des  plats,  tr.  dor.  {TrautZrBauzim'' 
net). 

Première  édition,  fort  rare.  Très-bel  exemplaire. 


HISTOIRE  DE  FRANCE.  245 

694.  GAGUIN.  Corapendiura  Roberti  Gaguini  super  Francorum 
gestis  :  ab  ipso  recognitum  et  auctnm.  (A  la  fin  :)...  hn- 
pressit...  Tluelmànu^  keruer,.,  in  incljto  parrisioru  gymna- 
sio  imptsis bibliopolaruni  Durandi  Gerlerii  et  Joanis  par- 
ai. Anno M.  quingétesimo  (i5oo).  Adidus  ianurias  (sic). 

In-fol.,  fig.  s.  bois;  niar.  rouge, fil.  à  comp.,  Ir.  dor.  [Bau- 
zonnet). 

La  plus  belle  édition  de  cet  ouvrage. 

Précieux  exemplaire  imprimé  sur  vélin.  Le  titre  nous  semble  refait. 

695.  FROISSART  (Jehan).  Le  premier  [le  second,  le  tiers  et  le 
quart]  volume  ||  de  froissart.  ||  Des  cronîques  De  France. 
Dangleterre,  Descoce,  ||  Despaigne,  De  Bretaigne,  De  Gas- 
cogne, De  flandres  ||  Et  lieux  circunvoisins.  (A  la  fin  du 
t.  l®*"  :).  Cy  fifiist  le  premier  volume.,.  Imprime  pour  anthoine 
verard  marthîit  libraire  demourant  a  paris  aeuant  la  me 
neufue  nostre  dame  prcs  Ihostel  Dieu.,.  (A  la  fin  du  t.  IV  :  ) 
Cyfinist  le  quart  volume  de  Mes  sire  iehan  froissart...  Im- 
prime a  paris  pour  Anthoine  verard  marchant  libraire  demou- 
rant a  paris  sur  le  pont  nostre  dame....  S.  d.  4  tomes  en  3 
vol.  in-fol.,  goth.,  a  2  col.;  mar.  bleu,  riches  compart.  en 
or  et  à  froid,  écu  de  France  au  milieu;  doublé  de  mar. 
rouge  semé  de  fleurs  de  lis,  gardes  en  soie,  tr.  dor.;  étuis  de 
mar.  La  Vallière  {Lortic). 

Première  édition,  fort  rare.  Le  t.  1er  est  de  second  tirage  (vers  1500),  et 
les  trois  autres,  qui  portent  dans  la  souscription  l'adresse  sur  le  'pont  nostre 
dame,  sont  de  premier  tirage ,  bien  que  les  initiales  gravées  sur  bois  qui 
commencent  le  titre  de  chaque  volume  représentent  deux  têtes,  ce  qui,  selon 
M.  Brunet ,  indiquerait  le  second  tirage.  Cette  distinction  est  loin  d'offrir 
une  certitude  complète ,  car  elle  se  trouve  en  contradiction  avec  l'adresse  ci- 
dessus  qui  est  bien  celle  qui  figure,  d'après  M.  Brunet  lui-même,  aux  exem- 
plaires de  premier  tirage.  D'ailleurs  ces  deux  tirages  sont  absolument  identi- 
ques ,  page  pour  page  ;  il  se  peut  que  Verard  ait  mis  successivement  deux 
titres  différents  et  qu'il  ait  fait  tirer  de  nouveau  la  dernière  feuille  de  cha- 
que volume  pour  modifier  son  adresse  après  le  changement  de  domicile. 

Superbe  exemplaire ,  très-grand  de  marges  et  couvert  d'une  riche  re- 
liure. 

696.  MOINSTRELET.  Le  premier  [le  second  et  le  tiers]  volume 
de  enguerran  de  monstrellet  Ensuyuant  froissart  naguerres 
imprime  a  Paris...  (A  la  fin  du  t.  111  :  )  Imprimez  a  paris  pour 

Anthoine  verard demourant  a  paris  deuant  la  rue  neufue 

nostre  dame,  S.  d.  (vers  i5oo).  3  tomes  en  2  vol.   in-fol., 
goth.;  mar.  vert  foncé,  compart.  dor.  et  en  mosaïque,  dou- 


216  HISTOIRE. 

blé  de  mar.  rouge,  avec  un  semis  de  fleurs  de  lis  d'or,  gardes 
en  soie  moirée  rouge  antique,  tr.  dor.  ;  étuis  de  mar,  rouge 

(Lortic). 

Exemplaire  sur  vélin  de  la  seconde  édition  sans  date.  Il  contient  six  mi- 
niatures de  la  grandeur  des  pages  (  voir  une  reproduction  en  camaïeu  au 
catalogue  illustré)  et  cent  cinquante-neuf  petites,  toutes  parfaitement  goua- 
chées.  Ce  chef-d'œuvre  de  Vérard,  destiné  sans  aucun  doute  par  l'édi- 
teur à  une  tête  couronnée,  a  été  acheté  18,000  fr.  en  1862  à  M.  Techener. 
Tous  les  bibliophiles  savent  que  ce  précieux  exemplaire  était  incomplet  d'un 
f.,  remplacé  par  un  feuillet  sur  papier;  il  a  été  refait  sur  vélin  piar  M.  Pi- 
linski. 

La  reliure  de  ces  deux  volumes  est  d'une  richesse  inouie,  et  elle  fait  le 
plus  grand  honneur  au  talent  de  M.  Lortic.  Le  dessin  des  plats  offre  une  sa- 
vante combinaison  des  plus  beaux  motifs  d'ornement  du  XVI«  siècle  ;  on  y 
voit  des  mascarons,  des  rosaces,  des  oiseaux,  des  entrelacs  de  branches  de 
chêne  et  de  laurier  sortant  des  cornes  d'abondance ,  des  cartouches  mosaï- 
ques avec  fleurs  de  lis.  Au  milieu ,  figure  l'écusson  aux  armes  de  France 
également  en  mosaïque.  On  en  jugera  d'ailleurs  par  la  reproduction  que  nous 
en  donnons  au  catalogue  illustré.  L'exécution  ne  laisse  rien  à  désirer.  C'est 
la  seule  reliure  que  M.  Lortic  ait  exécutée  en  ce  genre,  et  elle  ne  saurait  être 
mieux  placée  que  sur  un  livre  de  l'importance  de  celui-ci. 

697.  (PORCHIER,  Etienne.)  Le  Rozier  historial  de  France  || 
Contenant  deux  Roziers...  Hz  se  vendent  a  Paris  en  la  rue 
saint  laques  a  lenseigne  sainct  Claude.  (A  la  fin  :  )  C^y^''^ 
/e  Rosier  hfstorial  defrance  nouuellement  imprime  a  Paris  le 
.r^t'/®  iour  de  Feurier  Lan  mil  cinq  cens  et  xxii  (iSas)  auant 
Pasques,  In-fol.,  goth.,  à  2  col.,  fig.  s.  bois;  veau  fauve, 
fil,,  Ir.  dor.  {Simier). 

Première  édition  de  cet  ouvrage  écrit  par  ordre  et  avec  le  concours  du 
roi  Louis  XI.  Au  baS'  du  titre ,  est  une  grande  figure  sur  bois ,  divisée  en 
quatre  compartiments  qui  représentent  autant  d'ordres  de  bataille.  Au  v®  de 
ce  f.,  se  trouve  un  privilège  pour  François  Regnault,  libraire,  à  la  date  du 
20  mars  1522.  Le  f.  suivant  commence  par  une  figure  qui  représente  Fau- 
teur ofTrant  son  livre  au  roi  ;  elle  est  suivie  d'une  pièce  de  vers,  contenant 
l'anagramme  de  l'auteur,  Estienne  Porchier  (voir,  sur  lui,  la  note  du  n*  39, 
ci-dessus).  Les  nombreuses  figures  intercalées  dans  le  texte  représentent 
des  portraits  des  rois ,  et  des  scènes  tirées  de  l'histoire. 

Rare.  Très-bel  exemplaire ,  de  la  coll.  Yemeniz. 

698.  Croniqve  sommairement  traictee  des  faictz  heroiqves  de 
lovs  les  Rois  de  France ,  et  des  personnes  et  choses  mémo- 
rables de  leurs  temps.  Ljon,  Cl.  Hatidin,  1570.  In-8.  ;  mar. 
olive,  doré  en  plein,  fleurs  de  lis  sur  les  plats  et  riches  bor- 
dures, tr.  dor.  (C/om  E\^e?), 


HISTOIRE  DE  FRANCE.  917 

•  Livre  orné  de  59  portraits  des  rois  de  France ,  gmvéB  à  Teau-forte  et  si- 
gnés d'un  double  G. 

Exemplaire  aux  armes  d*HENRI  IV,  placées  au  milieu  d'un  semis  de 
fleurs  de  lis  entouré  d'un  double  compartiment  renfermant  une  guirlande 
de  marguerites  et  de  fougères  (voir  la  reproduction  au  catalogue  illustré). 
Cette  superbe  reliure  dorée  à  petits  fers  est  de  la  plus  belle  conservation. 

699.  COMMINES  (Ph.  de;.  Cronique  f  HyI|stoire  faicte  et  cô- 
posee  par  feu  messi||re  Philippe  de  Comines. . .  contenât  les 
choses  aduenues  ||  durât  le  règne  du  roy  Loys  vnziesme...  // 
se  vend  a  Lyon  sur  le  Rosne  en  la  maison  Claude  nourry^  dit 
le  Prince  :  auprès  de  nostre  dame  de  Confort.  (A  la  fin  :  )... 
Et  fut  aciieuee  dimprimer  le.  xij.  iour  du  moys  Dauril  Lan 
mil  cinq  cens,  xxvj  (iS^ô).  par  Claude  Nourry...  Gr.  in-4, 
goth.,  fig.  s.  boisj  mar,  rouge,  fil.,  semis  de  fleurs  de  lis, 
Pécu  de  France  en  mosaïque,  tr.  dor.  (Lortic). 

Édition  rare.  Magnifique  exemplaire ,  avec  nombreux  témoins. 

700.  COMMINES  (Ph.  de).  Croniques  ||  du  Roy  Charles  huyties- 
me...  Co||pile  et  mise  par  escript  en  forme  de  mémoires 
par  II  Messire  Phelippes  de  Comines  cheualier  seignr  Dar- 
gêto...  On  les  vend  a  Paris  a  la  rue  saîct  iacqs  alenseigne 
du  Pellicanj  ^  a  Poictiers  au  Pellican.  (A.  la  fin  :)  Fin  Des 
Croniqs  du....  Roy  Charles  huytiesme...  Et  furet  acheuez 
dimprimer  lan  mil  clq  ces  .xxmi.  Le  .xx^.  iour  de  Septebre. 
Pour  maistre  Enguillehert  de  Marnefj  libraye  (sic)  iure  de 
luniuersite  de  Paris.  Pet.  in-fol.,  goth.,  fig.  s.  bois;  mar. 
bleu,  semé  de  fleurs  de  lis,  tr.  dor.  {Cape). 

Première  édition  de  cette  chronique  qui  fait  suite  à  la  précédente.  Très- 
bel  exemplaire ,  avec  témoins.  Qq.  race. 

701 .  DOLET  CÉt.).  Les  Failz  ^  ge||stes  du  Roy  Frâcoys  :  premier 
de  ce  nô  ||  tant  contre  Lêpereur  que  ses  subiectz  ||  ^  aultres  na- 
tions estrâges  :  Depuys  ||lan  mil  cinq  cens  treize  iusques  a  pré- 
sent. Composez  par  Eslienne  Dolet.  ||  La  prinse  de  Luxe- 
bourg,  Làdrezy  11  f  aultres  villes  circunvoysines.fl  Les  Fiâmes 
prins  a  Cherebourg||  par  les  habitans  de  la  ville.  ||  Le  trium- 
phant  Baptesme  de  mon||sieur  le  duc  :  premier  Filz  de  mon- 
sieur ||  le  Uaulphin.  ||  La  description  dung  enfant  ne  en  ||  forme 
de  monstre  aux  basses  Alleniai||gnes  *^*  x.  f.  ^ d.  [lo  feuilles  et 
1/2].  S.  Ln.d,  (v.  i544)-  P^L  in-8,  goth., de  6  ff.  prél.  et  78 
ff.  ch.,sign.  A. -P.;  mar.  rouge,  fil.,  \?k Salamarulre  co\xvoviX\é^ 
et  le  chiffre  de  François  I"  aux  angles;  doublé  de  mar.  bleu, 
dent.,  tr.  dor.  {Lortic). 


218  HISTOIRE. 

Seule  édition  publiée  en  caractères  gothiques,  et  plus  complète  ,>pour  la 
partie  historique,  que  les  deux  premières  (1540  et  1543)  :  même  dans  les 
chapitres  qui  se  trouvent  dans  Tune  etdansTautre,  celle-ci  contient  plusieurs 
passages  nouveaux.  Voici  d'ailleurs  sa  composition  :  épitre  dédicatoire ,  sans 
date  (elle  est  datée  du  12  août  1539  dans  Tédit.  de  1540);  —  table  des  ma- 
tières ; — mention  delà  naissance  de  l'enfant  monstre  en  1544  (f.  6  \^)  ; — les 
Gestes  de  François  le»*,  divisés  en  trois  livres,  dont  le  dernier  n'avait  qu'un  cha- 
pitre dans  l'édit.  de  1540;  la  suite  compte  deux  chapitres  :  La  venue  de  Lem- 
pereur  en  France  auecques  son  entrée  a  Paris  et  lordre  qui  y  fut  tenu  :  et  Ihonneur 
a  luy  faict.  Et  comme  le  duc  de  Gueldres  vint  en  fronce  et  y  fut  marie  (chap.  II, 
f.  XLvn  r®)  ;  La  Prinse  de  Luxebourg  (1539) ,  etc.,  qui  finit  au  f.  lv  ^)  ;  — 
Epistre  contenante  les  faictz  de  guerre  des  ans  1542  et  1543,  divisée  en  six 
chapitres,  et  qui  finit  ainsi  :  Finis.  \\  Imprime  Nouueïlement;  — Deffaicte  des 
Flamens  deuant...  Cherebourg  (14  février  1543)  :  2  ff.,  terminés  par  Fécu  de 
France  gr.  s.  bois  (f.  Ixxv  v»,  mal  chiffré  au  lieu  de  Ixxiv)  ;  —  Le  Trium\\phant 
bàptesme  \\  de  monseigneur  \\  le  Duc  Premier]]  fUt  de  môseignr  \\  le  Daulphin 
(10  février  1543)  :  ce  titre  occupe  un  f.  à  part,  et  le  récit  du  baptême  termine 
le  volume  (f.  Ixxviii  v®)  par  le  mot  :  Finis, 

SEUL  EXEMPLAIRE  CONNU  de  ce  volume  précieux,  qui  avait  appar- 
tenu à  L.  Aimé-Martin  et  à  J.  Goppinger.  Il  était  rogné  presque  à  la  lettre  : 
M.  Debroise  Ta  remargé  avec  une  habileté  extraordinaire. 

702.  BELLAY  (du).  Les  Mémoires  de  Mess.  Martin  Dv  Bellay 
seigneur  de  Langey,  contenans  le  discours  de  plusieurs  choses 
avenues  au  Royaume  de  France,  depuis  Tan  M.  D;  XIII. 
jusques  au  trespas  du  Roy  François  premier,  ausquelsl'au- 
theur  a  inséré  trois  livres  et  quelques  fragmens  des  Ogdoades 
de  GuilL  du  Bellay,  son  frère.  OEuvre  mis  nouvellement  en 

lumière,  et  présenté  au  Roy  par  Mess.  René  du  Bellay 

Paris  y  P.  rHuillier,  1671.  In-8  ;  veau  fauve,  riches  oom- 
part.  en  or  et  en  mosaïque ,  tr.  dor.  et  cis.  [reL  du  XFP 
siècle) , 

Magnifique  exemplaire ,  réglé ,  couvert  d'une  belle  reliure  aux  armes  du 
cardinal  de  BOURBON- VENDOME ,  roi  des  Ligueurs  sous  le  nom  de 
CHARLES  X  (voir  la  reproduction  au  catalogue  illustré). 

703.  VALDOR.  Les  Triomphes  de  Lovis  leJvste  XIII.  dv  nom... 
contenant  les  plvs  grandes  actions  ov  Sa  Majesté  s'est  trou- 
vée en  personne ,  représentées  en  Figures  i£nigmatiques  ex- 
posées par  vn  Poème  Héroïque  [en  latin]  deCh.  B^s,  et 
accompagnées  de  vers  François  sous  chaque  Figure,  com- 
posez par  P.  de  CORNEILLE.  Avec  les  portraits  des  rois, 
princes  etgénéravx  d'armées,  qui  ont  assisté...  Lovis  lelvste 
Combattant;  Et  leurs  Ueuises  et  Expositions  en  formed*ÉIo- 
ges^par  H.  Estienne...  Ouurage  entrepris  et  fini  par  Jean  Val- 
dor.  Paris,  imprimerie  royale,  par  Antoine  Estiene,  1649. 


HISTOIHE  DE  FRANCE.  249 

Gr.  in-foL,  fig.  ;  mar.  rouge,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.   {anc. 
reL). 

On  trouvera,  dans  la  Bibliographie  cornélienne  de  M.  É.  Picot  (n»  195), 
une  description  détaillée  de  ce  bel  ouvrage,  curieux  à  bien  des  titres. 

Exemplaire  de  dédicace,  couvert  d'une  excellente  reliure  aux  armes  et 
au  chiffre  couronné  de  la  reine  ANNE  D'AUTRICHE.  Il  provient  de  la  coll. 
Double. 


704.  BOURDIGNÉ  (Jean  de).  Hystoire  agregatiue||des  Annalles  et 
cronicques  Daniou  contenant  le  com||mencement  et  origine, 
auecques  partie  des  cheuale|lreux  et  marciaulx  gestes  Des 
magnanimes  prin|]ces,  consulz ,  contes  et  ducs  Daniou.  Et 
pareill|lement  plusieurs  faicts  dignes  de  memoi||re,  aduenuz 
tant  en  France,  Italie,  Espaigne,  Angleterre,  Hierusalem  et 
autres  royaulmes||  —  RecueiI||Iies  et  mises  en  forme  par  no- 
ble et  Discret  missire  (sic)  ||  Jehan  de  bourdigue,  prestre, 
docteur  es  droictz,  ||  et  Depuis  reueues  et  additionnées  par  le 
yVialeur.  On  les  vend  à  l4ngiers  en  la  boutique  de  Charles 
de  boingne  et  Clément  alexandre  marchans  libraires  iurez 
de  luniuersite  dudit  lieu.  (A  la  fin  :  ).. .  Nouuellement  impri^ 
mees  a  Paris  par  Anthoyne  couteau  imprimeur,  Pour/hon- 
nestes  personnes  Charles  de  boigne^  et  Clément  alexandre,,,. 
Et  furent  acheuees  de  imprimer  au  mojs  de  Januier,  Lan 
mil  ciîui  cens,  xxix  (1529).  In-fol.,  goth.,  fig.  s.  bois; 
mar.  rouge  jans.,  tr.  dor.  [Duru), 

Première  édition,  fort  rare.  Auv»  du  4ef.,  se  trouve  une  curieuse  gra- 
vure sur  bois  qui  occupe  la  page  entière  et  représente  l'auteur  offrant 
son  livre  à  Louise  de  Savoie ,  mère  de  François  l^^y  assise  sur  le  trône  ,  en 
présence  des  grands  dignitaires  du  royaume. 

Magnifique  exemplaire,  très-pur,  avec  témoins.  Delà  coll.  Desq. 

705.  (BOUCHARD,  Alain.)  Les  grades  croniques  de  ||  Bretaîgne, 
nouuellement  Imprimées  a  Paris  :  tant  de  la  ||  grande  Bre- 
taigne  depuis  le  roy  Brutus  qui  la  conquist...  que  aussi  de 
nostre  bretaigne  de  présent  depuis  la  ||  conqueste  du  roy  conan 
meriadec  ||  breton,  qui  lors  estoit  appelle  le  royaulme  dar||- 
morique  iusques  au  temps  et  trespas  de  francoys.  ii.  de  ce 
nom  duc  de  Bretaigne  ...  (A  la  fin  :  )  Imprimées  a  Paris  par 
lehan  de  la  roche  imprimeur  demourZt  en  la  rue  sainct  lac- 
ques,  pour  Galtiot  du  pre,..  Le  xxv  de  nouemhre  Mil  cinq 
cens  et,  xiiii.{  i5i4).  Pet.  in-fol.,  golh.,  à  2  col.,  fig.  s.  bois: 
veau  brun  à  compart.  gauffrés  (anc,  rel,). 


220  HISTOIRE. 

Première  édition,  ornée  de  curieuses  gravures  sur  bois,  dont  la  dernière 
(dem.  f.  ro)  représente  les  sept  saints  de  Bretagne.  Excessivement  rare. 
Très-bel  exemplaire.  Le  f.  de  titre  est  refait. 

706.  BOUCHET  (Jehan).  Les  Annalles  Dacqiiitaine  ||  Faîctz  et 
gestes  en  sommaire  des  roys  de  France  et  Dangleterre,  ||  pays 
de  Naples  et  de  Milan,  Reueues  et  corrigées  par  ||Lacteur 
mesmes  iusques en  lan  Mil  cinq  cens||  trente  et  cinq  et  de 
nouuel  iusques  en  lan  iJMil  cinq  cens,  xxxvii...  On  les  vend  a 
Paris... par  Guillaume  lebret.  Mil,  D.  xxxifii.  (A la  fin  :)  Cjr 

'  finissent  les  Annalles  Dncqnitaine...  Et  ont  este  acheuees  de 
Imprimer  a  Paris  le  premier  iour  de  luing  mil  cinq  cens. 
xxxm  (1537).  Gr.  in-4;  goth.,  mar.  rouge,  riches  com- 
part.,  tr.  dor.  {Thompson). 

• 

C'est  le  meilleur  ouvrage  de  Bouchet  qui  Ta  dédié  à  Louis  de  la  Tre- 
moille,  vicomte  de  Thouars.  En  tête  figure  une  longue  épître  en  vers  adressée 
à  Antoine  Ardillon ,  abbé  de  la  Fontaine-le-Gomte. 
Très-bel  exemplaire. 

707.  CHAMPIER  (Symph.).  Le  recueil  ou  croniques  des  hystoi{| 
res  des  royaulmes  daustrasie ,  ou  france  orientale  dite  a  |] pré- 
sent lorrayne  De  hierusalem ,  de  Cicile.  Et  de  la  duché  ||  de 
h^r.  Ensemble  des  sainctz  contes  et  euesques  de  toulx  j| 
contenant  sept  liures  tant  en  latin  que  en  francoys...  Venu' 
dantur  in  vico  rnercuriali  apud  Lugdunum  in  ojficina  Vin- 
cent ij  de  portunarijs  de  tridino.  (A  la  fin:)  Cj finit  le  re- 
cueil des  histoires...  compose  a  nancy  en  lorrayne  et  finjr  lan 
de  grâce  mil.  cccccx,  (i5io)  /e  dixiesme  de  mars  par  maistre 
Simp/iorien  champier...  In-4,  goth.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge, 
fil.,  tr.  dor.  (Trautz- Bauzonnet) . 

Livre  fort  rare.  Magnifique  exemplaire  ,  provenant  des  bibl.  du  prince 
d'Essling  et  de  M^r  le  duc  d'Aumale. 

VL  GHEVALEftlE.  MÉLANGES. 

708.  LA  BERAUDIERE.  I.e  combat  de  sevl  à  sevl  en  camp  clos: 
Par  Messire  Marc  de  la  Beraudiere...  seigneur  de  Maiiuoi- 
sin.  Auec  plusieurs  questions  propres  à  ce  sujet.  Ensemble 
le  moyen  au  Gentil-homme  a  euiler  les  querelles  et  d'en 
sortir  avec  son  hôneur.  Paris ^ /4 bel  l'Angelier^  1608.  In-4; 
mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor .( Kœhler) . 

Livre  tnNs-recherché.  Bel  exemplaire,  provenant  des  bibl.  du  prince  d^Ess- 
ling  et  d'Yemeniz. 


CHEVALERIE.   MÉLANGES.  221 

709.  Constitvtiones  ordinis  velleris  avrei  e  gallico  in  latinum 
conversae.  S.  L  n,  d,  [ArwerSy  Christ,  Plantin,  vers  i566). 
In-4,  de  7  fF.  et  91  pp.;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  {Duru). 

En  tête,  deux  belles  gravures  de  Corn.  Galle  représentant  les  armes  d'Es- 
pagne et  les  insignes  de  la  Toison  d*or. 
Exemplaire  sur  vélin. 

710.  Le  liure  des  statuts  et  ordoj|nances  de  l'ordre  sainct  Michel, 
estably  par  le  treschrestien  Roy  de  France  Loys  vnzieme  de 
ce  nom.  Institvtion  de  loffice  de  prevost  et  rnaistre  des  cé- 
rémonies, auec  autres  statuts  et  ordonances  sur  le  faict  du- 
dict  ordre.  S.  L  n.  d.  {Paris,  vers  i55o).  Pet.  in-4,  de  39  flf., 
sign.  A-K.;  mar.  brun,  fil.  àcomp.,  tr.  dor.  {anc,  reL). 

Précieux  exemplaire  sur  vélin,  couvert  d'une  reliure  aux  armes  et  au 
chiffre  d'HENRI  U ,  avec  les  emblèmes  de  DIANE  DE  POITIERS  (voir  la 
reproduction  au  catalogue  illustré). 

711.  (Ordonnances  pour  les  chevaliers  de  Tordre  de  S.  Michel.) 
S.  L  n,  d,  (Paris^  vers  i55o).  In-4,  de  28  flf.,  sans  ch.  ni 
sign.;  veau  brun,  riches  compar t.  en  mosaïque,  avec  incrus- 
tations de  H  et  de  fleurs  de  lis  en  or  et  aident  (anc.reL). 

Ce  volume  sans  titre  commence  ainsi  :  La  table  des  chapitres  du  liure  de 
lordre  du  treS  chrestien  Roy  de  France  Loys  vnzieme ,  a  Ihonneur  de  sainct 
Michel. 

Exemplaire  sur  vélin.  Le  premier  f.  contient  au  v»  les  armes  peintes 
d'Henri  (II)  de  Lenongourt,  comte  de  Nanteuil,  chevalier  de  l'ordre,  mort 
avant  1555  en  Allemagne,  où  il  avait  été  envoyé  par  le  roi  Henri  U  <  comme 
otage  de  sa  parolle  »,  dit  le  P.  Anselme. 

•  La  très-curieuse  reliure  qui  couvre  ce  volume  a-t-elle  été  faite  pour 
ce  Henri  de  Lenoncourt  et  à  son  chiffre,  ou  est-ce  le  présent  que  le  roi 
Henri  II  aurait  fait  à  son  favori  :  c'est  ce  que  nous  ne  saurions  décider  (voir 
la  reproduction  au  catalogue  illustré). 

712.  Le  liure  des  Statuts  et  ordonnances  de  Tordre  et  milice  dv 
benoist  sainct  Esprit,  estably  par  le  Tres-chrestien  Roy  de 
France  et  de  Pologne  Henry  troisième  de  ce  nom.  S.  L  n,  d, 
{PariSy  1578).  In-4  ;  mar.  brun,  setné  de  flammes  et  de  fleurs 
de  lis,  etc.,  tr.  dor. 

Précieux  exemplaire,  ayant  appartenu  au  roi  HENRI  III,  fondateur  de 
l'ordre.  La  reliure  est  d'une  exécution  très-remarquable.  Sur  le  plat  supé- 
rieur, se  trouvent  les  armes  réunies  de  France  et  de  Pologne,  entourées  du 
collier  de  l'ordre  ;  la  couronne  qui  les  surmonte  porte  la  devise  :  Manet  vl- 
tima  cœlo.  Le  plat  opposé  ne  porte  que  l'écu  de  France  couronné,  sans  de- 
vise. Les  écussons  sont  accompagnés  de  l'emblème  du  Saint-Esprit  ;  et  à 
chaque  coin  des  deux  plats  se  trouve  le  chiffre  royal  couronné,  composé 


222.  HISTOIRE. 

de  rinitiale  H  et  des  deux  XX  liés,  qui  désirent  son  épouse,  Louise  de  Lor- 
raine. (Voir  la  reproduction  de  cette  reliure  au  catalogue  illustré.) 

713.  VALERIJ  MAXIMI  Romane  urbis  iurispitissimi !  in  librfi 
factor.  et  dictorum  memorabiliû  ad  Tiberiù  ces£yrem  Prefa- 
tio  incipit.  (A  la  fin.  :)...  In nobili  urbe  Mogûtina  Rlienij  ter- 
minatàlanno  M,  cccc.lxxi  il\']i.  xmj,  kaledisiulijs!  per.,. 
Petru  schoyffer  de  gernsshem...  In-fol.,  goth.;  mar.  brun, 
fil.  à  compart.,  ornem.,  tr.  dor.  {rel.  angL\ 

Première  édition  avec  date.  Exemplaire  sur  vélin. 

714.  FILLASTRE.  Le  premier  volume  ||de  la  toison  dor.  ||  Com- 
pose par  reuerend  père  en  Dieu  Guillaume  [Fillastre]...  ia- 
dis  euesque  de  Tournay...  et  chancellier  de  lordre  de  la 
Thoison  dor  du  bon  duc  Philippe  de  bourgongne  Auquel... 
sont  contenus  les  haulx  vertueux  et  magnanimes  faictz  tant 
des  treschrestiennes  maisons  de  france,  bourgongne  et  flan- 
dres  que  dautres  roys  et  princes  de  lancien  et  nouueau  tes- 
tament. UjK  se  vendenl  a  Paris  en  la  rue  saint  laques  a  len- 
seigne  sainct  Claude.  (A  la  fin  :)  Imprime  a  Paris  Lan  mil 
cinq  cens  et  dix  sept  (1317)  par  Anthoine  bonne  mère.  Le 
dixiesme  iour  de  Décembre  pour  Francoys  regnault  marchant 
libraire  demeurant  en  la  dicte  uille  en  la  rue  sainct  laccjues  a 
lenseigne  sainct  Claude  auprès  de  sainct  Vues.  2  tom.  en 
I  vol.  in-fol.,  ^oth.,  fig.  s.  bois;  mar.  rouge  jans.,  tr.  dor. 

Bel  exemplaire  réglé  de  la  2®  édition.  Il  y  a  quelques  transpositions  de 
cahiers,  mais  l'ouvrage  est  bien  complet.  • 

715.  VINCENT  DE  BEAUVAIS.  Le  quart  volume  ||  de  Vincent 
miroir[|liystorial.  (A  la  fin  :)  Cy  fine  le  ,xxx.ii  ^  dernier  Hure 
de  Vincent  miroir  historial  Nouuelleme(it  imprime  a  Paris  par 
Nicolas  couteau.  Et  fut  acheue  d imprimer  le  .x^i^.  iour  du 
moys  de  mars  Lan  mil  cinq  ces,  xxxi  (i  53 1)  pour  lef^an  de  la 
garde  Libraire  iure.  In-fol.,  goth.,  à  a  col.,  fig.  s.  bois; 
mar.  brun,  ornem.  en  mosaïque^  tr.  dor.  etcis.  {anc.  reL). 

Magnifique  reliure  aux  armes,  chiffre  et  devise  (Force  m* est  trop)  de 
Pierre-Ernest,  comte  de  MANSFELT,  prince  du  Saint- Empire,  chevalier  de  la 
Toison  d'Or,  célèbre  général  de  Charles-Quint  et  protecteur  éclairé  des  arts 
(voir  la  reproduction  au  catalogue  illustré).  Sur  un  f.  de  garde ^  on  lit  :  lan- 
dem.  Ce  Hure  apertient  a  Reiié  de  Chalon  et  à  mon  amé'  Anne  de  Gros.  1607 
4e  de  Mars.  De  feu  mon  gran  père  le  prince  et  conte  de  Mansfelt  Fier  Ernest. 


FIN. 


TABLE  DES  DIVISIONS. 


MANUSCRITS. 

BELLES-LETTRES. 

No». 

Auteurs  latins ,  anciens  et  modernes 1 

Auteurs  français 29 

Auteurs  italiens 48 

HISTOIRE. 

Auteurs  grecs  et  latins,  anciens  et  modernes 51 

Auteurs  français. , 63 

IMPRIMÉS. 

BELLES-LETTRES. 

I.  Linguistique; 71 

II.  Rhétorique 80 

III.  Poésie. 

1 .  Poètes  grecs  et  latins . .    89 

2.  Poètes  français, 

A.  Depuis  Guillaume  de  Lorris  jusqu'à  Villon 125 

B.  Depuis  Villon  jusqu'à  Cl.  Marot 151 

G.  Poètes  anonymes  depuis  la  fin  du  XV®  jusqu'au  milieu   du 

XVIe  siècle 214 

D.  Depuis  Marot  jusqpi'à  Ronsard 238 

E.  Depuis  Ronsard  jusqu'à  Malherbe 295 

F.  Depuis  Malherbe  jusqu'à  nos  jours. 

a.  Poésies  de  divers  genres 346 

b.  Poèmes  sacrés,  satiriques,  badins,  etc.  —  Fables,  Contes,  Chan- 
sons       377 

3.  Poètes  italiens  et  espagnols 397 

IV.  Théâtre. 

1 .  Théâtre  grec  et  latin 410 

2.  Théâtre  français, 

A.  Depuis  l'origine  jusqu'au  milieu  du  XVI©  siècle 424 


224  TABLE  DES  DIVISIONS. 

B.  Depuis  Corneille. 

CORNEILLE 450 

MOLIÈRE 478 

RACINE : 524 

3.  Théâtre  italien  et  espagnol 546 

V.  Romans. 

1.  Romans  français, 

A.  Romans  de  chevalerie. 

a.  Introduction 551 

b.  Romans  du  cycle  de  Charlemagne  et  des  vassaux 552 

c.  Romans  de  la  Table  ronde  et  des  Atnadis 565 

d.  Romans  de  Rome  la  Grant,  ou  de  l'Antiquité 585 

e.  Romans  d'aventures 595 

f.  Chroniques  romanesques 617 

B.  Romans  de  divers  genres,  Contes,  Nouvelles,  etc 619 

2.  Romans  et  Contes  étrangers , 642 

VI.  Epistolmres  et  Polygraphes • . . . .  654 

HISTOIRE. 

I.  GÉOGRAPHIE.  Voyages 658 

II.  Histoire  universelle • 662 

III.  Histoire  ecclésiastique 667 

rV.  Histoire  ancienne  et  moderne 672 

V.  Histoire  de  France  et  de  l'Orient  latin 689 

VI.  Chevalerie.  Mélanges 708 


fin  de  la  table  des  divisions. 


Typographie  Firmiri-Didot.  —  Mesull  (Eure). 


■■  r*3è^ 


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BIBLIOTHÈQUE  A.  FIRMIN-DIDOT 


MANUSCRITS  ET  IMPRIMÉS 


THÉOLOGIE  —  JURISPRUDENCE  —  SCrENCBS 


ARTS  —  BEAUX-ARTS 


•«        I  •  « 


•    •  •  j 


.«« 


CONDITIONS  DE  LA  VENTE 


Bile  sera  faîte  au  comptant. 

•    Les  acquéreurs  paieront  cinq  pour  cent  en  sus  des  enchères. 

Les  livres  vendus  devront  ôtre  collationnés  sur  place  dans  les 
vingt-quatre  heures  de  l'adjudication.  Passé  ce  délai,  ou  une  fois 
sortis  de  la  salle  de  vente,  ils  ne  seront  repris  pour  aucune  cause. 

M.  Adolpue  LABITTE  se  chargera  de  remplir  les  commissions 
des  personnes  qui  ne  pourraient  assister  à  la  vente. 


EXPOSITIONS 

PARTICULIÈRE  :  le  Samedi  24  Mai. 

m 

PUBLIQUE  :  le  Dimanche  25  Mai,  rfe  2  a  5  heures. 

(3haque  jour  de  vente  il  y  aura  Exposition  publique  à  une  heure 

de  Taprès-midi. 


Voir  VOrdre  des  Vacations  à  la  suite  du  Titre. 


l'aria.  —  Typographie  Pirmio-Didot  «t  O,  rv  JaoA. 


CATALOGUE 


DES 


LIVRES  PRÉCIEUX 

MANUSCRITS   ET   IMPRIMÉS 

FAISANT    PARTIE    DE    LA    BIBLIOTHÈQUE 

t 

DE 

M.  AMBROISE  FIRMIN-DIDOT 

DB  L*ACADBMIB  DBS  INSCRIPTIONS  BT  BBLLB8-LBTTRB8 


THÉOLOGIE  —  JURISPRUDENCE  —  SCIENCES 

ARTS  —  BEAUX-ARTS 


»      »       • 


PRECEDE  D'UN  ESSAI  SUR  LA  GRAVURE  DANS  LES  LIVRES 

Par  M.  GEORGES  DUPLESSIS 

C0N8BRVATBUR    ADJOINT     AU     DBPARTBMENT     DBS    BSTAMPBS     DB    LA    BIBLIOTHBQUB     RATIONALB. 


VENTE  A  L'HOTEL  DES  COMMISSAIRES-PRISEURS 

RUE    DROUOT,    N*    9.   —    SALLE    N*    3 

Du  Lundi  26  au  Samedi  31  Mai  1879 
A  deux  heures  précises  de  Vaprés-midi 

Par  le  ministère  de  M*'  Maurice  Delestre,  Commissaire-Priseur 

Successeur  de  M«  Delbçrgue-Cormont 
27,  roe  Dronot,  27 

Assisté  de  M.  G.  Pawlowski,  officier  d'Académie,  bibliothécaire  du  défunt 

Et  de  M.  Adolphe  LABrrrB,  libraire  de  la  Bibliothèque  nationale 

i,  me  de  Lille,  4 

PARIS  —  1879 


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^ 


ORDRE  DES  VACATIONS 


•  f 


Lundi  !26  Mai  1879. 

Livres  d'heures  {France,  Allemagne,  Italie) 135  à  155 

Livres  à  figures  {France) *   .   «    .   •  ii64  à  501 

Théologie  {Bible  de  Mayence,  i46â,  sur  véhn,  etc.)  50  à    69 

Uturgie  {MisseU) 70  à    79 

Manuscrit  {Ltvre  d'heures  attribué  à  Memlmg)  ...  26 

Mardi  27  Mai. 

Livres  à  ligures  {Allemagne) 306  à  335 

Livres  d'heures  {Geofroy  Toty) 125  à  134 

Sciences  et   Arts  {Cicéron,  de  Mayence,   1465,  sur 

vélin,  etc.) 196  à  239 

Manuscrit  écrit  par  Jarry 37 

Manuscrit  {La  Sainte  Abbaye)  .' *   .   .   .  36 

.       .             Mercredi  28  Jlai.  ^ 

Livres  à  figures  {Albert  Durer,  etc.) 336  à  364 

Livres  d'heures  {France) 108  à  124 

Sciences    naturelles,    médicales,   occultes.  —  Mné- 
monique   .-  240  à  270 

Théologie  \LOrloge  de  Sapience  [Verard,   1493]  sur 

vélin,  etc.)  .   .   .  ^ 156  à  172 

Manuscrits  (Durandus,  Rationale,  etc.) 32  à    35 

Manuscrit  {Livre  d'heures  d'Anne  d'Autriehe)\  ...  30 


—  YI  — 


Jeudi  29  Mai. 


Livres  à  figures  [Italie,  Espagne) iOl  à  420 

Arts  divers-  et  Beaux-Arts '  271  à  305 

Livres  d'heures  [France) 103  à  107 

Jurisprudence •.   .  173  &  195 

Manuscrits  (Gratianus,  Decretum;  Gicéron,  etc.)  .   .  38  à    44 

Livre  d'heures  (!)  de  Bussy-Rabutin 45 

Vendredi  30  Mai. 


Livres  à  figures  [Bibles  de  Holbein,  etc.).  .... 
Manuscrits  [Apocalypse;  Gi^aduels  et  Missels)  .   .   • 
Livres  à  figures  [Dessins  originaux  de  Holbein,  etc.) 
Manuscrits  [Bibles  ^  Psautiers  y  Evangéliaires)  ... 
Beatus,  Commentaire  sur  l'Apocalypse  (manuscrit). 


421  à  463 

12  à     16 

365  à  400 

1  à    10 

n 


Samedi  31  Mai. 

* 
Livres  d'heures  [France) 80  à  102 

Solennités  et  fêtes  illustrées  [Entrées,  Sacres,  etc.).     505  à  525 

Manuscrits  [Missel  de  Tours,  Heures  de  Talbot,  4© 
René  II  de  Lorraine,  du  Grand  Bâtard  de  Bour- 
gogne, de  Marie  Stuart,  de  Catherine,  duchesse 
de  Bourbon,  etc.).    . 18  à    25 

Xylographes 46  à    49 

Manuscrits    (Heures    d'Anne   de   Bretagne,  etc.).    .  27  à  29  et  31 
Missel  de  Charles  VI  (manuscrit) 17 


ESSAI 


SUR 


LA  GRAVURE  DANS  LES  LIVRES 


Il  faudrait  remonter  bien  haut  si  Ton  voulait  désig^ner 
d'une  façon  exacte  Tépoque  où,  pour  la  première  fois,  le 
dessin  vint  prêter  assistance  au  texte  et  parler  aux  yeux  un 
hmgage  particulièrement  intellig^ible.  L'examen  attentif 
des  manuscrits  permettrait  sans  doute  de  constater  que  les 
callig^raplies  associèrent  de  tout  temps  à  leurs  travaux  des 
artistes,  et  que  Tart  se  produisit  simultanément  dans  les 
livres  et  sur  les  murailles.  Notre  ambition  est  plus  bornée; 
nous  ne  ferons  pas  une  excursion  dans  un  domaine  qui 
n'est  point  le  nôtre,  et  nous  chercherons  uniquement  à 
indiquer-  la  part  qui  revient  aux  artistes  dans  les  livres 
imprimés.  Celte  tâche,  déjà  fort  vaste,  nous  sera  facilitée 
par  la  riche  collection  de  M.  Ambroise  Firmin-Didot  qui 
va  être  livrée  aux  enchères;  dans  le  catalog'ue  qu'accom- 
pag'ne  notre  travail  on  trouve  mentionnés  en  effet  la  plu- 
part des  ouvragées  dont  nous  parlons,  et  si  quelques-uns 
sont  absents,  c'est  qu'ils  ont,  pour  la  plupart,,  fi g»uré  dans 


—  YIÎI  — 


tes  catalogues  antérieurs,  ou  bien  qu'ils  sont  réservés  pour 
des  ventes  futures  qui  se  suivront  d'année  en  année. 

La  g^ravure,  à  ses  débuts,  fut  pour  ainsi  dire  plutôt  une 
industrie  qu'un  art;  elle  n'avait  d'autre  mission  que  de 
suppléer  à  la  miniature  et  de  satisfaire  une  classe  de  la 
société  qui  jusque-là  semblait  déshéritée.  Le  jour  où  l'on 
eut  trouvé  le  moyen  de  tailler  dans  le  bois  ou  dans  le 
métal  des  traits  qui,  soumis  à  une  forte  pression  et  recou- 
verts  d'encre,  pouvaient  être  reportés  sur  le  papier,  on  usa 
amplement  de  ce  procédé  économique  qui  permettait  de 
répandre  à  un  g*rand  nombre  d'^exemplaires  un  dessin 
unique;  on  couvrit  de  couleur  ces  imag'es,  et,  popr  les 
yeux  peu  délicats,  il  n'y  avait  aucune  différence  entre  ces 
productions  grossières  et  les  peintures  exquises  exécutées 
dans  les  monastères.  Sans  doute  il  serait  injuste  de  mettre 
çn  parallèle  des  manifestations  aussi  dissemblables,  il 
n'est  pas  toutefois  hors  de  propos  d'indiquer  à  quel  besoin 
impérieux  répondaient  les  tentatives  des  premiers  inven- 
teurs de  la  gravure.  Ils  avaient  à  cœur  de  faire  profiter  le 
grand  nombre  des  bénéfices  dont  jouissaient  uniquement 
quelques  privilégiés;  le  moyen  de  propagande  employé 
par  eux,  quelque  imparfait  qu'il  fût,  servit  admirablement 
leurs  projets  et  réussit  au-delà  de  toute  espérance. 

La  période  d'enfantement  ne  fut  pas  d'ailleurs  de  longue 
durée.  Bientôt  des  orfèvres  ou  des  miniaturistes  mirent  leur 
expérience  d'artistes  au  service  de  la  gravure  propreîoieiit 
dite  et  vinrent  prêter  leur  concours  aux  ouvriers  qui 
maniaient  seuls  jusque-là  le  burin  ou  l'échoppe.  Dans 
certains  manuscrits  ont  été  intercalées  en  tête  des  chapitres,.  ^ 
ou  des  offices,  si  ce  sont  des  livres  pieux,  des  }danches  qui 
9ont  tantôt  gravées  en  relief  tantôt  gravées  en  creux  ;F( 


—   IX   — 


tampe  occupe  la  place  accordée  antérieurement  à  la  minia- 
ture et  révèle  ainsi  d'elle-même  l'usage  auquel  elle  fut 
primitivement  destinée.  Deux  manuscrits  précieux  con- 
servés à  la  Bibliothèque  nationale  nous  serviront  à  appuyer 
notre  dire;  dans  l'un,  contenant  divers  frag^ments  de 
l'Imitation  de  Jésus-Christ,  on  rencontre  deux  planches 
gpravées  en  manière  criblée  entourées  d'une  écriture  qui, 
par  des  raisons  que  nous  ne  pouvons  développer  ici,  mais 
que  M.  Henri  Delaborde  a  savamment  produites,  ne  peut 
être  postérieure  à  Tannée  1406;  dans  l'autre,  livre  d'heures 
sur  vélin  fait  en  1466  pour  Jean  Le  Bon,  comte  d'Ang^ou- 

§ 

lème,  inscrit  parmi  les  manuscrits  latins  de  la  Biblio- 
thèque nationale  sous  len**  1173,  plusieurs  planches  d'Israël 
van  Meckenea,  coloriées  avec  soin,  sont  collées  sur  des 
feuillets  réservés  à  dessein  par  le  callig*raphe  qui  entendait 
laisser  à  son  collaborateur  la  place  qui  lui  était  attribuée 
dans  tous  les  ouvragées  analog'ues. 

Comme  transition  naturelle  entre  les  manuscrits  ornés 
d'estampes  et  les  livres  imprimés  proprement  dits,  il  con- 
vient de  placer  les  ouvrages  xylographiques  dans  lesquels 
le  texte  est,  aussi  bien  que  les  images,  gravé  dans  le  bois. 
L'art  du  miniaturiste  n'était  pas  encore  abandonné  lorsque 
ces  productions  virent  le  jour,  mais  il  était  menacé.  La' 
date  exacte  à  laquelle  furent  exécutées  les  premiers  livres 
xylographiques,  le  pays  même  qui  les  produisit,  ont  donné 
lieu  à  des  dissertations  savantes  et  à  des  hypothèses  fort 
ingénieuses,  mais  souvent  très  contradictoires,  et  la  lumière 
est  loin  d'être  complètement  faite  sur  ces  produits  primitifs 
de  la  typographie.  Il  faudra,  pour  que  la  vérité  se  fasse 
jour,  que  quelque  document  d'archives  soit  découvert  et 
Fien ne  trancher  en  faveur  de  tel  ou  tel  pays  la  question  de 


—  X   — 

nationalité  si  vivement  réclamée  par  les  historiens  jaloux 
pour  leur  patrie  de  la  découverte  de  Timprimerie.  Quoi 
qu'il  en  soit,  les  livres  sont  là  et  il  nous  appartient  dé  faire 
remarquer  que  les  auteurs  des  planches  qui  composent 
VArs  moriendi,  la  Bible  des  Pauvres,  l'Apocalypse  de  saint  Jean 
et  surtout  le  Cantique  des  Cantiques,  ont  droit  de  prendre 
rang*  parmi  les  artistes  et  d'être  nommés  les  premiers 
dans  un  travail  consacré  à  indiquer  le  rôle  que  joua  la 
g'rayure  dans  les  livres.  Sans  doute  les  planches  qui  rem- 
plissent ces  volumes  sont  fort  inférieures  aux  miniatures 
qui  virent  le  jour  antérieurement,  mais  il  importe  de  songper 
que  le  procédé  employé  est  tout  nouveau,  que  les  difficultés 
qu'il  présente  sont  grandes  et  que  les  g*raveurs  comme  les 
miniaturistes  n'arrivèrent  pas  du  premier  coup  à  la  per^ 
fection. 

Ces  livres  xylog^raphiques  sont  actuellement  d'une 
insig'ne  rareté;  ils  sont  pour  la  plupart  immobilisés  dans  les 
bibliothèques  publiques,  et,  lorsqu'il  s'en  trouve  quelqu'un 
dans  une  collection  privée,  il  suffit  adonner  à  cette  collec- 
tion une  renommée  véritable.  Ces  volumes  eurent  cepen- 
dant à  leur  apparition  un  succès  énorme;  on  connaît  de 

* 

chacun  d'eux  plusieurs  éditions,  et  il  est  mômè  assez  rare 
de  trouver  deux  exemplaires  absolument  identiques  des 
livres  xylog'raphiques.  Cette  variété  dans  les  exemplaires 
connus  de  VArs  moriemli,  de  la  Bible  des  Pauvres  et  de  VApo* 
calypse  ne  peut  s'expliquer  autrement  que  par  l'empresse- 
ment que  mit  chaque  famille  à  posséder  ces  livres  pieux 
dont  elle  avait  été  privée  jusque-là,  et  par  l'usagée  journalier 
que  chacun  en  faisait.  Le  papier  n'offre  pas  la  même  résis^ 
tance  que  le  vélin^  et,  tandis  que  les  manuscrits  subissaient 
presque  impunément  un  maniement  quotidien,  les  livi^ 


—   XI   — 

xylographiques  périssaient  promplement,  et,  malgré  le 
soin  que  prenaient  les  éditeurs  de  les  remplacer,  finissaient 
par  être  anéantis  et  par  disparaître  complètement.  L'im- 
primerie en  caractères  mobiles  suppléa  d'ailleurs  assez 
f)rômptement  à  l'impression  xylographique  et  vint  rendre 
jusqu'à  un  certain  point  inutiles  ces  productions  primitives* 
Dans  tous  les  pays  à  la  fois,  l'imprimerie  proprement  dite 
prend  un  développement  considérable  au  milieu  du 
XV*  siècle.  Si  les  premiers  ouvragées  ne  contiennent  pas 
tous  des  gravures,  il  en  est  bien  peu  qui  n'aient  pas  au 
moins  quelques  lettres  ornées  placées  en  tète  des  chapitres 
ou  distribuées  dans  le  texte  à  chaque  renouvellement  de 
phrases.  Ces  alphabets,  en  usage  chez  les  imprimeurs, 
méritent  souvent  d'attirer  l'attention  des  auiateurs  et  ont 
quelquefois  la  valeur  de  véritables  œuvres  d'art. 

Les  artistes  de  haute  valeur  sont  rares  de  tout  temps, 
et  ceux  qui  consacrèrent  à  l'ornementation  des  livres  une 
part  de  leur  talent  sont  particulièrement  rares  au  début. 
En  Allemagne,  avant  Albert  Durer  qui,  dans  la  Vie  de  la 
Vierge,  dans  la  Grande  et  la  Petite  Passion  et  dans  \ Apoca- 
lypse, mit  au  service  de  la  typographie  sa  haute  intelli- 
gence de  l'art,  on  no  trouve  que  des  artisans  bien  inten- 
tionnés, mais  imparfaitement  instruits  des  ressources  que 
peut  fourpir  la  gravure.  Aussitôt  que  le  maître  apparaît,  au 
contraire,  des  graveurs,  subissant  son  influence  salutaire, 
viennent  se  mettre  sous  sa  discipline,  réclamer  ses  conseils 
et  conquérir,  grâce  à  leur  docilité,  une  place  qui  leur  était 
refusée  antérieurement.  Ils  méritent,  dès  lors,  d'être  mis 
au  rang  des  artistes,  et  la  scrupuleuse  exactitude  avec  la- 
quelle ils  transportent  dans  le  bois  les  dessins  que  Durer 
trace  à  leur  intention  a  mérité  à  leurs  ouvrages  de  vivre 


—  XII   — 

dans  la  postérité  :  le  succès  qui  accueillit  les  planches  g^ra- 
vées  sous  les  yeux  de  Durer  suscita  à  des  éditeurs  du  temps 
l'idée  de  tirer  profit  des  auxiliaires  nouveaux  qui  s'offraient 
à  eux;  ils  remplirent  de  g'ravures  en  bois  les  livres  qu'ils 
publiaient  et  fournirent  ainsi  aux  artistes  qui  se  livraient 
à  ce  g*enre  de  travail  une  occasion  fréquente  de  s'exercer. 
Hans  Burg'khmair,    Albert  van   Assen,   Jobst  Amman  et 

0 

quelques  autres  consacrèrent  une  grande  partie  de  leur  exis- 
tence à  travailler  pour  les  libraires  et  n'exécutèrent  pas  dans 
ce  g^enre  leurs  moindres  ouvrag'es.  Quiconque  veut  être 
renseig*né  sûrement  sur  l'état  de  l'art  en  Allemag'ne  à  la 
fin  du  xv*  siècle  et  au  commencement  du  xvi*  siècle  est 
tenu  d'examiner  avec  soin  les  livres  publiés  à  cette  époque 

de  l'autre  côté  du  Rhin;  les  peines  que  cette  recherche 

«• 

pourra  lui  coûter  serqnt  amplement  compensées  par  les 
surprises  qui  lui  sont  réservées. 

Non  loin  de  Nuremberg»,  où  était  en  réalité  pour  TAlle- 
mag*ne  le  centre  de  la  production  intellectuelle  au  xvi"  siècle, 
vivait  un  g^rand  maître  qui  doit  certainement  aux  livres 
auxquels  il  a  fourni  des  dessins,  au  moins  autant  qu'aux 
admirables  peintures  qu'il  a  exécutées,  la  lég^itime  renom- 
mée dont  il  jouit.  Hans  Holbein  travailla  à  Bâle  de  1516 
à  1543.  Malg*ré  les  très  importantes  publications  qui  lui 
ont  été  consacrées  dans  ces  derniers  temps,  sa  vie  est  im- 
parfaitement connue;  il  n'en  est  pas  de  même  de  ses  ou- 
vrag'es. En  dehors  des  Simulachres  de  la  mort  (Lyon,  Trech- 
sel,  1538)  (1  )et  des  Icônes historiarum  Veteris  Tes tamenti {Lyon ^ 
Frellon,  1547)  que  Hans  Lutzelburg'er  g»rava  dans  le  bois 


(i)  Il  est  à  peiue  uéccssairc  de  rappeler  ici  que  le  premier  tirage  des  Sumi- 
lachres  de  lii  mort  parut  sans  texte,  et  que  les  exemplaires  de  ce  tirage  primitif 
Koht  de  la  plus  insigne  rareté. 


—  xni  — 


-  -avec  un  incomparable  talent,  nombre  de  frontispices  de 
livres,  de  marques  d'imprimeurs,  d'iilphabets  et  de  fleurons 
typog'raphiques  sont  dus  au  crayon  de  Hans  Holbein.  Ce 
g^nd  artiste  savait  approprier  à  l'objet  qu'il  traitait  sa 
haute  intelligence  de  Tart,  et  tel  sujet  renfermé  dans  un 
tout  petit  cadre  pourrait,  sans  rien  perdre  de  sa  valeur, 
subir  un  ag^randissement  considérable.  Les  livres  auxquels 
Holbein  a  prêté  son  concours  méritent  d'être  recherchés 
comme  les  modèles  du  g'enre;  les  g*raveurs  qu'il  avait 
coutume  d'employer,  Hans  Lutzêlburger  surtout,  tradui- 
saient avec  une  scrupuleuse  exactitude  les  dessins  qui 
leur-  étaient  soumis  et  employaient  tous  leurs  efforts 
à  respecter  le  croquis  du  maître  qu'ils  avaient  mission  de 
multiplier. 

De  l'autre  côté  du  Rhin,  les  g'raveurs  sur  métal  furent 
assez  rarement  mis  à.  contribution  par  les  libraires  qui 
trouvaient  chez  les  g*raveurs  sur  bois  des  auxiliaires  suffi- 
samment habiles.  Lorsque  Ton  aura  cité  un  Ars  moriendi^ 
publié  au  commencement  du  xvi"  siècle  auquel  sont  jointes 
un  certain  nombre  de  planches  g^ravées  par  Martin  Za- 
zîng'er  (1)  et  accompagnées  de  ses  initiales,  on  sera  réduit  à 
s'en  tenir  là.  Aucun  des  graveurs  sur  métal  de  haute  valeur 
qui  vécurent  en  Allemagne  depuis  le  maître  E.  S.  de  1466 
jusqu'à  Henri  Aldegrever  ou  jusqu'aux  Beham,  ne  s'adon-i- 
nèrent  à  l'ornementation  des  livres;  ils  se  contentèrent  de 
mettre,  au  jour  des  planches  qui  n'avaient  pas  besoin,  pour 
se  recommander,  d'aucun  autre  attrait  que  leur  mérite 
intrinsèque,  et  pour  trouver,  au-delà  du  Rhin,  un  artiste  qui 

(1)  Ce  livre  eut  de  nombreuses  éditions.  A  la  dernière,  publiée  à  Munich  par 
Pierre  Kônig  en  i623,  on  ajouta  deux  planches  grossièrement  gravées,'  qui 
n'oflErent  aucun  intérêt.  .  .....;:•: 


—  XIV  — 

semble  avoir  consacré,  presque  exclusivement»  un  talent 
original  h  Tornemen talion  des  livres,  il  faut  descendre  jus- 
qu'à la  fin  du  siècle  dernier,  et  interrog^er  l'œuvre  consi- 
dérable de  Daniel  Ghodowieçki.  Dans  les  innombrables 
vignettes  que  le  fécond  artiste  dessina  et  grava  lui-même, 
on  constate,  à  côté  d'une  intelligence  réelle  du  texte  dont  il 
s'eflbrce  de  commenter  à  sa  manière  les  passages  princi- 
paux, une  entente  de  la  composition  qui  recommande  spé- 
cialement toutes  les  productions  de  sa  pointe. 

En  Italie,  pendant  les'xv*  et  xvi*^  siècles,  les  éditeurs,  cu- 
rieux de  donner  aux  ouvrages  qu'ils  mettaient  au  jour  un 
intérêt  particulier,  usèrent  de  tous  les  moyens  pour  arriver 
à  leur  but.  La  gravure  sur  métal,  grâce  aux  travaux  de 
quelques  orfèvres,  acquit  assez  vite  une  importance  réelle. 
Nicolo  di  Lorenzo  d'Allemagne  introduisit  dans  le  Monte 
santo  di  Dio,  d'Antoine  Bettini  de  Sienne  (Florence,  147T\ 
quelques  planciies  gravées  sur  métal,  qui  passent  ajuste 
titre  pour  les  premiers  ouvrages  de  ce  genre  qui  aient  été 
insérés  dans  des  livres.  Le  même  éditeur,  quatre  ans  plus 
tard,  en  1481,  publiait  une  édition  de  la  Divine  Comédie  du 
Dante,  dans  laquelle  il  avait  introduit  un  certain  nombre 
de  planches  gravées  en  taille-douce  par  Baldini,  probable- 
ment d'après  les  dessins  de  Sandro  Botticelli.  Ces  ouvrage, 
qu'ils  soient  ou  non  les  premiers  qui  aient  paru  accompar 
gnés  de  planches  sur  métal,  sont,  sans  contredit,  les  plus 
importants  au  point  de  vue  de  l'art  qui  aient  été  publiés 
au  XV*  siècle.  Le  mérite  des  estampes  qu'ils  renferment,  le 
talent  exceptionnel  dont  ont  fait  preuve  les  artistes  qui  les 
ont  exécutés  ont^  de  tout  temps,  attiré  sur  eux  Tattentioii 
des  artistes.  L'art  florentin  du  xv*  siècle,  si  particulier 'et 
si  charmant,  a  pu  enfanter  des  œuvres  plus  importantes 


—  XV  — 


dans  la  gravure,  il  n'en  a  pas  produit  de  plus  exquises  et 
de  plus  essentiellement  personnelles. 
.   Si  le  nombre  des  livres  accompag*nés  de  planches  g^ravées 
en  taille-douce  est  fort  restreint  en  Italie  comme  ailleurs, 
il  n'en  est  pas  de  même  des  ouvragées  pour  lesquels  les  édi- 
teurs ont  fait  appel  aux  g^raveurs  sur  bois;  ceux-ci,  fort 
remarquables  pour  la  plupart,  seraient  dig*nes  d'une  étude 
spéciale.  Le  Songe  de  Poliphile  (Venise,  Aide  Manuce,  1499) 
est,  sans  contredit,  le  volume  le  plus  important  de  cette 
série.  Le  nom  de  l'artisle  qui  traça  les  dessins  destinés  à  ac- 
compag'ner  le  sing*ulier  ouvragée  de  Francesco  Colonna  n'est 
pas  connu;  mais,  s'il  ne  nous  est  pas  possible  d'accepter 
comme  étant  les  auteurs  de  ces  dessins  les  artistes  qui 
ont  été  proposés  jusqu'à  ce  jour,   nous  nous  empressons 
de  reconnaître  qu'un   maître  de  haute  valeur  a  seul  pu 
inventer  ces  compositions  qui  révèlent,  en  môme  temps 
qu'utie  main  très  exercée,  une  haute  intelligence  de  l'art. 
Les  graveurs,  auxquels  incomba  la  mission  de  fixer  dans  le 
bois  ces  inventions,   surent  justifier  pleinement  le  choix 
dont  ils  avaient  été  l'objet  ;  ils  s^appliquerent  à  transmettre 
avec  une  fidélité  parfaite  les  modèles  qu'ils  avaient  sous  les 
yeux,  et  ils  réussirent  si  bien  à  faire  disparaître  leur  per- 
sonnalité qu'il  est  possible  d'admettre  qu'un  seul  et  même 
artiste  g*rava  dans  le  bois  les  précieux  dessins  qui  accom- 
pagnent cet  ouvrage.  Cette  absence  d'individualité  si  con- 
damnable chez  des  artistes  inventeurs  doit  être  comptée 
comn\e  un  mérite  chez  des  interprètes  auxquels  incombe 
Tunique  mission  de  retracer  avec  les  moyens  particuliers 
dont  ils  disposent  un   dessin  qu'ils  n'ont  le  droit  ni  de 
s'approprier  ni  de  modifier  en  aucune  façon. 
.  A  côté  du  Songe  de  Poliphile  méritent  de  prendre  place  un 


—  xyi  — 


*  '■ 


certain  nombre  d'autres  livres  qui,  pour  être  moins  oé- 
lèbresy  n'en  sont  pas  pour  cela  moins  intéressants.  Parmi 
ces  ouvragées  enrichis  de  planches  excellentes»  nous  citerons 
une  traduction  italienne  des  Métamorphoses  d* Ovide,  par 
Uuonsig*nore,  imprimée  par  Giov.  Rosso  ad  instantia  del 
nobile  huomo  masser  Luc  Antonio  Zonta  (Venise,  1497);  le 

■ 

Théâtre  de  Térence ,  imprimé  en  1499,  par-Lorenzo  de 
Soardi;  les  ffistoires  d Hérodote^  traduites  en  latin  per  vi- 

rum  eruditissimum  Laurentium  VaIensem.(Venitiis,J.  et 

• 

(ir.  de  Greg'orii  1494);  les  Œuvres  de  Plante,  qui  virent  le 
jour  à  Venise  en  1511  ;  enfin  une  édition  du  Décamiron 
de  Boccace  (Venise,  Giovanni  e  Gregorio  de  Gregoni,  1492); 
C'est  à  cette  même  catég'orie  d'ouvragées  qu'appartient 
le  Fasciculus  medidnœ  de  Jean  de  Ketham,  qui  eut  un 
g'rand  nombre  d'éditions  et  dont  les  planches  passent 
aux  yeux  de  quelques  historiens,  sans  raison  sérieuse, 
selon  nous,  fiour  avoir  été  dessinées  par  Andréa  Manteg^na. 
Dans  tous  ces  livres  et  dans  bien  d'autres  encore  qui  virent 
le  jour  au  même  moment,  sont  renfermées  des  gravures 
en  bois  qu'il  importe  d'examiner  avec  soin  si  l'on  veut 
connaître  à  fond  les  manifestations  de  toute  une  branche 
de  l'art  italien.  Cet  art  était  si  vivace  à  la  fin  du  jy*  siècle 
et  au  commencement  du  xvi*  qu'il  se  répandait  partout. 
Les  peintres  et  les  sculpteurs  ne  dédaignaient  pas  les  be^ 
sog*nes  les  plus  modestes,  et  les  artistes  n'avaient  besoinj^^ 
pour  se  produire,  ni  de  vastes  espaces  ni  de  pompeux  édî* 
iices;  ils  mettaient  la  main  à  tout  et  rendaient  souvent  des 
services  sig*nalés  aux  éditeurs  qui  les  employaient.  Quiaul 
rait  aujourd'hui  conservé  le  souvenir  du  Songe  de  PoUr 
phileelde  tant  d'autres  ouvragées  si  des  g^ravures  exoellenfcte 
n'avaient  préservé  d'un  oubli  mérité  ces  productione  litlé- 


—  XVII  — 

raires,  souvent  d'un  intérêt  assez  médiocre?  Qui  song^erait, 
par  exemple,  à  rechercher  de  notre  temps  les  livres  com- 
posés par  Doni  si  de  nombreux  portraits,  dont  le  dessin 
est  attribué  à  Titien  lui-même ,  n'avaient  attiré  l'œil 
intelligent  des  artistes  ou  éveillé  l'attention  des  curieux? 
La  plupart  des  livres  que  nous  venons  de  citer  et  tant 
d'autres  que  nous  pourrions  encore  mentionner  se  reg^ar- 
dent  et  ne  se  lisent  pas;  ils  ont  leur  place  marquée  dans 
la  J)ibliothèque  de  l'artiste  et  trouveraient  difficilement 
accès  dans  le  cabinet  des  bibliophiles  proprement  dits;  il 
faut  aimer  l'art  pour  apprécier,  comme  elles  le  méritent, 
ces  productions  exquises  auxquelles  ne  font  défaut  aucune 
des  qualités  de  l'école. 

Venise  n'avait  pas  seule  en  Italie  le  privilégie  de  produire 
des  livres  ornés  de  belles  estampes.  A  Rome  parut  vers  1480 
un  ouvrage  intitulé:  Tractatus  solemnis  et  utilis  per  reli- 
giomm  virum  magistrum  PMlippum  Syculum  ordinis  prœdi- 
catorum....  dans  lequel  sont  insérées  treize  planches  sur 
bois  représentant  les  douze  sibylles  et  Proba  Falconia  qui, 
quoique  fort  g*rossièrement  g*ravées,  ne  sont  pas  dénuées 
de  tout  intérêt;  à  Florence,  les  sermons  de  Jérôme  Savona- 
rôle  étaient,  pour  la  plupart,  accompag'nés  de  planches  sur 
bois  pleines  de  charme  dans  lesquelles  apparaissait,  malgpré 
la  médiocre  habileté  des  g^raveurs,  le  génie  florentin  avec  sa 
grâce  singulière  et  sa  rare  entente  de  l'expression.  A  Milan, 
outre  un  vjolume  de  Luca  Pacîolo,  De  Proportione  divzna^ 
dans  lequel  est  inséré  un  profil  dessiné  par  Piero  délia 
Francesca,  fut  publiée  en  1518  une  Vie  de  sainte  Véro- 
nique accompagnée  de  planches  dont  le  dessin  peut,  sans 
imprudence,  être  attribué  à  Bernardine  Luini  ;  à  Ferrare,  le 
livre  du  frère  Jacques-Philippe  de  Bergame,  De  pbirimis 


—  XVIII  — 

daris  selectisque  mulieribus  (1497)  doit  être  rangée  parmi  les 
plus  intéressantes  publications  dans  lesquelles  la  gravure 
sur  bois  joue  un  rôle  important;  à  Vérone,  les  planches 
qui  accompag^nent  l'ouvragée  de  Valturius,  De  re  Militari, 
publié  en  1472  par  Jean  de  Vérone,  sont  attribuées  à 
Matteo  Pasti.  En  cherchant  bien,  en  tournant  ses  études 
de  ce  côté,  on  parviendrait  à  constater  que,  dans  chaque 
ville  de  Tllalie  où  une  imprimerie  existait,  il  se  trouvait 
un  ou  plusieurs  artistes  qui  ne  refusaient  pas  à  Fimpri- 
meur  le  concours  de  leur  talent  le  jour  où  celui-ci  y 
faisait  appel. 

Si,  comme  nous  serions  assez  disposé  àlecroire^Thonneur 
d'avoir  donné  naissance  aux  premiers  ouvragées  xylog^ra- 
phiques  revient  aux  Pays-Bas,  il  faut  reconnaître  cependant 
qu'en  Hollande  et  en  Flandre  l'exemple  donné  par  Lau- 
rent Coster  fut  assez  rarement  suivi.  Récemment  on  a  dé- 
couvert dans  la  bibliothèque  de  lord  Lothian,  à  Newcaslle, 
près  d'Edimbourg*,  un  livre  de  Boccace,  De  la  Rwjne  des 
nobles  hommes  et  femmes,  imprimé  à  Brug*es  par  Golard  Man- 
sion  en  1476,  dans  lequel  se  trouvent  neuf  planches  sur 
métal  que  l'on  connaissait  jusqu'à  ce  jour  à  l'état  d'es- 
tampes isolées  et  que  l'on  désig^nait  communément  sous  le 
titre  d'estampes  du  maître  des  sujets  tirés  de.Boccace,  Ces 
planches,  qui  paraissent  g^ravées  par  quelque  artiste  de 
l'école  hollandaise  ,  peut-être  bien  par  le  maître  de  1480^ 
ne  suffiraient  pas  à  attester  Tempressement  que  les  éditeurs 
des  Pays-Bas  mirent  à  appeler  les  artistes  à  leur  aide. 
Cette  découverte  intéressante,  mais  à  peu  près  isolée  jus- 
qu'à ce  jour,  ne  saurait  beaucoup  infirmer  l'opinion  reçue, 
et  on  demeure  toujours  assez  embarrassé  lorsqu'il  s*agit 
d'attirer  l'attention  sur  un  livre  orné  de  fîg'ures  véritable- 


—   XIX  — 

ment  intéressantes  qui  ait  vu  le  jour  sur  les  bords  de 
l'Escaut  ou  de  rAmstel.  Sans  doute  le  nombre  est  g*rand 
des  ouvrag-es  dans  lesquels  sont  insérées  quelques  estampes 
sur  bois;  mais,  de  là  à  rencontrer  des  planches  offrant  un 
intérêt  véritable,  il  y  a  loin.  On  est  contraint  de  poursuivre 
ses  recherches  plus  avant,  et,  lorsque  Ton  parvient  au 
XVII*  siècle,  on  rencontre  une  quantité  considérable  de  livres 
qui  ont  dû  souvent  aux  vig*nettes  qui  les  accompag*nent 
d'échapper  à  l'oubli.  Rembrandt  fait  précéder  la  tragédie 
de  son  ami,  le  bourg^uemestre  Six,  Médée,  d'une  eau-forte 
admirable  composée  exprès  pour  le  livre  qu'elle  accom- 
pag*ne;  il  prête  le  concours  de  son  talent  au  juif  Menasseh- 
ben-Israël,  qui  publie  à  Amsterdam  en  1655  un  livre  ayant 
pour  titre  :  Piedra  gloriosa  o  de  la  estaiua  de  Nebuchadmzar^ 

f 

con  muchas  y  diversas  authoridades  de  la  S.  S.  y  antiguos 
sabios.  P. -P.  Rubens  dessine  pour  l'imprimeur  Planlin  un 
g^rand  nombre  de  vig^nettes  et  de  frontispices  que  g^ravent 
avec  habileté  tous  les  artistes  de  Técole  qu'il  avait  g*roupés 
autour  de  lui  et  pour  ainsi  dire  attachés  à  sa  personne.  Les 
Wierix,  Jean  Valdor,  Crispin  de  Passe  et  tant  d'autres  ne 
cessent  de  produire  pour  les  éditeurs,  à  côté  desquels  ils 
vivent,  des  planches  intéressantes  qui  accompag^nent  les 
moindres  productions  du  temps.  Au  moment  où  les  livres 
d'emblèmes  prennent  une  importance  inconnue  jusque-là, 
on  trouve  à  chaque  pag^e  une  fîg^ure  que  des  explications 
sans  nombre  ne  parviennent  pas  toujours  à  rendre  claire; 
le  texte  ne  devient  plus,  entre  les  mains  de  certains  édi- 
teurs du  xvu*  siècle,  en  Flandre,  qu'un  accessoire,  et  les 
libraires  se  transforment  volontairement  en  véritables  édi- 
teurs d*estampes.  Tous  ces  livres  d'emblèmes  qui  voient  le 
jour  à  Anvers  ne  méritent  pas  d'être  recherchés  au  même 


—  XX  — 

degré  ;  souvent,  malgré  les  estampes  qui  les  accompagnent. 
Fart  proprement  dit  en  est  à  peu  près  absent,  et  l'amateur 
est  tenu  de  faire  un  choix  sévère  parmi  ces  productions 
hâtives.  C'est  dans  ce  genre  d^ouvrages  que  dans  les  Pays- 
Bas  la  gravure  unie  à  la  typographie  va  se  perdre  ;  les  in- 
habiles trouvent  là  un  moyen  facile  de  se  produire,  et  les 
maîtres  disparaissent  peu  à  peu  lorsque  Rubens  et  ses 
élèves  ont  cessé  de  produire. 

En  Angleterre  et  en  Espagne,  l'art  de  la  gravure  ne  fut 
pas  pratiqué  avec  la  même  suite  que  dans  les  autres  pays; 
sans  doute,  quelques  ouvrages  imprimés  au  xv*  siècle  par 
William  Gaxton  sont  accompagnés  de  planches  sur  bois 
qui  accusent  une  intention  de  se  conformer  aux  usages 
adoptés  ailleurs^  mais  l'exemple  du  célèbre  imprimeur  fut 
peu  suivi.  Le  livre  d'écriture  publiée  Sarag^sse  en  1550 
par  Juan  de  Yciar  contient  un  grand  nombre  d'estampes 
signées  du  nom  ou  des  initiales  de  J.  de  Vingle,  mais, 
quand  bien  même  on  parcourrait  avec  soin  les  biblio- 
thèques de  LfOndres  et  de  Madrid,  on  ne  serait  pas  en  me- 
sure de  constater  un  caractère  particulier  aux  planches  qui 
accompagnent  les  ouvrages  publiés  en  Angleterre  ou  en 
Espagne  aux  xv""  et  xvi*  siècles.  L'art  fut  très  lent  à  s'établir 
en  Angleterre,  et  les  pays  voisins  avaient  coutume  de  fournir 
aux  Anglais  leurs  artistes;  Holbein  et  Van  Dyck  parmi  les 
peintres,  Wenceslas  HoUar  parmi  les  graveurs,  pour  ne  citer 
que  les  maîtres,  furent  les  véritables  fondateurs  de  recelé  an- 
glaise; à  dater  seulement  de  l'époque  où  ces  artistes  s'éta- 
blirent à  Londres,  l'art,  dans  ce  pays,  existe  réellement. 
Même  au  milieu  du  xviii^  siècle,  c'est  à  peine  s'il  se  trouvait 
en  Angleterre  quelques  artistes  qui  songeaient  à  se-  mettre 
au  service  des  libraires;  les  premiers  qui  introduisirent  au* 


—  XXI   — 

delà  de  la  Manche  Tusage  des  vigpnettes,  furent  des  Français 
qui  transportèrent  avec  eux  les  habitudes  de  nos  compa- 
triotes et  les  plus  habiles  des  maîtres  français  en  ce  g*enre  : 
à  Hubert  Gravelot  revient   en  partie  l'honneur   d'avoir 
donné  à  TÂng^leterre  le  g'oût  des  vignettes;  il  emmena  avec 
lui  quelques  g'raveurs  qui  multipliaient  ses  dessins  à  mesure 
qu'il  les  composait,  et,  g*râce  à  son  talent,  inventif  et  facile, 
il  obtint  un  tel  succès  qu'il  trouva  de  suite  de  nombreux 
imitateurs.  A  partir  du  milieu  du  XYIIT  siècle,  il  se  forma 
à  Londres  une  véritable  école  de  vig*nettistes  qui  n'a  pas 
cessé  d'existerjusqu'à  nos  jours.  Ho^arth,  Stothard,  Rowlan- 
dson,  les  Gruishank  sont  au  nombre  des  plus  célèbres,  et,  de- 
puis les  dernières  années  du  XVIir  siècle,  il  ne  parut  g'uère 
en  Angleterre  un  livre  de  quelque  importance  qui  ne  fût 
accompagné  de  nombreuses  vignettes  dans  lesquelles  les 
artistes  du  pays  se  laissaient  aller  à  leur  humour  et  à  leur 
imagination   particulièrement   originale.   Les  romans  de 
Walter  Scott  et  de  Fenimore  Gooper  ont  fourni,  à  eux  seuls, 
aux  artistes  anglais  plus  que  tout  autre  livre  l'occasion  de 
témoigner  de  leur  intelligence  à  saisir  les  parties  intéres- 
santes d'un  roman;  les  journaux  satiriques,  fort  nombreux 
dans  la  Péninsule,  ont  permis  aux  caricaturistes  de  donner 
cours  à  leur  verve  et  à  leur  franche  gaieté;  la  coutume  de 
publier  chaque  année  sous  le  titre  de  Keepsake  un  recueil 
d'articles  de  toute  nature  accompagnés  de  planches  très 
variées  a  contribué  à  entretenir  le  goût  pour  les  vignettes, 
et,  nulle  part  ailleurs  aujourd'hui  plus  qu'en  Angleterre, 
la  gravure  ne  se  trouve  plus  intimement  unie  à  la  librairie 
de  luxe. 

Nous  ne  saurions  en  direautaiitde  l'Espagne.  Les  artistes, 
dans  ce  pays,  ont  été  rares  de  tout  temps^  Lorsque  l'on  a 


—  XXII  — 


prononcé  le  nom  de  quelques  g^rands  peintres  tels  que 
Velasquez,  Murillo  et  Ribera,  on  ne  trouve  plus  que  des 
hommes  de  second  ordre  qui  exécutent  des  ouvrages  de 
grande  dimension  et  qui  ne  songent  guère  à  soumettre  leurs 
travaux  aux  exigences  de  la  librairie.  Dans  quelques  livres  de 
prières  apparaissent  des  vignettes  sans  grand  caractère  et 
sans  originalité  réellequi  sont  plus  propres  à  inspirer  la  piété 
à  leurs  dévots  lecteurs  qu'à  intéresser  beaucoup  les  artistes. 
Goya  lui-même,  dont  le  talent  avait  un  côté  essentiellement 
littéraire,  ne  fît,  que  nous  sachions,  aucun  dessin  destiné  à 
trouver  place  dans  ces  livres,  et,  lorsque  le  plus  récent  des 
artistes  espagnols,  Mariano  Fortuny,  introduisit  dans  un 
volume  imprimé  quelque  dessin  de  sa  façon,  il  n'était  pas 
encore  en  pleine  possession  de  son  talent  et  ne  donna  que 
des  gages  fort  incomplets  de  ses  aptitudes  futures. 

Dans  tous  les  pays  que  nous  venons  de  passer  en  revue, 
il  y  a  toujours  un  moment  où  Tart  de  la  gravure  cesse  d'être 
exploité  par  les  libraires  :  tantôt  c'est  au  début  seulement 
que  les  éditeurs  font  appel  aux  artistes;  tantôt  cette  collabo- 
ration, profitable  à  tous,  ne  se  produit  avec  suite  qu'assez 
tard.  En  France,  il  en  est  tout  autrement:  depuis  le  moment 
où  les  premiers  livres  sont  publiés  jusqu'à  nos  jours,  il  ne  se 
passe  pour  ainsi  dire  pas  une  année  sans  que  l'on  ne  trouve 
quelque  manifestation  intéressante  de  la  gravure  prêtant 
son  assistance  à  la  typographie.  En  1488,  des  planches  sur 
métal  accompagnent  les  Saintes  Pérégrinations  de  Jérusalem 
de  Bernard  de  Breydenbach  (Lyon,  Michel  Topie  de  Pymont 
et  Jacques  Herembeck);  au  même  moment,  également  en 
1488,  des  planches  sur  bois,  d'une  bien  autre  valeur,  voient 
le  jour  pour  la  première  fois  dans  la  Mer  des  Histoires,  que  pu- 
blie, à  Paris,  Pierre  Lerouge,  imprimeur  du  Roi.  Des  livriBS 


—  XXIII  — 

d'Heures,  sortis  des  ateliers  de  Simon  Vostre,  d'Antoine 
Verard,  de  Kerver  ou  de  Gilles  Hardouin,  sont  remplis  de 
gravures,  souvent  fort  remarquables,  qui  encadrent  le  texte 
ou  précèdent  chaque  office.  C'est  dans  ces  pieux  ouvrages 
qu'il  faut  aller  étiTdier  l'art  de  la  gravure  en  France,  au 
commencement  du  XVI"  siècle;  c'est  là  que  se  trouvent  les 
témoignages  les  plus  significatifs  de  notre  art  national.  Les 
chefs-d'œuvre  que  les  miniaturistes  avaient  répandus  à 
profusion  dans  les  manuscrits  antérieurs  étaient  présents 
à  toutes  les  mémoires,  et  les  dessinateurs  qui  confiaient 
aux  graveurs  le  soin  de  répandre  les  compositions  qu'ils 
inventaient  faisaient  amplement  leur  profit  des  exemples 
que  leur  avaient  légués  leurs  prédécesseurs.  L'art  français 
a  tout  avantage  à  être  étudié  dans  ces  productions  naïves 
qui  succèdent,  sans  sérieuse  infériorité,  aux  miniatures 
qu'elles  sont  appelées  à  remplacer  complètement.  A  côté  de 
scènes  pieuses,  destinées  à  l'édification  des  fidèles,  se  trou- 
vent, en  regard  des  calendriers,  par  exemple,  des  sujets 
empruntés  à  la  vie  de  tous  les  jours,  des  compositions  fami- 
lières qui  donnent  sur  les  usages  du  temps  des  indications 
précieuses.  A  côté  de  Toffice  des  Morts  apparaît  le  plus 
souvent  une  de  ces  danses  macabres  que  les  artistes  du 
moyen  âge  ont  si  fréquemment  traitées,  et  on  peut  assurer 
que  l'examen  attentif  de  ces  petites  planches  répandues  à 
profusion  dans  les  Heures  françaises  sera  profitable  à  tous 
les  historiens  de  notre  art  national,  quel  que  soit  le  but 
particulier  de  leurs  recherches. 

Les  graveurs  employés  par  les  imprimeurs  de  réputation 
faisaient  souvent  usage  d'un  procédé  particulier,  que  l'on 
a  désigné  sous  le  nom  de  manière  criblée;  ils  cherchaient 
ainsi  à  rappeler  ces  fonds  d'or  couverts  de  petits  points,  sur 


—   XXIY  — 

lesquels  les  miniaturistes  profilaient  fréquemment  la  sil- 
houette des  personnag'es  qu'ils  mettaient  en  scène.  Geofroy 
Tory  fut  un  des  premiers  g^raveurs  qui  rompit  avec  cet  usage^ 
et,  dans  les  Heures  de  la  Vierffe,  par  exemple,  dont  la  pre- 
mière édition  fut  imprimée  en  1524,  il  se  servit  d'un  contour 
savamment  tracé,  qui  se  détachait  sur  le  fond  blanc  du  pa- 
pier. Les  livres  que  Ton  attribue  avec  sûreté  à  cet  artiste 
justement  célèbre  se  distinguent  de  leurs  aînés  par  une 
science  du  dessin  supérieure  et  par  un  goût  particulier,  qui 
tend  à  s'éloigner  complètement  des  procédés  en  faveur 
au  XV*  siècle.  Les  planches  dues  à  cet  artiste,  qui  accom- 
pagnent les  Heures  de  la.  Vierge  ou  le  Champfleury ^  sont 
dignes  d'être  comptées  au  nombre  des  productions  les  plus 
importantes  de  la  gravure  sur  bois.  La  sobriété  des  moyens 
employés  ne  nuit  en  rien  à  la  stricte  exactitude  du  dessin, 
et,  en  ne  se  préoccupant  pas  outre  mesure  du  modelé,  que 
la  gravure  sur  bois  est  peu  propre  à  rendre  complètement, 
Geofroy  Tory  a  témoigné  qu'il  se  rendait  un  compte  exact 
des  ressources  que  pouvait  offrir  l'art  auquel  il  se  livrait, 
et  qu'il  renonçait  volontairement  à  la  lutte  avec  la  gpravure 
en  taille-douce,  dont  la  mission,  comme  les  moyens,  sont 
tout  différents. 

Si  l'on  peut  citer  le  nom  de  l'auteur  des  planches  qui 
accompagnent  les  Heures  de  la  Vierge  et  le  Champfteury  (1), 
il  n'en  est  pas  de  même  de  celui  qui  grava  les  es- 
tampes précieuses  qui  ornent  le  Songe  de  Poliphile  (Paris, 
Jacques  Kerver,  1546).  Ici,  nous  nous  trouvons  en  pré- 
sence   d'un     livre    particulièrement     intéressant.     Nous 

(I)  On  n*est  pas  encore  tombé  d'accord  sur  Tauteur  des  dessins  qui  accom- 
pagnent V Entrée  de  Henri  II  à  Paris,  en  la49  (Paris,  Jacques  Hoffet  dit  le  Foui- 
ckeur,  in-4);  mais  il  faut  désormais  rayer  le  nom  de  Geofroy  Tory  de  la  liste 
des  auteurs  supposés  de  cet  ouvrage  :  Thabile  artiste  était  mort  en  1533. 


—     XXV  — 

avons  affaire  à  une  traduction  en  français  d'un  livre 
composé  en  italien,  et  cette  traduction  n'est  pas  limitée 
au  texte  même,  elle  porte  en  même  temps  sur  les  plan- 
ches qui  le  décorent.  L'artiste  qui  fut  charg'é  d'orner  la 
traduction  française  du  livre  de  François  Golonna  s'inspira 
directement  des  planches  insérées  dans  l'édition  orig^inale, 
publiée  par  les  Aide  en  1499;  il  interpréta  à  sa  façon  cha- 
cune des  estampes  de  l'artiste  italien,  et  accommoda  au  goût 
français  les  compositions  italiennes  qu'il  avait  mission  de 
retracer.  Rien  n'est  plus  intéressant  à  étudier  que  cette  in- 
terprétation d'un  motif  unique  par  deux  intellig'ences  dont 
la  nationalité  est  différente.  On  ne  saurait  reg'arder  comme 
des  copies  les  planches  de  l'artiste  français;  cependant  les 
dispositions  g'énérales  de  chaque  planche  sont  les  mêmes 
dans  les  deux  éditions;  le  sujet  traité  est  toujours  le  même, 
mais  le  g*oût  du  dessin  est  tellement  différent,  la  manière 
d'exprimer  le  même  sentiment  et  la  même  pensée  est  telle- 
ment peu  conforme,  que  Ton  doit  considérer  comme  des 
œuvres  véritablement  originales  les  planches  qui  ornent 
l'édition  française  du  Songe  de  Poliphile.  A  qui  faut-il  faire 
honneur  de  cette  traduction  graphique?  Quel  est  celui  de  nos 
artistes  français  du  XVP  siècle  qui  put  se  tirer  aussi  bien 
d'une  tâche  aussi  difficile?  Nous  ne  saurions  répondre  posi- 
tivement à  ces  questions;  mais  le  nom  de  Jean  Cousin,  que 
M.  Didot  a  prononcé  à  ce  propos,  ne  nous  paraît  pas  indi- 
gne d'être  cité.  Ajoutons,  toutefois,  que  si  l'artiste  senonais 
est  l'auteur  des  planches  qui  accompagnent  l'édition  fran- 
çaise du  Songe  de  Poliphile,  il  y  sut  mettre  une  réserve  et  une 
sobriété  dont  on  ne  retrouve  pas  la  trace  dans  la  plupart 
de  ses  productions  bien  authentiques. 

Cette  même  exécution  sobre  et  particulièrement  intelli- 


—  XXVI  — 


génie  que  réalisent  les  planches  qui  accompagnent  le  poème 
en  prose  française  connu  sous  le  nom  de  Songe  de  Poliphile, 
se  retrouve  dans  deux  ouvragées  qui,  pour  être  moins  cé- 
lèbres, n'en  méritent  pas  moins  d'occuper  dans  les  biblio- 
thèques choisies  une  place  d'honneur;  nous  entendons  par- 
ler de  V Apocalypse  de  saint  Jean  (Paris,  Et.  Groulleau,  1547) 
et  de  V Amour  de  Cupidon  et  de  Psyché,  mère  de  Volupté  (Pa- 
ris, J.  de  Marnef,  1546),  qui  rappellent,  en  les  rajeunis- 
sant, des  compositions  exécutées  antérieurement.  Il  n'y  a 
pas  à  en  douter^  le  dessinateur  qui  a  fourni  au  graveur 
sur  bois  ses  modèles  a  connu  les  estampes  que  Durer  a  con- 
sacrées à  l'Apocalypse  et  les  compositions  relatives  a  la  fable 
de  Psyché,  longtemps  attribuées  à  Raphaël,  que  le  maître 
au  dé  a  multipliées  à  l'aide  de  son  burin;  rarement  même 
il  s'est  permis  d'apporter  quelque  modification  à  l'œuvre 
originale;  mais  il  a  su  donner  aux  figures  répandues  dans 
les  compositions  inventées  par  des  intelligences  étrangères 
une  allure  si  française,  qu'il  s'est  en  réalité  approprié  l'œu- 
vre d'autrui,  et  qu'il  nous  a  donné  le  droit  de  réclamer 
comme  nôtres  ces  petits  livres  gravés  avec  une  habileté  in- 
connue antérieurement.  Les  planches  de  Bernard  Salomon, 
dit  le  Petit  Bernard,  qui  virent  le  jour  à  Lyon,  procèdent 
d'un  talent  analogue.  Les  petites  estampes  qui  accompa- 
gnent les  livres  publiés  par  Jean  de  Tournes,  les  Devises 
héroïques  de  Claude  Paradin  (1557),  les  Quadrins  historiques  de 
la  Bible  (1556),  les  Métamorphoses  d Ovide  (1557),  les  Em- 
blêmes  d Alciat  (1548),  et  tant  d'autres,  attestent  une  rare 
connaissance  du  dessin  et  une  entente  approfondie  des  con- 
ditions spéciales  qu'exige  la  gravure  mise  au  service  de  la 
typographie.  Ces  ouvrages  eurent  de  très  nombreuses  édi- 
tions; les  planches  passèrent  de  mains  en  mains,  et^  en 


—  XX7II  — 

1681,  plus  d'un  siècle  après  avoir  été  imprimées  pour  la 
première  fois,  les  fîg'ures  de  rAncien  et  du  Nouveau  Tes- 
tament étaient  de  nouveau  mises  au  jour  par  Samuel  de 
Tournes,  qui  trouvait  encore  moyen  de  tirer  profit  du  pré- 
cieux héritag'e  que  lui  avaient  lég*ué  ses  ancêtres, 

"  Le  nom  de  Tartiste  qui  grava  les  estampes  répandues 
dans  y  Entrée  de  Charles  IX  à  Paris  en  1571  est  connu;  il  se 
nommait  Olivier  Codoré.  Sa  main  n'avait  pas  la  souplesse 
que  nous  signalions  plus  haut  chez  Geofroy  Tory,  à  Tocca- 
sion  des  Heures  de  la  Vierge,  et  les  planches  qu'il  exécuta  sont 
surcharg'ées  de  travaux  inutiles.  La  sobriété  des  moyens  sied 
dans  un  livre  mieux  qu'une  trop  grande  profusion  de  détails, 
et  à  un  demi-modelé  un  contour  net  et  précis  est  préférable. 
A  la  fin  du  XVP  siècle,  la  gravure  sur  bois  tend,  en  France, 
à  perdre  de  son  importance.   Les  graveurs  au  burin,   au 
contraire,  occupent  un  rang  qu'ils  n'ont  pas  encore  occupé. 
Sous  le  règne  d'Henri  IV,  Léonard  Gaultier  et  Thomas  de 
Leu  sont  les  deux  artistes  que  les  libraires  occupent  le  plus 
habituellement;  ils  sont  chargées  de  graver  quelquefois  des 
vig^nettes  destinées  à  être  répandues  dans  le  texte;  mais  le 
plus  souvent  leur  rôle  s'arrête  à  la  première  page;  devant 
le  prix  du  tirag^e  de  ces  planches  en  taille-douce,  les  édi- 
teurs reculent.  Ils  consentent  bien  à  faire  g^raver  un  fron- 
tispice, qui  doit  contenir  le  titre  du  livre,  ou  un  portrait 
donnant  Timage  de  l'auteur  ou  du  personnage  qui  a  accepté 
la  dédicace;  mais  ils  s'en  tiennent  là.  Plus  on  avance  dans 
le  siècle,  plus  les  ouvrages  ornés  de  planches  gravées  sont 
rares.   François  Chauveau,  Pierre  Le  Pautre,  Jean  Morin, 
quelques  autres  artistes,  cèdent  bien  encore  quelquefois  aux 
instances  des  libraires  et  inscrivent  leurs  noms  au  bas  de 
planches  lestement  g^ravées  à  l'eau-forte  qui  ne  suffiraient 


—  XXYIII  — 

pas  toujours  à  les  recommander  à  la  postérité  ;  mais  l'art,  sous 
Louis  XIV,  a  besoin,  pour  se  produire,  de  gprands  espaces, 
et  les  cadres  dont  disposent  les  éditeurs  ne  sont  pas  propor- 
tionnés aux  aspirations  des  artistes.  Ge  n'est  que  par  acci- 
dent que  les  véritables  maîtres  consentent  à  fixer  dans  le 
métal  une  planche  destinée  à  aller  se  cacher  dans  un  vo- 
lume, et,  lorsqu'ils  ne  savent  pas  résister  aux  sollicitations 
dont  ils  sont  Tobjet,  ils  ne  donnent  pas  g'énéralement  la 
mesure  exacte  de  leur  savoir. 

Au  XVIIP  siècle,  c'est  tout  le  contraire  qui  se  produit.  La 
g^ravure  sur  bois  n'a  pas  encore  retrouvé  la  faveur  passée,  et 
Jean-Baptiste-Michel  Papillon  est  à  peu  près  le  seul  artiste 
qui  s'y  exerce;  mais  il  se  forme  en  France  toute  une  école 
de  dessinateurs  qui  consacrent  le  meilleur  de  leur  talent  à 
traduire  pour  les  yeux  les  passa  g*es  les  plus  intéressants  des 
livres  qui  sont  publiés  de  leur  temps.  H.  Gravelot,  Maril* 
lier,  Eisen,  GhoflFard,  Gochin,  Saint-Aubin  et  Moreau  le 
jeune  ont  acquis  des  droits  sérieux  à  occuper  dans  l'histoire 
de  l'art  français  une  place  à  part;  soit  qu'ils  se  contentent 
de  dessiner,  soit  qu'ils  g*ravent  eux-mêmes  des  milliers  de 
vig^nettes  insérées  dans  les  publications  contemporaines,  ils 
déploient  à  cette  besog*ne  un  esprit  et  une  habileté  dont  ja- 
mais auparavant,  dans  aucun  pays,  on  n'avait  eu  d'exem* 
ple.  Les  Co7Ues  moraux  de  Marmontel,  le  Décaméron  de  Bo- 
cace,  les  Contes  de  la  Fontaine,  les  Fables  de  Dorât,  let 
Œuvres  de  J.-J.  Rousseau  et  les  Chansons  de  la  Borde  sont 
remplis  de  planches  qui  joig^nent  à  une  invention  facile 
une  exécution  délicate  et  soig*née,  admirablement  appro- 
priée à  l'objet  auquel  elles  sont  destinées.  Souvent  le 
livre  doit  uniquement  au  talent  de  l'artiste  qui  Ta  décoré 
la  réputation  dont  il  jouit,   et    les  amateurs  d'estampe» 


XXIX  — 


ont  plus  de  droit  que  le  bibliophile  à  rechercher  certains 
ouvragées  dont  le  mérite  littéraire  est  souvent  contestable. 
Moreau  le  jeune  vécut  fort  long*temps,  et  lég'ua  à  ses  suc* 
cesseurs  les  préceptes  de  Fart  qu'il  tenait  lui-même  de  ses 
prédécesseurs.  Bien  qu'à  la  fin  de  sa  carrière  il  subît  Tin- 
fluence  du  peintre  David  et  qu'il  modifiât,  sans  profit  pour 
personne,  sa  manière,  il  n'en  conserva  pas  moins  une  ha- 
bileté particulière  à  saisir  dans  un  livre  les  passag'es  qu'il 
convenait  spécialement  de  sig^naler  à  l'altention  du  lecteur. 
Pierre-Paul  Prudhon,  qui  vivait  à  ses  côtés^  ne  dédaig'na 
pas,  à  ses  heures,  de  fournir  à  la  librairie  quelques  dessins; 
il  mettait  dans  les  ouvragées  publiés  par  les  Didol  et  les 
Renouard  ce  charme  exquis  qu'il  répandait  dans  toutes  les 
productions  de  son  crayon  ou  de  son  pinceau.  Desenne  et 
Achille  Devéria,  les  descenda,nts  directs  de  ces  maîtres  de 
la  vig*nette,  transmirent  a  nos  contemporains  immédiats, 
aux  Johannot,  a  Jean  Gig*oux  et  à  de  Lemud  cette  inlelli- 
^nce  particulière  qui  consiste  à  saisir  dans  un  livre  les 
passagpes  qui  se  prêtent  le  mieux  à  une  interprétation  pitto- 
resque. Dans  deux  ouvragées  qui  virent  le  jour  de  nôtre 
temps,  la  Chaumière  indienne  (Paris,  Gurmer,  1838)  et  les 
Contes  rémois-,  M.  Meissonnier  témoig^ne  de  son  merveilleux 
talent;  à  l'exemple  d'Hubert  G ravelot,  que  nous  nous  plaisons 
à  sîg'naler  comme  le  prince  des  dessinateurs  de  vig*nettes,  il 
traça  de  véritables  tableaux  dans  ces  petits  espaces  qu'il 
était  appelé  à  couvrir.  Gertaines  scènes  des  Contes  rémois  ont 
la  valeur  d'une  toile  achevée,  le  dessin  est  aussi  précis  que 
la  composition  est  ing^énieuse;  le  peintre,  justement  jaloux 
de  son  œuvre,  surveillait  de  près  les  g^raveurs  appelés  à  fixer 
dans  le  bois  les  dessins  qu'il  leur  confiait,  et  g^ag^na  à  cette 
sage  précaution  de  ne  pas  être  trahi  par  ses  interprètes. 


—   XXX   — 

Sans  doute,  si  nous  voulions  n'omettre  ici  aucun  des 
artistes  qui,  depuis  une  trentaine  d'années,  ont  conquis, 
comme  dessinateurs  de  vignettes,  une  place  importante 
dans  Tart  de  notre  pays,  nous  aurions  encore  bien  des  noms 
à  citer.  Celui  qui  se  présenterait  le  premier  sous  notre 
plume  serait  celui  du  plus  fécond  de  nos  contemporains, 
de  M.  Gustave  Doré.  L'auteur  des  Contes  drolatiçtm  de  Balzac 
et  de  tant  d'autres  productions  remarquables  est  doué 
d^une  imag*ination  extraordinaire,  que  sert  admirablement 
une  main  rompue  à  toutes  les  difQcultés  du  métier;  mais 
il  est  encore  dans  la  lice,  et  son  dernier  mot  n'est  pas  dit. 

Nous  avons  indiqué  sommairement  les  différentes  étapes 
de  la  gravure  mise  au  service  du  livre,  et  notre  but  serait 
atteint  si  nous  avions  inspiré  aux  amateurs  d'estampes  le 
désir  de  connaître  les  ouvrages  que  des  artistes  de  talent 
ont  accompagnés  de  planches.  Pour  les  dirig'er  dans  cette 
recherche,  ils  ont  besoin  d'un  guide  les  renseig^nant  sûre- 
ment sur  les  ouvragées  qu'ils  doivent  rechercher  de  préfé- 
rence à  d'autres.  Ce  g^uide,  ils  le  trouveront  en  partie  dans 
les  catalogues  de  vente  de  M.  Firmin-Didot.  Cet  amateur 
éclairé,  dont  les  richesses  se  dispersent  aujourd'hui,  avait 
réuni  la  collection  la  plus  nombreuse  de  livres  à  fig'ures 
qui  ait  jamais  été  formée;  il  aimait,  de  préférence  à  tous 
autres,  ces  ouvrages  illustrés  qui  faisaient  suite  à  son  admi- 
rable collection  de  manuscrits  à  miniatures,  et,  lorsqu'il 
song*ea  à  publier  le  catalog'ue  raisonné  de  son  cabinet,  il 
commença,  comme  pour  indiquer  clairement  ses  préfé- 
rences, par  les  livres  à  figfures  sur  bois  et  par  les  solen- 
nités. 

Georges  DUPLESSIS. 


TABLE  SPÉCIALE 


DES 


LIVRES  IMPRIMÉS  SUR  VÉLIN 


DES  EXEMPLAIRES  UNIQUES  OU  SEULS  CONNUS 


ET  DES   PROVENANCES  CÉLÈBRES 


I.  LIVRES  IMPRIMÉS  SUR  VÉLIN. 

N"  51,  70,  73,  75,  76,  80,  81,  83,  81,  85,  86,  87,  88,  89,  90,  91, 
93,  94,  95,  96,  98,  99,  102,  104,  105,  106,  107,  108,  110,  111, 
112,  113,  114,  117,  118,  119,  120,  121,  122,  123,  124,  127,  128, 
135,  136,  137,  138,  139,  143,  147,  148,  149,  151,  152,  153,  159, 
167,174,  177,  178,  179.  191,  192,  193,  195,  202,  258,  311,  494, 
508. 

IL  EXEMPLAIRES  UNIQUES  OU  SEULS  CONNUS. 

N«*  46,  85,  107,  135,  143,  179,  258,  264,  454,  487,  488,  492,  494, 
496. 

III.  SIGNATURES  OU  NOTES  AUTOGRAPHES  DES  HOMMES 

ILLUSTRES  OU  DISTINGUÉS. 


Ballesdens,  241. 

Guy  on  de  Sardières ,  296. 

Jamet,  290. 


MÉLANCHTHON ,  68» 
Thou(J.-A.  de),  53. 


—  XXXII   — 


IV.  PROVENANCES  CÉLÈBRES. 


a.  Rois  et  Reines  de  France  ^ 
Princes,  Princesses,  etc. 

Charles  VI,  M. 

Charles  VU  (?),  44. 

René  II,  doc  de  Lorraine,  21. 

Antoine,  le  Grand  Bâtard  de  Bour- 
gogne, 22. 

Catherine  d'Armagnac,  duchesse  de 
Bourbon,  25. 

PieiTe  d'Auvergne,  179. 

Anne  de  Beaujeu,  107,  179. 

Anne  de  Bretagne,  28. 

François  P',  178. 

Henri  II,  258. 

Catherine  de  Médicis,  28. 

Marie  Stiiart,  23. 

(Uiarles  de  Valois,  200. 

Henri  111,  64,  146,  494. 

Marguerite  de  Valois',  232. 

Anne  d'Autriche,  30. 

Louis  XIV,  142. 

Maintenon  (Madame  de),  i69. 


6.  Sonverains  étrangers. 

Sixte  IV,  402. 

Sixte  V,  240. 

llenri  VI,  roi  d'Angleterre,  17. 


0.  Bibliophiles  on  persoBiiages 
célèbres. 

ARUNDEL  (lord),  381. 

BOSSUET,  172. 

Boufllers  (le  maréchal  de),  215. 

BUSSY-RABUTIN,  45. 

COLBERT  (le  grand),  196. 

Coligny  (Fr.  de),  82. 

LENONCOURT  (Rob.  cardinal  de),  73. 

Mansfelt  (Charles  de),  262. 

MONTMORENCY  (Anne  de),  conné- 
table, 238. 

Neully  (Et.  de),  183. 
TALBOT(J.),  19. 
Thou  (J.-A.  de),  241. 


I 


MANUSCRITS 


MANUSCRITS 


THÉOLOGIE 


ECRITURE  SAINTE 


1.  BIBLIÂ  SACRA.  —  In-12  carré,  de  570  ff.  à  2  col.; 
bordures,  lettres  ornées  et  historiées  ;  velours  violet,  tr. 
dor. 

Précieux  manuscrit  du  milieu  du  XIII«  siècle,  sur  vélin  très  fin,  exécuté 
en  France.  Il  commence  par  un  prologus  de  saint  Jérôme,  composé  de 
deux  pièces  dont  la  première  porte  ce  titre  :  Incip  ep*la  sci  fon'i  ad  pav  || 
lin  de  cUbz  d*ine  hysto*  lib'Sj  et  la  seconde  (f.  3  v),  celui-ci  :  Incipit  prolo  \\ 
gus  s6î  Jeronimi  ï  pentatheucU  Moysi,  Le  Nouveau  Testament  commence  au 
f.  417  v®  :  rdpiût  j)logi  s*,  math'i  eii  no^;  les  Actes  des  Apôtres,  au  f.  496  v®  ; 
enfin,  l'Apocalypse  occupe  les  fi*.  ol6  v^  à  523.  Le  reste  du  volume  con- 
tient les  Interpretationes,  c'est-à-dire  un  index  alphabétique  et  raisonné 
des  noms  hébreux  cités  dans  la  Bible. 

C'est  un  véritable  chef-d'œuvre  de  calligraphie  et  d'ornementation.  Le 
te:fte  est  d'une  écriture  gothique  fine  et^serrce.  L'illustration  est  des  plus  va- 
riées. De  nombreuses  lettres  toumeures,  d'un  goût  exquis,  enserrent  les  co^ 
lonnes  du  texte,  tantôt  en  partie,  tantôt  en  totalité,  dans  leurs  méandres 
savamment  combinés,  où  les  chimères  jouent  le  rôle  principal.  L'initiale  elle- 
même,  dont  les  dimensions  n'excèdent  pas  en  général  huit  millimètres  de 
hauteur,  offre  à  son  centre  soit  un  joli  motif  d*ornement,  soit  une  scène 
de  la  Bible,  d'une  délicatesse  de  touche  surprenante  pour  un  cadre  si  mi- 
croscot)ique,  et  le  nombre  de  ces  petites  compositions  n'est  pas  inférieur 
.à  SOIXANTE-DIX.  Celle  qui  figui^e  à  la  première  page  nous  fait  voir,  dans  sa 
partie  supérieure,  un  moine  assis  et  écrivant  un  manuscrit,  tandis  que 
l'appendice,  prolongé  de  façon  à  servir  de  cadre  à  la  première  colonne  de 
texte,  représente,  dans  sa  paiiic  inférieure,  un  oiseau  fantastique  à  queue; 
animalesque,  feuillagée,  dans  les  replis  de  laquelle  se  tient  debout  Un 
jeune  homme  qui  lui  perce  le  flanc  de  son  javelot.  D'autres  sujets  de 
chasse,  servant  aussi  d'appendices  à  des  lettres  historiées,  figurent  au  bas 
des  pages  ;  telles  sont  deux  chasses  au  sanglier,  ff.  25  r®  et  159  V». 


MANUSGlllTS. 

Ce  qu'il  y  a  pont-Atrc  cncoro  do  plus  intéressant,  ce  sont  les  bordure^ 
liistoriées.  Celle  du  f.  4  \^  est  de^  plu-^  remarquables.  Elle  est  disposée 
sous  forme  de  la  lettre  L,  dont  la  partie  verticiile  représente  une  tour  à 
six  étages;  dans  l'ouverture  ogivale  de  cbacun  d'eux  est  encbilssée  l'une 
des  scènes  des  six  jours  de  la  création,  tandis  que  le  dernier  comparti- 
ment du  bas  oflfre  la  figure  de  Dieu  assis  sur  son  trône.  La  partie  borizon- 
tale  de  cette  bordure  renferme  cinq  épisodes  de  la  vie  de  nos  premiers 
parents  jusqu'à  leur  expulsion  du  paradis  terrestre.  Cette  ricbe  composi- 
tion arcbitecturalo  est  appuyée  sur  dt»s  figures  d'bommes  et  d'animaux  et 
repose  sur  un  nuage.  On  peut  juger  de  la  finesse  de  son  exécution  par 
une  excellente  reproduction  en  cbromolitbograpbie,  un  peu  enjolivée,  qui 
en  a  été  faite  par  feu  Matbieu  dans  son  Livre  de  Prières  (18o8)>  p.  118 
(rencadrement  de  la  page  en  regard  est  une  composition  à  l'imitation  de 
celle-ci,  pour  lui  faire  pendant). 

Nous  signalerons  encore  la  bordure  du  f.  187  v®  où  Ton  voit  les  tra- 
vaux de  construction  du  Temple  de  Salomon.  L'or  a  été  semé  à  profusion 
dans  toutes  ces  compositions,  et  ni  son  éclat,  ni  la  vivacité  des  couleurs, 
n'ont  été  ternis  par  les  six  siècles  que  ce  beau  livre  a  traversés.  Ajoutez  que 
chaque  verset  de  la  Bible  commence  au  moins  par  une  initiale  diaprée, 
rouge  et  bleue,  qui  souvent  se  développe  en  ramifications  s'étendant  sur 
lés  marges  en  guise  d'encadrement;  que  les  titres  courants  sont  écrits  de 
même  et  que  les  titres  des  chapitres  sont  en  rouge,  et  vous  aurez  une  idée 
suffisante  de  la  beauté  de  ce  volume  et  de  l'énormité  de  la  tâche  du  mi- 
niaturiste et  surtout  de  celle  du  calligraphe.  I^  sûreté  de  main  de  ce  der- 
nier est  étonnante,  et  son  attention  ne  parait  s'être  jamais  troublée,  puis- 
qu'on n'y  remarque  aucune  rature,  aucune  correction,  et  que  l'égalité 
parfaitement  rigoureuse  des  lettres  semble  l'œuvre  de  l'imprimerie  et  non 
de  la  calligraphie.  Aussi  n'est-ce  pas  sans  émotion  qu'on  peut  lire  cette 
simple  mais  éloquente  souscription  que  le  scribe  a  placée  à  la  fin  du 
texte  de  la  Bible  : 

Sit  nomen  domini  benedictà 
Ex  hoc  nunc  et  usq)  m  secuhim, 
BenedicUis  dhs  Deus  qui  scribendo 
Arnulphum  dk  Camphaing  usq; 
Iluc  perduxit  Amen, 

L'œuvre  n'était  cependant  pas  entièrement  terminée  ;  il  restait  encore 
la  table  de  noms  hébreux  qui  n'occupe  pas  moins  de  94  pages  à  deux 
colonnes  serrées.  Le  même  scribe  tint  à  constater  que  ce  fut  lui  aussi  qui 
exécuta  cette  partie  finale,  par  cette  seconde  souscription  qu'on  lit  à  la  fin 
du  volume  : 

Arnulpuus  de  Campuaing 
Scripsit  h'xnc  hyllium. 

Dans  l'intervalle  de  ces  deux  lignes,  il  ajouta  en  caractères  microsco- 
piques : 

Hic  liber  est  s'cptus  q*  s*cpsit  s'  bndôs  [sit  benedictus]. 
Ad  gaudia  et*na^ducat  eU  fjiita'  s6a  [trinitas  sanctà]. 

Amen, 


THEOLOGIE.  '  5 

i 

ê 

Le  lecteur  s'associe  à  la  joie  qui  perce  à  travers  ces  lignes.  Quel  est 
cet  Amulphe  de  Camphaing  dont  on  admire  ici  Toeuvre  d'habileté  et  de 
patience?  On  l'ignore.  A  en  juger  par  son  nom,  il  devait  être  originaire 
du  département  du  Nord  actuel,  où  l'on  trouve  près  Lille  deux  villages  : 
Camphin-en-Garembault  et  Camphin-en-Pévèle. 

La  conservation  de  ce  volume  est  parfaite,  sauf  les  ff.  178  et  482  où  il 
manque  de  petits  morceaux;  la  marge  supérieure  a  été  un  peu  trop 
atteinte  par  le  couteau  du  relieur,  au  point  d'entamer  quelquefois  le  titre 
courant.  Il  provient  de  la  bibliothèque  Giraud. 

2.  BIBLIA  SA.CRA.  —  In-i2  carré,  de  638  ff.  à2  col.;  lettres 
historiées  et  ornées;  mar.  vert  foncé,  fil.  à  fr.,  tr.  dor. 

Charmant  manuscrit  de  la  première  moitié  du  XIII®  siècle,  sur  vélin, 
exécuté  en  France.  Il  commence  par  cette  rubrique  :  Incipit  ep'la  stï 
ieronimi  psbri  \\  ad  paulinum  de  omnibus  diuine  \\  hystorïq,  libris.  Sa  compo- 
sition est  à  peu  près  identique  avec  la  Bible  décrite  au  n?  précédent;  mais 
il  manque  ici  un  dernier  feuillet  contenant  la  fm  de  la  table  des  mots 
hébreux,  table  qui  s'arrête  au  mot  Zemri. 

L'écriture  de  ce  volume  est  très-fine,  très-serrée  et  remplie  d'abré- 
viations; l'encre  a  conservé  tout  l'éclat  de  son  noir,  et  le  vélin,  d'une 
finesse  de  pelure  d'oignon,  toute  sa  pureté  et  sa  blancheur. 

L'illustration  on  est  des  plus  gracieuses.  Sans  égaler  le  luxe  de  la 
Bible  ci-dessus,  il  n'en  offre  pas  moins  à  cet  égard  un  intérêt  particulier. 
Les  initiales  historiées  ne  dépassent  pas  le  nombre  de  douze  (fol.  4,  122, 
183,  236,  249,  261,  292,  302,  3og,  447,  473,  582),  mais  ce  sont  autant  de 
petits  chefs-d'œuvre.  Précision  du  dessin,  proportion  des  figures  (qualité 
rare  à  cette  date!),  coloris  d'une  harmonie  parfaite,  et  par-dessus  tout 
une  merveilleuse  finesse  de  pinceau  :  tout  y  est  réuni.  On  ne  peut  se 
rendre  compte  du  mérite  de  ces  compositions  presque  microscopiques 
(H.  :  0™,015;  L.  :  0™,012)  qu'en  les  examinant  à  la  loupe;  on  voit  alors  ce 
qu'il  a  fallu  de  dextérité  et  de  science  consommée  pour  faire  vivre  ces 
petites  figures  par  l'expression  empreinte  sur  leur  visage.  Dans  plus 
d'une  on  trouve  de  précieuses  indications  pour  les  costumes  de  l'époque. 
Nous  citerons  en  particulier  Judith  coupant  la  tête  à  Holopheme  (f.  236), 
et  Job  entouré  de  sa  femme  et  de  ses  amis  (f.  249).  L'initiale  I  qui  com- 
mence la  Genèse  représente,  en  compartiments  superposés,  les  Six  Jours 
de  la  création,  et,  au  bas,  un  Ci'ucifiement, 

Les  lettres  enluminées,  au  nombre  de  cent  quatorze,  sont  d'une  grande 
beauté.  Elles  n'ont  ni  l'éclat  ni  les  appendices  tortueux  des  initiales  dra- 
contines  de  la  Bible  d'Arnulphe  de  Camphaing;  mais  cette  simplicité  n'en 
diminue  nullement  le  mérite.  L'or  n'y  est  employé  qu'avec  la  plus  grande 
sobriété,  et  seulement  pour  mieux  faire  valoir  l'harmonie  des  couleurs 
d'une  tonalité  discrète.  Les  motifs  d'ornementation  sont  variés  à  l'infini; 
le  dessin  est  d'une  pureté  remarquable. 

Chaque  chapitre  commence  en  outre  par  une  petite  initiale  peinte 
alternativement  en  bleu  et  en  rouge,  et  dont  les  filaments  s'étendent  le 
long  des  colonnes  du  texte. 


6  MANUSCRITS. 

Les  intitulés  des  livres  sont  en  rouge  ;  les  titres  courants,  en  rouge  et 
en  bleu. 

Ce  beau  volume  avait  fait  partie  de  la  bibliothèque  des  Frères  Mineurs 
d'Ângoulême,  ce  que  constate  une  double  inscription  sur  la  première 
page  :  Ex  Bibliotheca  F,  F.  Minorum  Engolismensium,  suivi  de  cette  signa* 
ture  :  Fr,  G.  Gandilland  Minor  Engolisfli,  ' 

3.  LA  SAINTE  BIBLE,  en  français.  —  Gr.  in-fol.,  de  383  ff. 
à  2  col.;  miniatures,  bordures  et  lettres  ornées  ;  mar.  rouge, 
fiL,dos  orné,  tr.  dor.  {Deromé). 

Magnifique  manuscrit  de  la  première  moitié  du  XV*  siècle,  sur  veux, 
exécuté  en  France.  Le  texte  commence,  sans  aucune  rubrique,  par  cette 
pbrase  :  Le  (sic)  liure  est  appelle  genesis  pour  ce  quil  est  de  la  generatiô  du  ciel 
[et]  de  la  terre  ou  cÔmencefUit  ia  soit  ce  quil  parle  aps  de  plus^s  cîtoses,  ainsi 
corne  leuangile  saït  Mahieu  est  appellee  le  liure  de  la  generadon  ihûorist,  A 
la  suite  de  ce  préambule  à  la  Genèse,  se  trouve  une  version  de  ce  livre, 
découpée  par  pbrases  accompagnées  d'un  ample  commentaire.  Les  livres 
suivants  de  la  Bible  n'ofûrent  que  la  traduction  s^ule,  parfois  avec  Vaddi- 
tion  d'un  prologue  ou  d'un  épilogue.  Cette  version  est  un  texte  rajeuni 
d'une  de  nos  plus  anciennes  traductions  littérales  de  la  Sainte  Ecriture, 
qu'on  pourrait  peut-être,  de  l'avis  de  M.  P.  Paris  {les  ManuseriU  flrançois, 
t.  I,  pp.  185-196),  attribuer  à  un  Lyonnais,*  nommé  Etienne  de  Hansa 
ou  d'Ansa^  qui  l'aurait  faite  vers  1170.  Les  plus  anciens  manuscrits  que 
nous  ayons  de  la  version  originale  remontent  à  la  première  moitié  du 
xm"  siècle;  un  des  meilleurs  est  celui  de  notre  Bibliothèque  nationale, 
coté  899  f .  fr.  (anc.  7268*-*«)  ;  mais  malheureusement  il  est  incomplet  et  très- 
mutilé.  Nous  lui  empruntons  quelques  passages  que  nous  mettons  en  re- 
gard des  textes  correspondants  de  notre  manuscrit,  afin  d'établir  l'identité 
primordiale  de  ces  deux  versions. 


Genèse.  Chap.  III. 


Fol.  i. 


Mais  li  serpenz  estoit  li  plus  voi- 
sens  de  toutes  les  choses  qui  ont 
ame  et  que  dame  Dex  avoit  fct.  Et 
il  dist  a  la  femc  :  por  quoi  vos  a 
Dex  comandé  que  vos  ne  mengiez 
pas  de  touz  les  fuz  de  Pcu^adis. 


Fol.  3  v«. 


Mais  le  serpent  est  le  plus  noiseox 
(sic)  de  toutes  les  choses  q  ont  ame 
et  que  dame  Dieu  avoit  fait.  Et  il 
dist  a  la  femme  :  pour  quoy  tous  a 
Dieu  commandé  que  vous  ne  men- 
giez pas  de  tous  les  fus  de  Paradis. 


Psaume  I.  Beatus  vir  qui  non  abiit... 


Fol.  233, 

Li  hom  est  beneoiz  qui  n'ala  pas 
el  conseil  des  félons  et  qui  n'estut 
mie  en  la  voie  des  péché  ors  et  qui 
ne  sist  mie  en  la  chaicro  de  pesti- 
lence. 


Fol  279  v^. 

L'ome  est  benoit  qui  ne  va  mie 
ou  conseil  des  félons  et  qui  n'eslnt 
mie  en  la  voye  des  felpns  et  quijie 
siet  mie  en  la  chaiere  de  pesti- 
lence. 


THÉOLOGIE. 

Évangile  de  saint  Marc.  Chap.  P'. 


Fol.  29i . 

Li  comencemenz  de  Tevangile 
Ihesus  Crist  filz  Deu.  Si  corne  il  est 
escrit  en  Ysaïe  le  prophète,  ge  en- 
volai mon  angle^  ce  est  a  dire  mon 
mesage... 


Fol  329  r«. 

Le  commencement  de  Tevangile 
Ihesucrist  filz  de  Dieu.  Si  comme  il 
eA  escript  en  Ysaïe  le  prophète 
Veez  cy  je  envoie  mon  angle  c'est 
a  dire  mon  message... 


Évangile  de  saint  Jean.  Chap.  I•^ 


Fol.  331. 

Parole  estoit  au  comencement  et 
celé  parole  estoit  envers  Deu,  ce  est 
en  la  conoissance  Deu  le  père... 


Fol.  359  v\ 

Parolle  estoit  au  commencement 
et  celle  parolle  estoit  envers  Dieu, 
ce  est  en  la  congnoissance  de  Dieu 
le  père... 


Pour  TAncien  Testament,  la  composition  des  deux  manuscrits  est  iden- 
tique :  l'un  et  l'autre  ne  vont  pas  au-delà  des  Psaumes.  Pour  le  Nouveau 
.  Testament,  le  nôtre  ne  contient  que  les  Évangiles  et  l'Apocalypse,  à  l'ex- 
clusion des  Actes  des  Apôtres  et  des  Épitres,  tandis  que  le  manuscrit  de  la 
Bihliothèque  nationale  s'arrête  au  milieu  de  la  deuxième  épitre  de  saint 
Pierre.  Le  nôtre  fmit  ainsi  :  Et  cy  finist  lapocalipse,  Cestadire  la  vision 
que  le  st  esperit  mÔstra  a  môs^  saint  Jehan  leuuàgliste  en  lisle  de  pathmos. 
benoit  soit  le  no  de  Dieu.  Amen. 

L'illustration  de  ce  heau  volume  est  digne  d'une  attention  particulière. 
On  y  compte  trente-trois  miniatures,  dont  vingt-neut  pour  l'Ancien 
Testament,  et  quatre  seulement  pour  le  Nouveau.  Le  côté  intéressant  de 
ces  petits  tahleaux  consiste  en  ce  que  l'artiste  y  chercha  à  faire  preuve 
d'originalité  en  évitant  en  général  de  représenter  les  scènes  de  la  Bible 
les  plus  connues,  de  sorte  qu'on  y  rencontre  des  compositions  qu'on  cher- 
cherait vainement  dans  d'autres  manuscrits  antérieurs  ou  postérieurs.  En 
outre,  on  constate  que  le  miniaturiste  s'est  préoccupé  bien  plus  de  peindre 
les  plus  beaux  costumes,  l'ameublement  et  l'architecture  de  son  temps 
que  de  faire  passer  sous  les  yeux  de  ses  contemporains  une  série  de  sujets 
bibliques  propres  à  frapper  leur  imagination. 

La  première  miniature  (f.  1  r**)  occupe  presque  la  moitié  de  la  page 
(H.  :  0",180;  L.  :  0",198).  Coupée  verticalement  en  trois  parties,  elle  repré- 
sente au  milieu  Dieu  le  Père  assis  sur  son  trône  et  accompagné  de  chéru- 
bins jouant  et  chantant;  les  parties  latérales,  divisées  horizontalement 
chacune  en  trois  compartiments,  représentent  les  Six  Jours  de  la  Création. 
La  page  entière  est  entourée  d'un  large  encadrement  avec  fleurs,  fruits, 
animaux  et  chimères  ;  les  deux  colonnes  de  texte  sont  séparées  pai*  un 
montant  d'une  ornementation  fort  gracieuse,  sur  fond  d'or.    * 

Les  autres  miniatures  de  l'Ancien  Testament  sont  de  grandeur  à  peu 
près  uniforme  (H.  :  0™,1 17  ;  L.  :  0™,089)  ;  elles  sont  toutes  en  hauteur,  affec- 
tant la  forme  d'un  rectangle  cintré  par  le  haut. 

La  deuxième  miniature  {Exode;  fol.  51  r®)  représente  un  groupe 
d'hommes  arrêtés  devant  la  porte  d'une  ville,  dont  les  riches  édifices 


8'  MANUSCRITS. 

frappent  le  regard  :  c'est  sans  doute  Joseph  et  ses  frères  en  Egypte. 

La  troisième  {Lévitique;  fol.  68  r°)  nous  fait  voir  I'Intérieur  du  Taber- 
nacle au  moment  où  les  fidèles  viennent  offrir  au  Seigneur  un  holocauste 
d*agneaux  et  de  veaux,  en  présence  de  Moïse. 

La  quatrième  (Nombres;  fol.  79  v°)  représente  Dieu  parlant  a  MoIse 
au  désert  de  Sinaï. 

La  cinquième  {Deutéronome  ;  fol.  98  v"),  Moïse  parlant  au  peuple 
dTsrael  dans  la  plaine  du  désert,  vis-à-vis  la  mer  Rouge.  Charmant 
paysage. 

La  sixième  [Josué;  fol.  115  v*»).  Dieu  parlant  a  Josué. 

La  septième  (les  Juges;  fol.  127  r*»)  nous  fait  assister  à  une  Bataille 
LIVRÉE  par  JuDA  AUX  Cdananéens.  Elle  est  très-curieuse  pour  les  costumes 
militaires,  pour  les  armes  et  les  armures.  Un  des  guerriers  tient  une  ban- 
nière ornée  des  trois  fleurs  de  lis  ;  un  archer  porte  sur  sa  veste  les  ini- 
tiales P  N,  dont  la  signification  nous  échappe. 

La  huitième  (Ruth;  fol.  139  t^)  représente  Élimélech  quittant  Bethléem 
AVEC  SA  femme  Noémi  ET  SES  DEUX  FILS.  Elle  cst  très-rcmarquable  pour  ses 
ornements  d'architecture  et  pour  les  costumes  de  la  bourgeoisie  au 
XV*  siècle. 

Dans  la  neuvième  (I"  livre  des  Jlois;  fol.  141  r*>),  une  femme  richement 
vêtue,  tenant  par  la  main  deux  petits  garçons  et  accompagnée  d'une  ser- 
vante, se  présente  devant  un  roi  assis  sur  son  trône,  entouré  de  sa  cour; 
on  ne  trouve  pas  dans  ce  livre  de  la  Bible  de  sujet  pouvant  s'appliquer 
exactement  à  cette  scène,  à  moins  d'y  voir  celle,  infidèlement  représentée 
par  l'artiste,  où  les  deux  femmes  d'Elcassa,  avec  un  enfant,  viennent 
offrir  un  sacrifice  à  Dieu  devant  le  grand-prêtre  Hélie.  Curieux  détails  de 
costumes. 

Dans  la  dixième  (II*  livre  des  Rois;  fol.  157  r<»),  un  jeune  Amalécite, 
MEURTRIER  DE  Saûl,  APPORTE  LE  DIADÈME  DU  ROI  A  David,  qui  lui  fait  incon- 
tinent couper  la  tête  pour  avoir  mis  la  main  sur  l'oint  du  Seigneur. 

La  onzième  (III*  livre  des  Rois;  fol.  170  r*»)  représente  le  vieux  roi 
David  couché  dans  son  lit  et  recevant  la  visite  de  la  jeune  Abisag  de 
SuNAM,  sujet  tiré  des  quatre  premiers  versets  du  premier  chapitre  de  ce 
hvre. 

.La  douzième  (IV*  livre  des  Rois;  fol.  185  r*)  nous  fait  assister,  dans  la 
rue  d'une  ville,  à  la  rencontre  de  deux  groupes,  dont  l'un  représente 
sans  douté  les  envoyés  du  roi  Ochozias,  qu'on  voit  d'autre  part  tomber 
de  la  fenêtre  d'une  chambre  haute  de  son  palais,  à  Samarie.  Cette  minia- 
ture est  un  petit  tableau  composé  d'une  façon  délicieuse  et  finement 
exécuté.  Les  costumes  et  l'architecture  sont  traités  d'une  manière  très- 
pittoresque. 

La  treizième  (I*'  livre  des  Paralipomènes  ;  fol,  199  v*)  représente  Adam 

ET  SES  DESCENDANTS. 

La  quatorzième  (II*  livre  des  Paralipomènes;  fol.  212  v*)  a  pour  sujet  la 
Construction  du  palais  et  du  temple  de  Salomon. 

La  quinzième  (I*'  livre  d'Esdras;  fol.  229  v°)  représente  plusieurs  per- 
sonnages venant  offrir  de  l'or  à  un  roi  ;  il  s'agit  sans  doute  des  Offrandes 
apportées  par  les  Israélites  pour  la  reconstruction  du  temple  a  Jérusalem, 
ordonnée  par  Cyrus,  roi  de  Perse. 


THEOLOGIE.  9 

La  seizième  (II®  livre  d'Esdras  ou  Néhémiè;  fol.  234  v^)  nous  montre  le 
roi  de  Perse  Artaxerxês  I«',  accompagné  de  sa  femme  et  de  sa  cour,  au 
moment  où  il  remet  à  Néhémie,  son  échanson,  un  édit  l'autorisant  à  faire 
relever  les  murs  de  Jérusalem.  A*  gauche  de  ce  groupe,  digne  d'attention 
pour  les  costumes,  on  voit  une  ville  entourée  de  murailles,  et  d'une  des 
portes  de  laquelle  sort  un  homme  complètement  nu  :  sujet  qui  ne  se 
trouve  point  dans  le  livre  de  Néhémie. 

La  dix-septième  miniature  (fol.  242  r^)  nous  reporte  en  arrière.  Elle 
est  placée  en  tête  d'un  livre  intitulé  Josie,  mais  qui  n'est  qu'une  légère 
paraphrase  des  deux  derniers  chapitres  du  second  livre  des  Paralipo- 
mènes  et  du  P'  livre  à'EsdraSy  et  qui  se  termine  par  ces  mots  :  Cy  fenist 
le  Hure  de  Esdras.  Cette  miniature  représente  deux  scènes  distinctes  :  d'un 

côté,  la  CÉLÉBRATION  DE  LA  PaQUE  PAR  LE  ROI  JOSIAS  ;  de  l'autrC,  la  BATAILLE 

DES  Juifs  contre  les  Chaldéens,  en  dehors  de  l'enceinte  de  Jérusalem;  au 
premier  plan,  Nabuchodonosor  renverse  de  sa  lance  le  roi  Joakim. 

La  dix-huitième  (Tobie;  fol.  249  v®)  représente,  au  fond,  la  salle  de 
festin  chez  Tobie  ;  au  dehors,  dans  la  rue,  un  Israélite  tué  (voir  chap.  ii), 
et,  au  premier  plan,  un  groupe  composé  de  deux  femmes  et  de  ttois 
hommes.  Très  importante  pour  la  variété  des  costumes. 

Dans  la  dix-neuvième  [Judith;  fol.  234  r°)  on  voit,  à  gauche,  le  camp 
des  Assyriens  rempli  de  guerriers;  l'une  des  tentes  porte  les  initiales  N.  R. 
(?  Nabuchodonosor,  roi);  sous  une  autre,  gît  le  corps  décapité  d'Ho- 
LOPHERNE.  A  droite,  au  sommet  des  murs  de  Béthulie,  est  exposée,  au 
bout  d'une  pique,  la  tête  du  général  assyrien,  et  Judith,  richement 
vêtue  et  suivie  de  sa  fille,  vient  contempler  la  consternation  de  l'armée 
ennemie. 

La  vingtième  [Esther  ;  fol.  260  v°)  représente  Esther  devant  Assuérus. 
Curieuse  pour  les  coiffures  des  deux  sexes. 

La  vingt  et  unième  {Job  ;  fol.  266  v®)  nous  montre  Job  sur  son  fumier, 
VISITÉ  PAR  SES  AMIS.  Contrairement  au  texte  de  la  Bible,  tous  les  person- 
nages y  sont  représentés  jeunes. 

La  vingt-deuxième  (fol.  279  v°)  commence  le  Psautier  et  représente  le 
roi  David  en  prière. 

La  vingt-troisième  (fol.  284  r^)  représente  David  a  genoux,  éclairé  par 
LA  lumière  divine  ;  elle  est  placée  en  tête  du  psaume  xxvii  :  Le  Seigneur 
est  ma  lumière  et  mon  salut,,.  Joli  dessin  d'étoffe. 

Dans  la  vingt-quatrième  (fol.  287  r°),  nous  voyons  le  roi  Davjd  accom- 
pagné d'une  nombreuse  suite,  se  promenant  en  dehors  de  l'enceinte  de 
Jérusalem  ;  elle  figure  en  tête  du  psaume  xxxix  :  J'ai  dit  :  Je  veillerai  sur 
mes  voies.,, 

La  vingt-cinquième  (fol.  290  r^)  offre  une  scène  de  mœurs  très  cu- 
rieuse ;  elle  représente  un  jeune  roi,  assis  sur  le  trône,  accompagné  de 
SES  courtisans,  et  écoutant  attentivement  un  fou  de  cour,  habillé  de  jaune 
et  de  bleu,  et  tenant  une  marotte  à  la  main».  Elle  est  placée  en  tête  du 
psaume  lui  (coté  ici  lu),  par  allusion  à  son  premier  verset:  L'insensé  a  dit 
en  son  cœur,,.  Nous  donnons,  au  catalogue  illustré,  une  reproduction  de 
cette  belle  miniature,  de  la  grandeur  de  l'original.. 

La  vingt-sixième  (fol.  293  r®)  représente  le  roi  David  dans  l'eau  jus- 
qu'à LA  ceinture,  adressant  une  fervente  prière  à  Dieu,  qui  apparaît  dans 


10  xMANUSCRITS. 

lescieiix;  elle  est  placée  en  tête  du  psaume  lxix:  Sauvez-mùiy  Seigneur,,, 
Je  suis  plongé  dans  la  vase  de  l'abîme  y  et  elle  fuit  sous  mes  pas,,. 

La  Yingt-septième*(fol.  294  v^)  nous  montre  David  faisant  sonner  le 
avRiLLON  ;  en  tôte  du  psaume  lxxxi  :  Célébrez  le  Dieu,  notre  appui... 

Dans  la  vingt-huitième  (fol.  300  r*>)  le  roi  David  fait  chanter  des  can- 
tiques ;  les  lévites  y  sont  remplacés  par  des  prêtres,  couverts  de  leurs 
chapes.  Elle  figure  en  tète  du  psaume  xcviii  :  Chantez  à  Jéhovàh  un  can- 
tique nouveau.,. 

La  vingt-neuvième  (fol.  303  v»),  qui  est  ici  la  dernière  de  l'Ancien 
Testament,  représente  la  sainte  Trinité  ;  en  tête  du  psaume  ex  (coté  ax)  : 
Le  Seigneur  dit  à  mon  Seigneur:  Asseyez-vous  à  ma  droite... 

Le  Nouveau  Testament  (fol.  312  r®)  débute  par  une  splendîde  minia- 
ture, occupant  presque  la  moitié  de  la  page  (H.:  0™,180;  L.:  0«n,207)  et  divisée 
horizontalement  en  trois  compartiments.  Elle  représente  la  descendance 
d'Abraham  jusqu'à  Jéscs-Ghrist.  Ce  véritable  petit  tableau  ne  compte  pas 
moins  de  quarante-neuf  personnages,  groupés  d'une  manière  pittoresque 
et  dans  des  attitudes  très-variées.  Abraham,  placé  au  milieu  du  compar- 
timent supérieur,  est  assis  sur  le  trône,  ayant  ses  descendants  à  sa  droite 
et  à  sa  gauche  ;  leur  suite  se  déroule  dans  les  deux  autres  compartiments, 
de  gauche  à  droite,  pour  se  terminer  par  une  représentation  de  la  Nati- 
vité de  Jésus-Christ,  Le  nom  de  chacun  des  personnages  est  inscrit  sur  son 
vêtement,  sauf  de  rares  exceptions.  Pour  donner  plus  de  charme  à  sa  com- 
position, l'artiste  y  intercala  plusieurs  femmes,  de  celles  même  que  saint 
Mathieu  ne  cite  point,  toutes  en  toilettes  ravissantes.  On  remarquera  sur- 
tout, à  la  suite  du  roi  David,  une  jeune  femme  d'une  grande  beauté, 
avec  une  haute  coiffure.  Cette  figure  a  été  peinte  avec  un  soin  tout  par- 
ticulier, et  comme  elle  porte  sur  sa  robe  un  nom  peu  lisible  (?  Jemie) 
qui  n'est  ni  celui  de  Michol,  épouse  de  David,  ni  celui  de  la  mère  de  Salo- 
mon,  représenté  à  la  suite,  on  est  autorisé  à  y  voir  le  portrait  d'une 
pei^sonne  de  la  famille  de  celui  pour  qui  ce  beau  manuscrit  a  été  exécuté. 
Cette  miniature  est  on  ne  peut  plus  intéressante  à  cause  de  toute  une  série 
de  costumes  du  xv^'  siècle  qu'elle  fait  passer  sous  nos  yeux  ;  on  pourra 
s'en  faire  une  idée  en  examinant  la  reproduction  réduite  que  nous  en 
donnons  au  catalogue  illustré.  Dans  le  riche  encadrement  de  cette  page, 
est  représenté  saint  Mathieu  accompagné  de  son  ange. 

La  trente  et  unième  miniature,  placée  en  tête  de  l'Évangile  selon  saint 
Marc  (fol.  329  r<»),  représente  saint  Jean-Baptiste  prêchant  et  baptisant 
DANS  LE  DÉSERT,  qui  cst  ici  agrémenté  de  charmants  édifices  et  d'un  beau 
pont  jeté  sur  une  rivière. 

L'Évangile  de  saint  Luc  (fol.  340  r^)  n'est  orné  d'aucune  peinture. 

La  trente-deuxième,  placée  en  tête  de  l'évangile  selon  saint  Jean 
(fol.  359  v^),  représente  Jésus-Christ  apparaissant  a  ses  disuples;  au  fond, 
saint  Jean  assis  et  écrivant. 

La  dernière,  qui  orne  l'Apocalypse  (fol.  374  v<^),  est  divisée  en  deux 
parties  :  dans  celle  du  haut,  on  voit  saint  Jean  dans  l'Ile  de  Pathmos;  au 
dessous  est  figurée  deux  fois  la  bête  apocalyptique  à  sept  têtes.   ' 

La  richesse  d'illustration  de  ce  manuscrit  ne  se  borne  pas  à  cela.  Cba- 
cune  des  miniatures  est  accompagnée  d'un  cadre  qui  entolire  soit  la  page, 
soit  la  colonne  entière  du  texte,  et  qui  est  composé  d'une  double  bordure  : 


THEOLOGIE.  11 

l'une,  plus  large,  est  remplie  d'une  ornementation  en  fleurs,  fruits,  rinceaux, 
etc.;  l'autre,  plus  étroite,  offre  une  décoration  très-variée  d'entrelacs,  de 
losanges,  etc.,  sur  fond  d'or;  on  y  Toit  souvent  des  fleurs  de  lis  d'or  sur 
azur.  Un  nombre  considérable  d'initiales  de  toutes  dimensions,  peintes  en 
or,  fleuronnées  et  diaprées,  complètent  cet  ensemble  fastueux. 

Les  miniatures  offrent  un  des  plus  beaux  spécimens  de  notre  art  natio- 
nal dans  la  première  partie  du  XV«  siècle,  et  elles  accusent  la  main  d'un  des 
plus  habiles  artistes  de  cette  époque.  La  science  du  dessin  y  est  considé- 
rable, la  conception  souvent*  d'une  grande  originalité,  et  le  coloris  vigou- 
reux, brillant  et  harmonieux.  Assurément  une  Bible  d'un  si  grand  luxe 
n'a  pu  être  faite  que  pour  un  haut  personnage. 

Ce  beau  volume,  parfaitement  conservé,  est  couvert  d'une  excellente 
reliure  dans  le  genre  de  celles  qui  ont  été  exécutées  spécialement  pour  le 
duc  de  la  Vallière.  On  croit  même  çu'il  provient  réellement  du  cabinet  de 
cet  amateur  célèbre,  bien  qu'il  ne  puisse  être  identifié  avec  aucun  des 
manuscrits  de  son  catalogue. 


4.  PSALTERIUM,  CANTICA,  etc.  —  In-fol.,  de  1 19  ff.;  mar, 
La  Vallière,  riches  compart.  à  froid,  tr.  dor.  {Hanué).- 

Précieux  manuscrit  sur  vélin,  exécuté  dans  l'abbaye  Saint-Martin  de 
Tournai  et  daté  de  1103.  Il  commence,  au  verso  du  premier  feuillet,  par 
ce  titre,  écrit  en  rouge,  en  lettres  capitales  :  Incipit  Origo  ||  Prophetiae  \\ 
Régis  David  ||  Psaîmorum  numéro  \\  ceniû  quinquaginta.  Les  sept  premiers 
feuillets  contiennent  des  pièces  préliminaires,  écrites  sur  deux  colonnes. 
La  première  de  ces  pièces  est  une  courte  notice  sur  la  composition  des 
psaumes  et  sur  les  auteurs  auxquels  ils  ont  été  attribués  ;  elle  commence 
par  une  superbe  lettre  onciale  D  (David  filius  lesse,  etc.),  historiée,  peinte 
en  rouge,  bleu,  vert,  bistre,  et  relevée  de  noir.  Suivent  quatre  lettres  de 
saint  Jérôme,  relatives  aux  psaumes  et  à  leur  traduction. 

Le  psautier  commence  au  f.  8  v®.  Il  offre  quatre  versions  différentes, 
dont  trois  latines  et  une  grecque,  disposées  sur  quatre  colonnes.  La  pre- 
mière de  ces  versions,  désignée  par  la  rubrique  de  [psalterium]  gallicum, 
est  celje  de  l'ancienne  Vulgate  latine  ou  italique,  corrigée  par  saint 
Jérôme,  et  qui  fut  adoptée,  aux  X®  et  XI®  siècles,  dans  la  plupart  des  églises 
des  Gaules,  d'où  lui  vient  son  nom;  la  seconde  {romanum)  est  Fancienne 
Vulgate  italique,  prise  sur  les  Septante  et  dont  l'usage  fut  rétabli  au 
XVI®  siècle  pai*  ordre  de  Pie  V  ;  la  troisième  (hebraimm)  offre  une  version 
latine  faite  sur  le  texte  hébreu  par  saint  Jérôme  ;  la  quatrième  nous  donne 
une  version  grecque  reproduisant  celle  des  Septante,  mais  écrite  en  carac- 
tères latins.  L'importance  de  cette  dernière  est  considérable  au  point  de 
,vue  philologique,  car,  étant  écrite  conformément  à  la  prononciation 
d'alors,  elle  permet  de  constater  que  cette  prononciation  est  absolument 
la  même  que  celle  d'aujourd'hui  chez  les  Grecs. 

A  la  suite  des  cent  cinquante  psaumes,  se  trouve  le  cent  cinquante  et 
unième,  apocryphe,  en  une  seule  version  latine,  avec  le  texte  grec  en 
regard,  et  l'ensemble  est  terminé  (fol.  108  r®)  par  ces  quatre  expHcit,  cor- 


12  MANUSCRITS. 

respondant  à  chacune  des  quatre  versions  respectives:  i^  Explicit  psalte- 
rium  galHcum  scdfa  hebraicum  ^  Ixx  inf prêtes  emendatû  a  sôo  Hieronimo 
prb'o;  —  2°  Explicit  psaWiû  romanû  q^d  de  hebreo  in  grecû  t'nstuler't 
Ixx  int'pretes  ;  —  3*»  Explicit  psalteriû  hebraicû  quod  de  hebreo  in  latinû 
t'rstulit  Hieronimus  prb*,;  —  4°  Explicit  psalteriû  grecû  q^d  in  aliq^b^  lods 
concordat  cU  gallico  in  aliq^b^  cû  romano  in  aliquib^  cum  Hebraico, 

Viennent  à  la  suite  une  série  de  Cantiques  :  dlsaîe  (une  seule  version 
latine  et  texte  grec),  d'Ézéchias,  d'Anne,  mère  du  prophète  Samuel,  de 
Moïse,  d'Ahacuc,  de  Moïse  {Ad  filios  Israhel),  toutes  en  quatre  versions; 
ceux  des  Trois  jeunes  Hébreux  (Trium  puerorttm),  de  Zacharie,  de  la  Sainte 
Vierge  et  de  saint  Siméon,  sans  la  version  de  l'hébreu,  qui  n'existe  pas. 

Au  fol.  116  v<>  on  trouve  d'abord  trois  tableaux,  contenant  :  Talphabet 
latin  ;  Valphabet  grec,  avec  les  noms  des  lettres,  leur  valeur  et  leur  emploi 
numérique;  Valphabet  hébreu,  avec  la  valeur  des  lettres  et  leur  nom; 
ensuite*  l'Or ati'o  dominica,  le  Simbolum  apostoloinim  de  fide  catholicaf  VHym- 
nus  sanctorum  doctorum  Ambrosii  et  Augustini  episcoporum,  le  tout  en 
latin  et  en  grec,  sauf  le  dernier  ;  enfin  la  Fides  catholica  édita  ab  Athana' 
sio  episcopo  Alexandrie,  en  latin,  et  la  Litanie,  en  latin  et  en  grec. 

Le  volume  est  terminé  par  l'importante  souscription  qui  suit,  écrite  en 
gros  caractères  diplomatiques,  laquelle,  outre  la  date  de  ce  manuscrit, 
nous  donne  encore  des  renseignements  sur  l'abbaye  de  Saint-Martin  de 
Tournai,  où  il  fut  exécuté,  et  sur  son  premier  abbé,  le  célèbre  Odon,  plus 
tard  évoque  de  Cambrai.  Ce  document  occupe  les  trois  dernières  lignes 
de  l 'avant-dernier  feuillet  et  le  côté  recto  du  suivant;  en  voici  la  teneur  : 

Lib'  scï  Martini  Tornacensis  Cenobii.  ||  Si  quis  hune  librû  de  eccl'sia  sÔi 
Martini  Tornacensis  abstulerit,  ut\\auferri ^misent,  Anathema  sit.  Fiat. 
Fiat.  Afn.  Aili.  \\  Anno  ab  incarnatione  dni  Millesimo  centesimo  quinto.  Et 
a  II  restaui'atione  huius  cenobii  quartodecimo  :  Scriptus  est  lib*  iste  ||  in  hoe 
ipso  cenobio  a  quodam  fre  [fratre]  monacho  ^  subdiacono.  WprecipienU  toro 
uenei^and^c  memoine^  domno  ODONE  primo  ||  monacho  et  primo  abbâte  buius 
scï  CENOBII.  Qui  vene\\randv£  abbas  eodem  anno  raptus  ad  episcopatum  Came|| 
RACENsis  ciuiTATis  :  non  sine  damno  totiiu  nostr^  congreg<xticnis  \\  moins 
ablatus  est .  Consecratusque  est  episcopus  supradict^  Cameracensis  ciuUatit 
a  Manasse  remensi  metropolitano  âç  septemWcQmprouinjcialih^àis  episoopis, 
anno  dhic^c  incarnationis  millesimo  \\  centesimo  quinto  .  indictione  tertia 
décima  .  epacta  iii.  |  sexto  nonas  iulii  die  dhica.  Romane  urbis  caihedrae 
Il  présidente  domno  Paschali  papa  .  Francorum  regnum  \\  gubemante  rege 
Philippo  .  Nostrum  uero  cenobiû  rexit  \\  annis  .  xiii;  in  quib^  ita  ei  diuina 
gra  affuit  ut  eû  ante  ei'  [ejus]  aduentû  j)  I  t'ecentos  fere  annos  nuUus  in 
hoc  loGO  monachus  fuerit  :  infra  .  xii .  annos  h  I  solû  terras  âp  tnansiones 
êç  o^cinas  âç  qur^qs  usibus  seruoi^û  dt  [Domini]  \\  sunt  necessatia .  utrû 
etiam  plusquâ  .  Ixx .  monachos  omïpotenti  dho  il  regularît  semiturùs  in  hoe 
loco  aggregauent.  -f-. 

Ainsi  l'exécution  de  ce  manuscrit  a  été  terminée  avant  le  mois  de 
juillet  1105,  sous  le  règne  de  Philippe  P^  Odon,  natif  d'Orléans,  mort 
en  1113  à  l'abbaye  d'Anchin,  est  un  des  hommes  les  plus  savants  de  son 
siècle.  Appelé  à  diriger  l'école  attachée  à  la  cathédrale  de  Toanud,  il 
fit  de  cette  ville  un  des  centres  intellectuels,  et  le  présent  manuscrit 
prouve  qu'on  avait  dans  l'abbaye  de  Saint-Martin  une  certaine  coimai»" 


.-.< 


THEOLOGIE.  13 

sance  de  la  langue  grecque,  fait  rare  à  cette  date  chez  nous,  et  qui  est 
important  pour  Thistoire  de  rhellénisme  en  France. 

Un  des  possesseurs  de  ce  manuscrit,  probablement  un  marchand 
ignare,  avait  cru  devoir,  dans  la  souscription  rapportée  ci-dessus,  gratter 
les  lettres  médianes  du  mot  Tomacensis,  aux  deux  endroits  où  il  figure, 
pour  le  transformer,  et  encore  très  maladroitement,  en  Turonensis,  afin 
de  faire  croire  qu*il  avait  appartenu  à  Téglise  Saint-Martin  de  Tours, 
comme  si  cela  devait  lui*  donner  plus  de  valeur.  Mais  le  naïf  faussaire 
n'a  sans  doute  pas  compris  que  la  suite  de  la  souscription  trahissait 
immédiatement  cette  grossière  supercherie.  Ce  manuscrit  a  été  rapporté 
de  la  Belgique,  et  il  a  figuré,  ainsi  que  plusieurs  autres  de  même  pro- 
venance, à  la  deuxième  vente  du  marquis  d'Astorga  (1870),  dans  le 
catalogue  de  laquelle  on  Ta  présenté  aussi  comme  ayant  appartenu  au 
monastère  de  Saint-Martin  de  Tours,  et  où  la  première  version,  dite 
gallicane  (gallicum),  a  été  qualifiée  de  française. 

L'écriture  de  ce  manuscrit  est  très  belle  et  d'une  grande  netteté.  Tous 
les  titres  sont  en  rouge,  de  môme  que  les  initiales  des  versets.  Les 
grandes  majuscules,  par  lesquelles  commencent  les  pièces,  sont  souvent 
ornées  avec!  beaucoup  de  goût  et  de  simplicité.  La  conservation  du  vo- 
lume est  parfaite. 

5.  PSALTERIUM,  CANTICA,  etc.—  Pet.  in-8  carré,  de  2i8ff.; 
minialures,  lettres  historiées;  relié  avec  des  ais  de  bois 
recouverts  de  velours  rouge,  tr.  dor.,  fermoirs  {anc.  reL). 

Superbe  manuscrit  du  milieu  du  XIII®  siècle,  sur  vélin,  exécuté  en 
France.  Il  commence  par  six  feuillets  contenant  un  calendrier.  Certains 
jours,  à  raison  de  deux  par  mois,  réputés  malheureux,  et  appelés  jours 
égyptiens,  attendu  que  cette  superstition  remonte  aux  temps  de  l'idolâtrie 
égyptienne,  y  sont  marqués  peir  un  signe  abréviatif,  sauf  pour  le  mois 
d'avril  où  ils  sont  désignés  par  les  mots  dies  mala,  écrits  en  rouge. 
Chaque  page  de  ce  calendrier  est  accompagnée  d'une  petite  miniature  sur 
fond  d'or,  enchâssée  dans  un  cadre  gothique,  et  représentant,  en  général, 
des  personnages  des  deux  sexes  et  principalement  des  villageois  se  livrant 
à  des  travaux  agricoles  propres  à  chaque  mois.  Ces  miniatures  sont  sur- 
tout très  intéressantes  pour  les  costumes  populaires. 

Les  GRANDES  MINIATURES,  occupautla page  entière  (H.  :0™,096;L.  :  0™,072) 
sont  au  nombre  de  quinze,  dont  les  sept  premières  suivent  immédiate- 
ment le  calendrier.  Toutes,  elles  sont  peintes  sur  un  fond  d'or,  au  verso 
des  feuillets,  le  recto  restant  le  plus  souvent  en  blanc.  Presque  chacune 
des  scènes  représentées  se  passe  sous  un  portique  ogival,  trilobé,  surmonté 
de  clochetons,  et  le  tout  est  entouré  d'un  encadrement  dont  l'orne- 
mentation est  fort  sobre.  Voici  l'indication  des  sujets  :  j»  V Annonciation 
(f.  7);  la  Vierge  et  l'ange  sont  debout;  —  2°  la.  Nativité  (f.  8);  le  dessin 
se  ressent  de  l'influence  byzantine;  —  3®  l'Adoration  des  mages  (f.  9);  — 
4*»  le  Baptême  du  Christ  assisté  d'un  ange  (f.  iO);  —  5°  VEntrée  à  Jérusalem 
(f.  11  )  ;  —  6<»  la  Flagellation  du  Christ  (f .  12);—  ?<>  le  Christ  en  croix  (f.  1 3)  ; 
cette  miniature  est  entourée  d'un  cadre  à  seize  compartiments  dont  cha- 
cun offre  le  buste  d'un  prophète  ;  —  8*»  le  Christ  et  Marie-Madeleine  (Noli 


14  MANUSCRITS. 

me  tangere  !  )  (f.  44)  ;  —  9«»  V Incrédulité  de  saint  Thomas  (f.  59)  ;  — 10»  VAs- 
cension  (f.  77);  -r-  ii«»  la  Pentecôte  (f.  94);  —  12»  la  Mort  de  la  Vierge  et 
son  Assomption  (f.  ii5);  —  43o  Saint  Dominique  faisant  subir  aux  livres 
l'épreuve  du  feu  (f.  135)  ;  — 14°  le  Discours  de  saint  François  aux  oiseaux  et 
son  allocution  à  Vhirondelle  (f.  139);  —  15®  le  Jugement  dernier  (f.  157). 

Les  grandes  initiales  historiées  sont  au  nombre  de  dix.  La  première, 
qui  occupe  la  page  entière  (f.  14),  est  un  B  entouré  d*un  riche  cadre  fUur- 
delisé,  dans  la  partie  inférieure  duquel  on  lit  les  mots  :  (B)«atu$  vir  qui 
commencent  les  psaumes;  dans  la  partie  supérieure  de  cette  initale  est 
ajustée  une  Késun^ection  du  Christ,  et  au  dessous  :  le  Christ  délivrant  les 
âmes  de  Venfer.  Les  autres  (H.  :  0™,0o3  ;  L.  :  0™,060)  représentent  :  — 
2®  le  Martyre  de  saint  Etienne  (f.  42)  ;  —  3®  le  Martyre  de  saint  Laurent 
(f .  60)  ;  —  40  le  Martyre  de  saint  Barthélémy  (f.  76)  ;  —  5«  la  Décollation  de 
saint  Jean-Baptiste  (f.  78)  ;  —  6»  le  Martyre  de  saint  Jean  Vévangéliste  (f-  95)  ; 
au  bas  de  cette  page,  dans  la  bordure,  on  a  peint  à  tort  les  mots  :  Sô. 
Nicholavs  pour  indiquer  le  sujet  de  cette  composition  ;  —  1^  Saint  Nicolas 
jetant  par  la  fenêtre  de  la  maison  d'un  pauvre  des  sacs  d'argent  pour  doter 
ses  trois  filles  (f.  116)  ;  —  8<>  Saint  Martin  de  Tours  (f.  136);  —  9»  le  Mar- 
tyre  de  saint  Pierre  (f.  140);  —  10°  le  Couronnement  de  là  sainte  Vierge. 

Au  point  de  vue  de  Fart,  c'est  un  des  types  les  plus  parfaits  de  ce 
beau  style  du  X1II°  siècle  qui  fit  Tadmiration  du  Dante.  La  naïveté  y  est 
alliée  à  la  noblesse  et  à  la  grandeur;  la  science  du  dessin  est  remarqua- 
ble. Telle  miniature  est  un  petit  chef-d'œuvre  par  Tordonnance  de  la  com- 
position, par  le  fini  de  Texéculion,  par  le  sentiment  qui  se  reflète  dans 
l'attitude  des  personnages  et  dans  l'expression  des  figures.  Ainsi  dans  la 
Flagellation  le  contraste  des  physionomies  est  saisissant;  dans  le  Crud' 
fiement,  l'expression  du  Sauveur  et  de  la  Vierge  est  touchante  et  vraie; 
dans  la  représentation  de  VIncrédulité  de  saint  Thomas,  on  admire  la  gran- 
deur et  Téucrgie  du  geste  du  saint.  La  plus  belle  de  toutes  et  celle  dont 
le  dessin  est  le  plus  savant  nous  paraît  être  la  miniature  qui  a  pour  siget 
Saint  François  parlant  aux  oiseaux  ;  on  en  jugera  par  la  reproduction  gra- 
vée que  nous  en  donnons  au  catalogue  illustré. 

Ce  qui  ajoute  encore  à  la  beauté  des  peintures,  c'est  leur  conserva- 
tion parfaite  :  la  fraîcheur  des  couleurs  et  l'éclat  de  Tor.  La  page  qui  nous 
offre  le  Christ  en  croix,  avec  son  cadre  de  compartiments  à  sajets,  pro- 
duit un  .effet  éblouissant  :  on  dirait  un  beau  vitrail  éclairé  par  un  soleil 
couchant. 

Toutes  les  pages  du  texte  sont  entourées  sur  les  trois  côtés  d'une  bor- 
dure d'un  style  simple  ot  sévère,  où  les  initiales  des  psaumes  et  de  leurs 
versets  et  celles  des  autres  pièces  mises  à  la  suite  se  détachent  en  or  sur 
un  fond  d'azur  diapré  de  blanc. 

Le  dernier  psaume  finit  au  fol.  197  r^\  il  est  suivi  de  plusieurs  canti* 
ques,  d'une  litanie  et  de  quelques  oraisons. 

A  quelle  date  et  dans  quelle  partie  de  la  France  ce  beau  manuscrit 
a-t-il  été  exécuté?  Il  offre  une  grande  ressemblance  avec  le  célèbre  psau- 
tier de  saint  Louis  (postérieur  à  1253)  conservé  à  notre  Bibliothèque  natio- 
nale ;  il  a  peut-être  môme  appartenu  à  ce  souverain  à  en  juger  par  les 
Heurs  de  lis  qui  décorent  la  bordure  du  f.  14.  Toutefois,  il  est  un  peu  plus 
ancien.  En  effet,  bien  que  saint  François  et  saint  Dominique  y  soient  re- 


THÉOLOGIB.  15 

présentés  nimbés,  avec  ]a  qualification  de  saints,  et  qne  le  premier  ne  fût 
canonisé  qu'en  i229  et  le  second  en  i234,  Tabsence  de  leurs  noms,  tant  au 
calendrier  que  dans  la  litanie,  autorise  à  penser  que  le  manuscrit  fut  exé- 
cuté dans  les  années  qui  suivirent  immédiatement  ces  consécrations  su- 
prêmes. D*un  autre  côté,  l'absence  au  calendrier  du  nom  de  saint  Louis, 
canonisé  en  1297,  prouve  son  antériorité  à  cette  dernière  date.  S'il  est 
permis  de  tirer  à  ce  sujet  une  conclusion  de  ce  fait  que  Pâques  est  marqué 
au  calendrier  et  fixé  au  27  mars,  et  que  dans  tout  le  cours  du  XIIP  siècle, 
cela  n'eut  lieu  que  deux  fois  :  en  4239  et  en  1250,  notre  manuscrit  aurait 
été  exécuté  soit  en  1238,  soit  en  1249;  l'absence  au  calendrier  des  noms 
de  saint  François  et  de  saint  Dominique  semblerait  indiquer,  comme 
nous  venons  de  le  dire,  que  ce  fut  plutôt  à  la  première  de  ces  dates.  Le 
style  particulier  des  bordures  enluminées  ajoute  une  preuve  de  plus  à 
Fappui  de  cette  hypothèse. 

En  ce  qui  concerne  son  pays  d'origine,  on  lit  sur  le  feuillet  de  garde 
cette  note  manuscrite  dont  l'écriture  ne  paraît  pas  remonter  au-delà  du 
siècle  dernier  :  «  Ce  manuscrit  a  été  écrit  dans  le  treizième  (mot  sur- 
«  chargé)  siècle,  par  un  nommé  Foulques,  un  des  copistes  du  monastère 
«  de  Saint-Hubert,  dans  les  Ardennes,  qui  avoit  un  talent  particulier 
«  pour  peindre  les  lettres  capitales.  Ces  lettres  étoient  comme  des 
«  vignettes  dont  le  cénobite  ornoit  ses  manuscrits.  »  Rien  ne  vient  à  l'ap- 
pui de  l'authenticité  de  ce  renseignement,  mais  la  présence  au  calendrier 
du  nom  de  sainte  Geneviève,  patronne  de  Paris,  de  celui  de  sainte 
Bathilde,  fondatrice  et  patronne  des  abbayes  de  Chelles  et  de  Corbie; 
enfin  de  celui  de  saint  Mumbol  ou  Momble  (Mumbolus,  abbas',  18  nov.), 
abbé  de  Saint-Pierre  de  Lagny,  permet  plutôt  de  croire  que  notre  ma- 
nuscrit a  vu  le  jour  dans  un  monastère  d'une  région  plus  centrale  de  la 
France  et  voisine  de  Paris. 

Un  acte  de  donation,  inscrit  au  verso  du  dernier  feuillet,  constate  que 
dans  la  seconde  moitié  du  XIV*  siècle  il  avait  appartenu  à  Gérard  de  Dain- 
ville,  évoque  et  comte  de  Cambrai,  qui  le  légua,  par  devant  Etienne  de 
Matheny,  notaire  apostolique  à  Cambrai,  le  4  février  1374  (vieux  style),  à 
l'une  de  ses  parentes,  Jeanne  des  Planques,  religieuse  au  monastère  de 
Strumis  (?),  au  diocèse  d'Arras.  Voici  d'ailleurs  cet  acte,  que  nous 
transcrivons  sans  reproduire  les  abréviations  : 

«  Nos,  Gerardus  de  Dainvilla,  episcopds  et  comes  Cameracensis,  con- 
«  cessimus  et  concedimus  Johanne  de  Plancqdis,  moniali  de  Strumis,  Atre- 
«  batensis  dyocesis,  consanguinee  nostre,  quod  presenti  nostro  psadterio  quoad 
«  viœit  uti  et  gaudere  possit.  Et  si  dicta  consanguinea  nostra  ante  nos  deces- 
«  serit,  illud  ad  nos  vel  heredes  nostros  proprietarie  ad  nos  revertetur.  Et  si 
«  ante  eam  nos  decedere  contingat,  dicta  Johanna  de  eo  disponere  valeat 
«  secundum  devocionem  suam,  in  personam  takm  quepro  nobis  orare  per- 
«  petuo  teneatur,  Actum  Cameraci  anno  Domini  M^CCC^lxxxiiij*^,  die  mj'« 
«  Februarij,  presentibus  venerabilibus  viris  magistris  Johanne  Hennekin, 
«  Leodiensis  et  Noviomensis  ecclesiarum  canonico,  vulgo  de  Bellovisu,  offi- 
«  cialis  Cameracensis;  Nicolao  de  Flosco  (?),  canonico  sancte  Pechine  in 
«  Sancto  Quintino;  Johanne  Buigneti,  capellano  ecclesie  Atrebatensis  ; 
«  Johanne  de  Bova  [ou  Bona],  armigeroy  et  me  Stephano  de  BIathent, 
«  notario  apostolico,  (Signé  :  )  de  Matheny.  » 


16  MANUSCtllTS. 

Sur  ce  prélat  donateur,  voir  Gallia  christiana,  t.  III. 

Le  volume  a,  en  effet,  passé  par  les  mains  des  religieuses,  car  le  der- 
^  nier  feuillet  de  garde  contient  des  formules  à  Tusage  des  abbesses  pour 
l'imposition  du  voile,  etc. 

Au  commencement  de  ce  siècle,  sans  doute,  il  a  été  porté  en  Alle- 
magne, à  en  juger  par  un  envoi  en  allemand,  à  moitié  effacé,  inscrit  sur 
la  garde,  adressé  à  un  A.  von  Monck  et  daté  du  18  mai  1809. 

6.  PSALTERIUM,  CANTICA,  etc.  — In-iô,  de  229  ff.  (dont  le 
dernier  blanc)  ;  miniatures,  lettres  historiées  ;  veau  fauve 
estampé,  tr.  dor.  et  ois.  {reliure  du  xv®  siècle). 

Charmant  manuscrit  de  la  seconde  moitié  du  XIII^  siècle,  sur  yéun, 
exécuté  en  France.  Il  débute  par  un  calendrier  orné  de  miniatures  dont 
les  sujets  sont  les  mêmes  que  dans  celles  du  ms.  précédent,  sauf  celui  du 
mois  de  décembre,  qui  représente  ici  deux  mitrons,  nus  jusqu'à  la  cein- 
ture, se  livrant  à  Texercice  de  leur  profession.  Chaque  mois  est  précédé 
d*un  vers  latin  qui  indique  les  jours  égyptiens.  Ces  douze  vers  diffèrent 
de  ceux  attribués  à  Béda  qu'on  rencontre  le  plus  communément,  c'est 
pourquoi  nous  les  transcrivons. 

Vrima  dies  mensis  :  et  septima  truncat  ut  ensis, 
Quarta  subit  mortem  :  prostemit  terda  fortem. 
Primus  mandentem  :  disrumpit  quarta  bibentem, 
Denus  et  undenus  :  est  mortis  vulnere  plenus, 
Tertius  occidit  :  et  septimus  hora  relidit. 
Denus  pallescit  :  quindenus  fédéra  nescit, 
Tredecimus  mactat  :  iulij  denus  labefactat. 
Prima  necat  fortem  :  perditque  secunda  mortem. 
Tertia  septembres  :  et  denus  fert  mala  membris» 
Tercius  et  denus  :  est  sicut  mors  alienus, 
Scorpius  est  quintus  :  et  tertius  est  nece  cinctus. 
Septimus  exanguis  :  virosus  denus  ut  anguis. 

Il  contient,  en  outre,  six  grandes  miniatures  et  neuf  grandes  lettres 
HISTORIÉES.  Les  premières,  de  la  grandeur  de  la  page  (H.:  0™,083;  L.:  0*,057), 
peintes  au  verso  des  feuillets,  avec  les  rectos  en  blanc,  suivent  immé- 
diatement le  calendrier.  Voici  leurs  sujets:  4»  V Annonciation  (fol.  7);  — 
20  la  Visitation  {fol  8);  —  3«  \sl  Nativité  {M.  9);  —  ^^V Annonciation  aux  ber- 
gers (fol.  40);  —  5"  le  Massacre  des  innocents;  —  6®  la  Présentation  de  Ven^ 
fant  Jésus  au  Temple  (fol.  12).  Chacune  de  ces  belles  compositions,  qui  se 
détachent  vigoureusement  sur  un  fond  d'or  très-éclatant,  est  surmontée 
d'une  riche  décoration  architecturale  en  ogives  trilobées,  et  entourée 
d'un  cadre  dont  l'ornementation  est  d'un  plus  grand  luxe  que  dans  le 
psautier  décrit  au  n®  précédent. 

Parmi  les  grandes  lettres  historiées,  la  première  mérite  une  place  à 
part  :  c'est  l'initiale  B  du  premier  psaume.  Elle  occupe  la  page  entière 
(fol.  43  v<»),  comme  au  manuscrit  précédent,  et  représente,  dans  la  partie 


THÉOLOGIE.  17 

supérieure,  le  roi  David  assis,  jouant  de  la  harpe,  et,  au  dessous,  David 
coupant  la  tète  à  Goliath,  L'encadrement  de  cette  peinture  est  des  plus 
curieux  par  remploi  des  sujets  profanes  :  on  y  voit  une  chasse  au  cerf, 
une  femme  jouant  du  violon,  etc.  Les  huit  autres  initiales  (H.  :  0™, 046; 
L. :  0™,044)  offrent  les  sujets  suivants:  i®  V Arrestation  de  Jésus  (fol.  40); 
—  2«  Jésus  devant  Caîphe  (fol.  58);.—  3«  la  Flagellation  (fol.  73);  —  40  le 
Portement  de  croix  (fol.  74);  —  5<>  la  Descente  de  croix  (fol.  iiO);  —  6*»  la 
Mise  au  tombeau  (fol.  129);  —  7<>  la  Résurrection  (fol.  131);  —  8<>  la  Sainte 
Trinité  {îol  449). 

La  finesse  de  toutes  ces  miniatures  est  merveilleuse  et  leur  conserva- 
tion ne  laisse  rien  à  désirer. 

L'initiale  de  chacune  des  pièces  de  ce  volume  renferme  tantôt  des 
figures  d'animaux,  tantôt,  ce  qui  est  le  plus  fréquent,  un  buste  d'homme 
ou  de  femme,  dont  le  contour  et  les  lignes  du  visage  ne  sont  indiquées 
que  par  un  trait  à  la  plume  d'une  sûreté  de  main  et  d'une  finesse  sur- 
prenantes; la  carnation  est  formée  par  le  blanc  môme  du  vélin  et  légè- 
rement relevée  de  vermillon.  En  outre,  chaque  verset  commence  par  une 
initiale  en  or  sur  un  fond  diapré,  vert  ou  rouge,  du  plus  bel  effet. 

L'ornementation  des  bordures  est  des  plus  attrayantes.  Tandis  que 
dans  le  psautier  décrit  ci-dessus  elle  est  d'un  caractère  sévère  et  mono- 
tone, dans  celui-ci  on  ne  se  lasse  pas  d'en  admirer  la  variété  et  la  concep- 
tion amusante.  L'artiste  y  a  donné  un  libre  cours  à  son  imagination  iné- 
puisable et  à  son  humeur  qui  n'a  rien  dû  avoir  de  triste.  Nous  sommes 
ici  en  plein  monde  profane,  où  le  fantastique  l'emporte  sur  le  réel  :  petites 
scènes  de  mœurs,  oiseaux,  quadrupèdes  de  toutes  sortes,  mais  par-dessus 
tout  des  chimères  et  des  figures  grotesques. 

Bref,  ce  manuscrit  des  psaumes  est  presque  l'égal  du  précédent  pour 
la  finesse  des  peintures  et  la  science  du  dessin,  quoiqu'il  lui  soit  inférieur 
pour  la  noblesse  et  la  grandeur  des  attitudes  des  personnages. 

Au  point  de  vue  du  texte,  sa  composition  est  identique  avec  le  précé- 
dent, sauf  dans  les  oraisons  de  la  fin.  Les  psaumes  s'arrêtent  au  fol.  187  v°, 
et  les  compléments  ajoutés  à  la  suite  vont  jusqu'au  fol.  209.  Les  feuillets 
suivants,  écrits  d'une  autre  main  et  d'une  date  postérieure,  contiennent 
des  prières  ;  on  y  trouve  à  la  fin,  encore  d'une  autre  main,  cette  signa- 
ture :  Haton,  qu'on  lit  aussi  au  haut  du  fol.  7  r^. 

L'absence  au  calendrier  du  nom  de  saint  Louis  place  la  date  de  l'exé- 
cution de  ce  manuscrit  avant  1297,  comme  la  présence  de  ceux  de  saint 
François  d'Assise  et  de  saint  Dominique  ne  permet  pas  de  le  faire  remon- 
ter plus  haut  que  le  milieu  du  XIII®  siècle.  Les  noms  de  saint  Quentin,  de 
saint  Orner,  de  saint  Winnoc,  qu'on  lit  au  calendrier  ou  dans  la  litanie, 
prouvent  qu'il  est  originaire  du  nord  de  la  France.  L'inscription  du  nom 
de  saint  Omer  (Audomari  epï  t  conf,;  9  septembre)  en  lettres  rouges,  ce 
qui  n'a  lieu  ici  que  pour  quelques  grands  saints  français,  tels  que  saint 
Denis  ou  saint  Martin,  permet  môme  de  conclure  qu'il  est  originaire  soit 
de  la  ville  de  Saint-Omer,  soit  de  Térouanne,  dont  ce  saint  est  le  patron, 
ou,  à  coup  sûr,  d'une  contrée  voisine.  Il  a  été  longtemps  conservé  à 
Soissons,  dans  la  famille  de  Lapisse,  dont  l'un  des  représentants  l'a  cédé 
à  M.  Didot. 


48  MANUSCRITS. 

7.  EVANGELIARIUM.  —  In-4,  de  191  ff.;  lettres  ornées;  ais 
de  bois  recouverts  de  veau  brun  et  de  plaques  en  métal 
doré,  avec  émaux  et  cabochons,  ainsi  qu  un  ivoire  sculpté 
au  centre  {anc.  reL). 

Précieux  manuscrit  du  VIII®  au  IX°  siècle,  sur  vélin.  Il  commence  par 
répitre  de  saint  Jérôme  au  pape  Damase  sur  les  quatre  évaugélistes  : 
Incipit  ep'la  Ilieronimi  presbiteri.  ||  Beato  papœ  Damaso  Hieranimtis,  Ce 
titre  est  écrit  en  rouge,  en  lettres  majuscules.  A  la  suite  de  cette  épltre, 
viennent  les  pièces  suivantes  :  Prologus  quattuor  evangeliorum,  par  saint 
Jérôme  (f .  2  v^)  ;  Eusebius  Carpiano  fratri  (f.  4  r^)  ;  Hieronimus  Damaso 
papas  (f.  4  V®)  ;  Argumentum  scd .  Mattheum  (f.  5  r»)  ;  Breviarium  eiusdem 
(f.  0  v°).  Les  canons  des  évangiles  occupent  douze  pages  (f.  8  v").  Ils 
sont  simplement  tracés  à  la  plume,  et  offrent  une  grande  variété  de 
chapiteaux,  soutenant  tantôt  une  suite  d'arcades  de  plein  cintre,  tantôt 
des  frontons  qui  semblent  avoir  été  copiés  sur  quelque  temple  de  Tan- 
tiquité.  L'ornementation  en  est  très  variée,  et  certains  motifs  sont  d'un 
style  grec  très  pur;  nous  appelons  surtout  l'attention  sur  celle  du  fron- 
ton du  troisième  canon  (f.  11  r^).  Dans  les  arcades,  on  voit  les  bustes  des 
évaugélistes  répétés  plusieurs  fois,  et  leurs  symboles.  Des  paons,  des 
grues,  d'autres  oiseaux,  ainsi  que  des  figures  d'anges,  complètent  la 
décoration  de  ces  canons,  dont  l'intérêt  pour  l'histoire  de  l'art  est  consi- 
dérable. 

Le  texte  de  chaque  évangile  commmence  par  un  feuiUet  où  brillent 
l'or  et  le  minium  :  la  première  ou  les  deux  premières  lettres,  convrant 
presque  la  page  entière,  sont  toujours  d'une  grande  richesse  d'orne- 
mentation ;  la  suite  est  en  écriture  onciale  ou  en  demi-ondale  arrondie. 
La  première  page  de  l'évangile  selon  saint  Mathieu  ne  contient  qae  le 
mot  :  Liber,  dont  les  deux  premières  lettres  sont  réunies  de  façon  à  n'en 
former  qu'une,  au  milieu  de  laquelle  les  trois  lettres  suivantes  sont  su- 
perposées verticalement.  Le  verso  de  ce  feuillet  donne,  en  lettres  d'or, 
cette  suite  du  texte  (en  onciale)  :  GENERATIO  ||  NIS  IHV  XPÎ  FI||Ln 

DAVID  FILIIIIABRAIIÂ.ABRAIHÂ  GENVIT  ISA  G.  1  (En demi-onciale :) 

Isa  g  autE  genuit  Jacob  .JaI|cob  autê  genuit  Judâ  et  fr3  ki'. 

L'ornementation  de  ces  grandes  initiales  offre  un  des  beaux  spéci- 
mens de  l'art  carlovingien,  comme  on  pourra  s'en  convaincre  en  exami- 
nant la  reproduction  que  nous  donnons  au  catalogue  illustré  de  la  page 
qui  commence  l'évangile  de  saint  Jean  (f.  138  r®). 

Chaque  évangile  est  précédé  d'un  prologue  et  d'un  sommaire  des 
chapitres  (Breviarium  ou  Capitula),  et  le  volume  est  terminé  par  une 
table  des  évangiles  pour  tous  les  jours  de  l'année  {Capitulare  eoangeUorû 
xk  circula  anni),  qui  occupe  les  ff.  175  à  101. 

L'écriture  de  ce  manuscrit  est  une  petite  minuscule  d'une  rég^aiité 
parfaite  et  d'une  netteté  admirable.  Souvent  des  lignes  entières  sont 
écrites  sans  aucune  séparation  des  mots,  ce  qui  constitue  un  des  traits 
distinctifs  des  manuscrits  antérieurs  au  X*'  siècle.  Son  état  de  conseira- 
tion  est  surprenant. 

Ge  respectable  monument  d'une  époque  reculée  avait  appartenu  4 


THEOLOGIE.  19 

l'église  Saint- Pierre  de  Liège,  d*où,  au  commencement  du  siècle  dernier, 
il  passa  dans  le  cabinet  du  baron  Guillaume  de  Crassier,  antiquaire  lié- 
geois. Montfaucon  en  a  parlé  dans  sa  Bibliotheca  bibliothecarum  manu- 
scripiorum  nova  (il 39;  1. 1<",  p.  605),  ainsi  que  d'un  autre  évangéliaire  de 
même  provenance,  qui  aurait  été  écrit  en  794,  et  dont  la  couverture  en 
ivoire  représentait  le  savant  Notker,  évoque  de  Liège  au  X«  siècle.  La 
description  sommaire  qu'il  en  donne  a  été  faite  d'après  la  rédaction 
fournie  par  le  baron  de  Crassier  lui-môme.  Voici  quelques  lignes  extraites  * 
de  celle  qui  se  rapporte  à  notre  manuscrit  :  «  Textus  cUter  Evangeliorum 
ejusdem  cir citer  œtatis,  prœfixam  habens  in  tabella  ebumeay  Christi  4  clavis 
cruci  affiœi  excisam  imaginem  inter  B,  V,  Mariam  et  S.  Joannem  Evangelis- 
tam  hinc  inde  stantes,  Circumferentia  tabellœ  decorata  est  quatuor  Evange- 
listis  ex  vitrea  gemma,  gemmis  aliisque  omamentis  deauratis.,,,  » 

Une  note  autographe  ilu  baron  de  Crassier,  écrite  sur  la  couverture  inté- 
rieure de  ce  volume,  nous  renseigne  sur  ses  antécédents  :  «  Antiquum 
hune  4.  SS,  Evangeliorum  Textum  ab  Ecclesia  Collegiata  S'*  Pétri  Leodien  : 
acquisivi,  lacunam  in  eo .  5  .  foîiorum  ex  alto  meo,  anno  D.CCC.  scripto  res- 
titui,  ac  de  novo  compactum,  prisds  omamentis  suis  et  gemmis  decorare 
curavi,  quod  lubens  attestor,  G.  B  :  de  Crassier. NB.  Quod  in  Capitulari 
Evangeliorum  ^c.  in  hujus  Codicis  fine  scripto,  reperiatur  ad  diem  XIII . 
maii,  festum  dedicationis  Eccksiœ  S.  Mariœ  ad  Martyres,  dnde  certo  con- 
stat DICTUM  CODICEM  FUISSE  OCTAVO  S^CULO  SCRIPTUM.  » 

Le  passage  auquel  l'auteur  de  cette  note  fait  allusion  se  trouve  au 
f.  \  84  v°  et  est  ainsi  conçu  :  «  Lie ,  xiii .  mens'  ||  supscripf  dedicatio  eccV(i 
sêq,  mariQ,  ad  mar.  legit*  lectio  cui'  concurrent  ebdomadfi  eo  qd*  semj)  in  die 
dominico  celebratur  ipsa  sollempnitas.  » 

La  conclusion  tirée  de  ce  passage  par  le  savant  antiquaire  n'est  pas  pro- 
bante, attendu  que  la  fête  de  la  dédicace  de  l'église  en  l'honneur  de  la 
Vierge  et  de  tous  les  martyrs,  fête  commune  à  toute  la  chrétienté,  a  été 
célébrée  bien  au-delà  du  VIII"  siècle.  Elle  est,  en  effet,  indiquée  dans 
notre  missel  du  XII°  siècle,  décrit  au  n*»  15,  avec  cette  remarque  au  crayon, 
d'une  date  plus  récente  :  «  Hoc  festum  hodie  non  amplius  est  cognitum,  » 

La  lacune  de  cinq  feuillets  originaux,  comblée  p^  Crassier  au  moyen 
des  feuillets  copiés  sur  son  autre  évangéliaire  (aujourd'hui  à  la  biblio- 
thèque de  l'université  de  Liège),  se  rapporte  aux  feuillets  79  à  83. 

En  tête  du  volume  se  trouvent  deux  feuillets  ajoutés,  d'une  grosse  écri- 
ture du  XrV®  ou  du  XV°  siècle,  contenant  le  commencement  de  l'évangile 
selon  saint  Mathieu,  une  Lectio  legenda  in  scrutiniis,  et  une  Nota  ordine 
legendi  in  scrutiniis.  Ces  deux  dernières  pièces  sont  aussi  copiées  dans  le 
corps  du  manuscrit,  à  une  place  qui  avait  été  laissée  en  blanc  avant  les 
canons  des  évangiles. 

La  couverture  du  plat  supérieur  est  un  digne  ornement  de  ce  beau 
volume.  Au  milieu,  dans  un  creux,  est  enchâssé  un  ivoire  sculpté,  repré- 
sentant Jésus  en  croix  entre  la  sainte  Vierge  et  saint  Jean.  La  croix  est  à 
deux  branches  ;  le  corps  du  Christ  y  est  fixé  par  quatre  clous,  et  sa  tête 
est  entourée  d'un  nimbe  crucifère  :  signes  caractéristiques  qui,  joints  au 
caractère  général  de  cette  sculpture,  aux  costumes  des  personnages  et  à 
l'ornementation  de  la  bordure  de  l'encadrement,  assignent  à  cette  œuvre 
une  origine  byzantine.  Son  exécution  nous  parait  être  contemporaine  du 


20  MANUSCRITS. 

manuscrit.  Cet  ivoire  est  entouré  d^une  bordure  en  saillie,  aux  quatre 
coins  de  laquelle  figurent  des  plaques  carrées  en  émail  champlevé,  repré- 
sentant les  quatre  évangélistes.  Les  intervalles  sont  garnis  de  lames  de 
métal  dorées  et  ciselées,  d'un  beau  dessin,  et  ornées  de  cabochons  en  cris- 
tal de  roche,  en  onyx,  en  agate,  etc.,  ainsi  que  de  têtes  de  clous  argentées. 
Cette  reliure  ne  parait  pas  bien  homogène,  car  les  lames  ciselées  ne 
semblent  pas  avoir  primitivement  appartenu  à  ce  volume.  Elle  est  cepen- 
dant telle  que  le  baron  de  Crassier  l'avait  fait  reconstituer  avec  ses  an- 
ciens éléments,  comme  il  le  déclare  dans  la  note  transcrite  ci-dessas.  En 
tout  état  de  cause,  ses  parties  constitutives  offrent,  par  leur  archaïsme, 
un  grand  intérêt  pour  l'histoire  de  l'art.  Nous  en  donnons  une  repro- 
duction au  catalogue  illustré. 

8.  EVANGELIARIUM.  —  In-4,  de  1 76  ff.;  miniatures  et  lettres 
ornées  ;  ais  de  bois  recouverts  de  velours  rouge  et  d'une 
plaque  en  émail  de  Limoges,  avec  figure  en  cuivre  repoussé 
et  une  bordure  frappée  [anc.  rel.). 

Précieux  manuscrit  du  X«  siècle,  sur  véli.n.  Il  commence,  au  verso  du 
premier  feuillet,  par  l'épître  de  saint  Jérôme  au  pape  Damase  (Incip, 
* pfatio,  s.  Hier,  in,  evang,  \\  Beatissi\\mo,  Papae,  ||  Damaso.  \\  Hieronim',)^ 
suivie  de  la  préface  d'Eusèbe  et  (d'une  autre  épltre  de  saint  Jérôme 
adressée  au  même  pape  {Sciendum  etiam,  etc.),  intitulée  à  tort  Argumen- 
tum.  Les  canons  des  évangiles  commencent,  après  deux  pages  blanches, 
au  f.  5  r^,  et  occupent  les  douze  pages  suivantes.  Leur  encadrement 
architectural  est  au  trait  rouge,  sans  aucun  ornement;  seuls  les  cha- 
piteaux ont  des  formes  très  variées.  Le  f.  12  est  blanc.  Le  texte  des 
évangiles  commence  au  f.  13  r«,  par  l'introduction  générale  ou  prœfatio 
de  saint  Jérôme,  à  la  suite  de  laquelle  vient  le  prologue  à  Péyangile  de 
saint  Mathieu  et  le  sommaire  [capitula)  du  même. 

Cette  disposition  se  répète  à  chaque  évangile.  L'écriture  est  une  petite 
minuscule  assez  serrée. 

11  est  orné  de  six  miniatures,  de  quatre  lettres  ornées  occupant  la  page 
entière,  et  de  plusieurs  lettres  onciales  richement  enluminées. 

La  première  de  ces  miniatures  (f.  17  r»)  est  du  plus  grand  intérêt. 
Elle  représente  la  Sainte  Vierge  en  pied,  debout  dans  un  sanctuaire,  les 
mains  légèrement  écartées.  Ses  vêtements,  ses  chaussures,  son  attitude, 
tout,  en  un  mot,  porte  le  caractère  byzantin.  A  ses  pieds,  on  voit  deux 
feijimes  prosternées.  Au-dessus  de  celle  de  gauche,  on  lit:  SVENEHILD. 
ABB.;  —  au-dessus  de  celle  de  droite  :  Brigita.  Le  premier  de  ces  noms 
désigne  évidemment  l'abbesse  sous  la  direction  de  laquelle  ce  manuscrit 
a  été  exécuté,  et  il  atteste  en  morne  temps  son  origine  germanique;  ce 
nom  fut  en  effet  porté  par  une  fille  de  la  maison  des  ducs  de  Bavière,  et 
seconde  femme  de  Charles  Martel.  La  seconde  personne  représente  très 
probablement  la  religieuse  qui  a  écrit  le  livre  ou  peint  les  miniatures  dont 
il  est  orné,  car  on  a  des  exemples  de  cette  manière  de  perpétuer  le  sou- 
venir des  scribes  ou  des  peintres  des  manuscrits.  Mais  ce  qu'il  j  a  encore 
de  singulier  et  de  très  imporiant  dans  cette  composition,  c'est  la  tnmscrip- 


THEOLOGIE.  21 

tion,  autour  de  la  Vierge,  en  lettres  grecques,  d'un  vers  léonin  latin.  En 
voici  la  disposition  : 

CXA    MAPYA 


(Sancta  Maria) 

AA  npn 

(Ici  la 

npYUM 

natU 

figure 

({)EP 

NPM 

• 

de  \n 

UYpra 

npE 

Vierge.) 

XATÛ 

(Ad  proprium  natum  fer  nostrum  Virgo  precatum,) 

Rarement  on  rencontre  dans  les  manuscrits  des  transcriptions  de  ce 
genre,  qui  semblent  prouver  qu*au  temps  où  la  langue  grecque  était  si 
peu  cultivée  dans  TOceident,  on  voulait  au  moins  se  donner  une  apparence 
de  culture  hellénique. 

La  seconde  miniature  se  trouve  au  verso  du  môme  feuillet.  Elle  repré- 
sente, dans  une  bordure  ovoïde,  Jésus-Ghrist,  assis  sur  un  arc-en-ciel, 
bénissant  d'une  main,  et  de  l'autre,  tenant  le  livre  des  évangé listes,  dont 
les  quatre  symboles  figurent  aux  quatre  coins.  Le  tout  est  entouré  d'un 
cadre  orné.  La  figure  du  Christ  est  très  belle  et  très  expressive. 

Les  quatre  autres  miniatures  (ff.  48  r°,  63  r%  91  r®  et  144  v®)  repré- 
sentent LES  quatre  ÉvANGÉLiSTEs,  en  pied,  assis  devant  leurs  pupitres  de 
travail.  Chacune  d'elles  est  entourée  d'un  cadre  dont  l'ornementation  très 
simple  n'est  pas  sans  mérite. 

Toutes  ces  miniatures  sont  exécutées  avec  des  teintes  plates  et  très 
peu  de  modelé  ;  leur  coloration  est  sobre  et  sans  éclat  :  le  rose  pâle,  le 
vert  et  le  gris  y  dominent  ;  l'or  y  est  d'un  emploi  restreint. 

L'ornementation  des  grandes  initiales  est  un  peu  lourde  et  confuse; 
la  plus  curieuse  d'entre  elles  est  la  lettre  L,  qui  commence  l'évangile 
selon  saint  Mathieu  (f.  18  v®). 

On  n'a  pas  d'éléments  pour  déterminer  avec?  quelque  certitude  de  quelle 
partie  de  l'Allemagne  ce  manuscrit  est  originaire,  mais  le  style  des  minia- 
tures les  ferait  plutôt  attribuer  aux  contrées  rhénanes. 

Le  texte  des  évangiles  est  complet,  sauf  celui  selon  saint  Marc,  qui 
s'arrête  au  chap.  xiii,  i  9,  ce  qui  constitue  une  lacune  de  quatre  à  cinq  ff. 
L'évangile  de  saint  Jean  finit  à  l'avant-dernier  f.,  et  le  f.  suivant  contient 
le  commencement  d'un  indicateur  général  des  évangiles  pour  tous  les 
jours  de  l'année. 

Ce  manuscrit  est  très  endommagé  par  l'humidité,  mais  les  miniatures 
ont  admirablement  résisté  à  son  action  destructrice  et  ont  môme  conservé 
une  fraîcheur  étonnante. 

Le  plat  supérieur  de  la  reliure  est  d'un  grand  intérêt.  Sur  une 
plaque  en  émail  champlevé  de  Limoges,  dont  les  coins  portent  les  sym- 
boles des  quatre  évangélistes,  et  le  milieu  de  beaux  rinceaux  dans  un 


22  MANUSCRITS. 

cadre  ovoïde,  est  appliquée  une  figure  du  Christ  assis,  en  caivre  repoassé, 
d'un  travail  remarquable ,  qui  doit  remonter  aux  XII*-XIII«  siècles.  Cette 
plaque  est  entourée  d'une  bordure  en  saillie,  frappée  et  dorée.  Nous  don- 
nons>  au  catalogue  illustré,  une  reproduction  de  cette  reliure. 

9.  EVANGELIARIUM.  —  In-fol.,  de  5o  ff .  ;  miniatures  et 
lettres  ornées;  chagrin  noir,  tr.  dor. 

Précieux  fragment  d'un  évangéliaire  sur  vélin,  exécuté  dans  l'abbaye 
de  Luxeuil,  au  milieu  du  XI°  siècle. 

Les  peintures  à  pleine  page  dont  il  est  orné  sont  d'une  richesse  ex- 
ceptionnelle ;  leur  beau  style,  leur  date  certaine  et  leur  conservation 
parfaite  les  classent  au  rang  des  trésors  de  l'art  chrétien. 

La  première,  servant  en  quelque  sorte  de  frontispice  (f.  1  v*),  est  très 
compliquée.  Au  centre,  dans  un  cadre  ovoïde  et  sur  fond  d'or,  le  Christ, 
en  robe  blanche  recouverte  d'un  manteau  rose,  est  assis  sur  un  trône 
droit,  garni  d'un  coussin.  Sa  tête  est  entourée  d'un  nimbe  crucifère;  ses 
pieds  sont  nus.  Il  bénit  de  la  main  droite,  et,  de  la  gauche,  il  tient,  ap- 
puyé sur  son  genou,  le  livre  des  Évangiles  ouvert.  Il  est  représenté  avec 
une  figure  jeune,  imberbe,  comme  cela  a  lieu  dès  les  premiers  siècles 
de  l'art  chrétien.  Cette  composition  est  entourée  d'une  autre  bordure, 
affectant  la  forme  d'un  octogone  allongé,  reliant  entre  eux  huit  mé- 
daillons, dont  quatre  plus  petits  que  les  autres.  Les  quatre  plus  grands 
renferment,  sur  fond  d'or,  les  bustes  des  évangélistes,  munis  d'aUes,  et 
dont  les  têtes  sont  remplacées  par  celles  des  animaux  traditionnels  qui 
les  symbolisent.  Les  quatre  autres,  intercalés  séparément  entre  les 
précédents,  oQrcni,  sur  un  fond  bleu  bordé  d'or,  les  bustes  des  quatre 
grands  prophètes  (Isaïe,  Jérémie,  Ézéchicl  et  Daniel].  La  bordure  qui  relie 
ces  médaillons  porte  des  inscriptions  tirées  soit  de  chacun  des  évangiles, 
soit  des  prophéties  qui  s'y  rappoiient.  Le  tout  est  entouré  d'une  double 
bordure  en  or  formant  un  parallélogramme  à  chaque  côté  duquel  il  y  a 
une  saillie  demi-circulaire  produite  par  le  petit  médaillon  qui  dépasse  le 
cadre. 

La  seconde  peinture  est  placée  en  regard.  C'est  la  plus  importante,  car 
elle  nous  renseigne  sur  l'origine  et  la  date  de  ce  manuscrit.  Sous  un  portique 
à  trois  arcades  de  plein  cintre,  est  assis  saint  Pierre,  vêtu  d'une  r^e 
blanche  et  d'un  manteau  vert.  Dans  la  main  gauche,  il  tient  un  sceptre,  * 
et,  de  la  droite,  il  reçoit  un  livre  que  lui  présente  un  religieux  debout. 
A  la  gauche  du  saint,  sur  un  autel,  est  placé  debout  le  même  livre.  Les 
têtes  des  deux  personnages  sont  tonsurées  ;  l'un  et  l'autre  ont  la  barbe 
et  les  cheveux  blancs.  Deux  vers  léonins,  écrits  en  lettres  d'or  au-dessus 
du  portique,  servent  do  légende  à  cette  présentation  : 

Luxovii  PASTOR  GERARDUS  lucis  amator 

Dando  Petro  librum  lumen  michi  posco  supemum. 

Il  s'agit  ici  de  Gérard  II,  trente-sixième  abbé  de  Luxeuil,  dont  le  nom 
figure  dans  des  actes  datés  de  1040^  1040,  1051  (voir  la  continuation  delà 
Gallia  chmtiana,  par  M.  Ilauréau,  t.  XY,  col.  152-153.  L'expression  de  Jiictt 


THÉOLOGIE.  23 

amaior  est  sans  doute  une  allusion  au  nom  primitif  de  Luxeuil  :  Lucilovium. 
Nous  donnons,  au  catalogue  illustré,  une  reproduction  de  cette  page  en 
photogravure. 

La  page  suivante  offre  deux  cadres  parallèles,  divisés  horizontalement 
chacun  en  treize  bandes,  peintes  alternativement  en  vert  et  en  pourpre. 
Sur  le  pourpre  est  tracée  en  or  cette  inscription  en  grandes  majuscules, 
souvent  enclavées  ou  liées  :  Incipiunt  \\  capitula  \\  su^  evglia  \\  quae  \\  in  s'ta\\ 
leguntur  eccîà  ||  in  vigilia  ||  natalis  \\  dni  sôdm  I  camem  ||  ad  gaUi\\  cantum. 

Les  onze  pages  qui  suivent  contiennent  les  dix  canons  des  évangiles, 
écrits  sur  fond  pourpre  en  lettres  d'or;  de  magnifiques  portiques  à  cha- 
piteaux variés  leur  servent  d'encadrement.  La  richesse  de  ces  pages  est 
éblouissante.  Les  colonnes  qui  supportent  les  chapiteaux  sont,  soit  en  marbre 
de  toutes  couleurs,  soit  entièrement  dorés,  soit  peiuts  avec  luxe.  Au  centre 
des  arceaux  qui  bordent  le  fronton  de  chaque  portique,  se  trouve  un  petit 
médaillon  représentant  un  buste  d'apôtre,  dessiné  au  trait  blanc  sur  fond 
d'or;  sur  les  côtés  de  ces  arcades,  des  rinceaux  supportent  des  figures 
d'hommes  ou  d'animaux,  tels  que  charpentiers,  couvreurs,  tailleurs  de 
vignes,  ou  bien  des  coqs,  des  grues,  des  aigles  ou  des  faucons  tenant  leur 
proie,  des  cygnes,  des  cigognes,  etc.  Pour  offrir  une  idée  de  la  disposi- 
tion de  ces  portiques,  nous  donnons  au  catalogue  illustré  une  reproduc- 
tion réduite  de  celui  du  f.  8  r<»,  empruntée  à  la  Gazette  des  Beaux- Arts, 
t.  XX  (1866),  où  elle  est  accompagnée  d'une  courte  notice  de  M.  A.  Darcel, 
faite  à  l'occasion  de  l'exposition  rétrospective  organisée  en  1865  par 
l'Union  centrale  des  beaux-arts,  exposition  où  ce  manuscrit  a  figuré  pour 
la  première  fois. 

La  page  qui  suit  les  Canons  (f.  8  v°)  est  entièrement  occupée  par  un 
frontispice  du  prologue  de  saint  Jérôme  à  l'évangile  de  saint  Mathieu. 
Elle  est  peinte  en  pourpre,  vert  et  or,  et  ne  contient  que  le  titre  inscrit 
sur  une  tablette,  les  grandes  initiales  M  A,  du  mot  :  Matheus^  formées  de 
rinceaux  en  or,  et  la  fin  de  ce  mot  écrite  en  lettres  blanches  sur  or.  La 
suite  du  texte  de  ce  prologue  manque. 

La  page  en  regard  offre,  dans  un  cadre  oraé  de  médaillons,  les  pre- 
miers mots  de  l'évangile  selon  saint  Mathieu  {Liber  generationis  ihû  xpi)y 
peints  en  or  sur  pourpre.  La  lettre  L  et  la  lettre  I  enclavée,  composées 
de  beaux  rinceaux  et  d'entrelacs,  mesm'ent  plus  de  23  cent,  de  haut. 

La  peinture  suivante  occupe  le  verso  du  f.  10.  Elle  représente,  sous  un 
beau  portique,  saint  Marc,  assis  sur  un  trône  à  côté  de  son  pupitre  de 
travail,  et  tenant  un  livre  à  la  main  gauche  ;  il  est  vêtu  du  costume  archié- 
piscopal, comme  patriarche  d'Alexandrie;  au-dessus  de  sa  tête  est  le  sym- 
bole de  cet  évangéliste,  le  lion  ailé  et  nimbé,  couché  sur  un  piédestal 
dont  la  tablette  porte  cette  inscription  : 

Marce  tvis  scriptis  vox  est  similata  leonis. 

La  page  en  regard,  entourée  d'un  riche  encadrement  où  l'on  voit  des 
médaillons  avec  les  symboles  des  quatre  points  cardinaux  de  l'horizon, 
contient,  en  lettres  d'or,  sur  un  fond  pourpre,  une  pièce  de  vers  léonins 
qui  compare  Dieu  à  un  lion  ; 

Conuenit  omimodis  xpo  natura  leonis, 


U  MANUSCRITS. 

Et  qui  se  termine  ainsi  : 

Nemo  rcsistebat  illi  quia  nemo  valebat. 

Fit  leo  surgendo  de  terra  soma  (aûjifli)  levando 

Auxilio  cvivs  pivs  avctor  codicis  hvivs 

Abba  GERART  vivat  aninKi  et  de  morte  resorgat. 

Ces  deux  derniers  vers  constatent  une  seconde  fois  que  c'est  bien 
à  l'abbé  Gérard  qu'on  doit  l'exécution  de  ce  manuscrit. 

Au  surplus,  le  mot  grec  aûjia  (corps),  introduit  au  milieu  de  ces  vers 
latins,  oifre  cet  intérêt  spécial  qu'il  est  en  quelque  sorte  un  dernier  écho 
de  la  culture  hellénique  jadis  si  ilorissante  dans  l'abbaye  de  Luxeuil. 

Voici  à  cet  égard  quelques  passages  que  nous  extrayons  de  l'ouvrage 
de  M.  Ambroise  Firmin-Didot  sur  Aide  Manuce  : 

«  Dans  les  dernières  années  du  sixième  siècle,  un  moine  austère, 
«  Golumban,  accompagné  de  douze  autres  religieux,  vint  de  l'Irlande  en 
«  France,  et  y  fonda,  avec  la  permission  du  roi  bourguignon  Goniran, 
«  plusieurs  monastères,  parmi  lesquels  l'abbaye  de  Luxeuil  devint  plus 
«  tard  si  célèbre.  11  alla  ensuite  porter  l'Évangile  aux  bords  du  Rhin,  en 
«  Helvétie  et  chez  les  Lombards.  L'Église  reconnaissante  pour  son  apos- 
«  tolat  le  rangea  au  nombre  des  saints  ;  la  littérature  s'honore  de  pos- 
te séder  en  lui  le  plus  grand  poète  latin  de  son  temps,  et  cette  gloire, 
«  saint  Golomban  la  doit  à  sa  forte  éducation  littéraire,  sur  les  grands 
«  modèles  de  l'antiquité,  grecque  surtout,  dont  les  souvenirs  se  rencon- 
«  trent  tant  de  fois  sous  sa  plume. 

<(  Tous  les  moines  qui  paiiicipèrent  à  la  fondation  de  l'abbaye  de 
«  Luxeuildevaient  savoir  le  grec;  cette  science  s'effaça  graduellement  en 
«  France  au  contact  du  purisme  romain,  mais  encore  au  onzième  siècle 
«  on  en  aperçoit  les  vestiges  dans  quelques  mots  grecs  qu'offrentlesraanus- 
«  crits  exécutés  dans  cette  abbaye,  comme  le  témoigne  un  prédeox  évan- 
«  géliairc  de  cette  môme  époque,  œuvre  de  son  abbé  Gérard,  et  qui 
«  fait  partie  de  ma  collection.  »  (Introduction,  p.  xviii.) 

Dans  la  page  suivante,  on  lit,  en  grandes  majuscules  en  or  sur  fond 
pourpre,  l'intitulé  de  l'évangile  de  saint  Marc  (Incipit  0  evangelivm  |  ihB 
xpi  I  filii II  Dei\\dhi  nri  \\ secv7idvm  \\  Marcvm),  etenregard,lemot J||iit||ei|vm 
en  lettres  onciales  formées  de  rinceaux. 

A  la  fm  de  cet  évangile  (f.  29  r<>),  se  trouve  un  Explicit  en  belles  ma- 
juscules enclavées,  peintes  en  or  sur  fond  pourpre;  au  verso  de  ce 
même  feuillet,  un  Incipit  analogue  pour  le  prologue  de  l'évangile  suivant, 
et,  en  regard,  les  deux  premiers  mots  de  ce  prologue  :  Lucm  Syrtu^  peints 
en  onciales.  Chacune  de  ces  inscriptions  est  placée  dans  une  tablette  en 
hauteur,  encadrée. 

L'évangile  de  saint  Luc  commence  (f.  3i  r<>)  par  une  page  splendide 
qui  ne  contient  que  ces  premiers  mots  :  Quoniam  quidé  mvlti  eanoH  naU, 
en  lettres  d*or  sur  pourpre  ;  l'initiale  Q  est  surtout  d'une  grande  beauté. 

Le  titre  et  les  premiers  mots  du  prologue  de  l'évangile  selon  saint 
Jean  (  f.  4^  v^)  sont  peints  en  lettres  d'or  et  disposés  de  même  que  la 
page  respective  de  l'évangile  précédent  (f.  29  v®). 

Une  peinture,  placée  au  verso  du  f.  qui  suit,  représente  saint  Jean, 


THÉOLOGIE.  25 

vêtu  à  l'antique,  les  cheveux  longs  et  nattés.  Il  est  assis,  sous  un  porti- 
que, sur  un  trône  à  dossier,  à  côté  de  son  pupitre  de  travail,  et  tient  un 
livre  sur  ses  genoux.  Au-dessus  de  sa  tête,  repose  sur  un  piédestal  un 
aigle  ailé  et  nimbé,  tenant  un  livre  entre  ses  serres. 

La  page  en  regard  contient,  en  lettres  d'or  sur  fond  pourpre  bordé  de 
vert  et  entouré  d'un  cadi*e  orné,  neuf  vers  léonins  consacrés  à  saint 
Jean. 

Les  deux  pages  suivantes  offrent,  d'un  côté,  l'intitulé  de  cet  évangile 
(Incipit  II  evange  \\  lium  ||  secundû  \\  lohannê),  et,  en  regard,  ces  premiers  mots  : 
In\\prin\\cipio\\erat\\ver\\bumy  peints  et  disposés  de  la  même  manière 
qu'aux  pages  semblables  qui  figurent  en  tête  de  l'évangile  de  saint  Marc. 

Le  sommaire  de  l'évangile  de  saint  Jean  qui  termine  ce  volume  est 
orné  d'un  Incipit  (f.  49  v®)  et  d'un  Explicit  (f.  50  r®),  en  belles  majuscu- 
les peintes  en  or  sur  pourpre,  au  milieu  des  tablettes  encadrées  et  pla- 
cées en  regard  du  texte. 

Si  l'on  ajoute  que  chaque  chapitre  commence  par  une  grande  initiale 
formée  de  beaux  rinceaux  d'or  bordés  de  rouge,  sur  un  fond  bleu,  rose  ou 
vert;  que  chaque  verset  est  orné  d'une  majuscule  en  or;  que  l'écriture, 
d'une  netteté  parfaite,  a  encore  conservé  tout  l'éclat  de  son  noir;  on 
pourra  se  faire  une  idée  de  la  splendeur  de  cet  évangéliaire  lorsqu'il  était 
dans  son  intégrité.  Malheureusement,  en  dehors  d'assez  longues  lacunes 
dans  le  texte,  cet  admirable  monument  d'ai*t  a  été  évidemment  dépouillé 
de  plusieurs  pages  de  peintures,  entre  autres  de  celles  qui  représentaient 
saint  Mathieu  et  saint  Luc. 

Est-ce  l'abbé  Gérard  lui-même  qui  est  l'auteur  de  ces  peintures?  La 
qualité  d'AUCTOR  codicis  hujus,  qui  lui  est  donné  dans  les  vers  cités  plus 
haut,  semblerait  l'indiquer,  bien  qu'elle  puisse  aussi  signifier  qu'il  n'en  a 
été  que  le  scribe,  ou  même  seulement  le  promoteur.  Le  style  de  ces  pein- 
tures est  profondément  empreint  de  caractère  byzantin;  d'un  autre  côté, 
leur  coloris,  un  peu  monotone  dans  les  figures,  où  les  chairs  sont  traitées 
dans  une  gamme  presque  monochrome,  avec  peu  de  modelé,  constate 
chez  le  moine-artiste  de  Luxeuil  de  grandes  affinités  avec  les  écoles  des 
bords  du  Rhin.  La  partie  décorative  est  exécutée  avec  beaucoup  de  pré- 
cision, et  fournit  de  véritables  modèles  d'ornementation  du  style  romano- 
byzantin. 

Ce  qui  augmente  encore  notablement  la  valeur  de  ce  précieux  manus- 
crit, ce  sont  les  dessins  qui  se  trouvent  au  revers  de  certaines  pages  de 
peintures.  Celui  de  la  première  page,  teinte  en  pourpre,  représente  une 
série  de  lions  affrontés,  dessinés  presque  au  trait,  en  or  et  en  argent  ; 
celui  du  f.  19  r<>  offre,  sur  un  fond  gris,  une  suite  de  grands  anneaux 
circulaires  peints  en  argent  et  renfermant  des  animaux  fantastiques  ;  dans 
les  intervalles  de  ces  anneaux,  il  y  a  de  beaux  fleurons  peints  en  jaune,  en 
vert,  en  bleu,  etc.;  la  même  décoration  se  répète  au  f.  30  v<*.  Les  ff.  45  r<* 
et  50  v°,  teints  en  pourpre,  présentent  aussi  une  ornementation  identique, 
consistant  en  un  échiquier  dont  les  cases  offrent  deux  motifs  d'un  beau 
style,  dessinés  en  noir  et  disposés  de  façon  à  se  succéder  alternativement 
dans  les  deux  sens.  Ces  dessins,  qui  semblent  reproduire  des  décorations 
d'étoffes,  remontent  à  une  époque  bien  antérieure  au  XI®  siècle,  et  sont 
d'un  intérêt  immense  pour  l'histoire  de  l'art,  d'autant  plus  que  des  spé- 


26  MANUSCRITS. 

cimens  semblables  à  ceux-ci  sont  en  quelque  sorte  introuvables.  On  con- 
jecture que  c'était  ce  qu'on  appelle  du  vélin  impérial,  envoyé  de  Cons- 
tantinople  ainsi  préparé. 

-  Ce  manuscrit  a  été  acquis  par  M.  Didot  pour  une  somme  considé- 
rable, il  a  été  conservé  pendant  très  longtemps  dans  la  famille  de  la 
Boriette,  en  Auvergne. 

10.  VIE  DE  JÉSUS-CHRIST.  —  In-foL,  de  i6  fF.;  minia- 
tures; mar.  La  Yallière,  compart.  à  froid,  tr.  dor.  ;  doublé 
de  mar.  rouge,  avec  rinceaux  et  une  croix  historiée  en 
mosaïque  ;  étui  en  mar.  La  Vallière  (Lortic). 

Suite  de  trente  superbes  miniatures,  sur  vélin,  représentant  les  prin- 
cipales scènes  de  la  Vie  de  Jésus,  et  exécutées  dans  la  seconde  moitié  du 
XII»  siècle  (H.  :  0»,22o  à  0»,250;  L.  :  0»,171  à  0»,178).  Elles  sont  peintes 
des  deux  côtés  des  feuillets,  sauf  la  première  page  et  la  dernière,  qui  sont 
blanches.  Chacune  de  ces  compositions  est  entourée  d*un  beau  cadre,  de 
deux  et  demi  à  trois  centimètres  de  largeur,  dont  les  motifs  d'orne- 
mentation varient  d'une  page  à  l'autre . 

Voici  les  sujets  de  ces  peintures  :  1<^  la  Salutation  angélique;  Tange  et 
la  Vierge  sont  debout  ;  —  2°  la  Nativité  ;  la  Vierge,  ayant  auprès  d'elle  saint 
Joseph,  est  couchée  sur  un  lit  au-dessus  duquel  est  suspendue  une  petite 
lampe;  au-dessous,  dans  un  compartiment  séparé,  TEnfant-Jésus,  soi- 
gneusement emmailloté  et  encapuchonné,  aux  traits  peu  enfantins,  repose 
dans  la  crèche  :  l'âne  et  le  bœuf  viennent  poser  leurs  museaux  sur  son 
petit  corps;  dans   le   coin   de  droite,  un  buste  d'ange  dans  les  airs; 

—  3<»  V Annonciation  aux  bergers;  —  4°  la  Fuite  en  Egypte;  un  jeune  hom- 
me, portant  des  bagages  et  muni  d'un  martinet,  suit  la  sainte  famille, 
que  guide  un  ange  planant  dans  les  airs  ;  —  5°  la  Présentation  de  l'En- 
fant'Jésus  au  Temple;  —  6*  les  Mages  devant  le  roi  Hérode,  composition 
dont  il  y  a  peu  d'exemples;  —  T»  V Adoration  des  Mages;  —  8®  le  BapUme 
de  Jésus-Christ;  —  9°  Jésus  tenté  par  le  démon,  qui  est  représenté  sous 
une  forme  hideuse;  —  10°  l'Entrée  à  Jérusalem;  —  11°  la  Dernière  Cène; 
— 12°  Jésus  lavant  les  pieds  à  ses  disciples;  —  13°  V Arrestation  de  Jésiu;  — 
14°  le  Couronnement  d'épines;  —  lo°  la  Flagellation;  —  16°  le  Portement 
de  croix;  —  17°  Jésus  en  croix;  —  18°  la  Descente  de  croix;  19*  —  la  Mise 
au  tombeau;  —  20°  les  Saintes  femmes  au  tombeau  du  Christ;  —  21*  la 
Descente  de  Jésus  aux  limbes;  —  22°  VAppantion  de  Jésus  à  Madeleine;  — 
23°  rincrédulité  de  saint  Thomas  ;  —  24°  l'Apparition  de  Jésus  aux  disciples 
d'Emmaùs  ;  —  2o°  Jésus  à  table  avec  ces  disciples  ;  —  26°  V Ascension;  — 
27°  la  Descente  du  Saint-Esprit;  —  28°  Jésus  dans  sa  gloire,  montrant  ses 
blessures  ;  —  29°  Jésus  sur  le  trône,  ayant  à  ses  pieds  la  Vierge  et  saint  Jean; 

—  30°  le  Couronnement  de  la  Vierge, 

Quatre  de  ces  peintures  (la  4°,  la  G»,  la  11°  et  la  14°)  sont  absoloment 
identiques  avec  celles  reproduites  par  le  comte  Aug.  de  Bastard  dans  son 
grand  ouvrage  :  Peintures  et  ornements  des  manuscrits,  tirées  d'un  évan- 
géiiaire  provenant  de  l'abbaye  de  Saint-Martial  de  Limoges,  et  faisant 
alors  partie  de  la  collection  de  l'auteur.  Cette  identité  s'arrêterait  1&,  car 
M.  de  Bastard  indique  que  son  manuscrit  contenait  un  texte  latin,  tandis 


THEOLOGIE.  27 

que  notre  recueil  n'en  a  jamais  eu  et  ne  forme  qu*un  seul  cahier  où  les 
feuillets,  se  tenant  deux  par  deux,  s*emboltent  les  uns  dans  les  autres  ; 
toutefois,  nous  pensons  que  c'est  réellement  le  même  volume  que  celui 
qui  lui  avait  appartenu,  et  que,  dans  les  légendes  de  ses  reproductions,  il 
y  a  une  erreur  dans  la  mention  d'un  texte. 

M.  de  Bastard  ne  faisait  remonter  l'exécution  de  son  manuscrit  qu'à 
a  première  moitié  du  XÏIl®  siècle  ;  l'examen  du  caractère  de  nos  peintures 
et  de  certains  détails  archéologiques,  tels  que  les  motifs  d'ornement  des 
encadrements,  les  costumes  populaires,  les  casques  normands  à  nasale, 
qu'on  ne  rencontre  plus  depuis  le  règne  de  Philippe-Auguste,  ne  per- 
mettent pas  de  leur  assigner  une  date  postérieure  à  ce  dernier  terme.  Au 
contraire,  on  serait  autorisé  à  les  rapprocher  plutôt  du  XI»  que  du 
XIII«  siècle. 

L'exécution  de  ces  miniatures  est  large  et  les  figures  ont  du  caractère. 
Il  n'est  guère  facile  de  déterminer  avec  certitude  l'école  à  laquelle  appar- 
tient cette  importante  œuvre  d'art  ni  la  contrée  dont  elle  est  originaire. 
Elle  est  du  style  romano-byzantin  et  a  plus  d'un  rapport  avec  la  manière 
des  émailleurs  de  Limoges  ou  des  peintres-verriers  français  de  cette  époque. 

Sur  la  première  page,  on  lit  la  signature  :  Henry  Martin,  d'une  grosse 
écriture  du  XVI®  ou  du  XVII®  siècle. 

La  conservation  de  ces  peintures  est  merveilleuse  ;  les  couleurs  ont 
encore  leur  vigueur  primitive,  et  l'or,  très  en  relief,  qui  garnit  le  fond  de 
toutes  les  compositions,  brille  de  tout  son  éclat. 

La  reliure  de  ce  volume  est  digne  d'attention.  Le  dessin  des  plats  inté- 
rieurs offre  nne  composition  à  la  fois  simple  et  savante  dans  le  beau 
style  du  XHI®  siècle.  Une  croix,  ornée  de  charmants  entrelacs,  renferme, 
aux  quatre  extrémités,  les  attributs  des  évangélistes,  et  au  milieu,  la  sainte 
Vierge  tenant  à  la  main  le  livre  divin  et  les  pieds  posés  sur  le  corps  d'un 
serpent.  Des  têtes  d'animaux  fantastiques,  mouvant  des  coins  de  la  croix, 
tiennent  dans  leur  gueule  des  rinceaux  qui  se  développent,  chacun  sépa- 
rément, sur  la  surface  restée  libre.  Le  tout  est  exécuté  en  mosaïque  avec 
une  rare  précision. 


H.  BEATUS  (S.).  In  Apocalypsin  Commentaria.  —  HIERO- 
NIMUS  (S.).  Explanalio  Danielis  proplietae.  —  Gr.  in-fol., 
de  248  ff.  à  2  col.  ;  miniatures  et  lettres  ornées;  veau 
marbré,  tr.  rouge  {une.  rel.). 

Précieux  manuscrit  de  la  seconde  moitié  du  XII®  siècle,  sur  véun, 
exécqté  dans  le  midi  de  la  France. 

D  est  d'un  intérêt  capital  pour  l'histoire  de  l'art  du  XII^  siècle  en  rai- 
son des  CENT  DIX  MINIATURES  dout  il  cst  omé  (quatre-vingt-dix-sept  pour 
VA^calypse^  et  treize  pour  les  Prophéties  de  Daniel)  ;  son  texte  est  d'une 
haute  importance  pour  l'exégèse  apocalyptique,  car  il  est  le  seul  à  nous 
transmettre  à  ce  sujet  la  traditionj  de  l'Église  primitive  :  tradition  qui 
s'est  perdue  dès  le  IX"  siècle. 

Un  certain  nombre  de  manuscrits  du  commentaire  de  Beatus  ont  été 
décrits  plus  d'une  fois,  soit  séparément,  soit  plusieurs  ensemble,  à 
commencer  par  Ambroise  de  Morales,  historiographe  du  roi  d'Espagne 


?8  MANUSCRITS. 

Philippe  II.  De  nos  jours,  d'importantes  notices  leur  ont  été  consacrées 
par  José  de  Ëguiren  {Memoria  desa^iptiva  de  los  côdices  notables  conserva^ 
dos  en  los  archivos  eclesiâsticos  de  Espaha;  Madrid,  1859;  in-8),  par  M.  le 
baron  d'Avezac  (Une  Digression  géographique  à  propos  d^unbeau  manuscrit 
à  figures  de  la  bibliothèque  d'Altamira,  dans  le  Bibliophile  français,  t.  lY 
[1860],  pp.  223-230),  par  feu  M.-  Ambroise  Firmin-Didot  (îks  Apocalypses 
figurées,  manuscrites  et  xylographiques;  Paris,  1870;  in-8).  Enfin,  le  même 
sujet  a  fourni  tout  récemment  à  M.  Léopold  Delisle,  membre  de  l'Institut, 
la  matière  d'une  lecture  fort  intéressante,  faite  à  la  séance  de  TAcadémie 
des  inscriptions  et  belles-lettres  du  14  février  1879,  à  l'occasion  d'an  se- 
cond manuscrit  du  même  commentaire  que  venait  d'acquérir  l'administra- 
tion de  notre  Bibliothèque  nationale.  M.  Delisle  a  donné  pour  la  pre- 
mière fois  l'indication  complète  de  toutes  les  copies  du  livre  de  Beatas 
dont  l'existence  actuelle  parait  bien  constatée,  et  qui  sont  au  nombre  de 
dix,  y  compris  la  nôtre.  Le  plus  ancien  de  ces  manuscrits  est  celui  qui 
appartient  à  lord  Ashburnham  et  qui  passe  pour  remonter  au  IX*  siècle; 
l'Espagne  en  possède  quatre  :  à  la  cathédrale  de  Girone,  à  celle  de  la  Seo 
d'Urgel,  à  l'Académie  royale  d'histoire  à  Madrid,  à  la  Bibliothèque  royale 
de  Madrid  ;  deux  sont  conservés  à  notre  Bibliothèque  nationale,  dont  l'un 
jouit  d'une  grande  célébrité  sous  le  nom  de  manuscrit  de  Saint-Sever; 
un  exemplaire,  provenant  de  l'abbaye  de  Silos,  se  trouve  au  Musée  britan- 
nique; enfin^  un  autre  fait  pailie  de  la  Bibliothèque  de  Turin.  Après  avoir 
signalé  certaines  questions  d'histoire  littéraire  et  d'histoire  ecclésiastique 
que  soulèvent  ces  manuscrits,  M.  Delisle  s'est  surtout  attaché  à  faire  res- 
sortir l'intérêt  multiple  des  peintures  dont  ils  sont  ornés,  et  il  a  étudié 
parallèlement  colles  du  manuscrit  de  Saint-Sever  (XI*  siècle),  très  proba- 
blement le  plus  important  de  tous  à  cet  égard,  et  celles  du  nôtre.  Ce  der- 
nier, acquis  chez  un  brocanteur  de  Madrid,  fut  placé  dans  le  catalogue  de 
la  bibliothèque  du  marquis  d'Astorga,  comte  d'Altamira,  dont  la  vente  a 
eu  lieu  à  Paris  en  janvier  1870,  et  de  là  il  passa  chez  M.  Didot  (1 9,000  fr.}. 

Les  peintures  de  tous  ces  maimscrits,  autant  qu'on  en  peut  juger  par 
un  petit  nombre  de  reproductions  de  quelques-unes  d'entre  elles,  et  par 
quelques  renseignements  recueillis  çà  et  là,  semblent  dériver  d'un  proto- 
type commun,  remontant  à  l'époque  carlovingienne,  mais  modifié  gra- 
duellement sous  l'influence  du  style  dominant  dans  telle  ou  telle  contrée 
au  moment  de  l'exécution  de  ces  copies  successives,  et  aussi  selon  le  gé- 
nie individuel  de  l'artiste.  Toutes  ces  peintures  sont  dues  aux  miniatu- 
ristes soit  du  nord  de  l'Espagne,  soit  du  midi  de  la  France. 

Les  CENT  DIX  MINIATURES  dout  uotrc  mauuscrit  est  enrichi  lui  assurent 
une  place  à  part  parmi  les  monuments  de  l'art  des  siècles  passés.  M.  le 
comte  Auguste  de  Bastard,  à  qui  Ton  doit  la  reproduction  dans  son  grand 
ouvrage  {Peintures  et  Ornements  des  manuscrits)  des  trois  belles  pages  du 
manuscrit  de  Saint-Sever,  a  apprécié  le  nôtre  en  ces  termes  :  «c  Aucune 
((*de  nos  bibliothèques  ne  possède  un  manuscrit  plus  curieux  k  cette  date 
«  du  XII®  siècle,  et  je  ne  vois  que  le  Hortus  deliciarum  de  la  célèbre  Herrat 
«  de  Landsperg  qui  puisse  lui  être  comparé.  J'ai  vu  de  même  les  exem- 
«  plaires  de  Turin  et  de  Londres  [aussi  du  XII'  siècle],  et  je  déclare .qu 'an- 
ce  cun  de  ces  livres  ne  montre,  comme  celui-ci,  la  permanence  des  tra- 
ce ditions  antiques  de  l'art.  »  Ajoutons  que  le  célèbre  Hortus  deUdarum, 


THÉOLOGIE.  29 

dont  il  est  ici  question,  a  péri  depuis  dans  l'incendie  de  la  bibliothèque 
de  Strasbourg. 

Copiées  sur  le  même  type  que  le  manuscrit  provenant  de  l'abbaye  de 
Saint-Sever,  ce  qui  ressort  pleinement  de  l'identité  des  sujets  et  de  leur 
ordre,  et  aussi  de  l'entière  ressend^lance  de  certains  détails  secondaires, 
celles  du  nôtre  représentent,  dit  M.  L.  Delisle,  «  un  art  inférieur  par 
«  plus  d'un  côté  à  celui  du  siècle  précédent,  dans  lequel  resplendit  la 
«  beauté  d'un  idéal  où  la  foi  la  plus  pure  domine  et  inspire  tout,  »  mais 
d'un  autre  côté  le  même  savant  constate  qu'elles  offrent  souvent  plus  de 
correction  dans  le  dessin,  que  les  figures  «  rappellent  les  majestueuses 
«  statues  qui  font  la  gloire  de  nos  cathédrales  du  XII"  siècle  »  ;  que  les 
animaux  sont  bien  compris,  vigoureux,  pleins  de  vie  ;  que  les  détails  d'ar- 
chitecture et  de  costume  sont  parfaitement  rendus.  Il  faut  ajouter  qu'on 
y  reconnaît  la  main  de  deux  artistes   d'un   talent  inégal.  L'expression 
des  physionomies,  en  général  d'une  vérité  saisissante;  les  couleurs  très 
vives,  mais  harmonieusement  combinées;  enfin,  les  dimensions  excep- 
tionnelles de  ces  peintures,  dont  la  plupart  sont  à  pleine  page  (hauteur  : 
45  centimètres  J/2;  largeur  :  31  centimètres),  leur  donnent  un  caractère 
imposant.  Au  surplus,  notre  manuscrit  est  peut-être  un  de  ceux  qui  con- 
tiennent le  plus  grand  nombre  de  miniatures,  et  il  est  parfaitement  complet, 
tandis  que  ceux  de  la  Bibliothèque  nationale  ne  le  sont  pas  ;  celui  de 
Saint-Sever  n'a  plus  que  cent  deux  peintures ,  y  compris  les  nombreuses 
pages  d'ornementation;  le  second  n'en  a  que  soixante.  Il  a  été  exécuté 
incontestablement,  dans  le  midi  de  la  France,  par  des  artistes  apparte- 
nant à  ce  qu'on  appelle  l'École   d'Aquitaine,  et  auxquels  la  péninsule 
ibérique  ne  paraît  pas  avoir  été  étrangère,  car,  dans  tous  les  monuments 
d'architecture  qui  y  sont  représentés,  on  a  associé  au  style  roman  l'ar- 
cade cintrée  à  la  manière  mauresque. 

Nous  n'entreprendrons  pas  ici  d'énumérer  les  sujets  des  miniatures  de 
notre  manuscrit,  dont  les  vingt- trois  premières  représentent  les  princi- 
paux faits  ou  des  personnages  de  l'histoire  sacrée  depuis  la  création  jus- 
qu'à dispersion  des  apôtres,  et  servent  ainsi  d'introduction  aux  sujets  apo- 
calyptiques :  leur  description  matérielle,  avec  beaucoup  d'erreurs  d'inter- 
prétation, a  été  donnée  par  M.  A.  Bachelin  dans  le  Bibliophile  français 
(1869),  et  ensuite  en  une  brochure  à  part.  Elle  est  accompagnée  de  quatre 
excellentes  reproductions  des  miniatures,  de  la  grandeur  des  originaux, 
exécutées  sous  la  direction  de  M.  A.  Racinet  (dont  les  deux  premières  en 
chromolithographie  et  les  deux  autres  au  trait),  plus  de  cinq  gravures  sur 
bois.  La  première  représente  Deux  Anges  tenant  un  livre  muni  de  trois 
sceaux,  et,  au-dessus,  le  symbole  de  saint  Jean  l'évangéliste,  un  aigle  à 
corps  humain.  Des  deux  suivantes,  qui  ne  se  trouvent  pas  dans  le  manuscrit 
de  Saint-Sever,  l'une  représente  l'intérieur  de  V Arche  de  Noé,  d'une  façon 
bien  naïve  et  fort  originale  ;  l'autre,  d'un  grand  caractère,  a  pour  sujet  le 
Triomphe  de  VAgneau.  Dans  celle-ci,  le  Christ,  sous  la  figure  de  l'agneau 
sans  tache,  nimbé  et  tenant  le  bois  de  la  croix,  est  aux  pieds  de  Dieu  le 
Père;  autour  de  lui,  sont  les  quatre  évangélistes  représentés  sous  leurs 
attiibuts  et  montés  sur  des  monocycles.  Les  Dominations  et  les  Archanges 
lui  apportent  leurs  oifrandes.  Cette  composition  est  renfermée  dans  ime 
bordure  circulaire,  constellée  d'étoiles,  qui  représente  la  voûte  du  firma- 


30  MANUSCRITS. 

ment  et  qui  est  soutenue  par  quatre  anges.  Au-dessous,  on  voit  saint  Jean 
expliquant  V Apocalypse  à  son  commentateur.  Nous  donnons  au  catalogue 
illustré  des  reproductions  réduites,  en  gravures  sur  bois,  de  ces  deux  mi- 
niatures ainsi  que  celles  des  trois  autres  (la  52«  :  chap.  ix,  1-5;  la  77*  : 
chap.  XVI,  13-14;  la  89®  :  chap.  xx,  1-3).  La  quatrième  lithograpliie  repré- 
sente les  Rois  et  les  marchands  pleurant  sur  Babylone  :  composition  fort 
remarquable.  La  dernière  des  cinq  gravures  sur  bois  données  dans  le 
Bibliophile  français  appartient  au  commentaire  sur  Daniel  et  représente 
un  fragment  du  Siège  de  Jérusalem  par  Nabuchodonosor;  elle  oflfre  on  grand 
intérêt  pour  les  costumes,  les  armes  et  les  armures  du  XII*  siècle. 

Un  certain  nombre  de  ces  peintures  intéressent  au  plus  haut  degré  la 
symbolique  chrétienne  ;  nous  n'en  citerons  qu'un  exemple.  La  cinquième 
miniature  (f.  3  r°)  représente  saint  Mathieu  (et  non  le  Christ,  qui  est  tou- 
jours représenté  avec  un  nimbe  crucifère)  qui  parait  donner  des  instruc- 
tions à  un  jeune  personnage  à  la  tête  nimbée,  un  apôtre  sans  doute,  car 
son  mouvement  de  départ  et  le  livre  ou  plutôt  le  rouleau  qu'il  tient  à  la 
main  indiquent  qu'il  a  pour  mission  d'aller  prêcher  l'Évangile.  Au-dessus 
de  cette  scène,  on  voit  un  homme  jeune,  nimbé,  qui  doit  être  le  symbole 
de  saint  Mathieu.  Il  tient  dans  ses  mains  un  long  bâton  surmonté  d^une 
tête  de  fol,,  une  espèce  de  marotte.  Quelle  est  la  signification  de  cet  at- 
tribut de  la  folie?  M.  Didot  y  a  vu,  avec  beaucoup  de  probabilité,  une  allu- 
sion au  caractère  essentiel  de  la  vocation  apostolique,  dont  saint  Paul 
parle  en  ces  termes  dans  sa  première  épltre  aul  Corinthiens  (chap.  I»  21)  : 
«  Il  plut  à  Dieu  de  sauver  par  la  folie  de  la  prédication  ceux  qui  croiraient 
en  lui  ». 

Il  ne  faut  pas  oublier  non  plus  la  fameuse  mappemonde  circnlaire 
(fol.  43  v^  et  44  r®)  que  Pasini  fit  connaître  le  premier  d'après  celle  du  ma- 
nuscrit de  Turin,  en  1749,  et  qui  depuis  a  été  classée  parmi  les  monu- 
ments cartographiques  les  plus  importants  du  moyen  âge.  Cette  mappe- 
monde, dont  le  but  a  été  de  donner  une  représentation  figurée  du  champ 
de  la  prédication  évangélique,  se  rapproche  beaucoup  de  celle  de  Tarin. 

Passons  maintenant  au  texte  de  ce  commentaire.  Le  nom  de  son  au- 
teur n'y  figure  pas  en  toutes  lettres,  de  sorte  que  le  plus  souyent  Tou- 
vrage  a  été  indiqué  comme  anonyme,  et  on  l'attribuait  tantôt  k  Rhaban 
Maur,  tantôt  à  Victorin  de  Pettau  et  même  à  saint  Amand,  comme  le 
prouve  la  reliure  do  notre  manuscrit  où  on  lit  au  dos  ce  titre  imprimé  : 
S.  Amandus  in  Apocalypsin.  Et  cependant,  des  écriyains  espagnols,  entre 
autres  le  célèbre  bibliographe  Antonio,  ont  depuis  longtemps  signalé  un 
commentaire  sur  l'Apocalypse  composé  au  VIII*  siècle  par  an  moine  es- 
pagnol, nommé  Hcatus,  Bieco  ou  Yieco,  en  citant  même  quelques  phrases 
de  la  dédicace  de  ce  livre,  phrases  qui  se  retrouvent  ici  textuellement. 
11  est  resté  inédit  pendant  près  de  mille  ans  et  ne  fut  publié  qn*ea 
1770  par  le  R.  P.  Henri  Florcz,  augustin,  sous  ce  titre  :  SancU  BêoU  prts- 
byteri  Liebanensis  in  Apocalypsin  (Madrid,  Ibarra,  1770,  in-4),  Yolume 
qui  a  dû  être  l'objet  d'une  sorte  de  suppression  (on  verra  pourquoi),  car 
il  est  devenu  tellement  rare,  qu'il  ne  paraît  s'en  trouver  même  un  seul 
exemplaire  ni  en  France  ni  en  Belgique,  au  point  que  ce  n'est  que  par  le 
I)lus  grand  dos  hasards  que  M.  Didot  a  pu  en  avoir  communication  pour 
son  travail,  grâce  à  l'obligeance  d'un  savant  ecclésiastique  allemand. 


THEOLOGIE.  31 

Beatus  était  moine  du  monastère  de  Saint-Martin,  fondé  au  VI®  siècle 
dans  les  montagnes  de  Liébana  par  le  moine  Toribio,  dont  il  porte  en- 
core aujourd'hui  le  nom.  Ce  monastère  devint,  au  dire  des  écrivains  es- 
pagnols, le  foyer  de  la  restauration  littéraire  dans  le  nouvel  État  des 
Asturies.  Beatus  joua  un  grand  rôle  dans  les  discussions  théologiques 
contre  les  doctrines  nestoriennes  d'Elipand,  archevêque  de  Tolède,  et  de 
Félix,  évoque  d'Urgel,  et  mourut  en  odeur  de  sainteté  le  19  février  798, 
au  monastère  de  Valcavado  ou  Val-Gabado,  en  Asturie,  dont  il  était  de- 
venu abbé. 

L'attribution  de  ce  commentaire  à  Beatus  résulte  de  ce  fait  qu'il  est 
dédié  à  son  disciple  reconnu,  Etherius,  qui  fut  depuis  évoque  d'Osma,  à 
la  prière  duquel  il  a  été  composé  {Hoc  ergo,  sancte  pater  Etheri,  te  petente, 
ob  edificationem  studii  fratnim  tibi  dedicavi,,,).  Le  nom  d'Etherius  a  été 
omis  par  le  copiste  du  manuscrit  de  Saint-Scvcr.  La  date  de  la  rédaction 
de  ce  commentaire  est  exprimée  dans  un  coraput  de  six  mille  ans,  corres- 
pondant aux  six  jours'de  la  création,  et  à  l'expiration  desquels  le  genre 
humain  devait  être  délivré  de  la  domination  de  Satan.  Cette  date  se  rap- 
porte à  l'année  786  dans  notre  manuscrit,  à  l'année  776  dans  celui  de 
Saint-Sever,  aux  années  784  ou  785  dans  d'autres.  Toutefois,  le  P.  Florez 
estime  que  la  date  de  784  est  plus  conforme  avec  celle  de  la  promotion  à 
l'évôché  d'Osma  d'Etherius,  que  Beatus,  son  maître,  appelle  ici  sancte 
pater,  probablement  en  raison  de  sa  dignité  épiscopale. 

En  ce  qui  concerne  l'exégèse  apocalyptique  :  «  les  docteurs  les  plus  au- 
«  torisés  de  l'Église,  dit  M.  Didot,  Bossuet,  entre  autres,  ont  établi  avec 
c<  netteté  la  coexistence  dans  les  Révélations  de  Patmos  d'une  double  ap- 
«  plication  :  un  sens  historique,  direct,  qui  appartient  à  la  critique  et 
«  qui  ne  relève  que  de  la  science;  un  sens  mystique,  indirect,  ayant  trait 
«  aux  destinées  de  l'Église,  qui  est  du  domaine  de  la  foi  et  réservé  à  ses 
«  interprètes  ».  Si  la  critique  moderne  a  démontré  que  l'Apocalypse  a 
été  écrite  avant  la  destruction  de  Jérusalem,  et  qu'elle  a  été  inspirée  par 
la  terrible  persécution  des  chrétiens  sous  Néron,  on  ignorait  jusqu'à  ces 
derniers  temps  que  la  même  tradition  a  existé  au  sein  de  la  primitive 
Église  et  qu'elle  s'est  maintenue  jusqu'à  l'époque  de  Beatus,  et  même  au 
delà  :  c'est  ce  que  M.  Didot  a  fait  connaître  lo  premier  dans  son  travail 
cité  plus  haut.  Saint  Jérôme  rapporte  qu'un  grand  nombre  de  Pères  de 
'Église  et  d'écrivains  des  premiers  siècles  du  christianisme  ont  affirmé 
que  l'auteur  de  l'Apocalypse  a  désigné  sous  le  nom  de  Babylone  la  ville 
de  Rome,  et  qu'il  a  attribué  le  rôle  d'Antéchrist  à  Néron,  qui,  selon  la 
croyance  populaire  chez  ses  contemporains,  quoique  mortellement  blessé, 
n'était  pas  mort,  mais  simplement  réfugié  en  Asie  d'où  il  devait  revenir 
pour  reconquérir  l'empire  avec  le  secours  des  Parthes  et  continuer  son 
œuvre  de  persécution  des  chrétiens.  Cette  opinion  des  docteurs  de  l'Église 
se  retrouve,  quoique  un  peu  embrouillée  et  dénaturée,  dans  le  commentaire 
de  Beatus  (f.  153  v°).  {<'Capita  septem  hujus  bestiœ,  dit-il,  septem  montes 
unt,  in  quibus  mulier  sedet;  id  est  civitas  romana  ».  Et  plus  loin  (f.  154  r®  : 
«  Unum  autem  ex  capitibus  bestix,  quant  supra  diocimus  in  pseudoprophetis 
esse,  tamquam  jugulaium  ad  mortem,  et  plagam  mortis  ejus  sanatam  esse, 
Neronem  DiciT,  QUI  Antichristum  pRiEFiGURAviT  :  et  quîa  octava  bestia  est,  ipse 
Antichristus  est,  qui  Jiunc  in  Ecclesia  per  pseudosacerdotes  subtiliter  reg- 


32  MANUSCRITS. 

natf  tu7ic  aperte  Ecclesiam  devastabit  ;  quia  Jtidœi  Christuim  cnudfixenmt, 
et  PRO  Christo  Neronem  Antichristum  expect.^t.  »  Ailleurs  (f.  177  r*»),  il 
fournit  ce  renseignement  capital  :  «  Usque  in  tempus  quo  hase  Joanni  rêve- 
lata  sunt,  quinque  Reges  ceciderunt  :  sextus  fuit  vero  (et  non  Nero,  comme 
Ta  lu  le  P.  Florez)  sue  quo  h.ec  vidit  in  exilio,  »  ce  qui  indique  bien 
Galba,  sous  le  règne  duquel  l'Apocalypse  a  été  écrite,  bien  que  Beatus 
commette  ensuite  plusieurs  erreurs  dans  Ténumération  des  sept  premiers 
empereurs  de  Rome,  où  il  ajoute  Jules  César,  supprime  Caligula  et  place 
le  règne  de  Galba  avant  celui  de  Néro»;  il  rectifie  cependant  cette  der- 
nière erreur  quelques  lignes  plus  loin  :  «  Post  Neronem  vero  Galba  in 
Yberia,  Oto  in  Roma  imperium  arripuit  ».  Il  insiste  plus  particulièrement 
sur  Néron  :  «  Nam  primus  de  Romanorum  reges  (sic)  Nero  fecit  maetiria 
posT  pAssioNEM  DoMiNi  m  Petro  et  Paulo  apostolosy  qui  ktiâm  Neho  Antichris- 
tum PREFIGURAVIT.   » 

A  mesure  qu'on  s'éloigne  de  l'époque  où  vivait  Beatus,  cette  interpré- 
tation s'écarte  davantage  de  la  tradition  primitive,  surtout  dans  l'expli- 
cation de  l'énigme  du  nombre  du  nom  de  la  Béte  personniûant  TAnte- 
christ,  désigné  par  le  cbiffre  cabalistique  666,  chiffre  d'un  homme,  dit  le 
prophète.  Beatus  n'a  pas  non  plus  trouvé  la  solution  de  ce  problème  (le 
feuillet  contenant  cette  dissertation  a  été  arraché  dans  le  manuscrit  de 
Saint-Sevcr),  qu'il  était  rùseiTé  à  la  critique  moderne  d'expliquer  en 
confirmant  ainsi  la  tradition  des  premiers  siècles.  On  sait,  en  effet,  qu'en 
décomposant  l'alphabet  hébreu  et  en  calculant  la  valeur  numérique  des 
lettres,  on  a  trouvé  que  le  nom  de  Néron  (Nron  KsR=:iV^ron  César)  est  con- 
tenu dans  ce  chiffre  666  qui  avait  exercé  l'imagination  de  tant  de  savants 
exégètes.  (Voir  Didot,  Apocalypses  figurées^  pp.  14-15.) 

Aucun  des  commentateurs  de  l'Apocalypse  postérieurs  à  Beatus  n'a  cité 
sou  travail,  enseveli  dans  la  poussière  des  cloîtres  ;  aucun  d'eux  n'a  indiqué 
que  l'Antéchrist  c'était  Néron  ;  mais  un  vague  souvenir  de  ces  antiques 
traditions  s'est  conservé  dans  l'Église  d'Espagne  jusqu'au  XVI*  siècle, 
comme  le  prouve  le  commentaire  du  P.  Fr.  Ribera,  de  la  Société  de  Jésus 
(Salamanque,  1591  ;  in-fol.). 

On  vient  de  voir  de  quelle  importance  est  le  texte  de  notre  manus- 
crit qui,  en  outre,  a  le  grand  avantage  d'être  parfaitement  complet,,  ce 
qui  n'a  lieu  que  pour  un  ou  deux  autres. 

Il  commence  seulement  à  la  suite  des  miniatures  préliminaires  et  de 
la  généalogie  de  Jésus-Christ  (f.  16  r^)  par  ces  mots:  c<  Que  dttiersw | (em- 
poribus  II  in  uet'is  testa  \\  fnti  libris  \\  p'nûtiata  sût  \\  de  naiiuitate  ||  dm...  » 
début  d'un  prologue,  suivi  d'un  autre  et  d'un  sommaire  de  l'Apocalypse 
(explanatio).  Le  commentaire  proprement  dit  (f.  25  r®)  porte  ce  titre: 
Incipit  tracVus  de  apocalips  (sic)  iohHs  in  explanatione  sua  a  mViU  doc- 
torib*  t  pbatissimis  uiris  illustrib',  etc.;  il  finit  au  f.  205  ▼<»,  où  commence 
VExplanatio  Daniel  prophethe,  prophéties  qui  se  lient  intimement  avec  la 
vision  de  saint  Jean.  La  dernière  page,  arrachée,  a  été  complétée  par  nne 
main  moderne. 

Ce  livre  est  écrit  avec  beaucoup  de  soin,  en  gros  caractères  gothiqaesi 
sur  deux  colonnes  de  38  ligues  chacune  dans  les  pages  pleines.  Le  texte 
de  l'Apocalypse  et  de  Daniel  est  en  rouge  ;  le  commentaire,  en  noir.  Il  est 
orné  eu  outre  de  belles  initiales,  dont  plusieurs  richement  décorées. 


THÉOLOGIE.  33 

La  conservation  de  ce  beau  volume,  intéressant  à  tant  de  titres,  est 
aussi  parfaite  que  possible. 

12.  HISTORIA  SANCTI  JOHANNIS  EVANGELIST^,  EJUS- 
QUE  VISIONES  APOCALYPTIC^.  —  In-4,  de  a4  ff.  ;  mi- 
niatures  ;  vélin  blanc,  compart.  en  or,  tr.  dor. 

Superbe  manuscrit  sur  vélin,  exécuté  probablement  en  Italie  au  com- 
mencement du  XrV«  siècle.     • 

C'est  une  suite  de  quatre-vingt-seize  miniatures,  à  deux  par  page, 
dont  les  huit  premières,  ainsi  que  les  cinq  dernières,  représentent  des  épi- 
sodes, souvent  apocryphes,  de  la  vie  de  saint  Jean,  tandis  que  les  quatre- 
vingt-trois  autres  offrent  des  sujets  des  visions  apocalyptiques.  Chacune 
de  ces  miniatures  est  entourée  d'une  double  bordure  au  simple  trait,  et  la 
page  entière  est  en  outre  renfermée  dans  un  cadre  commun  (H.  :  0™,222; 
L.:  0",175).  Elles  sont  accompagnées  de  légendes  explicatives,  en  rouge 
et  en  noir,  empruntées  le  plus  souvent  au  texte  môme  de  l'Apocalypse. 

Les  deux  premières  et  la  92®  se  rapportent  à  la  légende  de  Drusiana, 
tirée  d'une  vie  plus  ou  moins  fabuleuse  de  saint  Jean,  attribuée  à  Abdias 
de  Babylone  et  composée  réellement  vers  le  IIP  siècle. 

Les  représentations  des  scènes  apocalyptiques  de  ce  volume  n'ont  rien 
de  commun  avec  celles  qui  ornent  les  manuscrits  du  commentaire  de 
Beatus.  Tandis  que  ces  dernières  sont  une  conception  espagnole,  les  autres 
portent  une  empreinte  vivace  d'un  modèle  primitif  de  provenance  grecque, 
remontant  probablement  à  l'époque  antérieure  à  Charlemagne,  et  cons- 
tituent ainsi  un  groupe  à  part,  auquel  appartient  aussi  un  fort  beau 
manuscrit  de  l'Apocalypse  figurée,  de  l'an  1200  environ,  malheureuse- 
ment incomplet,  qui  fait  partie  de  la  Bibliothèque  nationale  (f.  fr.  403, 
anc.  7013),  et  qui  avait  servi  de  modèle  à  la  célèbre  tapisserie  de  Saint- 
Maurice  d'Angers  (voir  là-dessus  une  notice  de  M.  A.  Giry,  dans  le  journal 
l'Art,  décembre  1876,  pp.  300-307).  Il  existe  encore  un  troisième  groupe 
de  peintures  apocalyptiques,  différent  des  précédents  et  dont  le  type  a  dû 
être  composé  au  nord  de  la  France  vers  le  XIII®  siècle. 

La  perfection  des  miniatures  de  notre  manuscrit,  qui  provient  de  la 
collection  de  Van  Hulthem,  est  surprenante  pour  l'époque  de  son  exécu- 
tion. La  beauté  du  dessin  des  figures,  l'harmonie  discrète  des  couleurs, 
enfin  certains  détails  caractéristiques  permettent  de  lui  assigner  une  ori- 
gine itaUenne. 

Pour  offrir  une  idée  de  ces  compositions,  nous  donnons,  au  catalogue 
illustré,  la  reproduction  de  celle,  d'un  dessin  très  pur,  qui  a  pour  sujet  la 
Vierge  revêtue  du  soleil  et  le  Dragon  à  sept  têtes  (la  39®),  de  la  grandeur  de 
l'original,  et  de  celle  (la  42®)  qui  représente  saint  Michel  pr,écipitant  Satan 
dans  les  entrailles  de  la  teire,  avec  le  secours  de  deux  anges. 

Ce  que  notre  manuscrit  offre  de  particulièrement  intéressant  pour 
l'histoire  de  l'art,  c'est  qu'il  se  rapproche  beaucoup  du  type,  aujourd'hui 
perdu,  qui  a  servi  de  modèle  aux  'éditions  xylo graphiques  des  mêmes 
figtires  apocalyptiques,  sauf  les  changements  dans  les  costumes,  dans 
l'architecture,  dans  les  légendes,  et  les  simplifications  que  le  graveur  sur 
.  bois  a  été  obligé  d'introduire  dans  son  œuvre.  Il  ne  correspond  dans  son 

3 


34  MANUSCRITS. 

intégralité  qu'à  l'édition  unique  en  cinquante  feuillets^  car  toutes  les 
autres,  qui  n'ont  que  quarante-huit  feuillets,  ne  donnent  pas  les  quatre 
sujets  de  la  vie  de  saint  Jean  qui  précèdent  les  visions.  La  modifîcation 
des  légendes  est  éminemment  curieuse.  Tandis  que  le  manuscrit,  dans  les 
cinq  dernières  miniatures,  consacrées  à  représenter  les  principaux 
moments  de  la  vie  de  saint  Jean  depuis  son  retour  de  l'exil,  reproduit  le 
texte  du  pseudo-Abdias,  tous  les  xylographes  ont  suivi  la  leçon  de  la  Lé- 
gende dorée  de  Jacques  de  Voragine  (XIII®  siècle),  sauf  pour  la  composi* 
tion  93. 

On  ne  connaît  que  peu  de  manuscrits  pareils  au  nôtre,  et  rarement  ils 
sont  complets.  Celui-ci  a  été  décrit  en  détail,  et  étudié  parallèlement  avec 
les  éditions  xylographiques,  dans  la  notice  de  M.  Didot  sur  les  Apocalypses 
figurées  manuscrites  et  xylographiques  (1870),  ce  qui  nous  dispense  d'y 
insister  davantage,  tout  en  ajoutant  qu'il  constitue  un  document  précieux 
pour  les  costumes,  les  armes  et  les  armures  de  son  époque. 

13.  MANDUCATOR  (Petrus).  Historia  Veteris  et  Novi  Testa- 
menti.  —  Gr.  in-fol.,  de  2o3  ff.  à  2  col.;  miniatures^ 
bordures  et  lettres  ornées;  mar.  vert  foncé,  compart. 
à  froid,  tr.  dor.,  plaques,  ornements  et  fermoirs  en 
métal  doré. 

Précieux  manuscrit  sur  vélin,  exécuté  en  France  et  daté  de  1229. 

La  première  page  offre,  dans  un  encadrement  simulant  un  portique 
surmonté  de  la  représentation  d'une  ville,  l'inscription  suivante  en  belles 
majuscules,  peintes  alternativement  en  rouge  et  en  bleu  :  In  nomine  Patris 
et  Fi\\lii  et  Spiritus  sancti.  Amen,  ||  Anno  ah  Incamatione  Dom\\ini  Mule- 
siMo  DucENTEsiMo  v||iGEsiMo  NONo,  PETRUS  monac\\horum  omnium  minimus 
obtul\\it  istum  lib7*û  beatissimo  mart\\iri  QUINTINO.  Si  quis  eum  absttderiit 
ï  die  Judicii  ante  conspectum  ||  dni  nostri  Jhesu  Xpisti  ip\\sû  sêtissimum  mar- 
tirem  con\\tra  se  accusatorè  sentiat.  En  marge,  se  trouve  une  transcription 
du  texte  ci-dessus,  et  au  bas  de  la  page^  de  la  même  écriture,  on  Ut  cette 
note  :  Fertur  tre^fuisse  fratres  unius  nominis  Petrus  nominatif  viri  glorioH 
et  excellentis  doctrine.  Primus  fuit  Petrus  Lumbardus,  magister  ac  doctor 
sacrz  theologiq,  et  author  seu  scriptor  libri  sententiarum,  in  quatuor  lU^rw 
totam  sacram  theologiam  complectentis.  Secundus  fuit  Petrus  Gaatianus, 
doctor  egregiuSy  decretorum  scriptor,  Tertius  fuit  huius  libri  scriptor  seu  au- 
thor et  confector  dictus  Petrus  Comestor  aut  Manducâtor,  exceJkns  doctor 
utpatuit  ex  présente  libro, 

Pierre  Comestor,  ou  Manducâtor,  ou  le  Mangeur,  auteur  de  ce  liTfe 
célèbre,  naquit  à  Troyes,  où  il  devint  successivement  cbanoine  et  doyen  de 
la  cathédrale,  puis  chancelier  de  l'église  de  Paris,  en  1164,  et  mourat 
dans  cette  ville  en  octobre  il 79,  étant  alors  chanoine  régulier  &  l'abbajre 
de  Saint- Victor.  Son  surnom  lui  vient  de  son  ardeur  pour  la  lecture  des 
livres  saints. 

On  le  voit,  le  présent  mahuscrit  n'est  postérieur  que  de  ciii* 
quante  ans  à  la  mort  de  Comestor.  Il  a  été  exécuté  dans  Tabbaye  da 
Mont-Saint-Quentin,  près  Péronne,  abbaye  de  l'ordre  de  saint  Benoit, 
jadis  très  florissante  et  dont  il  ne  reste  aigourd'hui  que  des  mines.  Le 


1  _y. 


THÉOLOGIE.  35 

scribe,  nommé  aussi  Pierre,  et  qui  se  dit  le  plus  humble  des  moines,  le 
consacra  à  la  mémoire  de  saint  Quentin;  le  patron  de  son  monastère. 

Le  texte  commence  au  verso  du  second  feuillet  par  cette  rubrique  : 
Incipit  prologus  epistolaris  ad  Guillelmum,  tunc  senonensem,  postea  vero 
REMENSEM  ARCHiEPiscopuM.  Une  miniature  sur  fond  d'or,  placée  au-dessous 
de  ce  titre,  représente  l'auteur  assis  et  offrant  son  livre  à  Guillaume,  fils 
de  Thibaut  le  Grand,  comte  de  Champagne,  alors  archevêque  de  Sens, 
d'où  il  passa  en  H76  à  l'archevêché  de  Reims.  La  rédaction  de  cet  ouvrage 
est  antérieure  à  l'année  H64. 

La  grande  initiale  R,  par  laquelle  débute  la  dédicace  {Reverendo  patri 
ac  domino  sua  Guilklmo  dei  gratia  senonensi  archiepiscopo,  Petrds  servus 
christi  presbiter  trecensis,  etc.),  renferme  une  autre  miniature  où  le  scribe, 
pieds  nus,  est  représenté  copiant  ce  volume  sur  le  texte  original  placé 
devant  lui  sur  un  second  pupitre. 

A  la  colonne  suivante,  se  trouve  une  préface  de  l'auteur,  à  la  suite  de 
laquelle  on  lit  le  titre  de  l'ouvrage  entier  en  majuscules  peintes  en  rouge 
et  en  bleu  :  Incipit  Historia  ||  magistri  Pet\\ri  Manducato\\ri8  Veteris  et  \\ 
Novi  Testamenti, 

Une  bordure,  formée  d'élégants  enroulements  sur  fond  d'or  et  ter- 
minée aux  extrémités  par  des  chimères,  sépare  les  deux  colonnes  du  texte. 

La  page  suivante  n'est  pas  moins  richement  décorée.  Les  premiers 
versets  de  la  Genèse  et  leur  commentaire  figurent  à  la  seconde  colonne, 
tandis  que  l'emplacement  de  la  première  est  entièrement  occupé  par 
une  belle  composition,  sous  forme  de  la  lettre  I  {Inprincipio  erat  Ferôuwi), 
consistant  en  sept  médaillons  superposés  qui  renferment  les  sujets  des 
sept  jours  de  la  Création  ;  le  tout  est  entouré  d'une  riche  bordure.  Aux 
quatre  extrémités  de  cette  initiale  s'adaptent  en  appendice  quatre  rec- 
tangles où  les  quatre  verscaux  sont  représentés  par  des  hommes  à  moitié 
vêtus  et  tenant  chacun  une  urne  penchée.  Ce  symbolisme  est  conforme 
aux  règles  tracées  par  le  moine  Théophile,  écrivain  de  la  fin  du  XP  siècle, 
qui,  dans  son  célèbre  traité  sur  les  arts  {Diversarum  artium  Schedulà),  dit 
que  les  quatre  fleuves  du  Paradis  doivent  être  représentés  «  sous  la  forme 
d'hommes,  avec  leurs  urnes  d'où  semblera  se  répandre  une  eau  ruisse- 
lante (chap.  Lix)  ». 

Notre  manuscrit  est  en  outre  orné  de  vingt  et  une  miniatures,  sous 
forme  d'initiales  historiées,  finement  exécutées  sur  fond  d'or.  En  voici  les 
sujets  :  1®  le  Commentateur  devant  son  pupitre  (f.  30  r°);  —  2°  Moïse  retiré 
des  eaux  (ibid.);  —  3®  le  Sm6e  à  son  travail  (f.  46  r°);  —  4»  le  Sacrifice  à 
Dieu  dans  le  Tabernacle  (f.  46  v")  ;  —  5<>  le  Commentateur  (f.  62  r«)  ;  — 
6<»  Moise  parlant  au  peuple  (f.  62  v°)  ;  —  7°  la  Destruction  de  Jéricho 
(f.  66  r<»)  ;  —  8°  les  Représentants  d'Israël  demandent  à  VÊternel  de  dési- 
gner le  successeur  de  Josué  ;  au-dessous  :  V Expédition  de  Juda  contre  les  Cha- 
nanéens  (f.  70  r^)  ;  —  9<>  le  Parent  de  Ruth  laisse  ôter  son  soulier  en  signe  de 
cession  à  Booz  de  son  droit  d'épouser  la  bru  de  Noémi  (f.  76  r*)  ;  —  10®  Elcassa 
avec  ses  deux  femmes  et  son  fils  vient  offrir  un  sacrifice  à  Dieu  devant  le 
grand  prêtre  Hélie  (f.  77  r")  ;  —  H  ®  Tobie  aveugle  guéri  par  son  fils  (f.  H6  v<»); 
—  12°  Jérémie  parle  au  peuple  (f.  118  v°);  —  13°  Ezéchiel  dévore  le  livre 
que  lui  présente  le  Seigneur  (f.  119  v°);  —  14°  Daniel  dans  la  fosse  aux 
lions  (f.  12i  r°)  ;  —  15°  le  Commentateur  (f.  129  v°);  —  16°  Judith  emporte 


36  MANU&CRITS. 

la  tête  d'Holopheme  (f.  130  r®);  —  17o  Esther  devant  Asmérus  (f.  134  r«); 
—  180  Matathias  tue  un  Juif  idolâtre  (f.  139  r*);  —  19*  VAnnonciation  à 
Zacharie  de  la  naissance  d'un  fils  (f.  149  r®);  —  20®  VAnnonciation  à  la 
sainte  Vierge  (ibid.);  —  21<»  ï Ascension  (f.  181  r®). 

Plusieurs  initiales  richement  enluminées,  et  d'autres  peintes  en  bleu  ou 
en  rouge,  avec  des  fonds  diaprés  et  des  appendices  filiformes,  complètent 
la  décoration  de  ce  beau  manuscrit,  dont  le  texte,  écnt  par  une  main  ha- 
bile, a  conservé  toute  sa  fraîcheur.  Les  titres  des  chapitres  sont  en  rouge. 
Le  volume  finit  ainsi  (f.  203  r®)  :  Explicit  lib*  actuÛ  a'p*lo%. 

On  sait  que  les  manuscrits  contenant  le  texte  original  de  Fouvrage  de 
Gomestor  sont  bien  plus  rares  que  ceux  qui  renferment  la  traduction  fran- 
çaise due  à  Guiart  des  Moulins.  Gelui-ci,  par  le  beau  style  de  ses  minia- 
tures, par  sa  date  certaine  qui  permet  de  s'en  servir  comme  d'un  guide 
sûr  pour  déterminer  l'âge  et  le  pays  d'origine  *des  œuvres  d'art  sembla- 
bles, enfin  par  sa  conservation  exceptionnelle,  mérite  une  place  à  part. 

La  reliure,  sévère  et  solide,  porte  sur  chacun  des  plats  une  plaque  en 
cuivre  doré,  où  le  titre  du  volume,  sa  dédicace  et  la  date  de  son  exécu- 
tion sont  tracés  avec  un  émail  bleu,  en  caractères  copiés  sur  les  belles 
majuscules  de  la  première  page  de  ce  manuscrit. 


LITURGIE 

GRADUELS,   MISSELS,   LIVRES  d'hEURES,   ETC. 

14.  GRADUALE   ROMANUM.   —  Petit  in-fol.,  de  a84  ff.  ; 
miniatures  et  lettres  ornées  ;  dérelié^  dans  un  étui. 

Très  précieux  manuscrit  sur  vélin,  exécuté  du  X®  au  XI"  siècle  dans  une 
abbaye  des  Bénédictins,  probablement  au  nord  de  l'Italie.  Le  premier 
feuillet,  transposé  à  la  couture,  est  en  réalité  le  cinquième,  et  dès  lors  le 
volume  commence  par  un  calendrier  perpétuel,  à  deux  colonnes,  écrit  en 
rouge  et  en  noif  et  occupant  trois  feuillets.  Il  porte  en  tête  :  In  N.  Dni 
incip  Martyrologiû,  Les  jours  égyptiens  y  sont  désignés  par  l'abréviation  : 
D.  JEg.;  au  surplus,  ils  sont  encore  indiqués  dans  un  de  ces  douze  vers  de 
Bôde,  inscrits  au  bas  du  mois  respectif  : 

Jani  prima  dies  et  septima  fine  timetur, 
Ast  Febmi  quarta  est  ;  precedit  tertia  finem, 
Martis  prima  necat,  cuius  in  cuspide  qiuirta  est. 
Aprilis  décima  et  undena  a  fine  minatur. 
Maius  tercim  lupus,  et  septimus  anguis. 
Junius  in  decimo  quindeno  a  fine  salutat. 
Tredecimus  Julii,  decimo  innuit  ante  halendas. 
Augusti  prima  nepa,  fugat  de  fine  secunda. 
Tercia  Septembris  vulpis  f&iii  a  pede  dena. 
Tercius  Octobris  gladius  decimo  ordine  necat, 
Quinta  Novembri  acus  vix  tertia  mansit. 
Dat  duodena  cohoi's,  septem  inde  decemque  DeeembriB,' 


THÉOLOGIE.  37 

Contrairement  à  ce  dernier  vers,  le  premier  jour  égyptien  de  décembre 
est  marqué  au  li  de  ce  mois  et  non  au  7.  De  nouveaux  noms  de  saints 
ont  été  ajoutés  au  calendrier  à  une  date  plus  récente. 

A  la  suite  du  calendrier  vient  une  litanie  et  trois  pièces  fort  curieuses 
pour  les  épreuves  judiciaires  par  le  fer  chaud,  par  Teau  chaude  et  par  l'eau 
froide,  qui  n'occupent  pas  moins  de  trois  grandes  pages. 

La  page  suivante  (f.  7  t^)  offre  une  composition  dont  le  style  rappelle 
celui  des  Catacombes  de  Rome.  Elle  représente  le  Chnst  en  croix,  les 
pieds  cloués  à  une  tablette  ;  la  sainte  Vierge  et  saint  Jean  se  tiennent  à 
ses  côtés  ;  leur  costume  offre  une  réminiscence  très  visible  du  costume  et 
du  style  romain  ;  leurs  mains  sont  recouvertes  par  leurs  vêtements.  Aux 
quatre  coins  de  la  page  sont  figurés  les  symboles  des  évangélistes.  C'est 
une  large  esquisse  à  la  plume,  légèrement  coloriée  et  très  intéressante 
pour  l'histoire  de  l'art  italien. 

Les  deux  pages  qui  suivent  sont  restées  en  blanc,  et  la  troisième  est 
remplie  par  une  tablette  encadrée  et  surmontée  d'une  croix  au  milieu 
d'un  enroulement  en  or  et  en  argent.  On  y  lit,  en  belles  majuscules 
romaines,  sur  un  fond  pourpre,  ce  fragment  de  la  préface  :  Aeqvv  et 
•salutare,,.\\gràs  agere,  dne  sce,.,  \\per  Xpm  Dnm  nrm,.,  \\  laudant  ang'li. 
ado.,.  Il  potestates,  caeli  cç...  ||  beata  séraphin  soda  \\  ,.,brant,  cû  gb't  nràs 
voce\.,  depcamvr,  supliciô..,\\Scs,  Ses, 

La  page  en  regard,  qui  a  été  arrachée,  oflrait  sans  doute  une  disposi- 
tion analogue  à  celle-ci,  et  contenait  l'autre  portion  de  la  préface,  qu'on 
a  écrite,  comme  on  vient  de  le  voir,  de  façon  que  les  mots  se  suivent  dans 
chaque  ligne  d'une  page  à  l'autre. 

A  la  page  qui  suit  se  trouve  un  dessin  à  la  plume  représentant  pour 
la  seconde  fois  le  Crucifiement,  La  sainte  Vierge,  placée  à  gauche,  dirige 
ses  mains  vers  Jésus,  tandis  que  du  côté  opposé  saint  Jean  porte  la  main 
à  son  cœur;  an  pied  de  la  croix  est  agenouillé  un  saint,  sans  aucun 
attribut.  Dans  le  haut,  deux  têtes  d'anges. 

La  suite  du  texte  de  ce  graduel  reprend  au  f.  10  r<»  par  ces  mots: 
Supplices  rogamus  \\  et  petimus  uti  accepta  habeas,  et  \\  benedicas  hsec 
dona,  etc. 

Ce  qu'il  y  a  de  particulièrement  intéressant  dans*  ce  manuscrit,  c'est 
qu'il  constitue  un  véritable  monument  de  liturgie  romaine,  par  le  re- 
cueil qu'il  contient  de  toutes  les  hymnes,  de  toutes  les  prières,  de  tous 
les  chants  adoptés  dans  l'Église  ancienne,  avec  la  notation  musicale  en 
neumes,  écrite  avec  beaucoup  de  soin.  Des  recueils  de  ce  genre  sont  fort 
rares. 

Il  est  terminé  par  un  grand  nombre  de  messes  spéciales,  dont  nous 
signalerons  les  suivantes  :  Missa  in  adventu  iudicum;  —  Missa  contra 
iudices  maie  agentes  ;  —  Missa  contra  episcopos  maie  agentes  ;  —  Missa  pro 
iter  agentibus;  —  Missa  pro  navigantibus  ;  —  Missa  pro  febnbus  in  ho- 
norem  S.  Sigismundi  martyris;  etc. 

Les  feuillets  254  à  265 ,  d'un  format  plus  petit  et  d'une  date  posté- 
rieure, ainsi  que  les  feuillets  266  à  273,  encore  d'une  autre  écriture, 
pouvant  remonter  au  XIV®  siècle,  ont  été  intercalés  après  coup.  Les  pre- 
miers contiennent  une  série  de  messes;  les  autres,  l'office  des  morts, 
les  prières  pour  la  bénédiction  de  l'eau,  une  litanie,  etc.  Au  bas  du 


38  MANUSCRITS. 

f*  270  r«,  on  lit  en  lettres  rouges  :  Eoeplicit  bndicio  aque.  Ego  ÇUALDUS 
scRiPsi  isTAs  LiTERÀS.  RoQo  oiTimbus  q'bus  (mots  corrigés  ensuite  en  omnes 
ques)  legët  quod  ifd  rogët  dnm  ^  me.  Au-dessous,  se  trouve  on  croquis  à 
la  plume  et  à  l'encre  rouge,  représentant  un  moine  en  buste,  avec  cette 
légende  :  Fraf  minÔ.  Ce  f^ère  mineur  est  évidemment  le  scribe  dont  on 
vient  de  lire  le  nom. 

L'écriture  de  ce  manuscrit  est  superbe  ;  le  noir  de  Tencre,  dans  beau- 
coup de  pages,  est  presque  aussi  brillant  qu'à  l'origine  ;  les  initiales  des 
paragraphes,  les  titres,  etc.,  sont  d'un  beau  rouge. 

15.  GRADUALE  ET  SACRAMENTARIUM.  —  In-4,  de  ^46  ff.; 
miniatures,  bordures  et  lettres  ornées  ;  ais  de  bois  recou- 
verts de  peau  de  truie  estampée  ;  •  fermoirs  (reliure  du 
XF*  siècle). 

Admirable  manuscrit  sur  vélin,  exécuté  au  XIP  siècle  dans  Tabbaye 
d'Ottenbeuem,  en  Souabe,  diocèse  d'Augsbourg. 

Les  vingt-quatre  premiers  feuillets  contiennent  des  bymnes  et  des 
cantiques,  avec  la  notation  musicale  en  neumes,  et  des  prières  d*ane  écri- 
ture plus  grosse  que  celles  des  pièces  dont  nous  venons  de  parler,  qni  sont 
écrites  en  petites  lettres  gothiques  d'une  netteté  et  d'une  régularité  mer- 
veilleuses. Les  six  pages  suivantes  sont  consacrées  à  un  calendrier  soi- 
gneusement écrit  en  rouge  et  en  noir,  sur  deux  colonnes,  placées  sous 
des  portiques  de  style  saxon,  peints  en  or  et  en  couleurs  et  dont  les  fron- 
tons renferment  la  représentation  des  signes  du  zodiaque.' Au-dessus  des 
arcatures  de  ces  portiques,  on  lit  les  douze  vers  de  Bède  indiquant  les 
jours  égyptiens,  vers  qui  n'oifrent  de  différences  réelles  avec  ceux  du  ma- 
nuscrit précédent  que  dans  les  deux  cas  qui  suivent  : 

Avril  :  Aprilis  décima  est  undeno  (sic)  a  fine,  timenda. 
Mai  :  Tertius  in  Maio  lupus  est  et  septimtis  anguU, 

m 

Au  bas  de  chaque  mois,  se  trouve  un  autre  vers  qui  a  trait  au  signe  res- 
pectif du  zodiaque.  Cette  particularité  n'est  pas  commune,  ce  qui  nous 
engage  à  transcrire  ces  douze  lignes. 

Mense  nume  medio,  solidum  stat  sydus  aqiuiri. 
Precedunt  dupUces  in  Martia  tempore  pisces 
Respicis  Apriles  aries  fryree  Kalendas 
Maius  ageno  rei  miratur  comua  tauri  # 

Junius  ^quatos  c^lo  iubet  ire  laconas. 
Solsticio  ardentis  cancri  fert  lulius  astruor. 
Augustum  mensem  leo  fervidus  igné  perurit. 
Sydere  virgo  tuo  Bachum  September  opimat. 
EqiMt  et  October  sementis  tempore  libram. 
Scorpius  hybeimum  princeps  iubet  ire  Novembrem. 
Terminât  arci  tenens  medio  sua  signa  Décembre. 
Prindpium  iam  sancit  tropicus  capricomus. 


THÉOLOGIE.  39 

Le  calendrier  lui-môme  est  fort  curieux.  On  y  trouve  l'indication  des 
jours  où  se  seraient  passés  certains  grands  faits  de  Thistoire  sacrée,  selon 
les  traditions  du  moyen  âge  ;  nous  y  apprenons,  par  exemple,  que  la  cons- 
truction du  temple  de  Salomon  aurait  commencé  le  8  février  (Initium 
primo,  Uierosolimq,),  que  l'Enfer  aurait  été  créé  le  !2  du  môme  mois  (In fé- 
rus hic  faclus  est) y  que  notre  père  Adam  aurait  commis  son  péché  le  i8 
suivant  {Adam  hic  peccavit),  que  la  seconde  Jérusalem  a  subi  son  sort  le 
20  février  (Ultima  Hierosolima),  et  qu'elle  datait  du  13  mars  {Ultimum  ini- 
tium Hierosolim^)\  que  le  déluge  eut  lieu  le  3  avril  (Diluvium  hic  factum 
est),  et  que  Noé  se  réfugia  dans  l'arche  le  27  du  môme  mois  (Noe  intravit 
in  arch^im).  On  y  a  joint  aussi  quelques  renseignements  astronomiques  et 
cette  prescription  d'hygiène,  marquée  au  13  juillet,  qu'à  partir  de  ce  jour 
personne  ne  doit  se  faire  saigner  jusqu'au  5  septembre,  c'est-à-dire  pen- 
dant toute  la  durée  des  jours  caniculaires  {Abhinc  usque  in  nonas  Septem- 
bris  nemo  sanguinem  minuat). 

Parmi  les  noms  des  saints,  on  rencontre  un  certain  nombre  de  ceux 
dont  le  culte  est  spécial  à  l'Allemagne,  et  plus  particulièrement  à  la 
Souabe,  tels  que  s*«  Walpurge,  s**»  WibrandCy  s,  Godard,  s.  Ulric,  s.  Goar, 
s.  J^ilien,  s,  Wolfgang,  s,  Othmar, 

Enfin,  l'indication  placée  au  19  novembre  désigne  la  localité  où  ce 
manuscrit  a  été  exécuté.  Elle  est  ainsi  conçue  :  Toto  abbas  fundator  loci 
isTiDs.  D.  Mabillon,  dans  ses  Annales  ordinis  S.  Benedicti  (t.  II,  lib.  xxiii, 
n?  74),  nous  apprend  que  Toto,  descendant  d'une  illustre  famille  d'Alle- 
magne, ordonné  prêtre  à  Vienne,  en  Dauphiné,  fut  élu  en  767  premier 
abbé  du  monastère  bénédictin  d'Ottenbeuern,  en  Souabe,  fondé  trois  ans 
auparavant  par  ses  parents,  et  qu'il  y  mourut  en  odeur  de  sainteté  le  i9 
novembre  815. 

La  première  peinture  de  ce  missel  (f.  32  v**)  représente  deux  abbés  de 
ce  môme  monastère,  portant  chacun  un  tau,  et  agenouillés  aux  pieds  d'un 
crucifix  qui  forme  le  T  initial  du  Te  igitur  clementissime  pater.  A  côté  du 
premier,  on  lit  cette  inscription  en  lettres  d'argent  :  S.  Rvopei^tvs  abb,  ;  à 
côté  du  second  :  îslngnmvs  ab.  Or,  D.  Mabillon  nous  apprend  (t.  VI, 
p.  397),  d'après  les  auteurs  allemands,  que  Rupert,  qualifié  de  saint  dans 
son  pays,  quoiqu'il  ne  fût  jamais  canonisé,  devint  abbé  d'Ottenbeuern  en 
ilOo;  qu'il  y  gouverna  cette  abbaye  pendant  quarante  ans,  et  qu'il  mou- 
rut le  i4  septembre  1145,  à  l'âge  de  cent  vingt  ans.  Son  successeur  fut 
Isengrim,  moine  du  monastère  de  S.  Ulric  à  Augsbourg.  C'est  lui  qui, 
après  l'incendie  de  1152,  releva  l'abbaye  confiée  à  sa  direction,  en  orna 
l'église  et  augmenta  la  bibliothèque  (Hic  muros  et  œdificia  monasierii 
instaurasse  dicitur,  ecclesiam  omavisse,  bibliothecam  auxisse,  etc.).  La  mi- 
niature que  nous  venons  de  citer  nous  paraît  offrir  une  preuve  évidente 
que  c'est  aussi  sous  l'administration  éclairée  d'Isengrim  que  ce  manuscrit 
a  été  exécuté,  avant  l'année  H60,  car  à  cette  date  ce  savant  abbé  n'exis- 
tait plus. 

L'illustration  de  ce  manuscrit  est  extrêmement  variée.  En  dehors  du  ' 
petit  sujet  décrit  ci-dessus,  on  y  trouve  plusieurs  autres  miniatures  et  un 
grand  nombre  de   lettres  historiées.   Trois  de  ces  miniatures  occupent 
la  page  entière.   La  première  (f.  40  v*>)  représente  Jésus  en  croix,  as- 
sisté de  sa  mère  et  de  saint  Jean  (H.  :  0",2il  ;  L.  :  0",i60).  La  seconde 


40  MANUSCRITS. 

(f.  49  V»)  a  pour  sujet  la  Nativité  (H.  :  0",193;  L.  :  0»,150).  C'est  une 
composition  fort  curieuse.  La  Vierge,  dont  la  tête  est  ceinte  d*im  diadème, 
est  couchée  sur  un  lit  couvert  d'une  étoffe  rouge  et  placée  à  côté  de  la  crè- 
che où  repose  l'Enfant  Jésus.  Saint  Joseph,  coiffé  d'un  bonnet  pointu,  est 
assis  à  côté.  Deux  arcades  de  plein  ceintre,  placées  au-dessus  de  la  crè- 
che, laissent  voir  Tâne  et  le  bœuf  traditionnels  ;  elles  sont  surmontées 
d'un  clocheton  de  chaque  côté  duquel  est  agenouillé  un  ange  tenant  une 
banderole. 

La  troisième  miniature  (H.  :  0",18o;  L.  :  0",158)  représente  les  Sain- 
tes Femmes  au  tombeau  du  Christ  (f.  95  v«). 

La  quatrième,  plus  petite  (H.  :  0^^,142;  L.  :  0°^,140)  a  pour  siget  la 
Descente  du  Saint-Esprit  (f.  107  v«). 

Sept  grandes  initiales  renferment  les  compositions  suivantes  :  1*^  le 
Martyre  de  saint  Etienne  (f.  52  v<»)  ;  —  2«  s.  Jean  l'évangéliste  (f.  53  V)  ;  — 
3*  le  Massacre  des  Innocents  (f.  53  v<»)  ;  —  4°  V Adoration  des  rois  mage» 
(f.  56  ro);  —  5<»  s.  Jean  (f.  153  r»)  ;  —  6»  s.  Pierre  et  s.  Paul  (f.  155  v»);  — 
enfin  7«,  à  propos  d'une  prière  Pro  Rege  (f.  219  v«),  on  a  représenté  un 
souverain,  en  buste,  portant  sur  la  tête  une  couronne  princière  dans  le 
style  du  X"  siècle. 

Toutes  ces  peintures  sont  d'un  beau  caractère.  Les  contours  sont  tra- 
cés en  noir;  le  coloris,  à  teintes  plates,  relevées  de  bistre  dans  les  om- 
bres, est  d'une  certaine  crudité.  Les  encadrements  indiquent  la  main  d'un 
ornemaniste  habile. 

Mais  là  ne  s'arrête  pas  le  luxe  de  ce  merveilleux  manuscrit.  Vingt-qua- 
tre PAGES  pleines,  peintes  alternativement  en  or,  en  pourpre  et  en  outremer, 
contiennent  un  texte  écrit  entièrement  en  lettres  capitales  d'or  et  d'argent, 
quelquefois  de  pourpre  et  d'azur  (ff.  38  v«,  39  v<»,  41  r«  et  v«,  42  r«  et  ▼•, 
43  r«  et  v<>,  44  r»  et  v»,  45  r<>  et  v*»,  46  r«  et  v«,  47  r«  et  v*,  48  r«,  96  ▼•, 
104  V»,  i08  v%  135  v^  156  r»,  160  v«,  173  t°).  Sauf  les  pages  des  flf.  41  v« 
à  48,  toutes  les  autres  commencent  par  de  grandes  initiales  décorées 
d'enroulements  multicolores;  un  certain  nombre  sont  en  outre  renfer- 
mées dans  de  belles  bordures. 

Ce  n'est  pas  tout.  Plus  de  quatre  cent  cinquante  grandes  initialis  ri- 
chement enluminées  en  or  et  en  couleurs,  près  de  deux  mille  initialis 
plus  petites,  en  or  ou  en  argent,  enfin  plusieurs  centaines  de  lignes  en- 
tières de  texte  écrites  en  majuscules  d'or,  d'argent,  d'azur,  sur  fond  d'or, 
de  pourpre,  de  vert,  d'outremer,  etc.,  complètent  cet  ensemble  d'une 
magniflcence  incomparable.  Dans  toutes  ces  peintures  décoratives  ou  his- 
toriées on  remarque,  en  plein  douzième  siècle,  la  persistance  de  rioflaence 
du  grand  art  carlovingien. 

Ce  qui  met  ce  manuscrit  absolument  hors  de  pair,  c'est  son  ad- 
mirable conservation.  La  peau  de  vélin  est  d'une  grande  blancheur^ 
l'encre  et  les  couleurs  sont  presque  dans  leur  fraîcheur  primitive;  l'or, 
semé  à  profusion,  n'a  pour  ainsi  dire  rien  perdu  de  son  édaitliais 
ce  qu'il  y  a  de^  vraiment  extraordinaire,  c'est  que  l'argent  y  a  con- 
servé tout  le  brillant  du  premier  jour,  après  plus  de  six  cents  ans 
d'existence  :  ce  qui  ne  se  voit  probablement  dans  aucun  autre  manuscrit 
avec  la  même  intensité,  car  d'ordinaire  il  s'oxyde  bien  vite  et  tonne 
au  noir. 


THEOLOGIE.  41 

Assurément,  il  y  a  été  employé  nn  procédé  particulier  dont  le  secret 
s'est  perdu  depuis. 

Cette  merveilleuse  épave  de  la  bibliothèque  d*Oitenbeuern  nous  est 
venue  de  la  Hongrie,  par  l'intermédiaire  de  la  librairie  Tross. 

16.  MISSALE  ECCLESIiE  PARISIENSIS.  —  Pet.  in-fol.,  de 
292  ff.;  miniatures 9  bordures  et  lettres  ornées;  man 
rouge,  fil.,  dos  orné,  tr^  ciselée  et  peinte. 

Superbe  manuscrit  sur  vélin,  exécuté  en  France  dans  la  première 
moitié  du  XIV®  siècle. 

Le  calendrier,  qui  occupe  les  six  premiers  feuillets ,  est  écrit  en  noir 
et  en  rouge,  mais  cette  dernière  couleur  y  domine.  On  y  remarque  les 
noms  suivants:  s.  Rigobert  ou  Robert,  archevêque  de  Reims  (8  janv.); 
s.  Maur;  s.  Laumer  {Lannomarus)f  abbé  de  Corbion  (19  janv.)  ;  s^®  Bathilde; 
s.  Landri  (10  juin);  s.  Lanfran  (21  juin);  s*.  Éloi  (sa  translation,  24  juin); 
s.  Thomas -Becket  (sa  translation,  7  juillet);  s.  Benoit  (sa  translation, 
H  juillet);  s.  Marcel,  évoque  de  Paris  (sa  translation,  26  juillet);  s.  Clotid; 
S*®  Aure,  abbesse  de  Saint-Martial  dans  Paris  (4  oct.).  Cette  circonstance 
que  les  noms  de  tous  les  saints  vénérés  plus  particulièrement  à  Paris  y 
sont  inscrits  avec  soin,  souvent  avec  la  mention  de  l'octave  de  leur  fête 
et  du  jour  de  la  translation  de  leurs  reliques,  et  d'autres  indices  encore 
permettent  d'affirmer  que  ce  missel  a  été  exécuté  dans  une  abbaye  des 
Bénédictins  du  diocèse  de  Paris.  Ce  qui  nous  confirme  dans  cette  opinion, 
c'est  qu'il  a  été  fait  pour  le  service  de  l'église  métropolitaine  de 
Paris.  En  effet,  dans  l'office  pour  le  jour  des  Rameaux,  on  lit  cette  ins- 
truction (f.  70  v°)  :  ((  Congregantis  processionibus  conventualibus  in  ecclesia 

Béate  Marie exitur  de  ecclesia  nichil  cantando  et  sic  eundum  est  usque 

AD  EccLESiAM  SANCTE  Genovefe  DE  MoNTE.  lu  cuius  introîtu  Tiichil  dicituVy 
facta  autem  benedictione  palmarum  et  ramorum  ab  episcopo  vel  ab  aîio  de 
ecclesia  Béate  Marie^  statim  legitur,,,  »  Et  ailleurs,  à  l'occasion  du  cérémo- 
nial de  la  semaine  sainte  ;  «  Post  prandium  conveniunt  canonici  in  maiori 
ecclesia  Béate  Marie,  et  lavantur  altaria,,,  » 

Les  jours  égyptiens,  marqués  par  un  signe  conventionnel,  sont  aussi 
désignés  dans  un  vers  placé  en  tête  du  mois  respectif.  Ces  vers  sont  iden- 
tiques avec  ceux  du  petit  Psautier  décrit  plus  baut,  sous  le  n*>  6,  sauf 
pour  le  mois  d'octobre,  qui  porte  ici  : 

Tercia  cura  dena  clama  sit  intégra  vena. 

Chaque  page  du  calendrier  est  ornée,  sur  les  trois  côtés,  d*une  bordure 
peinte  en  or  et  en  couleurs. 

Le  texte  du  missel  est  écrit  sur  deux  colonnes,  en  beaux  caractères 
gothiques;  les  titres  et  les  instructions  sont  en  rouge.  La  première  page 
de  ce  texte  est  décorée  avec  luxe.  L'initiale  A  renferme  une  petite  com- 
position où  est  représenté  un  prêtre  à  genoux  devant  un  autel  et  tendant 
son  âme,  sous  la  figure  d'un  petit  enfant,  vers  Dieu  l'e  Père,  qui  apparaît 
dans  un  nuage  ;  c'est  une  interprétation  figurée  de  ces  premiers  mots  de 
l'office  :  Ad  te  levavianimam  meam,  Deus  meus/  Cette  initiale  est  le  point 


42  MANUSCRITS. 

de  départ  d'un  appendice  à  feuillages  qui  encadre  la  page  entière  et  déli- 
mite les  deux  colonnes  du  texte  ;  elle  est  agréablement  historiée,,  car  on 
y  voit  une  femme  pinçant  une  sorte  de  guitare,  un  homme  jouant  du 
violon,  un  autre  s'amusani  avec  un  écureuil,  un  combat  singulier,  enfin 
des  quadrupèdes  et  des  oiseaux. 

Le  prêtre  agenouillé,  que  représente  la  miniature  de  cette  page, 
nous  offre  probablement  l'image  de  celui  pour  qui  ce  beau  manuscrit  a 
été  exécuté,  et  qui  était  sans  doute  un  des  dignitaires  de  Téglise  de  Paris. 
Au  bas  de  la  page,  sont  peintes  ces  armoiries  ayant  appartenu  à  nn  des 
possesseurs  ultérieurs  de  ce  missel  :  Êcartelé  :  au  !•',  d'azur  à  troU  ehan- 
deliers  d'or,  celui  du  milieu  surmonté  d'une  étoile  atissi  d'or;  au  2«,  d^or  à 
un  chevron  d'azur,  accompagné  en  pointe  d'une  ancre  de  sable;  au  chef 
d'azur  chargé  de  trois  étoiles  d'or;  au  3®,  d'azur  à  trois  têtes  de  léopard 
d'or,  au  4®,  d'azur  à  un  chevron  d'argent  accompagné  de  trois  griffons 
d'or.  Supports  :  deux  dauphins. 

Les  autres  miniatures,  renfermées  aussi  le  plus  souvent  dans  des  ini- 
tiales, sont  au  nombre  de  dix-sept.  Leurs  dimensions  varient  entre  41  et 
50  millim.  de  largeur  et  38  à  49  millim.  de  hauteur.  En  voici  les  sujets: 
1°  la  Nativité;  la  sainte  Vierge  allaite  l'Enfant  Jésus  couché  à  côté  d'elle 
(f.  17  r»)  ;  —  2«  l'Adm-ation  des  Mages  (f.  19  r«)  ;  —  3»  un  Prêtre  célébrant  la 
messe  (f.  111  r^)  ;  —  4<^  une  Sainte  tenant  de  la  main  gauche  le  calice 
surmonté  d'une  hostie,  et  de  la  droite,  une  croix  à  banderole;  c'est  peut- 
être  sainte  Aure,  l'une  des  patronnes  de  Paris  ;  à  côté  d'elle  se  tient  debout 
une  jeune  fille,  avec  un  bandeau  sur  les  yeux;  —  5°  la  Résurrection  de 
Jésus-Christ  (f.  118  r*>);  —  e»  l'Ascension  (f.  131  v»);  —  7®  la  Descente  du 
Saint-Esprit  {f.  136r°);  —  8°  la  Sainte  Trinité  (f.  141  r«);  —  9<»  le  Martyre 
de  saint  André  (f.  182  r*»);  —  10°  la  Présentation  de  l'Enfant  Jésus  au 
Temple  (f.  192  r°);  —  11°  V Annonciation  à  la  sainte  Vierge  (f.  195  r«); 
—  12°  la  Naissance  de  saint  Jean-Baptiste  (f.  202  r°);  —  13®  le  Martin  de 
saint  Laurent  (f.  212  r°);  —  14°  la  Mort  de  la  Vierge  (f.  214 1*);  —  4  3*  la 
Naissance  de  la  sainte  Vierge  (f.  219  r°);  —  16°  le  Martffre  de  saint 
Denis  et  dé  ses  compagnons  (f.  225  r°);  —  17°  le  Service  des  trépassés 
(f.  256  r°). 

Toutes  ces  miniatures  sont  peintes  avec  une  grande  finesse,  sur  des  fonds 
quadrillés  ou  diaprés,  en  or  et  en  couleurs  ;  à  chacune  d'elles  se  rattachent 
des  appendices  à  feuillages  qui  courent  dans  les  deux  sens,  le  long  des 
colonnes  du  texte,  et  dans  les  branchages  desquels  l'artiste  a  logé  une 
foule  de  petits  sujets  de  genre,  traités  avec  beaucoup  de  verve,  et  tout 
un  monde  réel  et  fantastique  de  créatures. 

On  y  trouve,  en  outre,  une  quarantaine  de  belles  initiales  enluminées, 
avec  appendices  feuillages,  et  plusieurs  milliers  de  charmantes  initiales 
de  toutes  les  grandeurs,  peintes  en  or  ou  en  couleurs  sur  des  fonds  dia- 
prés. Il  y  a  aussi  un  certain  nombre  de  pages  de  plain-chant. 

L'exécution  de  ce  beau  spécimen  de  l'art  français  doit  remonter  à  la 
première  moitié  du  XIV°  siècle.  La  calligraphie  et  le  style  des  miniatiires 
offrent  une  analogie  frappante  avec  le  beau  livre  d'heures  ay&nt  appartenu 
à  Louis  II,  duc  d'Anjou,  et  qui  est  aujourd'hui  un  des  ornements  de  notre 
Bibliothèque  nationale. 

Sa  conservation  ne  laisse  rien  à  désirer. 


THÉOLOGIE.  43 

17.  MISSEL  DE  CHARLES  VI.  —  In-fol.,  de  364  ff-,  dont 
les  deux  premiers  et  les  quatre  derniers  sont  blancs;  mi- 
niatures, bordures,  lettres  ornées;  ais  de  bois  recouverts 
de  velours  vert,  dos  en  maroq.  brun,  tr.  dor.,  coins  et 
fermoirs  en  argent  ciselé  {^nc.  rel.). 

Merveilleux  manuscrit  sur  vélin,  exécuté  au  commencement  du  XV® 
siècle  pour  CHARLES  VI,  roi  de  France,  et  ayant  successivement  appar- 
tenu à  sa  fille  Catherine,  femme  d'HENRi  V,  roi  d'Angleterre,  et  à  leurs 
descendants  Henri  VI,  Henri  VII  et  Henri  VIII. 

Il  est  unique  en  son  genre,  et  il  en  existe  très  peu  d'aussi  richement 
illustrés.  En  effet,  il  contient,  outre  deux  frontispices,  à  pleine  page,  cent 

SEPT  grandes  et  QUATRE  CENT  VINGT-HUIT   PETITES   MINIATURES,  SanS   COmptcr 

les  bordures  d'encadrement  et  un  nombre  infini  d'initiales  enluminées. 
Dans  l'impossibilité  d'accorder  ici  la  place  nécessaire  à  la  description 
détaillée  de  toutes  ces  peintures,  nous  nous  bornerons  à  donner  l'in- 
dication des  sujets  des  grandes  miniatures,  nous  réservant  cependant  d'en 
signaler  quelques  autres  accidentellement. 

Le  volume  mesure  trente-six  centimètres  et  demi  de  hauteur,  sur  vingt- 
six  centimètres  de  largeur. 

La  première  page  offre  l'intérieur  d'une  salle  tapissée  d'une  étoffe 
bleue  avec  un  semis  de  ronds  renfermant  alternativement  des  initiales  K 
et  des  fleurs  de  lis  ;  une  table,  adossée  au  mur  et  couverte  d'un  tapis  vert, 
garnit  les  trois  côtés  de  la  salle,  au  milieu  de  laquelle  se  dresse  un  pilier 
surmonté  d'un  écusson  aux  armes  de  France  soutenu  par  un  ange,  qui 
tient  aussi  une  banderole  rouge  avec  cette  inscription  en  lettres  d'or  : 
KAROLUS  VI,  REX  FRANCIAE.  Au  piédestal  de  ce  pilier  est  attaché  un 
écu  aux  armes  de  Charles  VI  accolées  à  celles  de  sa  femme,  Isabeau  de 
Bavière.  Aux  deux  autres  piliers  latéraux  sont  fixés,  à  gauche,  les  écus- 
sons  de  six  grands  feudataires  de  la  couronne  :  le  duc  de  Bourgogne,  le 
duc  d'Aquitaine,  le  duc  de  Normandie,  le  comte  de  Flandre,  le  comte  de 
Champagne  et  le  comte  de  Toulouse  ;  à  droite,  ceux  de  six  duchés-pairies 
ecclésiastiques  :  Reims,  Langres,  Laon,  Beauvais,  Noyon  et  Châlons.  Le 
premier  écusson  de  chacune  de  ces  deux  séries  est  tenu  par  un  ange  ; 
tous  les  douze  sont  accompagnés  de  banderoles  rouges  portant,  en  latin, 
en  lettres  d'or,  la  désignation  de  la  qualité  de  chacun  de  ces  dignitaires 
laïques  et  ecclésiastiques.  Les  éci'ssons,  les  piliers  et  les  bustes  d'anges 
sont  peints  en  camaïeu  d'or. 

Certains  indices  démontrent  que  ce  frontispice  n'est  pas  contemporain 
du  manuscrit.  On  y  voit  la  main  d'un  peintre  peu  habile  du  XVII**  siècle, 
mais  l'ordonnance  de  la  composition  est  bien  dans  le  style  du  XV®  siècle. 
Évidemment  c'est  une  copie  un  peu  modernisée  de  la  page  primitive, 
qui,  en  raison  de  sa  place  en  tête  du  volume,  était  plus  exposée  que 
d'autres  et  a  sans  doute  subi  des  dégradations  assez  fories  pour  engager 
leurs  propriétaires  (on  verra  plus  loin  de  qui  nous  voulons  parler)  à  en 
faire  faire  un  fac-similé,  afin  de  conserver  le  souvenir  de  cette  haute 
provenance.  Des  juges  compétents  sont  d'accord  sur  ce  point. 

Le  feuillet  suivant  offre  au  recto  une  autre  peinture  à  pleine  page.  Au 


44  MANUSCRITS. 

centre  d'un  riche  encadrement  est  représenté  un  Tabernacle,  simulant  une 
œuTre  d'orfèvrerie  dans  le  style  gothique  fleuri,  avec  l'exposition  du  Saint- 
Sacrement.  Le  fond  en  est  garni  d'une  étoffe  rouge  avec  un  semis  de  fleurs 
de  lis.  Au  bas  de  ce  monument  on  lit  ces  mots  en  lettres  d'or:  VOf/ice  de 
la  messe.  Le  cadre,  de  forme  rectangulaire,  se  compose  de  quatre  bor- 
dures de  rinceaux  de  feuillage,  reliés  aux  quatre  coins  par  des  carrés  à 
fond  rouge  avec  ornements  architecturaux  en  camaïeu  d'or  rehaussés  de 
perles  et  de  pierreries.  Au-dessus  de  l'encadrement  se  développe  un 
vigoureux  rinceau  auquel,  de  chaque  côté  de  la  page,  est  attaché  un  cha- 
pelet, terminé  l'un  par  deux  médailles,  l'autre  par  une  croix,  le  tout  peint 
en  camaïeu  d'or.  Dans  la  bordure,  à  gauche  du  Tabernacle,  sont  les 
armes  du  roi  Henri  Y  d'Angleterre  {écartelé  de  France  et  d'Angleterre),  et, 
du  côté  opposé,  sous  forme  de  losange,  celles  de  sa  femme,  Catherine  de 
Valois  {parti  :  au  i«',  écartelé  de  France  et  d'Angleterre;  au  2®,  de  France).- 
Ce  feuillet  a  été  ajouté  après  coup  ;  les  rinceaux  d'ornements  sont  de 
même  style  que  ceux  de  toutes  les  autres  bordures  des  pages,  mais  l'en- 
semble de  la  composition  accuse  la  main  d'un  artiste  d'une  école  dif- 
férente. 

Les  trois  feuillets  suivants  contiennent  une  table  'pour  trouver  les  offices 
chascun  jour  par  an  ;  elle  est  terminée  par  la  messe  de  saint  Loys  roy  de 
France. 

Les  grandes  miniatures  commencent  dès  la  page  suivante.  En  voici 
les  sujets  :  1«  V Entrée  de  Jésus  à  Jérusalem  (f.  6  r«); —  2^  Jésus  prédit  à  ses 
disciples  la  destruction  de  Jérusalem ,  qui  sera  annoncée  par  des  prodiges 
dans  le  soleil,  dans  la  lune  et  dans  les  étoiles  (f.  7  r«);  —  3®  JésuS'Christ 
reçoit  les  deux  disciples  envoyés  par  Jean-Baptiste  pour  savoir  si  c'est  lui 
qui  est  le  Messie  (f.  9  r*>);  —  4°  saint  Jean-Baptiste  parle  aux  sacrifica- 
teurs et  aux  lévites  envoyés  par  les  Juifs  de  Jérusalem  pour  lui  demander 
qui  il  était  (f.  16  v»);  —  K»  la  Nativité  (f.  22  r«);  —  6»  la  Circùneision 
(f.  25  r«)  ;  —  7'>  V Adoration  des  Mages  (f .  27  r»)  ;  —  8»  Mirack  de  Jésus  aua 
noces  de  Cana  (f.  31  r°)  ;  —  9°  Jésus  guérit  un  lépreux  (f.  32  v*);  —  10«  Jésus 
explique  à  ses  disciples  la  parabole  des  ouvriers  envoyés  à  la  vigne  {t.  35  v*); 

—  11°  la  Parabole  du  semeur  (f.  38  r*>);  —  12°  Jésus  erUre  avec  ses  disciples 
à  Jérusalem  (f.  40  v°);  —  13°  Jésus  tenté  par  le  démon  (f.  48  r»); — 
14'»  Jésus  dans  une  me  de  Jérusalem  (f.  51  v«);  —  \  5«  Jésus  se  rend  à  Jérusalem 
pour  la  fête  de  la  Pâque  (f.  56  r<>);  —  16Ma  Transfiguration  (f.  58  r»);  — 

'17'»  la  Chananéenne  va  au-devant  de  Jésus  suivi  de  ses  disciples  (f.  61  v«); 

—  180  Jésus  aux  abords  de  Jérusalem  en  compagnie  de  ses  disciples  (f.  66  t*)  ; 

—  190  le  Mauvais  riche  et  Lazare  (f.  67  v*»);  —  20®  le  Départ  de  VEnfùiit 
p7'odigue  (f.  71  v°); —  21  <»  Jésus  guérit  un  possédé  muet  (f.  74  r*);  —  22*  Jésvs 
répond  aux  Nazaréens  que  nul  n'est  prophète  dans  son  pays  (f.  76  t*)\ 

—  23*  Jésus  guérit  la  belle-mère  de  saint  Pierre  (f.  81  r®);  —  24* /élut  ei  la 
Samaritaine  (f.  82  v»)  ;  —  25o  Jésus  ])réche  au  Temple  (f .  85  r«)  ;  —  Î6«  Jésus 
avec  ses  disciples  dans  le  désert  au-delà  du  lac  de  Tibériade  (f.  88  ▼•);  — 
270  Jésus  guérit  un  aveugle  (f.  93  v<»)  ;  —  28°  Jésus  ressuscite  lefiU  delà  veune 
de  Naim  (f .  96  v»)  ;  —  29«»  la  Résurrection  de  Lazare  (f .  98  v»)  ;  —  30»  Jésus 
discute  avec  les  princes  de  la  Syriagogue  (î,  102  v*);  —  31*»  la  Pécheresse  mm 
pieds  de  Jésus  (f.  108  v<»);  —  32°  Marie-Madeleine  répand  despar/kms  sur 
la  tête  de  Jésus  (f.  113  r»);  —  33»  Marie-Madeleine  oint  les  pieds  de  Jésus 


THÉOLOGIE.  45 

(f.  119  yo);  —  34«  la  Cène  (f.  122  r«);  —  35«  Judos  reçoit  le  prix  de  sa  tra- 
hison (f.  127  r^);  —  36°  Jésus  à  table  avec  les  Apôtres  et  le  Lavement  des 
pieds  (f.  133  v°);  —  37»  le  Calvaire  (f.  135  v»);  —  38«  la  Résurrection 
(f.  153  r°);  —  39'»  Y  Apparition  de  Jésus  aux  disciples  d'Emmaùs  (f.  154  v<>); 

—  40®  l'Apparition  de  Jéstis  atix  Apôtres  (f.  1 56  v»)  ;  —  41  »  l'Appanïion  de 
Jésus  aiut  bords  du  lac  de  Tibériade  (fol.  158  \^)  ;  —  42<>  Marie-Madeleine  au 
tombeau  du  Christ  gardé  par  deux  anges  (f .  1 60  v*>)  ;  —  43«  l'Entrevue  de 
Jésus  avec  les  Apôtres  en  Galilée  (f .  1 62  v«)  ;  —  44°  Marie-Madeleine  devant 
le  tombeau  vide  du  Christ  (f.  164  r°);  —  45°  l'Incrédulité  de  saint  Thomas 
(f.  165  v°);  — 46°  l'Ascension  (f.  175  r°);—  47°  la  Descente  du  Saint- 
Esprit  (f.  1 83  r°)  ;  —  48°  Jésus  au  milieu  des  docteurs  (f.  189  v°)  ;  —  49°  Jésus 
entre  chez  saint  Pierre  (f.  191  r°);  —  50°  la  Sainte  Trinité  (f.  195  r°);  — 
51°  le  Mauvais  riche  et  Lazare  (f.  196  v°);  —  52°  Jésus  au  bord  du  lac  de 
Tibériade  (f.  202  r°)  ;  —  53°  Jésus  dans  le  désert  avec  ses  disciples  et  une 
foule  de  peuple  (f.  205  r°)  ;  —  54°  Jésus  s'approche  de  Jérusalem  (f.  209  r°)  ; 

—  55°  Jésus  guérit  un  sourd-muet  (f.  212  r°);  —  56°  Jésus  guérit  dix  lépreux 
(f.  215  r°);  —  57°  JéSTis  ressuscite  le  fUs  de  la  veuve  de  Naîm  (f.  218  r°);  — 
58°  Jésus  guérit  un  enfant  lunatique  (f.  220  v°)  ;  —  59°  un  Homme  (  ?  saint 
Jean-Baptiste)  est  amené  par  des  gens  d'armes  devant  un  roi  (f.  223  r°)  ;  — 
60°  Jésus  guérit  un  paralytique  (f.  229  v°);  —  61°  Jésus  retourne  en  Galilée 
(f .  232  r°)  ;  —  62°  Jésus  ressuscite  la  fille  de  Jaîr  (f.  236  r°)  ;  —  63°  Jésus 
au  désert  et  la  multiplication  des  pains  (f.  237  r°)  ;  —  64°  Jésus  et  Zachée 
(f.  238  v°)  ;  —  65°  le  Martyre  de  saint  André  (f .  242  r°)  ;  —  66°  un  Saint 
reçoit  de  l'ai;gent  de  la  main  d'un  riche  seigneur  (f.  244  v°)  ;  —  67°  le  Martyre 
de  saint  Etienne  (f.  245  v°)  ;  —  68°  les  Miracles  de  saint  Jean  l'évangéliste 
(f.  247  r°)  ;  —  69°  Hérode  donne  à  ses  soldats  l'ordre  de  massacrer  tous  les 
nouveau-nés  (f.  248  v°)  ;  — -  70°  le  Martyre  de  saint  Sébastien  (f.  253  v°)  ;  — 
71°  Jésus,  suivi  d'une  foule,  rencontre  plusieurs  hommes  à  cheval  (f.  255  r°); 

—  72°  saint  Paul  sur  le  chemin  de  Damas  (f.  256  r°);  —  73°  la  Présentation 
de  l'Enfant  Jésus  au  Temple  (f.  258  v°)  ;  —  74°  la  Prédication  de  saint  Pierre 
(f.  261  r°);  —  75°  la  Descente  du  Saint-Esprit  (f.  262  v°);  —  76°  ÏAîinon- 
ciation  (f.  264  v°)  ;  —  77°  saint  Philippe  l'apôire  ressuscitant  ceux  qui  avaient 
été  tués  par  un  dragon  (f.  268  v°)  ;  —  78°  l'Empereur  Constantin  à  cheval, 
précédé  et  suivi  de  nombreux  cavaliers,  se  rend  pour  recevoir  le  morceau  de 
la  sainte  croix  que  lui  envoie  sa  mère,  sainte  Hélène  (f.  270  r°)  ;  —  79°  le 
Martyre  de  saint  Jean  à  la  Porte  Latine  (f.  272  r°)  ;  —  80°  saint  Barnabe 
(f.  273  r°); —  81°  la  Circoncision  de  saint  Jean-Baptiste  (f.  276  r°);  — 
82°  'saint  Pierre  et  saint  Paul  (f.  279  v°);  — .83°  sainte  Marguerite  devant 
le  juge  (f.  284  r°)  ;  —  84°  l'Apparition  de  Jésus  à  Marie-Madeleine  (f.  285  r°); 
— ^  85°  saint  Jacques  l'apôtre  devant  le  juge  (f.  287  r°)  ;  —  86°  le  Martyre  de 
saint  Jacques  l'apôtre  (f.  288  r°)  ;  —  87°  le  Martyre  de  saint  Laurefit  (f.  291  r°)  ; 

—  88°  la  Mort  de  la  Vierge  (f.  293  v°)  ;  —  89°  saint  Barthélémy  (f.  295  r°);  — 
90°  Salomé  apporte  à  sa  mère  la  tête  de  saint  Jean-Baptiste  (f.  297  r°)  ;  — 
91°  saint  Joachim,  accompagné  de  son  épouse,  vient  au  Temple  offrir  un 
agneau  au  Seigneur  (f.  298  v°)  ;  —  92°  VEmpereur  Uà^aclius  transporte  à 
Constantinople  la  portion  de  la  croix  laissée  à  Jérusalem  par  sainte  Hélène 
(f.  300  v°)  ;  —  93°  saint  Matthieu  mettant  en  fuite  deux  dragons  que  des 
magiciens  avaient  évoqués  (f .  303  r°)  ;  —  94°  saint  Maurice  et  ses  compa- 
gnons (f.  30i  r°);  —  95°  l'Archange  Michel  terrassant  le  dragon  (f.  305  v°); 


46  MANUSCRITS. 

—  96«  saint  François  aux  stygmates  (f.  308  ro);  —  97*  le  Martyre  de  saint 
Denis  et  dl  ses  compagnons  (f.  309  r«);  —  98»  saint  Luc  (f.  310  r<»);  — 
99°  saint  Simon  Vapôtre  (f.  312  r»);  —  iOO»  la  Toussaint  (f.  314  ▼•);  — 
lOlo  la  Commémoration  des  morts  (f.  316  r«);  —  102»  saint  Jtfartm  de 
Tours  (f.  317  ¥<>);  —  103»  sainte  Cathanne  et  son  martyre  (f.  319  v»);  — 
104°  wn  Apôfre  écrivant  une  épître,  et  dans  un  autre  conft)artiment  un 
groupe  d'hommes  assistant  à  la  lecture  de  Fépltre  (f.  320  v»);  — 
105»  un  Groupe  de  saints  (f.  322  v»);  —  106»  deux  Saints  se  livrant  à 
l'étude  des  livres  sacrés  (f.  326  v»);  —  107»  le  Martyre  de  sainte  Catherine 
(f.  330  r»). 

Toutes  ces  grandes  peintures  ont,  en  général,  i63  millimètres  de  lar- 
geur sur  123  millimètres  de  hauteur. 

Les  pages  qui  les  contiennent  sont  entourées  d'encadrements  très 
variés  où  de  beaux  rinceaux,  peints  en  or  et  en  azur,  sont  entremêlés  de 
nombreux  spécimens  de  la  flore.  Dans  chacune  de  ses  bordures  sont  pla- 
cées quatre  petites  miniatures,  deux  dans  la  marge  extérieure  et  deux 
dans  la  marge  inférieure.  Les  premières,  toujours  de  forme  rectangulaire, 
ont  de  65  à  70  millimètres  de  hauteur  sur  45  à  53  millimètres  de  largeur; 
les  autres  sont  le  plus  souvent  renfermées  dans  des  médaillons  d'environ 
60  millimètres  de  diamètre.  Leurs  sujets  sont  en  rapport  intime  avec  ceux 
des  grandes  miniatures.  En  général,  ces  petits  tableaux  offrent  les  épi- 
sodes successifs  du  sujet  principal,  comme  par  exemple  dans  Tadmirable 
page  du  f.  218,  où  la  grande  miniature  représente  Jésus  suivi  de  ses  dis- 
ciples au  moment  où  il  rencontre  une  veuve  éplorée  deNaîm,  qui  accom- 
pagne^e  porteur  d'un  petit  cercueil  renfermant  le  corps  de  son  unique 
•  enfant,  tandis  que  les  miniatures  complémentaires  représentent  :  la  pre- 
mière, Jésus  consolant  la  mère  désolée;  la  seconde,  Jésus  touchant  le 
cercueil;  la  troisième,  la  résurrection  du  petit  garçon;  la  quatrième, 
enfin,  son  départ  avec  sa  mère.  Quelquefois,  lorsque  la  scène  principale 
ne  comporte  pas  de  développements,  les  miniatures  marginales  em- 
pruntent leurs  sujets  à  cette  partie  de  l'Ancien  Testament  qui  se  rapporte 
à  l'office  du  jour. 

L'ensemble  de  ces  peintures  offre,  comme  on  a  pu  le  constater,  une 
iconologie  presque  complète  du  Nouveau  Testament,  et  une  série  consi- 
dérable de  sujets  tirés  de  la  Vie  des  saints;  certaines  de  ces  composi- 
tions ne  se  rencontrent  peut-être  nulle  part  ailleurs.  On  remarque  aussi 
que  le  môme  sujet  est  représenté  deux  ou  trois  fois,  par  cette  raison  bien 
simple  que  le  môme  fait  étant  rapporté  dans  plusieurs  évangiles  revient 
presque  autant  de  fois  dans  les  offices  des  divers  jours  de  l'année,  et  que 
c'est  révangile  du  jour  qui  fournit  le  sujet  de  l'illustration  de  la  page 
respective  pour  la  partie  touchant  le  Nouveau  Testament. 

Trois  artistes  au  moins,  d'un  talent  inégal,  ont  concouru  à  rexécotion 
de  ces  belles  peintures,  mais  l'un  deux  a  eu  la  plus  grosse  part.  Le  chan* 
gcment  de  main  est  facile  à  constater  danscelles  des  ff.  108,  189, 205,209, 
215,  220,  etc.,  d'une  part,  et  dans  celles  des  ff.  195  et  304  de  l'autre.  Les 
qualités  brillantes  de  l'école  de  Touraine  s'y  développent  dans  toute  leur 
plénitude  :  on  y  sent  le  pinceau  des  prédécesseurs  immédiats  de  Jehan 
Fouquet.  Chaque  peinture  est  un  tableau  achevé,  plein  de  vie  et  de  mou- 
vement :  tout  y  est  bien  conçu,  bien  ordonné,  et  rarement  à  cette  époque 


THÉOLOGIE.  47 

ou  voit  une  aussi  merveilleuse  intelligence  de  la  composition.  Rien  n'est 
banal  ici  :  chaque  figure  a  une  physionomie  individuelle,  une  attitude 
propre  au  rôle  qui  lui  est  assigné  et  la  place  qui  lui  convient  dans  l'en- 
semble. Les  têtes,  très  expressives,  sont  en  général  étudiées  avec  beau- 
coup de  soin;  tout  y  est  souple,  naturel,  sans  affectation.  La  science  du 
dessin  y  est  prodigieuse,  surtout  dans  la  représentation  du  nu  et  des  rac- 
courcis, ainsi  que  dans  la  perspective  :  on  voit  bien  que  les  artistes 
avaient  étudié  la  nature  à  fond.  Chacune  de  ces  scènes  est  placée  dans  un 
milieu  qui  la  fait  valoir  et  en  rehausse*le  mérite.  Se  passe-t-elle  dans  un 
intérieur,  aussitôt  nous  voyons  une  décoration  architecturale  d'une  grande 
richesse  ou  d'une  simplicité  pleine  de  charme  ;  a-t-elle  pour  théâtre  une 
rue,  une  place  publique,  notre  regard  est  attiré  par  de  beaux  monuments 
d'architecture;  mais  lorsqu'elle  est  placée  en  pleine  campagne,  l'artiste 
se  plaît,  la  plupart  du  temps,  à  accumuler  devant  nos  yeux  toutes  les 
splendeurs  de  la  nature  savamment  combinées  avec  des  chefs-d'œuvre  de 
l'art  monumental.  On  ne  se  lasse  pas  d'admirer  ces  beaux  paysages 
de  la  Touraine,  leur  luxuriante  verdure,  leurs  cours  d'eau  sinueux,  leurs 
douces  ondulations  de  terrain,  leurs  châteaux  forts  avec  leurs  tours  im- 
posantes et  leurs  gracieuses  tourelles,  leurs  villes  si  charmantes  avec  leurs 
clochetons  découpés  à  jour  et  les  flèches  de  leurs  églises  qui  pointent  vers 
le  ciel,  enfin  leurs  lointains  azurés  pleins  d'une  douce  poésie.  Tout  y  est 
traité  avec  amour  et  avec  un  rare  sentiment  du  pittoresque.  Les  mêmes 
qualités  se  retrouvent  dans  les  miniatures  marginales.  Parmi  ces  der- 
nières, un  grand  nombre  sont  d'une  finesse  exceptionnelle,  vu  la  petitesse 
du  cadre,  et  nous  nous  bornerons  à  signaler  un  ravissant  busta  de  sainte 
Vierge,  qu'on  croirait  volontiers  être  un  portrait,  buste  qui  accompagne 
le  tableau  de  la  Salutation  angélique  (f.  264).  Ailleurs,  l'artiste  donne  un 
libre  cours  à  sa  fantaisie,  comme  au  f.  io8,  où  il  nous  fait  voir  deux 
apôtres  occupés  à  faire  cuire  du  poisson  sur  un  gril,  et  auf.  196,  où  il  a 
représenté  deux  diablotins  emportant  dans  une  brouette  l'âme  du  mau- 
vais riche.  Un  certain  nombre  de  ces  miniatures  marginales  sont  peintes 
en  cam^eu  d'or  (ff.  189,  205,  209). 

Que  dire  maintenant  du  coloris?  Il  est  éclatant  sans  cesser  d'être  har- 
monieux. Le  Christ  porte  toujours  une  robe  en  drap  d'or,  et  ce  métal  a 
partout  été  employé  à  profusion  pour  marquer  les  parties  lumineuses. 
De  là  une  splendeur  sans  pareille. 

Bref,  c'est  plus  qu'un  beau  manuscrit  :  c'est  un  riche  musée,  et  d'autant 
plus  intéressant  qu'on  y  trouve  une  représentation  fidèle  et  très  variée  des 
monuments  d'architecture,  du  mobilier,  des  armures  et  des  costumes  de 
l'époque.  On  aura  une  idée  de  la  disposition  des  pages  ornées  de  peintures, 
ainsi  que  de  la  b^uté  du  dessin,  par  l'examen  de  la  reproduction  au 
trait,  en  grandeur  de  l'original,  de  celle  du  f.  297  r<*,  qu'on  trouvera  au 
catalogue  illustré,  et  qui  offre  au  centre  la  magnifique  miniature  repré- 
sentant Salomé  apportant  à  Hérodiade  la  tête  de  Jean- Baptiste, 

On  ne  saurait  assez  regretter  d'ignorer  les  noms  des  grands  artistes  à 
qui  nous  devons  ce  chef-d'œuvre.  Les  documents  recueillis  sur  les  peintres 
de  l'école  de  Touraine  ne  remontent  pas  plus  haut  qu'aux  dernières  an- 
nées du  XIV®  siècle  et  ne  fournissent  que  peu  de  renseignements  relatifs  à 
la  peinture  des  manuscrits.  Une  comparaison  attentive  de  nos  miniatures 


48  MANUSCRITS. 

avec  les  chefs-d'œuvre  de  Jehan  Fouquet  démontre  sarabondammeut 
qu'elles  sont  sorties  des  mains  des  maîtres  à  Técole  desquels  a  dû  se  for- 
mer le  célèbre  artiste  tourangeau.  Nous  appelons,  à  cet  égard,  l'attention 
sur  le  Crucifiement  de  notre  manuscrit  (f.  135).  On  pourra  d'ailleurs  faire 
sur  ce  chapitre  plus  d'un  rapprochement  instructif,  notamment  dans  la 
décoration  architecturale  et  dans  les  riches  armures  des  guerriers. 

La  date  de  son  exécution  ne  saurait  être  fixée  d'une  manière  précise. 
La  double  représentation  du  martyre  de  sainte  Catherine  (ff.  31 9  et  330) 
porterait  à  croire  qu'il  a  été  commandé  à  l'occasion  du  mariage  de  Ca- 
therine de  Valois,  dernière  fille  du  roi  Charles  VI,  avec  le  roi  Henri  V 
d'Angleterre,  mariage  célébré  en  1420.  On  a  déjà  vu  que  le  second  fron- 
tispice constate  cette  provenance,  qui  sera  encore  appuyée  par  des  ren- 
seignements relatifs  aux  destinées  ultérieures  de  ce  manuscrit.  Son  ori- 
gine royale  est  en  outre  attestée  dans  nos  peintures  par  la  présence  assez 
fréquente  des  fleurs  de  lis,  pièces  héraldiques  qui  n'ont  nullement  id  le 
caractère  purement  décoratif,  comme  cela  se  voit  dans  beaucoup  de 
manuscrits.  Sur  les  frises  de  plusieurs  intérieurs,  on  remarque  des 
inscriptions  énigmatiques  qui  n'ont  aucun  rapport  avec  le  sujet  repré- 
senté, et  où  l'on  serait  tenté  de  voir  les  signatures  des  artistes.  Cette 
particularité  est  surtout  sensible  au  f.  229,  où,  dans  la  seconde  mi- 
niature marginale,  sur  une  frise,  on  lit  une  série  de  monogrammes 
dont  voici  à  peu  près  la  transcription  ;  NBR.  NBR'.  N.  PEEUNBL,  et, 
à  la  suite,  quatre  signes  où  Ton  peut  voir  hardiment  la  date  de  1422 
enchiifres  du  temps,  suivis  des  initiales  AN  liées  {?anno).  Si  cela  est  exact, 
il  faudrait  en  conclure  que  le  volume,  commencé  avant  le  mariage  de 
Catherine,  n'aurait  été  terminé  que  cette  année-là  et  adressé  immédia- 
tement à  la  reine  d'Angleterre,  puisqu'il  ne  figure  pas  dans  rinventaîre 
'  de  la  bibliothèque  de  Charles  VI,  dressé  en  1423,  après  le  décès  de  ce 
prince,  par  ordre  du  régent,  duc  de  Bedford. 

II  nous  reste  encore  à  noter  que  le  texte  de  ce  missel,  écrit  en  belles 
lettres  gothiques,  avec  les  titres  en  vermillon,  et  orné  d'un  nombre  infini 
d'initiales,  petites  ou  grandes,  peintes  en  or  et  en  couleurs,  est  mdére- 
ment  en  français,  sauf  le  rappel  des  premiers  mots  des  oraisons,  épltres, 
évangiles,  etc.,  dont  il  est  donné  ici  une  traduction  complète.  Voilà  donc, 
indépendamment  de  sa  valeur  artistique,  un  monument  précieux  pour  la 
langue  française  du  XI V*'  siècle,  et  probablement  unique  dans  ce  genre. 

Ce  précieux  manuscrit  provient  de  la  célèbre  abbaye  de  Tongerioo,  de 
l'ordre  des  Prémontrés,  en  Belgique,  et  voici  son  odyssée.  Après  la  mort 
de  la  reine  Catherine,  en  1438,  il  devint  la  propriété  de  son  fils,  Henri  VI, 
et  fut  déposé  à  White-Hall.  Lors  du  schisme  sous  Henri  VIII,  il  foi  trans- 
porté à  Anvers  par  un  nommé  Gilles,  et  vendu,  en  1545,  aux  religieux 
de  l'abbaye  de  Tongerioo  par  les  héritiers  de  Jean  Legrand,  avec  une 
copie  de  la  Cène  exécutée  par  Léonard  de  Vinci  pour  Henri  YM.  Notre 
missel  y  resta  jusqu'au  mois  de  juin  1869.  A  cette  date,  ses  pieux 
possesseurs,  désireux  d'envoyer  au  souverain  Pontife  une  sommé  d'nne 
certaine  importance,  se  décidèrent,  non  sans  regret,  à  aliéner  ee  trésor. 
Averti  de  cette  résolution,  M.  Bachelin  réussit  à  conclure  le  marché  quel- 
ques heures  seulement  avant  l'arrivée  de  feu  l'honorable  M.  Boone,  libraire 
de  Londres,  chargé  de  l'acquérir  pour  un  célèbre  bibliophile  anglais. 


THEOLOGIE.  49 

M;  Bachelin  le  céda  ensuite,  à  un  prix  très  élevé,  à  M.  Didot;  c'est,  du 
reste,  un  des  joyaux  de  cette  riche  collection. 

M.  Didot  a  fait  refaire  le  dos  de  la  reliure,  passablement  dégradé,  et, 
sous  le  velours  qui  recouvre  les  plats,  on  a  trouvé  la  couverture  antérieure, 
en  veau  brun,  à  compartiments  à  filets,  portant  à  leur  centre  des  médail- 
lons allongés  avec  la  représentation  de  Jésus  en  croix;  ces  couvertures 
ont  été  placées  à  l'intérieur  des  plats.  Les  larges  ornements  des  coins, 
découpés  en  argent  ciselé,  ainsi  que  les  fermoirs  avec  six  petits  sujets 
représentant  les  quatre  évangélistes,  l'Annonciation  et  la  Nativité,  portent 
en  dedans  la  date  de  1610. 

'     Qu'il  nous  soit  permis  d'exprimer  ici  le  vœu  que  cet  admirable  volume, 
d'une  conservation  et  d'une  fraîcheur  exceptionnelles,  réintégré  enfin 
;       dans  sa  patrie,  après  plus  de  quatre  siècles  de  pérégrinations,  ne  reprenne 
plus  le  chemin  de  l'étranger. 

18,  MISSALE  ECCLESI^  TURONENSIS.  —  In  fol.  à  2  col., 
de  170  ff.,  dont  9  blancs;  miniatures,  bordures  et 
lettres  ornées  ;  velours  violet,  tr.  dor.  et  cis.  ;  dans  une 
boîte-étui. 

Superbe  missel  de  I'église  de  Tours,  sur  vélin,  exécuté  en  France  au 
commencement  du  XVI®  siècle. 

Il  est  d'une  magnifique  écriture  gothique,  sur  un  vélin  d'une  beauté  et 
d'une  conservation  admirables.  Les  deux  premiers  feuillets  contiennent 
une  table  des  matières  {Sequntur  misse  de  tempore  que  continentur  in  hoc 
libro,  etc.). 

Ce  qui  le  rend  surtout  précieux,  c'est  son  illustration  consistant  en 
SIX-  GRANDES  MINIATURES  et  DIX-HUIT  PETITES,  saus  comptcr  Ics  ravissautcs 
bordures  et  lettres  ornées. 

La  première  de  ces  grandes  compositions  (f.  8  r°)  occupe  presque  la 
moitié  de  la  page  (H.  :  G"»,! 50;  L.  ;  0^,195,  cadre  non  compris)  et  repré- 
sente la  Nativité.  Dans  cette  belle  composition,  à  la  fois  naïve  et  poétique, 
l'enfant  Jésus  est  couché  dans  une  auge  posée  par  terre,  et  autour  de  la- 
quelle sont  agenouillés  six  anges  aux  ailes  et  aux  vêtements  bleus.  A 
leurs  côtés,  la  Vierge  et  saint  Joseph,  un  genou  à  terre,  sont  absorbés  dans 
une  douce  contemplation.  Six  autres  anges,  aux  ailes  et  aux  vêtements 
rosés,  planent  dans  les  airs  au-dessus  de  cette  scène.  La  disposition 
du  fond  est  ingénieuse.  Une  étable,  à  moitié  ruinée,  est  adossée  à  un  ro- 
cher dans  la  cavité  duquel  on  aperçoit  l'âne  et  le  bœuf  traditionnels.  A 
droite,  derrière  s.  Joseph,  deux  bergers  se  tiennent  debout  aux  abords  de 
retable;  deux  autres  apparaissent  à  gauche,  à  l'entrée  d'une  ouverture 
taillée^dans  le  roc,  d'où  la  vue  s'étend  sur  la  campagne  ;  dans  le  lointain,  un 
ange  lumineux  annonce  la  naissance  du  Christ  à  deux  autres  bergers. 
Les  douze  lignes  de  texte  qui  se  trouvent  au-dessous  de  cette  peinture 
sont  entourées,  sur  les  trois  côtés,  d'un  beau  cadre  renaissance,  peint  en 
or  sur  fond  bleu,  et  inspiré  du  goût  italien  ;  la  page  entière,  enfin,  est 
enfermée  dans  une  double  bordure  de  filets  d'or  sur  fond  noir.  L'ensemble 
est  d'un  effet  des  plus  gracieux. 

La  seconde  peinture,  de  la  même  grandeur  (f.  50  v°),  a  pour  sujet  la 

4 


50  MANUSCRITS. 

Résurrection  de  Jésus-Christ.  A  gauche,  on  voit  la  porte  da  tombeau 
taillé  dans  un  rocher  et  renfermé  dans  une  enceinte  ;  elle  est  munie  des 
scellés.  Trois  gardes,  couverts  de  riches  armures  et  assis  par  terre,  sont 
saisis  de  stupeur  à  la  vue  du  Christ  qui  apparaît  au  fond  dans  une  auréole 
lumineuse.  Un  ciel  bleu  foncé,  d'où  se  répand  une  douce  clarté,  contraste 
agréablement  avec  la  scène  représentée,  que  Tartiste  a  traitée  dans  une 
gamme  sombre  et  énergique.  La  composition  de  ce  tableau  est  vraiment 
grandiose.  La  page  entière  est  disposée  de  la  même  manière  que  celle 
que  nous  venons  de  décrire,  mais  la  bordure  du  texte  est  encore  d'un 
plus  grand  luxe  d'ornementation,  consistant  en  beaux  vases  azurés,  avec 
garnitures  d'or,  et  en  arabesques  peintes  en  or  sur  fond  bistre.  Le  cadre 
commun  est  aussi  garni  d* arabesques. 

La  troisième  peinture  (f.  o9  i^)  est  un  peu  plus  petite  (H.  :  0",133; 
L.  :  0"*,1G3).  Son  sujet,  d'une  belle  exécution  et  d*un  grand  effet,  est  la 
Descentk  du  Saint-Esprit.  L'encadrement  de  la  page  est  composé  de 
motifs  variés,  du  plus  beau  style. 

Les  deux  grandes  compositions  suivantes  sont  placées  en  regard  Tune 
de  l'autre  (f.  85  v®  et  86  r^)  et  forment  deux  superbes  tableaux,  cha- 
cun occupant  la  page  entière  (IL  totale  :  0°»,84o;  L.  :  0",228).  Ils  offrent 
deux  principaux  épisodes  de  la  grande  tragédie  du  CALVAiaE.  Le  premier 
représente  les  Apprêts  du  Crucifiement;  au  milieu,  Jésus-Christ,  dépouillé 
de  ses  vêtements  et  les  mains  liées,  est  assis  sur  une  pierre;  à  cdté  de  lui, 
un  bouiTeau  est  occupé  à  percer  des  trous  dans  la  croix  destinée  au  sup- 
plice du  Sauveur;  au  fond,  les  deux  larrons  sont  adossés  à  leurs  croix  déjà 
dressées,  et  les  exécuteurs  font  leurs  préparatifs,  en  présence  de  liants 
fonctionnaires  à  cheval  et  de  gardes  à  pied  ;  sur  le  devant,  à  la  suite 
d'une  escoi-te  de  soldats,  armés  de  lances  et  d'arbalètes,  s'avancent  la 
Vierge,  saint  Jean  et  les  trois  Mai'ie,  plongés  dans  la  douleur.  Le  ^tableau 
en  regard  représente  le  Crucifiement  de  Jésus-Christ  au  milieu  des  deux 
laiTons,  les  jambes  et  les  cuisses  brisées;  leurs  figures,  quoique  faisant 
contraste  avec  la  noblesse  du  visage  du  Christ,  n*ont  rien  de  disgra- 
cieux. Le  dessin  de  ces  trois  éorps  nus  révèle  un  véritable  artiste.  Au 
premier  plan,  à  gauche,  sont  groupées  les  saintes  femmes.  L'une 
d'elles  soutient  sur  ses  genoux  la  Vierge,  qui,  succombant  à  sa  douleur, 
semble  être  rappelée  à  la  vie  par  la  tendre  affection  que  lui  témoigne 
saint  Jean  ;  la  tête  est  d'une  admirable  expression.  Sur  la  droite,  deux 
soldats  jouent  aux  dés  les  vêtements  du  Christ;  leur  attention  au  jeu  et 
leur  indifférence  au  milieu  de  cette  scène  poignante  sont  rendues  avec 
une  grande  perfection  et  avec  un  naturel  parfait.  En  arrière  des  croix,  on 
voit  des  pontifes  juifs  à  cheval  et  une  nombreuse  escorte  de  piétons  et  de 
cavaliers.  Au  fond,  une  vue  de  Jérusalem  entourée  de  montagnes. 
Nous  donnons  au  catalogue  illustré  une  reproduction  en  chromolitho- 
graphie, un  [>eu  réduite,  de  cette  belle  page.  Ces  deux  tableaox  sont 
renf(;rmés  dans  d(;s  cadres  analogues  aux  précédents,  avec  les  bords 
des  marges  en  nuir.  Par  leur  exécution  large  et  vigonreuse,  par  la 
pureté  du  dessin ,  par  l'ordonnance  savante  de  la  composition,  |iar  la 
sincérité  et  l'élévation  du  sentiment,  enfin  par  leur  coloris  brillant,  ils 
a|)partiennent  aux  plus  belles  créations  de  Tart  français,  à  l'anTore  de  la 
Henaissance. 


THEOLOGIE.  51 

A  ces  cinq  grandes  peintures,  il  faut  ajouter  une  sixième  page  (f.  99  r®) 
où  les  instrunients  de  la  Passion  et  tous  les  accessoires  qui  s'y  rattachent 
sont  peints  sur  les  marges  autour  du  texte,  et  où  la  grande  initiale  T,  du 
Te  igiturj  renferme  le  Christ  à  mi-corps,  nu,  couronné  d'épines  et  les 
mains  liées  ;  sa  tête,  pleine  de  noblesse,  exprime  une  vive  douleur. 

Les  dix-huit  petites  miniatures  représentent:  1°  ï Annonciation  aux 
bergers  (f .  5  r<*)  ;  effet  de  nuit  rendu  avec  bonheur  ;  —  2°  la  Circoncision 
(f.  iO  r«);  —  3«  V Adoration  des  mages  (f.  li  r*»);  --  4<>  VEntrée  de  Jésus  à 
Jérusalem  (f.  43  r«);  —  S*»  T  Ascension  (f.  52  r<»);  —  6<»  Lieu  le  Père  dans  sa 
gloire  (f.  61  r®);  —  1^  VInstitution  du  sacrement  d'Eucharistie  pendant  la 
Cène  (f.  63  v«)  ;  —  8®  la  Prédication  de  saint  Catien,  premier  évêque  de 
Tours  (f.  H5  v<>);  —  9°  le  Martyre  de  saint  Etienne  (f.  H7  r»);  —  lO»  la 
Présentation  de  VEnfant  Jésus  au  Temple  (f.  119  v^);  —  ii^V Annonciation 
(f.  12  v*>);  délicieuse  peinture  où  la  Vierge  et  l'ange  sont  debout;  — 
i2«  la  Naissance  de  saint  Jean-Baptiste  (f.  125  r<*);  —  IS*»  l'Assomption 
(f.  431  r<>);  —  14°  la  Naissance  de  la  Vierge  (f.  132  v»);  charmante  scène 
d'intérieur;  —  15®  s.  Maurice  et  ses  compagnons  à  bheval  (f.  136  v®);  — 
1 6®  s.  Jean  dans  Vile  de  Pathmos  ;  dans  le  haut.  Dieu  dans  la  gloire  céleste 
entouré  de  saints  .et  de  saintes  (f.  141  r*»);  —  17®  la  Résurrection  de 
Lazare  (f.  143  r®);  —  18<>  s.  Martin  de  Tours  partageant  son  manteau. 

Chacune  de  ces  miniatures  occupe  la  largeur  d'une  colonne  du  texte 
(6  centimètres,  sur  85  millimètres  de  hauteur),  et  est  accompagnée,  sur 
ses  deux  côtés  extérieurs,  d'une  ravissante  bordure  à  angle  droit,  compo- 
sée d'arabesques  variées,  peintes  en  or  ou  azur  sur  fond  bleu  ou  or. 

Toutes  ces  délicieuses  compositions  sont  d'une  fraîcheur  étonnante, 
et,  en  les  admirant,  on  éprouve  le  regret  d'ignorer  le  nom  de  l'artiste 
ou  plutôt  des  artistes  à  qui  nous  les  devons,  cai*  tout  indique  une  colla- 
boration. Quant  à  leur  pays  d'origine,  quoi  de  plus  naturel  que  l'illus- 
tratioB  d'un  missel  à  l'usage  de  l'église  de  Tours  ait  été  confiée  à  des 
miniaturistes  de  l'école  de  Touraine?  On  y  trouve  en  effet  beaucoup  de 
traits  caractéristiques  de  cette  école  :  variété  des  physionomies,  habi- 
leté d'ajustements,  prédilection  pour  les  paysages  avec  de  riches  monu- 
ments d'architecture,  entente  de  la  perspective  linéaire  et  aérienne, 
sentiment  de  la  nature,  coloris  lumineux.  On  est  tenté  d'y  voir  la  main 
de  quelques  émules  ou  disciples  de  Jehan  Fouquet  ;  et,  si  l'influence 
flamande  s'y  fait  vivement  sentir,  n'oublions  pas  que  tout  porte  à  croire 
que  le  grand  artiste  tourangeau  a  fréquenté  l'atelier  de  Jean  van  Eyck, 
et  que  d'ailleurs  l'ascendant  de  l'école  flamande  sur  l'école  de  Touraine 
est  incontestable.  L'ornemaniste  des  bordures  semble  avoir  connu  l'Italie 
ou  au  moins  ses  œuvres  décoratives. 

Nous  avons  dit  que  ce  splendide  missel  a  été  exécuté  pour  l'église  de 
Tours.  Cela  résulte  non-seulement  de  ce  fait  que  parmi  les  principaux 
saints  qui  font  les  sujets  des  petites  miniatures  on  a  représenté  les  deux 
patrons  de  la  ville  de  Tours  :  saint  Catien,  premier  évêque  de  cette  cité 
(cette  effigie  ne  se  rencontre  que  fort  rarement),  et  saint  Martin;  que 
dans  les  litanies  on  lit  les  noms  de  ces  deux  prélats,  et,  ce  qui  est  encore 
plus  significatif,  celui  de  sainte  Monegonde,  recluse  à  Tours;  mais 
aussi  d'une  constatation  plus  positive,  consistant  en  plusieurs  rubriques 
d'instruction  destinées  spécialement  au  clergé  de  Tours  :  In  ecclesia  Turc- 


52  MANUSCRITS. 

nensi  introitus  \odie  quinquies  dicitur,  etc.  (f.  50  t®);  In  ecdeHa  Tiironensi 
propter  solennitatem  solum  dicitur  una  oratio  et  episioïa  (f.  76  ▼•),  etc. 

Ce  manuscrit  cependant  n'a  pas  dû  ôtre  fait  pour  l'une  des  églises 
de  Tours,  mais  bien  pour  un  particulier  cpii  fut  saos  doute  on  des 
dignitaires  ecclésiastirpies  de  cette  ville.  En  effet,  dans  la  bordure  des 
deux  premières  grandes  peintures,  ainsi  que  dans  celle  des  six  petites 
miniatures,  se  trouve  un  écusson  avec  ces  armes  :  de  gueules  à  un  chevron 
d'or,  accompagné  de  trois  roses  d'argent.  Dans  les  nobiliaires,  on  ne  ren- 
contre, comme  ayant  porté  ces  armes,  que  trois  familles  françaises  :  celle 
d'AiNTRÂS,  en  Gascogne,  celle  d'EsTANG,  en  Normandie,  et  celle  de  Lale- 
MANT,  dans  le  Berry.  C'est  probablement  à  cette  dernière  qu'appartenait 
le  propriétaire  de  ce  manuscrit,  en  raison  du  voisinage  de  la  province  de 
Berry  avec  la  Touraiiie,  mais  cependant  on  ne  saurait  rien  affirmer  à 
cet  égiird  à  défaut  de  renseignements  généalogiques. 

Les  initiales  enluminées  du  texte,  de  plusieurs  dimensions  et  au  nom- 
bre de  plusieurs  centaines,  offrent  une  grande  variété  d'ornementation, 
en  or  et  en  couleurs. 

Parmi  les  messes  en  l'bonneur  des  saints,  on  remarque  celle  de 
s.  Gatien,  celle  de  s.  Martin  et  celle  de  s.  Guillaume,  archevêque  de 
Bourges  au  Xlll°  siècle. 

Ce  magnifique  volume  ne  parait  pas  avoir  été  achevé,  car  l'emplace- 
ment de  plusieurs  miniatures  est  resté  en  blanc. 


19.  HEURES.  —  In-fol.  étroit,  de  4  et  i36ff.;  miniatures, 
bordures  et  lettres  ornées;  ais  de  bois  dépouillés  de  leur 
couverture. 

Précieux  manuscrit  sur  vélin,  exécuté  en  France,  dans  la  première 
moitié  du  XV<^  siècle,  pour  le  célèbre  général  anglais  Jran  TALBOT.  Le 
format  allongé  de  ce  livre  de  prières  (275  mill.  de  hauteur  sur  115  mill.  de 
largeur)  prouve  ^uil  était  destiné  à  être  porté  par  son  propriétaire  dans 
ses  campagnes  incessantes,  ce  qui  se  trouve  confirmé  par  d'antres  parti- 
cularités pleines  d'intérêt. 

11  est  orné  de  vingt-six  miniatures  de  diverses  dimensions. 

Dans  le  calendrier,  qui  occupe  les  six  premiers  feuillets,  on  remarque 
beaucoup  de  noms  de  saints  dont  le  culte  est  particulier  à  TAn^eterre, 
tels  qu(^  s.  Cuthbert,  s.  Richard,  s.  Dunstan,  s.  Edme,  s.  Alban^  premier 
martyr  d'Angleterre ,  s^c  Etheldride,  s'®  Cuthburge^  s**  EéUhe^  8.  Huguei^ 
évoque  de  Lincoln,  etc. 

Le  verso  du  f.  suivant  est  entièrement  occupé  par  une  grande  compo- 
sition qui  constate  la  provenance  illustre  de  ce  volume.  Une  miniature, 
qui  couvre  la  moitié  de  cetlc  page,  représente  la  sainte  Vierge  assise  sur 
un  trône  peint  en  rouge  sur  un  fond  à  damier.  Devant  elle  sont  age- 
nouillés, à  gauche,  Jean  TALBOT,  assisté  par  son  patron  guerrier,  saint 
Georges,  qui  terrasse  le  dragon;  à  droite,  MargOerite  de  Bbauchamp, 
seconde  femme  de  Talbot,  assistée  par  sainte  Marguerite,  accompagnée 


•  THÉOLOGIE.  55 


I 


aussi  d!un  dragon  à  face  humaine.  Talbot,  armé  de  toutes  pièces,  est 
vêtu  d'une  cotte  armoriée  ;  son  épouse  porte  un  large  manteau  de  drap 
d'or;  une  pièce  d'étoffe  rouge,  disposée  sur  sa  tête  en  guise  de  hennin, 
et  dont  les  bouts  retombent  jusqu'à  terre,  lui  sert  de  coiffure.  Au-dessous 
de  cette  peinture,  figurent  les  armoiries  et  \e^  devises  des  deux  époux. 
Sous  Talbot  est  une  bannière  déployée  avec  ces  armes  :  Parti:  au  1*',  écar- 
telé  de  Talbot  et  de  Strange;  au  2®,  écartelé  de  Fdrnival  et  de  Verdon;  sur 
le  tout:  écartelé  de  Lisle  et  de  Tyes.  Talbot  était  en  effet  seigneur  de 
Fumival  et  de  Verdon  du  chef  de  sa  première  femme,  Mathilde,  fille  de 
sir  Thomas  Nevill,  et  seigneur  de  Lisle  et  de  Tyes  du  chef  de  sa  seconde 
femme,  Marguerite  de  Beauchamp,  fille  du  comte  de  Warwick.  La  ban- 
nière déployée  au-dessous  du  portrait  de  cette  dernière  est  aux  armes  de 
sa  maison.  Chacune  de  ces  bannières  surmonte  les  insignes  de  l'ordre  de 
la  Jarretière,  renfermant  au  centre  le  petit  chien  des  Talbot  sous  Talbot, 
et  l'ours  de  Warwick  sous  Warwick.  Un  pied  de  marguerites,  autour  du- 
quel s'enroule  une  banderole  avec  cette  devise  :  Mon  seul  désir.,,  (deux 
mots  illisibles)  est,  passe  entre  les  deux  bannières.  Dans  le  célèbre  manus- 
crit offert  par  Talbot  à  Marguerite  d'Anjou,  épouse  de  Henri  VI,  manus- 
crit conservé  au  Musée  britannique  sous  le  nom  de  Shrewsbury-Book,  la 
devise  de  Talbot  est  exprimée  dans  ce  rondeau  : 

Mon  seul  désir 
Au  roy  et  vous 
Et  (est)  bien  servir 
Jusqu'au  mourir  ; 
Ce  sachent  tous  : 
Mon  seul  désir 
Au  roy  et  vous. 

(Notice,  par  Vallet  de  Viriville,  dans  la  Gazette  des  Beaiue-Arts,  i866, 
t.  II,  p.  456.)  Le  chiffre  enlacé  des  deux  époux  (Jehan  et  Marguerite), 
surmonté  d'une  couronne  ducale  et  entouré  d'une  natte  de  marguerites, 
occupe  le  bas  de  la  page.  Cette  même  fleur,  emblème  parlant  de  Margue- 
rite de  Beauchamp,  s'étale  sur  deux  autres  marges  de  cette  page,  ainsi 
qu'en  beaucoup  d'endroits  du  volume.  Nous  donnons  au  catalogue  illustré 
une  reproduction  légèrement  réduite  de  cette  belle  et  importante  com- 
position qui  a  un  peu  souffert  du  frottement  et  de  l'humidité. 

Ce  manuscrit  n'est  bien  homogène  ni  pour  les  miniatures  ni  pour  le 
texte  :  il  a  été  successivement  développé  et  complété  par  des  mains  dif- 
férentes. Il  est  en  latin,  en  anglais  et  en  français,  Talbot  n'ayant  jamais 
cessé  de  se  considérer  comme  citoyen  français  en  môme  temps  qu'an- 
glais, en  raison  de  son  origine  et  des  prétentions  de  son  souverain  sur  le 
royaume  de  France. 

La  première  partie,  comprenant  les  Heures  de  la  Vierge,  est  ornée 
des  huit  miniatures  traditionnelles  :  i°  V Annonciation  (f.  8  r°)  ;  —  2<» la  Visi- 
tation (f.  12*ro);  —  30  la  Nativité  (f.  25  r^);—  4*»  V Annonciation  aux  ber- 
gers (f.  27  r<»);  —  5°  V Adoration  des  mages  (f.  28  v°);  —  6°  la  Présentation 
de  VEnfant  Jésus  au  temple  (f.  30  r»)  ;  —  7°  la  Fuite  en  Egypte  (f.  31  r»);  — 
8®  le  Couronnement  de  la  Vierge  (f.  32  v»). 


54  MANUSCRITS. 

La  seconde  partie,  qui  commence  au  f.  37  r®,  renferme  le  Psautier 
précédé  d'une  miniature  représentant  le  rot  David  en  prière  dans  le  désert. 
II  est  suivi  d'une  litanie  où  abondent  les  noms  des  saints  anglais. 

La  troisième  partie,  consacrée  aux  offices,  commence  (f.  47  r*)  par 
une  miniature  dont  le  sujet  est  un  Christ,  à  mi-corps,  sortant  de  son  tum- 
beau,  avec  cette  rubrique  :  Quicunqs  regardera  remëbrance  de  IhOcrist  en 
la  remëbrance  de  sa  benoîte  passion  il  aura  quarante  iovrs  de  vray  pardon 
de  par  Léon  apostole  de  Romme.  Ce  souvenir  de  la  Passion  est  figuré 
dans  la  miniature  qui  suit  et  qui  ofifre  une  draperie  ronge  portant  au 
milieu,  dans  un  double  cadre  en  losange,  la  représentation  de  la  a  mesure 
de  la  plaie  du  costé  nostresegneur  ihûcrist  »,  selon  la  légende  placée  au- 
dessus.  Une  pièce  appropriée  à  la  circonstance,  en  vers  français  de  douze 
syllabes,  au  nombre  de  quinze,  dont  le  premier  et  le  dernier  sont  : 

Beau  tresdoulx  ihûcrist,  ie  vous  viens  aonrer 
Et  pour  nous  racheter  tout  son  sanc  espandi, 

et  qui  se  termine  par  une  petite  miniature  représentant  les  insignes  de 
la  Passion,  occupe  la  page  suivante.  Dans  l'office  de  la  Croix,  qui  vient 
après,  on  remarque  deux  pièces  en  anglais  (f.  50  v®  et  r«).  Plus  loin  vien- 
nent les  Cinq  Joies  de  Notre-Dame  (f.  51  v®);  les  Sept  Paroles  de  Jésuê-^^hrist 
sur  la  croix  (f.  53  \^)  ;  quelques  lignes  en  français  sur  saint  Denis  (f.  58  r*), 
et,  à  la  suite,  une  nouvelle  miniature  avec  les  Instruments  de  la  Passion  et 
un  commentaire  en  français. 

Le  Propre  des  Saints  commence,  après  une  lacune  d'un  f.,  au  f.  61  r». 
On  y  remarque  des  hymnes  en  vers  latins  en  l'honneur  de  sainte  Agnès, 
une  longue  prose  consacrée  au  récit  du  martyre  de  sainte  Catherine 
(ff.  (il  v°-64  T°),  une  autre  prose  ayant  pour  sujet  les  Sept  Joies  de  Marie- 
Madeleine  (if.  64  v<^-65  T°),cl  une  série  d'oraisons  dévotes  :  pour  tribulaiionp 
à  s.  Mellon,  premier  évoque  de  Rouen,  à  s.  Michel,  etc. 

En  tAte  de  la  première  page  du  f.  73,  se  trouve  une  charmante  minia- 
ture représentant,  entre  deux  pieds  de  marguerites,  un  lis  blanc;  les 
pétales  de  la  fieur  du  milieu  supportent  une  Vierge  tenant  VEnfant  Jésus 
dans  ses  bras.  Elle  sert  de  vignette  à  une  prose  en  l'honneur  de  la  Vierge, 
qui  n'occupe  pas  moins  de  douze  pages.  Une  oraison  à  saint  Érasme,  pré- 
cédée de  dix  vers  latins  rimes;  l'office  de  sainte  Barbe  et  celui  de  l'Ado- 
ration do  la  croix  terminent  le  Propre  des  saints. 

Les  if.  81  et  82  ofirent  sept  petites  miniatures,  de  forme  et  de  dimen- 
sion différentes.  Elles  représentent  :  i^  les  Instruments  de  la  Passion 
(f.  81  ro);  —  20  Dieu  le  Père  (ib.);  —  3°  Dieu  le  fils  (ib.);  —  4«  ie  Sosni- 
Esprit  (f.  8i  vo);  —  5o  la  Trinité  (ib.);  —  6»  la  Confession  (f.  82  r*);  ie 
pénitent,  en  robe  de  velours  bleu,  agenouillé  devant  un  évoque  qui  loi 
donne  l'absolution,  doit  représenter  TALBOT  en  costume  civil.  Chacune 
de  ces  six  miniatures  est  accompagnée  de  sept  vers  anglais,  La  septième 
représente  saint  Ursin,  premier  évoque  .de  Bourges,  au  pied  duquel  sont 
agenouillés  Talbot,  vêtu  d'une  cotte  blasonnée,  et  sa  femme,  tenant  char 
cun  une  banderole  avec  ces  mots  :  Sancte  Ursine,  ora  pro  nobis!  Suit  mux 
prose  et  des  oraisons  latines  en  l'honneur  de  ce  saint.  On  se  demande  d'où 


THÉOLOGIE.  55 

vient  cette  dévotion  spéciale  du  héros  anglais  au  saint  protecte.ur  de  la 
ville  de  Bourges,  ce  dernier  refuge  de  la  royauté  française  avant  l'entrée 
en  scène  de  Jeanne  d'Arc  ;  il  faut  probablement  en  chercher  la  raison  dans 
l'hypothèse  que  saint  Ursin,  aussi  patron  de  la  ville  de  Lisieux,  aurait  été 
en  même  temps  celui  du  pays  voisin,  Cleuville  en  Caux,  dont  les  ancêtres 
de  Talbot  avaient  été  les  barons  pendant  plusieurs  siècles. 

L'office  des  morts,  qui  commence  au  f.  83  r®,  est  orné  de  deux  minia- 
tures, dont  l'une  représente  une  Absoute  devant  un  cercueil  couvert  d'un 
drap  rouge,  et  l'autre  Vlnhumation  du  corps  au  cimetière  (f.  96  r*»).  Cette 
partie  contient  les  Douleurs  de  Notre-Dame  et  plusieurs  prières  à  la  Vierge, 
en  français  (ff.  103  r«-106  v°). 

Les  ff.  108  à  131  ont  probablement  été  ajoutés  après  coup,  en  deux 
fois,  car  l'écriture  est  de  deux  mains  différentes  ;  ils  n'ont  pas  de  bor- 
dures marginales,  et  les  initiales  qui  les  décorent  sont  d'une  autre 
ornementation  que  dans  les  parties  qui  précèdent.  Ils  contiennent  l'office 
de  la  Visitation  de  Notre-Dame,  avec  des  hymnes;  la  messe  du  nom  de 
Jésus,  à  laquelle  étaient  attachés  des  privilèges  particuliers,  avec  plu- 
sieurs séquences  (ff.  H 5  v<»-li6  v^)  ;  la  messe  de  la  Visitation  de  Notre- 
Dame,  avec  une  séquence  (ff.  118  v^-llO  r«);  la  messe  de  saint  Gabriel, 
avec  une  séquence  (f.  120  r®);  les  offices  de  saint  Georges,  de  la  sainte 
Trinité,  du  Saint-Esprit,  etc.,  etc.,  aussi  accompagnés  de  séquences. 

Le  feuillet  136,  appartenant  au  Propre  des  saints  (office  de  s.  Sévère), 
a  été  placé  à  tort  à  la  fin  du  volume,  par  suite  d'une  transposition  du 
relieur. 

Plusieurs  miniaturistes  ont  concouru  à  l'exécution  des  peintures  de 
ce  manuscrit.  La  grande  composition  qui  suit  le  calendrier,  les  huit  mi- 
niatures des  Heures  de  la  Vierge,  celles  du  psautier  et  celles  de  l'office  des 
morts  paraissent  être  de  la  môme  main  ;  la  fleur  de  lis  avec  la  Vierge  et 
les  sept  miniatures  suivantes  sont  d'un  autre  artiste  beaucoup  plus  habile, 
et  peuvent  compter  au  nombre  des  belles  compositions  de  la  première 
moitié  du  XV®  siècle.  La  majeure  partie  de  ces  miniatures  sont  sur  un  fond 
à  damier  or  et  couleurs.  Les  pages  qu'efies  décorent  sont  renfermées  dans 
de  jolis  encadrements,  et,  de  plus,  cent  et  quelque^  feuillets  ont  les  marges 
ornées  de  charmantes  bordures  à  feuillages  de  houx  d'or  d'une  grande 
finesse,  parsemés  de  fleurs  et  de  fruits  peints  au  naturel  et  quelquefois 
combinés  avec  des  rinceaux.  Des  milliers  d'initiales,  petites  et  grandes, 
richement  enluminées  en  or  et  en  couleurs,  complètent  l'ornementation 
de  ce  volume.  Son  exécution  ne  doit  pas  être  de  beaucoup  postérieure  à 
l'année  1439,  date  du  mariage  de  Talbot  avec  Marguerite  de  Beauchamp. 
Son  origine  française  n'est  pas  douteuse,  ce  qui  résulte  non-seulement 
du  caractère  de  l'art  de  ses  peintures,  mais  aussi  de  ce  fait  que  le  scribe 
ne  connaissait  évidemment  pas  l'anglais,  comme  le  prouvent  les  coupures 
maladroites  des  mots  dans  les  rubriques  ou  dans  les  pièces  écrites  en 
cette  langue. 

Il  est  très  probable  qu'il  a  été  exécuté  en  Normandie  ;  en  tout  cas,  il  est 
certain  que  son  art  appartient  à  la  contrée  du  nord-ouest  de  la  France,  ce 
qui  est  encore  attesté  par  la  présence  au  calendrier  des  noms  de  sainte 
Bathilde,  de  s,  Vaast,  de  s.  Quentin,  etc. 

Un  intérêt  tout  particulier  se  rattache  à  certains  morceaux  intercalés 


58  MANUSCRITS.. 

octogénaire,  fut  tué  à  la  tête  de  ses  troupes  sous  les  murs  de  GastUion, 
en  1453,  par  une  bande  de  Bretons.  Son  livre  de  prières,  qui  ne  paraît 
ravoir  jamais  quitté,  aura  sans  doute  été  pris  dans  le  pillage  qui  sui- 
vit la  déroute,  car,  après  quatre  cents  ans,  il  a  reparu,  en  1855,  chez 
un  brocanteur  de  Nantes,  d'où  il  passa  dails  la  collection  d'an  bibliophile 
breton.  Dans  ses  pérégrinations,  il  a  perdu  quelques  feoiUets,  et  il  a 
gagné  la  signature  d'un  Henry  de  Bourbon ,  répétée  plusieurs  fois.  D  est 
d'une  conservation  parfaite,  sauf  les  deux  premières  miniatures  qui  ont 
un  peu  souffert  du  frottement. 

Il  a  figuré  dans  les  vitrines  de  l'exposition  rétrospective  en  1867^  et 
depuis  il  est  entré  dans  la  bibliothèque  de  M.  Didot,  qui  n*a  pas  hésité  à 
en  offrir  une  somme  considérable. 

20.  GHETIDE.  (Livre  de  prières  en  hollandais.)  —  Pet.  in-8, 
de  176  ff. ;  miniatures,  bordures  et  lettres  ornées;  mar. 
La  Vallière  clair,  riches  compartiments  en  mossdque  à  la 
Grolier,  tr.  dor.  ;  dans  un  étui  {Cape). 

Très  beau  manuscrit  sur  vélin,  exécuté  au  XV®  siècle  à  Delft. 

Il  est  écrit  en  caractères  gothiques,  avec  rubriques,  et  commence  par 
un  calendrier  qui  occupe  douze  feuillets.  Le  texte  est  entièrement  en 
hollandais.  Les  miniatures  sont  au  nombre  de  am  et  couvrent  presque 
la  page  entière.  En  voici  les  sujets  :  i^  Jésus  enfant  au  milieu  des  docteurs 
(f.  13  V»)  ;  —  20  la  Descente  du  Saint-Esprit  (f.  34  v»);  —  3*  VAnnmeiatùm 
(f.  58  v®).  —  4®  le  Jugement  dernier  (f.  113  v®);  —  5°  s.  Michel  pesant  ks 
âmes  (f.  146  v^).  (H.:  0°»,091  ;  L.:  0»,60.) 

Chacune  de  ces  miniatures  est  entourée  d'un  bel  encadrement;  la  page 
en  regard  est  décorée  avec  plus  de  luxe  encore  :  l'initiale  du  texte,  d'assez 
grande  dimension,  est  peinte  en  or  sur  fond  à  nuances  variées  et  d'une 
ornementation  charmante;  dans  les  bordures,  un  paon  est  représenté 
deux  fois  et  accompagné  de  banderoles  avec  des  légendes  en  latin. 

La  légende  de  la  bordure  du  f.  35  nous  apprend  que  ce  mannscrit  a 
été  exécuté  au  monastère  de  Sainte-Agnès,  dans  le  val  de  Jos^hat,  à 
Delft  {Iste  liber  sc*ptus  et  illuminatus  est  in  môsterio  scè  A^nelis  in  vaUe 
Jozaphat  dtate  Delf), 

Un  grand  nombre  de  pages  sont  en  outre  ornées  de  ravissantes  ini- 
tiales en  couleurs,  dont  les  appendices  filiformes  s'étendent  snr  les 
marges. 

C'est  un  des  plus  curieux  spécimens  de  l'art  hollandais  pur,  surtout  an 
point  de  vue  décoratif.  Sa  conseiTution  est  parfaite  ;  le  vélin  en  est  très  fin 
et  très  blanc.  Il  est  beau  de  marges  et  couvert  d'une  charmante  reliare. 

21.  HORiE.  —  In-8  carré,  de  78  ff.;  miniatures,  bordures 
et  lettres  ornées  ;  velours  rose,  tr.  dor. 

Précieux  manuscrit  sur  vélin,  exécuté  dans  la  seconde  moitié  dn 
XV«  siècle  pour  RENÉ  II,  DUC  DE  LORRAINE. 

Le  calendrier,  qui  occupe  les  douze  premières  pages,  est  éerit  en  noir 


•    THÉOLOGIE.  57 

Anglais,  où  Ton  invoque  saint  Georges,  patron  de  Talbot,  et  où  Ton  sol- 
licite rintercession  de  saint  Christophe  pour  revoir  T Angleterre,  n*est 
pas  de  la  composition  môme  de  Talbot  et  écrite  de  sa  main  ? 

D'autres  pièces  occupent  les  quatre  derniers  feuillets.  La  première'  est 
une  prière  en  vet*8  anglais,  en  huit  strophes  de  huit  vers  chacune.  Elle 
commence  ainsi: 

Mercifull  quene  as  ye  best  can  and  may. 

Elle  est  suivie  de  plusieurs  prières  en  anglais,  en  prose,  et  de  deux  prières 
en  vers  anglais,  adressées  Tune  à  Jésus-Christ,  l'autre  à  saint  Alban,  pre- 
mier martyr  d'Angleterre.  Enfin,,  à  la  dernière  page,  on  lit,  d'une  écri- 
ture gothique,  une  prose  latine  en  l'honneur  de  saint  Georges,  en  douze 
strophes^de  trois  vers  : 

Salve  martir  gloriose.,. 

L'initiale  S  de  ce  vers,  dessinée  à  la  plume  avec  un  certain  luxe  d'orne- 
mentation, ofifre  au  milieu  trois  banderoles  qui  portent  en  lettres  rouges 
les  mots  :  TALBOT,  TALBOT,  TALBOT. 

A  la  suite  vient  une  dévote  oraison  à  saint  Georges,  et  au  bas  on  lit, 
d'une  écriture  du  temps,  cette  signature  :  Vre  (votre)  loyalk  seur  Magde- 
leine. 

Les  quatre  premiers  feuillets,  ajoutés  en  tête  du  volume,  contiennent 
deux  pièces  en  vers  français.  La  première  compte  cent  cinquante  six  vers, 
dont  les  premiers  sont  : 

Royne  qui  feustes  hault  mise 

Et  assise 
Lassus  ou  throne  divin 
En  ceste  belle  vostre  église 

Sans  faintise 
Suis  venu  à  cest  matin... 

Comme  idée  et  comme  forme,  c'est  une  des  plus  gracieuses  poésies 
pieuses  du  moyen  âge.  La  seconde,  composée  de  six  douzains,  commence 
ainsi: 

Je  te  salue  Maria 
A  qui  Dieu  son  fîlz  maria 
A  humaine  fragilité... 

C'est  la  même  pièce,  sauf  variantes,  que  celle  qui  a  été  publiée  .par 
E.-H.  Langlois,  sous  le  titre  d'ùroison  plaisant  à  saincte  Marie,  d'après  un 
manuscrit  du  XY'^  siècle  (Essai  sur  la  calligraphie  des  maniiscrits  du  moyen 
âge,  pp.  174-177).  Notre  texte  est  plus  correct. 

On  peut  se  rendre  compte  de  l'intérêt  multiple  qu'offre  ce  pieux  sou- 
venir d'un  des  plus  fameux  guerriers  du  XV»  siècle,  du  plus  illustre  des 
adversaires  de  Jeanne  d'Arc,  de  celui  auquel  Shakespeare  a  accordé 
le  surnom  d'Achille  anglais.  Talbot  (premier  comte  de  Shrewsbnry),  déjà 


58  MANUSCRITS.- 

I 

octogénaire,  fut  tué  à  la  tête  de  ses  troupes  soos  les  murs  de  GastUlon, 
en  1453,  par  une  bande  de  Bretons.  Son  livre  de  prières,  qui  ne  parait 
ravoir  jamais  quitté,  aura  sans  doute  été  pris  dans  le  pillage  qui  sui- 
vit la  déroute,  car,  après  quatre  cents  ans,  il  a  reparu,  en  1855,  chez 
un  brocanteur  de  Nantes,  d'où  il  passa  dails  la  collection  d'an  bibliophile 
breton.  Dans  ses  pérégrinations,  il  a  perdu  quelques  feuillets,  et  il  a 
gagné  la  signature  d'un  Henry  de  Bourbon,  répétée  plusieurs  fois.  D  est 
d'une  conservation  parfaite,  sauf  les  deux  preinièrés  miniatures  qui  ont 
un  peu  soufifert  du  frottement. 

Il  a  figuré  dans  les  vitrines  de  l'exposition  rétrospective  en  1867^  et 
depuis  il  est  entré  dans  la  bibliothèque  de  M.  Didot,  qui  n*a  pas  hésité  à 
en  offrir  une  somme  considérable. 

20.  GHETIDE.  (Livre  de  prières  en  hollandais.)  —  Pet.  îii-8, 
de  176  ff.;  miniatures,  bordures  et  lettres  ornées;  mar. 
La  Vallière  clair,  riches  compartiments  en  mosaïque  à  la 
Grolier,  tr.  dor.  ;  dans  un  étui  {Cape). 

Très  beau  manuscrit  sur  vélin,  exécuté  au  XY^  siècle  à  Delft. 

Il  est  écrit  en  caractères  gothiques,  avec  rubriques,  et  commence  par 
un  calendrier  qui  occupe  douze  feuillets.  Le  texte  est  entièrement  en 
hollandais.  Les  miniatures  sont  au  nombre  de  cinq  et  couvrent  presque 
la  page  entière.  En  voici  les  sujets  :  !<>  Jésus  enfant  au  milieu  des  docteurs 
(f.  13  v»)  ;  —  20  la  Descente  du  Saint-Esprit  (f.  34  v»);  —  3°  VAnnoneiatUm 
(f.  58  v<»).  —  4°  le  Jugement  dernier  (f.  113  v®);  —  5°  ».  Michel  pesant  ks 
âmes  (f.  146  v^).  (H.:  0"»,091  ;  L.:  0»,60.) 

Chacune  de  ces  miniatures  est  entourée  d'un  bel  encadrement;  la  page 
en  regard  est  décorée  avec  plus  de  luxe  encore  :  Tinitiale  du  texte,  d'assez 
grande  dimension,  est  peinte  en  or  sur  fond  k.  nuances  variées  et  d'une 
ornementation  charmante;  dans  les  bordures,  un  paon  est  représenté 
deux  fois  et  accompagné  de  banderoles  avec  des  légendes  en  latin. 

La  légende  de  la  bordure  du  f.  35  nous  apprend  que  ce  manuscrit  a 
été  exécuté  au  monastère  de  Sainte-Agnès,  dans  le  val  de  Josaphat,  à 
Delft  {Iste  liber  sc'ptus  et  illuminatus  est  in  môsterio  scè  A^nelis  in  valle 
Jozaphat  dtate  Delf), 

Un  grand  nombre  de  pages  sont  en  outre  ornées  de  ravissantes  ini- 
tiales en  couleurs,  dont  les  appendices  fiUformes  s'étendent  sur  les 
marges. 

C'est  un  des  plus  curieux  spécimens  de  l'art  hollandais  pur,  surtout  au 
point  de  vue  décoratif.  Sa  conservation  est  parfaite  ;  le  vélin  en  est  très  fin 
et  très  blanc.  Il  est  beau  de  marges  et  couvert  d'une  charmante  reliure, 

21.  HORiE.  —  In-8  carré,  de  78  ff.;  miniatures,  bordures 
et  lettres  ornées  ;  velours  rose,  tr.  dor. 

Précieux  manuscrit  sur  vélin,  exécuté  dans  la  seconde  moitié  du 
XV«  siècle  pour  RENÉ  II,  DUC  DE  LORRAINE. 

Le  calendrier,  qui  occupe  les  douze  premières  pages,  est  écrit  en  noir 


THÉOLOGIE.  5d 

et  en  bleu.  Chaque  mois  est  orné,  à  la  marge  extérieure,  de  deux  petites 
compositions  en  hauteur  (H.  :  0",045;  L.  :  0™,028);  Tune  représente  une 
scène  de  la  vie  champêtre  ou  seigneuriale  ;  Tautre,  le  signe  du  zodiaque. 
Ces  peintures  sortent  du  commun  habituel  de  ces  sortes  d'images  non 
par  la  nature  des  sujets*  qui  sont  toujours  les  mêmes,  mais  par. leur 
interprétation  indépendante  des  modèles  antérieurs,  par  la  science  par- 
faite du  dessin  et  un  talent  de  composition  très  remarquable,  ce  qui 
leur  donne  la  valeur  de  véritables  petits  tableaux  de  genre.  On  y  remar- 
que surtout  deux  •  chaînantes  vignettes  :  celle  du  mois  d'avril  et 
celle  du  mois  de  mai.  La  première  nous  fait  voir,  dans  un  pré  ver- 
doyant, au  bord  d'un  cours  d'eau,  une  jeune  dame  assise,  tressant  une 
couronne,  et,  à  côté  d'elle,  un  jeune  homme  jouant  de  la  harpe;  au  fond, 
la  silhouette  d'une  ville  aux  tours  nombreuses  et  élevées.  La  seconde  re- 
présente le  départ  pour  la  chasse  d'un  jeune  seigneur  à  cheval  avec  une 
dame  en  croupe  ;  il  tient  sur  son  poing  un  faucon,  tandis  que  deux  lévriers 
courent  à  ses  côtés.  Même  dans  les  représentations  des  signes  du 
zodiaque,  l'artiste  a  fait  preuve  de  beaucoup  de  goût  :  il  a  placé  ses  sujets, 
chaque  fois  que  cela  se  pouvait,  au  milieu  de  beaux  paysages,  dont  la 
peinture  n'a  rien  de  conventionnel  et  qui  révèle  un  profond  sentiment 
de  la  nature;  il  s'est  plu  aussi  à  en  garnir  les  fonds  de  monuments  d'une 
architecture  fort  pittoresque. 

Parmi  les  saints  du  calendrier,  on  remarque  plusieurs  évêques  du 
Mans  ou  d'Angers,  dont  les  noms  sont  suivis  de  l'indication  de  leur  siège 
épiscopal,  tels  que  :  s.  Aldric,  s.  Julien,  s.  Aubin,  s.  Tiburce,  s.  Liboire, 
s.  Pavace  (avec  la  mention  du  jour  de  sa  translation)  et  s.  Maurille,  ce 
qui  témoigne  de  l'origine  angevine  de  ce  manuscrit.  Des  liens  de  parenté 
rattachaient  en  effet  René  II  de  Lorraine  à  cette  province  par  sa  mère 
Yolande  d'Anjou,  fille  du  roi  René;  et  qui  sait  si  ce  n'est  pas  son  bon 
aïeul,  si  célèbre  par  son  culte  des  beaux-arts,  qui  fit  exécuter  ce  manus- 
crit par  un  artiste  de  son  ancien  pays  pour  l'offrir  au  jeune  vainqueur  de 
Charles  le  Téméraire?  La  suite  de  notre  description  viendra  à  l'appui  de 
cette  hypothèse.   • 

En  dehors  des  vingt-huit  miniatures  du  calendrier,  ce  volume  en  con- 
tient encore  quatre  autres  petites  (H.:  0™,036;  L.  :  0",026)  et  treize 
grandes,  soit  en  tout  quarante-cinq  peintures. 

Les  quatre  petites  représentent  les  quatre  évangéustes  (ff.  7  r®  et  v®, 
8  v»  et  9  r«). 

La  description  des  grandes  exige  plus  de  détails  en  raison  de  leur  im- 
portance. 

La  première  (f.  40  r<»),  qui  occupe  la  page  entière  (H.:  0™,144;  L.:  0"*,100) 
représente  le  jeune  RENÉ  II  DE  LORRAINE ,  armé  de  toutes  pièces  et 
vêtu  d'une  cotte  d'armes  armoriée,  à  genoux  sur  un  coussin,  les  mains 
jointes,  adressant  une  prière  à  la  sainte  Vierge,  en  robe  et  en  manteau 
bleus,  tenant  l'Enfant  Jésus  et  assise  sous  un  péristyle  à  colonnade, 
ayant  vue  sur  une  belle  campagne.  Le  heaume  du  duc  est  posé  à  cOté  de 
lui.  Deux  anges,  dont  l'un  joue  de  la  harpe  et  l'autre  de  la  guitare,  se 
tiennent  debout  au  second  plan.  Au  bas  de  la  page,  dans  une  bordure 
marbrée  en  camaïeu  d'or,  on  lit  sur  une  banderole  ces  premiers  mots 
d'une  prière  :  Obsecro  te  domina.  C'est  un  véritable  tableau,  et  la  tête 


60  MANUSCRITS. 

f 

du  duc,  très  étudiée  et  peinte  de  main  de  maître,  doit  être  d*nne  res- 
semblance parfaite.  Nous  en  donnons,  au  catalogue  illustré,  une  repro- 
duction en  photogravure. 

La  seconde  miniature  (f.  13  r<>),  occupant  aussi  la  page  entière,  est 
coupée  horizontalement  en  deux  parties  inégales.  La  partie  supérieure, 
plus  grande  que  Tautre,  offre  une  composition  dont  le  symbolisme  est  peu 
transparent.  Dans  le  haut,  est  la  sainte  Trinité,  entourée  d'un  nuage; 
deux  anges,  jouant  et  chantant,  planent  aux  côtés  du  trône  derrière 
lequel  un  chœur  de  chérubins  resplendit  dans  une  lumière  de  feu.  Au  bas, 
est  agenouillé  un  messager  céleste,  un  sceptre  à  la  main,  les  regards 
tournés  vers  le  groupe  divin.  A  gauche,  une  religieuse  tient  dans  ses 
mains  celles  d'une  jeune  femme,  dont  la  robe  entr'ouverte  laisse  Yoir  une 
jupe  en  brocart  d*or  garnie  d'hermines  ;  elle  est  coiffée  d'un  haut  bonnet 
pointu,  rouge,  à  revers  noirs,  comme  dans  les  deux  miniatures  du  calen- 
drier décrites  ci-dessus.  A  droite,  une  autre  femme,  vêtue  presque 
de  même,  le  bras  droit  armé  d'un  gantelet  de  fer,  et  tenant  dans  la  main 
une  épée  nue,  embrasse  une  femme,  vêtue  à  peu  près  de  même,  mais 
coiffée  d'un  bonnet  pointu  à  bourrelet,  de  couleur  jaune,  et  qni  tient  dans 
la  main  droite  une  sorte  de  dé  sur  les  trois  côtés  duquel  on  lit  les  ini- 
tiales :  a,  p,  X,  Dans  la  partie  inférieure,  décorée  d'un  beau  cadre  archi- 
tectural, de  style  gotliique,  avec  colonnes  surmontées  de  petites  statuettes, 
est  représentée  la  Salutation  Angélique. 

La  troisième  miniature  (f.  22  t^),  renfermée  dans  un  rectangle  cintré 
par  le  haut  (H.  :  0°^,087  ;  L.  :  0°*,058)  a  pour  sujet  la  Visitahon  de  saimti 
Elisabeth.  Dans  ce  charmant  tableau,  le  peintre,  partout  passablement 
réaliste,  a  beaucoup  accentué  la  situation  respective  des  saintes  femmes. 
Derrière  la  Vierge  se  tient  saint  Joseph  appuy'é  sur  un  bâton.  Cette  scène 
se  passe  dans  la  cour  d'un  château  dont  on  admire  l'architecture  pitto- 
resque. 

Dans  la  quatrième  (f.  27  v<*)  est  figurée  une  Nativité.  Au  dehors  de  l'é- 
table,  en  plein  air,  la  Vierge  et  son  époux  sont  agenouillés  devant  l'Enfant 
Jésus  étendu  sur  un  linge.  L'âne  plie  aussi  ses  genoux  devant  lui,  tan- 
dis que  le  bœuf  se  repose  avec  gravité  dans  un  coin.  Derrière  le  mur  de^ 
clôture  se  tiennent  debout  deux  bergers,  et  au  fond  apparaît'  une  cam- 
pagne verdoyante. 

La  cinquième  miniature  (f.  30  r^)  offre  un  ravissant  tableau  de  genre, 
dont  le  sujet  est  I'Annonciation  aux  bergers.  Dans  une  verte  prairie,  om- 
bragée par  des  saule's  et  arrosée  par  un  cours  d'eau  où  nagent  des  oiseaux 
aquatiques,  on  voit  quatre  bergers  et  autant  de  bergères  se  tenant  par  la 
main,  danser  une  ronde  au  son  do  la  musette,  à  côté  de  leur  troupeau 
de  moutons.  Deux  anges  apparaissent  dans  le  ciel  pour  annoncer  la  bonne 
nouvelle. 

Dans  la  sixième  (f.  32  v<*),  I'Adoration  des  mages,  un  des  rois  semble 
représenter  René  de  Lorraine  en  costume  de  l'époque.  La  scène  est  placée 
au  dehors  de  l'étable,  qui  est  copiée,  avec  ses  accessoires  et  son  fond  de 
paysage,  sur  celle  de  la  Nativité, 

La  huitième  (f.  3i  v<>)  a  pour  sujet  la  Présentation  au  TemplIi  ornée 
d'un  beau  cadre  gothique. 

Dans  la  neuvième  (f.  37  r®),  qui  représente  la  Fuife  kn  Égtptb,  le  saint 


THEOLOGIE.  61 

'  cortège  est  accompagné  par  une  jeune  paysanne  portant  un  panier  d'œufs 
sur  sa  tête.  Sur  leur  passage ,  la  statue  d'une  divinité  païenne  roule  de 
son  piédestal.  Au  fond,  apparaît  une  ville  fortifîée,  d*un  aspect  charmant, 
avec  ses  palais,  ses  tourelles  et  les  flèches  de  ses  églises. 

La  dixième  (f.  41  r°)  nous  offre  le  Couronnement  de  la  Vierge,  age- 
nouillée aux  pieds  du  trône  sur  lequel  Dieu  est  assis,  la  tête  ceinte  d'une 
tiare.  Deux  anges  accompagnent  la  Vierge  et  un  troisième  lui  pose  une 
couronne  sur  la  tête  ;  au  fond,  un  chœur  de  chérubins. 

Ces  huit  dernières  peintures  sont  de  même  dimension  et  de  même 
forme.  Chacune  des  pages  qu'elles  ornent  est  entourée  d'une  belle  bor- 
dure, avec  fleurs,  feuillages,  oiseaux,  papillons  et  animaux  fantastiques 

La  onzième  miniature  (f.  47  r®),  de  la  grandeur  de  la  page,  représente 
le  Roi  David  en  prière  devant  l'arche,  dans  le  Tabernacle  de  Jérusalem, 
accompagné  des  lévites  qui  exécutent  un  concert  sacré.  L'œil  se  repose 
agréablement  sur  cette  belle  page  où  tout  est  intéressant,  depuis  la 
savante  disposition  du  tableau,  depuis  les  instruments  de  musique,  tels 
qu'orgue,  harpe,  guitare,  clarinette,  etc.,  jusqu'au  mobilier  et  à  l'archi- 
tecture de  l'enceinte  sacrée. 

La  douzième  (f.  56  r°)  a  pour  sujet  la  Descente  du  Saint-Esprit.  L'in- 
térieur de  la  salle  de  réunion,  éclairé  par  cinq  fenêtres  ogivales,  est  d'un 
charmant  eâet. 

La  dernière  peinture  (f.  58  r®)  offre  un  intérêt  historique  considé- 
rable et  est  la  plus  importante  de  toutes.  Elle  représente  la  BATAILLE 
DE  MO  RAT,  gstgnée  par  René  II  de  Lorraine  sur  Charles  le  Téméraire,  le 
22  juin  1476.  Le  très  grand  nombre  de  personnages  qu'on  fait  participer 
à  l'action  ne  produit  aucune  confusion  dans  ce  tableau,  où  tout  est  sage- 
ment combiné,  où  la  perspective  est  scrupuleusement  observée,  où  les 
transitions  sont  ménagées  avec  art.  Au  fond,  on  voit  le  choc  de  la  cava- 
lerie des^  deux  armées.  Les  Lorrains  et  les  Suisses  sont  à  gauche,  les 
Bourguignons  à  droite.  Le  regard  est  attiré  de  suite  sur  deux  guerriers 
l'un  couvert  d'une  armure  dorée  de  pied  en  cap  et  portant  l'écu  avec  deux 
lions  sur  champ  de  gueules,  l'autre  n'ayant  de  doré  que  son  heaume  et 
sa  cotte  d'armes  et  défendu  par  un  bouclier  armorié  de  deux  chevrons 
d'argent  sur  champ  de  gueules.  Les  lances  en  arrêt,  ils  vont  fondre  l'un 
sur  l'autre.  En  avant  de  la  mêlée  générale,  des  fantassins  s'entr'égorgent  ; 
les  uns  portent  une  veste  violacée  par-dessus  une  cotte  de  maille  et  un 
bassinet  doré  ;  les  autres,  une  veste  bleue  et  un  casque  d'acier  à  visière. 
Au  premier  plan  on  voit  Tenterrement  des  morts  sur  le  lieu  même  de  la 
bataille  ;  les  corps  sont  complètement  dépouillés  de  leurs  vêtements  et 
descendus  tout  nus  dans  des  fosses.  Cette  belle  peinture  est  placée  en  tête 
de  l'office  des  morts. 

Toutes  ces  miniatures  révèlent  chez  leur  peintre  un  talent  peu  commun 
et  une  grande  habileté  de  main.  Malgré  certaines  affinités  avec  l'école  de 
Touraine,  il  s'en  éloigne  sensiblement  sous  beaucoup  d'autres  rapports, 
et  semble  obéir  à  des  traditions  et  à  des  pratiques  différentes,  où  il  faut 
peut-être  voir  des  traits  caractéristiques  d'une  école  angevine,  formée  sous  ' 
les  auspices  de  René  d'Anjou,  roi-artiste.  Nous  sommes  ici  bien  loin  de 
l'éclat  des  coloristes  tourangeaux,  et  les  peintures  y  gagnent  peut-être 
quelque  chose  en  douceur  et  en  poésie.  Dans  les  vêtements,  notre  artiste 


61  MANUSCRITS. 

marque  ane  prédilection  constante  pour  la  nuance  d*nn  lilas  pâle,  et  nn 
peu  moins  pour  le  bleu  de  ciel  ;  toutes  les  autres  couleurs  sont  presque 
exclues  :  Tor,  le  Yerm*illon  et  quelquefois  le  vert  ou  le  noir,  ne  sont  em- 
ployés que  pour  éviter  la  monotonie  particulière  aux  grisailles.  La  dernière 
peinture  est  la  plus  colorée  :  l'artiste  a  senti  combien  la  variété  des  teintes 
relève  une  scène  mouvementée  et  passablement  chargée.  En  un  mot,  ce 
manuscrit  offre  un  caractère  tout  particulier,  et  il  en  existe  sans  doute 
bien  peu  de  similaires. 

Le  texte  est  en  belle  lettre  gothique,  très  régulière,  avec  titres  et 
remarques  en  carmin.  Il  est  orné  d'une  quantité  infinie  d'initiales 
moyennes  et  petites,  les  premières  en  grisaille  sur  fond  d'or  où  brillent 
souvent  des  papillons,  dos  oiseaux,  etc.;  les  autres  en  or  sur  an  fond 
bistre.  Les  bouts  des  'lignes  sont  garnis  de  tirets  peints  en  or  et  en  cou- 
leurs. Le  dernier  feuillet,  resté  en  blanc  à  l'origine,  contient  quelques 
prières  d'une  autre  écriture. 

La  date  de  l'exécution  de  ce  manuscrit  peut  être  fixée  avec  assez  de  pré- 
cision. II  n'est  pas  antérieur  à  l'année  1476,  comme  le  prouve  le  s^jet  du 
dernier  tableau  où  nous  croyons  voir  plutôt  la  bataille  de  Morat,  première 
victoire  du  jeune  duc  de  Lorraine,  que  celle  de  Nancy,  que  Tartiste  n'eût 
pas  manqué  de  représenter  sous  les  murs  d'une  ville.  Il  ne  doit  pas  être 
de  beaucoup  postérieur  à  cette  date,  car  la  figure  de  René  II  de  Lorraine, 
dans  la  première  grande  miniature,  n'accuse  pas  plus  de  vingt  et  quelques 
années:  or,  ce  prince,  né  en  145i,  était  âgé  de  vingt-cinq  ans  lorsqu'il 
infligea  la  première  défaite  à  Charles  le  Téméraire. 

Ce  précieux  volume  a  été  cédé  à  M.  Didot,  en  1866,  par  un  riche  collec- 
tionneur irlandais.  Il  est  fort  bien  conservé,  sauf  quelques  peintures  où  la 
gouache  s'est  légèrement  écaillée  à  certains  endroits. 

22.  HOR-^.  —  In- 12  carré,  de  226  ff.,  dont  le  dernier  est 
blanc  ;  miniatures,  bordures  et  lettres  ornées  ;  mar.  rouge, 
compart.  en  or  et  à  froid;  tr.  dor. ;  fermoirs  en  argent; 
étui  en  veau  fauve  {R.  P.  Sckauye). 

Fort  beau  manuscrit  de  la  seconde  moitié  du  XY*  siècle,  sur  vélin,  exé- 
cuté pour  Antoine,  dit  le  Grand  Bâtard  de  Bourgogne, 

Il  est  orné  de  dix-neuf  grandes  miniatures  et  de  soixANTE-cmo  petitbs. 

Lo  calendrier,  on  français,  écrit  alternativement  en  carmin  et  en  aznr, 
et  quelquefois  en  or,  occupe  les  treize  premiers  feuillets.  Le  scribe,  s'étant 
proposé  d'indiquer  un  nom  pour  chaque  jour  de  Tannée,  sans  la  moindre 
lacune,  y  a  fait  figurer  un  grand  nombre  de  saints  qu'on  aurait  sans  donte 
beau  chercher  dans  des  calendriers  de  beaucoup  d'autres  manuscrits,  tels 
que  :  s.  Metran,  s.  Bride,  s.  Osenne,  s.  Buille,  s.  Presme,  s.  Frofert, 
s.  Candre,  etc.  On  y  trouve  aussi  les  noms  des  deux  saintes  spécialeinent 
vénérées  à  Paris  et  dans  la  région  voisine  :  sainte  Geneviève  et  sainte 
Bathilde  dont  le  nom  est  écrit  Batheuch, 

Les  grandes  miniatures  (H.:  0™,084;  L.:  O^jOSS)  représentent:  !•  s.  Jean 
IV^angmste  (f.  V6  r»);  —  2°  s.  Luc  (f.  17  r*);  —  3°  s.  Matthieu  (l  19  r-);  — 
40  s.  Marc  (f.  21  r^)  ;  —  5»  la  Descente  du  Saint-Esprit  (f.  23  r«)  ;  —  6»  la 
Vierge  avec  l'Enfant  Jésus,  accompagnée  d*anges  jouant  et  chantant 


THEOLOGIE.  63 

(f.  30  y^)',  —■  7<»  la  Vierge  au  croissant  (f.  38  i^);  —  8®  la  Vierge  allaitant, 
accompagnée  d'un  chœur  d'anges  (f.  43  r®)  ;  —  9°  VAnnonciation  (f.  46  r<»)  ; 
-r  lOMa  Visitation  de  sainte  Elisabeth  (f.  70  r«);—  11»  la  Nativité  (f.86  r<»); 

—  12*  l'Annonciation  aux  bei^gers  (f.  93  r<»);  —  13<>  TAdoratton  des  rois 
mages  (f.  100  r°);  —  14°  la  Présentation  de  l'Enfant  Jésus  au  Temple 
(f.  406  r»);  —  15Ma  Fwiee  en  Egypte  (f.  112  r*)  ;  —  16»  le  Couronnement  de 
la  Vierge  (f.  122  ro);  —  17»  le  roi  David  en  prières  (f.  138  r»);  — 18»  un  Sei- 
gneur, richement  vêtu  et  tenant  au  poing  un  faucon,  est  frappé  d'un  javelot 
par  la  Mort  (f.  163  ro);  —  19»  sainte  Barbe  (f.  252  r»). 

Chacune*  de  ces  dix-neuf  pages  est  entourée  d'une  large  bordure,  et 
neuf  d'entre  elles  sont  ornées  de  quatre  médaillons  représentant  des  scènes 
intimement  liées  avec  le  sujet  de  la  miniature  principale.  Plus  d'un  de 
ces  épisodes  est  exprimé  avec  une  naïveté  charmante,  tel  le  roi  David 
debout,  jouant  de  sa  harpe  à  proximité  d'un  grand  baquet  où  Bethsabée 
aux  cheveux  d'or  prend  son  bain  ;  tel  Job  sur  son  fumier  conversant 
avec  un  diable  représenté  avec  des  oomes  sur  la  tête  et  une  jambe  de 
bois,  etc. 

Les  vingt-neuf  autres  petites  miniatures  sont  renfermées  dans  de  belles 
lettres  capitales,  de  grandeur  inégale  variant  entre  28  et  38  millim.  de 
hauteur  sur  28  et  40  millim.  de  largeur.  En  voici  les  sujets:  !•  une  céré- 
monie de  Funérailles  (f.  174  r°);  —  2®  la  Vierge  glorieuse  (f.  221  r^);  — 
3°  la  Rencontre  de  Joojchim  et  de  sainte  Anne  à  la  Forte  dorée  (f.  223  r«)  ;  — 
4»  {'Enfant  Jésus  jouant  avec  un  cheval  de  bois  en  présence  de  la  sainte 
Vierge  (f.  224  v«)  ;  —  S*  buste  de  sainte  Vierge  allaitant  (f.  225  r«)  ;  — 
6®  la  Vierge  debout  avec  l'Enfant  Jésus  (f.  226  r»)  ;  —  1^  le  Corps  de  Jésus 
crucifié  reposant  sur  les  genoux  de  sa  mère  (f.  227  r<»)  ;  —  8**  la  Salutation 
angélique  (f.  229  r°)  ;  —  9<>  s*®  Véronique  avec  le  saint  suaire  (f.  230  r»)  ; 

—  lOMa  Trinité  (f.  231  v»);  —  11  <>  la  Toussaint  (f.  232  v»);  —  12»  s. 
Fierre  et  s.  Faul  (f.  233  v»);  —  13<»  s.  Jean-Baptiste  (f.  234  v*);  — 
14»  s.  Jean  l'évangéliste  (f.  235  r»);  —  IS*»  s.  Jacques  (f.  236  r«);  —  ^ 
160  5,  Adrien  (f.  237  r»);  —  17°  s.  Sébastien  (f.  238  r*) ;  —  18o  s.  Georges  ' 
(f.  239  v»);  —  190  s.  Christophe  (f.  240  v»);  —  20*  5.  Antoine  (f.  242  r»);  — 
21»  s.  Nicolas  (f.  243  r»);  —  22°  s.  Michel  (f.  244  r»);  —  23°  s,  Gilles 
(f.  245  r*»)  ;  —  W  s'«  Anne  et  la  Sainte  Vierge  avec  l'Enfant  Jésus  (f.  246  r*); 

^—  250  fi*«  JBarôe  (f.  247  r^)  ;  —  26°  s*«  Suzanne  (f.  248  r»)  ;  —  27°  s*«  Catherine 
'(f.  249  r*);  —  28o  s'«  Marie-Madeleine  (f.  250  r»);  —  29°  s*^  Marguerite 
(f.  251  r®).  Chacune  des  pages  ornées  de  ces  miniatures  est  décorée  sur  les 
trois  côtés  d'une  bordure  composée  d'enroulements  de  feuillages  ;  la  page 
verso  du  f.  257,  quoique  ornée  d'une  initiale  non  historiée,  porte  une 
bordure  semblable. 

Toutes  ces  peintures  sont  le  produit  d'un  art  bien  français.  Elles  ont 
été  largemer)t  exécutées  par  un  habile  artiste,  qui  avait  le  sentiment 
de  la  couleur,  ainsi  qu'on  peut  en  juger  entre  autres  par  le  tableau  placé 
à  la  fin,  représentant  sainte  Barbe  en  pied.  Les  riches  intérieurs  de  cer- 

m 

taines  miniatures  sont  traités  avec  finesse  en  camaïeu  d'or;  les  paysages 
sont  charmants  et  révèlent  une  connaissance  complète  de  la  perspective. 
Leg  petites  compositions  ont  les  mêmes  qualités  de  dessin  et  de  coloris  que 
les  grandes. 

Le  texte ,  écrit  en  grosse  bâtarde  du  XV^  siècle^  est  orné  de  plus  de 


64  MANUSCRITS. 

1,800  belles  initiales  de  plusieurs  dimensions,  peintes  en  or  ou  en  cou- 
leurs, avec  des  fonds  diaprcs  et  des  appendices  filiformes. 

Les  armes  de  Bourgogne,  brisées  de  la  barre  de  bâtardise,  figurent 
dans  trois  bordures  (if.  43,  100,  ^51  );  dans  d'autres,  on  lit,  à  vingt-six 
endroits  différents,  la  devise  du  Grand  Bâtard  de  Bourgogne  :  Nul  ne  ti 
frotCj  qui  accompagne  presque  toujours  son  emblème  figurant  nne  bar- 
bacanc  d'où  jaillissent  des  flammes.  Olivier  de  la  Marche,  poète  et  chro- 
niqueur contemporain  à  la  cour  de  Bourgogne,  décrit  ainsi ,  dans  ses 
mémoires,  la  housse  que  le  cheval  du  Grand  Bâtard  portait  au  Pas  d*armes 
tenu  à  Bruges  en  i468,  à  l'occasion  du  mariage  de  Charles  le  Téméraire 
avec  Marguerite  d'York  :  «  SailUt  le  chevalier  à  l'Arbre  d'Or,  son  cheval 
«  couvert  de  velours  tanné,  à  grandes  barbacannes  de  fil  d'or  en  brodare, 
«  et  lettres  de  niesme  à  sa  devise,  et  d'icelles  barbacannes  issoyent  flammei 
a  de  feu,  » 

Antoine,  bâtard  de  Bourgogne,  fils  de  Philippe  le  Bon  et  de  Jeanne  de 
Presles,  et  frère  naturel  do  Charles  le  Téméraire,  ne  s'est  pas  seulement 
rendu  célèbre  par  ses  exploits  guerriers  et  dans  les  tournois,  mais  aussi 
par  son  amour  pour  les  lettres  et  les  beaux-arts.  De  sa  riche  bibliothèque, 
il  ne  reste  aujourd'hui  que  quelques  épaves,  souvent  de  premier  ordre,  par 
exemple  le  célèbre  manuscrit  do  Froissart,  conservé  à  Breslaa.  Fait  pri- 
sonnier à  la  bataille  de  Nancy,  en  H77,  le  Grand  Bâtard  de  Bourgogne  se 
mit  au  service  de  Louis  XI  et  devint  duc  de  Châtean-Thierry  en  1478. 
C'est  à  une  époque  postérieure  à  cette  date  que  nous  rapportons  l'exécu- 
tion de  ce  livre  d'heures  qui  est,  comme  nous  l'avons  dit,  un  produit  de 
l'art  français  et  que,  d'après  certains  indices,  nous  croyons  avoir  été  fait 
à  Paris  môme  :  un  livre  d'heures  qui  aurait  été  exécuté  pour  ce  person- 
nage au  temps  où  il  résidait  dans  les  États  de  Bourgogne,  l'eût  sans 
doute  été  par  un  iirtiste  tlaniand,  et  on  n'y  trouverait  pas  au  calendrier  le 
nom  de  sainte  Geneviève,  patronne  de  Paris. 

Les  fermoirs  en  argent  proviennent  de  la  reliure  primitive,  qui  n'au- 
rait pas  été  conser>'ée  à  cause  de  sa  dégradation,  et  qu'on  a  remplacée 
par  une  lourde  reliure  flamande. 

Kn  tète  du  volume  a  été  placée  une  note  bien  insignifiante,  écrite  de 
la  main  de  M.  Pieters,  son  dernier  possesseur.  Elle  a  été  reproduite  dans 
le  catalo;?uo  de  sa  bibliothèque,  dont  la  vente  a  eu  lien  à  Gand  en  mai 
1864,  et  elle  y  est  accompagnée  d'une  reproduction  au  trait  de  la  page 
entière  contenant  la  miniature  de  la  Pentecôte  (f.  23  r*).  Le  volume  a  été 
chaleurcuseinont  disputé  en  raison  de  sa  provenance  célèbre,  de  sa 
richesse,  et  de  sa  conservation  iiréprochable  :  il  fut  acquis  par  M.  Didot 
pour  la  somme  de  4,085  fr.,  non  compris  les  frais. 

23.  HEURES.  —  Pet.  in-S  carré,  de  ao6  ff.;  miniatures, 
bordures  et  lettres  ornées;  mar.  brun  à  riches  compart*^ 
avec  des  fleurs  de  lis  et  une  devise,  tr.  dor.  (rel.  du 
XVr  siècte). 

Précieux  manuscrit  sur  vklin,  exécuté  en  France  &  la  fln  du  XV*  siècle 
et  qui  a  appartenu  à  la  reine  MAIIIE  STUART. 

Le  calendrier,  qui  occupe  les  douze  premiers  feuilietS|  est  écrit  en  or, 


THÉOLOGIE.  65 

en  carmin  et  en  outremer.  Chacun  de  ces  feuillets  est  décoré,  sur  le  côté 
recto,  d'une  bordure  à  angle  droit  qui  s'étend  de  la  marge  du  haut  à  la 
marge  extérieure,  et  renferme  dans  cette  dernière  partie  une  petite  mi- 
niature en  hauteur,  ayant  pour  sujet  un  des  signes  du  zodiaque,  tandis 
qu'au  bas  de  la  page  une  miniature  plus  grande,  en  largeur,  offre  la 
représentation  traditionnelle  d'un  épisode  de  la  yie  des  champs  ou  du 
château.  Le  côté  verso  est  orné  d'une  bordure  qui  occupe  les  trois 
marges  extérieures.  L'ornementation  de  chacune  de  ces  bordures  est  diffé- 
rente. 

Le  texte  de  ce  calendiier  est  assez  semblable  à  celui  du  Uvre  d'Heures 
du  Grand  Bâtard  de  Bourgogne,  qui  précède;  il  est  aussi  au  grand  com- 
plet sans  aucune  lacune,  et  contient  à  peu  près  les  noms  des  mêmes  saints, 
mais  dans  une  autre  forme  dialectale.  Ainsi  on  y  lit:  Désir  au  Iieu.de 
Desier,  Odouart  axi  lieu  d'Édouart,  Eufenie  au  lieu  à'Yfeme,  Emoui  au  lieu 
d'Amouly  Pierre  au  lieu  de  Père,  Affradose  au  lieu  d'Offradoxe,  Osonans 
au  lieu  d'Osenne,  etc.  On  y  trouve  en  outre  les  noms  suivants,  qui  man- 
quent dans  l'autre  :  s'«  Arragonde  (pour  Radegonde),  s,  Psalmon  (pour 
Salmon)j  s.  Beath,  s.  Genon,  s'«  Venice,  s.  Hytèche,  s.  Ludan,  etc. 

En  dehors  de  vingt-quatre  miniatures  du  calendrier,  ce  livre  d'Heures 
est  enrichi  de  vingt  grandes  miniatures,  dont  cinq  sont  accompagnées 
chacune  de  quatre  sujets  marginaux,  et  de  dix  petites  miniatures,  ce  qui 
présente  un  ensemble  de  soixante-quatorze  peintures. 

Voici  les  sujets  des  grandes  miniatures  :  1°  s.  Jean  Vévangéliste  à  Vile 
de  Patmos  (f.  13  r^);  —  2**  s.  Luc  (f.  15  v*);  —  S*  s.  MaUhieu  (f.  17  v»)  ;  — 
-4®  s.  Marc  (f.  19  r<»);  —  o*»  la  Sainte  Vierge,  assise  avec  l'Enfant  Jésus, 
accompagnée  de  deux  anges  qui  jouent  (f.  21  r°);  —  6°  Jésus  crucifié  sur 
les  genoux  de  sa  mère  (f.  26  r®)  ;  —  1^  V Annonciation  (f.  31  r«)  ;  elle  est 
accompagnée,  en  guise  de  cadre,  de  quatre  miniatures  marginales  qui 
représentent  ;  a.  la  Rencontre  de  Joachim  et  d'Anne  à  la  Porte  dorée  ;  b.  Joa- 
chim  et  Anne  apportant  au  Temple  Voffrande  d'un  agneau  ;  c.  la  Naissance 
de  la  Vierge;  d.  la  Présentation  de  la  Vierge  au  Temple;  —  8®  la  Visitation 
de  sainte  Elisabeth  (f.  57  r^);  —  9°  la  Nativité  (f.  69  v*)  ;  —  10»  l'Annoncia- 
tion aux  bergers  (f.  76  r»);  —  11°  l'Adoration  des  mages  (f.  81  r^);  —  12*»  la 
Présentation  de  l'Enfant  Jésus  au  Temple  (f.  85  v°);  —  13»  la  Fuite  en 
Egypte  (f.  90  r°);  —  14»  le  Couronnement  de  la  Vierge  (f.  96  v»);  —  15»  le 
Jugement  dernier  (f.  103  r»),  avec  quatre  miniatures  marginales  :  a.  David 
jouant  de  la  harpe  devant  le  roi  Saùl;  b.  le  roi  David  en  prière;  c.  une 
Bataille;  d.  un  Messager  remettant  une  lettre  à  David;  —  16»  Jésus  crucifié 
(f.  122  V»),  avec  quatre  miniatures  marginales  :  a.  l'Arrestation  de  Jésus; 
b.  Jéstis  devant  Pilate;  c.  la  Flagellation;  d.  le  Portement  de  croix;  —  17»  la 
Descente  du  Saint-Esprit  (f.  130  v»),  avec  quatre  miniatures  marginales: 
a.  le  Baptême  de  Jésus;  b.  un  Apôtre  administrant  le  baptême;  c.  un  Apôtre 
préchant  l'évangile;  d.  la  Dispersion  des  apôtres;  —  18»  la  Mort  d'un  juste 
(f.  137  r»),  avec  quatre  miniatures  marginales  :  a.  la  Confession;  b.  VEnse- 
velissement  du  mort  dans  un  drap  ;  c.  le  Transport  du  cercueil  par  quatre 
religieux;  d.  l'Enterrement;  —  19»  la  Sainte  Vierge  avec  l'Enfant  Jésus  et 
deux  anges  jouant  (f.  187  v»);  —  20»  la  Sainte  Trinité  (f.  194  r»).  Ces 
miniatures  ont  la  forme  d'un  rectangle  cintré  par  le  haut,  et  leurs  dimen- 
sions vaiient  entre  88  et  90  millimètres  de  hauteur  et  52  et  63  millimètres 

5 


66  MANUSCRITS. 

de  largeur.  Celles  qui  ne  sont  pas  accompagnées  de  sujets  marginaux 
ont  à  leur  place  une  large  bordure. 

Les  petites  miniatures  représentent:  1<*  s.  Michel  terrassant  le  dragon 
(f.  198  ro);  —  2»  s.  Jacques,  l'apôtre  (f.  198  V»);  —  S»  s.  Christophe 
(f.  199  v»);  —  4»  s.  Sébastien  (f.  200  v<>);  —  5o  la  Décollation  de  s.  Jean- 
Baptiste  (f.  201  v»);  —  6»  s.  Antoine  (f.  202  v«);  —  7»  la  Décapitation  de 
sainte  Catherine  (f.  203  t*^)  ;  —  8®  s'«  Geneviève,  avec  le  diable  qui  éteint 
son  cierge  à  l'aide  d'un  soufilet,  et  l'ange  qui  le  rallume  ;  au  fond,  une 
'vue  de  Paris  (f.  205  r*»);  —  9®  Jésus  apparaissant  à  Marie-Madeleine 
(f.  204  v<>)  ;  —  lOo  s'*  Marguerite  (f.  205  v«).  De  ces  miniatures,  la  1",  la 
6®  et  la  dernière  forment  un  rectangle  cintré  par  le  haut,  et  ont  63  mil- 
limètres de  hauteur;  les  autres,  de  forme  presque  carrée,  ont  45  à  46  mil- 
limètres de  hauteur  sur  39  à  41  de  largeur. 

L'art  de  ces  peintures  appartient  à  la  même  école  que  celui  des  Hem^s 
du  Grand  Bâtard  de  Bourgogne,  mais  le  pinceau  de  l'artiste  qui  les  a  exé- 
cutées a  ici  plus  de  (inesse  et  plus  d'éclat  dans  le  coloris.  Le  talent  de 
composition  incontestable  se  révèle  plus  particulièrement  dans  les  minia- 
tures marginales,  où,  dans  un  petit  espace,  le  peintre  a  souvent  su  groa- 
per  avec  art  un  assez  grand  nombre  de  personnages.  La  présence  de 
l'image  de  sainte  Geneviève,  patronne  de  Paris,  accompagnée  de 
prières  spéciales,  et  le  caractère  général  de  ces  peintures  prouvent  qu'il 
faut  les  ranger  au  nombre  des  produits  de  l'art  parisien. 

Chacune  des  pages  du  texte  est  ornée,  sur  la  marge  extérieure,  d'un 
montant  de  bordure  décoré  avec  goût,  où  la  tlore  et  la  faune  se  com- 
binent avec  de  beaux  rinceaux  peints  en  or  et  en  azur  ;  le  dessin  de  ces 
compositions  varie  à  chaque  feuillet.  Le  texte  est  en  outre  orné  de  plu- 
sieurs milliers  d'initiales  richement  enluminées  et  de  tirets  [diaprés  qui 
garnissent  les  bouts  des  lignes.  Il  est  écrit  en  beaux  caractères  gothiques, 
avec  les  titres  en  bleu.  Au  f.  187  v®  commence  le  texte  français  de  Quini^ 
Joyes  de  la  sainte  Fierge,  suivi  (f.  194  r*»)  des  Sep*  requestes  adressées  ^ 
Dieu  et  terminées  par  une  prière  à  la  sainte  croix,  en  vers  français  (f.  197)- 

La  reliure  de  ce  volume  est  du  plus  beau  style  Grolier.  Le  dos  port^ 
un  semis  de  fleurs  de  lis,  et  dix  fleurs  de  lis  isolées  figurent  sur  chacun  des 
plats,  au  centre  desquels  on  lit  cette  devise  :  Humilité  je  prise ^  accompa^ 
gnée  au-dessus  et  au-dessous  de  la  date  de  1558.  Or,  c'est  précisément 
l'année  du  mariage  de  Marie  Stuart  avec  François  II,  et  la  reine,  aprè5 
la  mort  de  ce  prince,  a  dû  emporter  ce  livre,  avec  beaucoup  d'autres,  car 
il  provient  îl'une  famille  d'Ecosse  où  traditionnellement  il  était  transmis 
de  père  en  fils  comme  un  précieux  souvenir  de  cette  belle  et  infortunée 
princesse.  Il  est  clair  qu'il  n'avait  pas  été  fait  spécialement  pour  elle  qui 
ne  vint  au  monde  qu'en  1544,  tandis  que  son  exécution  parait  remonter 
à  la  période  comprise  entre  l'année  1480  et  la  fin  du  siècle.  On  trouvera, 
au  catalogue  illustré,  la  reproduction  de  cette  belle  reliure. 

24.  HORiE.  —  ln-8  carré,  de  i85ff.  ;  miniatures,  bordures 
et  lettres  ornées  ;  mar.  rouge,  doré  en  plein  à  petits  fers, 
tr.  dor.  (?  Eue). 

Charmant  manuscrit  sur  vélin,  exécuté  en  France  dans  la  seconde 
moitié  du  XY^  siècle. 


THÉOLOGIE.  67 

Il  est  orné  de  cinq  grandes  miniatures  et  de  soixante-dix-hdit  petites. 

Dans  le  calendrier,  qui  occupe  les  douze  premiers  feuillets,  et  qui  est 
écrit  en  français,  en  or,  azur  et  carmin,  on  remarque  les  noms  de 
6".  Lomer,  s.  Bandent,  s,  Mettran,  s.  Desier^  s,  Verain,  s'«  Venice,  s,  Boutoul, 
s.  Mondain,  s.  Mathelin,  s,  lybault,  s.  Osonans,  s.  Fiacre,  s.  Godegrand, 
s,  Fauste,  etc. 

Les  cinq  grandes  miniatures  (H.  :  0™,079;  L.  :  0",048)  ont  pour  sujets  : 
i®  V Annonciation  (f.  28  r»);  —  2^  le  roi  David  en  prières  (f.  67  r»);  — 
3«  Jésus  en  a'oix  (f.  34  r»)  ;  —  4°  la  Descente  du  Saint-Esprit  (f.  88  r^)  ;  — 
5®  la  Mortj  armée  d'une  flèche,  poursuivant  un  homme,  qui,  pour  lui  échap- 
per, se  précipite  dans  un  fleuve  ;  dans  un  cartouche,  au-dessus,  on  lit  ces 
deux  vers  : 

Tous  ceulx  qui  sont  et  seront 
Par  ce  pas  mortel  passeront. 

Les  petites  miniatures  représentent  :  1®  s,  Jean  (f.  13);  —  2®  s.  Luc 
(f.  14);  —  30  s.  Matthieu  (f.  15)  ;  —  4°  s.  Marc  (f.  17);  —  î)^  l'Arrestation  de 
Jésus  (f.  18);  —  6®  la  Visitation  de  sainte  Elisabeth  (f.  37);  —  7°  la  Nativité 
(f.  47); —  S^  V Annonciation  aux  bergers  (f.  51); —  9°  V Adoration  des 
Mages  (C.  54);  —  lu*»  la  Présentation  au  temple  (f.  57);  —  11°  le  Massacre 
des  innocents  (f.  60);  —  12°  le  Couronnement  de  la  Vierge  (f.  62);  —  13®  la 
Vierge  adorée  par  les  saints  (f.  119);  —  14°  la  Vierge  instruisant  VEnfant 
Jésus  que  soutient  un  ange  (f.  121);  —  15°  la  Vierge  à  la  pomme,  (f,  122); — 
16°  la  Vierge  au  croissant  (f.  124);  —  17°  la  Vierge  au  navire  (f.  125);  — 
18°  la  Vierge  glorieuse  {î.  127);  —  19°  la  Vierge  assise,  tenant  l'Enfant 
Jésus  (f.  128);  —  20°  la  Vierge  apprenant  à  lire  à  l'Enfant  Jésus  (f.  132); 
—  21°  Jésus  crucifié,  sur  les  genoux  de  sa  mère  (f.  135);  —  22°  s.  Ber- 
nard (f.  136);  —  23°  Dieu  le  père  entouré  de  chérubins  (f.  137);  —  24°  la 
Trinité,  représentée  soas  la  figure  de  trois  personnages  (f.  138);  — 
25°  Jésus-Christ  tenant  un  rameau  à  la  main  (f.  139);  —  26°  Jésus  en  croix, 
au  pied  de  laquelle  est  agenouillé  un  personnage  (f.  141);  —  27°  VEnfant 
Jésus  portant  les  instruments  de  la  passion  (f.  142)  ;  —  28°  Jésus  portant  sa 
croix  (f.  145);  —  29°  le  Couronnement  d'épines  (f.  147);  —  30°  Jésus  dans  sa 
gloire  (f.  147  v°);  —  31°  la  Flagellation  (f.  148);  —  32°  Dieu  le  père  dans  sa 
gloire  (f.  148  v°);  —  33°  un  Personnage  à  genoux  devant  Dieu  (f.  149);  — 
34°  le  Mariage  mystique  de  sainte  Catherine  (f,  151);  —  35°  sainte  Catherine 
au  milieu  des  docteurs  (f.  151  v°);  —  36°  la  Flagellation  de  sainte  Catherine 
(f.  152);  37°  sainte  Catherine  convertissant  une  reine  et  un  nommé  Prophyre 
(f.  153);  —  38°  sainte  Catherine  devant  la  roue  (f.  154);  —  39°  la  Décolla- 
tion de  sainte  Catherine  (f.  154  v°);  —  40°  les  Anges  emportant  au  ciel  le 
corps  de  sainte  Catherine  (f.  155);  —  41°  sainte  Catherine  devant  son  pu- 
pitre (f.  156);  —  42°  le  Baptême  de  Jésus-Christ  (f.  157);  —  43°  la  Descente 
du  Saint-Esprit  (f.  1 58)  ;  —  44°  un  Personnage  embrassant  le  crucifia  que 
lui  tend  un  prêtre  devant  l'autel  (f.  158  v°);  —  45°  s.  Michel  (f.  159);  — 
46°  s.  Pierre  devant  lequel  est  agenouillé  un  personnage  (f.  159  v°);  —  47°  le 
MaHyre  de  saint  Paul  (f.  160);  —  48°  s.  André  (f.  160  v°);  —  49°  s.  Jacques 
(f.  161);  —  50°  s.  Jean-Baptiste;  au  fond,  une  charmante  vue  d'une  grande 
ville  (f.  161  v°);  —  51°  le  Martyre  de  saint  Etienne  (f.  162);  —  52°  s.  Denis, 


68  MANUSCRITS. 

s.  Georges,  s,  Christophe,  s.  Biaise,  s.  Gilles  (f.  162  v®);  —  53*  «.  Antoine 
(f.  463);  —  54»  s,  Sébastien  (f.  164);  —  55»  s.  C^mtop^ic  (L  166);  — 
56»  s.  jEttirope  (f.  167);  —  57*  s.  Nicolas  (f.  167  v»);  — 58»5.  Fiacre  (f.  168); 

—  59»  s.  Julien  (f.  168  v«);  —  60»  s.  Cdme  et  s.  Damien  (f.  169);  —  61»  5. 
Gatien  (f.  169  v»);  —  62»  s.  Martin  (f.  170);  —  63»  s.  Avertin  (f.  171);  — 
64»  s.  Laurent  (f.  171  v»);  —  6o»  5.  Claude  (f.  172);  —  66«  8.  Mathurin 
(f.  173);  —  67»  s.  Corneille  et  s,  Cyprien  (f.  174);  —  68»  le  Martyre  de 
s.  Thomas-Becket  (f.  174  v»);  —  69»  5.  Anthelme  (f.  175);  —  70«  sainte  Anne 
instruisant  la  Vierge  (f.  175  v»);  —  71»  Jéms  apparaissant  à  Marie-Made- 
leine (f .  1 76)  ;  —  72»  sainte  Marguerite  (f .  1 76  v»)  ;  —  73»  sainte  Barbe  (t.  1 77); 

—  74»  sainte  Apolline  {t  177  v»);  —  75»  sainte  Radegonde  (f.  178);  — 
76»  la  Trinité  (f.  179);  —  77»  Trois  Personnages  agenouillés  devant  tm  autel 
(f.  182);  —  78»  la  Descente  du  Saint-Esprit  (f.  183). 

Voilà,  certes,  une  riche  iconologie  des  saints,  et  (l*antant  plus  remar- 
quable que  les  petites  miniatures,  dont  les  dimensions  varient  entre  24  et 
28  millim.  de  hauteur,  et  20  et  33  millim.  de  largeur,  sont  touchées  ayec 
beaucoup  d'art  et  de  finesse. 

Toutes  les  pages  du  texte,  qui  est  écrit  avec  soin  et  orné  d'on  très 
grand  nombre  d'initiales  et  de  tirets  enluminés,  portent  à  la  marge 
extérieure  une  large  bordure  composée  avec  goût.  Les  cinq  pages 
décorées  de  grandes  miniatures  sont  renfermées  dans  des  encadrements 
d'une  ornementation  encore  plus  riche,  où  la  faune  et  la  flore  sont  habile- 
ment associées.  Le  texte  contient  beaucoup  de  proses  latines. 

Les  miniatures  de  ce  volume  n'ont  pu  être  exécutées  que  par  nn  de  nos 
meilleurs  peintres.  Leur  style  se  rapproche  sensiblement  de  celui  des  minia- 
turistes parisiens  ;  toutefois,  comme  sainte  Geneviève,  patronne  de  Pans, 
n'a  point  ici  été  représentée  parmi  les  nombreuses  effigies  des  saintes,  et 
que  son  nom  ne  figure  même  pas  au  calendrier  où  Ton  tronve,  an  con- 
traire, bon  nombre  de  saints  vénérés  particulièrement  dans  la  région  plus 
septentrionale  de  la  France  ;  et  que  d'un  autre  côté  la  miniature  du  f.  121 
représente  Notre-Dame  de  Laon,  accompagnée  d'une  prière  spéciale  (Oratio 
ante  nostram  Dominam  de  Loduno),  on  est  amené  à  en  conclure  que  notre 
manuscrit  a  dû  être  exécuté  dans  cette  contrée.  Celui  qui  Tavait  commandé 
est  représenté  dans  cinq  peintures  (la  26»,  la  33»,  la  44»,  la  46*  et  la  77»), 
mais  aucun  indice  ne  permet  de  dévoiler  son  anonymat;  tout  au  plus,  de 
l'absence  de  tout  emblème  héraldique  et  aussi  du  costume  des  person- 
nages, pourrait-on  inférer  que  ce  devait  être  non  pas  un  gentiUionuDie, 
mais  un  riche  roturier. 

La  conservation  de  ce  charmant  manuscrit  est  parfaite  et  les  peintures 
sont  d'une  rare  fraîcheur.  Il  est  couvert  d'une  fort  jolie  reUnre  da 
XVI»  siècle,  qui  est  bien  dans  le  style  de  celles  qu'on  attribue  à  l'un  des  Ere. 

25.  HEURES.  —  Pet.  in-8  carré,  de  i44  C;  miniatures, 
bordures,  lettres  ornées;  ais  de  bois  recouverts  de  Ydoiirs 
rouge,  tr.  dor. 

Manuscrit  de  toute  beauté,  sur  vélin,  exécuté  en  Franee  dans  la  se- 
conde moitié  du  XV"  siècle,  pour  CATHERINE  D'ARMAGNAC^  épousa  de 
JEAN  II,  dit  le  Bon,  duc  DE  BOURBON. 


i  1^ 


THÉOLOGIE,  69 

Il  est  orné  de  vingt-quatre  petites  MiNiATUitES  au  calendrier  et  de 
TREIZE  GRANDES  MINIATURES.  Le  Calendrier,  écrit  en  noir  et  en  bleu,  occupe 
les  six  premiers  feuillets.  Chacune  de  ses  pages  est  ornée,  sur  le  côté  ex- 
térieur, en  regard  du  texte,  d'un  montant  de  bordure  divisé  verticalement 
en  trois  compartiments  égaux,  dont  les  dimensions  ne  dépassent  pas 
78  millim.  de  hauteur,  sur  21  millim.  de  largeur.  Les  compartiments  supé- 
rieurs renferment  de  petits  sujets  relatifs  aux  travaux  des  populations 
rurales  ou  aux  distractions  de  la  vie  seigneuriale;  les  compartiments 
inférieurs  représentent  les  signes  du  zodiaque  ;  ceux  du  milieu,  servant 
de  démarcation,  sont  garnis  de  touffes  de  plantes  fleuries,  sur  fond  d*or, 
et  le  même  motif  se  répète  deux  fois  de  suite.  Ces  charmantes  peintures 
fournissent  des  spécimens  variés  des  costumes  des  deux  sexes. 

Dans  le  calendrier,  qui  est  en  latin,  on  remarque  les  noms  de  :  s,  Aldric 
évoque  du  Mans  (7  j^nv.),  s.  Julien,  premier  évêque  du  Mans  (27  janv.), 
s,  Aubin,  évoque  d'Angers  (!•'  mars),  s.  Tiburce,  évêque  du  Mans 
(16  avril),  s,  Liboire,  évêque  du  Mans  (9  juin),  s,  Pavace,  évêque  du  Mans 
(24  juill.),  s.  Maurille,  évêque  d'Angers  (13  sept.),  s,  René,  désigné 
comme  évêque  d'Angers  (12  nov.).  Chacun  de  ces  noms  étant  excep- 
tionnellement suivi  de  la  mention  du  siège  épiscopal  occupé  par  le 
saint,  il  faut  en  conclure  que  ce  manuscrit  a  été  écrit  dans  ie  Maine  ou 
dans  l'Anjou. 

Les  grandes  miniatures,  exécutées  par  une  autre  main  que  celles  du 
calendrier,  offrent  un  échantillon  de  ce  que  l'art  français  au  XV*  siècle  a 
produit  de  plus  parfait.  Leur  forme  est  celle  d'un  parallélogramme  cintré 
par  le  haut  (H.  :  0«»,074;  L.  :  0«»,048). 

La  première  (f.  27  r«),  qui  a  pour  sujet  I'Annonciation,  est  un  chef- 
d'œuvre  d'expression  et  de  grâce.  L'architecture  du  temple  où  se  passe  la 
scène  est  très  riche.  (Voir  une  reproduction  au  catalogue  illustré.) 

La  seconde  (f.  41  v°)  représente  la  Visitation  de  sainte  Elisabeth.  Une 
douce  joie  se  peint  sur  les  traits  de  la  Vierge,  à  la  blonde  et  ample  che- 
velure, avec  laquelle  contraste  vivement  la  figure  réjouie  de  sainte  Elisa- 
beth agenouillée.  Le  paysage  est  ravissant  et  la  perspective  est  par- 
faite; les  maisons,  en  bois,  avec  leurs  pignons  et  leurs  cheminées 
rondes ,  comme  on  en  voit  tant  en  Touraine,  apparaissent  au  milieu  des 
arbres. 

La  troisième  (f.  51  r<»)  est  une  Nativité.  L'Enfant  Jésus,  étendu  à  terre 
et  entouré  d'une  auréole  lumineuse,  reçoit  aussi  des  rayons  célestes  à 
travers  le  toit  délabré  de  la  crèche^  La  Vierge  est  agenouillée  et  en  ado- 
ration. Saint  Joseph,  à  la  figure  expressive,  se  découvre.  L'aurore  qui 
commence  à  poindre  ne  fait  qu'augmenter  l'effet  mystérieux  de  cette  scène 
sublime  que  des  bergers  viennent  contempler  par  une  ouverture. 

La  quatrième  (f.  55  r°)  représente  I'Annonciation  aux  bergers.  L'effet 
de  nuit,  accompagnement  obligatoire  de  cet  épisode,  n'a  peut-être  nulle 
part  été  aussi  bien  rendu  et  avec  autant  de  poésie  que  dans  ce  petit  chef- 
d'œuvre.  L'ange  lumineux  apparaît  dans  toute  la  splendeur  d'un  or  écla- 
tant qui  se  détache  sur  un  ciel  d'un  bleu  sombre  où  brillent  les  étoiles.  Le 
profil  des  trois  bergers  et  d'une  bergère,  assis  autour  d'un  feu  auquel  la 
lumière  céleste  a  fait  perdre  son  éclat,  ressort  vigoureusement  grâce  à  la 
pureté  du  dessin.  Le  paysage  est  charmant;  il  nous  montre,  à  droite,  un 


70  MANUSCRITS. 

château  fort  dominant  une  hauteur  sur  le  versant  de  laquelle  patt  un 
troupeau  de  [moutons,  tandis  qu*au  fond,  à  gauche,  au  pied  des  coteaux 
bleuâtres,  un  fleuve  coule  paisiblement  à  travers  les  îles. 

Dans  la  cinquième  (f.  59  r**),  nous  assistons  à  rÀDORATiON  des  Mages. 
L'artiste  fait  contraster  ici  l'effet  du  crépuscule  avec  celui  de  Taurore  du 
tableau  de  la  Nativité.  Au  fond,  le  soleil  couchant  éclaire  de  ses  derniers 
rayons  la  silhouette  des  édifices  d'une  ville.  Le  regard  de  la  Vierge  est 
concentré  sur  son  fils,  qu'elle  tient  sur  ses  genoux  et  qui  tend  ses  bras 
vers  la  coupe  que  lui  présente  un  des  rois  mages. 

La  sixième  (f.  62  v<>)  a  pour  sujet  la  Présentation  de  l'Enfant  Jésus  au 
Temple.  La  belle  ordonnance  de  la  composition,  l'attitude  des  nombreux 
personnages  qui  assistent  à  cette  cérémonie,  l'expression  des  tdtes,  la 
perfection  de  l'exécution  et  la  beauté  du  coloris  attestent  un  artiste 
consommé.  « 

Dans  la  septième  (f.  66  r^),  qui  représente  la  Fuite  en  Égtpte,  ioat  est 
en  pleine  lumière.  L'expression  du  visage  de  saint  Joseph,  plein  de  ten- 
dresse et  de  sollicitude  pour  la  Vierge,  tenant  son  fils,  et  dont  il  guide  la 
monture,  est  touchante.  Le  paysage  du  fond  est  d'un  effet  charmant. 

La  huitième  (f.  72  t^)  nous  offre  I'Assomption  de  la  Vibhgb.-  Drapée 
dans  un  voile  doré  aux  plis  dessinés  simplement,  mais  où  l'artiste  a 
montré  son  habileté,  la  Vierge  s'éfève  vers  le  ciel,  enveloppée  de  rayons 
et  portée  sur  un  plateau  d'azur  que  soutiennent  des  anges  dont  on  ne 
voit  que  les  charmantes  têtes,  ceintes  d'un  léger  bandeau  surmonté  d'une 
croix.  Aux  deux  côtés  de  la  Vierge,  deux  anges  vêtus  de  blanc  se  déta- 
chent sur  le  ciel  et  tiennent  une  couronne  au-dessus  de  sa  tête.  Dans 
le  haut  de  cette  belle  composition  est  Dieu  le  père,  entouré  de  diè- 
rubins.  L'admirable  expression  de  la  tête  de  la  Vierge,  malgré  l'exiguïté 
des  dimensions,  inspire  une  vive  émotion. 

La  neuvième  (f .  77  r^)  représente  le  Christ  en  croix.  Composition  d*an 
effet  poignant  ;  la  douleur  profonde  de  la  Vierge  est  fort  bien  rendue. 

La  dixième  (f.  80  r«),  la  Pentecôte. 

La  onzième  (f.  83  r^*),  I'Ascension.  Le  Christ,  assis  sur  un  .aro-en-ciel, 
et  les  pieds  posés  sur  un  autre,  est  entouré  d'anges  qui  tiennent  les  ins- 
truments de  la  passion.  L'expression  de  sa  physionomie  est  des  plus  heu- 
reuses et  d'un  peintre  véritablement  inspiré.  Au  bas,  on  voit  d'un  cdté  les 
élus,  de  l'autre  les  réprouvés. 

La  douzième  (f.  96  t^)  représente  Job  sur  son  fumier.  Sa  tête  et  son 
attitude  sont  pleines  de  noblesse;  il  est  drapé  avec  fierté  dans  ses 
haillons. 

La  dernière  (f.  143  t^)  n'a  plus  trait  à  la  Bible.  On  y  voit  la  sainte 
Vierge,  en  costume  de  reine  et  la  tête  couronnée,  donner  la.  communion 
à  une  jeune  prisonnière,  à  la  tête  nimbée,  qui  se  montre,  les  mains 
jointes,  à  la  fenêtre  garnie  de  barreaux  d'une  tour  crénelée.  Deirière  la 
Vierge,  des  anges  vêtus  de  blanc  portent  l'un  une  croix,  d'autres  des 
cierges  allumés;  le  plus  rapproché  tient  le  saint  linge  et  deux  linrettes. 
On  peut  mettre  hardiment  cette  miniature  au  rang  des  plus  beaux  tableaux 
de  l'école  française.  D'après  une  prière  en  vers  placée  à  la  suite,  cette 
scène  offre  un  épisode  de  la  vie  de  sainte  Avoie  {Avia)^  vierge  et  mar- 
tyre. Son  culte  a  jadis  été  très  répandu  dans  certains  diocèses  de  la 


THEOLOGIE.  71 

France;  Paris  possédait  même  une  église  placée  sous  son  invocation. 
C*est  peut-être  l'unique  représentation  que  nous  ayons  de  cette  sainte,  et 
l'on  ne  paraît  même  pas  avoir  connu  ses  attributs,  attendu  qu'il  n'en  est 
fait  aucune  mention  dans  le  savant  ouvrage  du  R.  P.  Cahier,  les  Caracté- 
ristiques des  saints. 

On  ignore  le  nom  du  grand  artiste  à  qui  l'on  doit  ces  admirables  pein- 
tures dignes  de  Jean  Fouquet  ;  on  peut  toutefois  affirmer  qu'il  apparte- 
nait à  l'école  de  Touraine. 

Les  encadrements  et  les  bordures  des  pages,  dont  les  motifs  d'orne- 
mentation sont  empruntés  à  la  flore,  à  la  faune,  et  très  souvent  aussi  au 
domaine  du  merveilleux,  offrent  une  grande  originalité  d'invention.  On 
y  rencontre  quelquefois  de  petits  sujets  de  genre,  tels  qu'une  fîleuse, 
un  écuyer  avec  son  cheval,  une  dame  avec  son  chien,  etc.  Les  pages  con- 
tenant des  miniatures^  sont  complètement  encadrées;  les  autres  n'ont 
qu'un  simple  montant  de  bordure,  ou  sont  sans  aucun  ornement.  Ce 
qui  est  aussi  à  remarquer,  c'est  l'agencement  de  ces  bordures,  dont 
l'ornementation  des  deux  côtés  d'un  même  feuillet  est  absolùmenjt  iden- 
tique, mais  tracée  en  contre-partie,  et  répétée  de  telle  sorte  que  le  des- 
sin se  correspond  trait  pour  trait,  au  point  qu'un  feuillet  ainsi  décoré, 
se  trouvant  opposé  à  la  lumière,  présente,  grâce  à  la  blancheur  et  à 
la  finesse  du  vélin,  comme  un  vitrail  où  l'on  ne  distingue  qu'une 
ornementation  unique  et  d'une  grande  intensité  par  suite  de  cette  juxta- 
position. 

Dans  l'encadrement  de  la  première  miniature,  on  voit,  au  bas  de  la 
page,  un  cerf  et  une  biche,  couchés  sur  la  verdure  au  milieu  d'un  enclos, 
et  portant  au  cou  un  collier  bleu.  Cet  emblème  du  cerf,  qui  est  celui  des 
ducs  de  Bourbon,  se  rencontre,  sous  une  autre  forme,  dans  plusieurs 
bordures.  A  la  même  page  figurent,  répétées  quatre  fois,  les  initiales  ï  K 
Uées  par  une  cordelière,  qu'on  retrouve  d'ailleurs  en  bien  des  endroits  de 
ce  volume  :  ce  sont  celles  du  duc  de  Bourbon  et  de  son  épouse,  pour  qui 
ce  livre  d'heures  a  été  exécuté.  Jean  II,  duc  de  Bourbon  et  d'Auvergne, 
surnommé  le  Boriy  et  aussi  le  Fléau  des  Anglais,  né  vers  1426,  devint  con- 
nétable de  France  en  1483.  Après  avoir  perdu,  en  1482,  sa  première 
femme,  Jeanne  de  France,  fille  du  roi  Charles  VU,  il  épousa  en  1484 
Catherine  d'Armagnac,  fille  de  Jacques  d'Armagnac,  duc  de  Nemours,  et 
de  Louise  d'Anjou.  Cette  seconde  union  fut  de  courte  durée,  car  la  jeune 
duchesse  mourut  en  couches  en  mars  1486,  et  cette  circonstance  nous 
explique  pourquoi  les  peintures  de  ce  livre  n'ont  pas  été  achevées.  En 
effet,  bien  qu'il  soit  évident  que  l'artiste  se  proposait  de  mettre  une  bor- 
dure ornée  à  chaque  page,  un  certain  nombre  n'en  ont  point;  l'écusson 
destiné  à  recevoir  les  armoiries  du  duc  et  de  la  duchesse,  qui  se  trouve 
dans  l'encadrement  des  miniatures  des  ff.  41 ,  62  et  77,  est  resté  en  blanc. 
D'autres  indices  encore,  à  part  les  initiales  et  l'emblème,  prouvent  que  ce 
manuscrit  a  été  fait  incontestablement  pour  Catherine,  duchesse  de  Bour- 
bon :  d'abord  le  nom  de  sainte  Catherine  est  inscrit  en  bleu  dans  le 
calendrier,  ce  qui  n'a  lieu  ici  que  rarement;  ensuite,  tout  au  commen- 
cement du  volume,  se  trouve  une  dévote  oraison  à  la  même  sainte,  en  vers 
français,  contenant  le  récit  de  sa  vie  et  de  son  martyre,  oraison  suivie 
d'une  antienne  et  d'une  prière  en  latin.  Immédiatement  après  vient  une  : 


72  MANUSCRITS. 

Dévote  oroison  à  saincte  Avoye 
Qui  les  gens  ajde  et  avoye. 

écrite  en  vers  latins,  malgré  ce  titre  en  français,  et  plosienrs  antiennes 
et  oraisons  en  Thonnear  de  la  même  sainte,  ce  qoi,  joint  à^  sa  repré- 
sentation dans  la  dernière  miniature,  constate  que  sainte  Avoie  était 
aussi  une  patronne  de  la  duchesse  de  Bourbon. 

Mais  ce  qui  mérite  de  fixer  plus  particulièrement  Tattention  des  icono- 
graphes, c'est  la  figure  de  la  sainte  Vierge.  Dans  tontes  les  miniatares 
où  elle  est  représentée,  mais  notamment  dans  les  deux  premières  et  dans 
la  dernière,  c'est  toujours  le  même  type,  emprunté  à  la  réalité  et  non  à 
l'imagination.  L'intention  du  peintre  d'y  reproduire  les  traits  d'une  même 
personne  est  évidente,  de  sorte  qu'on  pourrait  presque  affirmer  que  nous 
avons  là,  sous  nos  yeux,  le  portrait  de  la  duchesse  de  Bourbon,  avec 
sa  blonde  chevelure. 

Ce  beau  livre  a  dû  avoir  trois  miniatures  de  plus  :  l'une  à  la  suite  du 
calendrier,  au  début  du  P'  chap.  de  Vévangile  de  saint  Jean;  une  autre 
entre  les  ff.  i2  et  13,  au  commencement  da  chap.  xviii  du  même  évan- 
gile ;  une  troisième  entre  les  ff.  21  et  22,  en  tête  de  la  dévote  oraison  à 
sainte  Catherine,  en  vers  français.  Dans  chacun  de  ces  trois  cahiers^ 
l'absence  d'un  ou  de  deux  feuillets  est  facile  à  constater.  La  suppression 
de  ces  miniatures  est  d'autant  plus  regrettable  que  très  probablement, 
à  en  juger  par  le  texte  qui  les  accompagnait,  les  deux  premières  donnaient 
le  portrait  du  duc  Jean  de  Bourbon ,  et  la  troisième ,  encore  une  fois, 
celui  de  la  duchesse  Catherine. 

Le  texte  même  de  ces  heures,  d'une  belle  écriture  gotbiqqe,  orné  de 
plusieurs  milliers  d'initiales  et  de  tirets  enluminés,  avec  titres  en  bleu  et 
en  rouge,  offre  un  intérêt  exceptionnel,  en  raison  d'un  certain  nombre  de 
prières  et  surtout  de  pièces  originales  en  vers  français.  On  y  trouve, 
comme  nous  venons  de  le  dire  :  une  Dévote  oraison  à  sainte  Catherine,  sans 
commencement,  et  qui,  telle  qu'elle  est,  compte  soixante-onze  vers  dont 
les  premiers  sont  : 

Mon  âme  et  mon  corps  te  présente. 
Qu'il  te  plaise  à  les  garder 
De  mal  faire  et  de  mal  penser; 

—  une  Dévote  oraison  à  sainte  Avoie,  en  vers  latins  et  firançaU  alternés; 

—  deux  prières  en  prose  à  Jésus-Christ  (fï.  135-138),  dont  l'une  prouve 
une  fois  de  plus  que  ce  livre  a  été  fait  pour  une  femme  {Beau  tirti  Dieux 
soyez  débonnaire  à  moy  pécheresse);  —  une  Prière  à  la  sainte  Vierge 
(ff.  138-139),  composée  de  cinquante-six  vers,  dont  les  premiers  sont: 

Doulce  vierge  Marie 
En  qui  humanité 
Prist  cellui  qui  est  vie 
Et  voye  de  vérité... 

—  une  autre  prière  en  prose  (ff.  139-142);— enfin  une  PHtfrtfdfoMtAiwit 
(ff.  143-144),  qui  compte  cinquante-deux  vers,  dont  les  premiecB  sont: 


)  ■ 


THÉOLOGIE.  73 

Saincte  AToye  vierge  glorieuse, 
Mère  de  Dieu,  fille  et  espeuse, 
Violette  d'uinilité 
Lis  de  pure  virginité... 

La  conseiTation  de  ce  beau  volume  est  tout  à  fait  exceptionnelle.  Le 
timbre  d'une  bibliothèque  a  été  gratté  en  plusieurs  endroits.  A  la  pre- 
mière page  du  calendrier,  on  lit  ces  mots  presque  effacés  :  Pierre  Vischer 
àBasîe,  1793. 

26.  HORiE.  —  In-i6,  de  209 ff.  ;  miniatures,  bordures,  lettres 
ornées;  chagrin  noir,  orné  d'une  garniture  historiée  en 
argent  ciselé,  avec  fermoir. 

Admirable  manuscrit  sur  vélin,  de  Técole  flamande,  exécuté  dans  la 
seconde  moitié  du  XV®  siècle.  C'est  un  des  plus  beaux  qu'on  connaisse  en 
ce  genre,  et  sa  célébrité  est  déjà  grande  sous  le  nom  de  manuscrit  de 
Bure,  car  c'est  de  la  collection  de  ce  bibliophile  qu'il  a  passé  dans  celle  de 
M.  Didot.  Il  a  cent  cinq  millimètres  .de  hauteur  sur  soixante-dix-huit  mil- 
limètres de  largeur. 

Son  origine  flamande  est  attestée  non-seulement  par  le  style  de  ses 
merveilleuses  peintures,  mais  aussi  par  le  texte  du  calendrier,  très  sobre  en 
indications  (il  ne  donne  souvent  que  huit  ou  neuf  noms  de  saints  pour 
tout  un  mois),  où  pourtant  on  trouve  un  assez  grand  nombre  de  noms 
de  saints  dont  le  culte  est  plus  spécial  aux  Flandres  et  aux  Pays-Bas, 
tels  que  :  s'®  Aldegonde,  fondatrice  de  l'abbaye  des  chanoinesses  de  Mau- 
beuge  ;  s.  Amand,  évoque  de  Maëstricht  et  l'un  des  patrons  de  la  ville  de 
Gand;  s.  Medard,  évoque  de  Tournai;  s.  Willibald;  s.  Lambert,  patron  de 
Liège  ;  s.  Hubert,  premier  évêque  de  cette  ville. 

Ce  calendrier,  qui  commence  au  verso  du  premier  feuillet  et  se  con- 
tinue pendant  vingt-quatre  pages  suivantes,  à  raison  de  deux  pour  chaque 
mois,  est  écrit  en  noir  avec  un  petit  nombre  de  lignes  en  rpuge.  Chaque 
page  est  renfermée  dans  un  cadre  d'une  ornementation  délicieuse.  A  l'ex- 
ception des  deux  premiers,  composés  de  modèles  de  bijoux  peints  sur 
un  fond  bleu  foncé,  tous  les  autres  offrent  une  succession  variée  de  fleurs 
et  de  fruits  au  milieu  desquels  rampent  les  chenilles  et  les  limaçons,  ou 
voltigent  les  oiseaux,  les  mouches,  les  cigales  et  les  papillons  aux  ailes 
multicolores,  peints  au  naturel  sur  fond  or  mat.  Le  choix  de  ces  motifs  de 
décoration,  principalement  pour  les  fleurs  et  les  fruits,  est  souvent  en  rap- 
port intime  avec  le  moment  de  leur  apparition  dans  le  règne  de  la  nature. 
Ainsi  les  violettes  dominent  dans  les  bordures  du  mois  de  mars,  les  fraises 
ornent  les  cadres  du  mois  de  mai,  les  grappes  de  raisin  remplissent  ceux 
du  mois  de  septembre,  etc.  Dans  la  bordure  inférieure  de  chacune  des 
pages,  se  trouve  enchâssé  un  petit  médaillon  dont  la  peinture  offre  alter- 
nativement un  sujet  de  genre  emprunté  aux  occupations  propres  à  cha- 
que mois,  et  la  représentation  figurée  d'un  des  signes  du  zodiaque;  on 
y  remarque,  au  mois  de  mai,  un  canot  conduit  par  deux  rameurs  et 
monté  par  une  jeune  dame,  en  compagnie  d'un  seigneur. 

A  part  ces  vingt-quatre  miniatures,  on  y  trouve  encore  trente-deux 


74  MANUSCRITS. 

autres,  dont  seize  de  la  grandeur  des  pages,  et  seize  antres  renfermées 
dans  des  lettres  initiales. 

Les  grandes  miniatures  ont  64  à  65  millimètres  de  hantear  sur  41  à 
42  millimètres  de  largeur,  non  compris  le  cadre.  Toutes  occnpent  les 
versos  des  feuillets  dont  les  rectos  sont  blancs. 

La  première  (f.  14)  représente  Adam  et  Eve  dans  le  paradis  terrestre, 
devant  le  fatal  pommier  autour  duquel  est  enroulé  un  serpent  à  tête  de 
démon  caché  sous  la  figure  d'un  ange  aux  ailes  de  chauve-sonris. 

La  seconde  (f.  1 6)  offre  l'image  du  Christ  à  mi-corps,  bénissant  d'une 
main,  et  tenant  le  Monde  dans  l'autre. 

La  troisième  (f.  19)  a  pour  sujet  Jésus  en  croix,  ayant  k  ses  côtés  la 
Vierge  et  saint  Jean. 

La  quatrième  (f.  26)  représente  la  Descente  du  Saint-Esprit. 

Dans  la  cinquième  (f.  32)  la  Vierge,  en  buste,  tient  l'Enfant  Jésus. 

La  sixième  (f.  44),  ayant  pour  sujet  1 'Annonciation,  est  d'une  finesse 
merveilleuse. 

La  septième  (f.  63)  représente  la  Visitation  de  sainte  Éusabeth. 

La  huitième  (f.  75)  représente  la  Natiyité  dans  un  décor  très  pitto- 
resque. 

La  neuvième  (f.  81)  a  pour  sujet  I'Annoncution  aux  bergers. 

La  dixième  (f.  86)  offre  une  Adoration  des  mages,  entourée  d*an  grand 
faste. 

La  onzième  (f .  97)  représente  la  Fuite  en  Egypte  ;  elle  est  d'un  carac- 
tère réaliste. 

La  douzième  (f.  i05)  offre  le  spectacle  du  Massacre  des  innocents,  où 
le  drame  n'est  qu'indiqué,  l'artiste  ayant  voulu  nous  épargner  la  vue  du 
sang  des  victimes. 

La  treizième  (f.  112),  d'une  beauté  extraordinaire,  représente  le  Cou- 
ronnement DE  LA  Vierge. 

Dans  la  quatorzième  (f.  122)  on  voit  le  roi  David  en  prière. 

La  quinzième  (f.  144)  nous  fait  assister  à  un  Service  funèbre  en  com- 
mémoration des  morts. 

Enfin  la  seizième  (f.  1 87)  représente  Jésus  descendu  de  la  croix. 

Les  seize  petites  peintures  ont  pour  sujets  des  effigies  de  saints  et  de 
saintes  :  l^  s.  Louis  (f.  195  r»)  ;  —  2<>  s.  Michel  (f.  196  r«);  —  3«  f.  Jean- 
Baptiste  (f.  196  vo);  —  4°  s.  Pierre  et  s.  Paul  (f.  197  r«);  —  5«  s.  Jacques 
(f.  197  v«>);  —  60  $.  Antoine  de  Padoue  (f.  198  v»);  —  7«  «.  François  aux 
stigmates  (f.  199  v»)  ;  —  8*  s.  Jérôme  (f.  200  r<>);  —  9»  «.  Nicolas  (f.  200  v«); 
10«>  s^  Marie-Madeleine  (f.  201  v<»);  —  11°  s'*  Catherine  (f.  â02  r»);  — 
12°  s'«  Barbe  (f.  203  ro);  —  13o  s*'  Suzanne  (f.  204  r«);  —  14*  i^  Marfpiô' 
rite  (f.  204  v»)  ;  —  IS*»  la  Toussaint  (f.  205  ro)  ;  — 16*  s.  Athanase  (f.  206  r*). 
Elles  sont  presque  carrées  et  ont  25  millimètres  de  côté. 

Un  examen  attentif  de  toutes  ces  peintures  démontre  qne  phuieors 
mains  ont  concouru  à  leur  exécution.  L'artiste  qui  a  peint  le  Christ  à  mi- 
corps,  la  Vierge  avec  l'Enfant  Jésus,  Y  Annonciation  et  le  CouronnemmU  de 
la  Vierge  était  incontestablement  un  des  maîtres  de  son  temps»  Des  con- 
naisseurs n'bésitent  pas  à  l'attribuer  à  Jean  Hemling  on  MemÛng,  morteo 
1495  et  sumonmié  le  Virgile  de  l'art  fiamand;  on  y  trouve,  en  effet,  les 
qualités  maltresses  qui  le  distinguent  assez  nettement  de  ses  contam- 


THÉOLOGIE.  75 

porains  :  c'est  la  même  pureté  du  dessin,  la  môme  entente  du  coloris,  la 
même  finesse  du  pinceau,  le  même  charme  dans  Texpression,  et  le  talent 
de  l'artiste  grandit  en  raison  même  de  l'exiguïté  du  cadre.  Les  têtes  sont 
d'une  beauté  idéale  et  les  chairs  d'un  modelé  exquis  :  tout  y  est  simpli- 
cité et  douceur.  Quoi  qu'il  en  soit,  d'ailleurs,  de  leur  paternité,  ce 
sont  bien  certainement  de  rares  chefs-d'œuvre  de  l'art  du  miniaturiste. 

Les  autres  peintures  procèdent,  en  général,  du  même  esprit  et  des 
mêmes  principes,  et  leur  exécution  est  admirable  ;  les  têtes  sont  étudiées 
avec  le  plus  grand  soin,  et  l'expression  individuelle  est  rendue  avec  un 
rare  bonheur.  Nous  pensons  qu'on  peut  y  reconnaître  le  pinceau  de  deux 
artistes  au  moins,  et  d'un  mérite  inégal. 

Toutes  les  pages  où  se  trouvent  de  grandes  miniatures,  ainsi  que  les 
pages  en  regard,  de  même  que  celles  ornées  de  petites  miniatures,  sont 
entourées  d'encadrements  semblables  à  ceux  du  calendrier.  La  plume  est 
impuissante  à  décrire  l'eflfet  que  produisent  ces  délicieuses  bordures, 
d'une  variété  extrême  ;  ce  sont  des  bijoux  d'élégance  où  l'artiste  fait  passer 
devant  nos  yeux  des  fleurs  aux  couleurs  tendres  ou  vives,  des  oiseaux 
au  plumage  éclatant,  des  quadrupèdes,  etc.,  et  une  foule  de  sujets 
grotesques  dont  certains  témoignent  d'une  imagination  extravagante. 
La  nature  y  est  saisie  sur  le  vif,  et  tous  ces  motifs  de  décoration  se 
détachent  merveilleusement  sur  un  fond  or  mat,  vert,  bleu  ou  rouge 
pourpre. 

Le  texte,  écrit  en  caractères  gothiques  avec  la  plus  grande  régularité, 
estx)rhé  de  centaines  de  charmantes  initiales  en  or  et  en  couleurs;  le  vélin 
est  d'une  finesse  et  d'une  blancheur  remarquables. 

Sur  le  premier  feuillet  de  garde,  on  lit  la  signature  de  J.-J.  de  Bure 
l'alné  et  la  date  du  23  janvier  4826. 

La  conservation  de  ce  volume  est  irréprochable. 

27.  OFFICIUM  B.MARIiEVIRGINlS.—In-S  carré,  de  120  ff.; 
miniatures,  bordures  et  lettres  ornées  ;  peau  de  truie,  riches 
ornements  à  froid,  tr.  dor. ,  feï'moirs  en  argent  oxydé  ;  dans 
une  boîte  en  peau  de  truie  [Trautz-Bauzonnet). 

Précieux  manuscrit  de  l'école  flamande,  sur  VÉLIN  NOIR,  exécuté  à  la 
fin  du  XV®  ou  au  commencement  du  XVI°  siècle. 

La  première  page  offre  le  titre  ci-dessus,  suivi,  en  guise  de  fleuron, 
d'une  grande  fleur  de  lis  héraldique  renfermée  dans  une  couronne 
murale.  Le  calendrier  occupe  les  douze  feuillets  suivants,  et  le  texte  com- 
mence par  les  heures  de  la  croix. 

Il  est  orné  de  quatorze  miniatures  d'une  grande  fraîcheur  (H.:  0™,H0; 
L.  :  0",058)  dont  chacune,  encadrement  compris,  couvre  la  page  entière 
(H.:  0™,i54;  L. :  0",104).  En  voici  les  sujets  :  1«  Jésus  en  croix  (f.  14);  — 
2®  la  Descente  du  Saint-Esprit  (f.  18); —  3**  la  Vierge  assise,  tenant  l'Enfant 
Jésus  que  des  anges  amusent  (f.  22)  ;  —  4®  l'Annonciation  (f.  29)  ;  —  5®  la 
Visitation  de  sainte  Elisabeth  (f .  39)  ;  -.  6°  la  Nativité  (f.  49)  ;  —  ?<»  l'An- 
nonciation aux  bergers  (f.  54)  ;  —  8*»  l'Adoration  des  rnages  (f.  58)  ;  —  9®  le 
Massacre  des  innocents  (f.  62);  —  10°  la  Euite  en  Egypte  (f.  66);  —  11<>  le 
Couronnement  de  la  Vierge  (f.  72);  —  12°  le  roi  Jki.vid  en  prières  dans  le 


76  MANUSCRITS. 

désert  (f.  76);  —  13»  la  Résurrection  de  Lazare  (t.  93);  —  44«  im  Service 
funèbre  (f.  98). 

Toutes  ces  miniatures  sont  peintes  an  verso  des  feuillets  qui  ont  les 
rectos  inoccupés.  L'exécution  en  est  fort  habile  et  d'une  grande  déli- 
catesse de  touche.  Les  bordures  qui  leur  servent  d'encadrements  sont 
peintes  en  or  sur  fond  bleu;  Tomementation  est  d'un  style  parti- 
culier, peu  commun  :  elle  consiste  en  un  feuillage  peu  touffa,  avec 
fleurs  et  fruits,  entremêlés  de  petits  rinceaux  qu'accompagnent  des 
oiseaux,  des  quadrupèdes,  des  grotesques  ou  des  chimères.  L'aspect  de 
la  page  ainsi  enluminée  est  très  gracieux  :  on  croirait  avoir  devant  ses 
yeux  de  beaux  émaux  du  moyen  âge.  Le  soin  particulier  donné  aux 
figures,  la  préoccupation  prédominante  de  leur  imprimer  une  expression 
naturelle  et  fortement  individualisée,  enfin  le  coloris  et  aussi  les  accessoires, 
tels  que  costumes,  motifs  de  décoration,  etc.,  accusent  suffisamment  la 
main  d'un  artiste  flamand.  Cette  origine  est  encore  confirmée  par  l'exa- 
men du  calendrier,  où,  sur  une  centaine  d'indications  qu'il  oflfre  en  tout, 
on  trouve  relativement  un  grand  nqmbre  de  noms  de  saints  flamands, 
tels  que  :  s.  Amand,  s.  Waast,  s.  Lambert,  s.  Bavon,  etc. 

Le  texte  est  entièrement  écrit  en  lettres  d'argent  gothiques,  avec  titres 
en  or,  et  orné  de  belles  initiales  peintes  en  or  sur  fond  vert.  Ce  qui  est 
rare,  c'est  que  l'argent  a  presque  partout  conservé  son  éclat  primitif,  et 
se  détache  vigoureusement  sur  le  noir  funèbre  du  vélin,  ce  qoi  produit 
un  effet  assez  étrange.  La  plupart  des  pages  du  texte  sont  entourées  de 
bordures  semblables  à  celles  dont  nous  avons  parlé  plus  haut. 

Assurément  c'est  un  tour  de  force  que  l'exécution  de  ce  manuscrit,  et 
cette  tentative  n'a  sans  doute  pas  eu  J)eaucoup  d'imitateurs,  car  il  ne 
parait  en  exister  aucun  autre  spécimen.  Cette  haute  curiosité  iconogra- 
phique provient  de  la  collection  de  M.  Yemeniz,  dont  le  chifl&re  figure  sur 
les  plats  de  la  reliure  et  aux  fermoirs.  Elle  a  été  acquise  à  sa  Tente  par 
M.  Didot  au  prix  de  6,000  francs. 

28.  HOKM  AD  USUM  ROTHOMAGENSEM.  —  In^  carré,  de 

78  fT.  ;  miniatures,  bordures  et  lettres  ornées;  velours 
rouge,  tr.  dor.,  fermoirs  en  aident  {anc.  rei.);  dam  un 
étui  de  mar.  bleu  (Lortic). 

Précieux  manuscrit  sur  véun,  exécuté  au  commencement  du  XVI*  siè- 
cle pour  la  reine  ANNE  DE  BRETAGNE. 

Les  six  premiers  feuillets  sont  occupés  par  un  calendrier  illostrè  avec 
luxe,  et  dont  voici  la  disposition  :  la  page  est  entourée  d'un  cadre  archi- 
tectural peint  en  camaïeu,  en  or;  au  bas  du  texte,  sur  toute  la  largeur, 
un  rectangle  (H.  :  0^,034  ;  L.  :  0'^,091)  renferme  la  représentation  historiée 
d'un  des  signes  du  zodiaque  ;  le  côté  extérieur  de  la  page,  en  regard  da  calen- 
drier, offre  un  petit  panneau  en  hauteur  (H.  :  0»,123;  L.  a«,058  à  0^,032) 
rempli  par  une  charmante  miniature  dont  le  sujet  est  emprunté  à  la  vie 
des  champs  et  de  château,  en  rapport  avec  les  occupations  propres  à 
chaque  mois.  Ainsi  celle  de  Janvier  représente  un  seigneur  à  table;  celle 
de  Février^  le  roi  lui-môme  se  chauffant  debout  devant  une  grande  che- 
minée dont  le  dessus  porte  un  écusson  aux  armes  de  France,  et  la  ftise. 


THEOLOGIE.  77 

une  inscription  qui  ne  paraît  offrir  aucun  sens  (?  DOSVSATIR);  ceUe  de 
MarSf  la  taille  des  arbres  ;  celle*  d'Avril  offre  un  petit  tableau  d'un  cbarme 
incomparable  :  une  jeune  dame,  assise* sous  un  berceau  fleuri,  tresse  une 
couronne  de  fleurs,  avec  l'aide  de  deux  jeunes  filles  ;  celle  de  Mai  repré- 
sente, au  milieu  d'une  belle  campagne,  un  seigneur  à  cheval,  ayant  en 
croupe  une  femme;  celle  de  Juin,  la  tonte  des  moutons;  celle  de  Juillet, 
la  moisson;  celle  d'Août  y  le  battage  des  grains  au  fléau;  celle  de  Sep- 
tembre, la  vendange  apportée  au  pressoir  ;  celle  d'Octobre,  les  semailles  ; 
celle  de  Novembre,  l'abatage  des  glands;  celle  de  Décembre,  la  saignée 
du  porc.  Dans  plusieurs  de  ces  miniatures,  ainsi  que  dans  toutes  celles 
des  signes  du  zodiaque,  on  trouve  de  beaux  paysages  bleu  de  ciel. 

Le  calendrier,  écrit  en  or,  en  rouge  et  en  bleu,  est  en  français;  on  y 
remarque  :  s.  Amador  (i2  janv.);  s.  Ansbert  (9  févr.),  évoque  de  Rouen; 
s**  Austreberte,  vierge  normande  (10  févr.);  s,  Cloust{2i  févr.);  s,  Eogart 
(31  mars);  s,  Perpetin  (8  avril  et  aussi  17  mai);  s,  Fremin  (18  avril  et  aussi 
25  sept.)  ;  s.  Spire  (24  avril)  ;  s,  Aquilain  (2  mai)  ;  s.  Richier  (3  juin  et  aussi 
4  août);  s.  Tyrin  (13  juin);  s.  Lieffroy  (21  juin);  s.  Taurin,  premier  évoque 
d'Évreux  (8  août);  s.  Vulfran  (15  oct.);  5.  Saimman  (19  oct.);  5.  Mellon, 
premier  évoque  de  Rouen  (22  oct.);  s.  Aignen,  évêque  d'Orléans  (17  nov.); 
s.  Columbain  (21  riov.);  s.  Ursin,  patron  de  Bourges  et  de  Lisieux  (30  déc). 
Le  nom  de  sainte  Anne  est  peint  en  or. 

En  dehors  des  miniatures  du  calendrier,  ce  manuscrit  contient  douze 
PEINTURES  de  la  grandeur  des  pages  (H.  :  0"158;  L.  :  0°»108). 

La  première  (f.  14  r<*)  représente  I'Annonciation  :  c'est  un  chef-d'œuvre 
de  noblesse  et  de  grâce  naïve.  La  reproduction  en  chromolithographie 
que  nous  en  donnons  au  catalogue  illustré  ne  rend  pas,  et,  malheureuse- 
ment, ne  pouvait  pas  rendre  la  finesse  de  touche  et  l'extrême  douceur  du 
coloris. 

La  deuxième  (f.  19  v»)  a  pour  sujet  la  Sibylle  Tiburtine  interrogée  par 
l'empereur  Auguste.  Elle  a  la  tête  nimbée. 

La  troisième  (f.  25  v<»)  nous  fait  voir  Dieu  apparaissant  a  Moïse.  L'artiste 
n'a  pas  scrupuleusement  suivi  le  texte  de  la  Bible  :  Dieu  apparaît  ici  enve- 
loppé de  nuages,  et  non  plus  au  milieu  d'un  buisson  ardent,  qui  est 
remplacé  par  une  forêt  en  flammes.  Moïse,  occupé  à  faire  paître  ses 
brebis,  ôte  sa  chaussure  à  la  voix  du  Seigneur. 

La  quatrième,  placée  en  regard  (f.  26  r®),  nous  montre  une  Nativité; 
dans  le  fond,  est  figurée  l'Annonciation  aux  bergers. 

La  cinquième  (f.  29  r^)  représente  Gédéon,  sous  les  traits  de  LOUIS  XII, 
armé  de  toutes  pièces,  agenouillé,  les  mains  jointes  et  le  regard  tourné 
vers  Dieu  qui  apparaît  dans  le  ciel.  Un  écuyer  tient  son  cheval  par  la 
bride,  et  deux  autres  serviteurs  se  tiennent  debout  à  côté.  Ce  tableau  est 
d'un  naturel  parfait  et  d'une  vérité  saisissante  par  l'expression  des  phy- 
sionomies; le  portrait  du  roi  est  fait  de  main  de  maître. 

La  sixième  (f.  31  v**)  nous  offre  une  seconde  fois  le  portrait  de  LOUIS  XII, 
couvert  de  la  même  armure.  Il  est  descendu  de  son  cheval,  dont  la  housse 
est  fleurdelisée,  et,  un  genou  à  teiTC,  il  présente  un  vase  à  un  noble  vieil- 
lard, magistralement  drapé  dans  un  manteau  blanc,  coiffé  d'un  chapeau 
rond  entouré  d'une  couronne  et  assis  sur  un  trône  surmonté  d'un  dais.  A 
la  droite  du   trône,  un  groupe   d'hommes  en  habits   blancs.  Derrière 


78  MANUSCRITS. 

Louis  Xn  deux  guerriers  à  cheval,  couveiis  d'armures,  tiennent  chacun 
un  yase  richement  orné.  Au  fond,  sur  le  versant  d'une  verte  colline 
dominée  par  une  viJle,  on  aperçoit  une  troupe  de  chevaliers.  An-des- 
sous du  guerrier  agenouillé,  on  lit  :  Bananias  (sic);  sur  les  brides  des 
chevaux  de  ses  deux  compagnons,  sont  tracés  les  mots  :  Soboeay  et 
Abissay,  Nous  ne  connaissons  pas  d'autre  représentation  de  ce  sujet 
biblique  emprunté  au  II«  livre  des  Rois  (xxiii,  48  et  suiv.),  et  an  I«'  livre 
des  Paralipoménes  (xi,  20  et  suiv.),  qui  nous  fait  assister  à  un  hommage 
RENDU  AU  ROI  David,  saus  doute  au  retour  d'une  expédition  contre  les 
ennemis  de  l'Israël,  par  trois  de  ses  plus  fameux  guerriers  :  BanaIas  de 
Gabséel,  fils  de  Joîada  et  conseiller  du  roi-psalmiste,  Abisaî,  Ûls  de  Sarvia, 
et  SoBBOCcHAî  d'Husath. 

La  septième  miniature,  placée  en  regard  (f.  32  t^),  repré'sente  FAdora- 
TiON  DES  Mages.  La  Vierge  est  d'une  grande  beauté. 

La  huitième  (f.  35  r<>)  a  pour  sujet  la  Descente  du  Saint-Esprit.  Dans 
cette  composition,  d'un  caractère  solennel,  domine  la  figure  idj§ale  de  saint 
Jean. 

La  neuvième  et  la  dixième,  qui  se  font  face  (ff.  37  v^  et  38  r®),  offirent 
deux  parties  d'un  même  sujet.  Dans  l'une,  on  voit  des  Apôtrbs  adorant  la 
Vierge,  que  l'autre  représente  dans  sa  gloire.  La  simplicité  des  yèteroents 
blancs  des  apôtres  contraste  avec  le  luxe  des  couleurs  des  ailes  des  ché- 
rubins et  des  anges  qui  entourent  la  Vierge  et  la  transportent  an  cieL  Ces 
deux  belles  compositions  produisent  un  grand  effet. 

La  onzième  miniature  (f.  40  v<*)  est  un  Ecce  Homo^  remarquable  par 
l'étude  anatomique  du  nu. 

La  douzième  et  dernière  (f.  53  r*^)  représente,  encore  sons  les  traits  de 
LOUIS  xn,  SAINT  Louis  servant  les  pauvres,  la  couronne  royale  sur  la  tète, 
et  revêtu  d'un  manteau  bleu  fleurdelisé.  Au  bas  de  ce  tableau,  qui 
révèle  chez  son  auteur  un  grand  talent  de  composition,  on  lit  :  Mfignifeat! 
Gesta  darissima  scti  Lvdovici  divino  cvltvi  devotv  hodie  presens  eoU^gnm. 
Nous  donnons  au  catalogue  illustré  une  reproduction  de  cette  scène  tou- 
chante. 

Chacune  de  ces  miniatures  est  entourée  d'un  cadre  architectural  de 
style  gothique,  peint  en  camaïeu  sur  fond  d'or  et  orné  de  petites  fignres 
placées  dans  des  niches. 

Le  côté  extérieur  de  chacune  des  pages  du  texte  est  couvert  d'une  bor- 
dure large  de  24  à  28  millimètres,  d'une  ornementation  unique  en  son 
genre  par  le  goût  et  la  précision  de  l'exécution.  Le  ton  de  ces  bordures  est 
généralement  assez  sombre  ;  la  plupart  du  temps,  ce  sont  des  camaïeux 
en  or  sur  des  fonds  bistres  ou  noirs.  Sauf  de  rares  exceptions,  on  y  voit  par- 
tout le  monogramme  de  la  reine  Anne  de  Bretagne,  répété  plusieurs  fois 
dans  la  même  bordure,  et  composé  des  lettres  ANE  disposées  de  façon 
à  présenter,  même  à  rebours,  toujours  la  même  forme.  Presque  dans 
chacune  d'elles,  sont  représentées  une  ou  plusieurs  hermines  dans  des  atti- 
tudes variées  ;  souvent  on  y  trouve  aussi  des  fleurs  de  lis  ou  bien  des 
cordelières  formant  des  nœuds  gracieux.  Aucune  description  ne  saurait 
donner  une  idée  de  la  variété  infinie  de  ces  cent  quarante-quatmb  bordnies 
différant  toutes  entre  elles  ;  assurément  aucun  manuscrit  n'offire  rien  de 
semblable  ni  d'aussi  parfait. 


THEOLOGIE.  79 

Chaque  alinéa  commence  par  une  charmante  initiale  ornée,  renfer- 
mant souvent  le  même  monogramme  ;  les  bouts  des  lignes  sont  garnis  de 
tirets  diaprés  ou  de  troncs  d'arbres  ébranchés  peints  en  or  ;  les  titres  sont 
écrits  tantôt  en  bleu,  tantôt  en  rouge. 

L'origine  illustre  de  ce  manuscrit  est  mise  hors  de  doute  par  la  pré- 
sence' multipliée  du  monogramme  d'Anne  de  Bretagne  et  de  son  symbole 
héraldique.  Son  exécution  ne  peut  pas  être  antérieure  à  l'année  i499,  date 
de  son  mariage  avec'  Louis  XII,  dont  l'artiste  nous  a  donné  ici,  à  trois 
reprises,  un  portrait  d'une  ressemblance  frappante,  et  dont  il  a  su  habi- 
lement, sous  voile  d'allégorie ,  faire  ressortir  les  grandes  qualités  :  la 
bravoure  et  cette  charité  féconde  qui  lui  a  valu  le  surnom  de  Père  du 
peuple. 

Quel  est  l'artiste  à  qui  l'on  doit  les  histoires  riches,  comme  on  disait  au 
XV*  siècle,  qui  ornent  ce  volume  inappréciable?  On  l'ignore.  Aucun  des 
documents  recueillis  sur  les  miniaturistes  employés  par  Anne  de  Bretagne 
et  par  Louis  XII  ne  peut  s'appliquer  à  ces  petites  Heures  qui  sont  a  l'usage 
DE  Rouen  (à  la  suite  des  évangiles,  on  lit,  f.  13  v*»,  ce  titre  :  Incipiunt  hore 
béate  virginis  marie  secundum  vsum  Rothomagen,).  La  beauté  des  miniatures, 
qui  nous  fait  amèrement  regretter  l'absence  de  plusieurs  autres  dont  une 
main  sacrilège  a  dépouillé  ce  manuscrit  (l'une  paraît  avoir  figuré  à  la 
suite  du  calendrier,  une  autre  entre  les  flf.  42  et  43,  une  troisième  entre 
les  ff.  77  et  76)  et  où  nous  aurions  probablement  trouvé  le  portrait  de  la 
reine,  permettent  d'en  attribuer  l'exécution  à  l'un  des  peintres  les  pjus 
habiles  de  cette  époque.  Est-ce  Jean  Perréal,  dit  de  Paris,  est-ce  Jean 
Poyet  Bourdichon,  qui  peignirent  en  commun  les  célèbres  grandes  Heures 
d'Anne  de  Bretagne  ?  Quelques  traces  d'archaïsme  autoriseraient  peut-être 
à  les  attribuer  plutôt  à  ce  dernier  qui  eut  l'office  de  peintre  auprès  de 
Louis  XI  et  de  Charles  VIÏI,  et  fut  plus  tard  attaché  à  la  personne  de 
Louis  XII  et  de  François  I«';  cependant,  on  ne  peut  rien  affirmer  à  cet 
égard. 

Ce  livre  d'Heures  resta  longtemps  dans  la  maison  royale  de  France. 
Deux  feuillets  de  vélin  ajoutés  en  tête  offrent  d'un  côté  un  grand  écusson 
avec  les  armes  de  CATHERINE  DE  MÉDICIS  (parti  de  France  et  de  Tos- 
cané)y  surmontées  de  la  couronne  royale  et  entourées  de  la  cordelière  de 
veuve,  et  en  regard,  l'emblème  qu'elle  prit  après  la  mort  de  Henri  II, 
et  qui  représente  une  montagne  de  chaux  qu'allume  et  vivifie  une  pluie 
dont  les  gouttes  figurent  les  larmes  de  la  veuve,  avec  ce  vers  pour 
devise  : 

Ardorem  extincta  testantur  vivere  flamma, 

ainsi  que  nous  l'apprend  Brantôme  dans  son  discours  sur  la  vie  de  Cathe- 
rine. 

Notre  manuscrit  faisait  partie  en  dernier  lieu  du  cabinet  de  M.  Norzy, 
qui  fut  livré  aux  enchères  en  1860.  Le  rédacteur  du  catalogue  (n«  223)  ne 
s'est  même  pas  douté  qu'il  tenait  entre  ses  mains  les  Heures  d'Anne  de 
Bretagne.  Il  a  aussi  échappé  aux  longues  et  savantes  recherches  de  M.  Le 
Roux  de  Lincy. 

Sa  conservation,  sauf  de  légères  éraillures,  est  parfaite. 


80  MANUSCRITS. 

29.  HORiïl.  —  Pet.  in-i6,  de  146  ff.  ;  miniatures  et  lettres 
ornées;  mar.  bleu^  doublé  de  mar.  bleu  à  compart.,  tr. 
dor.  et  cis.  ;  étui  de  mar.  bleu  {rel.  anglaisé). 

Charmant  manuscrit  sur  vélin,  exécuté  en  France  dans  ]a  première 
moitié  du  XVI«  siècle.  (H.:  0«»,080;  L.:  0»,0o2.) 

Il  est  orné  de  seize  grandes  miniatures  et  de  trois  PEnxES,  et  com- 
mence par  un  calendrier  occupant  dix  feuille.ts. 

Voici  les  sujets  des  grandes  miniatures  :  1<^  s.  Jean  l'évangéliste  à  file 
de  Pathmos  (f.  H  r<>)  ;  —  2»  V Arrestation  de  Jésus  (f.  16  r»);  —  3«  la  Saluta- 
tion angélique  (f.  26  ¥<>);  —  4o  la  Visitation  de  sainte  Elisabeth  (f.  41  r«);  — 
5«  la  Nativité  (f.  49  v«);  —  6«  V Annonciation  aux  bergers  (f.  53  r*);  — 
7<»  V Adoration  des  mages  (f.  56  v®)  ;  —  8»  la  Présentation  de  VEnfani  Jésus 
au  Temple  (f.  60  r»)  ;  —  9»  la  Fuite  en  Egypte  (f.  63  v»);  —  10»  la  Mort  de  la 
Vierge  (f.  69  v»)  ;  —  11»  Jésus  crucifié  (f.  80  r«)  ;  —  12»  la  Descente  du  Samt- 
Esprit  (f.  83  r<>);  —  13®  le  roi  David  recevant  un  messaget  (f.  86  r«);  — 
14<»  la  Résurrection  de  Lazare  (f.  102  v»);  —  15»  la  sainte  Trinité  (f.  135  f); 
16°  Jésus  crucifié  reposant  sur  les  genoux  de  sa  mère  (f.  137  v®). 

Chacune  de  ces  miniatures  (H.:  0'>,046;  L.:  0"',035)  est  renfermée  dans 
un  joli  cadre  renaissance  peint  en  or,  en  camaïeu,  avec  des  incrustations 
en  pierres  de  couleur. 

Les  trois  petites  miniatures,  de  forme  carrée,  entourées  d'une  mince 
bordure  unie,  représentent  :  1«>  s.  Luc  (f.  12  v®);  —  2®  «.  Matthieu  (f.  13  i*); 
—  3«  s.  Marc  (f.  lor«). 

Toutes  ces  compositions,  où  se  trouvent  combinés  les  principes  de  l'art 
français,  de  l'art  flamand  et  de  Tart  italien,  sont  d'une  grande  délicatesse 
d*ex/îCution  et  d'un  coloris  harmonieux. 

Le  texte,  admirablement  écrit  en  lettres  rondes,  est  orné  d'une  quan- 
tité d'initiales  enluminées;  les  titres  et  les  instructions  sont  peints  en  or; 
le  vélin  est  d'une  finesse  remarquable.  Le  calendrier  a  beaucoup  de  rap- 
ports avec  celui  du  manuscrit  suivant. 

Dans  trois  pages,  le  bas  de  l'encadrement  porte  un  écusson  armorié: 
d*or  à  une  croix  d'azur,  accompagnée  de  trois  soleils  de  gueules.  Ces  armes 
paraissent  être  celles  de  la  famille  Hurault  qui  a  donné  à  la  France  le 
chancelier  de  Chiverny. 

Les  plats  de  la  reliure  portent,  d'un  côté,  un  écusson  aux  initiales  de 
Théodore  Williams,  avec  sa  devise  :  Deus  alit  me,  de  l'autre,  ses  armes. 

La  conservation  de  ce  manuscrit  est  parfaite. 

30.  OFFICIUM  B.  VIRGINISMARI^.— In-12,  de  i25ff.;non 
compris  a  ff.  blancs^  mais  encadrés  au  commencement,  et 
un  f.  blanc  à  la  fin  ;  miniatures,  bordures,  lettres  ornées  ;  mar. 
rouge,  doré  en  plein  à  petits  fers  et  au  pointillé;  doublé 
de  mar.  rouge,  doré  de  même,  avec  le  chiffre  couronné 
d'Anne  d'Autriche;  tr.  dor.  ciselée  et  peinte  {Le  Gascon). 

Ravissant  manuscrit  sur  véun,  exécuté  en  France  dans  la  première 
moitié  du  XYl^  siècle,  et  ayant  appartenu  k  la  reine  ANNE  D'AUTRICHE. 


THEOLOGIE.  81 

Orné  d'un  titre-frontispice,  il  a  douze  miniatures  au  calendrier,  quinze 
MINIATURES  de  la  grandeur  des  pages,  vingt-huit  petites  miniatures  et 
QUINZE  BORDURES  d'cncadrciTient,  ce  qui  forme  un  ensemble  de  soixante  et 
ONZE  peintures  d'une  beautô  extraordinaire. 

Le  frontispice  consiste  en  un  portique  très  élégant,  du  plus  beau  style 
de  la  Renaissance.  Il  est  peint  en  or,  avec  des  arabesques  sur  fond  rouge 
ou  bleu;  dans  l'ouverture  de  ce  portique,  un  ange  debout,  vôtu  d'une 
robe  écarlate,  tient  une  draperie  avec  le  titre  du  manuscrit  en  lettres  d'or. 

Les  douze  vignettes  du  calendrier  (H.  :  0™,04o  à  0™,05i;  L.  :  0^,045) 
offrent  des  sujets  traditionnels  avec  quelques  variante!?  :  i°  Un  Seigneur  et 
une  dame  à  table,  servis  par  un  petit  garçon  ;  —  2°  la  Coupe  des  branches 
sèches  en  forêt;  —  3°  la  Taille  des  arbres;  —  4°  un  Seigneur  richement  vêtu, 
monté  sur  un  cheval  blanc  et  suivi  d'un  piqueur,  lance  un  faucon  à  la  pour- 
suite d'un  héron  ;  —  5°  un  Couple  amoureux  assis  sur  un  gazon  ;  le  jeune 
boinmc  porte  l'épée  au  côté  et  des  habits  somptueux  de  l'époque  de 
François  I**';  —  6<*  la  Tonte  des  moutons;  —  7°  la  Fenaison;  —  8<»  la  Mois- 
son; —  9°  le  Semeur;  —  iO°  les  Vendangeurs  portant  le  raisin  à  la  cuve;  — 
il®  un  Troupeau  de  porcs  dévorant  des  glands  dans  une  forêt;  —  12°  un 
Paysan,  aidé  de  sa  femme,  saignant  wi  porc.  Toutes  ces  miniatures  sont 
entourées  d'un  simple  cadre  doré;  dans  le  coin  supérieur  de  chacune 
d'elles,  à  gauche,  figure  le  signe  respectif  du  zodiaque  peint  en  or  sur  un 
nuage  bleu. 

Les  grandes  miniatures,  enchâssées  dans  de  charmants  portiques  d'un 
dessin  varié,  ont  la  forme  roctan^i^ulaire,  sauf  une  seule.  Leurs  dimen- 
sions sont,  cadre  non  compris  :  IL  0'°,0y2  à  0°»,0y6;  L.  :  0°»,0oi  à  0",0o6; 
avec  le  cadre  :  IL  :  0^,145;  L.  :  0'",084. 

Dans  la  première  (f.  14  v<*),  on  voit  saint  Jean  l'évangéliste  a  l'Ile  de 
Pathmos,  assis  au  bord  de  la  mer  dans  une  attitude  extatique.  Ravissant 
paysage  dans  le  fond. 

La  deuxième  (f.  18  v®)  représente  Jksus  en  prière  au  jardin  des  Oli- 
viers. Trois  apôtres,  accroupis  sur  le  devant,  dorment,  tandis  que  le 
Christ  implore  à  genoux  Dieu  le  Père  les  mains  tendues  vers  le  ciel  où,# 
dans  une  auréole  lumineuse,  apparaît  un  ange  tenant  une  croix.  Au  fond, 
à  l'entrée  d'une  petite  porte,  on  voit  un  groupe  de  Juifs  qui  viennent 
arrêter  Jésus.  Les  contours  d'une  ville,  légèrement  éclairés  par  les  rayons 
rosés  du  crépuscule,  se  détachent  dans  le  lointain.  L'effet  de  cette  scène 
dramatique  est  saisissant. 

La  troisième  (f.  27  r<*)  a  pour  sujet  I'Annonciation.  La  Vierge,  aux 
formes  peut-être  un  peu  trop  vigoureuses,  est  assise  sous  un  riche  dais  ; 
l'archange  Gabriel,  vêtu  de  blanc,  se  tient  debout,  et  le  Saint-Esprit  des- 
cend, sous  forme  d'une  colombe,  sur  un  rayon  céleste.  Au  fond,  par  une 
porte  ouverte,  on  voit  les  murs  d'une  ville. 

La  quatrième  (f.  39  v°)  nous  montre  la  Visitation  de  sainte  Elisabeth  ; 
la  scène  se  passe  en  pleine  campagne,  qui  est  agrémentée  par  un  paysage 
délicieux. 

La  cinquième  (f.  47  v°)  représente  la  Nativité.  La  Vierge?,  avec  un  petit 
ange,  est  agenouillée  en  adoration  devant  l'Enfant  Jésus.  Saint  Joseph  se 
tient  debout.  L'artiste  a  placé  cette  scène  dans  un  beau  palais  en  ruine,  et 
dont  les  nombreuses  ouvertures  laissent  passer  la  lumière  du  jour. 


S2  MANUSCRITS. 

La  sixiAmo  (f.  lii  r°;,  I'Annonciation  aux  bergers,  ost  un  véritable  la- 
blcau,  très  Inon  comi»ost\  Los  bergers  sont  au  nombre  de  cinq  et  le  mi- 
niaturiste leur  a  donn('!  des  attitudes  qui  révèlent  sa  science  du  dessin, 
surtout  celle  des  raccourcis.  Le  [iotit  troupeau  de  moutons  blancs,  les 
maisons  de  campagne  et  1<'S  monuments  en  njine  qui  garnissent  le  fond, 
les  lointains  accidentés,  les  costumes  des  bergers,  tout  cela  donne  à  ce 
tableau  un  certain  cacliet  antique  :  on  dirait  une  scène  des  églogues  de 
Virgile. 

Le  sujet  de  la  septième  (f.  53  v°)  est  TAdoration  des  Mages,  placée  au 
milieu  des  ruines  imposantes  d'un  palais.  Le  contraste,  habilement  cal- 
culé, des  pbysionomies  et  des  costumes,  la  disposition  et  l'attitude  des 
personnages,  la  finesse  des  tètes,  le  coloris  chatoyant,  et  par-dessus  tout 
la  ravissant!*  figure  de  la  Vierge,  font  de  cette  petite  composition  un 
délicieux  tableau  digne  d'un  des  maîtres  de  la  peinture. 

La  huitième  (f.  ."JG  r";  otFre  la  Prksentation  de  l'Enfant  Jésus  au 
TEMPLE,  scène  mouvementée  où  il  n'entre  pas  moins  de  onze  personnages 
nettement  individualisés.  La  jeune  femme  aux  contours  vigoureux  qui 
vient  oflVir,  un  gf^nou  à  terre,  deux  colombes  renfermées  dans  une  cage, 
est  d'un  beau  modelé. 

La  neuvième  f.  iiî)  r'*}  a  pour  sujet  le  Repos  en  Egypte.  La  Vierge, 
assise  au  pied  d'un  arbre,  allaite  rEnfatit  Jésus  auquel  saint  Joseph  vient 
présenter  un  des  fruits  que  deux  anges  cueillent  pour  lui  aux  branches 
voisines. 

Dans  la  dixième  (f.  Oi-  r°)  on  assiste  aux  Funérah^les  de  la  Vierge, 
portée  par  les  apôtres  ayant  î\  leur  tête  saint  Jean,  qui  tient  la  branche 
de  [lalmier  apportée  par  Gabriel  ;  l'artiste  y  a  représenté  aussi  la  punition 
de  la  tentative  sacrilège  de  Jéphonias  et  de  ses  compagnons,  dont  les 
mains,  détachées  des  poignets,  demeurent  fixées  au  cercueil. 

La  onzième  (f.  07  v°)  représente  Jésus  en  croix,  entre  la  Vierge  el 
saint  Jean  qui  se  tiennent  debout.  Le  corps  du  Christ  est  admirablement 
modelé. 

Le  suj(»t  de  la  douzième  (f.  70  r°)  est  la  Dksce.nte  du  Salnt-Esprit. 

La  treizième  (t*.  73  r°)  est  un  tableau  aux  allures  passablement  pro- 
fanes. Au  milieu  d'une  cour  intérieure,  Betusabée,  prenant  son  bain  dans 
une  fontaine,  re(;oit  le  messager  du  roi  David  qu'on  aperçoit  à  Ja  fe- 
nêtre d'un  palais  somptueux.  Deux  femmes  se  promènent  dans  la  conr; 
d<Mix  autres  sont  assises  par  terre  sur  le  devant,  et  à  côté  d'elles  un  so- 
prrlM»  lévri<T  blanc  se  ti«Mit  couché. 

La  quatorzième  f.  8>>  v")  représente  un  Festln  a  Gomorriie  au  moment 
où  le  feu  du  cii'I  pénèti\^  à  travers  le  plafond  de  la  salle.  Dans  cotte  com- 
position figinent  >ix  personnages  des  deux  sexes. 

Lnlin,  la  quinzième  (f.  109  v")  représente  la  SArNTE  Trlvité  dans  la 
gloire  céleste. 

Les  pages  qui  se  trouvent  en  regard  de  ces  peintures  sont  entoorées 
de  bordures  d'une  bejauté  rare.  Des  fraisiers  avec  leurs  fruits,  de» 
touil'es  de  p<.Misé(^s  à  nuances  variées,  des  myosotis,  des  cerises,  des  pmnes, 
des  amandes  et  des  framboises  en  branches,  des  coquelicots,  des  pois  de 
senteur,  drs  nifirguerites,  etc.,  s'épanouissent  librement  sur  un  fond  or 
mat,   aceompagnés  de  papillons,    de    cigales,  de  chenilles  et  d'autres 


THEOLOGIE.  83 

petits  insectes,  le  tout  peint  avec  une  finesse  et  une  exactitude  à  défier 
la  nature. 

Les  petites  miniatures,  de  forme  presque  carrée,  et  dont  les  dimen- 

# 

sions  varient  entre  23  et  27  millimètres  de  hauteur,  et  23  et  27  millimètres 
de  largeur,  offrent  les  sujets  suivants  :  1°  s.  Luc  (f.  16  r°);  —  2®  s.  Ma- 
thieu (f.  16  v»);  —  3°  s.  Marc  (f.  17  v»);  —  4°  Dieu  le  père  (f.  HO  r»);  — 
50  Dieu  le  fils  (f.  110  v»);  —  6°  le  Saint-Espnt  (f.  IH  r»);  — .  7°  s.  Michel 
(f.  1 H  v°)  ;  —  8°  s.  Jean-Baptiste  (f.  H  2  r»)  ;  —  9°  .s.  Jeaw  Vévangéliste  (ibid.); 
—  10<>  s.  Pien-c  ef  s.  Pau/  (f.  H  2  v<>);  —  11°  s.  Jacques  (f.  113  r^);  — 
12°  s.  Etienne  (f.  113  V»);  —  13°  s.  Laurent  (ibid.);  —  14°  s.  Christophe 
(f.  114  ro);  —  lo»  .s.  Georges  (f.  114  v»);  —  16°  s.  Sébastien  (f.  115  r^);  — 
170  s.  Claude  (f.  116  r»);  —  18°  5.  Antoine  l'ermite  (f.  117  r°);  —  19°  s. 
Denis  (f.  117  v°);  —  20°  s.  Rock  (f.  118  r°);  —  21°  sainte  Anne  instruisant 
la  Vierge  (f.  118  v°)  ;  —  22°  sainte  Marie-Madeleine  (f.  119  r°)  ;  —  23°  sainte 
Catherine  (ibid.);  —  24°  sainte  Geneviève  (f.  119  v°);  —  2.*)°  sainte  Margue- 
rite (f.  120  r°)  ;  —  26°  sainte  Barbe  (f.  120  v°);  —  27°  saiiite  Apolline 
(f.  121  r°);  —  28°  la  Vierge  avec  l  Enfant  Jésus  (f.  121  v°).  Toutes  ces 
figures  sont  représentées  à  mi-corps. 

Nous  avons  déjà  fait  connaître  quelques-unes  des  qualités  brillantes 
que  réunissent  les  peintures  de  ce  manuscrit.  Un  grand  talent  de  com- 
position, une  science  complète  du  dessin,  une  entente  parfaite  de  la 
perspective  et  du  clair-obscur,  une  finesse  de  touche  incomparable,  indi- 
quent qu'il  faut  chercher  l'auteur  anonyme  de  ces  miniatures  parmi  les 
premiers  artistes  de  son  temps  et  parmi  les  coloristes  les  plus  brillants. 
Sous  son  pinceau,  les  chairs  palpitent,  les  visages  s'animent,  tout  se 
meut  et  vit,  et  l'éclat  du  coloris  contribue  à  mettre  en  valeur  chaque 
figure  individuellement  et  à  les  fondre  dans  un  ensemble  harmo- 
nieux. L'art  y  est  bien  italien,  mais  certains  indices,  comme  par 
exemple  la  représentation  de  l'effigie  de  sainte  Geneviève,  patronne 
de  Paris,  prouvent  que  c'est  en  France  qu'eut  lieu  l'exécution  de 
ce  volume.  Tout  porte  à  croire  que  l'artiste  à  qui  on  doit  ces  admi- 
rables miniatures  devait  être  un  des  peintres  italiens  de  la  cour  de 
François  P',  ou  un  des  plus  habiles  élèves  de  Técolc  de  Fontainebleau.  Ce 
qui  fortifie  cette  hypothèse,  c'est  que  la  calligraphie  du  texte  est  aussi 
tout  à  fait  italienne;  et  que  le  calendrier,  où  l'on  trouve  les  noms 
de  s.  Félix  de  Noie;  s.  Gcminien^  évé(fue  de  Modène;  s*°  Cathenne  de 
Sienne;  s.  Bernardin  de  Sienne;  s.  Maxime,  cvcque  de  Padoue;  s.  Paulin, 
éxiêque  de  Nota;  s.  iloc/i,  patron  de  Parme  et  de  Venise,  dont  le  nom  est 
écrit  en  rouge;  s.  Prosdocimc,  premier  évéque.  de  Padoue,  etc.,  saints 
dont  le  culte  est  plus  particulier  à  l'Italie,  a  dû  aussi  être  combiné  par  un 
italien. 

Le  texte  est  écrit  en  lettres  rondes,  avec  une  admirable  régularité. 
Il  est  orné  d'un  nombre  considérable  de  délicieuses  initiales  ainsi  que  de 
tirets  pour  garnir  les  bouts  de  lignes,  peints  en  or  et  en  couleurs.  Toutes 
les  pages  du  texte  sont  entourées  de  filets  d'or  bordés  de  noir  et  terminés 
au  bas  par  des  entrelacs.  Le  vélin  est  d'une  finesse  extraordinaire. 

Il  est  probable  que  la  reine  Anne  d'Autriche  a  trouvé  ce  précieux 
volume  parmi  les  livres  de  la  cour  ;  elle  l'a  fait  couvrir  d'une  ravissante 
reliure  dont  les  plats  intérieurs  portent  des  ileurs  de  lis  et  son  monogramme 


84  iMANUSCRlTS. 

couronné.  Malheureusement  le  relieur,  sans  doute  pour  ramener  ce  manus- 
crit à  un  format  très  commode,  l'a  un  peu  trop  rogné,  et  a  atteint  quel- 
quefois, quoique  légèrement,  les  encadrements  des  miniatures.  On 
trouvera  au  catalogue  illustré  une  reproduction  des  deux  plats  de  cette 
reliure  dont  la  conservation  est  parfaite. 

31.  HORyil.  —  In-32,  de  194  ff.,  dont  le  dernier  blanc; 
miniatures,  bordures  et  lettres  ornées;  mar.  rouge,  à 
compart.,  tr.  dor.,  fermoirs  en  argent  [anc.  rel.). 

Charmant  manuscrit  sur  vklin,  exécuté  en  Italie  au  commencement  du 
XV«  siècle.  (H.:  O'»,07o;  L.:  0°»,0oi.) 

Il  commence  par  un  calendrier  écrit  en  noir  et  en  rouge,  occupant 
douze  feuillets.  Ce  calendrier  n'offre  l'indication  que  d*un  peut  nombi'e 
de  saints,  mais  on  y  remanjue  ct^lle  de  s.  Zénobe,  évéque  et  l'un  des  patrons 
de  Florence  (25  mai)  et  celle  de  sa  translation  (26  janvier).  L'inscription 
en  lettres  roujk'cs  de  ces  d(?ux  fêtes,  ainsi  que  Tadjonction  exceptionnelle 
du  nom  de  la  cité  où  ce  saint  a  exercé  ses  fonctions  épiscopales  (Zcno- 
bij  cpï/loren.)  servent  à  démontrer  l'origine  de  ce  manuscrit^  ce  qni  ressort 
pleinement  d'ailleurs  de  l'examen  de  ces  peintures  où  brille  l'art  llo- 
rentin. 

Ces  peintures,  à  pleine  page,  au  nombre  de  huit,  et  placées  par  deux, 
en  regard  l'une  de  l'autnî,  consistent  en  quatre  miniatures  afférentes  aux 
quatnî  parties  de  ce  volume,  et  en  autant  d'initiales  historiées' entourées 
les  unes  et  les  autn?s  de  riches  encadrements  à  sujets. 

La  première  miniatun?  (f.  13  v°)  représente  TAnnonciation  ;  Ja  page 
en  regard  otlVe,  au  centre,  ce  titre  peint  en  lettres  d'or  sur  fond  d'azur: 
Offician  Bcatc  Marie  vir,  sër.  cô.  romane  cvrie.  ver.  L'initiale  D  (du  Domine 
labia  nua  apcrùs)  renferme  une  petite  peinture  représentant  la  Vierge  ex 

ADORATION  DKVA.NT  L'EnFANT  JkSFS. 

La  seconde  niiniaiuie  (T.  102  v°)  a  pour  sujet  la  Résurrection  d'une 
MoiiTK,  en  piésen<M'  dos  apôtres.  La  page  en  regard  offre  le  titre  pour  les 
Oflirvs  des  trépasses,  (;t  l'initiale  D  (du  mot  Dilexl)  renferme  une  petite 
scène  de  la  Danse  des  nwrfs;  on  y  voit  la  Mort,  peinte  en  grisaille,  tenant 

l'AU  LA  MALN"  IXK  JKINK  FILLK. 

La  tioisièine  minialunî  (f.  15!)  v°)  représente  David  vainqueur  de 
CoLiATii.  La  pa^e  en  regard  donne  le  titre  des  Sept  psaumes  de  lapénitenee, 
et  la  petite  pointure  renfermée  dans  l'initiale  D  (du  mot  Dominé)  a  pour 
sujet  LK  noi  David  en  piiikre  dans  lk  désert. 

La  (jnati'iènie  miniature  (f.  18S  v°j  représente  Jésus  en  croix.  Elle  est 
placée  en  tête  de  VOffice  de  la  sainte  croix,  dont  la  page  en  regard  con- 
tient le  titre;  (;t  où  l'initiale  D  (du  mot  Domine)  offre  la  figure  de  Jésus 
cnuciFiÉ,  à  mi-corps,  adossé  à  sa  croix. 

Les  encadrements  qui  entourent  ces  huit  peintures  sont  dans  le  beau 
style  de  la  renaissance  italienne  avec  des  ornements  peints  en  or  et  eu 
couleurs,  sur  fonds  à  nuances  variées,  au  milieu  desquels;  à  chaque  page, 
se  trouvent  placés  six  ou  sept  [«.'tits  bustes  de  saints  ou  de  saintes  renfer- 
més dans  des  médaillons  ou  dans,  des  losanges,  avec  accompagnement  de 
ligures.d'anges,  de  têtes  de  moit,  d'oiseaux,  etc. 


THEOLOGIE.  85 

Le  texte,  écrit  en  lettres  rondes,  sur  un  vélin  très  fin  et  très  blanc,  est 
orné  d'un  grand  nombre  d'initiales  enluminées,  quelquefois  avec  de  petits 
bustes  de  saints  au  centre  qui,  dans  ce  cas,  sont  accompagnés  en  marge 
d'une  belle  bordure. 

Ce  délicieux  manuscrit,  d'une  grande  fraîcheur,  provient  de  la  biblio- 
tlièque  Yemeniz  (n*»  74). 


32.  DURANDUS  (Guillelmus).    Rationale  divinoi-um  officio- 
rum.  —  In-fol.,  de  268  ff.  à  2  col.  ;  miniatures,  bordures 
et  Jettres  ornées;  vélin  blanc  [(tnc.  reL). 

Précieux  manuscrit  sur  vélin,  exécuté  en  Italie  au  XlVe  siècle. 

On  connaît  l'importance,  an  point  de  vue  de  l'histoire  de  la  liturgie, 
de  cet  ouvrage  célèbre,  composé  dans  la  seconde  moitié  du  XIII*'  siècle  par 
Guillaume  Durand  ou  Duranti,  originaire  du  midi  de  la  France,  qui  fut 
évêque  de  Mende  et  qui  rendit  de  grands  services  à  la  papauté  comme 
gouverneur  de  la  Romagne.  Ce  Rational  eut  de  nombreuses  éditions;  la 
première  fut  imprimée  à  Mayence  par  J.  Fust  et  P.  SchoyfTer,  et  on  en 
trouvera  plus  loin  un  superbe  exemplaire  sur  peau  de  vélin. 

L'intérêt  exceptionnel  de  notre  manuscrit  réside  dans  ses  belles  pein- 
tures, œuvre  d'un  artiste  de  l'école  de  Bologne.  La  partie  décorative  est 
surtout  très  remarquable. 

La  miniature-frontispice  (H.:  0™,088;  L.:  0",164),  placée  en  tête  de  la 
première  page,  est  divisée  en  huit  compartiments  qui  représentent  autant 
de  petits  sujets  dont  chacun  se  rapporte  à  l'un  des  huit  livres  qui  com- 
posent cet  ouvrage.  Ainsi  dans  le  premier  on  voit  Vlnténeur  d'une  église 
avec  la  pierre  fondamentale  du  maitre-autel  ;  dans  le  second,  VEntrée  à 
l'église  de  nombreux  ecclésiastiques;  dans  le  troisième,  la  Conséa\ition  du 
maitre-autel;  dans  le  quatrième,  la  Célébration  de  l'office  divin;  dans  le 
cinquième,  VÉlévation  du  Saint- Sacr ement  ;  dans  le  sixième,  l'Aspersion 
des  fidèles  à  l'entrée  d'une  église;  dans  le  septième,  une  Procession;  dans 
le  huitième,  ÏEnseignement  du  comput  ecclésiastique.  Au  bas  de  cette 
grande  peinture,  est  peint,  en  lettres  capitales,  ce  titre  :  Incipit  Racinale 
(sic)  divinorum  officiorum. 

Chacun  de  ces  huit  livres,  à  l'exception  du  premier,  était  en  outre 
précédé  d'une  miniature  à  plusieurs  compartiments  où  étaient  représen- 
tés les  principaux  sujets  dont  il  est  question  dans  le  texte  respectif.  Mal- 
heureusement il  ne  nous  reste  que  deux  de  ces  miniatures,  les  autrea 
ayant  été  arrachées  avec  les  pages  qu'elles  ornaient  ;  pour  conserver  le 
souvenir  de  celles  qui  ont  échappé  à  la  destruction,  nous  en  donnons,  au 
catalogue  illustré,  des  reproductions  en  gravures  sur  bois,  avec  plusieurs 
lignes  de  texte  et  leurs  bordures,  de  la  grandeur  des  originaux. 

La  première  de  ces  peintures  (livre  III,  f.  33  v°),  divisée  en  huit  petits 
compartiments,  représente  les  phases  successives  de  la  Cérémonie  de 
l'habillement  d'un  évéque  pour  sa  consécration;  l'initiale  T,  qui  y  est  accolée 
en  dessous,  offre,  dans  sa  partie  supérieure,  deux  autres  petits  compar- 
timents dont  les  sujets  sont  étroitement  liés  avec  les  précédents. 


86  MANUSCRITS. 

La  seconde  peinture  (livre  VIII,  f.  2,'it  r°)  est  à  deux  compartiments,  et  a 
pour  sujet  VEîisciynement  du  comput  ecclésiastique,  qui  fonnail  la  base  du 
calendiier  chrétien  pour  toutes  les  frtes  de  l'année;  l'initiale  Q,  placée 
au  dessous,  renferme  une  troisième  représentation  de  cet  enseigne- 
ment. 

Les  pages  où  se  trouvent  ces  grandes  peintures  sont  décorées  de  riches 
bordures  historiées;  nous  donnons  au  catalogue  illustré  un  fragment  de 
celle  du  f,  33  \\ 

Le  texte  est  en  outre  orné  de  dix  autres  grandes  initiales  a  sujets  et 
de  CINQUANTE  ET  UNE  INITIALES  d'uue  oriu'inentation  de  toute  iieauté.  L'ini- 
tiale historiée  du  fnologue  (Q)  représente  un  Moine  dans  sa  cellule  écrivant 
sur  un  rouleau  de  parchtmin.  Les  neuf  autres  otfrent  les  sujets  suivants: 
1°  Vliitérieur  d'une  cylise,  avec  un  autel  au  milieu  (lettre  I,  f.  2  v°);  — 
2°  une. Église  avec  son  enceinte  (lettre  P,  ibid.)\  —  3°  Travaujc  de  maçonne- 
rie pour  le  maitre-autel  (lettre  K,  f.  G  r°;;  —  4°  Décoration  extérieure  d'une 
église  (lettre  P,  f.  7  r°)  ;  —  .'>°  Fonte  et  bénédiction  d'une  cloche  (lettre  C, 
f.  Il  v*"),  dont  on  trouvera  une  reproduction   au   catalogue  illustré;  — 
fio  le  Chant  au  lutrin  (ItHtre  N,  f.  20  v<>);  —  1^  la  Tonsure  ecclésiastique 
(lettre  P,  f.  21)  r°i  ;  nous  en    donnons  une  reproduction  au   catalogue 
illustré  ;  —  8"  la  Remisr  par  un  éiéque  de  la  clé  du  sanctuaire  à  ses  gardiens 
(lettre  0,  f.  2î)  r°;;  —  î)°  un  EviJque  transmet  ii  de  nombreux  ec4:lésiastiques 
le  pouvoir  d'exorciser  (lettre  K,  f.  29). 

Les  cinquante  et  une  autres  ^'randes  initiales,  d'une  fin»^sse  d'exécution 
remarquable,  offrent  ce  que*  l'ait  italien  de  cette  époque  a  produit  de 
plus  beau  en  ce  génie.  iU'  sont  des  rinceaux  entn'lacés,  combinés 
avec  de  jrracieux  enroulements  et  avec  des  grotesques  et  des  chimères; 
le  tout  peint  en  or  et  en  couleurs  de  nuances  variées.  On  trouvera 
au  catalogue  illustré  la  reproduction  de  dix  de  ces  initiales  d'où  partent 
de  longs  appen<lices  servant  d'encadrements  aux  colonnes  du  texte. 
D'autres  lettres  ornées,  bien  plus  petites  mais  enluminées  avec  le  môme 
luxe,  complètent  la  riche  décoration  de  ce  manuscrit.  11  est  essentiel 
d'ajouter  ({ue,  dans  toutes  ces  peintures,  l'or,  employé  à  profusion  et 
appliqué  sur  une  coucht;  épaisse,  est  décoré  de  petits  ornements  au  poin- 
tillé. 

Ilarement  on  rencontre  des  manuscrits  italiens  de  cette  date  pouvant 
être  mis  en  parallèle»  avec  celui-ci  pour  la  fmesse  des  peintures  à  sujets, 
surtout  en  raison  de  l'exiguïté  i\o  leurs  dimensions  et  du  grand  nombre 
des  personnages  qui  y  sont  accumulés,  dont  chacun  a  cependant  une  phy- 
sionomie individuelle. 

Le  texte  est  d'une  superbe  écriture  gothique,  avec  les  titres  en  rouge. 
Il  est  ainsi  terminé  à  la  première  colonne  de  la  dernière  page  :  Explicit 
rationale  dicinorum  offirionnn. 

Au  bas  de  la  première  page,  dans  l'encadrement,  se  trouvent  placés  trois 
écussons  d'armoiries.  Celui  du  milieu,  répété  dans  les  bordures  de 
plusieurs  autres  pages,  est  :  dUirgent  ci  la  fasce  d'azur,  surmontée  de  trois 
quinte  feuilles  de  gueules;  celui  de  gauche  olfre  :  d'argent  ii  la  fasce  d'azur, 
avec  deux  sci'ittrcs  fie  gueules  en  sautoir  posés  sur  le  tout:  celui  de  droite: 
de  sable  à  trois  roses  d'ia\ 

Ce  superbe  manuscrit  est  dans  un  très  bel  état  de  consenation. 


THEOLOGIE.  87 


THEOLOGIE  DOGMATIQUE,  MORALE,  ETC. 

33.  GREGORIUS  papa.  Moralia  in  Job.  —  In-A,  de  i45  ff.; 
lettres  ornées;  mar.  La  Valliére,  compart.  et  ornements  à 
froid,  tr.  dor.  (Duru). 

Très  précieux  manuscrit  sur  vklin,  exécuté  dans  le  nord  de  l'Italie, 
au  couvent  de  Bobbio,  fi  ce  qu'on  croit,  du  VII°  au  VIH«  siècle. 

Il  commence  par  ce  titre,  écrit  en  vert  et  rouge,  en  lettres  capitales  et 
onciales  :  fncipit  prologvs\\Explaiiacîonis  in  sco  /ob  Gregorii  pape\\Reve- 
rentissimo  (sic)  et  scissimo  fratri  Lciuidroco  \\  episcopo  Gregorius  seruus  ser- 
itoinim  DT.  Le  texte  est  d'une  belle  écriture  lombarde,  et  chaque  livre  est 
orné  d'une  grande  initiale  enluminée  (une  seule  est  au  trait)  formée 
soit  de  (igureà  de  poissons,  soit  de  figures  de  colombes,  soit  de  leur  com- 
binaison. Le  volume  est  incomplet  de  la  fin;  il  s'arrête  avec  les  mots  : 
....  qui  .  ,  .  ,  est  et  singulis  tota,  .  . 

Ce  commentaire  sur  Job,  entrepris  par  le  pape  Grégoire  le  Grand 
(mort  en  004),  à  la  prière  de  saint  Léandre,  évoque  de  Séville,  ollre  une 
interprétation  où  l'histoire  se  mêle  à  l'allégorie.  11  a  été  imprimé  dès  le 
XV"  siècle. 

L'état  de  conservation  de  ce  manuscrit  est  surprenant,  principalement 
pour  le  brillant  noir  de  l'encre.  11  portait  l'indication  de  sa  provenance 
en  tête  de  la  première  page,  où  on  lit:  Iste  liber  est  monasterii...,  mais  le 
nom  de  la  localité  a  été  gratté.  Il  a  été  vendu  à  M.  Didot  par  M.  Tross, 
qui  l'avait  reçu  de  l'Espagne.  La  reliure  dont  il  était  couvert  étant  trop 
endommagée  pour  pouvoir  être  conservée,  M.  Didot  a  fait  reproduire 
exactement  sur  celle-ci  les  ornements  que  portaient  les  quelques  lam- 
beaux restant  de  l'ancien  cuir,  ornements  qui  consistaient  en  comparti- 
ments losanges,  décorés  de  glands  et  de  petites  roses.  L'ancieinie  reliure 
portait  cette  mention  :  Codex  longobardicus  Dagoberti  mvo  scriptus. 

34.  HIEROlSlMUS  (S.).  Epislola^.  —  In-fol.,  de  35i  (T.;  lettres 
ornées;  velours  rouge,  tr.  dor.  et  ois.  [fi/ic,  re/.). 

Superbe  manuscrit  sur  vklix,  exécuté  en  Italie  au  commencement  du 
XVI«  siècle. 

Les  trois  premiers  feuillets  contiennent  une  table  des  matières  écrite 
en  carmin  :  Incipiunt  epistnle  sancti  ieronimi  presbiteri  per  ordinem  infra  \\ 
scripte;  ces  épîtres  sont  au  nombre  de  cent  quarante-neuf.  Le  4^'  f.  est 
blanc.  Le  f.  suivant  nn  contient  que  quatre  lignes  de  titre  {Incipiunt  epi- 
stole,  etc.)  placées  au  bas  de  la  page  dont  la  majeure  partie,  réservée  sans 
doute  pour  une  grande  miniature,  est  restée  en  blanc.  Au  bas  de  la  page 
recto  du  f.  0,  est  peint  un  charmant  lleuron  d'entrelacs,  au  centre  duquel 
un  ange  tient  un  écusson  (jui  n'a  pas  été  remi>li.  L'n  grand  nombre  d'ini- 
tiales enluminées  décorent  le  texte,  écrit  en  lettres  rondes  avec  une 
régularité  merveilleuse.  Le  volume  finit  au  recto  du  dernier  feuillet  par 
ces  mots  :  çj*  in  omnia  secula  scrulonim.  Amen. 


88  MANUSCRITS. 

.  Lo  vélin  est  en  général  d'une  blancheur  éclatante  et  d'une  qualité 
exceptionnelle;  les  marges  sont  superbes. 

Ce  magnifique  volume  provient  de  la  Hongrie,  et  l'on  croit  qu'il  avail 
appartenu  au  célèbre  ])ibliophile-roi,  Mathias  Gorvin. 

35.  BONAVENTURA  (S.).  Breviloquium,  —  In-8,  de  laSff.; 

peintures  et  lettres  ornées;    ais  de  bois  recouverts   de 

velours  vert,  avec  une  plaque  d'émail  champlevé,  entourée 

*    d'une  bordure  en  filigranes,  avec  cabochons   et  pierres 

gravées  (anc,  rel.). 

Beau  manuscrit  sur  vélix,  de  la  fm  du  XIII^  ou  du  commencement  du 
XIV®  siècle,  ayant  appartenu  à  l'église  de  Saint-Jacques,  de  Liège.  ' 

Ce  manuel  dogmatique,  dû  k  l'un  des  plus  grands  docteurs  de  l'Église, 
et  en  môme  temps  l'un  des  plus  célèbres  pliilosopbes  scolastiques  (mort 
en  1274),  se  présente  ici  dans  une  transcription  très  peu  postérienre  à  la 
date  de  sa  composition. 

Il  commence  par  ce  titre  en  rouge  :  Incipit  breuiloq^um  fris  ho- 
neuèture,  et  finit  par  ces  mots:  ...  bMictiis  in  secula  sd^o^f.  Amen.  Il 
est  divisé  en  sept  livres  dont  cliacun  débute  par  une  grande  initiale  en- 
luminée. 

Le  feuillet  de  garde,  placé  en  tête,  porte  au  recto  l'indication  du  con- 
tenu de  ce  volume,  et  oiire  au  verso  l'ébauclie  d'un  dessin  finement  exé- 
cuté au  trait  et  d'un  beau  style,  représentant  Dieu  le  père  dans  $a 
gloire,  ayant  à  sa  droite  et  à  sa  gaucbe  la  figure  du  soleil  et  celle  de  la 
lune,  et  au  bas,  un  religieux,  sans  doute  saint  Bonaventure,  tombante 
genoux,  les  mains  tendues  vers  Dieu  ;  il  est  assisté  d'un  ange. 

Ce  qui  augmente  le  prix  de  ce  manuscrit,  c'est  sa  reliure,  d'une  grande 
pureté  et  qui  est  un  clief-d'œuvre  d'orfèvrerie.  Au  centre  est  une  plaque 
en  métal  doré  représentant  en  pied  Timage  de  saint  André,  en  émail 
champlevé.  La  ligure  du  saint  est  expressive  et  son  attitude  pleine  de 
dignité.  Sur  la  gauche,  on  lit,  en  lettres  émaillécs  :  S.  Ancb*eas.  Cette 
plaque  est  entourée  d'une  mince  bordure  en  filets,  avec  coins  supérieurs 
en  filigranes  ornés  de  deux  pierres  précieuses.  Des  spécialistes  estiment 
que  ce  travail  doit  être  attribué  à  des  émailleurs  de  l'école  de  Lorraine.  La 
bordure  en  saillie  qui  forme  le  cadre  est  en  filigranes  d'une  grande  élé- 
gance, au  milieu  desquels  sont  enchâssés  trente-neuf  cabochons  en  cristal 
de  roche  et  en  i)ierres  précieuses  (rubis,  topazes,  émeraudes,  améthystes, 
turquoises,  etc.)  ainsi  que  cinq  intailles  antiques.  Cette  belle  reliure 
a  été  reproduite  en  couleurs  par  Libri,  dans  ses  Mimumenis  inédit» 
([)1.  X);  on  en  trouvera  au  catalogue  illustré  une  reproduction  en  photo- 
gravure. 

A  rintérieur  du  second  plat  est  collée  une  garde  en  parchemlDy  coa- 
verle  d'une  écriture  du  XIII^'  au  XIV*^  siècle,  dont  la  première  ligne  est 
conçue  en  ces  termes  :  Liber  ccdcsie  sancti  Jacobi  in  Leodio;  qui  eum  fdo- 
lenter  hmierit,  annthemn  [sit].  Suit  un  article  sur  Pierre  Lombard  et  ses 
travaux. 

En  dernier  lieu,  ce  manuscrit  provient  de  la  collection  Double  (n^  383}* 


THEOLOGIE.  89 

36.  LA.  SAINTE  ABBAIE.  —  DE  PLUISORS  MANIERES 
D'AMOURS.  —  DE  LESTAT  DE  L  AME.  —  DES  PROFIZ 
DÈS  TRIBULACIONS.  —  In-4,  de  8i  ff .  à  a  col,  ;  minia- 
tures et  lettres  ornées;  vélin  blanc. 

Manuscrit  on  ne  peut  plus  précieux  au  point  de  vue  de  Fart,  et  qui 
offre  aussi  un  grand  intérêt  pour  la  littérature  et  la  linguistique.  Il  est 
écrit  sur  vélin  et  a  été  exécuté  en  France  au  commencement  du 
XI V«  siècle. 

Il  contient  quatre  ouvrages  ascétiques.  Le  premier,  dépour\^u  de  titre, 
est  un  traité  sur  la.  perfection  de  la  vie  chrétienne,  d'une  conception 
ingénieuse,  mais  sous  la  forme  d'une  allégorie  outrée.  «  La  Sainte 
«  Abbaie,  lisons-nous  au  début,  et  la  religion  doit  estre  fondée  esperituel- 
lement  en  la  conscience.  »  Partant  de  ce  précepte,  l'auteur  s'engage  dans 
un  dédale  de  subtilités  allégoriques  sur  la  fondation  et  l'administration 
de  cette  communauté  spirituelle.  Ainsi,  pour  déblayer  d'abord  le  terrain 
delà  conscience,  "  li  sainz  esperiz  i  envoie,  ij.  de  ses  damoiseles,  preuz 
«  Si  vaillanz  et  saiges  »,  qui  sont  :  la  Vérité  et  VAmour,  Deux  autres 
demoiselles  feront  alors  les  fondements  de  la  future  abbaye  :  «  Humi- 
«  Utez  qui  les  fera  parfonz,  et  Povre/ez  qui  les  fera  granz  et  larges  ». 
j.  Pénétré  du  sentiment  profond  de  l'esprit  de  l'Évangile,  le  pieux  auteur 
érige  en  principe  que  ces  deux  vertus  doivent  sei-vir  de  base  à  la  com- 
munauté (religion).  «  He  !  beneoite  religion,  dit-il,  fondée  en  povreté  et 
«  en  humilité,  c'est  contre  aucuns  mauves  religieus  qui  sunt  orgueilleus 
«  et  couvoiteus.  »  Puis,  il  ajoute  :  «  Geste  religion  doit  sooir  sur  iave 
«  [eau]  courant  de  larmes  et  de  pleurs.  »  Les  fondements  ainsi  établis, 
on  passe  à  la  construction  :  «  Damoiscle  Obédience,  d'une  part,  et  Miseri- 
«  corde,  de  l'autre,  feront  les  murs  granz  et  hauz...  Damoisele  Padence  et 
«  damoisele  Force  feront  les  pilers  por  soustenir  et'por  apoier....  >; 
L'administration  de  la  Sainte  Abbaye  sera  composée  d'une  manière  ana- 
logue :  «  Madame  Charitez,  qui  est  la  plus  granz  vertuz  et  la  plus  vail- 
«  lanz,  sera  abbaesse....  sainte  Sapience  sera  prieuse...  dame  Humilité  en 
«  sera  souprieuse....  dame  Discrecion,  qui  moût  est  saigc,  sera  tresoriere 
«  et  gardera  le  profit  de  l'ostel...  Penilance  sera  cuisinière...  ele  fera  les 
«  bones  viandes  et  pou  en  mengera...  Damoisele  Jalousie,  qui  touziourz 
«  est  esvcillie  pour  bien  faire,  sera  secretaine  et  tendera  l'auloge;  ceste 
«  esveille  toutes  les  autres...  et  les  fait  lever  aux  matines  pour  Deu  ser- 
«  vir.  Et  devons  savoir  qu'il  i  a  auloge  de  vile  pour  esveillier  les  pai- 
«  sanz  :  c'est  le  cor;  si  a  auloge  de  cité  pour  esveillier  les  marcheanz  : 
«  c'est  la  gueitc  qui  corne  le  iour;  et  auloge  de  religion  qui  chiet  aus 
«  matines,  et  auloge  de  contemplacion  et  de  saint  beguinaige  :  c'est  ialou- 
«  zie  et  amor  de  perfection...  Cest  auloge  doit  chanter  par  trois  manières 
«  de  chanz  :  par  nature,  par  bequarre,  par  bémol.  »  Toutes  ces  promo- 
tions mystiques  sont  longuement  discutées  et  appuyées  de  citations 
latines  tirées  de  la  sainte  Écriture.  Cependant  le  moraliste  ne  se  dissimule 
pas  que  cette  œuvre  de  sainteté  peut  quelquefois  être  compromise,  et  que 
«  la  portière  par  négligence  et  par  sa  defaute  i  laisse  entrer  et  denjourer 
«  quatre  filles  à  un  mauvais  userier  du  pais,  que  il  a  moût  laides  :  c'est 
«  li  diable  d'enfer  qui  est  le  plus  fort  userier  qui  soit,  car  pour  un  pou 


90  MANUSCRITS. 

«  d'oneur,  un  pou  de  ioic,  un  pou  de  délit  qu'il  preste  en  cest  monde,  qui 
«  si  pou  dure,  voudra  que  l'en  li  rende  en  Tautre,  qui  touziourz  duira, 
.<  si  grant  usure  que  cliascuns  de  se  deteurs  li  rendra  honte  et  confasion, 
«t  doleur  et  aflliction  sanz  fin  et  sanz  consolacion.  »  Ces  quatre  filles  du 
démon  sont  :  VFMvie,  «  et  ceste  est  borgne,  qu*ele  ne  puet  regarder-  droit, 
«  mais  touziourz  de  travers,  si  comme  il  parut  de  Saûl  contre  David  »  ; 
la  Presumption,  «  et  cest(î  est  enllée  ou  piz,  car  ele  cuide  plus  savoir  que 
'(  les  autres  «  ;  la  Detractlon,  «  et  ceste  est  bègue,  qu'ele  ne  set  palier,  ne 
«  dire  nul  bitMi  d'autrui  »  ;  le  Fnus  Jugement  et  Soupeçon,  «  et  ceste  est  boi- 
<(  teuse,  car  ele  ne  puet  aler  droit  ».  Toutefois  la  charité  et  la  prière 
peuvent  conjurer  le  péril,  «  et  einsi  sera  l'abbaïe  ordenée  et  renformée 
"  comme  devant  ».  C'est  par  cette  conclusion  que  se  termine  ce  premier 
traité  (f.  7  r"),  adressé  évidemment  à  une  religieuse,  de  mémo  que  les 
I  suivants. 

Le  second,  placé  immédiatement  à  la  suite,  et  sans  aucun  titre,  com- 
mence ainsi  :  «  Vous  vouliez  que  je  vous  envoiaisse  chose  qui  confortast 
«  vostre  ame,  mes  ie  fais  le  contraire,  car  je  vous  envoi  mes  grevances. 
'»  Comment  porroit  envoy(U"  confort  a  autrui  qui  ne  puet  trouve^  confoil 
«  «*n  sui-mesme?  »  Le  sujet  do  ce  traité  est  ainsi  résumé  dans  une  phrase: 
De  IHuifiors  ManiereH  d'amours  qui  sunt  entre  (jenz.  Ces  différentes  espè- 
ces (ramoui*  sont  :  l'amour  charnel  et  mondain,  Tamour  naturel  ou  de 
famille,  l'amour  divin. 

Le  tioisiémo  traité  (f.  28  v°)  est  précédé  de  cette  rubrique  :  Ci  com- 
mence li  lii:rrs  m:  l'Kstat  dk  l'Ame.  Voici  son  début  :  «  Trois  cstaz  de 
<t  l)()iws  amos  sunt  (jue  nous  trouvons  en  la  sainte  escriture.  Li  premiers 
«'  est  (les  comnienranz  <|ui  sont  on  servaip:e  do  cremeur;  li  seconz  est  des 
'<  prolitanz  qui  sunt  (mi  confort  d'espérance;  li  tierz  est  des  parfaiz  qui 
«  sunt  on  fianehisti  do  charité....  El  premier  estât  est  cuers  vcnduz;  el 
«'  sooont  ost  cuors  douez;  "ol  tiorz  est  cuers  toluz.  »  C'est  une  sorte  de 
sermon  pour  la  féto  de  l'Epiphanie,  ou  Ticphaine,  comme  on  la  nom- 
mait à  cotte  époque. 

Le  (juatriémo  ot  dornior  traité  (f.  IV.)  r^)  pourrait  être  intitulé  :  Des 
Profits  qu'on  doit  tirtr  des  tribulations,  il  commence  par  cette  rubrique  : 
Du  nobis  domine  auxiliif,  de  tribulatione,  et  débute  en  ces  termes  :  «  A  toi 
âino  livrée  ans  tomptacions  et  ans  triliulacions  de  ceste  vie  est  adrecic 
la  do(iiin(;  do  reste  parole,  et  à  ce  que  tu  apreignes  à  connoistre  de 
riuox  nn'slioj's  Iribulacions  servent  ans  saigos,  et  les  services  que  tu 
pnoz  d'olos  Irairo...  »  Dans  ce  morceau,  d(î  même  que  dans  le  pi*emier, 
on  rornarquo  un  ^rniid  ponrliant  aux  j)arabolos,  aux  com[>araisons  allé- 
.iroriijui's,  aux  rcipprochonionls  ontio  los  idées  [mremont  éthiques  et  les 
faits  scoondairos  do  la  vie  matériollc,  h;  tout  appuyé  de  nombreuses  cita- 
tions on  latin,  do  maximes  tirées  do  la  saitite  Écriture.  Ce  traité,  qui 
olfro  au  m(H'ali>lo  un  intérol  particulier,  ost  terminé  par  un  résumé  des 
douze  s(M'vicos  cpio  Irs  tribulations  rondont  aux  mortels. 

Au  point  do  vuo  littéraire,  oos  quatn»  traités  peuvent  être  rangés  au 
nondn»'  dos  moijlouros  productions  on  prost^  du  Mil"  siècle.  Les  idées  y 
sont  bion  coordonnées;  lo  stylo  on  ost  clair  ot  coulant;  la  phrase  est 
ra|)ido,  ima^^éc  cl  souvent  d'un  grand  olfet,  gràc(M'i  rein[)loi  habile  d'anti- 
lliôsos:  on  y  ooii>tato,  en  un  mot,  un  réel  tal<»nl  d'écrivain.  La  langue  en 


THEOLOGIE.  91 

est  excellente  et  les  romanistes  peuvent  y  recueillir  non-seulement  de 
curieuses  formes  dialectales,  mais  aussi  un  bon  nombre  de  mots  qu'on 
aurait  beau  chercher  dans  les  f?lossaircs;  le- dialecte  paraît  être  celui  du 
centre  de  la  France.  Les  règles  orthographiques  suivies  dans  le  XIII''  siècle 
y  sont  scrupuleusement  observées. 

Au  point  de  vue  de  l'art,  nous  sommes  ici  en  présence  d'un  chef- 
d'œuvre  incontestable.  Aucune  description  ne  saurait  donner  une  idée  sa- 
tisfaisante de  la  beauté  parfaite  des  quatre  peintures  dont  ce  manuscrit 
est  orné,  ni  des  qualités  précieuses  qui  s'y  révèlent.  Malgré  l'abondance 
des  détails,  la  composition  est  toujours  claire  et  saisissante;  on  est  émer- 
veillé de  la  pureté  et  de  la  finesse  incomparables  du  dessin;  on  est  ébloui 
par  l'éclat  harmonieux  des  couleurs. 

La  première  de  ces  peintures,  placée  en  regard  de  la  première  page 
du  traité  de  la  Sainte  Abbaye,  est  divisée  horizontalement  en  deux  parties 
inégales.  Au  centre  du  compartiment  supérieur,  dans  une  bordure  ovoïde, 
est  figuré  Dieu  le  père,  assis  sur  un  trône  droit;  il  bénit  de  la  main 
droite  et  tient  dans  la  gauche  un  globe  surmonté  d'une  croix;  de  chaque 
côttt  est  placé  une  tourelle  où  apparaît  un  saint  qui  encense  le  Créateur. 
En  dehors  de  la  bordure  ovoïde,  aux  quatre  coins,  se"  trouvent  les  sym- 
boles des  évangélistes,  et,  à  l'extrémité  des  deux  pointes,  sont  appliqués 
deux  médaillons,  dont  l'un  offre  le  symboîe  du  Saint-Esprit  et  l'autre 
celui  du  Fils  de  Dieu,  sous  forme  d'agneau  sans  tache,  tenant  la  croix  de 
la  résurrection  et  le  calice.  Ce  compartiment  central  est  accompagné  de 
deux  compartiments  latéraux  de  la  moitié  de  sa  largeur,  en  guise  de  volets 
d'un  triptyque.  Chacun  d'eux  ofTn?  les  figures  de  quatre  anges,  en  pied, 
renfermées  dans  des  arcatures  géminées,  superposétis  et  séparées  par  un  mé- 
daillon circonscrit  dans  un  cadre  en  losange  :  celui  du  côté  gauche  repré- 
sente la  Vierge  assise  sur  un  trône  entre  deux  chandeliers;  celui  du  côté 
droit  représente  saint  Pierre.  Chacun  des  huit  anges  tient  une  banderole 
avec  une  inscription  en  latin;  les  deux  de  la  partie  supérieure  du  côté 
gauche  sont  montés  sur  des  monocycles.  Le  coin|)artinient  inférieur  de 
cette  pcîinture  représente  deux  des  bâtiments  de  la  sainte  abbaye  :  à  gau- 
che, deux  professes  suivent,  dans  un  livre  ouvert,  les  explications  que  leur 
donne  une  religieuse,  assise  et  tenant  dans  la  main  gauche  la  verge  de 
correction,  indice  de  sa  charge  de  maîtresse;  à  droite,  l'abbesse  et  l'une 
de  ses  religieuses  sont  agenouillées  dans  l'attitude  de  la  prière, 

La  seconde  peinture  (f.  G  v**),  qui  paraît  s'a[)pliquer  mieux  au  premier 
traité,  a  été  placée  en  tête  du  suivant.  Elle  est  divisée  horizontalement  en 
deux  parties  égales.  La  partie  supérieure  donne  la  coupe  verticale  de  la 
chapelle  et  diî  la  portion  attenante  de  l'abbaye,  et  nous  fait  assister 
à  la  Célébration  de  l'oifice  divin.  Le  saint  religieux  qui  dit  la  messe  a  la 
tête  nimbée;  au-dessus  de  l'autel,  Dieu  apparaît  dans  les  airs.  Derrière 
les  deux  acolytes  qui  accompagnent  l'officiant,  deux  religieuses  sonnent 
les  cloches,  et  au  milieu  d'elles  se  ti<Mit  l'abbesse.  Près  d(î  l'entrée  de 
la  chapelle,  quatre  autres  religieuses,  munies  de  leurs  bréviaires,  sont 
debout  sous  les  arcades  des  bâtiments  de  l'abbaye  ;  au  dehors,  trois  autres 
religieuses  apparaissent  aux  fenêtres.  Dans  la  partie  inférieure  est  repré- 
sentée une  PRofiEssiuN  se  dirigcNint  de  gauche  à  droite  dans  l'ordre  sui- 
vant :  un  porte-croix,  accompagné  de  deux  professes  portant  des  chande- 


92  MANUSCRITS. 

liers;  un  diacre  tenant  un  missel  entre  les  mains;  le  saint  religieux  de  la 
peinture  préc^nionte;  cinq  religieuses  munies  de  livres  de  plain-chant  ; 
enfîn  l*abbesso,  fermant  le  cortège.  Nous  donnons,  au  catalogue  illustré, 
une  reproduction  en  photogravure  do  cette  page  intéressante. 

La  troisième  peinture  (f.  29  r«),  qui  se  rapporte  au  traité  de  VEstai  de 
rame,  est  divisée,  par  une  ligne  verticale  et  une  ligne  horizontale,  en 
quatre  compartiments  égaux.  Dans  le  premier  est  représentée  la  Confes- 
sion d'i'xr  RKLiGiKi'SE  au  momcnt  où  elle  reçoit  Tabsolution;  dans  le 
second,  la  mémo  religieuse  est  à  genoux  devant  un  autel  au-dessus  duquel 
on  voit  Dieu  couronnant  la  Vierge;  ces  deux  compartiments,  séparés 
par  un  charmant  clocher,  ont  pour  encadrements  de  gracieuses  arca- 
tures  ornées  do  médaillons  historiés.  Dans  le  premier  des  compar- 
timents inférieurs,  on  voit  une  religieuse  prosternée  devant  un  autel  sur 
lequel  se  trouve  un  calice  où  coule  le  sang  jaillissant  des  blessures  du 
Christ,  qui  apparaît  dans  un  nuage,  et  est  accompagné  d'un  ange  tenant 
la  croix  du  supplice;  dans  le  second  compartiment,  on  a  représenté  la 
même  roligicnso,  à  genoux  devant  le  môme  autel,  au-dessus  duquel  la 
sainte  Trinité  piano  dans  les  aii-s;  le  sang  que  reçoit  le  calice  coule 
des  pieds  du  Sauveur  sur  la  croix,  que  Dieu  le  père  tient  entre  ses 
bras. 

La  quatrième  miniature  (f.  52  v»)  a  pour  sujet  le  Sermo?!  suh  la  mo.x- 
TAGNE.  Jésus,  tenant  le  Monde  dans  la  main  gauche,  est  assis  sur  le  som- 
met d*unc  montagne  rocheuse,  sur  les  ilancs  de  laquelle  sont  groupés  les 
douze  apôtres.  Au  bas,  sont  assis  huit  personnages  en  costumes  laïques 
et  ecclésiastiques.  Au  bas  de  cette  page,  dans  la  bordure,  on  lit  cette 
légende  :  Dieux  qui  fait  la  Pater  IÇostre, 

Ces  morvoilleuses  peintures,  exécutées  sur  des  fonds  d*or  guillochés, 
sont  de  la  même  main,  du  môme  format  et  de  la  môme  disposition  que 
celles  qui  ornent  le  manuscrit  de  la  Somme  des  Vices  et  des  Vertus,  con- 
servé actuelloniont  au  Musée  britannique  et  dont  une  miniature  a  été 
reproduite  dans  le  t.  III  du  Bibliophile  finançais  (1869)  d'après  un  fac- 
similé  exécuté  [)ar  les  soins  de  M.  le  comte  A.  deBastard,  pour  son  grand 
ouvrage  sur  les  Peintures  et  ornements  des  manuscrits.  Cette  circonstance, 
ainsi  que  l'identité  do  l'écriture  dos  doux  manuscrits,  prouvent  qu'ils  n'en 
formaient  qu'un  à  Forigine.  En  dehors  d'eux,  on  ne  connaît  rien  d'aussi 
beau  et  d'aussi  lin  en  fait  de  peintures  françaises  de  cette  époque. 

Les  doux  parties  avaient  appartenu  à  M.  Barrois,  député  du  Nord,  et 
il  parait  que  les  fouillotsdo  garde  de  l'ancienne  reliure  foumisbaient  quel- 
ques indications  relatives  aux  antécédents  de  ce  manuscrit.  D'après  ces 
notes,  la  signature  Jacques,  que  pointent  toutes  les  miniatures,  serait  celle 
de  Jacques  H  do  Bourbon,  comte  de  la  Marche,  et  roi  de  Sicile  par  son 
second  mariage;  ce  prince  aurait  donné  ou  légué  cette  merveille  aux 
Dominicaines  de  Poissy.  La  première  de  ces  assertions  ne  parait  pou- 
voir être  admise,  attendu  que  Jacques  II  de  Bourbon  mourut  Mn  H38, 
tandis  que  les  signatures  en  question  sont  d'une  écriture  du  XVI"  nède. 
Au  siècle  suivant,  ce  manuscrit  était  possédé  par  Guillaume  Dupeyrat, 
prêtre  et  trésorier  de  la  Sainte-Chapelle,  mort  en  1645  et  à  qui  l'on  doit 
plusieurs  ouvrages. 

La  Somme  des  Vices  et  des  Vertus,  que  nous  venons  de  citefi  ouvrage 


THEOLOGIE.  93 

jadis  célèbre  dont  il  existe  de  nombreux  manuscrits  et  qui  eut  plusieurs 
éditions,  a  été  composé  en  1269,  à  la  requête  du  roi  Philippe  le  Hardi  (d'où 
lui  Tient  aussi  le  nom  de  Somme  te  Roy,  sous  lequel  il  est  désigné  quel- 
quefois) ,  par  Laurent  ou  Lorens,  de  Tordre  des  Frères  Prêcheurs.  Il  est 
possible  que  les  quatre  traités  que  renferme  notre  manuscrit  soient  du 
même  auteur.  Us  sont  inédits  et,  à  notre  connaissance,  il  n'en  existe 
aucune  autre  copie. 

Il  faut  encore  noter  que  le  texte  est  enrichi  de  nombreuses  initiales 
d'un  goût  exquis  et  d'un  grand  luxe  d'ornementation.  Toutes  ces  peintures 
ont  conseiTé  leur  fraîcheur  et  leur  éclat  primitifs,  au  point  que  l'argent 
même  ne  s'est  point  terni. 

37-  ABRÉGÉ  DE  L'INSTRUCTION  DU  CHRESTIEN.  —  EXER- 
CICE QUOTIDIEN  DU  CHRESTIEN.  —  PRIERE  k  JESUS- 
CHRIST.  —  En  un  vol.  in-iG,  de  4 1  pp.  chiffrées,  fleurons 
et  initiales  enluminées;  mar.  rouge,  cforé  en  plein  à  petits 
fers  et  au  pointillé,  doublé  de  mar.  rouge  à  riches  com- 
part.,  tr.  dor.,  fermoirs  en  filigranes  {Le  Gascon). 

Ravissant  manuscrit  sur  vélin,  écrit  et  orné  par  Jarry  en  1645.  Il  est 
composé  de  trois  parties  ou  chapitres  dont  chacune  commence  par  un 
simple  litre  de  départ,  en  lettres  capitales  peintes  en  or  et  azur,  titre 
précédé  d'un  en-tête  de  Heurs.  'Chaque  page  est  entourée  d'un  cadre  en 
filets  dorés.  L'écriture,  en  lettres  romaines  et  italiques,  est  un  chef- 
d'œuvre  du  plus  célèhre  de  nos  calligraphcs,  qui  l'a  ainsi  signé  à  la  der- 
nière page:  X  Jarry  Pans,  scripsit,  16i5. 

La  reliure  est  un  bijou  pour  le  dessin  et  ])our  la  dorure  :  elle  est  d'une 
conservation  irréprochable;  une  plaque  de  fermoir  manque. 

Ce  délicieux  volume,  qui  n'est  cité  ni  dans  le  Manuel  de  Brunet  ni 
dans  le  supplément  à  cet  ouvrage,  provient  de  la  collection  de 
M.  L.  Double. 


JURISPRUDENCE,  SCIENCES,  BEAUX-ARTS 


38.  GRATIANLJS.  Decretum  ,  cum  apparatu  Bartholomaei 
Brixiensis.  —  Gr.  in-fol.  à  2  col.,  de  354  ff«  5  miniatures, 
bordures  et  lettres  ornées  ;  mar.  La  Vallière,  riches  coin- 
part,  à  froid,  tr.  dor.  [Haguc], 

Superbe  manuscrit  sur  vklin,  exécuté  au  XIII''  siècle  dans  le  nord  de 
la  Franco,  et  orné  do  TRENTK-ciNg  mimatires  et  de  quatre  grandes  l\i- 
TiALEs  enluminées. 

Les  dix  premiers  feuillets  contiennent  un  sommaire  développé  do 
l'ouvrage  entier.  Il  débute  ainsi  :  In  prima  parte  ayitur  de  iusticia  natu- 
rali  et  positiua,  tam  ofititiita  qiià  inconstifitta,  etc.  L'initiale  I,  finement 
exécutées  sur  un  fond  d'or  et  placée  en  guise  de  bordure,  ii*a  pas  moins 
de  trente-neuf  centimètres  de  hautcfur  sur  trois  centimètres  de  largeur; 
(^llo  est  d'une  grande  richesse  d'ornoniontation  (jui  consiste  en  entrelacs 
au  milieu  desquels  sont  placés  quatre  médaillons  historiés  dont  le  premier 
représente  Dieu  le  Pèro,  et  les  autres,  trois  figures  allégoiiques. 

Le  texte  du  Décret  de  Gratien  (f.  il)  commence  par  Tinitiale  H  riche- 
ment enluminée  et  renfermée  dans  un  carré  dont  le  côté  droit  est  borné 
par  un  compartiment  qui  contient  les  deux  premiers  mots  ([H]umanum 
genus)  en  lettres  d'or  superposées.  Cotte  première  partie  de  Touvrage 
{Distinctiones]  s'arréto  au  vorso  du  f.  80. 

La  seconde  partie  (6V/w.sa?),  qui  a  surtout  rapport  à  Tapplication  pra- 
tique du  droit  canon  et  i\  la  procédure,  est  enrichie  de  trente-quatre 
suPERUEs  MiNiATi'REs,  renfermées  dans  de  belles  initiales,  et  deux  grandes 
LETTRES  ORNÉES,  placéos  rospoctivonient  OU  toto  des  trente-six  causes  qui  con- 
stituent cette  {>artie  de  l'ouvrage.  La  première  peinture,  relative  aux  simo- 
nies  (f.  87  r°',  se  rapporte  î'i  la  première  question  de  droit  et  représente  un 
Abbv,  l'ii  rompaynie  tVunreUijieud-,  recevant  un  particulier  qui  lui  amène  son 
jeune  (jarron  destiné  à  entrer  dans  les  ordres  et  lui  remet  un  sac  d'argent  afin 
de  lui  assurer  un  brnrfitr  dans  l'avenir.  Le  sujet  de  chacune  des  trente-troL« 
autres  miniatures  (If.  i07,  123,  13i,  137,  143,  ii6,  149,  «52,  162,  172, 
170,  170,  183,  lîKi/l08,  201,  202,  204,  2O0,  213,*233,  243,  247,  233,  260, 
263,  264,  267,  26î>,  287,  313,  314,  320}  est  tiré  de  Tune  des  trente-trois 
questions  du  droit  canon,  discutées  à  fond  et  résolues  par  Gratien,  parmi 
lesquelles  il  y  en  a  de  passablement  scabreuses,  comme  celle  du«£.  287. 
La  quatrième  et  la  cinquième  question  débutent  par  de  superbes  initiales 
enluminées.  Nous  donnons,  au  catalogue  illustré,  la  reproduction  de  deux 
dp  ces  initiales  historié(*s  (fol.  172  et  2i7;. 


JURISPRUDENCE,  SCIENCES,  BEAUX-ARTS.         95 

La  troisième  partie  [De  Consecratione  ecclesiat*um)  commence  au  f.  321 
et  porte  en  tôte  une  belle  miniature  représentant  la  Consécration  d'une 
église.  Elle  finit  ainsi  (f.  346  r°)  :  Eœpliciunt  Décréta  Gratiani. 

Ces  trente-cinq  miniatures,  finement  exécutées  sur  fond  d'or,  sont 
d*un  gi'and  intérêt,  surtout  pour  les  costumes  civils  et  religieux.  Leurs 
dimensions  sont  variables;  la  moyenne  est  de  62  millimètres  de  hauteur 
sur  Ip  millimètres  de  largeur.  Leur  agencement  est  semblable  à  celui  de 
la  lettre  II  (f.  i  1),  que  nous  avons  décrite. 

Le  texte,  écrit  avec  un  soin  particulier,  avec  titres  en  rouge  et  des 
milliers  d'initiales  en  couleurs,  est  disposé  sur  deux  colonnes.  Le  com- 
mentaire de  Barthélémy  de  Brescia  est  placé  tout  autour. 

Les  huit  derniers  feuillets  contiennent  les  premières  gloses  du  Décret 
de  Gratien,  désignées  par  le  nom  de  Palee  {Incipiunt  palee  distïctionû  — 
Incipiunt  palee  causarum),  qui  dérive  sans  doute  do  celui  de  Paucapalea, 
le  plus  ancien  disciple  du  célèbre  canoniste.  Le  volume  finit  à  la  première 
colonne  de  la  dernière  page  par  cette  souscription  on  lettres  capitales 
rouges  :  Expliciunt  palee  Decretor\ 

Il  serait  superflu  d'insister  sur  l'importance  de  cet  ouvrage,  qui  fait 
époque  dans  l'étude  du  droit  canonique  :  sa  célébrité  fut  immense,  et  il 
en  existe  un  assez  grand  nombre  de  manuscrits.  Le  nôtre  doit  être  incon- 
testablement compté  au  nombre  des  plus  beaux.  Les  peintures  sont 
d'une  fraîcheur  étonnante,  le  vélin  est  d'une  finesse  rare  et  l'écriture  a  pres- 
que conservé  son  éclat  primitif.  Il  a  été  exécuté,  nous  l'avons  dit,  daiis 
le  nord  de  la  France,  comme  le  prouvent  le  style  de  ses  peintures  et  son 
écriture;  le  commentaire  de  Barthélémy  de  Brescia  a  été  écrit  au 
XIV®  siècle  par  une  main  italienne,  il  provient  de  la  Belgique  et  a  figuré 
dans  la  seconde  vente  de  la  bibliothèque  d'Astorga  (1870),  sous  le  titre 
inexact  de  Livre  de  la  jurisprudence  civile  et  ecclésiastique  (n<»  14). 

Cet  ouvrage  eut  de  nombreuses  éditions,  dont  la  première  est  de 
Strasbourg,  1471  :  on  en  trouvera  un  exemplaire  plus  loin,  dans  la  section 
des  imprimés,  ainsi  qu'un  exemplaire  de  l'édition  de  Mayence,  1  i72. 


39.  CICERO  (M.  T.).  De  Officiis.  Somnium  Scipionis.  —  Iiî-/|, 
de  63  ff.  ;  lettres  ornées  ;  velours  rouge,  tr.  dor. 

Fort  beau  manuscrit  sur  vélin,  d'une  belle  écriture  italienne  du  XllI"  au 
XIV«  siècle. 

Il  commence  par  ce  titre  en  rouge':  Marcl  Tulij  Ciceronis  de  officijs  liber 
pmus  incipit.  utrU  \\  quod  agitur  sit  honestum  an  twye.  Et  duorum  hones- 
iorû  II  propositorum  quod  sit  honestus.  Le  traité  des  Offices  est  terminé 
(f.  58  r°)  par  ces  lignes  : 

Deo  gratias 

Excellùt  cûctos  hi  libros  phylosophorum  i    .  *  r    , 

-.,    .  -    .,  ,       rr  r        cp  -  AuGUSTLNis  utfertur. 

Libri  quos  fecit  très  Tulms  officiorum.      S 


96  MANUSCRITS. 

Le  second  traité  (f.  uO  r^)  est  précédé  de  cette  rubrique  :  Marci  Tuiij 
Ciceronis  de  Somno  (sic)  Scipionis  Liber  incipit,  et  il  finit  au  f.  62  r**. 

A  la  suite  viennent  deux  lettres  apocryphes  :  Tune,  attribuée  à  Len- 
tulus,  a  pour  sujet  la  description  de  la  personnalité  de  Jésus-Christ  au 
physique  et  au  moral  {Ephtola  j)  Lentulum  ad  Romanos  missa  de  specie 
nri  saluato7*is  dhi  dhi  yhu  xpl  filij  Dei  uiui,  etc.);  Tautre,  adressée  à 
Tibère,  serait  de  Ponce  Pila  te  qui  donne  le  récit  du  supplice  du  Sauveur, 
et  cherche  à  dégager  sa  responsabilité. 

Le  texte  de"  Cicéron  est  accompagné  d'un  certain  nombre  d'annotations 
marginales  en  grec  et  en  latin.  • 

Ce  volume  a  de  belles  marges  et  sa  conservation  est  parfaite. 

40.  CICKRO  (M.  T.).  Tusculanarum  Disputationum  librî  V. — 
Pet.  in-'/i^  ^1<'  174  f  f  •  ;  l)orclure  et  lettres  ornées;  inar. 
brun,  ornem.  à  froid,  tr.  dor.  et  cis.  (anc\  reL  îtaL). 

Foil,  beau  manuscrit  sur  vklin,  exécuté  en  ItaUe  au  XV»  siècle. 

11  commence  par  ce  titre,  en  lettres  capitales,  en  carmin  :  M.  T,  C  Tt«- 
culanar'  DifipvUationvm,  Liber,  primvs  D  iiicipit,  Lege  féliciter,  \ji  page  est 
décorée,  sur  los  trois  côtés,  d'une  admirable  bordure  composée  d'enrou- 
lements variés,  au  milieu  desquels  se  trouvent  un  oiseau,  an  papillon  et 
un  ange.  Deux  autres  ang(»s  supportent  une  couronne  de  laurier  dont  le 
centre,  resté  en  blanc,  était  réservé  pour  un  écusson  d'armoiries.  L'ini- 
tiale C,  qui  commence  le  texte,  fait  corps  avec  cette  charmante  bordure, 
dont  on  pourrait  attribuer  l'exécution,  sans  trop  d'invraisemblance,  au 
célèbre  Attavante. 

Le  texte,  d'une  superbe  écriture  ronde,  est  orné  de  belles  initiales 
onluniinéos.  Il  finit  au  f.  173  v°,  et  la  page  suivante  ne  contient  que  cet 
explicita  écrit  en  lettres  de  carinin  :  M.  T.  Ciceronis  Tvscuîtina\\rvm  Dispv- 
tationvm  U'^\ber.  v.  4-  vltimus  finit. 

Le  vélin  est  d'une  grande  beauté,  et  la  conservation  de  ce  charmant 
manuscrit,  couvort  (1(^  sa  première  reliure,  et  provenant  de  la  bibliothèque 
Uonuuard,  ne  laisse  rien  h  désirer. 

41 .  CKIKRO  (M.  T.).  Leiius  sive  de  Amicitia.  Cato  Major  vel 
de  Senectute.  Paradoxa.  —  In-16,  de  128  ff.  ;  bordures 
historiées  et  lettres  ornées;  mar.  brun,  ornem.  à  froid, 
tr.  dor.  et  cis.  (anc.  rcL  ital,). 

(lliarinant  manuscrit  sur  vélin,  exécuté  en  Italie  à  la  fin  da  XV*  siècle. 
;IL  :  0'",(MH);  L.:  O°»,120.) 

II  commence  par  ce  titre,  écrit  en  or  sur  azur:  M.  T.  C.  Le/tu*  svos  (»icj 
de \\ amicitia  dialoyos.  Ad  T.  Pôiponio  Atticvm  prefatio.  L'initiale  Q,  du 
'texte  de  c(^  traité,  peinte  en  or  et  entourée  d'un  cadre  en  rouge  aveclili- 
graiies  d'or,  n'iiferiue  une  petite  miniature  représentant  Cicéron  en  buste, 
(couronné  de  laurier.  Les  cincj  premières  lignes  soat  écrites  en  lettres  ma- 
juscules d'or  sur  fond  vert.  La  i)age  entière  est  décorée  d'un  encadrement 
ravissant  sur  iond  d'or,  où  de  gracieux  rinceaux  combinés  avec  des  fleurs 


JURISPRUDENCE,  SCIENCES,  BEAUX-ARTS.         97 

ensen*ent,  aux  quatre  coins,  ainsi  que  dans  la  marge  supérieure,  de  petits 
médaillons  renfermant  des  bustes  et  une  figure  en  pied,  peints  en  gri- 
saille sur.  fond  noir,  à  l'imitation  des  camées  antiques.  Au  centre  des  bor- 
dures des  côtés,  sont  peintes  deux  figures  en  buste;  et,  dans  la  marge  du 
bas,  au  milieu  de  deux  cornes  d'abondance  d'où  sortent  de  petits  anges, 
se  trouve  un  écusson  avec  ces  armoiries  :  Coupé  de  gueules  et  d'or. 

Le  traité  sur  la  Vieillesse  commence  (f.  53  r°)  par  ce  titre,  écrit  en 
capitales  d'or  sur  pourpre:  M.  T.  C.  Cat°  Maior  vel\\  de  Senectvte,  Ad  Ti\\ 
tv  Pôponivm  Atticvm  Prœfatio,  Les  quatre  premières  lignes  du  texte  sont 
peintes  en  capitales  d'or  sur  fond  rouge.  L'encadrement  de  la  page  est 
du  môme  style  que  le  précédent,  mais  d'une  composition  différente.  A 
chaque  coin  est  un  petit  médaillon  historié,  et,  au  bas,  un  médaillon  plus 
grand  dont  le  sujet  est  un  Faune  tenant  Cupidon  par  la  main. 

Les  Paradoxes  commencent  (f.  i03  r°)  par  ce  titre  :  M.  T.  C*.  Paradoxa. 
Les  premiers  mots  du  texte  sont  peints  en  majuscules  d'or  sur  fond  rouge, 
et  disposés  sur  sept  lignes;  l'initiale  A  est  sur  un  fond  diapré  de  trois  cou- 
leurs. L'encadrement  de  la  page  otîre  la  même  disposition  que  celle  du 
traité  précédent;  le  médaillon  de  la  marge  du  bas  représente  V Enlèvement 
d'Amyinone. 

Tous  ces  encadrements  sont  du  plus  bel  effet,  et  leur  exécution  est 
admirable  de  finesse,  surtout  dans  les  petits  camées. 

Le  texte  est  élégamment  écrit  en  lettres  rondes,  avec  beaucoup  de 
petites  initiales  et  quelques  bordures  enluminées.  Le  vélin  est  très  fin  et 
très  blanc. 

Au  verso  du  f .  101,  on  lit  :  liber  hic  est  meus  qui  nomine  vocor.,,.,  mais 
le  nom  du  propriétaire  est  effacé. 

L'elat  de  conservation  de  ce  délicieux  manuscrit,  encore  couvert  de  sa 
première  reliure,  est  excellent. 

42.  CICERO  (iVr.  T.).  Laelius,  sive  de  Amicitia  dialogus.  — 
SËNECA,  Sententiaî  Senecœ  pliilosoplii.  —  En  un  vol.in-4, 
de  /\3  If  ;  mar.  La  Valiière,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  (Dura). 

Précieux  manuscrit  sur  vélin,  exécuté  à  la  fin  du  IX*'  siècle. 
♦  Le  premier  traité  conmience,  sans  aucun  titre,  par  les  mots  :  Quintus 

Mvcius  augUTf  etc.,  et  se  termine  ainsi  (f.  32  r°):  Explicit  liber  Tullii,  sous- 
cription suivie  d'un  dessin  archaïque  à  la  plume,  représentant  un  homme 
en  pied,  et  une  tête  isolée.  Il  est  incomplet  de  deux  ff.,  l'un  entre  les 
ff.  24  et  25,  l'autre  entre  les  ff.  28^  et  29;  le  f.  6  a  été  transposé  par  le 
relieur  après  le  premier. 

Th.  Mommsen,  célèbre  philologue  et  historien  allemand,  a  consacré  un 
long  article  (De  Laelii  Ciceroniani  codice  Didotiano  narratio,  dans  le  Muséum 
fur  Philologie  ;  nouv.  série,  t.  XVÏII  (1862),  pp.  59't-60l)  à  ce  manuscrit  de 
Cicéron  dont  il  a  relevé  les  nombreuses  variantes  et  les  particularités 
orthographiques. 

La  seconde  partie  est  précédée  de  ce  titre  :  Inciplunt  Sententiae  Senece 
phylosophi,  écrit  en  rouge.  Ces  sentences  sont  disposées  dans  Tordre 
alphabétique  de  la  première  lettre.  Mommsen  en  a  noté  une  (Nonflum 

7 


!<8  MANUSCRITS. 

felix^  etc.),  qui  appartient  au  nombre  do  (telles  attribuées  à  Syrus,  <•(  iiiu* 
autre  {Nam  etsi  nuUos,  etc.),  dont  Toriginc  est  plus  raconte.  Cette  partii* 
finit  au  recto  du  dernier  feuillet  par  le  mot  l  Explicit  A  la  suite,  on  lit 
ces  lignes  Rentes  de  la  môme  main  : 

Incipiunt  versL 
0  mortalis  homo  morlis  reminiscere  casus 
Nil  pecudc  disUis  tantum  si  prospère  (sic)  captas* 

Au  revers  de  ce  feuillet,  il  y  a  vingt  et  une  lignes  de  vers  ou  de  sentoiures, 
qui  sont  devenues  illisibles. 

Ce  précieux  manuscrit  a  appailcmu  à  la  bibliothèque  de  l'église  de 
Constance,  ce  qui  résulte  de  cette  mention  écrite  au  XV*  siècle,  à  l'avant- 
dernière  page  :  Iste  lih*  est  ecclïe  Constan.  Il  est  d'une  magnifique  écrituiv 
et  fort  bien  conservé,  sauf  la  première  page  qui  est  un  peu  fatiguée. 

43.  CICERO  (M.  T.).  De  Finibiis  bonorum  et  malorum.  — 
Fet.  in-fol.,  de  gS  ff .  ;  bordures  et  lettres  ornées;  mar. 
vert,  fil.,  tr.  dor.  etcis.  [Lorlic). 

Superbe  manuscrit  sur  vklin,  exécuté  en  Italie  au  XV*  siècle.  U  com- 
mence par  co  titre  en  rouge  ;  M.  Tullij  Ciceronis  de  Finib'  bonor'  cj'  tnalor* 
ad  Brutù  lib*  pm\  La  page  est  entourée  d'un  délicieux  encadrement,  com- 
posé d^Mitrelacs  dans  lesquels  se  jouent  des  anges,  des  oiseaux  et  une 
biche.  L'initiale  N,  qui  commence  le  texte  et  qui  fait  corps  avec  le  cadre, 
renferme  une  charmante  miniature  représentant  un  savant,  À  mi-corps, 
vêtu  d'untï  robe  écarlate,  la  tète  couverte  d'un  capuchon  bleu  dooblé  do 
fourrure  blanche,  et  tenant  à  la  main  un  livre  relié  en  volours  vert.  Dans 
la  bordure  du  bas  de  la  page,  deux  anges  tiennent  un  médaillon  laissé 
en  blanc  pour  recevoir  un  blason.  Cette  page  ravissante,  du  plus  beau 
style  florentin,  est  digne  d'Attavante  par  la  précision  du  dessin  et  la  Ûnesse 
de  Texécution.  Le  texte,  d'une  belle  écriture  ronde,  est  orné  d'initiales 
enluminées. 

44.  FR0NT1^  (J.).  Les  Stratagèmes  ;  traduction  française  par 
Jehan  de  Rovroy.  —  In-foi.  de  70  ff. ,  miniatures  çt  lettres 
ornées;  mar.  vert,  fil.  à  fr.,  doublé  de  mar.  rouge,  comparL 
à  filets,  avec  fleurs  de  lis,  tr.  dor.  [Lorfic). 

Superbe  manuscrit  sur  vklin,  exécuté  en  France  dans  la  première 
moitié  du  XV*'  siècle. 

Il  est  orné  de  quatre  grandks  miniatures.  Celle  qui  est  en  tête  du  vo- 
lume (IL:  0™,nO;  L.:  0™,ioO)  représente  Charles  VII,  en  habits  royaux, 
assis  sur  le  tri^ne  et  accompagné  de  trois  pei^sonnagcs,  recevant  l'onvrage 
de  Frontin  que  le  traducteur,  la  tête  tonsuive,  vêtu  d'une  robe  bleue  et 
d'un  manteau  écarlate  doublé  d'hermine,  en  sa  qualité  de  doyen  de  la 
faculté  de  théologie  de  Paris,  lui  présente  à  genoux.  Cette  composition 
est  exécutée  avec  talent,  et  la  tête  du  roi  offre  très  probablement  son 
portrait  authentique.  ;■  :      .         . 


JURlSPRUDEiNOE,  SCIENCES,  BEAUX-ARTS.  99 

La  seconde  miniature  (f.  16  r®)  représente  l*AE«Éfi  de  Scipion  l'Afri- 
•  ALN  EN  Espagne.  A  gauche,  un  détachement  de  cavalerie;  à  droite,  des 
piétons  prenant  debout  leur  repas  :  un  soldat,  placé  en  avant  de  ce 
♦groupe,  présente  du  vin  dans  une  écuelle  àTunde  ses  compagnons  d'ar- 
mes. Au  fond,  une  ville  fortifiée.  (H.:  0^,ibl;  L.:  0»,lo3.) 

La  troisième  miniature  (f.  45  v*)  représente  une  Troupe  de  cavaliers 

DEVANT  UN  CHATEAU  FORT..(H.:  0,™145;  L.:  0™150.) 

La  quatrième  (f.  60  v®)  offre  un  exemple  de  discipline  militaire.  Scipion 
l'Africain,  suivi  de  ses  soldats,  chasse  de  son  caiTp  «  toutes  manières  de 
«  gens  qui  suivoient  l'ost  [Farmée]  pour  gaigtier,  comme  tavarniers, 
<•  rôtisseurs,  merciers,  lavandières  et  femmes  connimunes  ».  Le  groupe 
de  proscrits  compte  six  personnes  sur  les  figures  desquelles  se  peint  un  vif 
chagrin  :  deux  femmes  marchent  en  tète;  deux  rôtisseurs,  portant  de 
longues  broches,  viennent  à  la  suite;  deux  autres  honfimes  ferment  le 
petit  cortège.  Scipion,  dont  Tarmure  est  recouverte  d'une  robe  écarlate, 
s'appuie  sur  une  hallebarde;  sa  prestance  est  fière  et  ses  traits  pleins  de 
noblesse.  An  fond,  la  vue  d'un  château  fort.  (Hl:  0™,436;  L.:  0™,152.) 

Ces  quatre  peintures  sont  assurément  l'œuvre  ^d'un  des  meilleurs 
miniaturistes  du  temps. 

L'ouvrage  a  été  dédié  A  tresxpian,  trcshault  et  trespuissant  \\  prince 
Charles  septiesme  par  la  grâce  de  Dieu  \\  Roy  de  France,  etc.  Il  finit  ainsi 
(f.  68  v°)  :  .  .  .  et  furet  soudainernt, .  .  ||  f  des  confiz  touz  en  vng  io^  jc  par 
mer  ^  par  terre.  A  la  suite,  vient  la  declaracion  daucuns  noms  g»  sortt  en  ce 
Hure  lesquelx  ne  se  pouoient  pas  bonti.  tràslaier  de  mot  à  mot  sas  aucûe 
obscurtê. 

Enfin,  au  verso  de  Tavant-dernier  feuillet  :  Senssuiuent  aucuns  notables 
extrais  du  Hure  \\  de  Vegkce  quil  fistpo''  enseigne f/it  des  princes  t  des  ||  gen- 
tilz  homes  en  la  science  des  armes  t  de  cheualerie»  Ces  extraits  finissent  par 
cette  phrases  :  //  appartient  aux  plus  grans  t  doibt  estre  leur,  Deo 
Grratias. 

L'oHivre  de  Jehan  de  Hovroy  n'est  pas  seulement  une  traduction,  mais 
elle  est  encore  accompagnée  d'un  petit  commentaire.  Elle  n'a  jamais  été 
imprimée,  et  les  manuscrils  en  sont  rares.  La  richesse  du  nôtre  permet 
de  supposm*  que  c'est  peut-être  l'exemplaire  qui  a  été  présenté  au  roi 
r^iarles  VIL  Sa  conservation  est  parfaite,  toatefoisj  il  est  incomplet  de  2  ff. 
A  la  fin  on  lit  :  u  Ca"  livre  ici  est  «  et  apartient  à  frère  René  Girard, 
-.  demeurant  à  la  Boyssiere,  lan  mil  six  sans  dis  le  premier  iour  de  juglet 
<«  (siC',   ce  liurc  tVcro  Honé  Girard,  Religieux  de  la  Boyssiere.  » 


45.  LIVKE  D'HEURES  (!)  DU  COMTE  DE  BUSSY-RABUTIN. 
—  In-i6,  de  37  ff.,  dont  huit  contiennent  des  portraits; 
raar.  cilron  doré  en  plein  à  petits  fers,  double  de  mar. 
rouge,  doré  de  même,  tr.  dor.  {rc/.  du  XVll^  siècle). 

Livre  précieux  au  double  point  de  vue  de  l'art  et  de  l'histoire^  et 
rendu  célèbre  par  trois  vers  de  Boileau.  Les  quelques  pages  de  texte 


tOO  MANUSCRITS. 

([u'il  «•oiilcnait  ont  rtc  soi^^noiiseinont  grattées,  de  soile  qu'il  ne  i-esle 
aiij()unl*hui  <iihî  Ios  hiit  imjrtraits  des  personnages  de  la  corn  de 
Loi'is  XI II,  \  coMF'Ris  cKLi'i  DU  ROI,  ct  saiis  doutc  aussi  de  celle  de  Louis XIV: 
iiiiiis  ircs  huit  ininigturcs,  pcint(>s  sur  véUn,  avec  une  Hoessc  extraor- 
dinaire, sont  <los  clicfs-d'ii'uvn»  do  prcinior  ordre.  Bien  qu'il  porte  au  dns 
le  titre  de  Piiéns,  on  voira  que  linssy-Rabutin  n'en  a  nullement  com- 
posé \o  toxto  ol  fait  peindn;  h's  portraits  en  vue  du  salut  des  âmes.  Au 
siôclo  dornicr,  ce  polit  bijou  a  apj»ailonu  au  duc  de  La  Vallière,  et  voici  la 
notice  qui  lui  a  été  consacrtM'  par  Van  Prtiot  ou  par  de  Bur(\  dans  le  cala- 
lo^ruo  do  vonto  do  cotto  niorvoillousi»  bibliothèque  (t.  111,  n°  .*i2'i,'>i  : 

«<  Moi?  j'irois  épousor  uno  foniine  coquette? 

«<  J'irois,  par  ma  constanco  aux  atlronts  endurci, 

«  Me  mettre  au  nunj  des  saints  un  a  vèlébrès  Bussy  ?  » 

(HiULKAr,  Satire  Mil,  vois  40  et  suiv.*' 

u  Co  diM'nior  vers  do  Hoileau  fait  allusion  au  livre  précieux  dont  il  est 
ioi  quo^ti«>n,  et  a  occasionné,  dans  ses  «Hivros,  une  note  pour  en  expliquer 
lo  son*^;  ollo  est  conyuo  on  cos  t<»rinos: 

(«  Lo  oointo  do  IJussy-Uabutin  avoit  fait  un  petit  livre,  relié  propD'- 
-  mont  en  manicro  d'IIonros,  où,  au  lieu  dos  Images  que  Ton  met  dan> 
«  Ios  livH's  de  prières,  étoiont  les  portraits  en  mignature  de  cjuciques 
i'  Honinu's  do  la  (!our  dont  les  Fominos  étoient  soupçonnées  de  galan- 
<■  torio.  Ht,  ce  que  dans  la  suifr  il  a  lui-même  condamné  tout  le  premier. 
«  il  avoit  mis  au  bas  do  chaque  portrait  un  petit  discours  en  forme 
V  d'oraison  ou  do  prière  accommodé  au  sujet...»  \ Œuvres  de  Roileau,  vdi- 
t'um  dr  172-2,  t.  I",  pp.  \2'^-ir^.\ 

«  (l<;llo  note,  qu'on  no  trouvera  pas  exacte  après  cju'on  aura  lu  la  des- 
cription «pio  nous  allons  donner  de  ce  livre,  est  suivie  de  dcox  lettres  de 
Madann*  de  Soudéri,  écrites  à  Hussy  en  aoilt  1G74,  dans  lesquelles  on 
.ipprond  que  Louis  \IV,  lorsqu'il  lut  les  vers  de  Boileau,  où  il  est  parlé 
do  Hussy-Habutin,  demanda  ce  que  c'étoit  que  les*  Saints  qu'il  avoit  cc'ilé- 
brés,  et  qu'on  lui  dit  que  c'étoit  une  baïUneric  un  peu  impie  qa'il  avoit 
fait<'.  Hussy  répondit  aux  lettres  de  cotto  Dame,  qui  ne  les  avoit  écrites  au 
(lointo  (pie  pour  l'animer  contre  Hoileau,  parce  que  ce  Poète  avoit  fieu 
nn^na^é  son  mari  dans  ses  satyres,  (juc  ce  vers  de  Boileau  faisbit  pins 
contre  Hoileau  lui-même  que  contre  lui,  ct  que  la  métaphore  étoit  ridi- 
«'ulc  d'avoir  dit  les  Suints  qu'a  célébrés  Bussy,  pour  dire  les  Cocus.  » 

«  (Test  un  volume  in- 10,  relié  en  maro<|U'n  citron  doré,  avec  den- 
telles, et  doublé  de  maroquin  rouge  enrichi  de  la  même  dorure.  Il  y  avoit 
autn^fois  des  f(>rinoirs  et  des  clous  aux  quatre  coins,  de  chaque  cAtédela 
couverture.  On  y  voit  encore  des  marques  aux  endroits  où  ils  étoient  atta- 
chés. On  lit  sur  le  dos  :  PHIEUKS.' 

«  Le  premier  feuillet  est  do  papier;  sur  le  recto  est  collé  du  tabis 
bl«>u.  F.  2,  de  papier  blanc.  F.  3,  de  papier  blanc,  sui*  lequel  est  écrit: 
Le  deujc^  nuril  il2i)J*ay  remis  ces  heures  à  Mad'^  la  Marquife  de  Montàiaire, 
plie  de  Mon/,  le  Comte  de  Bujpy-Ra butin,  Foucault  [et  non  Goucault.] 

.'  Ff.  4,  ;>,  0,  7,  8,  1»,  de  vélin  blanc,  entourés  d'un  filet  (for. 

•'  F.  10,  de  vélin;  sur  le  verso,  il  y  a  un  chiffre  dor  couronné  d'une 


JURISPRUDEiNGE,  SCIENCES,  BEAUX-ARTS.        101 

couronne  de  Marquis.  Ce  chiffre  est  formé  d'une  R  et  d*un  C.  Ces  di;ux 
iBtlres  y  sont  doubles,  parce  qu'elles  y  sont' aussi  en  sens  contraire.  . 

'<  F.  H ,  de  vélin  blanc,  entouré  d'un  filet  d'or. 

«  F.  12,  de  vélin,  dont  le  recto  est  blanc,  et  le  verso  représente,  sous 
la  figure  de  s'^  Cécile,  le  portrait  d'une  jeune  et  belle  femme,  vue  presque 
de  face,  assise  devant  un  (Javecin  et  tenant  devant  elle,  dans  ses  mains, 
un  livre  de  musique. 

«  Ff.  13  et  fi,  de  vélin  blanc,  entourés  d'un  filet  d'or. 

«  F.  15,  de  vélin  blanc;  le  recto  contenoit  16  lignes  d'une  belle  écri- 
ture, qui  ont  été  gratées,  ainsi  que  8  lignes  au  verso.  On  y  lit  encore 
quelques  mots,  et  à  la  dernière  ligne  ....  AinJi-foit-iL  Au-dessous,  il 
y  a  un  chiffre  d'or  formé  d'une  L  et  d'une  S,  et  couronné  d'une  couronne 
de  Duc. 

«  F.  16,  de  vélin,  dont  le  recto  est  en  blanc  et  dont  le  verso  repré- 
sente un  s,  Sébastien,  vu  de  face,  plus  qu'à  mi-corps;  il  est  lié  à  un  arbre 
et  percé  de  deux  fièches  ;  il  a  le  visage  plein  et  le  corps  robuste. 

«  Ff.  17  et  18,  de  vélin  blanc,  entourés  d'un  filet  d'or. 

«  F.  19,  il  y  avoit  9  lignes  d'écriture  sur  le  recto  et  8  lignes  sur' le 
verso  qui  ont  subi  le  même  sort  que  celles  du  f.  15.  Nous  n'avons  pu  y 
lire  que  ces  mots  qui  sont  contenus  dans  les  2,  3  et  -k^  Ugnes  du  verso... 
fchent  point  d'aymer  toute  ma  vie  ce  que  je  nefawrois  aj/ez  aymer  ^  qu.  .  . 
fur/oir.,,  et  ces  autres  mots,  qui  sont  dans  les  deux  dernières  lignes.  .  . 
dieu  que  faurayji  bien  feiu:y  ainjt-f oit-il.  Au-dessous  se  voit  un  chiffre  en 
or,  formé  des  mêmes  lettres  que  celui  du  feuillet  10,  et  couronné  d'une 
couronne  de  Comte. 

«  F.  20,  de  vélin  blanc  au  recto,  représentant  au  verso  une  belle  et 
jeune  femme,  vue  de  face,  plus  qu'à  mi-corps,  tenant  dans  ses  mains  la 
palme  des  martyrs  et  un  panier  de  fleurs  et  de  fruits.  C'est  ainsi  qu'on 
représente  ordinairement  s'*'  Dm^othée. 

«  Ff.  21  et  22,  de  vélin  blanc,  entourés  d'un  filet  d'or. 

«  F.  23,  de  vélin  blanc  au  recto,  représentant  au  verso  un  portrait  vu 
presque  de-face  et  plus  qu*à  mi-corps,  sous  la  figure  d'un  s.  Jean-Baptiste, 
ayant  devant  lui  l'Agneau  qui  porte  un  bâton  le  long  duquel  on  lit  ces 
mots  :  ecce  Agnus  Dei, 

«  Ff.  24  et  25,  de  vélin  blanc,  entourés  d'un  filet  d'or. 

«  F,  26,  de  vélin  blanc  au  recto,  représentant  au  verso  une  belle 
femme,  vue  de  face,  plus  qu'à  mi-corps,  avec  les  attributs  de  s'«  Catherine, 
tenant  dans  une  de  ses  mains  la  palme  de  martyn,  dans  ses  bras  une 
dague,  et  ayant  devant  elle  une  roue. 

«  Ff.  27  et  28,  de  vélin  blanc,  entourés  d'un  filet  d'or. 

«  F.  29,  de  vélin  blanc  au  recto,  représentant  au  verso  LOUIS  XIII, 
vu  presque**de  face,  sous  la  figure  de  s,  Louis,  Il  porte  des  moustaches 
et  une  longue  perruque  qui  lui  tombe  sur  les  épaules.  Sa  tête  est  ornée 
d'un  nimbe;  il  est  revêtu  d'un  manteau  de  pourpre  fleurdelisé,  et  il  tient 
d'une  main  la  Main  de  justice  et  de  l'autre  le  Sceptre.  Sa  couronne, 
qui  est  celle  que  portent  les  Rois  de  France,  est  posée  sur  un  tabouret 
devant  lui. 

«  Ff.  30  et  31,  de  vélin  blanc,  entourés  d'un  filet  d'or. 

«  F.  32,  de  vélin  blanc  au  recto,  représentant  au  verso  une  très  belle 


102  xMANUSCRITvS. 

.femme,  vue  de  profil,  tenant  sur  ses  genuux  un  Agneiiu,  elclaus  sa  main 
la  palme  de  martyr.  Ces  attributs  appartiennent  à  nainte  Agnès. 

K  Ff.  33  et  3^,  de  vtVIin  blanc,  entourés  d'un  filet  d'or. 

«  F.  3o,  do  vélin  blanc  an  recto,  représentant  au  Terso  un  «.  Gvoiy^ 
vu  presque  de  face,  plus  qu'à  mi-corps,  ayant  une  longue  perruque  et  un 
casque  sur  la  t(Hc  ;  il  a  le  corps  couvert  d'armures,  et  fient  d'une  main 
une  épée  levée  prête  à  frapper  un  dragon,  qu'il  saisit  de  rautrc  main. 

i<  Ff.  3(J,  37  et  38,  de  vélin  blanc,  entourés  d'un  Hlet  d'or. 

«  F.  30,  de  papier  blanc.  F.  40,  de  papier  blanc,  couvoil  de  tahis 
bleu. 

«  Nous  laissons  aux  amateurs  le  soin  do  deviner  les  personnes  que  Buss,\ 
a  eues  en  vue  en  Je^  représentant  sous  les  figures  de  ces  différents  saint'* 
et  saintes.  Nous  ajouterons  seulement  que  ce  livre  est  sans  contredit  un 
des  plus  précieux,  des  plus  intéressants  et  des  plus  curieux  que  Ton  puisse 
voir,  soit  à  cause  des  portraits  véritables  des  plus  belles  personnes  dis- 
tinguées de  la  cour  de  Louis  XIV  qu'il  renferme,  soit  pour  les  anecdote> 
et  les  voi's  de  Boileau  qu'il  a  fait  naître,  soit  enfin  pour  sa  parfaite  exé- 
cution, qui  est  un  clief-d'œuvre  de  peinture  en  miniature. 

«  La  première  invention  d'un  pareil  livre  n>st  point  due  à  Bussy-Ra- 
bntin  ;  les  seigneurs  de  Henri  III  en  portoient  de  semblables  ;  mais  aucun 
ne  nous  est  parvenu.  » 

L'auteur  de  cette  notice,  publiée  sous  le  régne  de  Louis  XVI  (4783 , 
n'a  peut-être  pas  osé  citer  les  noms  des  personnes  représentées  dans  ce 
volume;  car  il  est  à  présumer  qu'on  devait,  par  tradition,  avoir  quelques 
renseignements  à  ce  sujet.  Aujourd'hui,  il  n'est  guère  facile  d'identifier 
ces  portraits  avec  certitude,  <\  défaut  de  point  de  comparaison  pour  quel- 
ques-uns d'entre  eux.  Il  nous  parait  clair  qu'il  ne  faut  pas  y  voir  seule- 
ment les  victimes  des  infortunes  conjugales,  car  les  poiiraits  de  femmes 
nous  semblent  représenter  exclusivement  de  belles  pécheresses,  et  parmi 
les  effigies  d'hommes  il  y  a  sans  doute  plus  d'un  galant  complice.  D'un 
autre  côté,  c'est  peut-.étrc  trop  que  d'affirmer,  comme  Ta  fait  Tauteur  de 
la  notice  ci-dessus,  qu'on  n'a  ici  sous  les  yeux  que  les  portraits  des  ptT* 
sonnes  de  la  cour  de  Louis  XIV;  il  nous  semble,  au  contraire,  que  la  ma- 
jeure partie  appailienncnt  au  monde  galant  du  règne  précédent^  et  à  cet 
égard  le  peintre  ne  devait  pas  manquer  de  modèles  bien  authentiques  du 
temps  de  Louis  XIII,  comme  le  prouve  le  magnifique  portrait  de  ce  roi. 
Au  surplus,  nous  croyons  qn<s  dans  cette  enquête  iconographique,  il 
ne  faut  inillement  s'iittacher  à  identifier  ces  portraits  exclusivement  avec 
les  personnes  ayant  porté  le  même  prénom  que  celui  de  tel  saint  ou  de 
telle  sainti*  :  les  prénoms  de  Cécile  et  de  Dorothée  ne  paraissent  pas  avoir 
été  très  usités  dans  la  haute  société  française  de  cette  époque,  et  n  Tar- 
tiste  n'a  certainement  pas  manqué  d'observer  cette  identiAcation  chaque 
fois  que  les  attributs  d'un  saint  ou  d'une  sainte  lui  ont  paru  avantageux 
pour  son  modèle,  il  a  pu,  dans  certains  cas,  choisir  ceux  qui  lut  parais- 
saient les  plus  propres  à  faire  valoir  les  personnes  dont  il  fixait  les  traita. 

Ainsi  le  premier  portrait  (s^^  Cécile)  offre  une  très  grande  ressem- 
blance avec  celui  de  la  reine  Anne  d'Autriche;  on  croit  que  le  «uivant  est 
(^elui  du  duc  de  Buckingham  que  l'artiste  aurait  représenté  sous  les  traits 
(le  saint  Sébastien,  afin  de  pouvoir  montrer  la  beauté  robuste  •'de  son 


JURISPRUDENCE,  SCIENCES,  BEAUX-ARTS.        IdS 

corps;  le  quatrième  (s.  Jean-Baptiste)  est  celui  de  Gasfon-JEAN-BÂPTiSTK 
d'Orléans,  frère  de  Louis  XIII;  le  cinquième  (s*^  Catherine)  rappelle  énor- 
mément la  figure  de  M™®  de  Montespan;  le  septième  (s*«  Agnès),  celle  de 
M"«  de  la  Vallière. 

L'exécution  de  ces  chefs-d'œuvre  doit  être  antérieure  à  Tannée  1667, 
date  de  la  satire  de  Boileau,  où  l'existence  de  ce  livre  de  prières  fut  dé- 
voilée. Bussy-Rahutin  frisait  alors  la  cinquantaine  et  il  avait  déjà  composé 
son   Histoire  amoureuse  des  Gaules,  Dans  une  excellente  notice  insérée 
dans  le  Bulletin  du  Bibliophile  (1877,  pp.  151-168)  et  intitulée  Boileau  et 
Bussy-Rabutin.'SL.  E.  Mcaume  a  étudié  les  rapports  qui  existaient  entre  ces 
deux  hommes  célèbres  à  des  titres  si  différents,  et  il  a  essayé  de  démon- 
trer, contrairement  à  l'opinion  accréditée  jusqu'à  ce  jour,  que  ce  n'est 
point  au  Livre  de  prières  qui  nous  occupe  que  Boileau  a  fait  allusion  dans 
sa  satire  VIII,  puisqu'à  cette  date  il  en  aurait  même  ignoré  l'existence, 
mais  exclusivement  à  ÏHistoire  amoureuse  des  Gauks.  Malgré  le  talent 
incontestable  qu'il  a  déployé  pour  la  défense  de  cette  thèse,  nous  avouons, 
avec  tout  le  respect  que  nous  portons  à  l'éminent  historien  de  Callot, 
que  ses  conclusions  ne  nous  paraissent  pas  admissibles.  Que  Boileau  n'ait 
pas  vu  ce    recueil  de  portraits,   c'est   très   possible;   mais  tout   sembla 
prouver  qu'il  en  connaissait  l'existence  au  moment  où  il  écrivit  ses  trois 
vers  révélateui*s.  A  ce  moment  il  ignorait,  selon  toute  probabilité,  que  le 
père  du  Roi-Soleil  était  compris  dans  cette  catégorie  peu  majestueuse  de 
malheureux,  sans  quoi  il  aurait  sans  doute  gardé  un  silence  absolu  à  ce 
sujet.  Plus  tard,  s'étant  aperçu  qu'il  avait  inconsciemment  dénoncé  un 
outrage  sanglant  fait  par  Bus^y  à  la  majesté  du  trône,  il  jugea  prudent 
de  nier  qu'il  avait  voulu  parler  de  ce  recueil  dans  ses  vers,  et  il  trouva 
très  sage  d'ajouter  à  sa  satire  une  note  tendant  à  faire  croire  que  ces 
vers  s'appliquaient  à  V Histoire  galante  de  Bussy.  C'est  principalement  sur 
cette  déclaration  de  Boileau  que  repose  la  thèse  soutenue  par  M.  Meaume, 
et  cependant  le  fait  seul  de  l'absence  de  cette  note  dans  les  éditions  an- 
térieures à  1674,  et  apparaissant  tout-à-coup  au  moment  même   où  le 
fameux  livre  de  Bussy  fait  du  bruit  à  la  cour,  prouve  bien  qu'elle  a  été 
rédigée  pour  les  besoins  de  la  cause,  et  non  dans  l'intérêt  de  la  vérité. 
C'est  encore  pour  ce  même  motif  que  Bussy,  effrayé  de  sa  propre  audace 
et  des  conséquences  que  pouvait  avoir  pour  lui  l'indiscrétion  involontaire 
de  Boileau,  ainsi  que  l'explication   demandée  par  le   roi,  a  cherché  à 
donner  le  change  dans  sa  réponse  à  M™®  de  Scudéry  (voir  plus  haut).  C'est 
du  reste  à  cette  époque  qu'il  faut  faire  remonter  le  grattage  du  texte  qui 
accompagnait  deux  de  nos  portraits.  L'expression  de  SAINTS  qu'a  célé- 
brés Bussy,  dont  Boileau  s'est   servie,  et  qui  convient  si  bien    à   notre 
volume,  ne  serait  réellement  qu'une  métaphore  ridicule,  comme  l'a  dit 
astucieusement  Bussy-Rabutin,  s'il  fallait  l'appliquer  à  son  Histoire  amou- 
reuse des  Gaules;  et  ce  n'est  point  au  législateur  moderne  du  Parnasse 
qu'on  pourrait  reprocher  une  semblable  inconséquence.  On  savait  bien  à 
Paris  à  quoi  s'en  tenir  sur  ce  sujet,  comme  le  prouve  Texpress^pn  em- 
ployée par  M™®  de  Scudéry,  expression  qui  caractérise  parfaitement  ce 
prétendu  livre  de  prières.  Ayant  à  s'expliquer  devant  Louis  XIV  (car  rien 
ne  s'oppose  à  ce  que  nous  tenions  pour  authentique  la  révélation  qu'on  a 
été  obligée  de  lui  faire)  et  n'osant  pas  lui  avouer  le  fin  mot,  on  ne  pou- 


lOi  MANUSCRITS. 

vuit  le  faire  plus  adroitement  qu'en  qualifiant  cette  œuvre  de  badinetne  un 
peu  impie,  expression  qui  ne  saurait  en  aucun  cas  ôtre  appliquée  h  VHis- 
toire  amoureuse  des  Gaules  :  icomme  chronique,  elle  ne  peut  nullement  être 
taxée  de  badinerie,  et,  tout  en  étant  scandaleuse,  elle  ne  contient  absolu- 
ment aucune  impiété,  tandis  qu'il  n'en  est  pas  de  même  de  notre  Livre  de 
prières  avec  portraits. 

Quel  est  Tartistc  à  qui  nous  devons  ces  merveilleuses  peintures?  Il  est 
incontestable  qu'il  faut  le  chercher  parmi  les  plus  habiles,  et  à  cette  date 
on  ne  trouve  guère  que  PETLTOT,  dont  le  pinceau  fût  capable  de  cette  ex- 
trême délicatesse  de  touche  et  de  cette  richesse  harmonieuse  de  la  cou- 
leur. 

Quant  au  texte  qui  accompagnait  ces  portraits,  il  n'a  jamais  été  publié 
et  on  n'en  connaît  aucune  copie.  Il  est  présumable  qu'il  consistait  en 
plus  de  deux  oraisons,  occupant  quatre  pages  de  notre  volume,  et  que 
les  autres  n'y  ont  pas  été  transcrites,  car  on  n'en  trouve  nulle  trace.  Le 
texte  de  ces  quatre  pages  grattées  pourrait  probablement  être  reconstitué 
à  l'aide  de  réactifs  chimiques. 

Depuis  que  ce  précieux  recueil  était  sorti  de  la  collection  du  duc  de  1^ 
Vallière,  on  ignorait  ce  qu'il  était  devenu.  A  la  vente  de  cette  collection, 
il  avait  été  acheté,  ainsi  que  la  fameuse  Guirlande  de  Julie,  par  le  libraire 
anglais  Paync,  pour  lë  compte  de  la  duchesse  de  Châtillon,  fllle  unique  da 
duc.  A  la  mort  de  cotte  dame,  ces  trésors  échurent  à  sa  fille  aînée,  la 
duchesse  d'Uzés,  et  furent  soigneusement  conservés  dans  la  bibliothèque 
de  son  château  de  Widcville,  près  Saint-Germain.  La  duchesse  d'Uzés 
légua  ce  château  et  sa  bibliothèque  à  sa  fille,  la  marquise  de  Rougé, 
excepté  la  Guirlande  de  Julie,  qui  fut  considérée  comme  un  souvenir  de 
famille  d'un  prix  inestimable,  et  donnée  au  duc  d'Uzès.  Au  décès  de  la 
marquise  de  Rougé,  le  château  de  Wideville  et  sa  bibliothèque  furent 
attribués  à  son  petit-fils  le  vicomte  de  Lostanges-Béduer.  Ce  dernier 
étant  mort  assez  jeune,  sa  bibliothèque  fut  vendue  en  plusieurs  fois  au 
profit  de  ses  héritiers.  Le  livre  d'heures  de  Bussy-Rabutin  affronta  pour 
la  seconde  fois  le  feu  des  enchères  publiques  le  13  janvier  1872^  et  attei- 
gnit le  prix  de  13,500  francs. 

La  reliure,  fort  bien  conseiTÔc,  est  un  .vrai  bijou  de  dorure. 


«'. 


IMPRIMÉS 


IMPRIMÉS 


INTRODUCTION 


IMJ»RESSIONS   XYLOGRAPHIQUES. 


46.  (ARS  MORIENDI.)  —  Pet.  in-fol.,  de  24  ff.;  mar.  bleu, 
compart.  à  froid,  tr.  dor.  {Trautz-Bauzonnet), 

SEUL  EXEMPLAIRE  CONNU  d'i;nk  hyiiTioN  xylographique  qui  se  rap- 
proche beaucoup  de  la  première  d'Heineckeii,  sans  pouvoir  être  identifn'îe 
avec  elle.  Il  provient  de  la  bibliothèque  Yeineniz.  La  notice^  qui  lui  a  été 
consacrée  dans  le  catalogue  de  vente  de  cette  collection,  est  très  inexacte. 
On  y  a  présenté  cette  édition  comme  identique  avec  la  première  d'Hei- 
necken,  mais  on  lui  a  attribué  la  description  affectée  par  cet  iconographe 
à  l'édition  qu'il  considère  comme  étant  la  seconde  :  de  là,  une  confusion 
inextricable. 

La  confrontation  de  notre  édition  avec  la  première  d'Heinecken  n'est 
guère  facile,  attendu  qu'il  n'existe  de  cette  dernière  aucun  exemplaire 
complet.  Celui  de  Munich,  décrit  par  Guiehard,  et  peut-être  le  môme 
que  celui  de  Wolfenhiittel,  signalé  par  Heineckcn,  est  dépourvu  du  pre- 
mier et  du  dernier  feuillet;  la  bibliothèque  de  Memmingen  n'en  possède 
que  six  feuillets  (1,  2,  7,  î>,  21  et  23),  et  notre  Bibliothèque  nationale  n'en 
a  que  deux  (19  et  20). 

Notre  exemplaire  compte  2i  ff.,  dont  13  de  texte  et  H  de  figures,- im- 
primés au  frotton,  avec  une  encre  très  noire,  et  d'un  seul  côté  du  papier. 
Lés  pages  sont  encadrées  d'un  double  filet  noir.  Il  est  sans  chiffres,  récla- 
mes ni  signatures.  Le  recto  du  premier  feuillet  et  le  verso  du  dernier 
sont  blancs. 

La  première  page  ne  commence  ni  comme  celle  de  l'édition  classée 
par  Brunet  au  premier  rang  (la  deuxième  d'Heinecken),  ni  comme  la  pre- 
mière d'Heinecken,  par  l'intitulé  :  Ars  moncndi,  ce  qui  semble  prouver 


lOK  IMPRESSIONS  X\  LOGUAPHIQUES. 

l'antériorité  de  la  nôtre  sur  cette  dernière,  mais  immédiatement  par  |cs 
premiers  mots  du  texte  :  Qvàiiis  semndà  iMlosopM^  etc. 

Il  y  a  encore  d'autres  différences  entre  notre  exemplaire  et  la  des- 
cription donnée  par  Heinecken  de  sa  première  édition,  mais  elles  peuvent 
n'être  qu'a|)|)an'ntes.  Les  gravures  paraissent  identiques.  Dans  la  sep- 
tième (Temptntio  dy aboli  de  varia  glonaj^  les  figures  des  deux  diables, 
mAle  et  femelle,  sont  d'un  dessin  indécent,  ce  (pii  a'a  lieu  dans  aucune 
autre  édition. 

L'ordre  chronologique  des  plus  anciennes  éditions  xylographiques  de 
VArs  morivndt  est  encore  loin  d'être  établi  d'une  manière  certaine,  et  les 
thèses  soutenues  k  ce  sujet  par  Sotheby,  Weigel  et  d'autres  sont  très  dis- 
cutables. i]Q  qui  nous  parait  hors  de  doute,  c'est  que  ce  n'est  point  parmi 
les  types  de  l'école  de  Cologne,  auxquels  appartient  une  édition  d'une 
grande  beauté  ayant  fait  pai-tie  de  la  collection  de  M.  Weigel  et  qualifiée 
par  lui  de  première  édition,  qu'il  faut  chercher  le  type  le  plus  ancien, 
mais  bien  parmi  ceux  qui  sont  sortis  dos  mains  des  artistes  des  Pays-Bas, 
ce  berceau  des  productions  xylographiques.  Notre  édition  appartient  à 
cette  dernière  classe,  et  elle  est  l'une  des  premières,  sinon  la  plus  an- 
cienne de  toutes.  Les  costumes  sont  bien  ceux  des  Pajs-Bas,  et  Pail  néer- 
landais y  apparaît  avec  tous  s<»s  traits  caractéristiques.  On  croit  pouvoir 
en  attribuer  l'exécution  à  Laurent  Coster. 

Notre  exemplaire  est  dans  une  condition  exceptionnelle;  il  est  abso- 
lument NON  ROGNÉ  (H.:  0°»/287;  L.:  0,198),  et  d'une  grande  fraîcheur; 
aussi  a-t-il  atteint  le  prix  de  0,o.*iO  francs  à  la  vente  Yemeniz.  Les  figures 
ont  été  coloriées  avec  beaucoup  de  soin,  au  temps  de  l'impression. 

47.  (HISTORIA  SANCII  JOHÂ^i^IS  EVANGELIST^E,  EJUS- 
QUE  VISIONES  APOCALYPTIC^.)  —  Pet.  in-fol.,  en 
feuilles,  dans  un  double  étui  de  mar.  rouge. 

Prrmikrk  kdition  xyl()grai>hiqi:k,  selon  Heinecken,  et  cinquième,  selon 
Sotheby.  Elle  se  compose  de  quarante-huit  feuillets,  imprimés  au  frottoa 
et  d'un  seul  cùté  du  papier.  Les  sujets  sont  au  nombre  de  quatre-vingt- 
douze,  et  les  planches,  en  général  réunies  deux  par  deux  sur  la  même 
page,  sont  imposées  par  quatre  sur  une  même  feuille  de  papier,  avec 
toute  l'habileté  d'un  typographe  de  nos  jours.  Le  recueil  forme  trois 
caliiei*s  de  seize  feuillets  chacun.  L'encre  est  bistre  et  non  grasse.  Les 
figures  sont  au  trait  et  entremêlées  de  légendes  latine^*  Cette  suite  a  été 
exécutée  en  Allemagne,  aux  environs  de  l'année  1460.  Il  est  aujoard*hui 
démontré  que  c'est  un  manuscrit  type  qui  a  servi  de  modèle  À  toutes  les 
éditions  xylographiques  des  figures  de  l'apocalypse.  (Voir  plus  haatla  des- 
cription de  notre  manuscrit  n°  12.) 

On  ne  connaît  qu'un  très  petit  nombre  d'exemplaires  de  cette  édition,  et 
ils  sont  de  qualité  variable.  Celui  de  la  collection  Weigel  a  atteint,  en  1872, 
le  prix  de  12,500  francs,  quoiqu'il  fût  passablement  rogné.  C'est  à  tort  qjaCïl 
a  été  annoncé  conmie  le  seul  complet.  Le  nôtre  est  d'une  qualité  excep- 
tionnelle :  il  est  en  feuilles  et  dans  un  état  de  conservation  parfaite;  le 
dernier  feuillet  a  été  doublé.  Il  est  couvert,  comme  à  l'ordinaire,  d*an 
enluminage  du  temps,  et  a  de  belles  marges  (H.:  0"*,28i  ;  L.:  0*,2t3). 


IMPRESSIONS  XYLOGRAPHIQUES.  109 

48.  (HlSTORl/V  SANCTI  JOHANNIS  EVANGEL1SL«,  EJUS- 
QUE  VISIONES  APOCALYPÏICyE.)  —  Pet.  in-fol.;  mar. 
vert,  compart.  dor.,  Ir.  dor.  {Smith). 

Deuxième  édition  xylographiouk,  selon  Heinecken,  et  quatrième  selon 
Sothoby.  Elle  se  compose  aussi  de  quarante -huit  feuillets,  imprimés  d'un 
seul  côté  du  papier.  La  111"  planche,  marquée  B  et  sans  division,  ainsi 
que  la  XXll"  planche,  sans  marque,  sont  conformes  à  la  description  des 
mômes  planches  de  l'édition  qu'il  nomme  la  première.  Comme  la  précé- 
dente, elle  est  d'origine  germanique;  l'exemplaire  de  lord  Speiicer  porte 
une  annotation  qui  en  attribue  l'exécution  à  frère  Ulrich  Gyslinger  et  la 
reliure  exécutée  en  1467  à  Jean  Richenbach. 

Exemplaire  avec  ligures  enluminées  dans  un  magnifique  état  de  con- 
servation (H.:  0™,283;  L.:  0°»,202).  Quelques  marges  du  bas,  on  l'on  avait 
cherché  à  enlever  une  ligne  d'écriture  allemande  au  moyen  des  acides, 
ont  souffert  de  celte  opération  maladroite.  Cet  exemplaire  a  été  acquis 

à  la  vente  Yemeniz  au  piix  de  ."ijOOO  francs. 

* 

49.  OPERA  r,Ol]A  COiNTEMPLATlUA  p||ogni  fidel  christiano 
laqiiale  tra||lla  de  le  figure  del  teslamento  ||  vecchio  :  le 
quale  figure  sonno  veri||  ficate  nel  testamenlo{|  nuouo  :  con 
le  II  sue  exposilione:  Et  con  el  detto||de  H  propheti  sopra 
esse  figure  :  ||  Sicome  legendo  trouerete  :  Et  ||  nota  che 
ciascliuna  figura  del  tes- ||  tauiento  nuouo  trouareti  dua 
dil  te-||stamento  vecchio  :  le  quale  sonno  ||  affiguratte  a 
quella  dil  nuouo.  Et  ||sempre  quella  dil  nuouo  sara  posta  || 
nel  meggio  di  quelle  dua  dil  ve-||  chio  :  Cosa  belissima 
da  ïtèdere||aclii  se  dilectano  de  la  sacra  ||scritlura  :  Noua- 
mente||stainpata.  (Au  \°  du  6i*  f.  :)  Opéra  di  Giouànian- 
(lrea\\tJciuassore  ditto  Uadfigni\\no  :  Slampata  nouamète\\ 
nella  iiiclita  cilla  di\\  Uine^j^ia,  ||  Laus  Deo.  S.  d.  Pet.  in-8, 
de  64  ff.,  dont  le  dernier  blanc;  mar.  vert,  ornem.  sur 
les  plats  dans  le  style  italien,  tr.  dor.  [Lorlic). 

Imitation  de  la  Bible  des  Pauvres^  et  le  seul  livre  xylographique  italien 
que  l'on  connaisse.  Le  titre  et  la  souscription  ci-dessus  sont  inexacte- 
ment rapportés  par  Brunet,  qui  n'a  pas  reconnu  quec*était  un  xylographe. 
Une  jolie  bordure  d'entrelacs  blancs  sur  fond  noir  décore  la  première 
page.  Les  planches  sont  au  nombre  de  cent-vingt,  plus  une  image  de  la 
Madone,  assise  sur  un  trône  et  couronnée  par  deux  anges  (au  verso  de 
l'avant-dernier  feuillet).  La  gravure  de  ces  planches  est  de  Giovanni  An- 
dréa Vavassore,  dit  Vadagnino,  dont  le  nom  figure  dans  la  souscription 
finale  :  c'est  sans  doute  l'artiste  plus  connu  sous  le  nom  de  Zoan  Andréa. 
Leur  exécution  ne  peut  pas  être  antérieure  à  1510  ou  1512,  attendu  que 
la  planche  représentant  Jésus  chassant  les  vendeurs  du  Temple  est  une 
copie  fidèle  du  môme  sujet  de  la  Petite  Passion  de  Jésus-Christ  d'Albert 
Durer,  publiée  en  iiiOO.  Cicognara,  qui  le  premier  a  décrit  ce  volume  fort 


110  IMPRESSIONS  XYLOHHAPUUKUES. 

rare  [Cataloyoy  t.  I,  n°  1002),  iu)us  dit  qui'  «MMlainas  planches  scinbleiil 
îivoir  viv  gravros  d'aprùs  los  (iossins  de  Hellini,  de  Carpaccio,  de  Squar- 
cione  et  de  Montagna;  folli»  d«»  la  Madone  est  Ma  remarquable. 

Libri,  dans  le  catiilogiie  de  la  partie  rt^senée  de  sa  collectiun  (1802., 
a  coiistatù  rcxistence  de  trois  tirages  dlifôrents  de  ce  curieux  volume. 
Dans  le  premier  (dont  il  possédait  un  exemplaire  [n**  o70],  ri^puté  unique), 
le  texte  est  entièrement  xylographi({ue  et  en  caractères  gothiques;  dans 
le  second,  la  petite  planche  de  rappoii  qui  se  trouve  au  bas  du  5'^  f.  r®  du 
cahier  H,  et  qui  ollVe  les  bustes  des  deux  prophètes,  a  èti';  gravée  à  nou- 
veau, et  le  texte  qui  rat'compagne  est  en  caractères  ronds  (Libria  donné 
une  n^productiou  des  deux  tirages  de  cettt^  pnge,  dans  ses  MonumetUn  inv- 
ditH^  pi.  LUI);  dans  le  troisième,  il  en  est  de  même  pour  la  partie  analogue 
du  .*)•'  f.  r°  du  cahier  K.  A  ces  remarques,  on  peut  en  ajouter  d'autres  qui 
porteraient  le  nombre,  de  tirages  i\  plus  de  trois,  Ainsi^  il  y  a  deux  sortes 
d'exemplaires  du  second  tirage  :  dans  le  premier  (au(|uel  appaiiiont  le 
mHre),  la  planchi^  de  la  Madone  n'est  entourée  que  d'un  simple  iilct  uoir, 
et  la  gravun'  est  dans  toute  sa  beaut/i  ;  ce  lilet  se  trouvant  ensuite  brisé, 
•  on  a  ajouté,  dans  b»  tirage  suivant,  deux  petites  bordures  placées  vertica- 
lement sur  les  ciMés  de  la  planche;  ces  bordures  sont  d*un  dessin  dilTé- 
r(>nt  dans  le  dernier  tirage.  Libri  a  nié  Texistence  du  leuillet  blanc  final: 
il  est  cependant  indisp(>nsable  pour  que  le  dernier  cahier  soit  bien  com- 
[>let,  v\  il  se  trouve,  paifaitement  autbentique,  dans  noti'e  exempIaiiH},  ipii 
*»st  beau  de  marines  «•!  dans  un  état  exceptionnel  de  conservation. 


THÉOLOGIE 


I.  KCIUÏUHE  SAINTE. 

50.  Sacrai  Scriplvrae  veteris,  novaeq^ve  omnia  (en  grec).  (A  la 
fin  :)  yenetiis  in  œdih,  Aldi  et  Andrew  Soctiri,  T^W.XyilI, 
mense  Febfvar£o(^i5iS),  In-fol.;  cuir  de  Russie  (rmc.  rel,). 

m 

liclJc  et  rare  édition,  la  première  du  texte  grec  des  Septante.  Elle  est 
dédiée  par  André  d'AsoIa  au  célèbre  cardinal  Gilles  de  Viterbe  (Egidio 
Autonini),  un  des  prédicateurs  les  plus  éloquents  de  son  époque,  c'est  ce 
que  Renouard  a  oublié  de  constater  avec  précision. 

Magnifique  exemplaire,  très  pur  et  grand  de  marges.  Timbre  de  deux 
bibliothèques  sui*  le  titre. 

51.  (hiblia  latina.)(A  la  fin  :)  Pns  hoc  opusculû in  ciuilale 

Mogunlfi,..  perjofiem  fust  ciuê  etPetrûschoiffher de gerns'- 
heym,.,.  Anno  dni  M.ccccJxij  (1462).  In  vis^ilia  assum- 
pcôis  vir^\  marie.  In-fol.,  goth.,  à  2  col.  de  48  lignes; 
mar.  La  Vallière,  comp.,  tr.  dor.;  étui  de  mar.  [Lortic), 

Première  édition  de  la  Uiule  avec  une  date  certaine. 
Magnifique  exomplairci  sur  vélln,  du  second  volume  seul. 

52.  Summa  totius  Sacra;  Scriptural.  —  Decem  Dei  verba,  siue 
praKîepta.  —  Parisiis,  e.v  ofj\  Rob.  Slephani y  M.i).XLII 
(i54'a).  In-8;  mar.  olive,  doré  en  plein,  tr.  dor.  (rel.  du 

xyi'  s.). 

Cbarmante  reliure  dans  le  genre  de  celles  d'Eve.  Au  centre  des  plats, 
d'un  côté,  rinitiale  P;  de  l'autre,  l'initiale  S. 

Exemplaire  de  Renouard,  dont  le  nom  a  été  frappé  au  bas  du  plat  de 
dessus  de  la  reliure. 

53.  Biblia.  Hebrœa,  Chaldaea,  Grneca  et  Latina  nomina  viro- 
rum,  mulierum....  cuin  Latina  interprétations  Locorum 
descriptio  è  .Cosmographis.  Index  praeterea  reruni  et  sen- 
tentiarum  quae  in  iisdem  Bibliis  continentur.  His  accesse- 
runf  schemata  Tabernaculi  Mosaici,  et  Templi  Salomonis, 


IIJ  THÉOLOGIE. 

qua?  prœeuntc  Francisco  A'alablo  Hebraicarum  literarum 
Regio  professore  doctissiino,  summa  arte  et  (ide  expressa 
sunt.  Pansus j  ex  officina  Roberli  Slephani  Tfpographi 
Regii,  iS/jo.  4  pai't.  en  i  vol.  gr.  în-fol.,  fîg.  sur  bois: 
mar.  olive  foncé,  riclies  compart.  en  mosaïque,  Ir.  dor. 
et  cis.  [rel.  du  .XPT  s.). 

Magnifique  exoiuplairc  vu  ifrand  papier,  réglé,  ayant  appartenu  ù 
J.-A.  m:  Tiior.  qui  a  écrit  doux  mots  au  titre  et  quatorze  lignes  en  marge 
de  la  prélace  de  saint  Jérôme  sur  le  Pentateuque. 

Cette  quatrième  édition  de  la  Bible  d'Estieime,  publiée  avec  luxe,  est 
très  insutlisamment  décrite  dans  le  Manuel.  Elle  se  compose  de  quatre 
parties,  dont  cbacune  est  pourvue  d'un  titre.  La  seconde  (Prophetx),  porte 
la  date  de  loVO;  la  troisième  (.Yorum  Testatncntumjy  celle  de  1539;  la  der- 
nière [llebrxa.,.  nomina),  celle  de  Ij38.  La  première  partie  est  ornée  de 
f^ravures  sur  bois,  dues  aux  soins  de  François  Vatable,  selon  renoncé  du 
titn».  Pour  la  correction  des  textes  et  pour  le  commentaire,  Hob.  Eslienni* 
a  été  aidé  par  ce  même  Vatable  et  par  (iuill.  Fabricius,  chanoine  de  Poi- 
tiers. Toutes  ses  éditions  de  la  Bible  ont  été  vivement  censurées  par  la 
Sorbonne,  et  le  présent  exemplaire  semble  témoigner  de  cette  prévention. 
car  le  nom  de  rimprimeur  a  été  soigneusement  bitfé  au  titre;  de  Thou  l'a 
rétabli  à  l'encre. 

Ce  beau  volume  est  revéln  d'uni'  splendide  reliure  à  compartiments 
d'entrelacs  et  de  gracieux  rincreaux  dans  le  style  tlorcntin,  avec  des  fond> 
«l'or  au  pointillé,  qui  otl're  beaucoup  de  rapports  avec  les  ravissantes 
reliures  exécutées  pour  Maioli.  Elle  a  été  très  habilement  i*estaurée.  Nou-^ 
en  donnons  une  reproduction  au  catalogue  illustré. 

54.  lUblia.  O/iua  lloberti  Stephani  M.  D.L^F.  (i555). —  Sanc- 
tum  Jesu  C.liristi  Euangeliuni  secundum  Mattliœum.  2  part. 
en  I  vol.  in-8;  mar.  roiij^e,  riches  compart»,  tr.  dor.  [tinc. 

rel,'. 

Bel  exemplaire  dans  une  reliure  très  fraîche. 

55.  ESTIKîNNE  (Rob.).  Ad  Censuras  theologorum  parisien- 
sium,  quibus  Biblia  à  Roberto  Stéphane  typograpoo  Regio 
excusa  cahimniose  notarunt;  eiusdem  Roberti  Stephani 
responsio.  Oliiui  Roberli  Slephani ,  i552;  in-8;  mar.  rouge 
ancien,  fd.  à  comp.  et  orn.  sur  les  plats,  tr.  dor,  [lorUc], 

Kio(|uente  apologie  du  savant  éditeur,  pour  la  défense  de  ses  éditions 
grecques  et  latines  de  la  Bible  contre  les  censures  et  persécutions  de  la 
Sorbonne. 

Très  bel  exemplaire. 

56.  ESTIEiNNE  (Rob.)  Les  Censures  des  théologiens  de  Paris, 
par  lesquelles  ils  auoyent  faulsement  condamné  le^  Bibles 


ECRITURE  SAINTE.  113 

imprimées  par  Robert  Estiêne,  imprimeur  du  Roy  :  auec  la 
response  d'iceluy  Robert  Estienne.  Traduictes  du  Latin 
en  François.  VOliuier  de  Robert  Estienne ,  i55-2.  ln-8; 
mar.  rouge,  anc,  fii.  à  comp.  et  orn.  sur  les  plats,  tr.  dor. 
(Lortic) . 

Magnifique  exemplaire  d'un  livre  dont  on  connaît  la  rareté  excessive. 
Une  note  manuscrite  du  précédent  possesseur  de  ce  volume,  le  savant 
bibliographe  Parr  Greswell,  explique  que  cet  exemplaire  est  le  seul  qu'il 
ait  vu,  et  qu'il  lui  a  fallu  trente  ou  quarante  années  de  poursuites  pour  se 
le  procurer.  C'est,  dit-il,  le  plus  précieux  de  tous  les  livres. 

57.  La  Bible  qui  est  toute  la  saincte  Escriture....  On  a  nou- 
uellement  adiousté  en  ceste  édition  enlre  autres  choses  des 
figures  esquelles  sont  cottez  les  passa  «[es  correspondans  des 
quatre  derniers  liures  de  Moyse.  {Genève)  V  Olivier  de 
Henri  Eslienne,  i565.  In-fol.;  veau  fauve,  comp.  en  ar- 
gent, plaque  avec  mosaïque  d'or  et  d'argent  {reL  datée  de 
i566). 

Version  protestante  d'Olivetan,  revue  par  Jean  Calvin,  qui  a  joint  une 
préface  à  cette  édition.  On  trouve  à  l'endroit  indiqué  au  titre  dix-neuf 
gravures  sur  bois  dans  le  genre  lyonnais.  (Didot,  dit.  rais,,  n*»  321.) 

Très  bel  exemplaire. 

58.  La  Bible  q\i  est  tovte  la  Saincte  escritvre  dv  vieil   et  nov- 

veau  testament Le  tout  reueu  &  conféré  sur  les  textes 

Hébreux  &  Grecs.  ^  Sedan,  par  Jean  Jannon,  inipr.  de 
[ Acadérniey  i633.  In-i6;  mar.  rouge,  riches  compart.,  tr. 
dor.  [lel.  du  temps). 

Charmante  édition  de  la  version  de  Genève,  imprimée  avec  les  petits 
caractères  dit  sedanais. 

Très-bel  exemplaire,  réglé,  dans  une  reliure  riche  et  bien  conservée. 

59.  Psalterium  Hebrçum,Grçcù,  Arabicù,  &  Chaldçù,  eu  tribus 

latinis  ïterptatôibus  &  glossis.  (A  la  fin;)  Impressit 

Pet  rus  Paulus  Par  rus,  Genuse  in  œdibus  Ni  col  ai  lustiniani 

Pauli.,..  anno millesimo  quingentesirru)  sexto  decimo 

niense  .  Vil II  bri  (i5i6).  Gr.  in-4  ;  mar.  La  Vallière,  fil.  à 
fr.,  tr.  dor.  [Cape). 

Première  édition  polyglotte  du  psautier,  imprimée  à  Gênes.  Elle  est 
surtout  curieuse  pour  la  biographie  assez  détaillée  de  Christophe  Colomb, 
que  Justiniani  a  insérée  dans  une  note  sur  le  psaume  Cœli  marrant.  Le 
titre  est  entouré  d'un  beau  cadre. 

Superbe  exemplaire,  très  pur. 

8 


Hi  THEOLOGIK. 

GO.  (Psalterium  Graecum,  cura  Justini  Decadyi.  Venetiis^  Aldus 
lilanutius.)  S.  d.  (v.  i49^l)-  1^-47  iiwprimé  en  rouge  et  en 
noir;  mar.  La  Yalliére,  fil.,  tr.  dor.  {Dura). 

C'ost  riin  des  trois  premiers  livres  destinés  à  servir  de  spécimens 
à  rimprimorie  d'Aide  Manuce.  Il  ne  porte  ni  nom  d'imprimeur  ni  date, 
mais  son  exécution  est  antérieure  à  Tannée  1494,  conformément  à  l'opi- 
nion de  Maittaire,  appuyée  par  M.  Didot  (voir  son  Ahle  Manuce,  pp.  S8-61), 
et  contre  le  sentiment  de  Renouard  qui  la  plaçait  de  4497  à  149B.  Ce 
psautier  est  précédé  d'une  préface  en  ^rec,  adressée  par  le  diacre  Justin 
Decadyos  aux  Grecs  de  la  Grèce;  peu  connue  et  très  importante  pour 
l'histoire  de  l'iniprimerie,  cette  préface  a  pour  la  première  fois  été  tra- 
duite en  français  par  M.  Didot. 

■ 

Très  bel  exemplaire,  avec  la  première  ligne  du  f.  *  (oubliée  au  tirage, 
lemplie  à  la  main,  caractère  distinctif  du  premier  tirage.  » 

61.  Qvincvplex  Psalterium.  (A  la  fin  :  )  /4bsoli^lifm  flfit  hoc 
(juincK^plicis  psallerii  opvs  in  cœnobio  Suncli  Germani  prope 
muros  Purisienses  :  ^nno  a  natali  Chrisli  Domini,  i5o8. 
Et  in  clarissimo  Parisioruin  Gymnasio  ex  calcotypn  Hen- 
vici  Stephuni  officina  e  régions  scholarû  Decrelorum  ad 
secundani  &  castigalioreni  eniissionem  suscepluni  anno  eius- 
dem  Chrisli  Saluatoris  omnium  i5i3,  Idibus  luniis,...  elo. 
In-fol.;  mar.  La  Vallière,  ornem.,  tr.  dor.  (Loriic). 

Très  bel  exemplaire  d'un  livre  rare. 

62.  Psalmes  du  Royal  Prophète  Dauid,  fidèlement  traduiclz 
de  Latin  en  Francoys.  Âusquelz  est  adiouxté  son  argument 
&  sommaire  à  chascun  particulièrement.  Chés  Estienrie  Do^ 
let  à  Lyon.  1 54^2.  In-i6,  de  368  pp.  cli.  ;  mar.  brun,  jans., 
tr.  dor.  {Trautz-Buuzonnet). 

Édition  fort  rare.  Bel  exemplaire. 

63.  Les  sept  pseaulmes  de  la  Pénitence  de  Dauid,  par  Pierre 
Âretin.  Traduictz  d'Italien  en  lâgue  Frâcoyse.  D'ung  uray 
zèle  (par  Jean  de  Vauzelles).  i54i.  Paris,  Denys  lanoi. 
Pet.  in-8;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  {Trautz-Bauzonnei). 

Ce  Jean  de  Vauzelles  est  l'auteur  du  texte  des  Stmutocres  de  la  mo9i  de 
Holbein. 

Magnifique  exemplaire,  de  la  coll.  Desq. 


64.  Psaultier  de  David,  torné  en  prose  mesurée,  ou  vers  lil 
par  Biaise  de  Yigenère,  Bournonnois.  Paris,  AbelFAnge^ 


KCUITURE  SAINTE.  115 

li€i\f  i588.  In-8,  fig.  ;  mar.  olive,  ornem.,  tr.  dor.  [rel.  du 
temps). 

Vignette  de  Thomas  de  Leu  au  titre,  et  d'autres  gravures  sur  cuivre 
dans  le  corps  du  livre. 

Magnifique  reliure  de  HENRI  III,  à  la  tête  de  mort  et  aux  emblèmes 
de  la  Passion.  Ce  genre  de  reliure  est  extrêmement  rare.  Nous  en  don- 
nons une  reproduction  au  catalogue  illustré. 

63.  NouumTestamentum.  Ex  bibliotheca  regia  (en  ^vec).Lute' 
lise,  ex  off.  Rob.  Stepliani,  M.D.XLVl  (iS^ô).  2  tom.  en 
I  vol.  in-16;  mar.  brun,  compart.  en  mos.  avec  cette  de- 
vise au  centre  :  Intev  utrumque  vola^  tr.  dor.  et  cisel.  (r^/. 
du  XJTs.). 

Jolie  édition.  Exemplaire  revêtu  d'une  fort  belle  reliure. 

66.  Nouum  lesv  ChristiD.  N.  Testainentum  (en  grec).  Li^telisSy 
ex  ojjie.  Rob.  Stepliani  M. D.L.  (i55o).  In-fol.;  mar.  rou- 
ge, doré  en  plein  à  petits  fers,  tr.  dor.  [rel.  du  XyP  s.). 

«  Cette  édition,  dit  Brunet,  imprimée  avec  les  beaux  caractères  de 
Garamond,  peut  soutenir  avantageusement  la  comparaison  avec  ce  qui 
existe  de  plus  beau  en  ce  genre.  » 

Exemplaire  couvert  d'une  splendide  reliure  du  XVI®  siècle,  exécutée 
probablement  dans  l'atelier  des  Eve.  Elle  est  du  même  artiste  et  dans  le 
même  style  que  celle  de  notre  Xénophon  de  l'édition  d'Estienne  vendu, 
pour  sa  reliure,  4,000  fr.  l'année  dernière  (n«  079  du  cat.). 

67.  (Le  Nouveau  Testament.)  (En  tête  :)  Cy  commence  la 
table  du  j|  nouueau  testament.  (A.  la  fin  :  )  Cy  finist  lapoca- 
lipse  et  II  samblablernent  le  nouueau  \\  testament  veu  et  cor- 
rige  ^  Il  vénérables  persanes  frères  ||  iullien  macho  et  pierre 


far 
Ijô 


get  docteurs  en  théologie  de  \\  lordre  des  augustins  de 
sus  le  rosne  Imprime  en  la  ||  dicte  ville  de  lyon  par  Bar 
tholmieu  bufer  citoien  du\\  dit  lion.  S.  d.  (vers  i474)«  P^t- 
in-fol.,  goth.,  à  a  col.;  mar.  La  Vallière,  comp.,  doublé 
de  mar.  bleu,  riche  dent.,  tr.  dor.  (Lortic). 

Livre  extrêmement  rai*e  que  l'on  considère  comme  l'un  des  premier? 
ouvrages  imprimés  en  français. 

Magnifique  exemplaire,  réglé,  grand  de  marges. 

68.  Le  Nouueau  Testament  de  nostre  Seigneur  lesus  Christ, 
latin  et  françoys  :  les  deux  translations  traduictes  du  grec, 
respondantes  Tune  à  l 'autre  verset  à  verset.  L/on,  par 


116  THEOLOGIE. 

Guillaume  Houille^    iSS'j.  In-i6;  mar.  fauve^  comparr.  en 
mosaïque,  tr.  dor.  (rel.  du  Xf^P  s.). 

Très  bel  exemplaire,  couvert  d'une  charmante  reliure.  Sur  le  f.  de 
garde  à  la  fin,  se  trouvent  neuf  lignes  autographes  de  MELA.NCHTHON. 

69.  GUILLERMUS.  (Postilla.)  (A.  la  fin  :)  Finit  pastilla  suj) 
euangetia  dnicalia  et  super  eunngelia  de  sanctis  :  s*m  sensu 
lilteralem  collecta...  Itnpressûqs  est  hoc  opus...  per  ningis- 
truni  ylricûGering.  AnnoM.  cccc''\^lxxviii{\[\^%^penultima 
Octobris.  In-Zj,  letlres  rondes;  mar.  rouge,  large  dent.,  tr. 
dor.  (anc.  reL). 

Édition  parisienne,  non  citée  au  Manuel,  d'un  des  ouvrages  les  plus 
répandus  de  Guillaume  d'Auvergne,  évoque  de  Paris. 

Magnifique  exemplaire,  réglé,  avec  les  initiales  peintes  à  la  main.  Au 
bas  de  la  première  page,  ces  armoiries  peintes:  de  gueules  à  deux  chevrons 
(l'or  ;  au  chef  d\izur,  chargé  de  trois  étoiles  d'or. 


II.  LITURGIE. 
I.  Généralités. 

70.  (DURANDUS,  G.)   incipit  raconale  diuino!^  officio:^.  (A 

la  fin:)  P resens  racômdis  (t ino*^  codex  officô*^ est  ^sû- 

niatus  Per  Johnnnê  fu.st  ciaê  Magûtinuz.  Et  pettû  Gerns- 
zheyni,...  Anno  dni  Millesinio  quadringentesimo  quîqua- 
gesimonono  (1459).  Sel:  die  Octobris.  In-fol.,  goth.^  de 

160  ff.  à  1  col.  ;  peau  de  truie,  fermoirs  et  coins  en  cuivre 
(rel.  du  XF*  siècle)  ;  élui  de  mar.  La  Vallière. 

Première  édition,  imprimée  à  Mayence,  et  un  des  plus  précieux  incu- 
nables. 

Magnifi(}ue  exemplaire  sur  vélin,  et  dans  sa  première  reliure  admi- 
rablement conservée.  Les  initiales  des  livres  sont  peintes,  et  la  première 
«  l)age  est  ornée  d'un  bel  encadrement  historié. 

71.  (DURAND.)  Le  Racional  des  diuins  offices.  (A.  la  fia  :)  Cj 

fine  le  Rntional  des  diuins  ojfices  translate  de  laiin-  en 

franco is  Lan  mil  CCC.lxxii.   a  la   reqneste  (sic)   de  ires 

sage  price  Charles  le  quint  roy  de  fràce  très  viciorieitx. 

Par  frère  Jehà  goulain.^  docteur  en  théologie  de  tordre  de 

'     nostre  dame   du  Carme.    Nouutllement  imprime  a  Paris 
Le  XKnii.  iour  de  Juillet  Lan  mil  cinq  cens  ^Mi  (i5o3).  Pour 


LITURGIE.  117 

Anthoine  vevard  marchant   libraire,    In-fol.,   goth.;  veau 
brun  estampé,  tr.  dor.  et  cis.  {anc.  reL). 

Édition  unique  de  la  seule  traduction  française  qui  ait  été  imprimée. 
Très  bel  exemplaire. 

2.  Missels. 

72.  Missale  ad  sacrosancte  Romane  ecclesie  vsum.  Irnpressum 
nouis\\sime  quocp  in  aima  Parisioru  academia...  Anno  dni 
virtutum  côdi  ||  torisq^  mttndi  :  Millé^simo  quingen(es{\\mo 
decimo\\quinto  (i5i5).  ln-8,  goth.,  impr.  en  noir  et  en 
rouge  avec  le  plain-chant  noté,  fig.  s.  bois  ;  mar.  rouge, 
fil.,  fleur,  tr.  dor.  {Lortic). 

Ce  livre  ne  renferme  qu'une  grande  figure,  mais  il  contient  de  nom- 
breuses vignettes.  Très  bel  exemplaire. 

73.  Missale  insignis  ecclesie  cathalaunen.  i543.  (A  la  fin  :  ) 
Excudebat  lolanda  Bonhomme  vi\\dua  spectabilis  viri 
Thielmanni  Keruer,  Parisiis...  sumpùbus  et  diligenlia 
discreli  vi\[ri  magislri  Nicolai  Lanisson  presbyte  ri  in  de^ 
cretis  licentiati  ecclesieq^  Ca- 1|  thalaunensis  canonici  ac 
thesaurarij,  necnon  reuerendissimi  domini  car\\dinalis  de 
LENONCOURT  vicnrij  generalis,  Anno  domini  millesinio 
quin\\gentesimo  quadragesimo  tertio  (^i 5l\'5)  mense  octobri. 
In-fol.,  goth.,  à  2  col.,  impr.  rouge  et  noire,  fig.  s.  bois; 
mar.  La  Vallière,  orné  de  beaux  rinceaux  et  d'une  croix 
historiée  en  mosaïque;  doublé  de  mar.  rouge,  avec  un 
semis  de  marguerites  et  une  riche  dent.,  tr.  dor.;  étui  en 
mar.  La  Vallière  {Lortic). 

Superbe  missel  à  l'usage  du  diocèse  de  CHALONS-StJR-MARNE,  non 
cité  au  Manuel  et  fort  rare. 

Exemplaire  sur  vélin,  et  celui-là  même  qui  a  été  fait  spécialement 
pour  le  cardinal  ROBERT  DE  LENONCOURT,  évoque  «t  comte  de  Châ- 
lons-sur-Marne,  pair  de  France,  dont  les  armes  se  trouvent  à  la  première 
page,  au-dessous  d'une  miniature  représentant  le  martyre  de  saint 
Etienne,  patron  de  la  ville.  Cette  page  est  entièrement  peinte,  y  compris 
le  titre,  mais  sous  la  gouache  on  aperçoit  la  gravure.  Il  est  orné  de  cent 

DIX-HUIT    PETITES,    de    TRENTE    MOYENNES    ct    de    DEUX    GRANDES    MINIATURES, 

tantôt  originales,  pour  lesquelles  la  place  avait  été  laissée  en  blanc, 
tantôt  recouvrant  des  gravures  sur  bois.  La  grande  gravure  enluminée  du 
canon,  représentant  Dieu  le  père,  porte  dans  le  cadre  la  date  de  1538.  Les 
grandes  initiales  sont  presque  toutes  peintes  à  la  main.  Le  dernier  f.  a 
été  anciennement  refait  à  la  plume  ;  il  porte  aussi  au  verso  les  armes  de 


ItK  THEOLOGIE. 

Lcnoncourt.  Dans  la  table  pascale  on  lit  :  In  unno  -presenti  M.cccccxliij 
(1543)  in  quo  fuit  scripta  presens  tabula.  Malheureusement  le  vélin  de  ce 
hoau  volume  a  an  peu  soulfert  de  l'humidité.  La  reliure  dont  ce  remar- 
quable exemplaire  est  revêtu  est  d'une  grande  richesse  et  du  même  style 
du  XIII®  siècle  que  celle  que  nous  avons  décrite  plus  haut,  au  ii®  10. 

74.  Missale  opus  qiiiflemdi||uinù/  omiiibusqj  sacerdotib'/  rem 
dillinam,  iiixtà||Rothomagei  archiepiscopatus  institutii  fa- 
ciêli||bus/  vtilissimù....  frênaie  habetur  Parisius  apud 
Franclscutn  Rcgnuidl  Et  Rolhomagi  apud  GuiUermum 
fiauent  et  Johànem  Mallardin  bihliopolaruni  poiticu  iuxta 
(empli  portant  mnnenleni  M.D,xxx\iij  [\^'i%).  (A  la  fin  :) 

Ad  laitdern ahsolutum  est  ac  exaratum  hoc  preclarum 

insigtiis  ecclesie  Rot/tornagêsis  Missale  elimatissime  nuper 
liotlioinagi  pcr  Nicolauni  le  Roux  typographurn.  Impensis 
ac    sumpiihas    honeslissimorum    virorum    Francisai    Re- 

gnnult  bibliopote  befwnierili  Parisijs Guillermi  bauél 

et  Johannis  M(dlard  Rotffonutgi,.,  Anna  dhi  .M.D.xxxviij, 
die  dccirnaterlid  mensis  Januarij.  In-fol.,  gotb.,  imprimé 
en  rouge  et  en  noir,  avec  plain-chant  noté  etfig.  s.  bois; 

mar.  brun,  compart.,  tr.  dor.  [anc.  rel,), 

• 

Missel  de  l'église  de  ROUEN,  fort  rare.  Il  est  orné  de  trois  fîgores  sur 
bois  de  la  grandeur  des  pages,  y  compris  le  frontispice,  de  dix-huit  gra- 
vures moyennes,  d'un  grand  nombre  de  petites,  et  d'initiales  historiées. 
Une  des  planches  porte  une  marque  ayant  la  forme  d'une  flèche. 

Très  bel  exemplaire.  Le  canon  de  la  messe,  ainsi  que  les  deux  grandes 
figures  du  texte,  sont  imprimés  sur  vélin. 

7&.  Missale  insignis  ecclesie  Trajectësis  :  optimis  caracteribus 
(vt  patet)  exaralû...  (À  la  fin  :  )  Curavit...  vvolffgàgus  ho- 
pili*,,,,  Intpressu  Parisii  in  pngo  diui  lacobi  ad  insi- 
gne sci  gcorgii  per  iohànè  higmanu  Anno  dni  M.  CGCX). 
xcvij  (1/197).  I"-fol-5  golh.,  fig.  ;  mar.  noir  estampé  {rel.  du 
\rs,). 

Missel  de  l'église  d'IJTRECHT,  d'une  belle  impression  en  ronge  et  noir, 
avec  plain-chant  noté.  Il  est  de  toute  rareté. 

Superbe  exemplaire  sur  vélin,  avec  figures  soigneusement  coloriées. 

76.  Missale  monasticum  scd'm  mo-||rem  (z;  ritum  Casineasis 
con-||gregationis^  ai's  san-||cte  Justine.  ||  Cum  priùili^o. 

(A  la  fin  :  )  Missale  monasticà féliciter  explicit  :  f^ene^ 

tiisqsjp  Lucà  anloniu  de  giuntis  florentinu$  accuratissime  im^ 
pressant  Anno  a  saluiifera  incarnatione  g^ngêtesimo  sexÊO 
supra  rniltesimum  (i5o6)  xiiij  kaC.  maias.  lD-foK|  goth., 


LITURGIE.  H9 

à  2  col.,  fig.s.  bois;  velours  rouge,  tr.  dor.  et  ch. (ancre/.). 

Missel  à  l'usage  de  l'illustre  abbaye  du  MONT-CASSIN,  le  berceau  ' 
de  Tordre  des  Bénédictins.  C'est  un  chef-d'œuvre  d'impression  de  luxe,  el 
l'un  des  plus  beaux  livres  de  ce  genre.  D'une  rareté  extraordinaire,  il  n'a 
point  été  décrit  dans  le  Manuel  et  il  méritait  de  l'être,  surtout  pour  son 
illustration.  Une  gravure  placée  au-dessus  du  titre,  et  intitulée  :  Congre- 
gatio  CasinensiSj  représente  s.  Benoît,  accompagné  de  ses  disciples  s.  Pla- 
cide et  s.  Maur,  instruisant  ses  prosélytes.  Quinze  pages  sont  renfermées 
dans  des  encadrements  historiés  d'un  beau  style,  dans  les  bordures  des- 
quels sont  représentés,  entre  autres,  les  principaux  épisodes  de  la  vie  de 
saint  Benoît.  Une  seizième  page  encadrée  (f.  100  v°)  offre  une  grande  gra- 
vure du  Crucifiement.  Ce  beau  volume,  imprimé  en  rouge  et  en  noir, 
contient  en  outre  dix-neuf  gravures  moyennes,-  vingt  grandes  initiales 
historiées,  enfin,  plus  de  quatre  cents  petites  gravures,  lettres  ornées  ou 
historiées  el  superbes  bordures. 

Admirable  exemplaire  sur  vélin,  avec  toutes  les  gravures  soigneuse- 
ment enluminées  à  l'époque  même.  Il  est  revêtu  de  sa  première  reliure. 

77.  Missale  Romanum  s'm  consuetudinê  fratruni  ordinis  sancti 
hieronynu.  (A.  la  fin  :  ...  Quodqs  sagax  ille  Geori^ius  Coci 
theufonic  nrlls  impressorie  nô  modo  mediocri  expeiiëtia 
preclarus.,.  In  insii^ni inclitaq^  Ces(ir\\augf/s/finn  ciuitate. 
Anna  chrisiiane  salut is  decinio  posl  nullesimu  qulgêtesimù 
(i5io).  i>ij,  kCsnifircids.  dr. in-foL,  goth.,  à  i  col.,  fig.  s. 
bois;  mar.  rouge,  tr.  dor.  {/Juru), 

Missel  à  l'usage  des  HIÉRONYMITES  d'Espagne,  imprimé  à  Saragosse, 
«  Ce  livre  est  d'une  remarquable  exécution  typographique  et  est  on  ne 
peut  mieux  imprimé  en  noir  et  en  rouge.  La  grande  planche  de  la  cruci- 
fixion est  d'un  caractère  un  peu  germanique.  Cependant  les  grandes 
initiales  et  leurs  annexes  paraissent  avoir  été  exécutées  en  Espagne.  » 
(Didot,  Cat.  rais.,  n°  454.)  M.  Aies  {Bibliothèque  liturgique,  n°  309)  a 
consacré  une  intéressante  notice  à  l'édition  de  ce  missel  imprimée  l'année 
suivante,  et  reproduisant  les  mômes  gravures. 

Superbe  exemplaire  sur  vélin,  le  seul  cité  dans  le  Manuel, 


78.  Missale  ad  consuetudinem  fra||trum  Predicatorum  :  or- 
dinis Il  sancti  Dominici.  /arisi/s  \\  Ex  officina  libraria 
yidue  sprct(ihi\\lis  viri  T/iiehnanni Keruer..,.  M.  D.xxix 
(1529).  ln-8,  golh.,  à  2  col.,  imprimé  en  rouge  et  noir, 
nombr.  fij[.  sur  bois,  avec  le  plain-chant  noté;  mar.  La 
Vallière,  écusson  au  centre  représentant  Jésus  en  croix ^ 
Ir.  dor.  {Cape). 

Ce  rare  missel,  à  l'usage  des  Frères  Prêcheurs,  contient  quatre  grandes, 
figures  et  bon  nombre  de  petites. 
Très  bel  exemplaire. 


120  THÉOLOGIE. 

79.  Missale  secvndvm  ritvm  et  ordinem  sacri  ordinis  prse- 
monstrateiisîs....  Parisiis^  apud  lacobum  Keruer^  Via  laco- 
bxUy  suh  Sr'gno  Vnicornis.  M.  D.  LXXVIII.  (A  la  fin  :)  P^r/- 
siis^  excudebat  Carolus  Roger,  anno  Doinini  1578.  In-fol., 
à  2  col.;  ais  de  bois,  recouverts  de  mar.  estampé,  riches 
ornem.  etcompart.,  tr.  dor.  et  cis.  {une.  rel.). 

Missel  à  Tusage  des  Prémontrés,  fort  rare. 

«  Ce  volume  contient  un  très  grand  nombre  de  lettres  ornées,  repré- 
sentant des  sujets  bibliques,  quelques  grandes  planches  d'un  assez  bon 
style  français  et  un  certain  nombre  de  petites  vignettes  bien  composées, 
mais  un  peu  grossoyées,  que  je  ne  vois  nulle  part'  ailleurs.  »  (Didot,  Cat, 
rais.,  n«  586.). 

Très  bel  exemplaire.  Deux  feuillets  du  Canon  de  la  messe  sont  impri- 
més sur  vélin.  La  reliure  porte  les  dates  de  1571  et  1616. 

3.  Heures  et  Offices. 
A.  —  France. 

Paris. 

PU.  PIGOUCHET,  seuL 

80.  (  Heures  à  Tusage  de  Rome.)  (A  la  fin  :  )  Imprimées  par 
Philippe  pigou  \\  chet  Libraire  de  luniuersite  de  Paris,  S.  d. 
(almanach  de  1488  à  i5o8).  Pet.  in-8,  goth.;  mar.  brun, 
riches  ornem.  sur  les  plats,  tr.  dor.  (?  Ei^e). 

C'est  Tune  des  plus  rares  et  des  plus  anciennes  éditions  données  par 
Pigouchet. 

«  Elle  est  ornée  de  dix -huit  grands  sujets,  dont  les  14*  et  15*  présentent 
les  Trois  Mwis  et  les  Trois  Vifs,  Entourages  variés,  de  la  même  main  :  ils 
sont  naïfs  et  archaïques  et  nullement  comparables  à  ceux  des  Heures  au 
nom  de  Simon  Vo-strc.  Pas  de  quatrain  au  calendrier.  »  (Didot,  Cat.  rais., 
no  764.) 

Très  bel  exemplaire  sur  vélin. 

PIGOUCHET  pour  SIMON  VOSTRE. 

81.  Ces  présentes  heures  a  lusaige  de  Rommefuréi  ac/ie\\  uees 
le  viu.  iour  de.  Aoust.  Imh,  M.  eccc  (les  autres  chiffres  effa- 
cés) Il  pour  Simô  vaslre  Libraire....  (almanach  de  1488  à 
i5o8).  Pet.  in-8,  i^olh.;  uiar.  brun,  fil.  etorn.,  tr.  dor..(<i/ic. 

reL). 

Cette  édition,  de  toute  rareté,  a  quatorze  grandes  planches,  non  èom- 
pris  le  titre.  «  On  y  voit  déjà  les  jolis  entourages  à  fond  criblé,  particuliers 


LITURGIE.  121 

à  Simon  Voslrc.  Les  sujets  dont  se  composent  les  bordures  sont,  outre  de 
nombreuses  arabesques  :  les  Vertus  théologales  et  cardinales,  la  Vie  de 
Jésus,  la  Vie  de  la  Vierge,  l'Histoire  de  Susanne,  celle  de  TEufaut  prodigue 
et  la  Danse  des  morts  en  78  sujets.  >»  (Didot,  Cat,  rais.,  n«  767.) 
Superbe  exemplaire  sur  vklin. 

82.  Heures  a  lusage  de  Rome.  (Au  v°  du  dern.  f.  :)  Ces  pré- 
sentes heures  a  liisnge  de  RôtneJ tirent  ackeuees  le.xxiiiJour 
de  Jàuier\\  Lan  M.  cccc.  iiii  .  xx.  et  xvi.  (i497  »•  si.) pour 
Si\\  mon  Fostre  Libraire,  In-8,  golh.,  de  8^  If.  (le  cahier /;* 
n'a  que  a  ff .)  ;  mar.  noir,  ornem.  arg.  sur  les  pi.,  tr.  dur. 
{anc.  reL), 

«  Cette  édition,  fort  rare,  renferme  douze  grandes  planches.  On  voit 
reparaître  dans  les  encadrements  quelques-uns  des  entourages  des  Heu- 
res primitives  de  Pigouchet.  Les  sujets  de  la  Danse  des  morts  forment 
78  compositions.  L'impression  en  est  soignée  et  très  belle.  »  (Didot.  Cat, 
rais.,  n«  770.) 

Magnifique  exemplaire  sur  papier.  La  reliure  porte  les  initiales  C  C 
et  M  A  entrelacées,  qu'on  attribue  à  la  reine  Catherine  de  Médicis,  mais 
qui  sont  celles  du  fils  du  célèbre  Amiral  Gaspard  de  Coligny,  François  de 
Coligny-Chatillon,  et  de  Marguerite  d'Ailly,  sa  femme. 

83.  Ces  psentes  heures  a  lusaige  de  Uome/tirêt\\  ac/ieuees  le 
IX.  iour  de  luin  Lan  MilCCCC\\(jU(Urevingiz  t  xvji.  (1/197) 
pour  Simon  vostre librai\\re, elc.  (Marque  de  Ph.  Pigouchet.) 
In-4i  goth. ,  de  90  ff.;  demi-rei.,  dos  et  coins  de  vélin 
blanc. 

«  Ces  Heures,  en  gros  caractères,  non  décrites,  contiennent  45  grandes 
gravures,  sans  compter  l'homme  anatomique.  La  Danse  des  moits,  com- 
posée de  72  sujets,  dont  quelques-uns  se  répètent,  commence  au  verso 
du  f.  giiii.  A  la  fin,  8  ff.  de  prières  en  français.  »  (Didot,  Cat.  rais., 
no  774.) 

Exemplaire  sur  vélln  de  la  plus  grande  beauté,  et  haut  de  230  mil- 
limètres. 

84.  Ces  présentes  heures  a  lusaige  de  TOURS //«/e///  ach\}uees 
lexxi.  iour  de  nouêbre.Lan  mil.  CCCC.  iiiixx  r^||xvH  (1497) 
pour  Simon  Rostre  Libraire...  In-8,  goth;  veau  brun,  fil.  et 
ornem.  à  froid  [anc.  rel.). 

Édition  d'une  rareté  extrême  et  dont  Bru  net  ne  cite  que  le  présent 
exemplaire,  imprimé  sur  vélin.  Il  est  un  peu  fatigué.  (Didot,  Cat,  rais.y 
n«  773.)  Sur  le  dernier  f.  de  garde  est  écrit  l'acte  authentique  de  baptême 
d'un  Jehan  de  la  Tour,  né  le  20  mai  4498,  qui  eut  pour  parrain  Jean  de.,, 
maréchal  de  Bretaigne. 


l-iJ  TlIKOLOGIE. 

85.  riore  présentes  ad  vsum  SARUM  im presse jnPîùtPa^  r/sias 
per  Pldlippii  Pigouchrt  Aniw  salulis.  Si.  CCCC.  \\  xcviii. 
(1498).  (lie  veto,  xvi,  MaiL  pro  Symone  vostre  lihrario,,,,,. 
In-8,  goth.;  mar.  noir,  coinp.  et  tr.  dor.  {(me,  rel.). 

Cette  édition,  à  l'usapo  «le  Salisiury,  est  orni'e  de  treize  pran<i»'> 
planches. 

«  Les  l>ordures  sont  variées  et  choisies  parmi  le»  plus  jolies  pièces  dt» 
ce  genre  que  Pigouchet  et  Vostn^  employaient  dan?^  leurs  Heures  k  ladat«« 
de  celle-ci.  La  Danse  des  moris  figure  dans  ces  bordures  en  129  sujets  la 
plupart  doubh'îs.  Les  deux  derniers  IL  contiennent  des  prières  en  anglais.  •• 
(Didot,  Cat,  rais.,  n*»  774.) 

Exemplaire  sur  vklin,  LE  SELL  dONM'. 

86.  Ces  présentes  heures  a  lusaige  de  Rome //^/r^  acfieuez' 
Lan  MîLCCCC,  iin,xx.  ixviii  [i[\Cj%)Jexxit\  iourdc  /iousl 
\\  pour  Symô  vostre  Librairr...  Petit  in-4,  goth.;  mar.  brun 
estampé,  tr.  dor.  (nnc.  reL). 

<t  Ces  magnillquos  Heures,  extrêmement  rares,  contiennent  2i  grandes 
ligures,  i  movennr  cl  plusicMirs  petites,  sans  compter  le  titre,  ni  riionime 
anatomique.  »  (Voir  Brunet,  et  Didot,  Cat.  rais.y  n**  77;î.) 

Exemplaire  sur  vklin,  d'une  pureté  irréprochahle  et  haut  de  243  mil- 
limètres. 

87.  Ces  présentes  heures  a  lusaige  de  ^b\i\e/u]^rèl  acheuez  le 
xvL  tour  de  Sepletnhre,  Lan  /î///||cccc.iiii.  xx.  elxwïïï  (149^) 
pour  Sitnoti  vostre^  li\\  hrat'rc.Vet,  in-4,  goth.;  mar.  vert, 
riches  ornem.,  tr.  dor. 

Cette  édition,  fort  rare,  renferme  quinze  figures.  «  Dans  les  bordures, 
on  remarque  les  Vertus  théologales  et  cardinales,  la  Vie  de  Jésus,  celle  de 
Marie,  Susaime,  l'Enlant  prodigu(t  et  la  Danse  des  morts.  »  (Didot,  Cai. 
rais.,  n"  776.) 

Très  h  A  exemplaire  sur  vklln.  Hauteur  :  près  de  205  millim. 

88.  Les  présentes  heures  a  lusaige  du  MANS  au  long  sâs  ||  re- 
qnire  :  Furèl ac/iruees  Lnti  Mil citicq ces  [\Soo)le.xxs^»  iour 
il  Dnpuril pout  Simoti  vnstrc:  Ubrait*e  demourataPa\\ris,.. 
(Au-dessus,  la  marque  de  Pigouchet.)  In-8,goth.,sigti.  a-q; 
mar.  La  Vallière,  fil.,  comp.,  tr.  dor.  {Lortic). 

Édition  non  décritk,  ornée  de  dix-neuf  grands  sujets,  sans  compter 
l'homme  anatomique,  petites  figures  et  encadrenaents.  (Didot,  Cat,  mit., 

n«  770  bis,) 

Très  bel  exemplaire  sur  vki.in. 


LITUlKiiK.  123 

89.  Ces  presêtes  heures  a  lusaige  de  AMIES  :  tout  ||au  lôg  sans 
reqre  ont  este  fa  ides  pour  Simo  vo\\stre.  Libraire...  (Mar- 
que de  Ph.  Pigouchet.)  5'.r/.(alman.  de  i5oi  à  i52o).  In-8, 
gotlî.;  mar.  La  Vallière,  compart.  à  froid,  tr.  dor.  et  cis. 

Éditipn  ornée  de  quinze  grandes  figures.  (Didot,  Cat,  rais.,  n«  777.) 
Exemplaire  sur  vélix,  le  seul  cil6  par  Brunci,  avec  figures  enluminées 
et  initiales  en  or  et  couleurs.  Les  deux  derniers  fl'.  ont  souffert. 

90.  Ces  présentes  heures  a  lusaige  de  LION  au  long  sans  ||  re- 
quérir o/ft  este  faictes  pour  Simon  vostre:  Libraire  (le\\moU' 
rant  a  Paris.  (Non)  et  marque  de  Ph.  Pigouchet.)  S.  d,  (al- 
man.  de  i5o2  à  i52o).  In-8,  goth.,  sign.  a — m;  mar.  La 
Vallière, compart.  àfroid,  tr.  dor. 

Édition  non  di-xrite,  ornée  de  quinze  grandes  figures  et  de  plusieurs 
petites,  avec  encadrements.  (Didot,  Qai.  rais,,  n°  770.) 

Magnifique  exemplaire  sur  vklin,  avec  initiales  en  or  et  couleurs. 

SIMON  VOSTRE,   SGul. 

91.  Hore  béate  marie  secundû  vsum  Romanum  cum  iMiusH 
miraculis  vna  cum  figuris  apocahpsis  post  hiblie  figuHras 
insertis.  (Marque  de  Simon  Vosire.)  (Au  v^dudern.  ï.\)Einit 
(sic,  pour  Finit)  officia  btêmarie^irginis  scdni  vsu  Hornanu.. 
Impssu  parisiis  ^iino  dni  millesinio  qingetesirno  septimo 
(ibo'j).  vhima  die  mësis  Junii.  Opéra.  Symoinis  vostre. 
Io-8,  de  I02  ff.;  mar.  rouge,  ornem.,  comp.  et  tr.  dor. 
[anc.  reL). 

«  Édition  non  décrite.  Ce  précieux  livre  d'Heures,  qui  contient  quinze 
grandes  gravures,  sans  compter  la  marque  et  Tliomme  anatomique,  et 
plusieurs  petites  enluminées  avec  soin,  et  dont  les  pages  sont  encadrées 
de  bordures  dans  lesquelles  on  remarque  l'histoire  de  l'Ancien  et  du  Nou- 
veau Testament,  et  la  Danse  des  morts,  est  surtout  remarquable  pai'  la 
souscription,  qui  enlève  toute  espèce  de  doute  sur  la  part  qu'a  prise  Simon 
Vostre  à  l'exécution  des  gravures  des  Heures  qu'il  a  publiées.  Il  présente,  . 
en  outre,  cette  particularité  qu'il  est  imprimé  en  lettres  rondes.  »  (Didot, 
Cat.  rais.,  n^  780.) 

Exemplaire  sur  vkllx.  En  tête,  sur  un  f.  blanc,  on  a  peint  des  armoi- 
ries, au  bas  desquelles  on  lit  :  A  madame  de  Pontos.  Toutes  les  initiales 
et  les  alinéas  du  livre  sont  peints  en  couleurs  et  rehaussés  d'or. 

NICOLAS   HIGMAN   pOUF  SIMON  VOSTRE. 

92.  Las  Horas  de  nuestra  senora  con  muchos  j|  otros  offiçios 
y  oraçiones  Impressas  en  Paris  (vers  1 5o7).  (Au  v"  du  dern. 


124  THÉOLOGIE. 

f.  :  )  Fenescen  las  Iwras...  impressas  en  Paris  por  Nicolew 
Higmà.  par  el  Symon  ^oestre...  In-8,  golh.  de  119  ff.; 
mar.  La  Vallière,  compart.  à  froid,  tr.  dor.  [Lorlic). 

Édition  non  décrite,  ornée  de  seize  grandes  gravures  et  ayant  des  pages 
encadrées  de  petites  bordures  qui  ne  sont  plus  celles  des  précédentes  édi- 
tions de  Simon  Vostre.  (Didot,  Cat,  rais,,  n*>  784.) 

Très  bel  exemplaire,  sur  papier. 

93.  Ces  présentes  heures  a  lusaige  DAUTUN  au  ||  long  sans  re- 
quérir :  auec  les  figures  t  signes  de  j  lapocalipse,  les  acci- 
(iens  de  Ihôme,  les  miracles  ||  nostredame  :  t  plusieurs  hys- 
toires  de  nouueau  ||adioustées  :  ont  este  imprimées  a  Paris 
par  Ni^colas  Higmà  :  pour  Symô  Vostre  libraire...  S.  d. 
(alman.de  iSiiià  r53o).  In-4,goth.,de  1 16  (f.;  vélin  blanc 
comp.  et  orn.,  tr.  dor.  {anc.  rel.). 

Édition  extrêmement  rare  et  non  décrite.  «  Les  grandes  figures  sont 
au  nombre  de  vingt,  et  tout  à  fait  différentes  de  celles  en  petit  format  ; 
leur  grandeur  a  nécessité  la  suppression  des  bordures  dans  les  pages  qui 
les  renferment.  Il  y  a  aussi  plusieurs  petites  figures.  Les  Accidenté  de 
Vhommey  annoncés  dans  le  titre  de  ce  livre,  sont  26  petits  sujets  analogues 
à  la  Danse  des  morts,  et  placés  immédiatement  après  cette  suite.  Ce  vo- 
lume est  très  important:  il  s'y  trouve  des  sujets  nouveaux  et  des  légendes 
très  intéressantes  qui  ne  se  rencontrent  pas  ailleurs.  »  (Didot.  Cat.  raU., 
n»  784.) 

Magnifique  exemplaire  sur  vélin,  haut  de  212  mill. 

Marque  seule  de  simon  vostre. 

94.  Ces  psentes  heures  a  lusaige  de  Rome...  ont  este  îprimees 
pour  Symon  Vostre  Libraire  :  demouràt  a  Paris  a  la  rue 
neuue  (sur  le  titre^  les  deux  léopards  de  la  marque  de  Si- 
mon Vostre.)  6\  é/,  (alttian.  de  i5o6à  i52o).  Iu-8,  goth.; 
mar.  rouge,  compart.  en  mos.,  tr.  dor.  {rel.  du  XVIlPs.). 

Cette  édition  contient  seize  planches  de  la  seconde  manière,  plus 
grandes  et  plus  belles  que  celles  des  Heures  imprimées  par  PigoacÂiet. 
Dans  les  bordures,  la  Danse  des  morts.  (Didot,  Cat.  rais,,  n*  786.) 

Très-bel  exemplaire  sur  vélin.  Haut.:  180  mill. 

95.  Ces  presêtes  heures  a  lusaige  de  XAINTES  (Saintes)  au  || 
long  sans  requérir  ont  este  faictes pour  Simon\\  Vostre  li^ 
braire,..  S.  d.  (alman.  de  1607  à  1527).  Pet.  in--8|  goth»; 
mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor. 

«  Cette  édition  contient  dix-huit  grandes  figures,  dont  plosieun  sont 
différentes  de  colles  qui  se  trouvent  ordinairement,  comme  par  eZjSiDple 


LITURGIE:  125 

l'avant-dernière,  qai  nous  paraît  être  une  miniature  faite  exprès  pour 
l'exemplaire,  et  qui  porte  une  inscription,  et  au-dessous  le  chiffre  A.  P. 
en  or  sur  fond  d'azur.  Ce  chiffre  se  voit  aussi  sur  le  titre  où  il  remplace 
le  nom  de  Vostre,  de  môme  que  l'inscription  :  M.  Amateur  :  Blandi,  peinte 
en  or,  remplace  le  nom  de  l'imprimeur.  Dans  les  bordures  ily  al65  sujets 
de  la  Danse  des  morts  et,  à  la  fin,  les  Miracles  de  Nostre  Dame,  avec  les 
quatrains  français.  »  (Didot,  Cat,  rais,,  n«  787.) 

Très  bel  exemplaire  sur  vélin  ;  les  figures  sont  enluminées  avec  beau- 
coup d'art. 

96.  Ces  presêtes  heures  a  lusaige  de  CABRAY  au  lôg  sans  |  re- 
quérir Il  ont  este  imprimées  pour  Symon  vostre  Libraire.  S.  d. 
(alman.  de  ï5o7-i528).  In-8,  goth.;  veau  racine  [anc,  rel.). 

u  Vingt  et  une  grandes  gravures  et  encadrements  variés.  Cette  édi- 
tion, inconnue  jusqu'à prt^sent,  provient  de  la  bibliothèque  de  M.  Dinaux, 
qui  toute  sa  vie  s'est  occupé  de  réunir  les  livres  concernant  le  nord  de 
la  France.  Elle  est  rarissime  et  regardée  comme  UNIQUE.  »  (Didot,  Cat, 
rais,,  n»  788.) 

Mg"^  le  duc  de  Parme  possède  un  exemplaire  incomplet  d'une  édition 
qui  est  presque  identique  avec  celle-ci. 

Très-bel  exemplaire  sur  vélin. 

97.  Ces  présentes  heures  à  lusaige  de  ROUAN  au  ||  long  sans 
requérir...  ont  este  imprimées  pour  Symon  \  vostre  Libraire: 
demourant  a  Paris.  S.  d.  (alman.  de  i5o8  à  iSaS).  In-4, 
golh.;  veau  olive,  compart.  et  ornem.  à  froid,  tr,  dor. 

Cette  magnifique  édition  des  Grandes  Heures  de  S.  Vostre  contient 
vingt-cinq  grandes  planches  sur  bois  et  des  bordures.  (Pour  les  détails, 
voir  Didot,  Qai,  rais,,  n°  789.) 

Superbe  exemplaire  sur  papier,  réglé  et  avec  témoins,  haut  de  250  mill. 
Il  provient  de  la  vente  Pieters. 

98.  Hore  béate  marie  v'ginissecundùvsùroma  |num... (marque 
et  nom  de  Simon  Vostre).  ^S".  d.  (alman.  de  i5o8  à  iSaS). 
In-  4,  goth.,  de 88  ff.;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  (^anc,  rel.). 

Ces  belles  heures  contiennent  vingt  grandes  planches  (non  compris  le 
frontispice  et  l'homme  anatomique).  Le  dernier  f.  donne  la  table  de  ces 
présentes  heures,  finissant  par  VOraison  du  Saint  Sépulcre.  (Didot,  Cat,  rais,, 
n«  790.) 

Magnifique  exemplaire  sur  vélin.  Les  grandes  planches  et  les  initiales 
sont  enluminées  avec  le  plus  grand  soin  et  rehaussées  d'or.  Hauteur  : 
227  mill. 

99.  Ces  présentes  heures  a  lusaige  ||  DAGIERS  sont  au  lOg 
sans  requérir  (marque  et  nom  de  Simon  Vostre).  S.  d.  (al- 


lâti  TllKOLOGlK 

mail,  de  i5ioà  i53o).  In-8,  goth.,  de  i32  (T.;  mar.  rouge, 
riches  ornem.  sur  les  plats,  doublé  de  tabis,  tr.  dor.  (rel, 

du  xnir  sX 

Édition  de  toute  rareté. 

«  C'est  un  des  livres  de  Simon  Vostre  le  plus  richement  ornés.  Il  ren- 
ferme vingt  et  une  grandes  figures  de  la  seconde  manière,  c'est-à-dire  un 
peu  plus  germaniques  que  celles  imprimées  par  Pigouchet,  plus  un  cer- 
tain nombre  de  vignettes  initiales.  >>  (Didot,  Cat»  rais.,  b9  791.) 

Très  bel  exemplaire  sur  vklin. 

100.  Ces  présentes  heures  a  lusage  de  LAN  ||  GRES...  ont  este 
\\f aides  a  Paris  pour  Syrnon  vostre  libraire:^  demeurât  a  la 
rue  neuf ue:  près  la  grcmt  église.  S.  d.  (alman.  de  i5i2à 
i53o).  in-/|,  goth.,  de  roi  ff.  (le  f.  aii  manque);  mar.  noir, 
fil.  à  froid,  tr.  dor. 

Édition  de  toute  rareté,  dont  Brunet  ne  cite  aucune  adjudication.  Elle 
est  ornée  de  vingt  grandes  fîgures,  les  mômes  que  dans  le  u®  précédent, 
et  de  plusieurs  petites  ainsi  que  de  bordures.  (Didot,  Cat,  rais,,  n^  702.  i 

Très  bel  exemplaire  sur  papier. 

101 .  Ces  présentes  heures  à  lusaîge  de  LION...  ont  este  faictes 
a  Paris  pour  Synion  vo\  sire  libraire.,.,  S.  d.  (almaD.  de 
i5i3  à  i53o).  ln-4,  goth.,  de  ïoo  ff.;  mar.  violet,  fil.  à 
froid,  tr.  dor. 

Édition  extrêmement  rare.  On  y  trouve  dix-neuf  grandes  plauches, 
plusieurs  petites  et  deux  moyennes  dont  la  seconde  porte  un  monogramme 
(îomposé  (les  lettres  A  B  V.  (Didot,  Cat,  rais,,  n«  723.) 

Très  bel  exemplaire  sur  papier. 

102.  Ces  psentes  heures  a  lusaige  de  AMIENS...  ont  este  faictes 
a  Paris  :  pour  Siniô\\vostre  dernouràt  en  la  rue  netrfue  nte 
dame.  S.  d.  (alman.  de  i  ji3  à  i53o).  In-8,  goth.;  veau  éc, 
ni.(a//6'.  rel.). 

Cette  édition,  dont  Brunet  n'a  connu  que  le  présent  exemplaire, 
renftu'ine  dix-huit  planches  plus  /rrandes  et  presque  généralement  plus 
Ix^lles  que  dans  les  éditions  antérieures  à  celle-ci.  «  C'est  dans  cette  édi- 
tion que  paraissent  pour  la  premi^in;  fois  les  trois  compositions  attnbaées 
par  Renouvier  et  M.  Bernard  à  Geoffroy  Tory,  et  dont  la  première  porte 
im  G  gothique  et  les  deux  autres  la  marque  GF.  La  troisième,  la  C^reom* 
cision,  est  bien  composée  et  linement  gravée,  mais  elle  ne  porte  nallement 
les  caractères  du  desshi  de  l'artiste  tourangeau.  Ce  sont  ces  Heures  qui 
constitueraient  la  troisième  manière  de  Simon  Vostre  indiqaèe  par  Re- 
nouvier. >)  (Didot,  Cat,  rais,,  n«  704.) 

Très  bel  exemplaire  sur  v(^:li.\. 


LITUH(ili:.  1-27 


ANTOINE   VEÏLVRD. 

103.  (Heures  à  Tusage  de  ROUEN.)  A  la  louenge  de  dieu  de 
sa  tressaincte  erfiglorieuse  mère,  et  a  ledification  de  tous 
bôsjl catholiques yA//'<?/i^  commencées  ces  presen-W  tes  heures 
par  le  cômarulemêt  du  roy  noslre\\sire  pour  àlhoine  ve-^ 
rard libraire  deniouràt  a\\/)nris  sur  le  pont  nostre\\danie  a 
lymage  saint\\iehan  leuangeliste  ou  au  palays  au  premier\\ 
pilier  deuant  la  chapelle  ou  len  (sic)  chante  la  mes^se  de 
nœsseigneurs  les  presidens.  (Au-dessus  de  ce  titre,  deux 
stances,  Tune  de  cinq  vers  commençant  par  :  lesus  soit  en 
ma  testey  etc.,  et  Tautre,  de  quatre  vers  :  Qui  du  tout  son 
cueur,  etc.)  *.V.  d.  (alman.  de  1^88  à  i5()8).  2  part,  in-4, 
goth.,  de  84  et  78  ff.,  sign.  A-B,  aa-Jf,,  à,  ê,  p,  y),  et  A-C, 
A-G,  par  4,  f>  et  8  ff.;  mar.  brun,  riches  compart.  en  mo- 
saïque à  la  Grolier,  en  mar.  pourpre  et  noir;  doublé  de 
mar.  rouge  ancien,  dent,  en  mosaïque,  tr.  dor.  [Cape). 

Édition  NON  DÉCRITE  de  ces  Heures  précieuses,  dites  Grandes  Heures  de 
Vérard,  M.  H.  Bordes,  qui  a  consacré  à  ce  volunft  une  note  dans  le  cata- 
logue de  sa  collection,  note  reproduite  dans  celui  de  Benzon  (n°  25),  a  cru 
que  le  présent  exemplaire  appartenait  à  l'une  des  deux  éditions  longuement, 
mais  encore  insuffisamment  décrites  par  Brunet  (t.  V,  col.  1600-1602),  la 
première  d'après  l'exemplaire  de  la  Bibliothèque  nationale,  la  seconde, 
d'après  celui  de  la  Bibliothèque  Mazarinc,  les  seuls  complets  qu'on  con- 
naisse. Il  n'en  est  rien,  et  notre  exemplaire  est  d'une  édition  sensiblement 
différente  de  toutes  les  autres  de  ces  Grandes  Heures,  non-seulement  par 
une  disposition  du  titre  légèrement  modifiée  et  par  le  nombre  de  feuillets 
dont  se  composent  ses  deux  parties;  non-seulement  par  le  nombre  de 
grandes  gravures  sur  bois  et  la  nature  de  leurs  sujets ,  mais  aussi  par  sou 
texte  et  sa  destination  spéciale.  La  première  partie  est  ornée  de  seize  (et 
non  treize)  grandes  gravures  (non  compris  celle  de  V Acteur,  au  v^  du 
I®'  f.),  dont  deux  se  répètent,  ce  qui  les  réduit  à  quatorze  sujets.  Douze  de 
ces  sujets  sont  les  mêmes  que  ceux  des  douze  premières  gravures  de 
l'exemplaire  de  la  Bibliothèque  Mazarine,  dont  Brunet  a  donné  la  liste; 
les  deux  autres  :  la  Renconti*e  de  Joachim  et  d'Anne  à  la  porte  dorée  et  la 
Nativité  sont  nouveaux.  La  seconde  partie  (Suffragia  plunmorum  sanc- 
torum)  compte  cent  trente  petites  figures.  Les  bordures,  très  larges,  sont 
t^omposées  de  sujets  presque  au  trait.  Toutes  ces  gravures  sont  du  style  le 
plus  archaïque  qu'on  ait  rencontré  dans  les  Heures  de  Paris.  A  la  dernière 
page,  est  la  grande  marque  de  Vérai^d,  avec  un  huitain  au-dessous.  Dans 
la  collection  Benzon  se  trouvait  au^si  un  autre  exemplaire  des  Grandes 
Heures  de  Vérard,  celui-là  sur  véfin  ;  il  comptait  90  et  78  ff.,  et  appartenait, 
comme  nous  l'avons  constaté,  surtout  pour  la  première  partie,  à  une  édi- 
.  tion  bien  différente  de  celle  que  nous  décrivons;  contrairement  à  Topinion 
émise  par  le  rédacteur  du  catalogue. 

Mais  la  particularité  la  plus  intéressante,  qui  avait  échappé  à  l'auteur 


I2S  THEOLOGIE. 

de  la  note  inentionnôe  ci-dessus,  c'est  la  destination  spéciale  de  notre 
édition.  Tandis  que  les  autres  éditions  connues  de  ces  Grandes  Heures 
sont  soit  à  l'usage  de  Rome,  soit  à  celui  de  Paris  (c'est  ce  dernier  titre 
que  le  relieur  a  imprimé  sur  le  plat  de  ce  volume,  titre  que  nous  ayons 
fait  modifier),  la  nôtre  est  a  l'usage  de  ROUEN.  En  effet,  au  verso  du 
i«'  f.  du  cah.  aa,  au  bas  de  la  grande  gravure  représentant  la  Création 
d'Èvc,  on  lit  ce  titre  pour  les  Heures  de  la  Vierge  qui  suivent  :  Incipiunt 
hore  intemerii'Wtfi  virginis  marie  secun(lû\\vsum  Rot^omagensem.  On  n'en 
connaît  pas  d'autre  exemplaire. 

Bien  qu'on  ait  ignoré  toutes  ces  particularités,  qui  augmentent  consi- 
dérablement l'intérêt  de  notre  volume,  il  n'a  pu  être  acquis  par  M.  Didot 
à  la  vente  Benzon  (1875)  au-dessous  de  4,000  fr.,  et  il  doit  cette  enchère, 
déjà  élevée,  à  sa  conservation  exceptionnelle.  C'est,  en  effet,  le  plus  grand 
(il  porte  252  millim.  de  haut.)  et  le  plus  beau  (malgré  quelques  légers 
raccommodages)  de  tous  les  exemplaires  connus  des  Grandes  Heures  de 
Vérard;  le  tirage  est  d'une  pureté  parfaite.  Toutes  les  initiales  sont 
peintes  à  la  main,  en  bleu  et  en  rouge;  souvent  elles  sont  soigneusement 
enluminées  en  or  et  couleurs.  A  deux  endroits  du  volume  (2*  f.  r*  du 
cah.  aa,  et  4"  f.  r<>  du  cah.  ce),  se  trouve,  dans  la  bordure,  un  écusson  peint 
avec  les  initiales  lA  entrelacées;  à  la  première  page  de  la  seconde  partie» 
on  voit  un  écusson  semblable,  de  la  même  main,  mais  avec  les  ini- 
tiales IB.  • 

104.  A  la  louenge  de  dieu  de  sa  tressaincte  et||g1orieuse  mère, 
^  a  ledification  de  tous  bons  ||  catholiques yï/re/i/  cô/necees 
CCS  prcsèles  heu  |I  res  pour  Anthoinc  verard  libraire. . .  (Cette 
suscriptioii  est  précédée  de  six  vers  français  :  tesus  soit  en 
ma  leste  et  mon  entemlement,  etc.)  S.  d.  (alman.  de  i488 
à  i5o8).  Pet.  in-4,  goth.,  de  iia  ff.;  mar.  rouge,  fil.  à 
comp.,  tr.  dor.  {re/.  angL). 

«  Ces  Heures  diffèrent  complètement  des  précédentes  par  leur  stjie  et 
Ton  y  découvre  au  premier  coup  d'œil  l'inlluence  de  la  publication  des 
belles  bordures  de  Simon  Vostre.  Elles  doivent  sortir  des  presses  d*Ëtienne 
Janot.  »  (Pour  plus  de  détails,  voir  Didot,  Cat.  rais.,  n»  799.) 

Très  bel  exemplaire  sur  vélin,  le  seul  cité  par  Bmnet.  Toutes  les 
grandes  planches  et  les  initiales  sont  enluminées  avec  beaucoup  d'ha- 
bileté. Haut.  :  200  millim. 

105.  (Heures  à  Tusage  de  Rome.)  (Au  r®  du  dern.  f.  :)  Ces pre- 
sentes  heures  a  lu\\sage  de  Home  furent  ache\^uees  le xx. 
iour  de  Januier.\\Lan  M, CCCC C  {iSoo).  In-8,  goth.,  de 
124  ff.;  veau  brun,  orneiQ.  au  centre  des  plats,  avec  les 
lelires  IM  au  milieu,  Ir.  dor.  (anc.  rel.). 

«  Édition  non  décrite.  Ces  Heures  doivent  être  de  Verard,  quoiqu'on 
n'y  trouve  ni  marque  ni  nom.  La  plupart  des  grandes  figures,  au  nombre 
de  quinze,  sont  composées  d'après  S.  Vostre.  La  Danse  des  mortSi  dans 


LITURGIE.  129 

les  encadrements,  n'est  représentée  que  par  trois  sujets  (le  pape,  Vempe- 
reur  et  le  cardinal),  deux  fois  reproduits.  »  (Didot,  Cat,  rais,,  n^  804). 
Très  bel  exemplaire  sur  vélin. 

^  JEAN   DU   PRÉ. 

106.  Hore  be{{ate  ma||rie  virgînîs  se||cundum  vsuin||Ll]G- 
DUNENSEM.  (\  fa  fin  :)  Cy  finissent  les  heures  de  nfe\\ 
dame  a  luscv^ede  Lyon  Impri\\  rnees  a  Paris.  S.  d.  (alman. 
de  1491  à  i52o).  Pet.  in-8,  goth.;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor. 
[reL  du  Xyill'  s.). 

«  Ces  Heures,  dont  le  nom  de  l'imprimeur  paraît  avoir  été  gratté,  sont 
fort  rares,  et  elles  méritent  d'être  connues  parce  que,  pour  l'ornementa- 
tion, elles  ne  ressemblent  à  aucune  autre  de  la  même  époque;  elles  sont 
ornées  de  quinze  grandes  gravures.  Parmi  ces  grandes  planches,  qui  sont 
assez  bien  dessinées  et  soigneusement  gravées,  on  en  remarque  deux  qui 
ont  déjà  été  employées  dans  les  Heures  à  Vusage  de  Kome,  imprimées  par 
Jehan  du  Pré,  en  1488,  dont  les  bordures  sont  gravées  en  relief  sur  cuivre. 
Le  style  archaïque  des  encadrements  sur  fond  noir,  imité  d'anciens  ma- 
nuscrits, donne  à  ce  précieux  volume  un  caractère  tout  particulier.  » 
(Didot,  Cat,  rais,,  n^  811.) 

Très  bel  exemplaire  sur  vélin,  le  seul  connu  do  Brunet. 

ULRIC   GERING. 

107.  (Horaî  béate  Virginis  Marie  ad  usum  Parisiensem.  Pari- 
siuSy  U.  GeriiigyW.  i49^)-  In-8,  goth,,  de  1 16  ff,,  sign.  a-o; 
mar.  noir,  tr.  dor.  (anc.  rel,). 

Édition  non  décrite.  On  peut  regarder  ce  livre  comme  un  des  chefs- 
d'œuvre  de  la  typographie  parisienne,  pour  la  beauté  et  la  régularité  des 
types,  ainsi  que  pour  la  perfection  du  tirage  ;  on  y  remarque  surtout  la 
grande  habileté  avec  laquelle  deux  caractères  de  grosseur  différente  ont 
été  fondus  sur  le  même  corps  pour  éviter  les  parangonnages. 

Dans  le  présent  exemplaire,  auquel  on  a  voulu  donner  l'apparence 
d'un  manuscrit,  on  a  soigneusement  gratté  le  titre  ainsi  que  la  souscrip- 
tion finale,  de  sorte  qu'il  n'était  point  facile  au  premier  abord  de  déter- 
miner avec  certitude  de  quelles  presses  ce  beau  livre  d'Heures  était  sorti. 
Le  rédacteur  du  catalogue  de  la  collection  de  la  duchesse  de  Berry,  d'où 
».  provient  ce  volume  (n<>  34),  n'a  prononcé  aucun  nom  d'imprimeur. 
M.  Didot  [Cat,  rais.,  n°  812),  ayant  constaté  que  les  gros  caractères  étaient 
les  mêmes  que  ceux  qui  ont  servi  au  Missel  à  l'usage  d'Utrecht,  imprimé 
à  Paris,  en  1  i97,  par  Wolfgang  Hopyl  (voir  le  n°  75),  a  cru  pouvoir  aussi 
attribuer  au  même  typographe  le  livre  qui  nous  occupe.  Or  Hopyl  tenait 
ces  beaux  caractères  du  premier  imprimeur  de  la  ville  de  Paris,  d'Ulric 
Gering,  dont  il  fut  lo  successeur,  et  nous  pouvons  affirmer  que  l'impres- 


130  THEOLOGIE. 

siuii  de  CCS  Heures  esl  du<.'  entièrement  et  exclusivement  À  Gering.  En  effet, 
malgré  le  soin  qu*ûn  a  mis  à  gratter  dans  cet  exemplaire  la  souscription 
finale,  composée  de  six  lignks,  on  y  distingue  encore,  k  la  fin  de  la  qua- 
trième ligne  et  au  commencement  de  la  suivante,  le  mot  :  ge  ||  ring,  de 
même  qu'on  peut  lire  à  la  première  :  béate  Mane  virginis,  et  à  la  dernière  : 
décima  octobris.  Cette  édition  ne  se  trouvant  dans  aucune  des  biblio- 
thèques de  Paris,  il  ne  nous  a  pas  été  possible  de  restituer  en  entier  cette 
souscription  et  surtout  d(^  connaître  la  date  qui  y  est  exprimée,  et  qui  est 
peut-être  antérieure  à  liOi.  Brunet  ne  cite  aucune  édition  d*Hcnres  de 
(iering  seul,  et  il  n*en  mentionne  que  trois  mises  au  jour  par  celui*ci  et  son 
associé  Berchtold  Rembolt  :  Tune  datée  de  1494,  dont  un  exemplaire  se 
trouverait  à  la  bibl.  de  Munich;  une  autre  datée  du  7  mars  i498  [I499d. 
st.];  une  troisième,  de  1502(20  mai);  la  date  de  la  première  de  ces 
éditions  (citée  d'après  une  mention  rapide  de  Van  Pra6t)  aurait  besoin 
d'être  vérifiée.  Nous  connaissons  encon»  une  édition  de  i497  [1498  n.  sl«] 
due  à  Gering  seul  {,.,Oj)a  vdalrici\\gcrXy.  Anno  diii  millesimo  ccccxixij,\\ 
die  vcro  se2)titfio  Marcij),  particularité  curieuse  qui  semble  prouver  qu'il  y 
a  eu  une  interruption  dans  l'association  de  Goring  avec  B.  Rembolt,  asso- 
ciation remontant  à  1494.  Notre  édition  nous  parait  être  la  plus  aneicune 
de  toutes  celles  qu'on  connaît  actuellement;  elle  contient  un  almanach  de 
1490  à  1508. 

Le  titre,  gratté,  se  composait  de  quatre  lignes.  Le  commencement  des 
deux  premières,  imprimées  en  gros  caractères  et  en  rouge,  est  facile  à 
déchiffrer;  on  y  lit  ;  Jlore  béate  lfa||ric  virginis  advsum  [*t  parisicnsem]. 
Les  deux  suivantes,  imprimées  en  noir,  sont  illisibles;  le  premier  mot 
paraît  être  :  Impressc...  Cette  édition  n'a  dû  être  imprimée  qu'à  très  pou 
d'exemplaires,  réservés  pour  de  hauts  personnages;  son  exécution  a  dA 
être  très  coûteuse.  Pour  lui  donner,  comme  nous  l'avons  dit,  Tapparencc 
d'un  manuscrit,  on  a  ménagé  la  place  pour  dix-sept  grandes  minviturts 
qui  sont  fort  bien  pointes  dans  notre  exemplaire,  de  même  que  les  bor- 
dures variées  qui  entourent  toutes  les  pages  sans  exception,  et  où  Ton 
trouve  encore  quarante-sept  petites  miniatures.  Ce  qui  augmente  considé- 
rablement son  intérêt,  c^est  que  chaque  bordure  renferme  un  monogramme 
composé  des  lettres  ÂNE  (Anne)  souvent  répété  plusieurs  fois  dans  la 
même  page  et  accompagné  de  fleurs  de  lis  d'or  sur  champ  d*aznr.  Ce 
monogramme,  ])resque  identique  avec  celui  qu'on  trouve  dans  notre  beau 
manuscrit  d'Heures  ayant  appartenu  à  la  reine  Anne  de  Bretagne,  et  que 
nous  avons  décrit  plus  haut  (n<>28),  semblerait  indiquer  que  le  présent  yo- 
lume  a  été  fait  pour  la  même  princesse.  La  miniature  placée  au  r*  du 
f.  6m  représente  une  dame  en  prière  dans  son  oratoire;  elle  est  Tètoe 
d'une  robe  écarlate,  à  manches  garnies  de  noir,  et  avec  la  cometta  de 
même  couleur.  Ge  costume  ressemble  beaucoup  à  celui  avec,  lequel  on  re- 
présente la  reine  Anne  ;  toutefois,  comme  l'hermine,  son  emblème  favori, 
n'y  figure  pas  une  seule  fois,  on  est  plutôt  porté  à  croire  que  ce  riche 
volume  a  appartenu  h  Annk  de  Braujku,  régente  de  France  pendant  la 
minorité  de  Gharles  VIII,  et  plus  tard  beile-sœur  d'Anne  de  Bretagne. 

Superbe  exemplaire  sur  vklin,  probablement  UNIQUE. 


LITURGIE.  131 


LES   KERYER. 

108.  Horse  întemerate  Vgîs  Ma|jrîe  secundù  usum  Romanù... 
(A  la  fin  :  )  Ces  présentes  heures  a  /iisasfe  r/e  l\ô me  furent 
acheuees  le  Xi'.  lotir  de  liiillet  Lan  M,  CCCC.  iiiixx  (C  Xi'ii 
(i/lQ-y)  j>  Malstre  lehà  philippe  pour  Thielmà  Keruer,  Li- 
braire... In-8,  golh.;  mar.  rouge,  fil,  à  fr.,  Ir.  dor. 

L'une  des  plus  anciennes  éditions  données  par  Kerver;  elle  est  fort 
rare.  On  y  trouve  seize  grandes  figures,  trente-quatre  petites,  et  des  bor- 
dures historiées.  (Didot,  Cat,  rais.,  n°  814.) 

Très  bel  exemplaire  sur  vélin. 

109.  Hore  béate  Marie  ad  usum  CABILONE3EM||adlongum  cum 
plurimis  orationibus.  (A  la  fin  ;  )  Ces  présentes  heures  furet 
nche\\uees  le,  viL  iour  de  Octobre  Lan  Mil.  CCCC.  iiiixx 
et  xix  (1499)  ^'"'  Il  Thirlmà  Keruer  pour  Hugues  Pa\]geot 
libraire  demourant  a  dis  ion  [\)\]6ï\).   In-8,  goth.;  veau.  gr. 

.<  Ces  Heures,  à  l'usage  de  CHALON-SUR-SAONE,  sont  fort  rares.  Elles 
contiennent  seize  grandes  planches,  plusieurs  petites  et  des  entourages  à 
chaque  page.  Cette  belle  édition,  fort  bien  imprimée,  est  décrite  sous  le 
n®  164  de  la  notice  de  M.  Brunet,  d'après  un  catalogue  de  la  librairie 
Techener,  mais  sous  un  titre  français.  »  (Didot,  Cat,  rais,,  n°  816.) 

Une  notice  développée  et  d'un  grand  intérêt  axL  point  de  vue  icono- 
graphique, a  été  consacrée  à  ces  Heures  par  M.  Anatole  Aies,  dans  le  Ca- 
talogue raisonné  de  la  collection  de:*  livres  de  liturgie  faisant  partie  de  la 
riche  bibliothèque  de  S.  A.  R.  Ms'  le  duc  de  Parme  {Bibliothèque  litur- 
gique; Paris,  1878;  in-8;  n"  37).  Ce  beau  travail,  que  nous  avons  déjà  cité 
et  auquel  il  faudra  recourir  chaque  fois  qu'il  s'agira  des  livres  de  liturgie, 
est  conçu  sur  un  plan  original,  et  fait  honneur  à  la  bibliographie  fran- 
çaise. Nous  regrettons  qu'étant  tiré  seulement  à  150  ex.,  dont  aucun  n'a 
été  mis  dans  le  commerce,  il  soit  si  peu  à  la  portée  des  bibliographes  et 
des  iconophiles. 

Notre  exemplaire,  sur  papier,  est  fort  beau. 


TlUELMAN   KERVER  pOUr   GUILLAUME   EUSTACE. 

110.  Hore  întemerate  virginis  marie  secundû  ||  vsum  Roma- 
nù... (Marque  de  G.  E.  (Guillaume  Eustace).  Au  v*  du 
dern.  (.  :)  Ces  présentes  heures  a  lusaige  de  Rome  ||  furet 
•  nclieuees  le.  .n^.  iour  de  Mars  ian  mil  ^  cinq  cens  (i5oo; 
i5oi  n.  st.)  par  Thielman  keruer.  Pet.  in-4,  de  116  ff,; 
mar.  rouge^  riches  compart.  sur  les  plats,  doublé  de  mar. 
LaVallière,  avec  ornem.  en  moMïque,  tr.  dor.  et  cis.  {Loriic). 


132  THÉOLOGIE. 

Dix-huit  grandes  figures,  en  grande  partie  les  mêmes  qa'au  numéro 
précédent. 

«  Ces  Heures  sont  curieuses  non-seulement  pour  leur  exécution,  leur 
belle  conservation  et  leur  ancienneté,  mais  encore  par  un  petit  traité  de 
Jean  Quentin,  pénitencier  de  Paris,  intitulé  :  VExamende  conscience,  etc., 
qui  se  trouve  à  la  fin.  Il  contient  des  détails  d*une  étrange  précision  sur 
des  questions  délicates.  »  (Didot,  Cat,  mis,,  n^  817.) 

Magnifique  exemplaire  sur  très  beau  vélin,  le  seul  conna  de  Bnmet. 
Toutes  les  pages ,  sans  bordure ,  sont  réglées  et  soulignées  en  rouge  ; 
les  lettres  initiales,  ainsi  que  les  alinéas,  sont  peints  en  or  et  en 
couleurs. 

J 1 1 .  Ces  présentes  heures  a  lusaige  de  Paris  ||  sont  toutes  au 
long  sans  ries  requérir  aueq  ||  les  heures  saincte  geneuiefîie 
et  la  coinemo||ration  saint  Marcel  et  de  saint  Germain .  (Mar- 
que et  nom  de  Guillaume  Eustace  ;  au  v®  du  dern.  f,  :  )  Ces 
psenles  heures  a  lusaige  de  Paris  fu\\rent  acheuées  le  xx. 
iour  de  iuing  Lan  Mil.  \\  CCCCC.  (i5oo).  Par  Thielmà 
Keruer  pour  Guil\\laume  eustace^  etc.  Pet.  in-/|,  goth«,  de 
96  ff.;  mar.  rouge,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.  et  cis.  (^Duru). 

(c  Édition  non  décrite.  Dix^-scpt  grandes  gravures  dans  une  bordare 
sobre  et  d'un  goût  excellent.  La  i^^  est  celle  de  la  Mort,  Les  initiales  sont 
peintes  en  or  et  en  couleurs.  Les  pages  n*ont  point  de  bordures,  mais  sont 
encadrées  d'un  filet  d'or.  »  (Didot,  Cat,  rais,,  n«  818.) 

On  lit  à  la  fin  cette  note  manuscrite  :  Ces  présentes  Heures  apparHennit 
a  honorable  femme  Jehanne  Cocault  fème  de  honorable  home  Pierre  Johànes 
archer  de  la  garde  du  Roy  nfe  sire.  Qui  les  trouuerra  cy  les  rapporté  on  lui 
douera  le  vin. 

Superbe  exemplaire  sur  vélin,  haut  de  197  millira. 

• 

112.  Hore  intemerate  virginis  marie  secûdum  ||  vsum  Ro- 
manù...  (A  la  fin  :)  Ces psentes  heures  a  lusaige  de  RÔme 
fu\\rrnt  acheuées  le  xiiii.  iour  de  Nouembre,  Par)\  Thielmà 
Keruer  pour  Guillaume  eustace,.,  S.  d.  (alman.  de  i497  à 
iSao).  Pet.  in-4,  goth.,  de  96  ff.  ;  mar.  brun,  ornem.  en 
mosaïque,  tr.  dor.  [anc.  reL  à  la  Groller). 

Édition  non  décrite.  Quatorze  grandes  gravures  (la  14*  est  celle  de  la 
Mort)j  et  plusieurs  petites.  Les  pages  sans  gravures  n*ont  point  d'encadre- 
ments. (Didot,  Cat,  rais,,  n®  819.) 

Magnifique  exemplaire  sur  vélin.  Les  figures  ont  été  enlaminées  avec 
soin,  et  les  initiales  sont  peintes  on  or  et  en  couleurs.  Il  est  reréto d'une 
c.urioiise  reliure  du  \\l°  siècle,  dont  nous  donnons  une  reproduction  an 
catalogue  illustra'. 


LITURGIE.  133 


TUIELlfAN   KERVER  pOUr  GILLET   REMACLE. 

H  3.  Hore  intemerate  virginis  marie  secundû  ||  vsum  Roma- 
num  ciim  pluribus  oratiOibus  ||  tam  in  gallico  q^  in  latino. 
(Au  \®  du  dern.  f.  :)  Ces  présentes  heures  a  lusaige  de 
Rome  Wfurèl  acheuees  le  x.  four  de  làuier  Lan  A///||  cinq 
ces  et  trofs.  (i5o3;  i5o4  n.  st.).  Par  Thielman  Keruer.,. 
Pour  Gillel  Rernacle.  In-/|,  golh.;  mar.  brun  estampé,  tr. 
dor.  [rel.  du  temps). 

Cette  édition,  fort  rare,  contient  dix-huit  grandes  planches  et  des  enca-' 
drements,  les  mômes  que  dans  l'in-S  décrit  ci-dessus,  n^  109.  (Didot,  Càt. 
rais.,  n°  820.) 

Magnifique  exemplaire  sur  vélin,  avec  initiales  peintes.  Haut.  : 
223  millimètres. 

114.  Hore  diue  virginis  Marie  scdm  verum  vsum  Roma||num... 
(Au  v°  du  dern.  f.  :)  Finit  officia  béate  Marie  vginis 
scâtm  vsus  II  Romanu...  Impssu  Parisiis  anno  dni  Ali/le^ 
simo  gns^êtesimo  quarto.  (i5o4)  vi.  Kalendas  Âugusti. 
Opéra  \[  Thielmàni  Kcruer,..  Pet.  in-8,  lettres  rondes; 
mar.  rouge,  ornem.,  tr.  dor.  {anc,  rel.). 

«  Cette  édition  est  ornée  de  dix-huit  grandes  planches  (les  mêmes 
qu'au  numéro  précédent),  de  plusieurs  petites  et  d'encadrements.  On  y 
trouve  quatre  planches  qui  n'ont  pas  été  employées  dans  l'édition  de  1505. 
Ces  Heures  sont  fort  bien  imprimées  en  caractères  romains  que  Kerver 
déclare  être  siens,  et  peuvent  servir  de  type  pour  reconnaître  les  gravures 
appartenant  à  Thielman  Kerver.  »  (Didot,  Cat.  rais. y  n®  821.) 

Très  bel  exemplaire  sur  vélin. 

YOLANDE  BONHOMME,  veuvc  de  Thielman  Kerver. 

115.  Ces  présentes  heures  a  lusai||ge  de  Paris....  (Au  r^du 
dern.   f.    des  Heures  :  )  Cy  finissent  ces  .psentes  heures  a 

lusaige  de  Paris  y  nouuellemèt  imprimées par  la  veufue 

de  feu  Thielrnà  Keruer.,..  et  furent  acheuees  Lan  AI  il,  ccccc. 
xxij\  (i522)  le  Xi>j.  iour.  de  Feurier.  (Au  v**  du  dern.  f.  du 
cah.  r/a,  contenant  les  cômendationes  defunctorûy  on  lit  :  ) 
Les  recômandaces  des  trespasses  nouuellemèt  imprimées  a 
Paris  par  la  veufue  de  feu  Thielmà  keruer.  ...M.  cccccxxij 
(i522).  Gr.  in-8,  ouin-4,  goth.,  de  i3i  ff.,  groscaract.; 
mar.  olive,  doré  en  plein,  tr.  dor.  {rel.  duXI^P  s.). 

tt  Toutes  les  gravures  de  l'édition  de  septembre  1522  se  retrouvent 
dans  celle-ci,  moins  les  bordures.  Elle  contient  59  figures,  y  compris  celles 


iU  THÉOLOGIE. 

du  calendrier  et  les  armes  du  Rédempteur.  La  40^  et  la  4i*  représentent 
les  Trois  Morts  et  les  Trois  Vifs.  »  (Didot,  Cat.  rais.,  n?  82t.) 

Magnifique  exemplaire  sur  papier,  couvert  d'une  splendide  reliure 
genre  Eve,  dans  la  bordure  de  laquelle  se  trouvent  les  initiales  MA  et  4^ 
entrelacées,  ainsi  que  des  marguerites,*  etc.  Postérieurement,  on  a  fait 
frapper,  dans  les  médaillons  du  centre,  d'un  côté  le  mot  :  Agnès,  de 
Taulrc  :  de  la  Chappelk. 

116.  Heures  a  liisage  de  CHARTR.ES....  (Marque  et  nom  de 
Th.  Kerver,  et  la  date  M.  I).  AyV  (i556).  Au  r*  du  deru.  f. 
des  Heures  :)  ^  Paris  y  chez  loland  bonhomme^  etc.  In-8, 
gotli.,  terminé  par  trois  opuscules  ;  mar.  fauve,  riches  orn. 
en  mosaïque,  tr.  dor.  [reL  du  temps). 

Édition  fort  rare,  ornée  de  soixante  et  une  figures  sur  bois.  Point  de 
bordures.  (Didot,  Cat.  rais.,  n®  830.) 
Très  bel  exemplaire  sur  papier. 

LES   UARDOUIN. 

117.  (Heures  à  Tusage   de    Rome.)  (Au  v®  du  dern,  f.  :)  Ces 

présentes  heures  a  lusaige  de  Rome :  ont  este  imprimées 

a  Paris  par    Guillaume  anabnt pour  Giltel  hardouin 

libraire El  pour  germain  hardouin  libraire S.  d. 

(alman.de  i5oo  à  iSio).  In-8,goth.;  ais  de  bois  recouverts 
de  mar.  brun  estampeur  et  argent,  tr.  dor.,  fermoirs  en 
cuivre,  {rel.  du  XFP  s.). 

Relie  et  très  rare  édition.  «  H  y  a,  dans  le  volume,  dix-neaf  grandes 
miniatures  et  plusieurs  petites,  qui  sont  dans  le  texte.  La  17*  grande  mi- 
niature représente  la  Mort  à  cheval  sur  un  bœuf.  La  place  des  grandes 
miniatures  a  été  laissée  en  blanc  au  tirage.  Les  bordures  sur  bols  sont 
variées.  >»  (Didot,  Cat.  rais.,  n°  835.) 

Magnifique  exemplaire  sur  vélin,  revêtu  d'une  reliure  fort  originale. 

J18.  A  la  louengè  de  Dieu  de  sa  tressaincté  et  glo||rieuse 
mère....  furet  cOmêces  {sic)  ces  présentes  heures  A  lusai||ge 
de  Romme.  Pour  giilet  hardouin  libraire. ••  (Au-dessus,  les 
deux  strophes  :  Jésus  soit  en  ma  (este,  etc.  Au  v*  du  dern. 
f.)  :  Ces  présentes  heures  a  lusaige  de  Rom\ifne  ont-  este 
acheuees  A  paris  Le  xxiiii.  iour  de  ||  Nouembre.  txin  mil 
cinq  cens  et  trois  (i5o3.)  In-8,  goth.;  velours  violet,  tr. 
dor. 

M  Belle  édition  ornée  de  quinze  grandes  miniatures  et  de  TÎnglHMpt 
petites.  On  croit  que  ces  peintures,  dont  les  entourages  sont  d*iiiia  ezé- 


LITURGIE.  135 

cution  remarquable,  sont  l'œuvre  de  Germain  Hardouin,  in  arte  litterariœ 
picturœ  pentissimus.  »  (Didot,  Cat,  rais,,  n^  836.)  Voir  sur  ce  livre  une  ex- 
cellente notice  de  M.  A.  Aies,  dans  la  Bibliothèque  liturgique,  n®  183. 

Très  bel  exemplaire  imprimé  sur  vélin,  avec  toutes  les  initiales  et 
Tersets  peints  et  rehaussés  «d'or,  mais  sans  bordures  à  compartiments. 
Haut.  :  193  millimètres. 

119.  k\si  \ouenge  de  dieu...  farenl  commencées  ces  présentes 
heures.  A  lus(ii\\gede  Roinine.  Pour  Gillel  hardouin  libraire... 
(Au-dessus,  deux  strophes  de  vers  français;  au  v®  du  8'  f. 
du  cah.  /;)  ('es  présentes  heures  a  lusaige  de  Rome  furent 
Il  achcuées  le  .  ix.  iour  de  lanuier  lan  mil  cinq  cens^\[quatre. 
(i5o4;  i5o5  11.  st.).  Par  Anthoine  Chu ppiel  ï primeur.., 
In-4i  gotl*«;  veau  fauve  estampé,  Ir.  dor.  {/y7.  du  temps\ 

Ce  volume  contient  douze  grandes  figures  et  un  grand  nombre  de 
petites.  (Didot,  Cat,  rais. y  n°  837.) 

Très  bel  exemplaire  sur  vélin.  Haut.  :  237  millimètres.  Les  figures  et 
les  initiales  sont  enluminées  avec  un  soin  extrême. 

120.  Hore  intemerate  virginis  Marie  secundù  ||  vsum  Roma- 
num...  (Marque  de  Guillaume  Eustace  et  le  nom  de  Ger- 
main Hanlouin;  au  v°  du  dern,  f.  :  )  Ces  présentes  heures  a 
lusaiife\\fle  Ro/n me  furent  acheuees  te  pre\\mier  iour  de 
Octobre  Lan  Mil\\  cinq  cens  et  cinq  (i5o5j.  Par  Guillaume 
Anabal  Imprimeur  demourant  a\^Paris...  Pour  Germain 
Hardouin  libraire..,.  Pet.  in-/|,  golh.;  mar.  olive,  fil.  et 
ornem.  sur  les  plats,  tr.  dor.  [anc.  reL). 

«  Ce  volume  contient  quinze  grandes  planches,  plusieurs  petites,  et 
encadrements  à  toutes  les  pages,  présentant  de  jolies  arabesques  et  des 
petits  sujets  divers  ayant  du  rapport  avec  ceux  des  grandes  Heures  de 
Simon  Vostre,  sauf  qu'on  n'y  voit  que  fort  peu  de  motifs  pieux.  »  (Didot, 
Cat,  rais.,  11°  838.) 

Magnifique  exemplaire  sur  vélin,  haut  de  21  i  millim.  Figures  et  ini- 
tiales enluminées  et  rehaussées  d'or,  de  la  main,  sans  doute,  de  Germain 
Hardouin. 

121.  A  la  louenge  de  dieu...  ont  este  cômencees  ces  presètes 
Heu||res  a  Tusaige  de  Romme...  Nouuellement  imprimées  a 
Paris  par  Gil\\let  Hurdouyn  imprimeur...  :  pour  Germain 
Hat\\loujn...  (Au  v"  du  dern.  f.  :)  Ces  présentes  Heures.., 
ont  este  nouuellemèt  imprimées  a  Paris  pour  Germain  Har- 
doujn,..  S.  d.  (alman.  de  i5o5  à  iSaS).  Gr.  in-8,  goth. ; 
mar.  rouge,  fil.,  chiffres  aux  angles  des  plats,  tr.  dor.  {anc. 


136  THÉOLOGIE. 

rel.  aux  armes  et  au  chiffre  de  Guillaume  Pot,  pré\*ôi  et 
maître  des  cérémonies  de  tordre  de  Saint-Michel). 

Édition  de  toute  rareté,  ornée  de  dix-huit  grandes  figures  et  de  plu- 
sieurs petites.  Point  de  bordure  autour  des  pages.  (Didot,  Cat.  rais., 
n«  839.) 

Superbe  exemplaire  sur  vélin,  haut  de  216  millim.  Les  planches  sont 
enluminées  de  la  môme  main  qu'au  volume  précédent;  les  initiales  sont 
peintes  en  couleurs  et  rehaussées  d'or. 

122.  Heures  a  lusaige  de  Romme...  (Au\®  du  dern.  f.  :)  Ces 
présentes  heures  a  lusaige  de  Rij^me...  Ont  ||  este  acheuees 
a  paris  le  huitiesme  iour  de  \  Mars,  Lan  mil  cinq  ces  et 
neuf  (i5o9;  i5io  n.  st.).  Par  GU\\let  Hardouyn  Impri-- 
meur.,.  ln-4i  goth,;  mar.  brun,  riches  comp.  et  orn.,  tr. 
dor.  {reU  du  X^I' s.). 

«  Cette  belle  édition  renferme  vingt  grandes  planches  dont  une  se 
répète.  Plusieurs  d'entre  elles  sont,  pour  la  composition,  une  imitation 
des  grandes  planches  de  Simon  Vostre;  quelques-unes  cependant  sont 
originales.  Les  entourages  sont  d'une  très  grande  richesse,  finement  exé- 
cutés, mais  présentent  de  petits  sujets  souvent  mal  appropriés  k  la  nature 
de  l'ouvrage.  Ce  sont,  entre  autres,  des  sièges  de  forteresses,  des  amours, 
des  centaures.  On  remarque  au  bas  de  ces  pages  une  suite  très  cmieuse.  » 
(Voir  les  détails  dans  le  Cat,  rais.,  n®  840.) 

a  En  marge  de  ce  volume  remarquable  sont  des  sujets  de  la  Danse  des 
morts  d'un  dessin  tout  différent  de  celui  des  autres  Heures.  Somme  tonte, 
c'est  là  un  beau  livre  et  peut-être  la  meilleure  production  des  presses  de 
Hardouin.  » 

Magnifique  exemplaire  sur  vélin,  haut  de  227  millim.  Trois  feuillets  de 
vélin  ajoutés  à  la  fin  du  volume  contiennent  des  notes  très  dëtaiUées  des 
mariages,  naissances  et  décès  survenus  dans  une  famille  du  nom  de  Jforeau 
qui  a  habité  Paris  et  Dijon,  notes  remontant  à  1627  et  s'arrêtant  k  1711. 


GUILLAUME     EUSTACE. 


123.  Ces  presêtes  heures  a  lusaige  de  R5me  |au  long  sans 
requérir  on/  este  imprimées  a  \  Paris  par  Philippe  pigoUf^ 
chel  I  pour  Guil\\laume  eustace  marchant  Libraire...  MU. 
V.  c.  ^.  /a:(i5o9).  In-8,  gotb.;  veau  fauve,  riches  compàrt. 
en  or  et  en  mosaïque,  tr,  dor.  [Hagué). 

«  Ces  Heures  sont  ornées  de  quatorze  grandes  figures  et  de  belles  bor- 
dures, où  figurent  des  ornements  nouveaux  et  des  arabesques  d*im  goût 
remarquable  ;  mais  on  n'y  a  pas  introduit  la  Danse  des  morts.  La  plupart 
de  ces  gravures,  grandes  ou  petites,  sont  des  copies  exécutées  à  redotov  de 


LITURGIE.  137 

celles  des  Heures  imprimées  par  Phil.  Pigouchet  pour  Simon  Vostre.  » 

(Didot,  Cat.  rais,,  n»  851.) 
•         Très  bel  exemplaire  sur  vélin,  haut  de  177  millim.,  avec  initiales  enlu- 
minées. C'est  le  seul  cité  par  Brunet. 

GUILLAUME    GODARD. 

124.  Hore  in  laudem  beatissime  virgi||nis  Marie...  Vénales 
habentur  in  officina  Guiller\\mi  Godard  librarij  iurati 
Parisien  (i5!ï3).  Pet.  in-8,  pet.  caract.  ronds;  mar. 
vert,  tr.  dor. 

Édition  rare.  Au  milieu  du  titre  est  un  charmant  médaillon  représen- 
tant la  Vierge  et  TEnfant-Jésus.  On  voit  à  la  fin  la  souscription  suivante 
en  rouge,  disposée  d'une  façon  particulière  :^ 

Finiût  Hore  semper  benedicte,  virginis  Marie  SecÛndum  usum  Romanum 
....  typis ac caracteribus  Grecis  noniter  Parisiis  exarate,  opéra  industrii  Biblio- 
graphi  Pétri  Vidou^i,  impressons  peritissimi ,  ère  ac  impendio  Honesti  viri 

Guillermi  Godard Anno  a  partu  virgineo.  M,  ccccc.  xxiii,  ad  calculU 

Rôanû. 

«  Mais  Gourmont  avait  précédé  Vidoue,  dans  l'emploi  des  caractères 
grecs.  La  transcription  des  lettres  grecques  de  l'alphabet  (l'avant-demier  f .) 
nous  démontre  que  la  prononciation  n'était  pas  celle  d'Érasme,  mais 
celle  que  les  Grecs  modernes  ont  conservée  :  Vita,  Zita,  Thi,  Mi,  Ni,  Taf, 
Ypsilon,  Les  gravures  de  ces  Heures  sont  au  nombre  de  trente-quatre 
parmi  lesquelles  quinze  grandes.  Les  encadrements  de  forme  ovale  offrent 
un  caractère  tout  particulier.  L'impression  est  belle.  »  (Didot,  Cat.  rais,, 
n»  890  «.) 

Très  bel  exemplaire  sur  vélin;  les  gravures  sont  soigneusement  enlu- 
minées. 

GEOFROY  TORY   Ct  SIMON   DE   COLINES. 

125.  Horae  in  laudem  beatiss.  semper  virginis  Mariae  secun- 
dum  consuetudinem  curiae  Romanœ^  vbi  orthographia, 
puncta  &  accentus  suis  locis  habentur.  Parisiis,  apud 
Magistrum  Gotofreclum  Torinù  Bituricum.  Ad  insigne,  vasis 
effracli,  in  via  lacobaea.  Gallice  Au  pot  casse,  en  la  rue 
sainct  lacques.  (A  la  fin:)  Excudebat  Simon  Colinœifs 
Parisiis  e  regione  scholarvm  decreiorvm  anno  a  Chrisli 
lesif  natii^ilate  M.  D.  XXV  (i5îi5).  xvii  cal,  Febr.  In -8, 
de  144  ff-;  inar.  rouge,  larg.  dent,  sur  les  plals^  Ir.  dor. 
{anc.  rel.), 

«  Précieux  volume,  orné  de  treize  grandes  figures  sur  bois  au  trait  et 
de  seize  encadrements  complets  dans  lesquels  on  voit  la  croix  de  Lor- 
raine. Voir,  pour  la  description  de  ces  belles  Heures,  dites  à  Vantiquey  le 


I3S  THEOLOlilK. 

Maniidj  V Essai  sur  fa  yravw*e  et  le  Geofroy  Toiy  de  M.  Bemai'dy  2«  édition, 
p.  i  47.  Il }  a  des  (exemplaires  au  nom  de  Simon  de  Colines  comme  libraire.  » 
(Didot,  Cat.  rais,,  n°  727.)  • 

Bol  exemplaire  sur  papier,  avec  de  petites  marges.  Noies  manuscrites 
à  la  dernière  page,  et  qq.  taches. 

12n.  Flore  in  laudem  beatissime  virgi||nis  Marie  :  secundum 
consuetu||dineni  Ecclesie  Parisiensis.  ||  Vénales  faabentiir 
ParrhisiisapudllMagistrumCotofredumTorinûJlBiturigicum: 
sub  insigni  vasis||  effracti  :  gallico  sermone  Au  pot  Casse. 
(A  la  fin  :)  Ces  présentes  heures  a  lusage  de  Pa^risj priuile- 
£>iees  pour  dix  ans  conm2êceâs\\a  la  présente  date  de  leur 
impression!  furêl^acheuees  dim primer  le  vin»t  deuxiesme^), 
iour  Doctobre  Milj  cinq  cens  vingt  sept  (1527)  ||  Par 
maistre  Simon  du  bois  imprimeur\pour  maistre  Geofroy 
Tori  de  bourgesj  \  '  q  les  vend  a  Paris  a  lêseigne  du  pot 
casse,  Gr.  in-8,  gotb.;  veau  fauve,  ricbes  orn.  en  mosaïque, 
tr.  dor.  (tel.  du  Xl'P  s). 

Édition  rare  et  recherchée. 

«  Toutes  les  pages  sont  entourées  d'encadrements  en  arabesques,  de 
llcurs  et  oiseaux.  Vingt-six  encadrements  complets,  dits  à  la  nuxieme; 
treiz(^  grands  sujets  au  trait,  dont  1 1  sont  les  mêmes  qu'au  n^  précédent. 
Le  [)rivilége  est  très  remarquable.  »  (Didot,  CcU.  rais.,  n?  728.) 

Magnifique  exemplaire  sur  papier.  Hauteur:  230  millim.  Il  estcouTert 
d'une  superbe  reliure,  fort  bien  conservée. 

127.  Hore  in  laudem  beatissime  virginis  Marie...  Paris,  Si- 
mon du  Bois  pour  Geojroy  Tory  (1527).  Gr.  în-8,  golb.; 
mar.  La  Vallière,  ricbes  compart.  en  mosaïque,  doublé 
de  mar.  vert,  avec  une  croix  byzantine  en  mosaïque, 
Ir.  dor.;  étui  en  mar.  La  Vallière  (Zor/ic). 

Même  édition  que  celle  décrite  au  n®  précédent. 

Superbe  exemplaire  sur  vélin,  avec  toutes  les  gravures  et  initiales, 
ainsi  que  les  encadrements  légèrement  enluminés  et  rehaussés  d'or.  Le 
f.  de  titre  parait  avoir  été  retouché  dans  les  enluminures  et  à  plusieurs 
endroits  du  texte.  La  reliure  de  ce  volume  est  d'un  fort  beau  stjle  et 
d'une  exécution  irréprochable. 

I  i28.  Hora*  in  laudê  {|  Beatissimœ  Virginis || Mariae  secundfl usum 
Romanum.  (Au  v""  du  dern.  f.  :  )  Parr/iisiis,  apud  Goiofre* 
dum  Torinù  liiturigicum,  çiii  die  Feb.  ^nnoSah  H.  D.  XXIX 
(1529)  ad  insigne  Fasis  effracti.  In-i6,  de  176  ff.  ;  mar. 
rouge,  doublé  de  mar.  bleu,  orn.  en  mosaïque,  armoiries 
à  rinlérieur  et  sur  les  plats,  tr.  dor.  etcis.  (£or//c). 

«  Ce  volume,  de  toute  rareté  et  de  toute  beauté,  contient  dix«nenf 


LITURGIE.  139 

pc^tites  gravures  de  Tory  et  ses  arabesques.  »  (Didot,  Cat,  rais.,  n°  730.^ 
Exemplaire  sur  vélin,  couvert  d'une  charmante  reliure  aux  armes  de 
S.  A.  M8^  le  duc  de  Parme,  qui  a  bien  voulu  faii*e  un  échange  de  ce  pré- 
cieux volume  avec  M.  Didot.  Hauteur:  iiO  millira.  i/2. 

129.  Horfie  in  laudè  beatiss.  virginis  Mariae.  Ad  iisuro  Roma- 
num.  Farrhisiis,  apud  Gotofredum  Torinunî  Biturigicum. 

Regium  Impressorem (A  la  fui  :  )  Parrhisiisy  ex  o/ficinn 

Golofiedi  Torini  BIturigici  Regfj  intpressorisy  Ad  insigne 
Fasis  effracii.  Anno  snlu.  M.  D.  XXXI  (i53i)  die  xx  niêsis 
Octo.  In-8,  lettres  rondes;  veau  fauve,  plais  incrustés  re- 
présentant.le  Pot  cassé,  tr.  dor.  et  cis.  {leL  du  XV T  s,). 

«  Treize  grands  sujets  dont  neuf  ont  fait  partie  de  l'édition  de  1525, 
avec  un  npuvel  encadrement.  Voir,  pour  la  description  de  ce  volume,  la 
notice  de  M.  Brunet,  en  remarquant  qu'il  a  eu  tort  de  dire  que  le  pri- 
vilège manque  :  il  se  trouve  au  recto  du  dernier  f.  Sous  le  rapport  de  l'an- 
cienneté, de  la  pureté  du  style  du  dessin  et  de  l'exécution  typographique, 
ces  Heures  à  l'antique  sont  le  plus  beau  spécimen  de  l'art  français  de  la 
Renaissance.  Cet  exemplaire  est  dans  sa  reliure  originale  de  Geofroy 
Tory,  du  format  in-8,  mais  il  y  a  une  autre  plaque  d'un  plus  petit  for- 
mat. Toutes  deux  représentent  son  Pot  Cassé  et  ses  accessoires,  avec  une 
ornementation  sobre  et  de  bon  goût.  Le  présent  exemplaire  a  l'avantage 
d'avoir  la  plaque  de  Tory  imprimée  en  or.  »  (Didot,  Cat.  rais,,  n<>  731 .) 

Exemplaire  d'une  pureté  remarquable.  Hauteur  :  201  millim.  La  reliure 
est  dans  un  état  de  conservation  parfaite,  sauf  le  dos  qui  a  été  refait;  nous 
en  donnons  une  reproduction  au  catalogue  illustré. 

130.  Horae  in  laudem  beatiss.  virginis  Mariae,  Ad  vsum  Roma- 

nuin.  Officium  Triplex (A  la  fin  :)  Panhisiisy  ex  Offi- 

cinti  Oliuerij  Mal  lard  Rcgij  itnpressorisy  Ad  insigne  vasis 
e/fracli.  Anno  Sala. ia.  d.  xlii  {\Sl\i),  Mense  Augusti,  ln-8, 
lettres  rondes;  veau  fauve,  riches  orn,  en  mosaïque  sur 
les  plats,  tr.  dor.  et  cis.  {rel.  du  XV,P s,). 

«  Treize  grands  sujets,  les  mômes  qu'au  n<>  précédent.  Ce  volume  est 
un  des  trois  exemplaires  parfaitement  complets;  des  deux  autres,  l'un  fai- 
sait partie  de  la  collection  Yemeniz,  l'autre  appartient  à  M.  Destailleur. 
La  reliure  de  ce  dernier  exemplaire  est  toute  semblable  à  celle  du  mien, 
ce  qui  semblerait  indiquer  que  c'était  la  reliure  de  l'éditeur  Olivier 
Mallard.  Celui-ci  provient  du  cabinet  de  M.  Aerts  de  Metz.  Il  contient  la 
grande  planche  du  Triomphe  de  la  Vierge.  »  (Didot,  Cat.  rais.,  n°  732.) 

Superbe  exemplaire,  presque  non  rogné,  et  couvert  d'une  délicieuse 
reliure  dont  on  trouvera  une  reproduction  au  catalogue  illustré. 

131.  Heures    en    Latin  &||en  Frâcoys  a  lusaige   de   Rd|{me 
nouuellemêt  imprimées  ||  Auec  plusieurs  oraisons.  A  Paris. 


140  THEOLOGIE. 

En  limprimerie  de  O.  Mallard  imprimeur  du  Rojr.  i543. 
ln-8,  lettres  rondes,  sign.  A-X.  par  8,  à  l'exc.  de  S  qui  est 
par  4;  veau  fauve,  compart.  en  mosaïque,  tr.  dor.  etcis. 

{rel.  du  Xyr  s.). 

«  Celle  jolie  édition,  qui  ne  fîgure  pas  dans  la  seconde  édition  du 
Geofroy  Tory  par  M.  A.  Bernard,  et  qui  prouve  que  0.  Mallard  vivait  encore 
en  1543,  contient  quinze  petites  vignettes  presque  au  trait  dans  nn  enca- 
drement en  forme  de  portique.  Les  deux  premières  seulement  avaient 
déjà  figuré  dans  les  Heures  dont  les  dessins  sont  attribués  à  Tory.  Les 
autres  sont  des  compositions  nouvelles  et  du  môme  style.  »  (Didot,  CaU 
rais. y  no  733.) 

Très  bel  exemplaire.  Race,  au  titre.  La  reliure  est  restaurée. 

132.  Horae  in  laudem  beatissimne  virginis  Mariae  ad  vsum  Ro- 
manum.  Parisiisy  npud  Simone  m  Colinœum,  i543.  Gr.in-S, 
de  176  ff.;  veau  fauve,  comp,  en  mosaïque,  tr.  dor.  {rel, 
du  Xl^r  s.). 

u  Magnifique  exemplaire  d'un  des  plus  beaux  spécimens  de  l'art  des 
Heures  historiées  au  XVI°  siècle.  Toutes  les  pages  sont  entourées  de  riches 
encadrements  on  arabesques,  tantôt  en  clair,  tantôt  en  noir  et  toujours 
sur  fond  blanc.  Les  cadres  sont  au  nombre  de  huit.  L'un  d'eux  porte 
la  date  de  153G,  d'autres  1537,  enfin  1539.  Les  grands  si^ets  sont  an 
nombre  de  quatorze  et  diffèrent  complètement,  comme  style  et  comme 
exécution,  des  gravures  de  Geofroy  Tory,  bien  que  plusieurs  d'entre 
eux  portent  la  croix  de  Lorraine.  Ce  beau  livre  parait  avoir  été  fait 
en  concurrence  avec  les  Heures  de  Mallard  de  1542,  et  l'on  doit,  je 
crois,  le  restituer  entièrement  à  Simon  de  Colines.  »  (Didot,  CcU,  rais,, 
n«  73i.)  La  reliure  a  été  restaurée. 

133.  (Horae  ad  usum  romanum.)  S.  l.  n.  d.  (Paris,  Sitnon  de 
CoUneSy  v.  i54o;  la  Tabula  cycli  Lunœ^  qui  commence 
au  v"  du  i"  f.,  sïtend  de  i5/i3  à  i586).  Pet.  in-8,  de  166 
ff.,  sign.  Ajj-X;  mar.  La  Valiière,  fil.  à  comp.,  doublé  de 
mar.  bleu,  dent,  et  coins^  fig.  en  mosaïque, tr.  dor.  etcis. 
(Lortic). 

«  Les  entourages  de  ces  Heures,  qu'on  sait  avoir  été  imprimées  par 
Simon  de  Colines,  dont  le  nom  se  trouve  plusieurs  fois  dans  Toieadre- 
ment,  sont  dans  le  goût  des  Heures  à  l'antique  de  G.  Tory.  Une  date  se 
rencontre  dans  Tune  de  ces  bordures;  on  y  voit  1537,  et  l'on  sait  qae 
G.  Tory  était  mort  en  octobre  1533.  Les  grandes  figures  sont  an  nombre 
de  quatorze;  plusieurs  d'entre  elles  portent  la  croix  de  Lorraine.  Ces 
petites  Heures  sont  une  sorte  de  réduction  des  Heures  précédentes  de 
Simon  de  Colines;  le  système  d'ornementation  y  est  tout  à  fait  le  même 
ot  la  gravure  semble  de  la  même  main.  On  ne  saurait  donc  les'attriboar 
qu'à  un  imitateur,  émule  de  Tory.  On  ne  connaît  pas,  je  crois,  d'autre 


LITURGIE.  141 

exemplaire  de  cette  charmante  édition,  inconnue  à  M.  A.  Bernard  et  à 
M.  Brunet.  »  (Didot,  Cat  rais, y  n»  734  bis,) 

Très  bel  exemplaire,  grand  de  marges;  piq.  de  vers;  race,  dans  la 
marge  du  bas.  La  première  page,  quoique  encadrée,  n'a  pas  de  texte,  et 
le  Tolume  commence  au  f.  Aij,  sans  aucun  titre,  ce  qui  suppose  l'ab- 
sence des  deux  premiers  ff. 

134.  Horae  in  ||  laudem  Dei,  ac  ||  beatissimae  Virginîs  ||  Mariœ, 
ad  usum  Romanuin  to||  tailler  ad  longum.  ParisiiSy  apud 
GuilL  Merlin,  i555.  Pet.  in-8,  de  i68  fh  non  ch.,  sig.  A-X 
par  8,  impr.  rouge  et  noire;  veau  br.,  rich.  comp.  en 
mosaïque,  tr.  dor.  (anc.  rel.). 

«  Cette  édition,  fort  rare,  est  inconnue  aux  bibliographes.  A  la  fin  du 
volume,  on  lit:  ....  nouiter  impressum  per  loannem  Bridier  typographum 
pro  Guillermo  Merlin,  iooo.  Les  charmantes  bordures  qui  entourent  les 
pages  sont  spéciales  à  Simon  de  Colines.  Les  vignettes  sont  au  nombre 
de  quatorze,  dont  la  première  porte  la  croix  de  Lorraine.  »  (Didot,  Cat, 
rais.,  n°  890  e.) 

Magnifique  exemplaire.  La  reliure,  du  plus  beau  style  de  la  Renais- 
sance, est  en  rapport  avec  les  entourages  intérieurs. 

AUTRES   LIBILVIRES   DE    PARIS. 

135.  (Heures  à  lusage  de  BOURGES.)  (\u  v^  du  5"  f.  du  cah. 
ee  :  )  Ces  présentes  heures  a  lusaige  de  ùourgis  {sic)  \\  furent 
ac/ieuees  le  .  viii,  iour  du  nioys  de  rriny\i^  Par  denys  nieslier 
libraire  demeurant  a  pis  (sic,  pour  Partie)  \\  en  ta  rue  de  la 
fierpe  a  lenseigne  du  pilie  vert.  S.  d.  (alman.  de  i488  à 
i5o8).  Pet.  in'4,  goth.;  mar.  brun  estampé,  tr.  dor.  (/•<?/.  du 
temps). 

«  Cette  édition  rarissime  est  fort  curieuse.  Elle  contient  quatorze 
figures  moyennes  généralement  bien  composées  et  d'une  très  grande 
naïveté;  la  12®  représente  les  Trois  Morts  et  les  Trois  Vifs,  Les  bordures 
qui  entourent  les  pages  sont  parfaitement  gravées.,... 

«  Le  présent  exemplaire  sur  vélin  semble  n'ôtre  pas  complet,  car  on 
y  lit  sur  le  dernier  feuillet,  après  la  20®  ligne  :  Sequuntur  suffragia.  Quoi 
qu'il  en  soit,  cette  édition,  dont  on  ne  connaît  pas  d'autre  exemplaire,  est 
un  des  plus  anciens  livres  d'Heures  imprimés  à  Paris,  et  demeure  un  mo- 
nument précieux  et  original  des  plus  importants  pour  l'étude  de  ce  genre 
de  productions.  »  (Didot,  Cat.  rais,,  n"  858.) 

Cet  exemplaire,  réputé  UNIQUE,  est  dans  sa  première  reliure.  Hau- 
teur :  200  niiliini. 

136.  Hore  iiilemerale  l)ealc  marie  il  virainis  secundiim  vsuni 

Il       « 

llo||mane  ctirio  incipifit  féliciter.  ||  Par  Laurens  phelippe 


lt:2  THEOLOGIE. 

(ce  litre  se  trouve  imprimé  au  v*  du  lo*  f.  du  cah.  ù;  aiï 
V®  du  derii.  f.  :  )  Imprimées  a  Paris  furent  ces  ^présentes 
heures  a  lusaige  de  Rome  ^pnr  Laurës  philippe  demourant 
en  |l  ht  me  de  g(d(inde  deuât  sainct  /j/af\\se  le  tlixiesme  tour 
de  iullet  mil  cccc.  j|  quatre  Knngz  et  ireze  (i493).  Pet.  în-4, 
goth.;  mar.  rouge,  comp.,  tr.  dor.  {fine.  rel,). 

«  Ce  volume  est  encore  un  essai  de  concurrence  aux  Heures  de  Verard^ 
qui  ne  paraît  pas  non  plus  avoir  t'té  couronné  de  saccès.  Dix-sept  figures 
de  grandeur  moyenne.  Les  figures  des  encadrements  et  les  compositions 
rappellent  le  type  archaïque  de  Verard,  mais  présentent  un  elfet  général 
qui  n'est  pas  sans  élégance.  »  (Didot,  Cat.  rais.y  n*  859.) 

Très  bel  exemplaire  sur  vkli.n.  Hauteur:  190  millim.  Les  planches 
sont  habilement  coloriées  et  les  initiales  peintes. 

137.  Hore  ad  vsum  TRECENSEM.  (Au  r"  du  dern.  f.  :  )  Ces 
présentes  heures  a  lusaige  de  TROVESW  ont  este  acheuees 
le.xiii,  iour  daoust.  Lan \\ mil.  quatre  cens  quutre  vingtz  et 
xiii.  {il\(^'i)pour\\  loffroy  de  Marne  f  libraire.  .\  Pet.  in-4i 
goth.;  uiar.  brun,  riches  ornem.  en  mos.j  Ir.  dop.  [anc. 
reL). 

Édition  de  toute  rareté.  «  Les  grandes  planches  sont  au  nombre  de  dix- 
sept,  et  presque  toutes  contiennent  deux  sujets.  Le  frontispice  porte  la 

marque  de  graveur  G Les  petits  sujets  qui  forment  les  bordures  sont 

nombreux  et  assez  variés.  Toutes  ces  compositions,  de  caractère  archaïque, 
diiFèrent  do  celles  que  présentent  les  Heures  de  Vostre,  de  Verard  et  de 
Kerver.  »  (Didot,  Cat.  rais,,  n°  860.) 

Très  bel  exemplaire  sur  vklix.  Hauteur  :  187  millim.  Les  flgures  et 
bordures  sont  couvertes  d'une  légère  enluminure.  Sur  on  feuillet  de 
garde  à  la  fin,  on  lit  cette  note  :  Livre  de  la  bibliothèque  du  château  de 
Dampierre  donné  par  M.  le  duc  de  Chevreitse.  Le  25  novembre  4838.  Ce 
vertueux  ami  a  été  enlevé  instantanément  à  sa  famille,  à  ses  amis,  au 
monde,  le  20  mars  1839. 

138.  Heures  a  lusaige  {{  de  LA.NGRES  anecqs  ||  recSmâdaces  (t 
plus||ieurs  belles  oraisôs.  (Au  v°du  dern.  f.  :  )  Ces  présentes 
heures  a  lusai\\ge  de  Ijingres furent  imprimes  (sic)  [ja  Paris 
par  maistre  Nicole  de\\  la  barre. . .  pour  \\  ledicl  de  lu  barre  ^ 
Martin  ale^xandre  libraire...  S.  d.  (alman.  de  i5o6  à 
i5ao).  ln-24  allongé,  de  72  ff.,  car.  goth.;  mar,  rouge, 
fil.  à  froid^  tr.  dor.  et  cis. 

Édition  extrêmement  rare,  ornée  de  trois  planches  peu  importantes. 
(Didot,  Cat.  rais.,  n»  8»)2.) 

Très  bel  exemplaire  sur  vélix.  Hauteur  :  130  millioi. 


LITURGIE.  143 

139.  Hore  virginis  intemerate  secùdnm  vsiiin  j|  Romane  ec- 
clesie.  (Au  r°du  dern.  f.  :)  Apud  Parrhisios  per  Cuiller  mû 
le  liouge.  S.  d.  Pet.  in-8;  mar.  noir,  fleuron  en  mos.  au 
centre  des  plats,  tr.  dor.  {nnc.  reL). 

«  Édition  remarquable  à  plus  d'un  titre,  d'abord  par  ses  beaux  carac- 
tères semi-italiques  et  sa  belle  exécution,  et  surtout  par  ses  41  gravures 
dues  à  différentes  mains,  dont  plusieurs  sont  curieuses.  Il  n'y  a  aucun 
entourage.  Le  chiffre  de  P.  Le  Rouge  est  surmonté  de  la  croix  de  Lor- 
raine. »  (Didot,  dit,  rais.,  n^  86i.) 

Magnifique  exemplaire  sur  vélin.  Hauteur:  165  miilim. 

140.  Hore  deipare  Virginis  Marie  secùdnm  vsum    Uo||ma- 

num (A  la  fin  :  )  Finiunl  hore,.,,  lypis  ac  caractcrihus 

Gréais  nouiler\\Parisiis  exarate  arfe  industrij  Bibliogra-W 
pliis  rnni^istri  Pelri  Vidouo^  imprcssoris^pcritissifiu^  ère 
ac  impendio  honesii  viri  ||  lohànis  de  Brie.  Anna  a  partit 
yirgtneo  \\  Millesirfw.  CCCCCXXII  [\5ii).  In-8,  car.  ronds; 
veau  brun,  riches  compart.  en  mosaïque,  tr.  dor.  et  cis. 
(rel.  du  XVI'  s.). 

Édition  extrêmement  rare,  non  citée  au  Manuel,  et  imprimée  avec  les 
jolis  caractères  ronds  que  Pierre  Vidoue  a  employés  dans  plusieurs  ou- 
vrages publiés  par  Galliot  du  Pré.  L'imprimeur,  comme  la  souscription 
rindique,  y  a  fait  usage  de  ses  nouveaux  caractères  grecs.  Elle  est  ornée 
de  grandes  planches  gravées  sur  bois,  et  de  curieux  encadrements. 

Magnifique  exemplaire,  revêtu  d'une  riche  reliure  du  temps,  et  celui-là 
même  qui  a  servi  à  la  description  de  ce  livre  dans  le  Supplément  an  Ma- 
nuel. 

141.  Officiù  béate  Marie  virginis  ad  vsum  Ci||stercieîi.  Venun- 
dâtur  Parisiis  in  vico  sancti  lacobi  1|  sub  signo  Pellicani. 
Il  M.  D.  xlvj  (i546).  (Au  v°  du  dern.  f.  :)  Impresse  Parisii 
opéra  loannis  Kaerbriandals  Huguelin  intpressoris  Impc- 
sis  vo  honesti  viri  Ambrosii  Giraull.,,  Pet.  in-8,  gotb.; 
mar.  rouge,  fil.  à  froid,  ornem.  et  tr.  dor.  [Cape). 

Édition  à  l'usage  de  l'ordre  de  CITEAUX.  «Les  figures,  au  nombre  de 
quatorze,  et  les  bordures  historiées  de  ce  volume,  imitations  de  Simon 
Vostre  et  des  Hardouin,  sont  fatiguées.  Elles  paraissent  avoir  servi  déjà 
à  de  plus  anciennes  éditions.  »  (Didot,  Cat.  rais, y  n®  871.) 

Exemplaire  sur  papier,  le  seul  connu  de  Brunet. 

142.  L'Office  de  la  Semaine  sainte,  corrigé  de  nouveau,  par  le 
commandement  du  Rov.  Conformément  au  Bréviaire  et 
Messel  de  N.  S.  P.  le  Pape  Urbain  VIII.  Nouvelle  édition 
corrigée  et  augmentée.  A  Paris ,  chez  Ch.  Fosset,  S.  d. 


144  THÉOLOGIE. 

(après  1680).  In-8,  front,  gr.;  mar.  olive,  doré  en  plein, 
armes  de  France  au  centre,  tr.  dor.  [rel.  du  temps). 

Exemplaire  rcy^tu  d'une  superbe  reliure  aux  armes  et  au  chiffre 
couronné  de  LOUIS  XIV;  les  compartiments,  faits  au  pointillé,  sont  très 
riches;  la  conservation  est  parfaite.  Nous  en  donnons  une  reproduction 
au  catalogue  illustré. 

Lyon. 

143.  Officium  béate  Marie  virginis||ad  vsum  Romane  eccle- 
sie.  (Au  r*  du  dern.  f.  :)  Exploit  (sic)  officium  béate  Md^ie 
virginis  eus  mu/ fis  laudibus  ||  ^  deuotissimis  orutionibus. 
Im^pressum  Lugduni  expensis  Bo\\nini  de  boninis  dalmatini 
Ânn(>\\domini.  AIcccc.  Ixxxxix.  (1499)  die  xx,  Martij.  Pet. 
in-8,  golli.,  de  24  ff.  Uni.  et  i52  Ff.,  impress.  rouge  et 
noire;  mar.  vert,  orneai.,  tr.  dor.  et  ois.  {cinc.  rel.). 

«  Ce  charmant  livre  d'Heures,  imprimé  à  Lyon,  le  20  mars  W^ 
(ioOO  nouveau  style),  est  en  cai'actèrcs  d'un  beau  gothique  rond...  Les 
grandes  planches  sont  au  nombre  de  seize.  Ces  Heures  sont  fort  rares,  et 
les  gravures,  exécutées  probablement  en  relief  sur  métal,  qui  les  décorent 
les  rendent  très  curieuses;  rajustement  des  entourages  révèle  un  typo- 
graphe consommé.  Le  goût  italien  s'y  fait  surtout  remarquer,  et  Ton  peut 
dire  que  c'est  en  ce  genre,  après  les  Heures  de  Venise  de  Hertzog  (voir 
ci-dessous,  le  n°  io2),  le  plus  beau  livre  de  stylo  italien  que  nous  connais- 
sions. »  (Didot,  Cat,  rais,,  n°  878.) 

Précieux  exemplaire  sur  vélin  ,  le  seul  connu  avec  les  24  ff,  préiim. 
Les  initiales  sont  peintes  à  la  main. 

144.  Horoe  {|  in  lavdem  ||  beatissimœ  virginis ||Marise  ad  vsum|| 
Romanum.  Âccesserunt  denuo  alijjquot  suffragîa.  Luffiluni 
apud  Guliel.  Rovillium^  i55o.  (Au  v"*  du  f.  X,  :)  Lugduni 
Mat/lias  Bonhomme  excudebat.  In-8^  sign.  A,-Y,;  veau 
fauve,  riches  comp.  en  mosaïque,  tr.  dor.  et  cis.  {reliure 
duXk^rs.). 

Édition  foii  'rare,  ornée  des  mômes  figures  et  encadrements  que  la 
suivante. 

Magnifique  exemplaire  sur  papier,  revêtu  d'une  ravissante  reliure 
lyonnaise ,  genre  Grolier,  admirablement  conservée. 

145.  Las  Horas  de  nue|{stra  senora  segû  el  vso||  romano...  En 
Lyon  por  Gvilielmo  Rovillio,  i55i.  (Au  v'  du  dern.  f.  :) 
Fucvon  i m  pressas  lus  présentes  Horas  en  laciudad  de  Léon 
de  Francia  en  casa  de  Mathias  Bonhomme.  Gr.in-S,  lettres 


LITURGIE.  145 

rondes;  mar.  brun,  comp.  noir  et  or,  riches  ornem.^  tr. 
dor.  (anc.  rel.). 

Édition  de  toute  rareté.  «  Encadrements  à  chaque  page  analogues  à 
ceux  des  emblèmes  d'Alciat,  du  même  éditeur,  et  portant  la  marque 
P.  V.  Les  grandes  figures  sont  au  nombre  de  quinze,  assez  bien  compo- 
sées dans  le  style  de  Fontainebleau,  mais  mal  gravées.  «  (Didot,  Cat,rais., 
n^  879.) 

Très  bel  exemplaire  sur  papier,  revêtu  d'une  riche  reliure  du  temps. 

146.  Hore  btê  ||  Marie  yir{|ginis  secundu^  vsuj  ||  Hierosolymita- 
nuj.  (Au  V*  de  Tavant-dern.  f.  :)  Expiiciunt  hore  s'm  or- 
dinê  ffm  gloriose  ||  virgïs  Marie  de  Môle  Carmeli  :  excerpte 
Il  (C  extrade  de  approbato  vsu  dnici  sepuichri  j]  hierosoly- 
mitani  sancte  ecclesie.  In  ciiius  ||  finibus  dictorû  fratrii  Re- 
ligio  sumpsit  ex||ordium.  Impres'se  Lugduni  anno  domini\\ 
M.  ccccc.  xvi  (i5i6),  die  xifiii  Mensis  Maij,  Pet.  in -8, 
goth.,  de  96  ff.,  impr.  en  rouge  et  noir;  veau  fauve, 
comp.,  tr.  dor.  {rel.  du  XVV  s^. 

Précieux  livre  d'Heures  à  l'usage  des  religieux  du  MONT-CARMEL,  et 
totalement  inconnu  des  bibliographes.  Il  contient  seize  grandes  figures, 
192  moyennes  et  178  petites  de  30  millim.  environ,  toutes  remarquables 
par  leur  charmante  simplicité,  dans  le  style  italien.  A  la  dernière  page 
se  trouve  la  marque  de  l'imprimeur  (San  Busignan  Gorgoni),  accompa- 
gnée des  initiales  S.  B.  et  de  cette  légende  :  Fatorum  imperio,  Gorgonius 
héros. 

Très  bel  exemplaire  sur  papier,  à  la  reliure  attribuée  à  HENRI  III.  Le 
dos  a  été  refait.  De  la  coll.  Yemeniz. 

Rouen. 

147.  Les  psentes  heures  a  hisaige  de  Rome...,  ont  este 
nouueilemêt  ïprimees  a  Roue.  M.  ceccc.  xxxvij  (iSSyj... 

(A  la  fin  :)  Cj  finissent  ces  présentes  heures imprimées 

pour  Francoys\\Regnault  Libraire  iure  de  luniversite  de 
Paris  \ct\  pour  Jehan  marchant  libraire  demeurât  a  Rouen\i 
deuant  le  graiit  portrtil  sainct  Maclou,  In  8,  de  i36  ff. 
non  ch.,  impr.  rouge  et  noire;  mar.  brun,  fil.  à  froid, 
doublé  de  vélin  bl.,  tr.  dor. 

Édition  rarissime  et  non  décrite. 

«  Ce  livre  d'Heures  nous  fait  connaître  le  nom  d'un  libraire,  peut-être 
même  d'un  imprimeur  de  Rouen,  Jean  le  Marchant.  Sa  marque,  inconnue 
à  M.  Silvestre  et  que  je  rencontre  pour  la  première  fois,  occupe  la  pres- 
que-totalité du  titre...  Le  caractère,  petit  d'œil,  est  bien  gravé,  bien 
fondu  et  bien  imprimé.  Ce  volume  contient  plusieurs  oraisons  en  français 

10 


i46  THÉOLOGIE. 

ot  une  Instruction  pour  soy  confesser  composée  par  le  Révérend  Père  en 
Dieu  Monsieur  l'évAquc  de  Senlis,  de  Vô  pages.  »  (Dîdot,  Col.  rais., 
iio  890  6.) 

Très  bol  exemplaire  sur  vélin. 

B.  —  Allemagne, 
Augrsbourg. 

148.  (Diurnale  seu  liber  precum  imperatoris  Maximiliani.) 
(A  la  fin  :)  foannes\\Sc/iônsper£fei\  OWuis  Âugustanus 
imprime\\h(iL  Anno  salutis  Bf,  d.  xiiij  (i5i4)  ka^Jiendas 
jn\\nnarn.  Pet.  in-foi.,  goth.,  de  i57ff.,  sans  cli.,  réel,  ni 
sign.,  à  22  lign.  par  pa.qe  ;  veau  noir  estampé,  tr.  dor., 
fermoirs  (/•/?/.  du  temps). 

«  Exemplaire  sur  vélin  de  cette  édition  rarissime  qui  n'a  été  tirée  qu'à 
dix  oxcmplaircs,  dont  quatre  seulement  sont  parvenus  à  la  connaissance 
des  bibliographes  [ceux  do  la  bibl.  do  Munich,  de  la  bibl.  de  Vienne,  da 
Musée  britannique  et  celui-ci].  Elle  est  imprimée  en  rouge  et  noir  avec 

■ 

des  carf'ict(''res  à  boucles  imitant  récriture,  analogues  à  ceux  da  Tî^mr- 
(lannckhj  mais  beaucoup  plus  jc^os.  Voir,  pour  la  descriptioA  de  ce  ma- 
f^mifique  exemplaire,  Tarticle  important  que  M.  Brunet  loi  a  consacré  au 
Manuel,  t.  II,  col.  768.  »  (Didot,  CAit.  rais.,  n»  887.) 

Notre  exemplaire,  d'une  conservation  merveilleuse,  a  cela  de  parti- 
culier que  les  places  des  grandes  initiales  y  sont  toutes  remplies  par  des 
majuscules  runiqiies  imprimées  en  rouge,  ce  qui  ne  se  voit  dans  ancan 
dos  trois  autres. 

Strasbourg. 

• 

149.  (Hortiilus  anima;,  seu  Officium  beatae  marie  Tirginis.) 
(Au  V*  du  dern.  f.  :  )  Elaboraturn  per  prouidum  virurn  ma- 
gistrum  lohànem  Grilninger  in  irisigni  ac  libéra  ciuiiate 
Argendua  anno  incarnationis  1498.  In-i6  carré,  de  23  ff. 
prél.  (le  titre  manque)  et  de  ccxxxix  ff.  ch.;  mar.  bleu,  fil. 
tr.  dor.  [IVirdrre]. 

Édition  non  citée  au  Manuel  eila  plus  ancienne  de  celles  imprimées  par 
(irfininger.  Elle  est  ornée  d'un  grand  nombre  de  petites  graTores,  les 
mômes,  sans  doute,  que  celles  qui  ont  reparu  dans  l'édition  de  ISGO,  et  dont 
P.  Marchand  parie  on  ces  termes  :  «  Ce  livre  est  cJiargé  de  flgnres  fort 
impertinentes;  la  plus  remarquable  par  son  indécence  et  sa  singularité 
est  celle  qui  se  voit  au  f.  119  (ici  au  f.  cxx);  elle  représente  sainte 
Ursule  et  quelques-unes  des  10,000  vierges,  exposées  toutes  nues 
regards  lascifs  d'un  cavalier.  » 

Exomfïhiiro  sur  vkijv,  avor  fiirures  enluminées.  Notes  marginale 


LITURGIE.  147 

Tzenna  (près  de  Magdebourg). 

150.  Nouum  béate  marie  virgis  (sic)  psalterium  j|  de  du]cis3i- 
mis  noue  legis  mirabilib^  dîni  amoris  refertis  nouit  ad  Ici 
pleritôj  pfectù  (opus  ab  Hermanno  Nitzschewitz...  anno 
1489  confectiim...  imperatori  Friderico  ex  Luneiiborch 
delatum  et  anno  i^go..,.  cesareo  sumptii  ad  imprimendum 
commissum).  [Dans  le  préambule  :]  /\unc  et  in  Tzenna  cis- 
tercfensis  ordinis  deuolo  clnustro.,,  (ul...  Maximiliani,.. 
mine,  imperatoris  et  locius  christinni re^nî  honorent  non 
sine  niodico  sumptu  inipressum.  In-4,  golb.,  de  116  ff.; 
mar.  bleu,  doublé  de  mar.  bleu,  tr.  dor.  [Thibcnon-Echaii- 
banl). 

<c  Ce  volume,  d'une  rareté  insigne,  paraît  avoir  été  imprimé  à  Tzenna, 
monastère  de  l'ordre  de  Cîteaux,  à  une  date  postérieure  au  mois  d'août 
1493,  époque  de  l'avènement  de  Maximilien  au  trône  impérial....  Les  gra- 
vures sont  au  nombre  de  cent  soixante-neuf,  sans  compter  celles  qui  se 
répètent.  Elles  sont  évidemment  de  deux  mains  différentes.  Les  bois  qui 
occupent  le  haut  de  la  page  forment  une  suite  de  sujets  tirés  de  la  vie  de 
la  Vierge  et  de  celle  du  Christ  ;  ceux  du  bas,  disposés  en  une  bande  hori- 
zontale, représentent  sous  une  forme  matérialisée  les  images  mystiques 
des  psaumes  et  du  cantique  des  cantiques  :  c'est  cette  hardiesse  du  des- 
sinateur qui  a  mérité  à  ces  figures,  de  la  part  de  l'auteur  du  Manuel,  le 
reproche  d'absurdité.  Toutes  cos  planches  sont  plus  archaïques  que  celles 
du  Schatzbehalter  et  de  la  Chronique  de  Nuremberg,  publiés  à  la  même 
époque.  Elles  sont  dues  à  un  xylographe  dominotier.  Il  n'en  est  pas  de 
même  du  frontispice  représentant  Marie  dans  une  gloire  entourée  par 
l'empereur  Frédéric  III,  le  jeune  roi  Maximilien  son  fils,  l'abbé  de  Cîteaux 

et  son  clergé En  somme,  ce  volume  curieux,  imprimé  aux  frais  de 

Maximilien,  montre  quel  était  l'état  de  l'art  en  Allemagne  vers  1492, 
époque  où  Albert  Durer,  âgé  de  21  ans,  quittait  l'atelier  de  Wohlgemûth 
pour  devenir  lui-même.  »  (Voir  la  notice  in  extenso  de  M.  Didot,  Cat. 
rais,,  n°  494  bis.) 

Magnifique  exemplaire,  à  grandes  marges.  Qq.  restaur.  et  titre  remargé. 

C.  —  Italie. 

Venise. 

151.  (Officium  B.  Mariae  Virginis.)  (A  la  fin  :)  Officium  heaie 
virginis\\impressû,venetijs  per  Ni\\colaum  Jenson  gallicum 
\\M.cccc.  lxxv{\[\']^)  féliciter.  In-i6,  goth.,  de  191  if.;veaii 
fauve,  riches  comparl.  en  mosaïque,  tr.  dor.  (^Hagué). 

Édition  d'une  insigne  rareté,  imprimée  en  rouge  et  noir,  à  12  lignes 
par  page.  Le  texte  commence  au  17"  f.  après  le  calendrier,  par  ces  mots 
en  rouge  :  Incipit  officiû  béate  ma\\rie  virginis  secûndum  cô[\suetudtnê 


148  THÉOLOGIE. 

romane  curie.  Cette  page  est  entourée  ici  d*un  joli  encadrement  peint  eu 
or  et  en  couleurs. 

Superbe  exemplaire  sur  vi^:lin,  avec  plusieurs  grandes  initiales  riche- 
ment enluminées. 

132.  Officia  béate  ma  II  rie  secundu^  vsu m  ||  Romane  ecclesie. 
(A  la  fin  :  )  Impssa  venelijs  p  ioanê  hàmnn  dicta  herizog. 
y4nno  Mccccxcxiij  (sic,  i493).  In-8,  goth.,  de  i36  fF.;  mar. 
brun,  riches  compart.,  tr.  dor.  et  cis.  {anc.  re/.). 

«  Ces  heures  sont  ornées  de  cinq  grandes  figures  et  de  plusieurs 
petites,  toutes  couvertes  d'un  léger  enlurainage  de  Tépoque.  Les  encadre- 
ments des  pages,  au  simple  trait  et  par  pièces  rapportées,  ont  pu  serrir 
de  type  à  Geofroy  T017,  qui,  trente  ans  plus  tard,  puisa  avec  tant  de  suc- 
cès aux  mômes  sources.  Ce  volume,  de  la  plus  extrême  rareté,  est  con- 
voie d'une  reliure  italienne  du  xvi«  siècle  dont  les  ornements  des  plats 
sont  dans  le  goût  des  encadrements.  »  (Didot,  Cat,  rais.,  n^  379.) 

Bel  exemplaire  sur  vélin. 

153.  Officivm  Béate  ||  Marie  Virginis.  (Au  r'^du  dem.  f.  :  )  f'e- 
netiis  in  of'\\ficina  Fran-^^cisci  Mar-Wcolini.  \\  MI)XLV 
(i545).  ln-8,  de  2.\  ff.  n.  ci.  (sign.  f,  a-b)  et  i84  ff.  ch. 
(sign.  A-Z);  mar.  La  Vallière,  riches  comparL  en  mosaïque, 
tr.  dor.  et  cis.  [Hagucf). 

lâvro  d'heures  fait  avec  grand  luxe,  non  cité  au  Manuel  et  dont  les 
oxomplairos  sont  extrêmement  rîires.  Il  est  imprimé  en  rouge  et  noir  et 
rliaqiio  f)age  est  entourée  d*un  beau  cadre  historié,  à  compartiments. 
Los  frnmdes  fiprures,  au  nombre  de  vingt-deux,  dont  plusieurs  se  ré- 
pètent, sont  d'un  beau  style.  Au-dessus  du  titre,  se  trouve  une  grande 
marque,  roprésontant  un  cerf,  avec  la  devise  Olim,  qui  est  souvent  répét(';e 
dans  les  bordures,  où  Ton  voit  aussi  les  initiales  A.  F.  G.,  qui  sont  pro- 
bablement celles  du  graveur.  La  dernière  page  est  occupée  par  la  belle 
marque;  do  Maicolini,  avec  la  devise  :  Veritas  fUia  temporis, 

Magniiicjue  exemplaire  sur  vklin  (on  n'en  connaît  qu'un  second).  Plu- 
sieurs gravures  et  bordures  sont  coloriées.  Deux  ff.  habilement  refaits. 
Cet  exemplaire  ayant  conseiTé  assez  fraîche  sa  belle  tranche  ciselée,  peinte 
et  dorée,  M.  Didot  l'a  fait  revêtir  d'une  reliure  dans  le  même  style,  avec 
compartiments  en  creux  et  en  relief,  en  or  et  en  mosaïque,  et  cette  reliure 
est  une  curiosité  unique  en  son  genre, 

1 54.  Rosario  délia  gloriosa  vergine  Maria,  di  nuouo  stampato, 
con  nuoue  &  belle  figure  adornalo..  In  Venelia^  al  segno 
délia  Regina.ï  585,  In-8;  mar.  La  Vallière,  fih  à  compart. 
à  fr.,  oni.  et  fleur.,  tr.  dor.  [Cape). 

Joli  exemplaire  de  ces  Heures  vénitiennes.  Les  pages  sont  encadrées 
d'entourages  p^ravés  sur  bois,  et  des  gravures  en  grand  nombre  occapent 

b*  iiiili'Mi  d«*<  |».iir<*s. 


SAINTS-PÈRES  ET  THÉOLOGIENS.  149 

D.  —  Belgique. 

Anvers. 

155.  Horae  beatissimœ  vîrginis  Mariae  ad  usum  romanum, 
nunc  primum  perquàm  syncerè  castigatae  atque  repurgat»; 
ac  triplici  officio  illustratae.  Anluevpive^  ex  officina  Chris- 
tophori  Plantini y  i565.Iii-8;  véi.  blanc  gaufré  el  àoré  [rel. 
duXfrs.). 

«  Ces  Heures,  en  lettres  rondes,  bien  imprimées  en  rouge  et  noir, 
contiennent  dix-sept  grandes  gravures  :  la  9®  porte  le  monogramme  C;  la 
il®  et  la  16®  le  monogramme  d'Antoine  Bosch,  dit  Silvius.  Toutes  les 
pages  sont  entourées  d'encadrements  riches  et  bien  gravés  dans  un  stylo 
intermédiaire  entre  celui  de  Bàle  et  de  Lyon,  c'est-à-dire  se  rapprochant 
en  même  temps  de  Holbein  et  de  Bernard  Salomon.  »  (Didot,  Cat.  rais., 
n«  886.) 

Très  bel  exemplaire,  dans  sa  première  reliure  portant  sur  les  plats  le 
nom  de  Marte  Voillotte, 

III.  SAINTS-PÈRES  ET  THÉOLOGIENS. 

» 

• 

156.  EUSEBIUS.  (Eusebii  libri  de  praeparalione  evangelica, 
latine,  Georg.  Trapezuntio  interprète.)  (A  la  fin  ;)...  f/oc 

lenson   uenela  Nicolaus    in    uroe    volumen  prompsit 

M.CCCC.LXX  (1470).  In-fol.;  cartonné,  tr.  dor.;  étui. 

Première  édition.  •Magnifique  exemplaire,  avec  grandes  iniliulos 
peintes. 

^57.  LACTANTIUS.  (Opéra.)  (A  la  fin  :) 

Hoc  Conradus  opus  suueynheym  ordine  mira 
Amoldusq}  simul  pannarts  una  ede  colendi 
Gente  theotonica  :  rome  expédier e  sodales. 
In  domo  Pétri  de  Maximo.  M.  CCCC.  LXVIII  (1468). 

In-fol.;  mar.  La  Valiière,  compart.  à  froid,  ornem.  aux 
angles  et  au  milieu  des  plats,  tr.  dor.  (Lortic). 

Seconde  édition,  fort  belle;  elle  est  aussi  rare  que  la  première,  celle 
de  Subiaco,  1465,  et  elle  est  plus  complète  :  on  y  trouve  en  plus,  entre 
autres,  une  pièce  intitulée  Elegia  de  Phœnice. 

Magnifique  exemplaire. 

168.  AMBROSIUS  (S.).  (Sancti  Ambrosii  Ififediolanensis  de 
officiis  libri  très.)  (A  la  fin  :).  Impressus  mediolani  v  Chirs- 
tofo^'  (sic)  yaldarfer\\Ratisponensem.  M.  cccclxxiiii  (i474  J 


150  THEOLOGIE, 

1/175  n,  st.)  die  vii  laiyÀarii .  In-4,  car.  rom.;  mar  rouge, 
orn.  sur  les  plats,  tr.  dor.  (Loriic). 

l^cniicr  livre  imprimé  pai*  Valdarfer  dans  la  ville  de  Milaa.  En  tête 
se  trouvent  :  mie  vie  de  s.  Ambroise,  pai* Paulin  de  Nola ;  une  vie  de  s**  Agnès 
et  d'autres  pièces  par  s.  Ambroise. 

Très  bel  exemplaii-e. 

159.  HIERONYMUS  (S.).  (Epistolœ.)  (A  la  fin  :  )  ExplicU... 
Est  aûl  pns  opus  arte  impssoiUa  féliciter  osûmatû  p  Peirû 
schoi/fer  de  gerns/iem  î  ciuitate  tiobili Mogiîtina...  A.  iL  M. 
cccc.Lxx  (i47o).  Die  septima  mensis  septèbris.nt.  en  i  vol. 
in-fol.,  goth.,  à  2  col.;  mar.  La  Vallièrc,  riches  compart.  à 
froid,  tr.  dor.  (Lortic). 

Précieuse  édition  de  Mayencc.  Magnifique  exemplaire  sur  véun. 

160.  AUGUSTINUS  (S.).  Aurelii  Augustini  de  ciuitate  dei... 
^libri  XXII).  (A  la  fin:)...  Suù  anno...  M.CCCC.LXFII 
(1467)...  die  uero  duodecima  mensis  lunii  \In  nwnasterio 
Subiacensi  per  Conrad.  Sweinheim  et  ArnoU,  Pannaru], 
Gr.  in-fol.,  à  2  col.,  de  269  ff.;  cuir  de  Russie,  compart. 
et  ornem.,  tr.  dor. 

Première  édition,  fort  rare.  C'est  le  quatrième  ouvrage  qui  ait  été 
imprimé  en  Italie  par  les  deux  élèves  de  Gutenberg^  qui  mirent  leur  in- 
dustrie au  service  des  Bénédictins  de  Monte-Subiaco,  fondateurs  du  pre* 
micr  atelier  typographique  dans  ce  pays.  Les  (ouvrages  sortis  des  presses 
de  ce  monastère  étaient  tirés  à  petit  nombre  et  n'étaient  pas  destinés  au 
commerce. 

Le  présent  exemplaire,  fort  beau  (sauf  le  P'  et  le  dern.  fi.),,  est  un  de 
ceux  qui  portent  a[)rès  la  souscription  les  mots  GOD.  AL.,  abréviation  de 
Godt  allein  die  Ehre  (à  Dieu  seul  l'honneur). 

161.  AUGUSTIlMjS  (S.).  (Aurelii  Augustini  de  Civitate  Dei 
libri  XXII.)  (A  la  fin  :)  Aurelij  Augustini  opus  de  digitale 
dei  féliciter  explicit  :  eonfectuz  uenetiis  ab  egregio  t  ditigêti 
nwgistro  Ni  calao  lenson  : ....  Anno  a  natiuilate  domini  mi" 
lesimo  quadringètesimo  sepiuagesinio  quinto  (l475)2  sexio 
nonas octobres,  In-fol.,  goth.,  à  2  col.;  mar.  noir,  compait. 
à  froid,  tr.  dor.  et  cis. 

Magnilique  exemplaire,  presque  à  toutes  marges.  Qq.  race. 

162.  AUGUSTINUS  (S.).  Canon  pro  recômendatione  huius. 
faniosi  operis  siue  libelli  sequëtis.  de  arte  predicandi  sancli 
augustini.  S.  L  //.  d.  (Mayence,  J.  Fust^  auanl  i466).  Pet. 


SAINTS-PERES  ET  THEOLOGIENS.  151 

in-fol.,  goth. ,  de  22  ff.,  à4o  lignes  par  page  ;  mar.  LaValiière, 
fil.,  ornem.  et  tr.  dor.  (Lortic). 

Incunable  rare  et  précieux.  A  la  page  2,  lig.  38  de  l'Avertissement,  on 
apprend  que  cet  opuscule  a  été  imprimé  par  J.  Fust,  ce  qui  n'a  pu  avoii* 
lieu  qu'avant  l'année  1466,  comme  cela  a  été  démontré  (voir  Brunet).  Le 
caractère  paraît  être  celui  des  Lettres  d'Indulgence  gravé  par  Gutenberg 
en  i454. 

Très  bel  exemplaire. 

163.  THOMAS  DE  AQllINO  (S.).  Incipit  prima  pars  secunde 
édita  a  fratre  Thoma  de  Aquino.  (A  la  fin  :)  Prevlarû  hoc 
opus, . .  Aima  in  vrbe  moguntina...  est  consurnmatii^  petru 
schoiffer  de  gernshem,  Anno  dni  millesimo  quadringente- 
simo  septuagesimo  prno  (1471).  Octuua  die  nouembris,  Gr. 
in-fol.,  goth.,  à  2  coi.;  mar.  vert.,  comp.,  Ir.  dor.  (Dura). 

Première  édition,  imprimée  à  Mayence,  et  fort  rare.  Très  bel  exem- 
plaire. 

164.  THOMAS  DE  AQUINO  (S.).  (Secunda  secundae  S.  Thomae 
Aquinatis.)  (A  la  fin  :)  Hoc  opus  prec/arù...  Aima  in  urbe 
moguniln ...est  osummatû per  Petrum schoiffher de gerns^ 
heiin.  Anno  dhi.  M ,  cccc.  Ixvij.  (1467  ;  1 468  n.  st.).  die sexta 
mens* marcij.  Gr.  in-fol.,  goth.,  à  2  col.;  veau  br.,  com- 
part.  à  fr.  [anc.  reL). 

Édition  de  Mayence,  la  première  avec  date.  Très  bel  exemplaire. 

165.  (LORENS.)  La  somme  desljvices  et  des  vertus.  (A  la  fin  :) 
Cestuy  présent  Hure  fist  et  côpila  im g  frère  de  lordre  des 
prescheurs  a  la  requeste  du  roy  philipe  de  jrance.  en  tan 
de  lincarnation  nostre  signeur  mil  ce  Ixxix.  Lequel  Hure  a 
faict  itnprinier  Anthoine  verard  demourant  a  paris  sus 
le  pont  nostre  dame  a  lymaige  de  saincl  iehan  leuàgeliste.  et 
vent  au  palais  deuant  la  chapelle  du  roy  ou  on  chante  la 
messe  /xmr  messeigneurs  les  presidens.  S.  d.  {açant  i5oo). 
Pet. in-4, goth.,  à  longues  lign.  de  26  à  la  page,  de  187  ff., 
sign.  a-Xj;;  mar.  olive,  fil.,  orn.  sur  les  plats,  tr.  dor. 
[Cape^. 

Cette  édition,  non  décrite,  est  plus  ancienne  que  celle  portée  au 
Manuel,  On  sait  que  Vérard  exerça  son  commerce  sur  le  pont  Notre-Dame 
de  1484  environ  à  l'année  1499,  à  la  fin  de  laquelle  la  chute  du  pont 
Tobligea  à  se  transporter  près  le  carrefour  Saint-Séverin,  puis,  en  sept. 
loOO,  rue  Saint-Jacques,  près  petit  pont.  C'est  à  ce  dernier  domicile  qu'il 


lo!2  THEOLOGIE, 

douua  la  soconde  édition  du  pK^sent  Jivre,  la  seule  connue  jusqa*à  pré- 
sent. 

Très  bel  exemplaire. 

166.  (PASCAL,  B.)  Les  Provinciales,  ou  les  lettres  écrites  par 
Louis  de  Montalte  à  vn  provincial  de  ses  amis  et  au\ 
RR.  PP.  Jésuites  :  sur  le  sujet  de  la  Morale,  et  de  la  Poli- 
tique de  ces  Pères.  Cologne  y  Pierre  de  la  Vallée  (D.  Else- 
vier)^  1657.  Tn-4;  mar,  bleu,  fil.  à  compart.,  tr.  dor. 
i^Lortic). 

Réimpression  de  l'édition  in -12  sous  la  môme  date.  Outre  les  dix- 
huit  premières  lettres  de  Pascal,  cet  exemplaire  contient  des  lettres 
d'Arnaud,  et  d'autres  pièces  relatives  à  la  polémique  des  Fontenistes  et 
des  Molinistes. 

167.  (SUSO,  Henri  de)  Lorloge  de  sapience|jnouuelleinentj| 
imprimée  a  paris.  (Au  v*  de  rav.-dern.  f.  :)  ExpUcit  lor- 
loge de  Sapience  Impri-\me  a  paris  ce  dixiesme  iour  de 
mars\\ mil  quatre  cens  quatre  vings  et  treze  (  1 493  ;  i  ^94  n  •  s.)il 
par  Antoine  verard  libraire....  Pet.  in-fol.,  goth.;  minia- 
tures; mar.  rouge,  riches  compart.,  tr.  dor.;  étui  en  peau 
de  truie,  compart.  à  froid  {Trautz-Bauzonnet). 

Première  édition  de  la  traduction  française  d'un  ouvrage  mystique 
jadis  célèbre,  di\  à  un  dominicain  de  Souabe  du  XIV**  siècle,  le  bienheu- 
reux Henri  de  Bcrg,  plus  connu  sous  le  nom  de  Henri  de  Suso  ou  der 
Seuse,  et  appelé  aussi  le  frère  ^Vmand. 

Magnifique  exemplaire  sur  vélin.  W  est  orné  de  seize  miniatures,  dont 
six  grandes,  exécutées  avec  une  finesse  remarquable,  et  dix  petites.  Les 
grandes  représentent  :  1°  la  Présentation  du  volume  par  Verard  à  une  dame 
vêtue  de  noir  et  agenouillée  dans  son  oratoire,  en  compagnie  de  deux  dames 
d'honneur  et  de  deux  suivantes;  2^  V Auteur,  accompagné  par  la  Sapience 
personnifiée  qui  tient  une  horloge,  faisant  lecture  de  son  livre  à  un  haut  per- 
sonnage vêtu  d'une  robe  écarlate  bordée  d'hermine,  et  entouré  de  sa  cour; 
3°  Vlntérieur  d'un  réfectoire  où  quatre  Jacobins  sont  assis  à  table,  pendant 
qu'un  frère  fait  la  lecture  ;  4®  un  autre  Réfectoire,  avec  cinq  Jacobine  à  table 
et  l'auteur,  accompagné  par  la  dame  Sapience,  donnant  lecture  de  ses  médi' 
talions.  Les  deux  autres  miniatures,  de  forme  circulaire,  divisées  horizon- 
talement en  deux  compartiments,  représentent  renseignement  de  diverses 
doctrines  par  la  Sagesse  elle-même  et  par  un  de  ses  disciples.  Ces  six 
peintures  sont  encadrées  de  belles  bordures.  Les  dix  petites  miniatures 
recouvrent  des  sommaires  imprimés  de  chapitres,  sommaires  qa'on  a 
transcrits  ensuite  sur  les  marges. 

On  connaît  en  tout  six  autres  exemplaires  sur  vélin  de  ce  beaa  livre; 
trois  sont  conservés  à  la  Bibliothèque  nationale,  et  Tun  d'eux  n'a  que  trois 
peintures,  comme  celui  du  Musée  britannique. 


SAINTS-PÈRES  ET  THÉOLOGIENS.  153 

168.  (De  ImitationeChristi,  etc.)  In  hoc  volumine  coiUinentur 
subscripta  :  Ieronimus  de  viris  illustribus...  Ieronimus  de 
essentia  diuinitatis.  Thoma^s  de  aquino  de  articulis  fidei 
et  ecclesie  sacramentis.  Augustinus  de  quantitate  anime. 
AcGUSTJWiTs  de  Soliloquio.  Item  Spéculum  peccatoris.  Qua- 
tuor iibri  pciales  de  imitacôe  xpi...  Item  errores  iudeorum 
exTalmut.  llem  veritates  pro  probatione  articuiorum  xpi. 
Processus  iudiciarius  ipsius  Mascaron  piocufis  tartaro^  0 

genus   hùanû.    Donatus    arte    grâmatic' p   allegoriâ 

.ofect'...  liber  de  arte  moriendi.  (Jaguslse,  Gunuœr  Zninerj 
vers  1470).  In-fol.,  goth.;  mar.  La  Vallière,  riches  com- 
part.  à  fr.,  Ir.  dor.  et  cis.  {l.ortic). 

Recueil  précieux  de  pièces  remarquables  imprimées  à  Augsbourg, 
parmi  lesquelles  se  trouve  V édition  originale  de  Hmitation,  la  seule  pièce 
qui  contienne  le  nom  de  l'imprimeur  (f.  187)  :  Vin  egregij  Thome  montis 
sancte  Agnetis  [Thomas  à  Kempis]  in  \\  Traiecto  regularis  canonici  Iibri  de  xpi 
imitatiôe  \\  numéro  quatuor  finiunt  féliciter,  per  Gintheum  (sic)  ||  zainer  exreu- 
tlingen  pgenitù  literis  impssi  ahenis. 

Ce  recueil  est  extrêmement  rare,  surtout  bien  complet  comme  celui-ci, 
avec  un  feuillet  volant  placé  en  tête,  imprimé  avec  les  mômes  caractères 
que  le  livre,  et  contenant  la  table  des  pièces  que  nous  avons  transcrite  en 
guise  de  titre. 

Exemplaire  de  toute  beauté,  très  grand  de  marges.  II.  r  0",297.  Enca-» 
drement  peint  à  la  première  page. 

169.  BELLEGARDE(rabbé  de).  La  Manière  de  prier  et  de  médi- 
ter avec  des  Remèdes  contre  les  Passions  du  cœur  et  de  l'es- 
prit. Dédiée  aux  Demoiselles  de  saint  Cyr.  Par  M.  Tabbé 
de  Bellegarde.  Seconde  édition  augmentée.  Parisj  Jean  et 
Midi.  Guignanly  i^oS.  In-12;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor. 
{anc.  reL). 

Exemplaire  aux  armes  de  madame  de  MAÏNTENON.  La  croix  de  Saint- 
Cyr  est  collée  sur  le  plat  intérieur. 

170.  ANTONIO  [BETTIM]  DA  SIENA.  Inconmincia  ellibro  in- 
titulato  Monte  sanclo  didio  Composto  damesser  Antonio  da 
Siena  Reuerendissimo  ueschouo  difuligno  délia  congrega- 
tione  de  poueri  Jesuati.  (A  la  fin  :  )  Finito  einiole  sro 
didio  pme  Nicolo  dilorèzo  dellaniagna.  Florentie.  X.  die 
mensis  septembris  anno  Domini.  M.CCCCLXXyil \i[\']']). 
fîr.  în-4,  fig. ;  mar.  rouge,  fil.  et  tr.  dor.  (anc,  reL). 

«  Volume  très  rare,  dit  Brunet,  et  recherché  parce  qu'il  est  le  premier 
livre  connu  où  Von  trouve  des  planches  en  taille-douce,  »  On  en  attril)ue  les 
dessins  à  Sandro  Botticelli  et  la  gravure  à  Baccio  Baldini.  Ces  planches. 


i:U  THEOLOGIE. 

ainsi  que  celles  du  Dante,  du  même  imprimeur  (1481),  exécutées  incon- 
testablement par  les  mêmes  artistes,  constituent  de  précieux  documents 
pour  l'histoire  de  Torigine  de  la  gravure  en  creux. 

Très  bol  et  rare  exemplaire  avec  les  trois  planches.  Le  premier  f.  du 
texte  est  entouré  d'une  bordure  enluminée.  Qq.  race. 

171.  GERSON  (J.).  Eximii  doctoris  mgri  iohânis  gerson  can- 
cet-||larij  parisiensis  in  suas  optimas  sex  lectiones||de  vila/ 
egritudine  et  morte  aîme  spirituali  jj  tractantes,  quibus  et 
due  eiusdem  doctoris  il{{[uminatissiini  super  marcum 
subiunguntur  ||  Icônes  féliciter  prologus  incipit.  (A  la  fin:) 
Benedictus  deus  y...  Gerardo  leeu  in  opido  Gouden  Incipere 
donauil  et  perficere  ab  incarnacioë  domini  qh  (sic)  Mille- 
simus  quadringentesimus  ocfuagesimus  (  1 480)  scrihiiur  anus. 
Mens/s  septembris  die  deciniaquinta.  (Au-dessous,  la  mar- 
que de  Gérard  Leeu.)  Pet.  in-4,  goth.,  de  i3i  ff.  n.  ch., 
donl  le  premier  est  blanc,  sign.  (i-r\  veau  fauve,  fil.,  tr. 
dor.  {Simier). 

Ouvrage  .non  cité  dans  le  Manuel  et  extrêmement  rare. 

Leeu  ou  Leew,  un  des  plus  anciens  imprimeui*s  des  Pays-Bas,  exei'ça 
k  Gouda  de  1477  à  1485  et  à  Anvers  vers  1492.  Ses  types  ressemblent, 
bien  que  perfectionnés,  à  ceux  des  livrets  attiibués  à  Coster. 

Superbe  exemplaire. 

172.  BOSSUET.  Instruction  sur  les  estats  d'oraison,  où  sont 
exposées  les  erreurs  des  faux  mystiques  de  nos  jours  :  avec 
les  actes  de  leur  condamnation^  par  Mess.  J.-B.  Bossuet. 
Paris  y  y.  Anisson,  1697.  ln-8;  mar.  rouge,  fil.  et  tr.  dor. 
[atic.  reL). 

Première  édition.  Magnifique  exem[)laire  revêtu  d*une  belle  reliure  aux 
armes  de  BOSSHET. 


JURISPRUDENCE 


173.  (MONTESQUIEU.)  De  TEspril  des  loix.  Genèi^e,  Barilbt 
et/ils  [i'j^S).  2  vol.  in-4  ;  mar.  rouge,  fil.  et  tr.  dor. 

Édition  originale.  Trjès  bel  exemplaire,  avec  la  carte. 

174.  lUSTINIANUS Incipit  liber  pmus  dni  iustin  impa- 

toris  institucônCi  seu  elementorum.  (A  la  fin  :)  Pns  institua 

tionû  pclarû  opus  Alnui  in  vibe  magûtina è  osummatû 

P  Peu  H  schoyjfer  de  Germheyni  Anno  dnice  incarnationis. 
Millesirno,  cccc.  Ici'/ ij  [if^G8)  incesima  quarta  die  mensis 
Mnij.  Gr.  iii-fol.,  goth.,  à  2  col.,  entouré  de  gloses;  mar. 
La  Vailiére,  riches  comp.  à  froid,  tr.  dor. 

Première  édition,  extrêmement  rare.  «  Le  texte,  dit  Brunet,  est  im- 
primé avec  les  caractères  de  la  Bible  de  146*2,  et  la  glose  avec  ceux  du 
Durand  de  1459.  L'exécution  typographique  en  est  très  remarquable  et 
certes  on  ne  ferait  pas  mieux  aujourd'hui.  » 

Ce  précieux  incunable  de  Mayence  contient  à  la  dernière  page  douze 
distiques  relatifs  à  l'invention  de  l'imprimerie. 

Magnifique  exemplaire  sur  vélin. 

175.  lUSTINIEN.  Institutions  Impériales. Âuec  certaines  Gloses 
et  Arbre  ciuil,  où  sont  insérées  les  formules  des  demandes, 
ou  libelles  iudiciaux,  sur  chacune  action.  Le  tout  mis  en 
françois,  par  maistre  Nicole  de  Lescut,  secrétaire  du  duc 
de  Lorraine.  Lyon^  lean  de  Toifrnes\  1647.  ln-12;  mar. 
rouge,  fil.,  tr.  dor.  [Dura). 

Cette  traduction  des  Institutes  de  Justinien  parait  avoir  échappé  aux 
bibhographes  ;  c'est,  d'ailleurs,  la  seule  des  traductions  en  prose  anté- 
rieures au  siècle  dernier  cpii  ait  été  imprimée. 

Très  bel  exemplaire. 

176.  Les  Ordonnances/  Sta-l|tutz  ^  Instructions  Royaulx/ 
faictes  par  feux  de  bonne  mémoire  les  ||  Roys  sainct 
Loys  /  Philippe  le  Bel  /  Jehan  /  Charles  le  Quint  /  Charles  || 


156  JURISPRUDENCE. 

sixiesme/  Charles  septiesme/  Loys  ▼nziesme/  Charles  huy- 
tiesme  /{|  Loys  douzîesme  et  Françoys  premier  de  ce  nom  :... 
le  nouuel  cry/  f  ordonnâce  des  monnoyes/ Faîct/||  or- 
donne/crye  f  publye  de  par  le  Roy  nostre  sire/cesle 
présente  année/ y  Mil  cinq  cens  trente  p  buyt.  On  les  i}end 
a  Paris  en  la  rue  neufue  nostre  (lame  fa  lenseigne\\  de  la 
Roze  rouge  I  par  Henry  paquot  j  libraire  taré  de  Luniuersiie. 
(A  la  fin  :)  Fin  des  présentes  ordonnances  j  Nouuelletnent 
imprimees\\a  Paris  j  par  Estienne  Caueillerj  imprimeur  l\\ 
demourant  a  la  rue  du  Bon  Pujz  (i/>38).  In-fol.,  goth., 
de  \i  ff.  et  i58  ff.  ch.,  à  longues  lignes  ;  niar.  rouge  du 
Levant,  fil.,  avec  l'écu  de  France  au  centre  des  plats,  dos 
orné,  tr.  dor.  et  cis.  [Ij)r1ic). 

Magnifique  exemplaire  de  cette  édition  non  décrite  et  plas  complète 
que  toutes  celles  indiquées  au  Manuel,  Au  titre  une  jolie  gravure  sur  bois 
représentant  la  Vierge  glorieuse. 

177.  Les  coustumes  generalles  de  la  ||  preuoste  et  viconte  de 
Paris,  jl  Et  sont  lesdictes  coustumes  a  vendre  a  Pa)\ris 
rue  àuinct  Jaques  a  (enseigne  de  la  Jleur  de  ||  liz  dor;  en 
Ihoslel  de  Jehan  petit.  Et  au  palais  ||  par  GuUlawne  eitsia-- 
cite  au  tiers  pi  Hier  ;  Cômis  \\  des  greffiers  du  chasfeltel  de 
Paris.  Auec  le  priuilege  de  messieurs  de  Parlement.  S.  d. 
(v.  i5i4).  Gr.  in-8,  goth.;  veau  fauve,  fil.,  tr.  dor.  {anc. 
rel.). 

La  plus  ancienne  édition  connue  de  Tancien  texte  de  [la  Coutume  de 
Paris.  Elle  est  de  toute  rareté. 
Très  bel  exemplaire  sur  vélïn. 


178.  Coustumier  du  pays  {|  de  poictou.  ||  Nouuellement 
forme/  publie  et  enionct  estre|{garde  pour  loix  audit  pays 
sans  plus  en  faire  {|  preuue  par  tourbe  tesmoings  ne  autre- 
ment. Il  Et  sont  a  vendre  es  enseignes  de  la  fleur  de^  Ijrsj  et 
du  pellican  a  paris  et  a  poictiers,  [Chez  les  Marne f;  1 5 1 40 
In-4,  goth.;  ais  de  bois  couverts  de  veau  brun,  compart. 
et  ornem.  dorés  et  à  froid ^  fleurs  de  lis  et  armes  de  France 
avec  la  Salamandre  de  François  P%  tr.  dor.,  fermoirs  en 
argent  {reL  du  temps). 

Précieux  exemplaire  sur  vélin,  qui  fut  présenté  à  FRANÇOIS  I*'  dont  il 
poi-te  les  insignes  sur  la  reliure.  C'est  le  SEUL  CONNU,  matheoreiuement 
il  est  incomplet  du  \ù^  feuillet. 

11  provient  des  collections  Solar  et  Double.  On  trouvera,  aa  catalogae 
illustré,  une  reproduction  de  la  curieuse  reliure  dont  il  est  revêtn. 


JURISPRUDENCE.  157 

179.  Les  coustumes  du  pays  ||  et  duché  de  Bour|lbonnoys... 

(A  la  fin  :  ) Imprimées  a  Paris  par  Maistre  Pierre  vi- 

doue  pour  Galliol  du  pre S.  d.  (iSai).  In-8,  goth.,  de 

8  et  78  ff.  ;  peau  de  truie,  ornem.  à  froid,  fermoirs  en 
argent  oxydé,  dans  une  boîte  de  peau  de  truie  (Trautz- 
Bauzonnet), 

Précieux  exemplaire  sur  vélin,  d*une  conservation  admirable,  et  LE 
SEUL  CONNU  de  cette  édition  dédiée  à  Anne  de  Beaujeu,  par  Pierre  Papil- 
lon, son  chancelier;  exemplaire  destiné  à  être  offert  à  PIERRE  D'AU- 
VERGNE, connétable  de  France  et  époux  de  la  régente. 

«  Le  frontispice  [peint  en  or  et  en  couleurs]  représente  un  cerf  ailé 
«  portant  en  sautoir  les  armes  de  Bourbon,  accompagné  des  initiales 
«  P.  A.  (Pierre  d'Auvergne  et  Anne  de  Beaujeu)  et  K.  (Karolus).  Deux  dex- 
«  trochéres  soutiennent  les  épées  d'azur  fleurdelisées  :  l'une  est  celle  du 
«  connétable;  l'autre  est  celle  de  Pierre  d'Auvergne,  qui  eut  le  gouver- 
«  nement  de  l'État  conjointement  avec  la  régente,  durant  la  minorité  de 
«  Charles  VIIL  Les  deux  épées  sont  entourées  de  la  ceinture  de  gueules 
«  ardillonnée  d'or,  insigne  de  l'ordre  de  VEspérance  ou  du  Chardon^ 
u  fondé  en  1360  par  Louis  II,  duc  de  Bourbon,  à  son  retour  d'Angleterre, 
«  où  il  avait  partagé  la  prison  du  roi  Jean.  La  terrasse  est  plantée  de  trois 
«  grands  chardons,  avec  feuilles,  boutons  et  fleurs.  Ce  volume  peut  être 
t«  regardé  comme  l'un  des  derniers  monuments  de  l'ordre  de  VEspérance 
«  qui  rivalisait  avec  celui  de  YEstoUe,  fondé  par  le  roi  Jean.  » 

La  note  qui  précède .  est  extraite  de  celle  du  catalogue  Monmerqué, 
reproduite  intégralement  dans  celui  de  la  bibl.  Yemeniz. 

Les  initiales  de  ce  beau  volume  sont  enluminées  en  or  et  en  couleurs. 

180.  Des  Coustumes  du  Bailliage  de  Sens  et  anciens  ressorts 
d'iceluy,  rédigées  et  arrestées  au  mois  de  Novembre  Tan 
Mil  cinq  cents  cinquante  cinq,  par  ordonnance  du  Roy. 
A  Sens,  de  l'imprimerie  de  Gilles  RichebojrSy  MDLVI  (i  556). 
Pet.  in-4,  de  6  ff.  prél.,  70  pp.  et  i  page  (errata);  veau 
brun,  fil.  et  ornem.  sur  les  plats,  tr.  dor.  [rel.  duXVV  s.). 

Ce  beau  livre,  que  M.  Didot  rangeait  parmi  les  chefs-d'œuvre  de  la  typo- 
graphie, est  orné  de  fleurons  et  de  grandes  initiales  dessinées  par  Jean 
COUSIN,  ami  et  compatriote  de  l'imprimeur  senonais.  Le  fleuron  du  titre 
et  celui  de  la  page  95  sont  des  bijoux  de  décoration.  Nous  renvoyons  le 
lecteur  à  l'intéressant  chapitre  que  M.  Didot  a  consacré  à  ce  volume  dans 
son  tXude  sur  Jean  Cousin  (pp.  188-189),  ainsi  qu'au  Recueil  des  œuvres 
choisies  de  cet  artiste,  où  l'on  trouvera  la  reproduction  des  plus  beaux 
fleurons  et  de  toutes  les  initiales  de  ces  Coustumes,]] 

jure  fait  men||cion  des  ordônances  de  la  pre- 


181 .  Le  présent  li 
uoste  des  mar 
Imprime  par  lordoiiuàce  de  messeii^neurs  \\  de  la  court  de 


chans  et  escheuinaige  de  la  ville  de  Paris. 


158  JURISPRUDENCE. 


parlement^  ou  mojrs  de  J annuler.  Lan  de  grâce  MilCincq  cens 
i5oo;  i5oi  n.  st.).  In-fol.,  goth.,  fig.  s.  bois;  mar.  vert, 
il.,  tr.  dor.  [Bauzonnet-Traulz). 


i 


Cet  ouvrage,  orné  de  gravures  sur  bois  représentant  divers  métiers, 
est  fort  intéressant  pour  Thistoire  de  l'industrie  parisienne.  C'est  la  plus 
ancienne  édition  de  ces  ordonnances. 

Très  bel  exemplaire.  Lo  premier  f.  est  refait. 

182.  Ordonnances  royaulx  :  De  la  iurisdi*|cion  De  la  preuoste 
des  marchas  ^  escheuinaige  de  la  vile||de  Paris (A 

•  la  fin  :  )  Nouuellemêt  imprime  a  paris  le  sameify.  xix.  io^ 
de  decêbre  mil  cinq  ces  viw^lhuyl  (iSaH)  par  Jaqs  ny^ 
uerd...  2  part,  en  i  vol.  In-4,  goth.,  fig.  sur  bois;  mar. 
brun,  ornem.  à  froid,  tr.  dor.  (6'.  Lewis). 

A  la  fm  de  la  l'^jpartie,  se'  trouve  une  souscription  indiquant  Taché- 
vcment  de  l'impression  le  20  novembre  1528,  et,  derrière,  la  marque  de 
Jacques  Nrvcrd.  A  la  fin  des  additions  se  trouve  la  souscription  ci-des- 
sus. Ce  volume  renferme  erj  figures  sur  bois,  dont  celle  du  titre  est  fort 
curieuse. 

Très  bel  exemplaire. 

183.  Les  Ordonnances  rovavx,  svr  le  faict  et  ivrisdiction  de 
la  prevoslé  des  Marchands,  et  Escheuinage  de  la  ville  de 
Paris.  Nouuellement  corrigées  sur  les  registres  de  l'Hostel 
d'icelle  ville...  A  Paris ^  pour  leanne  le  Rojr,  veufuede  feu 
Nicolas  Ro If ('i^  i582.  ln-49  de  6  et  261  ff.  ;  mar.  olive, 
doré  en  plein,  tr.  dor.  (?  Eve), 

Très  bel  exemplaire,  réglé,  d'une  édition  rare,  revêtu  d*iine  magni- 
fique reliure,  à  riches  compartiments,  avec  Técusson  de  la  ville  de  Puris, 
et  les  armes,  ainsi  que  le  chiilre,  d'Etienne  de  Neully,  prévôt  des  mar- 
chands de  1582  à  1580.  Nous  en  donnons  une  reproduction  au  catalogue 
illustré. 

184.  COR6IN  (Jacques).  Traicté  des  droicts  de  patronage,  ho- 
norifiques, et  autres  en  dependans...  par  lacques  Corbin, 
1622.  Paris ^  Thom.  Biaise.  In-8,  front,  et  porir.  ;  mar. 
rouge,  riches  ornem.  sur  les  plats,  tr.  dor.  {anc.  rel.  genre 

Le  Gascon). 

L'auteur  de  ce  livre  pétait  mauvais  poète,  mais  assez  bon  jurisoon* 
suite.  Volume  peu  connu  et  fort  rare,  orné  d'un  beau  firontispice  gravé 
par  Cl.  Mellan. 

Exemplaire  revêtu  d'une  superbe  reliure. 


JURISPRUDENCE.  159 

185.  Le  guydon  des  Practiciens||  Contenant  tout  le  faict|{  do 
Practique,  Il  Comme  l'on  se  doibt  conduyre  en  exerceant 
ycelle.  Premièrement  im|| prime  auecson  repertoyreetauec 
les  allégations  des  droictz.||  Et  est  diuise  par  plusieurs  cha- 
pitres :  Comme  il  apert|| amplement  en  la  tal3le  de  ce  pré- 
sent Liure.  ||Noiiuellement  imprime  a  Paris.  ||  M. D. XXXIX. 
(ici  la  marque  de  Denis  Janot).  Auec  priuillege.  ||  On 
les  vend  en  la  rue  neufue  Nostre  Dame  a  lenseigne\\ 
Sainct  Jehan  Baptiste  cotre  Saicte  Geneuiefue  \  des  ardens 
par  Denys  Janot  (iSSq).  In-4,  goth.,  de  4û  ff.  prél.  non 
ch.,  dont  un  blanc,  et  de  cclxxxvij.  ff.,  plus  i  f.  pour  la 
marque;  mar.  bleu,  fil.  et  tr.  dor.  [Lortic). 

Édition  non  citée  au  Manuel,  et  Tune  des  plus  anciennes.  Elle  a 
a  été  donnée  par  les  soins  d'Estienne  Dolet,  dont  un  touchant  avis  au 
lecteur  se  trouve  au  verso  du  titre. 

Superbe  exemplaire. 

186.  Le  grâd  Cou||stumier  de  France /Instruction  de  Prac- 
tique ||  manière  de  procéder  ^  practiquer  es  souueraines|| 
courts  de  Parlemêt/  Preuoste  et  Viconte  de  Pa||ris  ^  aul- 
tre  iurisdictiôs  du  royaulme.  De  nou||uel  reueu  et  corrige 
oultre  les  précédentes ||impressiôs|  ...  M.D.xxxvij  (1537). 
On  le  vend  a  Paris  en  la  grand salle\\du  Palais  I en  la  bou^ 
tique  de  Àrnoul  jet  ||  Charles  les  Àngeliers  f  frères  / . . .  (A  la 
fin  :  )  Imprime  a  Paris  par  Es  tienne  Caueiller  j|  Impri- 
meur :  Et  fut  acheue  le  vingt\\  f  quatrième  iour  de  May  \\ 
mil  cinq  cens  trente\\  ^  sept.  In-8,  goth.,  avec  pi.;  mar. 
rouge,  lil.  à  compart.  et  ornem.,  tr.  dor. 

Édition  fort  rare.  Très  bel  exemplaire. 

187.  BOUTILUER  (Jehan).  Somme  rural.  (A  la  fin:)  Cy 
fine  la  somme  rural  compilée^  Jehan  boutillier  conseillier 
du  raya  paris.  Et  imprime  en  la  ville  dabbeuille  ^  pierres 
gerardlan  mil .  cccc .  Lrxx ^  i'/( i486).  In-fol.,  goth.,  à  1  col.; 
mar.  rouge,  riches  comp.,  tr.  dor.  [Niedrée). 

Seconde  édition  de  cet  ouvrage  célèbre,  mais  qui  n*est  qu'une  repro- 
duction de  la  première  (Bruges,  Colard  Mansion,  1479).  Elle  est  très  pré- 
cieuse, attendu  que  c'est  le  'premier  livre  imprimé  à  Abbeville. 

188.  Le  prothocolle  for||mulaire  stille  et  art  des  notaires 
royaulx/ Il  tabellions  /  greffiers  /  sergens  /  et  autres  per 
sonnes  publicques  ^  praticiens   des  cours  layes  mesme 
ment  des  notaires  ou  chastelet  de  paris.  Pour  aprendre 


160  JURISPRUDENCE. 

a  rédiger  par  escript  to*  contractz  instrumens  enquestes 
informations  inuentaires  partaiges....  Extraitz  partie  delà 
somme  Roulâdine  |  partie  du  ProthocoUe  de  leu  maistre 
I^ys  barthelemy  en  son  viuant  notaire  ou  chastellet  de 

Pans (A.  la  fin  :)  Cy  finis t  le  prolhocoUe....  Imprime  a 

paris  le  xix  iour  de  mars  lari  mil  cinq  cens  et  xi^iii  (i  5 1 8), 
vour  maistre  durand  Gerlier  libraire  iure  en  luniuersite  de 
paris....  Pet.  in-8,  goth.,  de  i88  fF.  ch..,  plus  8  £F.  (pri- 
vilège et  tablej,  in  ïign.  par  page;  mar.  vert,  fil.,  tr  dor. 
•  [Masson-Debonnelle^. 

Première  édition,  non  citée  dans  le  Manuel;  au  v®  du  dernier  f.  dt» 
Touvragc,  ainsi  qu'au  i^  du  f.  suivant,  se  trouve  la  marque  de  Daraud 
Gerlier. 

Magnifique  exemplaire,  grand  de  [marges  et  (très  par.  Race,  aa  der- 
nier f. 

189.  GR/\.TI\M3S.  In  nomine  sancte  et  indiuidue||  trinitatis. 
Incipit  concordia  di||scordantium  Canonum.  Ac  pri||mum 
de  iure  constitutionis  na||ture  bumane.  Rubrica.  (A  la 
fin  :)  P resens  Gratiani  decreluni  vna  cûapparatu  Bariho. 
Brixien —  est  cosùmalù  per  venerabilem  virû  Heinricû 
E^gesteyn,...  ciuem  incliie  ciuilatis  Argentin,  jinno  dni 
M^.cccc^.lxxf  (1471).  Gr.  in-fol.,  goth.,  à  2  coL,  texte  en- 
touré de  la  glose;  mar.  rouge,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.  [Loriic). 

Première  édition,  foil  rare  et  en  môme  temps  le  premier  Itore  imprimé 
a  Strasbourg  avec  date. 

Magnifique  exemplaire,  grand  de  marges. 

190.  CiRÀTIANUS.  Incipit  discordantium  canonû  con||cordia 
acprimu^  de  iure  nature  et||  bumane  constitutionis.  Rubrica. 
(A  la  fin  :)  yinno  incarnationis  dnice  M.cccc.lxxij  [li^'jT). 
Idib'  aui^ustijs....   in  nôbili  urbe  Mogùcia....  hoc  presens 

Gratiani  décret  uni....  Pet  rus  schoiffer  de  gerns'heym 

féliciter  consummauit.  In-fol.,  gotb.;  texte  entouré  de  la 
glose;  mar.  rouge,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.  [Lortic). 

Edition  foi-t  rare.  Superbe  exemplaire. 

191 .  BOMFACIUS  VIII.  (Liber  sextus  decretalium.)  (A  la  fin  :) 
Presens  huius  sexti  decretaliû  preclarum  opus...  est  OSU" 
mntû  per  Johannê  fust  ciuem  moguntinû  et  Pelrû  êclioij^ 
fer    (le   gerns'heym.    Anno  domini.    A/.ccûC.   sexagesimo 


JURISPRUDENCE.  161 

qufto  (\^65).die  vero  décima  septima  wensis  decembris, 
In-fol.,  goth.,  à  2  col.,  texte  entouré  de  la  glose;  mar.  vert. 

Première  édition  extrêmement  rare. 

4k 

Superbe  exemplaire  sur  vélin,  avec  les  4  flf.  prél.  contenant  la  généa- 
logie de  J.  Andrée. 

192.  BONIFACIUS  VIII.  Incipit  liber  sextus  decretalium  dni 
bonifacij  pape  VIII.  (A  la  lin  :)  Presens  huius  sexti  decre- 

taliû  preclarû  opus.  Aima  in  urbe  magunlina per  Pe- 

tram  schoiffer  de  gernsshem.  Anno  domini  M,  cccclxx. 
(1470).  tiic  vero  xi>ij mensis  aprilis\  In-fol.,  goth.,  à  2  col.; 
mar.  La  Vallière,  riches  conip.  à  froid.,  l'r.  dor.,  coins, 
milieux  et  fermoirs  en  métal  doré  (Lortic). 

Seconde  édition,  imprimée  avec  les  mêmes  caractères  que  la  pre- 
ihière. 

Exemplaire  sur  vélin,  de  toute  beauté,  revêtu  d'une  riche  reliure  dans 
le  style  du  XV®  siècle. 

193.  CLEMENS  V.  Incip.  cpstônes  cle.  ppe.  v.  vnacû  appa- 
ratu  diii  Jo.an.  [Andreae].  (A  la  fin:)    Presens  démentis 

quinti  opus Aima  in  vrbe  magunlina per  Petrum 

schoiffer  de  gernsshem,  Anno,,,  M.  cccc,  Ixxi  (147 0* 
Iredecima  die  mensis  Augustin  In-fol,,  goth.,  à  2  col.,  texte 
entouré  de  la  glose;  mar.  vert,  dent.,  tr.  dor. 

Très  bel  exemplaire  sur  vélin,  avec  les  4  ff.  contenant  la  règle  de 
saint  François  (£d?ii;i  de  Paradiso..,)  et  la  constitution  de  Jean  XXIII.  Piq. 
de  vers. 

194.  Le  Songe  du  vergier  lequel  ||  parle  de  la  disputacion  du 
clerc  et  du  cheualier.  (A  la  fin  :)  .,,  Imprime  a  paris  par  Le 
petil  laurens  pour  vénérable  homme  Jehan  petit  libraire, , , 
S.  d.  (vers  i5oo).  In-fol.,  goth.,  à  2  col.,  fig.  s.  bois; 
mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  {Trautz-Bauzonnet), 

Le  Songe  du  Vergier  y  composé  vers  1374  par  un  anonyme,  a  pour  but 
la  défense  de  la  juridiction  royale  contre  les  entreprises  de  la  juridiction 
ecclésiastique.  L'auteur  serait  selon  les  uns  Raoul  de  Presles,  selon  d'au- 
tres Philippe  de  Mézières  ou  bien  Charles  de  Louviers.  Cette  édition  est 
la  seconde,  mais  elle  est  plus  belle  que  la  précédente. 

Magnifique  exemplaire,  très  pur.  Titre  restauré. 


195.  Liber  ||  Constitulionuni  Ecclesie  et  ||  Diocesis  Lascurrensis 
[per  Jacobum  de  Fuxo,  episc.  Lascurrensera  editus]/  nuper 

w 


162  JURISPRUDENCE. 

impressus  Pati/\\per  Joannem  de  yinglesj  et^Henrîciwi 
Piper  \\IU.  D.  Uj.  (i552).  Pet.  în-/|;  mar.  brun,  riches 
compart.  en  mosaïque,  tr.  dor.  [rel.  du  XFT  s.). 

Volume  de  toute  rareté,  publié  par  les  soins  de  Jean  de  Foîx,  éveque 
de  Lescar.  C'est  un  des  deux  premiers  livres,  sinon  le  premier,  qui  aient 
été  imprimés  à  Pau.  M.  P.  Deschamps  {Bictionnaire  de  Géographie)  ne 
,  parie  pas  de  ce  volume  à  l'article  consacré  à  Thistoire  de  l'imprimerie 
dans  la  ville  de  Pau,  bien  que  Brunet  l'ait  suffisamment  décrit;  mais,  en 
revanche,  il  en  cite  (art.  Benehaimum)  une  édition  qui  aurait  été  exécutée 
par  les  mêmes  typographes,  mais  qui  ne  porterait  aucune  mention  du 
lieu  d'impression,  ce  qui  conduit  le  savant  bibliographe  à  la  présenter 
comme  ayant  été  imprimée  à  Lescar  même.  II  est  douteux  que  cette  édi- 
tion ait  jamais  existé,  car^il  parait  inadmissible  que,  dans  la  même  année, 
on  ait  eu  besoin  de  faire  imprinMîr  deux  fois  un  livre  d'une  spécialité 
aussi  restreinte.  Cette  assertion  provient  évidemment  du  défaut  de  préci- 
sion bibliographique  de  la  part  de  l'auteur  du  livre  où  M.  Deschamps  a 
puisé  son  renseignement. 

Exemplaire  sur  vélin,  dans  sa  première  reliure.  Sur  le  titre,  on  lit 
cette  signature  :  L.  Dalbret  [d'Albret]  è.  [évéque]  de  Lescar, 


SCIENCES  ET  ARTS 


I.  SCIENCES    PHILOSOPHIQUES. 

196.  LESCL4CHE  (L.  de).  Première  Partie  de  la  Philo- 
sophie, ou  la  Logique  divisée  en  quatre  parties  [i'%  a* 
et  3°  dans  ce  vol.],  par  Louis  de  Lesclache.  Paris ^  Laurent 
Rondety  1666.  ln-8.  —  Quatrième  partie  de  la  Logi- 
que, etc.  Ibid.  —  Quatrième  partie  de  la  Philosophie 
morale,  etc.  Ibid.  —  Continuation  de  la  quatrième  partie 
de  la  Philosophie  morale,  etc.  Ibid,  -^  Cinquième  partie 
de  la  Philosophie,  ou  la  Théologie  naturelle,  etc.  Ibid. 
—  Ensemble  5  vol.;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  {anc.  rel.). 

Exemplaire  revêtu  d'une  des]  plus  belles  reliures  aux  armes  et  au 
chiffre  de  Colbert. 

Chaque  voluftie  est  précédé  d'un  titre  gravé.  Celui  de  la  Philosophie 
moi'ule,  gravé  par  F.  Chauveau,  porte  :  La  Philosophie  morale  divisée  en 
quatre  parties,  dont  les  trois  premières,  formant  sans  doute  un  seul  vo- 
lume, paraissent  manquera  cet  exemplaire,  bien  que  l'indication  imprimée 
au  dos  ne  le  fasse  pas  pressentir.  Le  privilège,  daté  de  t663,  désigne  ce 
recueil  sous  ce  titre  :  le  Cours  de  Philosophie,  divisé  en  cinq  parties.  Si  cet 
ouvrage,  comme  il  faut  le  croire,  devait  servir  de  texte  à  la  PhilosophU 
expliquée  en  tables^  du  même  auteur  (voy.  Brunet),  il  lui  manquerait  en- 
core, non  compris  le  1®'  vol.  de  la  Morale,  deux  autres  parties  :  la 
Science  générale  et  la  Physique,  pour  compléter  la  concordance  du  texte 
avec  les  tables.  Dans  une  vente  faite  récemment  (28  février  1879)  par 
M.  Labitte,  il  s'est  trouvé  un  volume  appartenant  à  cet  exemplaire,  revêtu 
d'une  reliure  identique.  Il  contenait  :  V Ordre  des  principales  choses  dont  il 
est  parlé  dans  la  Philosophie  (1666),  ce  qui  paraît  correspondre  à  la  partie 
de  la  Science  gcncrale  dont  nous  venons  de  parler;  et  les  Avantages  qui 
les  femmes  retirent  de  la  Philosophie  (1667).  Ce  volume  isolé  a  atteint  lé 
prix  de  400  fr.  à  cause  de  sa  belle  reUure. 

197.  PLATON.  Omnia  Platonis  Opéra  (en  grec).  (A  la  fin  :) 
FenetiiSf  in  œdib.  ^Idi,  et  Àndrese  Soccri  mense  septembris 
M.  D.  XIll  (i5i3).  In-fol.  ;  mar.  La  Vallière,  fil.  à  froid, 
ornem.  et  ancre  aldine  sur  les  plats,  tr.  dor.  {Lortic), 

Première  édition  des  œuvres  de  Platon,  précieuse  et  rare,  publiée  par 


l()i  SCIENCES  ET  ARTS. 

les  soins  réunis  de  Marc  Musuros  et  d'Aide  Mannce.  Jusqu'alors,  il  a'ayait 
rien  paru  de  oc  philosophe,  môme  isolément.  Le  texte  de  cette  édition  est 
excellent.  Elle  est  précédée  d'une  belle  dédicace  au  pape  Léon  X,  où  Aide 
s'étend  longuement  sur  les  grands  services  rendus  aux  lettres  par  le  pape 
Nicolas  V  et  par  la  maison  de  Médicis.  Ce  document,  presque  oublié  au- 
jourd'hui, quoiqu'il  soit  fort  important  pour  riiistoire  littéraire,  a  pour  la 
première  fois  été  traduit  en  français  par  M.  Didot  {Aide  Manuce^  pp.  34(U 
3ol),  do  même  que  les  fragments  les  plus  intéressants  d'un  poème,  dans  le 
stylo  pindarique,  adressé  au  môme  souverain  pontife  par  Marc  Musuros, 
et  inséré  à  la  suite  de  la  dédicace.  Notre  regretté  maître  a,  en  outre, 
donné  h;  texte  grec  complet  de  cet  hymne  lyrique  où  le  poète  adjure 
Léon  \  do  provoquer  une  croisad(^  pour  repousser  l'invasion  croissante 
des  Turcs  dans  Torient  de  l'Europe. 

198.  DOLET  (Kslienne).  i^Iaton  dv  contempnement  de  la 
mort.  Le  liure  nommé  L'axiochus  de  Platon  du  contemp- 
nement de  la  mort  en  forme  de  dyalogue,  et  sont  les  in- 
troduitz  Socrates  Clinias  et  Axiochus;  Imprime  noauelle- 
met  à  Paris  par  Denjrs  Janot...  S.  d.  Pet.  in-8,  de  12  fï., 
lettres  rondes  ;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  (hauzonnel). 

Seconde  édition,  do  toute  rareté,  d'un  opuscule  de  Dolet  qui  a  servi 
do  [)réto\to  i\  sa  condamnation,  et  dont  la  première  édition,  que  M.  Brunet 
n'a  pu  voir,  est  introuvable. 

Tivs  hol  oxemplairo,  provenant  de  la  bibl,  Yemeniz, 

199.  ARISTOTELES.  (Aristotelis  Opéra.  Theophrasti  de  his- 
toria  plantarum  libri  X,  et  de  causîs  plantarum  libri  VI) 
(en  grec).  FenetiiSy  dexleritate  Aldi  Manucii  Romani^ 
1495-98.  ■)  tomes  en  6  vol.  in-fol.;  mar.  vert,  fil.  et  tr. 
dor.  [Pade/oup). 

Promiére  édition  d'Aristote.  Il  faut  lire  les  nombreuses  pages  consa- 
crées [)ar  M.  Didot,  dans  son  Aide  Munuce,  à  cette  importante  publication, 
dont  les  épîtres  dédicatoires,  adressées  au  prince  de  Carpi,  générenz  pro- 
toctour  d'AIdo,  contiennent  do  curieux  détails  sur  le  mouyement  littéraire 
j'i  celte  éfiocjuo. 

Ma^Miiliquo  exemplaire,  parfaitement  complet.  Le  t.  IV  est  relié  eu 
deux  volumes. 

200.  SEXTUS.  Sexti  Empirici...  adversus  mathematicoSy  hoc 
est,  adversus  eos  qui  profitentur  disciplinas...  graece  Dun- 
quam,  latine  nunc  primum  editum,  Gentiano  Herveto 
Aurelio  interprète...  Parisiis,  apud  Martinum^  luaenem, 
1569.  In-fol.;  mar.  olive,  fil.,tr.  dor.  (re/.  du  temps). 

Très  beau  volume,  d*une  consoiTation  parfaite,  aux  armes  deG|IARLES 
I)K  VALOIS,  roMTK  d'Auvergnk,  fils  naturel  de  Charles  IX  et  de  Marie 

..     T(»ucliet. 


SCIENCES  PHILOSOPHIQUES.  ie>5 

201.  (CICERO,  M.  T.  Opéra  philosophica  quaedam.)  *S.  /. 
n.  d.  {Paris y  à  la  Sorbonne^  U.  Gering^  1471  [i47^  ri« 
style]).  Pet.  in -fol.,  de  i23  ff.;  mar.  rouge,  fil.  à  compart. 
et  orn.,  doublé  de  labis,  tr.  dor.  [Bozériaii). 

L*un  des  premiers  ouvrages  imprimés  à  Paris,  à  la  Sorbonne.  Il  con- 
tient cinq  traités  :  de  Officiis,  de  Amicitia,  de  Senectute,  Somnium  Scipionis 
et  Paradoxa.  Voir  sur  ce  précieux  volume  un  chapitre  intéressant  et  ori- 
ginal de  M.  Madden,  dans  ses  Lettres  d'un  bibliographe  y  V®  série. 

Très  bel  exemplaire,  grand  de  marges.  Le  dernier  traité  a  été,  par 
erreur,  mis  en  tête  du  volume. 

202.  CICERO  (M.  T.).  (Officiorum  libri  très,  Paradoxa  et 
Versus  xii  Sapientum.)  (A  la  fin  :)  Presens  Marci  lulij 
clarissimû  opus  lohannes  fust  mogûtinus  ciuis  nô  atramèlo 
plumali  càna  neq^  aerea.  Sed  arte  quadam  perpulcra 
Pétri  manu  pueri  mei  féliciter  effeci  finiturn  Anno 
Mxccc.lxif  (i465).  In-4;  mar.  rouge,  riche  dent.,  tr.  dor. 
{anc.  rel,). 

Superbe  exemplaire  sur  vélin  de  cette  première  édition  qui  est,  d'a- 
près Panzer,  le  septième  ouvrage  imprimé  avec  date.  Il  y  a  deux  sortes 
d'exemplaires  avec  ou  sans  les  écussons  au  dernier  f.;  celui-ci  est  sans 
ces  écussons.  îl  a  le  dernier  f.,  avec  l'Ode  d'Horace,  qui  manque  sou- 
vent. 

203.  CICERO  (M.  T.).  (Officiorum  libri  III;  Paradoxa;  de 
Amicitia;  de  Senectute;  Somnium  Scipionis;  Versus  xii 
Sapientum.)  (A.  la  fin  :)  Anno  CV/m// M. CCCC.lxx.  (1470) 
Die  uero  xiii.  inêsis  Augusti:  Venetiis. 

E  Spira  nato  Ciceronis  opuscula  quinque. 
Hqjc  Vindelino  formis  impressa  fuere. 

In-4;  cuir  de  Russie  fauve,  fil.  à  compart.,  tr.  dor. 

Très  bel  exemplaire  de  cette  édition  fort  rare. 

204.  CICERO  (M.  T.).  (Opéra.)  Lugduni,  apud  hœred.  Seb. 
Gryphii,  i559-i56i.  10  vol.  in-16;  veau  brun,  à  riches 
compart.  en  mosaïque,  tr.  dor.   et  cis.  [rel.  du  temps). 

Exemplaire  réglé,  revêtu  d'une  charmante  reliure  lyonnaise,  habile- 
ment restaurée. 

205.  CEBES.  La  Table  de  lan||ciè  philosophe  ||  Cebes.  natif 
de  II  Thebes.  et  Au||diteur  Daristote..;  nagueres  translate 


166  SCIENCES  ET  ARTS. 

de  latin  en  vulgaire  frâcois  par  maistre  Geofroy  lory  de 
Bourges  Libraire  demourant  a  Paris.  (A  la  fin  du  privi- 
lège :  j  Acheue  dimprimer  le  Cinqiesme  iour  Dnctobre  Lan 
comme  dessus  (ïSîq).  2  tom.  eh  i  vol.  in-8;  mar.  olive, 
fil.,  tr.  dor.  {Lortic), 

Jolie  édition  en  lettres  rondos,  avec  des  bordures  autour  des  pagfs. 
Au  titre,  la  marque  de  Tory. 
Très  bel  exemplaire. 

206.  BOETIUS.  Boetius  de  philosophico  consolatu,  siue  de 
consolatiôe  philosophie  :  eu  figuris  ornatissimis  nouit'  ex- 
polit'.  (A  la  fin  :  )  Impressum  Argenlinç p  lohannê grùnin' 
ger.,^  i5oi.  In-foL,  lettres  rondes;  mar.  La  Vallîère^  com- 
part.  à  la  Grolier,  tr.  dor.  [Hardy). 

((  Édition  recherchôe  pour  sa  beauté  et  le  commentaire  avec  glose  iii- 
terlinéaire  de  s.  Thomas  qui  l'accompagne.  Elle  contient  77  gravures  sur 
bois  du  style  ordinaire  des  graveurs  de  Griininger.  On  n'y  trouve  pas  de 
marque.  Les  initiales  ornées  ont  un  caractère  particulier  qui  distingue  les 
éditions  de  cet  impiimeur.  »  (Didot,  Cat.  rais,,  n®  160.) 

Très  bel  exemplaire . 

207.  MAGÎNUS  (J.).  (Sophologium.)  (A  la  fin:)  Anno  domini 
Mille,  cccc.  Ixxv.  ('475)  die  prima  mensis  lunii.  Impressum 
fuU  istud  Sophologium  Parisius  per  Marlinum  craniZj  Fdal- 
ricum  gering.  El  Michaelem  friburger.  In-foL;  mar.  olive, 
riches  compart.,  tr.  dor.  (^Lortic). 

L'une  des  plus  anciennes  impressions  parisiennes. 
Très  bel  exemplaire  de  cette  édition  rare. 

208.  MOMAIGNE  (M.  de).  Essais  de  Messire  Michel  seigneur 
de  Montaigne...  livre  premier  et  second.  Bourdeaus,  par 
S.  Millangcs,  imprimeur  du  rof^  i58o.  2  part.  pet.  in-8; 
mar.  vert,  fil.^  ornem.,  tr.  dor.  en  lèle  {Smeers) . 

Édition  originale,  très  rare.  Exemplaire  un  peu  court,  car  U  n'a  que 

Vôl  millim.  do  bauteur. 

209.  MONTAIGNE  (M.  de).  Essais  de  Michel,  seigneur  de 
Montaigne.  Cinquiesme  édition,  auj^mentée  d*un  troisiesme 
liiire  et  de  six  cens  additions  aux  deux  premiers.  A  Parts ^ 
chez  A  bel  t  Angelier^  i588.  In-4;  roar.  rouge^  fil.,  Ir.  dor. 

{Padcloup). 

Précieuse  édition,  la  dernière  donnée  du  vivant  de  Montaigne  etU 
première  du  III"  livre. 

Très  bel  exemplaire,  dans  une  excellente  reliure  et  très  firatcfae. 


sgi;ences  philosophiques.  la? 

210.  MONTAIGNE  (M.  de).  Les  Essais  de  Michel  seigneur  de 
Montaigne.  Edition  nouvelle,  exactement  corrigée,  selon  le 
vray  exemplaire,  enrichie  à  la  marge  du  nom  des  autheurs 
citez...  A  Paris,  i635.  In-fol.;  front,  gr.  (avec  les  noms  de 
Toussninct  du  Braj  et  Ae  Pierre  Rocolet);  mar.  La  Vallière, 
fils.,  tr.  dor.  [Lortic), 

Édition  dédiée  au  cardihal  de  Richelieu.  La  grande  préface  de  M**«  de 
Gournay  y  est  très  augmentée  et  améliorée. 

Superbe  exemplaire,  presque  à  toutes  marges.  Au  haut  du  titre,  on 
lit  :  Mad"*^  de  Guoiirnoy  me  la  donne,  1635.  Luillier. 

21 1 .  (1 A  ROCHEFOUCAULD.)  Reflexions  ov  sentences  et  maxi- 
mes morales.^  Paris,  Chez  Claude  Barbin...  M.DC.  LXV 
("1665).  Petit  in- 12,  de  24  ff.  prél.,  y  compris  le  titre  et  le 
iront,  gravé,  i5o  pp.  de  23  lig.  et  5  tf.  ;  veau  fauve,  fil.,  tr. 
dor.  {une.  rel.). 

Édition  originale,  fort  rare,  avec  trois  cent  douze  maximes.  Très-bel 
exemplaire.  H.  :  0^,145.  ^ 

212.  (LA  ROCHEFOUCAULD.)  Reflexions  ov  sentences  et  maxi- 
mes morales.  Paris,  Claude  Barljin,  i665.  Petit  in- 12,  de 
24  ff.,  i35  pp.  de  22  lig.  et  6  pp.;  mar.  bleu,  fil,,  tr. 
dor.   [Trau(Z'Bauzonnet). 

Première  édition,  selon  Brunet,  mais  en  réalité  une  nouvelle  édition 
originale,  avec  trois  cent  seize  maximes.  Très  bel  exemplaire.  H.  :  0™,144 . 

213.  (LA  ROCHEFOUCAULD.)  Réflexions  ou  sentences  et  maxi- 
mes morales.  Nouvelle  édition.  Paris,  CL  Barbin,  1666. 
In- 12,  front,  gr.;  mar.  rouge,  iil.,  tr.  dor.  {Lortic), 

Seconde  édition  donnée  par  l'auteur,  et  très  différente  de  la  première. 
Très  bel  exemplaire,  grand  de  marges. 

214.  (LA  ROCHEFOUCAULD.)  Réflexions  ou  sentences  et  maxi- 
mes morales.  Troisième  édition,  revue,  corrigée  et  augmen- 
tée. Paris^  CL  Barbin,  1671.^1-12,  front,  gr.  —  Nou- 
velles Réflexions  ou  sentences  et  maximes  morales,  seconde 
partie.  Paris^  CL  Barbin,  1678.  In-i  2,  front.  gr.;en  i  vol., 
mar.  rouge,  jans.,  tr.  dor.  {Duru). 

Très  bel  exemplaire. 

215.  (LA  ROCHEFOUCAULD).  Réflexions  ou  sentences  et  maxi- 
mes  morales.   Cinquième  édition,   augmentée  de  plus  de 


168  SCIENCES  ET  ARTS. 

cent  nouvelles  maximes.  Paris ^  Cl.  Barbin^    !&"]%.  Pet. 
in-8,    veau    fauve    [anc.    reL   aux    armes  du    maréchal 

DE    BOUFFLERS). 

Dernière  édition  originale,  publiée  du  vivant  de  l'auteur. 
Bel  exemplaire.  Une  petite  piqûre  dans  la  marge  du  bas. 

216.  (LA  BRUYÈRE.)  Les  Caractères  de  Théophraste  traduits 
du  grec  ;  avec  les  caractères  ou  les  mœurs  de  ce  siècle. 
Paris  ^  Es  tienne  Michallet^  1688.  In-12;  mar.  rouge,  fil.  à 
compart.,  tr.  dor.  [Lortic). 

Édition  originale,  rare.  Très  bel  exemplaire  de  premier  tirage,  avec 
les  errata.  H.  :  0°*,i58. 

217.  (LA  BRUYÈRE.)  Les  Caractères  de  Théophraste Se- 

conde  édition.  Paris^  E.    Michallet^   1688.  ln-12;   mar. 
rouge,  fil.  à  compart.,  tr.  dor.  [Lordc). 

Édition  augmentée.  Très  bel  exemplaire,  avec  le  mot  Image  dans 
l'adresse  du  libraire,  et  le  dernier  f.  blanc.  H.  0™,157. 

218.  (LA  BRUYÈRE.)  Les  Caractères  de  Théophraste...  Qua- 
trième édition  corrigée  et  augmentée.  Paris ^  E.  Michallet^ 
1689.  IQ"12;  mar.  orange,  fil.,  tr.  dor.  {Srneers). 

Cette  édition  est  presque  un  ouvrage  entièrement  refait;  on  y  trouve 
3i-0  caractères  nouveaux. 

Bel  exemplaire.  Le  titre  est  court  en  tête. 

219.  (LA  BRUYÈRE.)  Les  Caractères  de  Théophraste...  Cin- 
quième édition  augmentée  de  plusieurs  remarques.  Paris, 
E.  Miçhallet^  1690.  ln-12;  mar.  rouge,  fil.  à  comp.,  tr. 
dor.  {Lorlic), 

Cette  édition  contient  163  caractères  nouveaux.  Très  bel  exemplaire. 

220.  f  LA  BRUYÈRE.)  Les  Caractères  de  Théophraste...  Sixième 
édition.  Paris\  E.  Micliallet^  ^^Q'*  ln-12;  mar.  rouge,  fil. 
à  compart.,  tr.  dor.  [Lortic). 

Édition  augmentée  de  72  caractères.  Très  bel  exemplaire. 

221.  (LA  BRUYÈRE.)  Les  Caractères  de  Théophraste...  Sep- 
tième édition,  reveué  et  corrigée.  Paris  y  E^  Michallety 
1692.  In- 12  ;  mar.  rouge,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.  {Loriic). 

Édition  augmentée  de  7G  caractères  nouveaux.  Très  be)  exemplaire. 


SCIENCES  PHILOSOPHIQUES.  169 

222.  (LA  BRUYÈRE.)  Les  Caractères  de  Théophraste...  Huitième 
édition.  Reveuè,  corrigée  et  augmentée.  Paris,  E.  Michal- 
let^  169/1.  In-12;  mar.  bleu,  fil.,  tr.  dor. 

Cette  édition  contient  quarante-six  caractères  originaux  et  le  premier 
texte  du  Discours  de  réception  de  La  Bruyère  à  l'Académie  française. 
Très  bel  exemplaire. 

223.  (LA  BRUYÈRE.)  Les  Caractères  de  Théophraste...  Neu- 
vième édition,  revue  et  corrigée.  Paris,  E.  Michaliety 
1696.  In-i2  ;  mar.  rouge,  iil.  à  comp.,  tr.  dor.  [Lortic). 

Cette  édition  passe  pour  être  la  meilleure  et  la  plus  complète  du  texte 
de  La  Bruyère,  qui  mourut  pendant  qu'elle  était  sous  presse.  Toutefois 
elle  ne  contient  pas  quatre  des  caractères  publiés  antérieurement.  Les 
Caractères  de  Théophraste  sont  imprimés  en  plus  petit  caractère  et  portent 
une  pagination  particulière.  Le  volume  est  précédé  d'une  préface  et  ter- 
miné par  le  Discours  prononcé  à  l'Académie. 

Très  bel  exemplaire.  Les  noms  des  personnages  dont  il  est  question 
dans  ce  livre  ont  été  écrits  en  marge  à  l'époque  même. 

224.  (GUEVARA,  Ant.).  Lorloge  des  Princes...  Traduict  Des- 
paignol  II  en  langaige  François  (par  de  la  Grise).  On  les 
vend  a  Paris  ^  en  la  srand  salle  du  Palais  y  \\  par  Galliot 
du  pre,  libraire  tare  de  Luniuersite.  M.  v*"  xl  (i54o).  (A  ta 
fin  :)...  Nouuellement  imprime  a  Paris ,  par  Es  tienne  Ca- 
uciller  imprimeur,  pour  Galiol  du  pre,,.  Lan,  v.  c.  xL 
{i54o).  In-fol.,  golh.;  fig.  s.  b.;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor. 
\Niedrée). 

Édition  rare,  ornée  d'un  frontispice  dans  le  genre  italien  de  la  Renais- 
sance, et  d'une  grande  planche  représentant  le  roi  François  !«'  entouré 
de  sa  cour. 

Très  bel  exemplaire,  réglé. 

225.  DESCARTES  (René).  Les  Passions  de  Tâme.  Anisierdamy 
U)uys  Elzevier,  i65o.  Pet.  in-12;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor. 
[Hardy). 

Joli  exemplaire,  provenant  de  la  bibl.  de  M.  Double. 

226.  CUREAU  DE  LA  CHAMBRE.  Les  Characteres  des  Pas- 
sions, par  le  s'  De  la  Chambre.  Paris,  P.  Rocolel,  1640. 
ln-4/  iront.  ;  mar.  rouge,  fil.,  riches  ornem  ,  tr.  dor. 
{rel.  du  temps). 

Splendide  spécimen  de  la  reliure  parisienne  au  milieu  du  XVII®  siècle 
pouvant  être  attribué  à  Le  Gascon. 


170  SGlKiNGES  ET  ARTS. 

227.  XENOPHON.  Economie  de  Xenophô.  Cest  a  dire,  Do- 
mestiques Institutions  &  Enseignemens  pour  bien  régir  sa 
famille,  et  augméter  son  bien  particulier.  ladis  compose 
en  Grec  par  Lancien  Autheur  Xenophon.  Et  translate  de 
Grec  &  Latin  en  Langaige  François  par  Maistre  Geofroy 

Tory  de  Bourges (A  la  fin  :)  Ce  présent  Hure  J ut  acheue 

dimprimer  par  Maistre  Geofroy  Tory  de  Bourses,  le  Mes- 

\  credy  {sic)  cinquiesme  iour  de  luillel.  Lan  mdxxxi  (i53i). 
Pet.  in-8;  mar.  rouge,  jans.,  tr.  dor.  {Thompsori). 

Très  bel  exemplaire  de  ce  livre  rare. 

228.  XENOPHON.  Science,  |!  pour  senrichir  hônestemêt  |) 
&  facilement.  Intitulée,  |!  Leconomic  Xenophon.  Na||gueres 
trâslatee  de  Grec  &  ||  Latî  en  i^angaige  Frâcoys.  ||  Par 
Maistre  Geofroy  Tory  de  Bourges...  (A  la  fin  :)  Ce  présent 
liure  fut  acheue  dimprimer  par  maistre  Geofroy  Tory... 
MDXXXI  (t53i).  Pet.  in-8;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  (jT/via/z- 
Bauzonnet), 

Magnifique  exemplaire  de  la  même  édition  que  celle  du  numéro  précé- 
dent, sauf  le  titre  qui  a  été  changé. 

229.  XENOPHON.  La  mesnagerie  de  Xenophon.  Les  règles 
de  mariage  de  Plutarque.  Lettre  de  consolatation  de  Plu- 
tarque  à  sa  femme.  Le  tout  traduict  de  Grec  en  François 

[)arfeu  M.  Estienne  Delà  Boetie,  ensemble  quelques  vers 
atins  et  françois  de  son  inuention.  Item,  un  discours  sur 
la  mort  dudit  seigneur  de  la  Boetie,  par  M.  de  Montaigne. 
Paris  y  Federic  Morely  iS'ji.  In-8,  de  i3i  ff.;  mar.  brun 
clair,  jans.,  tr.  dor.  (Thompson). 

Bel  exemplaire  de  cet  ouvrage  rare  ainsi  complet,  avec  les  vers  françois. 

230.  RODERICUS.  Speculû  hûane  vite.  j|  Speculû  conueiil 
sionis  peccatorum.  ||  Speculû  sacerdotu^  cum  hystoria 
vdonis.  Il  Spéculum  ecclesie,  siue  Expositô  misse.  ||  Spécu- 
lum anime  peccatricis.  ||  Tractatus  de  bons  dicendis. 
Il  Tractatus  de  casibus  penitentialibus.  Tractatus  artis 
bene  moriendi.  (A  la  fin  du  premier  traité  :)  Finit  feUciC 
liber  excellentissimus.  Speculus  \hîiane  vite  nûcupatus  im" 
pssus  Bisuncij  Anno  ||  dni  Milesimo  CC CCLxxxmj  {i^SS)^ 
ln-4,  goth.;  mar.  bleu^  doré  en  plein  à  petits  fers»  tr. 
dor.  {JViedree). 

Ce  recueil,  précieux  et  extrêmement  rare,  est  le  troisième  lÎTre imprimé 
à  Besançon.  Il  est  composé  de  plusieurs  traités  qui  étaient  destinés  à  6tr» 


SCIENCES   PHILOSOPHIQUES.  171 

vendus  soil  séparément,  soit  plus  ou  moins  collectivement,  d'où  provien- 
nent plusieurs  sortes  d'exemplaires,  les  uns  avec  des  titres  séparés,  d'autres 
avec  des  titres  collectifs.  Notre  exemplaire  appartient  à  cette  dernière 
catégorie,  qui  n'a  pas  été  décrite  dans  le  Manuel,  Ainsi,  il  est  pourvu  d'un 
titre  général  pom*  le  recueil  entier,  mais  les  pièces  énoncées  y  sont  classées 
dans  un  ordre  différent. 

Le  Spéculum  de  Rodrigue,  évoque  de  Zamora,  compte  180  ff.  (sign.  a-y), 
dont  le  102*  est  blanc,  et  la  souscription  se  trouve  au  v°  du  dernier  f. 

Les  autres  traités,  réunis  pour  faire  une  seconde  partie,  sont  précédés 
de  ce  titre  général  ;  Spécula  artis  bene  moriè\\di.  \\  Tractatus  de  horis 
canonicis  dicendis.  ||  Spéculum  anime  peccatricis.  ||  Spéculum  conuei^sionis 
peccatorum  ||  Speculû  sacerdotà  cû  hystoria  Vdonis.  Le  premier  de  ces  traités 
compte  21  ff.  de  texte  (sign.  A-C);  le  second,  8  ff.,  dont  le  dernier  est  blanc 
(sign.  a);  le  troisième,  intitulé  Spéculum  àureum  anime  peccatricis,  dans  le 
titre  de  départ,  a  32  ff.  (sign.  a-d)  ;  le  quatrième,  dont  le  titre  de  départ 
est  :  Speculû  Zuersionis  ^ctô*^  mayistn  Dyoni-  Il  sii  de  Leuivis  alias  rickel 
ordinis  cartusien.,  compte  28  ff.;  au  v®  du  dern.  on  lit:  Finit  liber  felicii', 
Speculû  Zversionis  pctô'^Wimpss*  Bisuntii.  Anno  dhi  M.CCCC.lxxooviij;  le 
dernier  est  divisé  en  deux  parties,  dont  la  première,  n'occupant  qu'un 
feuillet,  porte  ce  titre  de  départ  :  Incipit  felicif  Opusculû  qs  speculû 
sacerdotû\\dicif  edituz  a  sancto  Augustino  De  honestate  et  \\  dignitatv  eo'jlfi ', 
la  seconde  est  intitulée  :  Ilystmna  horrenda  tenibilis  qs  nimis  de  quo  ||  dam 
Magdeburgen.  ecclesie  Archiefo  Udone  \\  nuncupnto;  ensemble  8  ff.  (sign.  na); 
le  texte  s'arrête  au  v®  du  7®,  et  il  est  suivi  d'une  pièce  de  vei*»  latins  en 
dix-huit  strophes  de  quatre  vers  terminées  par  le  mot  :  Amen^ 

Le  P.  Laire,  dans  sa  Dissertation  sur  Vimpnmerie  en  Franche-Comté,  a 
cru  avoir  découvert  le  nom  de  l'imprimeur  de  ce  recueil,  qui  serait  aussi 
celui  du  prototypographe  de  Besançon;  il  l'a  appelé  Jean  Contety  nom 
(ju'il  a  trouvé  écrit  à  la  main,  avec  son  cliiffre,  sur  un  des  volumes  qui 
seraient  sortis  de  ses  presses.  Toutefois  ce  nom  ne  serait  qu'imaginaire 
et  il  parait  certain  que  l'exécution  de  ce  livre  est  due  à  Jehan  Desprels 
(de  Pratis),  Comtois,  le  véritable  proto typographe  de  Besançon  (voir  le  Dic- 
tionnaire de  géographie,  par  M.  P.  Deschamps). 

Magnifique  exemplaire  revêtu  d'une  admirable  reliure^  à  petits  fers.  H 
provient  de  labibl.  Yemeniz,  dans  le  catalogue  de  laquelle  on  l'a  présenté 
comme  étant  sans  lieu  ni  date. 


231.  (JACQUES  DE  CESSOLE).  Le  Jeu  des eschez|| moralise.. 
Nouvelle|{ment  imprijlnie  a  paris.  (A  la  fin  :)  Cy  finisl  le 
Hure  des  esche z  \\  el  tordre  de  cheualerie  et  transld\te  de 
latin  en  Francoys  imprime  ||  nouuellement  a  Paris  et  fut 
acheue.  Le  vendrcdy,  vi,  iour  de  \\  Septembre.  Lan.  M. 

V.  c.  ^,  iiij  (i5o4).  Pour  anthoine  verart Pet.  in-fol., 

goth.,  à  2  col.,  de  4  ff-  prél.  et  de  Cij  ff.  eh.,  fig.  s.  bois; 
mar.  rouge,  jans.,  tr.  dor.  [Trautz-Bauzonnet). 

Première  édition  connue  de  cette  traduction.  Elle  est  dédiée  à  Anne 
de  Bretagne,  et  les  exemplaires  en  sont  extrêmement  rares.  Au  verso  du 


172  SCIENCES  ET  ARTS. 

titre,  une  grande  gravure  [sur  bois,  représentant  au  centre  la  reine  Anne 
de  Bretagne  jouant  aux  échecs  avec  son  mari  ;  cette  vignette  est  renfermée 
dans  un  cadre  historié  à  douze  compartiments. 
Magnifique  exemplaire,  grand  de  marges. 

232.  CRINITUS  (P.).  De  Honesta  disciplina  Lib.  xxv.  (De) 
Poetis  Latinis  Lib.  v.  Et  Poématon  Lib.  ii.  Lugduni  apud 
Anlonium  Gryphium,  1576.  In-i6;  mar.  olive,  doré  en 
plein,  tr.  dor.  [Cloi^is  Èifé). 

Ce  joli  volume,  très  bien  conservé,  est  à  la  reliure  de  la  reine  MAR- 
GUERITE DE  VALOIS.  Elle  porte  sur  les  plats  la  marguerite  avec  la 
devise  :  Expectata  non  eludet.  Nous  en  donnons  une  reproduction  au 
catalogue  illustré. 

233.  (CORLIEU,  Girard)  Briefue  |j  Instruction  pour  ||  tous 
Estats.  Il  En  laquelle  est  sommairement  declairé,  comme 
Il  chacun  en  son  Estât  se  doit  gouuerner,  ||  et  viure  selon 
Dieu.  j4  Paris,  de  timpr.  de  Philippe  Hanjrie  et  Ri- 
chard Breton,  i558.  In-4,  de  10  ff.  prél.  et  76  If.  ch.  ; 
mar.  rouge,  jans.,  tr.  dor.  (Trautz-Bauzonnet). 

Édition  fort  rare,  imprimée  en  caractères  de  civilité,  et  non  ciris  au 
Manuel.  Elle  est  dédiée  à  Jacqueline  de  Rohan,  marquise  de  Rotelin,  par 
François  Veilroc,  anagramme  de  Corlieu. 

MagniOque  exemplaire,  très  pur  et  avec  témoins. 

234.  FLEUR  Y  (Cl.).  Les  Devoirs  des  maîtres  et  des  domes- 
tiques, par  M*  Claude  Fleury,  prêtre,  abbé  du  Loc-Dieu. 
Paris,  P.  Aubouin,  P.  Emery  et  C.  Clouzier  (impr.  de 
Laurens  Rondet),  1688.  In-8;  mar.  La  Vallière,  jans.,  tr, 
dor.  {Niedrée). 

Très  joli  exemplaire  de  l'édition  originale  d'un  ouvrage  non  dié  au 
Manuel.  Les  pp.  265  à  297  contiennent  un  Abrégé  de  VHistoire  sainte  à 
l'usage  des  domestiques,  et  les  pp.  298  à  308,  un  catalogue  des  livres  qui 
se  vendent  dans  la  même  boutique,  où,  entre  autres,  on  remarque  la  liste 
des  ouvrages  de  M.  de  Loge-Pierre  {sic,  pour  Longepierre). 

• 

235.  PLUTARQUE.  Politiques  de  Plutarche.  Cest  a  dire. 
Ciuiles  Institutiôs  &  enseignemês  pour  biê  Régir  la  Chose 
Pu.  ladis  cOposees  en  Grec  par  Plutarche.  Et  depuis  trâs- 
latees  de  Grec  en  Latin,  par  le  Seigiir  Nicole  SagCidio.  Et 
a  présent  de  Lâgues  Grecque  &  I^atine  en  Langaige  Fran- 
çois, par  Maistre  Geofroy  Tory  de  fiourges Imprimées 

en  Paris  a  Lèseigne  du  Pot  Casse,  Par  Maistre  Geojroy 
Tory  de  Bourges,  Marchant,  Libraire.  Et  Imprimeur  du  Roy 


SCIENCES  PHILOSOPHIQUES.  173 

(le  i5  juin  i532).  In-8  ;  mar.  rouge,  riche  dent.,  tr.  dor. 
(Lortic). 

Un  des  plus  rares  ouvrages  de  Tory.  Charmant  exemplaire. 

236.  BOSSUET  (J.-B.).  Politique  tirée  des  propres  paroles  de 
rÉcriture  sainte  à  Monseigneur  le  Dauphin.  Ouvrage  pos- 
thume. Paris,  Pierre  Cot,  1709.  In-4;  ïnar.  rouge,  fil.,  tr. 
dor.  (Pade/oup). 

Très  bel  exemplaire  de  l'édition  originale,  ornée  de  deux  vignettes, 
par  B.  Picart  et  Coypel. 

237.  LA  PERRIEKE  (G.  de;.  Le  Miroir  politicqve,  oevvre  non 
moins  vtile  que  nécessaire  à  lous  Monarches,  Roys,  Prin- 
ces, Seigneurs,  Magistrats,  et  autres  surintendans  et  gou- 
uerneurs  de  Republicques,  par  Gvillavme  de  la  Perrière, 
Tolosain.  //  Lyon,  par  Macé  Bonhomme,  i555.  In-fol.,fig. 
sur  bois;  veau  brun,  fil.  à  froid,  ornem.  et  tr.  dor,  {anc. 
rel.). 

Ouvrage  curieux  et  rare.  Édition  originale,  ornée  de  50  figures  sur 
bois.  Bel  exemplaire  qui  a  appartenu,  en  1590,  à  Lamoral  de  Tassis,  de 
la  maison  princiôro  de  la  Tour  et  Taxis. 

238.  SUSIO  (G.-B.).  I  Tre  Libri  di  Messer  Giovan  Battista 
Svsio,  della  Ingivstitia  del  dvello,  et  di  coloro,  che  lo  per- 

mettono In  Vinegia,  appresso  Gabriel  Giolito  de  Fer- 

rariy  et  fratelli,  M.  f).  LV  (i555).    In-4;    veau  fauve, 
riches  compart.  en  mosaïque,  tr.  dor.  (rel,  du  temps). 

Ouvrage  rare  et  intéressant,  dédié  à  Henri  II,  roi  de  France,  et  non 
cité  au  Manuel.  Au  titre,  la  belle  marque  de  l'éditeur. 

Exemplaire  revêtu  d'une  des  plus  belles  reliures  du  XVI®  siècle  qu'on 
connaisse,  à  compartiments  en  mosaïque  peints  en  blanc  et  rehaussés 
d'or.  Sur  le  premier  plat  sont  peintes  en  couleurs  les  armes  du  duc  ANNE 
DE  MONTMORENCY;  sur  l'autre,  on  voit  son  épée  de  connétable,  accom- 
pagnée de  sa  divise  :  AHAANOI.  Le  plat  de  dessus  de  cette  splendide 
reliure  a  été  reproduit  à  l'eau-forte  par  M.  Jacquemart  dans  l'Histoire 
de  la  Bibliophilie  ;  nous  en  donnons,  au  catalogue  illustré,  une  reproduction 
en  photogravure. 

0 

239.  CHARTIER  (A.).  Le  Curial  de  M.  Alain  Chartier,  où  il 
est  amplement  traitté  de  la  vie  et  mœurs  des  courtisans  et 
des  malheurs  et  calamitez  des  hommes  qui  conuiennent 
fort  bien  à  cest  aage.  Reueu  et  corrigé  de  nouueau  par  Da- 


174  SCIENCES  ET  ARTS. 

niel  Chartier.  Paris,  Cheuilloty  i58i.  I11-8;  mar.  rouge, 
jans.,  tr.  dor.  {Traufz-bauzonnet). 

Seule  édition  séparée  de  cet  ouvrage.  Elle  est  fort  rare,  et  importante 
à  cause  d'une  notice  sur  Alain  Chartier,  composée  par  son  petit^fils,  éditeur 
de  ce  volume. 

Très  bel  exemplaire. 


II.  SCIENCES  NATURELLES  ET  MÉDICALES. 

240.  PLINIUS.  C.  Pliiiii  Secundi  naturalis  historia.  Fenetiisy 
in  sedihus  hœredum  Aldi  et  Andrese  Asulani  soceri, 
i535,  36,  38,  40.  4  vol.  in-8;  mar.  vert,  riches  comp.,  tr. 
dor.  et  cis.  [reL  italienne  du  temps). 

Édition  rare  dont  il  est  difficile  de  trouver  des  exemplaires  avec  Tindex 
qui  forme  le  quatrième  volume.  Les  trois  premiers,  quoique  portant  à  la 
fîn  la  date  de  1540,  appailiennent  à  l'édition  de  1535-36. 

Très  bel  exemplaire.  Les  plats  de  la  reliure,  qui  est  fort  riche,  portent 
les  armes  du  cardinal  de  Montai  te  qui,  depuis,  fut  pape  sous  le  nom  de 
SIXTE  V. 

241 .  PLINIUS.  C.  Plinii  Secundî  historiae  mundî  libri  XXXVH, 
cum  castigat.  et  adnotat.  ex  novissima  et  labor.  edit.  la- 
cobi  Dalechampii.  Francofurti,  apud  CL  Marnium  et 
hered.  J.  Aubrij\  1608.  In-8;  mar.  rouge,  fil.  9  comp., 
tr.  dor.  (aux premières  armes  de  J.-A.  de  Thou). 

Bel  (exemplaire,  portant  la  signature  de  Ballesdens,  et  reyêtu  d*iine 
excellente  reliure. 

242.  PLINE.  Sommaire  des  Singularitez  de  Pline.  Extrait  des 
seize  premiers  liures  de  sa  Naturelle  histoire,  par  P.  de 
(>hangv  Escuier.  Paris,  R.  Breton,  iSSg.  Pet.  in-8;  mar. 
bleu,  fil.  à  compart.,  tr.  dor.  [Loitic). 

H<iition  en  canictères  cursifs.  Trôs  bel  exemplaire. 

243.  DIOSCORIDES  et  NICANDER.  (Pedacii  Dioscoridis 
Anazarbaei  opéra,  grœce;  Nicandri  Theriaca  et  Alexiphar- 
maca,  graece:  cum  scholiis  cura  Aldi  Manutii.)  (A  la  (in  :) 
Venetiis  apud  Aldum.  Mense  Julio  ^  M  AD.  (1499)*  In-fol.} 
mar.  bleu  foncé,  fil.  à  compart.,  ornem.  à  froid  et  dor.', 
doublé  de  tabis  avec  riche  dent.,  tr.  Aor.{^Bozérian  jeune). 

Prenii«Te  rdition,  livs  rare  et  rorherchr*o.  r4Vst  dans  ce  Toltime  qÙ^fm 


SCIENCES  NATURELLES  ET  MEDICALES.  175 

voit  pour  la  proniièrc  fois  le  petit  caraotôro  grec,  qui  a  seni  ensuite  aux 
autres  impressions  d'Aide. 

Très  bel  exemplaire,  dans  une  reliure  des  plus  soignées. 

2*4.  CRESCENCES  (Pierre  de).  Le  Bon  Mesnager.  ||  Au  pré- 
sent volume  des  prouffitz  Champestres  t  Ruraulx  est  traicte 
Il  du  labour  des  Champs,  Vignes,  lardins,  Arbres  de  tous 
espèces...  |]  Ledit  liurecopile  ||  par  Pierre  des  Crescês  iadis 
bourgeoys  l|  deBoulongne  la  grasse.  Nouuellemêt  ||  corrige, 
veu  et  amende  sur  lesvieilz  ||originaulx  au  par  aiiant||  im- 
primez. Oudit  liure  est  adiouste  oultre  les  précédentes  im- 
pressions :  Il  la  manière  de  Enier,  Planter  et  nourrir  tous 
arbres  :  ||  selon  le  iugement  de  maistre  Gorgole  de  corne.  || 
On  les  vend  a  Paris  au  premier  pillier  de  la  grand  salle  du 
Palais  II  par  lehan  andre,  (A  la  fin  :  )  Le  présent  liure  fut 
acheue  de  im  \\primier  a  Paris  le  xxii°  de  auril\\  lan  Mil  cinq 
cens  XXXVI  (i536).  In-4,  goth.;  mar.  olive,  fil.,  tr.  dor. 
[rel.  angL). 

Edition  rare.  Exemplaire  au  cliilire  d'Audenet,  provenant  de  la  bibl. 
Yemeniz.  Il  est  très  beau  de  marges  et  bien  conseiTé,  sauf  pour  qq.  fF.  ta- 
chés d*encre  en  gouttière. 

245.  GAUEN.  Devx  livres  des  simples  de  Galien.  C'est  as- 
scauoir,  Le  cinquiesme.  Et  le  neufuiesme.  Nouuellement 
traduicts  de  Latin  en  Francoys  par  Monsieur  maistre  lehan 
Canappe  Docteur  en  médecine.  A  Lyon,  chés  Estienne 
Dolety  i542.  In-8;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  {Trautz-Bau-  , 
zonnet). 

Edition  en  caractères  italiques,  extré^mement  rare.  Très  bel  exemplaire, 
avec  témoins. 

246.  GALIEN.  De  la  Raison  de  curer  par  euacuation  de  sang. 
Autheur  Galien.  OEuure  nouuellement  traduict  de  Grec  en 
Latin  :  &  de  Latin  en  Francoys  (par  P.  Tolet).  A  Lyon^  chés 
Estienne  Dolet^  i542.  In-8,  de  63  pp.;  mar.  rouge,  fil., 
tr.  dor.  (TrautZ'Bauzonnet). 

Édition  en  caractères  italiques,  non  citée  au  Manuel  et  fort  rare.  A  la 
page  55  commencent,  du  même  auteur,  quatre  Petits  Traictes  propres  a  la 
MedecinCy  non  mentionnés  au  titre  :  Des  sangsues^  De  reuulsiony  Des  uen- 
touses.  De  scanfication.  Très  bel  exemplaire. 

247.  (GALIEN.)  Des  Tumeur$  ovltre  le  couslumier  de  Nature. 
Opuscule  nouuellement  traduict  de  Grec  en  Latin  :  &  de 
Latin  en    Francoys.   A  Lyon,  chés  Estienne  Doletj  i542. 


176  SCIENCES  ET  ARTS. 

(Au  i^  de  Tav.-dern.  f.:)  Ce  présent  Opuscule  a  este  traduict 
par  maistre  Pierre  Tolet^  médecin  de  ChospiUd  de  Lyon.  Et 
par  lujr  aussi  a  este  traduict  CauUre  Opuscule  de  Galien^ 
intitulé  :  De  la  manière  de  curer  par  phlebotomie.  In-8 
de  a6  pp.  ch.,  et  2  ff.  (souscr.  et  marque  de  Dolet); 
mar.  amar.,  fil.  à  fr.,  orn.  et  fleur,  en  mosaïque,  tr.  dor. 
{Lortic). 

Édition  extrôinement  rare.  Très  bel  exemplaire. 

248.  EGINE  (Pauld').  La  Chirvrgie  de  Pavlvs  yEgineta.  Nou- 
uellement  traduicte  de  Grec  en  Francoys  (par  P.  Tolel). 
A  Lyon^  chés  Estienne  Dolet,  i542.  In-8,  de  219  pp.; 
chagrin   rouge,  Ir.  dor. 

Seconde  édition  donnée  par  Dolet,  fort  rare.  Bel  exemplaire. 

249.  (GLANVILLA,  B.  de).  Le  propriétaire  des  choses  très 
utille  et  prof  II  ti  table  aux  corps  humains  :  auecques  aul||cunes 
addicions  nouuellemët  adioustees.  ||  Cestassauoir  ||  Les 
vertus  et  pprietez  des  eaux  artificielles  :  et  des  Herbes  pa- 
relleaiët  ||  Les  natiuitez  des  hommes  et  des  femmes  selon 
les  .XII.  signes  de  lan.  ||  Item  plusieurs  récentes  contre  aul-  * 
cunes  maladies  ||  Item  vng  remède  tresutille  contre  fieure 
pestilencieuse  :  et  aultre  manie  ||re  depydemye  approuuee 
par  plusieurs  docteurs  en  médecine.  ||Item  est  adiouste  a  la 
fin  vne  medicine  tresutille  :  appellee  la  Medicine  des  che- 
uaulx  :  et  aultres  bestes.Le  tout  reueu  et  corrige  nouuelle- 
ment.  (A  la  fin  :)  Cestuy  Hure  des  proprietez  ||  des  choses  Jut 
translatée  (sic)  de  \\  la  tin  en  fràcoys  lan  de  gra^ce  mil 
ceci XXII..*  Kt  translata  ||  son  petit  ^  humble  chapelain 
Frere\\\Y.iLiLisk  corbichon...5.  /.  n.  d.  In-fol.,  goth.,  à  a  coL, 
de  6  ff.  prél.,  et  276  ff.  n.  ch.,  fig.  sur  bois;  mar.  brun, 
fil.  à  compart.,  tr.  dor.  [rel.  angL). 

Édition  rare  de  ce  livre  qui  eut  une  grande  célébrité  au  moyen  âge, 
comme  une  sorte  d'encyclopédie  des  sciences  naturelles  et  médicales.  Elle 
parait  être  sortie  des  presses  de  Ph.  Lenoir,  vers  1525. 

Très  bel  exemplaire,  non  lavé  et  grand  de  marge.  La  griffe  de  Huiard 
au  titre. 

250.  ËLLUCHASEM.  Tacvini  sanitatis  Elluchasem  Elimithar 
Medici  de  Baldath  ,  De  sex  Bebus  non  naturalibus... 
Âlbengnefit  de  uirtutibus  Medicinarum  et  Ciborum.  lac. 
Alkindvs  de  rervni  gradibus.  Argentorati,  apud  loannem 


SCIENCES  NATURELLES  ET  MÉDICALES.  177 

Scholluniy  i53i.  In-fol.,  de  i63  pp.  et  a  ff.,  fig.  sur  bois; 
mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  {Dura), 

Livre  rare,  non  décrit  au  Manuel  et  d'un  très  grand  intérêt.  Au  bas  de 
chacune  des  pages  19  à  117  sont  des  représentations  relatives  à  la  mé- 
decine et  à  l'hygiène.  On  y  voit  des  scènes  très  curieuses  et  d'une  naïveté 
peu  décente. 

Magnifîque  exemplaire. 

251.  VESALE.  Andreœ  Vesalii  Brvxellensis,  Scholae  medico- 
riim  Patauinae  professoris^  de  Humani  corporis  fabrica 
Libri  septem...  (A  la  fin  :)  Èasileœ,  ex  officiria  loannis  Opo- 
rini...  i543.  In-fol.,  fig.  sur  bois;  vélin  bl.  estampé,  fer- 
oioirs  [anc.  reL). 

Très  belle  édition  d'un  ouvrage  célèbre.  Elle  renferme  171  gravures  sur 
bois,  dont  27  de  la  grandeur  des  pages,  exécutées,  à  Venise,  d'après  les 
dessins  de  Jean  de  Calcar,  élève  du  Titien.  Le  portrait  de  Vésale  est  un 
chef-d'œuvre. 

Très  bel  exemplaire,  dans  sa  première  reliure  portant  la  date  de  1544. 

252,  ESTIENNE  (Ch.).  De  Dissectione  partium  corporis  hu- 
mani libri  très,  à  Carolo  Stephano,  doctore  Medico,  editi. 
Vnà  cum  figuris,  &  incisionum  dedarationibus,    à   Ste- 

.  phano  Riuerio  Chirurgo  cÔpositis.  ParisiiSy  apud  Simonem 
Colinœum,  i545.  Gr.  in-fol.,  fig.  sur  bois;  mar.  vert,  fil. 
à  fr.,  tr.  dor.  {Lortic). 

Édition  ornée  de  62  gravures  sur  bois,  très  remarquables.  (Voir  Didot, 
Cat  rais. y  n^  660.) 

Magnifique  exemplaire,  réglé,  à  grandes  marges. 

283.  ESTIENNE  (Ch.).  La  dissection  des  parties  du  corps 
humain  diuisee  en  trois  liures,  faictz  par  Charles  Estienne 
docteur  en  Médecine  :  auec  les  figures  &  declaratio  des 
incisions,  composées  par  Estienne  de  la  Riuiere  Chirur- 
gien. Imprime  a  Paris,  chez  Simon  de  Colines,  i546.  Gr. 
in-fol.,  fig.  sur  bois;  mar.  rouge,  compart.  à  froid,  ornem. 
et  tr.  dor.  {Lorlic). 

Traduction  française  de  l'ouvrage  précédent.  Belle  édition,  qui  ren- 
ferme les  planches  de  celle  de  1545  et  deux  en  plus,  qui  se  trouvent  eu 
regard  des  deux  premières  pi.  de  l'édition  précédente.  {Voir  Didot,  Cat. 
mis.,  no  660  bis.) 

Magnifique  exemplaire  réglé,  à  toutes  marges,  avec  témoins. 

254.  GŒVROT  (.1.).  Summaire  ||  Tressingulier  de  toute  mé- 
decine Il  et  cirurgie  /  speciallement  /  contre  |i  toutes  Mala- 

12 


17S  SCIENCES  ET  ARTS. 

(lies  souruenantes  ||  quotidiennemêt  au  corps  humain  || 
Compose  et  approuue  par  mai||stre  Jehan  goeurot  Docteur 
en  II  médecine  /  Et  médecin  du  trescre||stien  Roy  de  France 
Francoys  II  premier  de  ce  nom.  ||  Item  vng  régime  singulier 
contre  la  peste.  ||Item  y  a  este  adiouste  vue  table  pour  plus 
faciliementtrouuerle  contenu  ouditjjSummaire.  S.  Ln.d. 
(?  V.  i54o).  Pet.  in-8,  goth.,  de  91  ff.  chiff.»  plus  5  ff. 
(table),  sign,  A-M;  mar.  bleu,  comp.,  tr.  dor,  {Lortic). 

Édition  non  citée  dans  le  Manuel,  et  de  toute  rareté.  Très  bel  exem- 
plaire, avec  témoins. 

285.  PLATINA  (B.).  Platine  en  fran||coys  tresutile  etljneces- 
sayre  pour  ||  le  corps  humain  qui  traicte  de  honeste  vo- 
lu||pte  et  de  toutes  viandes  ^  choses  que  Ihome  ||  mange  : 
quelles  vertus  ont  :  et  en  quoy  nuysêt  ||  ou  proufBtent  au 
corps  humain  et  côment  se  {|  doyuent  apprester  ou  appa- 
reiller :  ^  de  faire  a  ||  chascune  dicelles  viâdes  soit  chair 
ou  poisson  II  sa  propre  saulce  :  et  des  propriétés  et  vertus 
q  II  ont  lesdictes  viandes.  (A  la  fin  :)  C)r  nnisi  Platine  leql 
a  etc  translate  de  latin  en  francoys  j ^\\augmenle  copieuse^ 
ment  de  plusieurs  docteurs  j  prîcipalement  p  ||  messire 
desdier  crestofle  prieur  de  saïct  maurice  près  môipellier. 
Il  Imprime  a  paris  jç?  Philippe  le  noirj  lung  des  deux  relieurs 
iii\\re  de  luniuersite  de  Paris  /  nouueUement  imprime  a 
Paris  Et\\fust  acheue  le.  xii.  iour  de  Daoust  (sic)  Lan 
mil.  ccccc,  xxix  (1029).  Pet.  in-4^  go^^M  de  4  ff»  prél.  et 
de  C.lxxxvi  ff.;  mar.  orange,  compart.  à  froid,  ornem., 
tr.  dor.  [Thompson). 

Édition  rare  et  non  citée  au  Manuel. 

Bel  exemplaire,  sauf  qq.  il.  du  conimenc.  et  le  dernier,  qui  laissent  à 
désirer.  , 

2oG.  HUTTEN  (Ulrich  de).  Giiaiacirm.  j|  Lexperience  et  ap- 
probation Ulrich  de  ||  Huten  notable  cheualier.  Touchant 
Il  la  médecine  du  boys  dict  (^uaiacum.  ||  Pour  circôuenir  et 
dechasser  la  maladie  indeujjment  appelée  francoyse,  Ain- 
cois  par  gens  de  ||  meilleur  iugemcit  est  dicte  ^  appellee  la 
maladie  |i  de  Neaples,  traduicte  ^  interprétée  par  maistre 
l|  Jehan  Cheradame  hypocrates  estudiâten  la  ||  faculté  et  art 
de  médecine.  On  les  vend  à  Lyon  en  la  maison  de  ||  Claude 
]\ourry  dict  le  Prince.  S.  d.  ln-4,  goth.,  sign.  a-K  par  4; 
mar.  rouge,  riches  compart.,  tr.  dor.  [Lortic). 

LiNre    piquant    <>t    l'oit   rare.    Krunel    n'indique    cette    édition   que 


SCIENCES  NATURELLES  ET  MEDICALES.  179 

d'après  Du  Verdier.  Au  dernier  f.,  la  marque  de  Nourry.  Sur  le  titre,  placé 
dans  un  encadrement,  on  voit  une  petite  figure  représentant  Job  sur  son 
fumier. 

Magnifique  exemplaire,  de  la  coll.  Desq. 

257.  BOLOGNINUS,  Liure  de  Ange  Bologninus  De  la  curation 
des  ulcères  extérieurs,  traduit  de  Latin  en  Fràcoys.  A  Paris 
au  pot  casse.  En  lim primer ie  de  Oliuier  Mallard  Libraire 
&  Imprimeur  pour  le  Roy,  i5^i^.  ln-8,  de  Sa  ff.;  mar. 
rouge,  fil.,  tr,  dor.  [Trautz-Bauzonnet). 

Cette  plaquette  rare  se  joint  à  la  collection  de  Tory,  dont  la  marque 
figure  au  titre. 

Très  bel  exemplaire. 

258.  PARÉ  (Ambroise).  La  manière  de  traie  ter  les  playes 
falotes  tâtpar  hacSquebutes,  que  par  flèches  :  et  les  accidentz 
d'icelles,  corne  fractures  et  caries  des  os,  gangrené  et  mor- 
tification :  aùec  les  pourtraictz  des  instrumentz  nécessaires 
pour  leur  curation .  Et  la  méthode  de  curer  les  combus- 
tions principalement  faictes  par  la  pouldre  à  canon.  Le 
tout  cOposé  par  Ambroise  Paré,  maistre  Barbier  Chirur- 
gien a  Paris.  A  Paris ^  par  la  vefue  lean  de  Brie,  demou- 
ranle  en  la  rue  S.  laques  à  f  enseigne  de  la  Lymace. 
i55i.  (A  la  fin  :  )  A  Paris  Imprimé  par  la  vefue  lean  de 
Brie  y  Van  mil  cinq  cens  cinquante  et  deux  (i  552),  le  dixième 
iour  de  Mars.  In-8;  veau  fauve,  riches  compart.  à  la  Gro- 
lier,  tr.  dor.  {reliure  du  temps). 

Précieux  exemplaire,  LE  SEUL  CONNU  IMPRIMÉ  SUR  VÉLIN,  avec  la 
dédicace  à  HENRI  II,  dont  le  chiffre,  entrelacé  avec  celui  de  DIANE  DE 
POITIERS ,  orne  le  frontispice,  peint  en  or  et  couleurs ,  et  surmonté  de 
trois  croissants.  Toutes  les  figures  qui  accompagnent  le  texte,  ainsi  que  les 
initiales  des  chapitres,  sont  aussi  peintes  en  or,  argent  et  couleurs. 

Acquis  au  prix  de  5000  fr.  à  la  vente  Yemeniz. 

259.  PARÉ  (Ambroise).  La  Mélhode  Curatiue  des  Playes 
&  Fractures  de  la  Teste  humaine.  Auec  les  pourtraits  des 
Instruments  nécessaires  pour  la  curation  d'icelles.  Par 
M.  Ambroise  Paré...  A  Paris  y  de  l'Imprimerie  de  lehan  le 
Rayer  y  Imprimeur  du  Roy  es  Mathématiques^  i56i.  ln-8, 
c^r.  ita).;mar.  brun,  comp.  à  froid,  tr.  dor.  [Chambolle- 
Duru), 

Cet  ouvrage  rare  est  d'une  fort  belle  exécution  typograpliiquo.  11  est  orné 
d'un  superbe  portrait,  gravé  sur  bois,  du  célèbre  chirurgien,  et  dont  le 
dessin  est  attribué  à  Jean  Cousin  par  M.  Didot,  qui  en  a  donné  une  repro- 


180  SCIENCES  ET  ARTS. 

duclioii  dans  le  Recueil  des  Œuvres  cfiomes  de  Tartiste  senonuis.  (Voir 
aussi  Didot,  Cat  rais,,  n^  684.)  Il  contient  de  nombreuses  figures  sur  bois, 
copiées  d'après  celles  de  Vésale. 

Très  bel  exemplaire,  de  la  coll.  Desq. 

260.  PARE  (Ambr.).  Cinq  livres  de  chirurgie,  i  •  Des  banda- 
ges. 2.  Des  fractures.  3.  Des  luxations,  etc.  4*  D^  mor- 
sures et  piqueures  venimeuses.  5-  Des  gouttes,  par  Am- 
broise  Paré,  premier  chirurgien  du  Roi  et  iuré  à  Paris. 
y4  Paris,  chez  André  Wechel,  1672.  ln-8;  mar.  citr.,  fil. 
à  comp.,  tr.  dor. 

Ouvrage  dédié  au  roi  Charles  IX.  Fort  rare.  11  contient  le  même  por- 
trait de  Paré  que  le  volume  précédent. 

«  Quelques-unes  des  gravures  sur  bois  qui  se  trouvent  dans  cet  ouvrage 
sont  fort  bien  exécutées.  Les  premières  sont  copiées  d'après  rAnaiomie  de 
Vésale.  Les  autres,  représentant  la  réduction  des. luxations,  sont  originales 
et  peut-être  dessinées  par  Jean  Cousin.  »  (Didot,  Coi.  rais,,  u?  d85.) 

26t.  PARÉ  (Ambr.)  Discovrs  d'Ambroise  Paré...  Asçaucir,  de 
la  Mvmîe,  de  la  Licorne,  des  Venins  et  de  la  Peste.  Paris, 
Gabriel  Buon^  i582.  In-4,  portrait;  mar.  bleu,  jans.,  tr. 
dor.  (^Duru). 

«  Très  bel  exemplaire  d'un  écrit  précieux  pour  rhîsioire  de  la  théra- 
peutique. L'auteur  combat  avec  l'expérience  et  le  bon  sens  remploi  de  la 
momie,  de  la  licorne,  etc.,  dont  les  thériaqueurs  et  les  charlatans  de  son 
époque  faisaient  un  si  grand  usage.  Son  portrait  en  taille-douce,  placé  au 
connnencement  et  qui  le  représente  à  l'âge  de  72  ans,  est  fort  beau.  Plu- 
sieurs des  douze  gravures  sur  bois  sont  remarquables.  »  (Didot,  Cat,  rais,, 
n?  086.]  Ce  portrait  est  signé  des  initiales  S.  L.,  qui  sont  celles  d*Ëtienne 
de  Laune. 

m.  SCIENCES  OCCULTES. 

262.  ARTEMIDORUS.  Arteraidori  Daldiani  Philosophi  excel- 
lentissimi,  desomniorum  interpretatione,  libri  quinque,  à 
lano  Cornario  medico  physico  Francorordensi,  latioa  lin- 
Çua  conscripti.  (A  la  fin  :)  Basilcœ,  per  lliemnymum  Fro- 
benium  &  Nicolaum  Episcopium,  mense  Januario,  1 544» 
Pet.  in-8;  mar.  rouge,  riches  compart.,  tr.  dor.  {rel.  du 

xrr  s.). 

m 

Magniflque  reliure,  exécuU^e  probablement  par  un  des  Eve,  avec  des 
(i  (Mitrelacés  et  les  armes  du  comtt',  puis  prince  Charles  de  Mansfelt,  mort 
en  loUa,  (ils  du  célèbre  général  de  (Charles-Quint,  et  qui  fut  lui-même  un 
eapitaine  distingué.  Il  eut  pour  première  femme  la  fille  du  maréchal 
(lossé  (le  Hrissac.  Nous  donnons,  au  catalogue  illustré,  une  reproduction 
do  ccltr  belb»  reliure.  De  la  bil)I,  de  Brunet, 


ARTS.  181 

263.  NOSTRADAMUS  (M,),  Les  Vrayes  Centuries  et  prophé- 
ties de  maistre  Michel  Nostradamus.  Où  se  void  représenté 
tout  ce  qui  s'est  passé,  tant  en  France,  Espagne,  ItaUe, 
Alemagne,  Angleterre,  qu'autres  parties  du  monde.  Re- 
veués  et  corrigées  suyvant  les  premières  Editions  impri- 

•  mees  en  Avignon  en  l'an  i556  et  à  Lyon  en  l'an  i55o  et 
-^     autres.  Avec  Ta  vie  dç  TAutheur.  Àmslerdani^  Jean  Jansson 

•  à  fVaesberge...   1668.  In-12,  front,  gr.  et  portr.;  mar, 
»,    vert,  fiL,  tr.  dor.  [anc.  rel.). 

Joli  exemplaire  d'une  édition  qui  fait  partie  de  la  collection  des  Elze- 
viers. 

26 i.  BLOUET  (Th.).  Pronosticalion.  ||  Le  nom  de  celui  soit 
heneis...  Je  thurien  blouet  prestre  résident  à  lille...  me 
'  suy  c5des||cendu  à  publyer  ces  présentes  prenosticatiôs 
pour  cest  an  Mil  \  chincq  cens  &  trois  f  i5oû)...  S.  /.  Pet, 
m-49  gotb.,  de  6  ff.;  mar.  vert,  losange  ae  filets  d'or;  dans 
chaque  losange  une  pensée  d'or,  tr.  dor.  [Niedrée). 

Plaquette  en  prose  d'une  rareté  extrême,  non  citée  dans  le  Manuel, 
Elle  parait  avoir  été  imprimée  soit  à  Lille,  soit  à  Valenciennes. 
Bel  exemplaire,  peut-être  UNIQUE,  haut  de  200  millimètres. 

268.  Pronostication  Nouelle  pour  ||  Lan  Mil.  v.  cens  ^  .XL, 
carculée  (sic)  \\  au  vray  midy  d' la  Noble  cite  d'  ||  Mets.  S.  /. 
n.  d.  Gr.  in-8,  goth.,  de  8  ff.  à  longues  lign.;  mar.  bleu, 
compart.,  orn.,  tr.  dor.  [Lortic). 

Cette  plaquette  rarissime  est  un  des  prerniers  livres  imprimés  à  Metz. 
Magnifique  exemplaire,  à  grandes  marges.  - 

a 

IV.  ARTS. 
I .   Mnémonique, 

266.  MURNER  (Th.).  Logîca  memoratiua.  Chartiludiù  logice 
sîue  totius  tlialectice  meraoria  :  &  nouus  Pétri  hyspani 
textus  emendatus  :  Cum  iucundo  pictasmatis  exercitio  : 
Eruditi  viri  f.  Thome  Murner  Argêtini...  (A  la  fin  :)  ...  Ar- 
gentine, industrius  vir  loànes  gruninger  inipressit^  1609. 
In-4î  fig-  sur  bois;  mar.  violet,  fiL,  tr.  dor.  [Biaisé), 

Deuxième  édition,  fort  rare,  ornée  de  cinquante  -  quatre  figures  très 
curieuses.  Murner  est  le  premier  qui  ait  eu  l'idée  d'aider  la  mémoire 
dans  l'étude  des  sciences  au  moyen  d'un  jeu  de  cartes  inventées  par  lui. 


18î2  SCIENCES  ET  ARTS. 

Celte  innovation,  qu*il  appliqua  avec  grand  succès  à  l'université  de  Cra- 
covie,  le  fit  suspecter  de  sorcellerie  et  faillit  lui  coûter  la  vie, 
Tr^s  bel  exemplaire,  de  la  coll.  de  C.  Leber. 

267.  MURNER.  Chartiludiù  Institute  sûmariedoctore  Thoma 
Murner  memorante  et  ludente....  (A  la  fin:)  Impressum 
Argeniinœ  per  lohannem  Prus,  Impensis  ac  sumpiibus  cir- 
ciispecd  uiri  loannis  Knoblauch.  Ànno  Salutis  noslrœ  M.  D. 
.vviij  (i5iS).  In-4,  fig.  sur  bois;  mar.  rouge,  jans.,  tr.  dor. 

Édition  bien  plus  rare  que  la  précédente,  dont  elle  diffère  beaucoup 
par  le  texte  et  par  les  gravures.  Magnifique  exemplaire. 

268.  LEPORECS  (G.).  Ars  Memoratiua  Gulielmi  Leporei 
Auallonen.  Pontificio  &  Cçsareo  iuribus  comprobata... 
Fencunt  in  Calchographia  loannis  Fabri  :  in  vico  Dagul- 
hères  :  a^ius  anima  in  pace  requiescit  (Toulouse,  i523). 
In-49  de3off.,  fig.  sur  bois;  mar.  vert,  fil,,  tr.  dor. 
[Lortic). 

Ce  traité  est  Tun  des  plus  anciens  sur  la  mnémonique. 

Édition  fort  rare,  citée  dans  le  supplément  au  Manuel,  Elle  contient 
au  r°  du  f.  5  une  tête  avec  indication  des  bosses,  comme  le  docteur  Gall 
en  a  publié  de  nos  jours.  Une  lettre  de  Josse  Bade  d'Asch,  qui  la  termine, 
est  datée  de  1523. 

Très  bel  exemplaire,  grand  de  marges.  Qq.  if.  restaurés  au  coin  supé- 
rieur. 

269.  ROMBERCH  (J.).  Congestorium  Artificiose||Memorie 
y.  p.  F.  Joânis  Rc(mbercli||de  Kyrspe...  Omnium  de  me-|| 
moria  preceptiôes  aggre||gatim  complectens....  (A  la  fin  :) 
ycneiiis  per  Melchiorem  Sessam,..  i533  Mensis  Julij.  Pet. 
in-8,  goth.,  de  io4  ff.  ;  fig.  sur  bois;  mar.  rouge,  orn.,  tr, 
dor.  (Lortic). 

Ouvrage  de  mnémonique  fort  rare.  Très  bel  exemplaire. 

270.  PORTA  (J.-B.).  Ars  reminiscendi  loan.  Baptistae  Portae 
Neapolitani.  Neapoli,  apud  loan.  Baptistam  Subiilem^ 
M  D  cii  (1602).  In-4i  fig*  sur  bois;  mar.  La  Vallièrey  jans., 
tr.  dor,  (Smeers). 

l'n  des  ouvrages  les  plus  rares  de  Porta.  Très  bel  exemplaire. 


ARTS.  183 

2.  ///•/  culinaire.  —  Chasse, 

271.  APICIUS  (Cœlius).  Appicius  Culinarius.  (A  la  fin  :  )  ///?- 
pressura  Media lani  per  maf;istrum  Guilermum  Signerre 
Roihomagensem  Anna  dhi.  M  cccc  Ixxxx  viii  (i/jgS).  die 
xx.mensis lanuarii.  In-4;mar.  brun, fleur., tr.dor.(Z,r?r//Vr). 

Première  édition  avec  date  de  l'Art  culinaire  attribué  à  tort  à  l'un 
des  trois  Apicius.  Elle  a  été  imprimée  par  un  Rouennais.  Fort  rare. 
Très  bel  exemplaire. 

272.  Le  Grand  Cvysinier  de  tovte  cvysine  tres-vtile  et  profita- 
ble, Contenàt  la  manière  d'habiller  toutes  sortes  de  viâdes 
tant  chair  que  poisson  :  &  de  servir  es  banquetz  &  festes. 
Anec  vn  mémoire  pour  faire  escriteau  pour  vn  Baquet.  Le 
tout  composé  par  plusieurs  Cuysiniers  fort  expers.  À  Paris ^ 
pour  la  vefue  lean  Bonfons,^.  d.  (v.  i56o).  Pet.  in-8,  fig. 
sur  bois  au  titre;  raar.  bleu,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  {Paru). 

Première  édition,  fort  rare.  Exemplaire  d'A.  Bertin. 

273.  Le  Roy  Modus  des  deduitz  de  la  chace,  vénerie  et  fau- 
connerie. Paris,  Gilles  Corrozety  i56o.  In-8,fig.  sur  bois; 
mar.  rouge,  comp.,  tr.  dor.  (T/iompson). 

Édition  ornée  d'excellentes  vignettes  dans  le  style  de  Jean  Cousin. 
Joli  exemplaire,  de  la  coll.  Yemeniz.  Titre  restauré. 

274.  CHARLES  IX.  La  Chasse  royale  composée  par  le  Roy 
Charles  IX  et  dédiée  au  Roy  tres-chrestien  de  France  et 
de  Nauarre  Louys  XIII,  tres-vtile  aux  curieux  et  amateurs 
de  chasse.  À  Paris  ^  chez  Nicolas  Rousset  et  G  entais  Allioty 
1625.  Pet.  in-8;    mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  {(inc.  rel.). 

Édition  originale,  fort  rare,  ornée  d'une  charmante  vignette  au  bas  du 
titre. 

Exemplaire  Yemeniz  (380  fr.).  La  reliure  porte  les  armes  et  la  devise 
de  Charles  IX. 

275.  FOUILLOUX  (J.du).  La  Vénerie  de  laques  du  Foùilloux, 
Gentil-homme,  Seigneur  dudit  lieu,  pays  de  Gastine,  en 
Poitou.  Dediee  au  Roy  Tres-chrestien  Charles  neufiesme  de 
ce  nom.  Avec  plusieurs  Receptes  ^  Remèdes  pour  guérir 
les  chiens  de  diuerses  maladies.  Plus  l'Adolescence  de 
TAutheur.  A  Poitiers ^  par  les  Marnefz  et  Bouchetz  frères. 


184  SCIENCES  ET  ARTS. 

S.  cl.  Iii-4)  fig-  s.  bois;  mar.  La  Vallière,  compart.  en  or 
et  en  mosaïque,  tr.  dor.  {Hagiuf). 

Édition  fort  rare,  identique  avec  la  première,  datée  de  1561  et  publiée 
par  les  mômes.  Elle  est  ornée  de  58  grav.  sm*  bois,  intéressantes  et  bien 
composées.  V Adolescence  de  Vautheur,  en  vers,  est  suivie  de  la  Complainte 
du  cerf,  petit  poème  par  Guillaume  Bouchet. 
.     Magnifique  exemplaire,  très  grand  de  marges  (H.:  0",223). 

276-  FRANCHIÈRES  (J,  des).  La  Fauconnerie  de  F.  lan  des 
Francliieres,  Grand  Prievr  d'Aqvitaine  :  recveillie  desliures 
de  M.  Martino,  Malopin,  Michelin,  &  Amé  Cassian^  avec 
une  autre  Fauconnerie  de  Guillaume  Tardif,  du  Puy  en 
Vellay,  plus,  la  VoUerie  de  messire  Artelouche  d'Alagona, 
seigneur  de  Maraueques.  D'avantage,  Vn  Recueil  de  tons 
les  Oiseaux  de  proye,  seruans  a  la  Fauconnerie  &  VoUerie. 
^  Poitiers  y  par  Enguill?erl  de  Marnef,  et  les  Boachets, 
frères  y  156-].  In-4^  %•  sur  bois;  mar.  rouge  ancien,  jans., 
Ir.  dor.  {Masson-Debonnelle)^. 

Édition  fort  rare,  ornée  des  figures  sur  bois  d'une  bonne  exécution. 
Très  bel  exemplaire,  de  la  bibl.  du  marquis  d'Aix  à  la  Serraz. 

3.  Tra^'aux  de  broderie. 


277.  Ein  new  kunstlicb  Model-||bûch/  dair  in  mehr  dan 
Sechszhundert  ||  figuren/  monster  ader  stalen  befondenn  || 
wie  mann  na  der  rectiter  art/  Perlenstic|kers/  LaufFer 
werck/  Spanscbe  sticbe/ 1|  mit  der  nâlen/  vort  vp  der  Ra- 
men/  vnd  ||  vp  der  laden/  bôrden  wircken  sal/  wilche  |j 
stalen  al  tzo  samen  verbessert  sint/  vn  vil  kunstlicber  ffe- 
maclit/  I!  dan  die  ersten  mit  vil  melir  neuwe  stalen  hir  by 
gesatzt  fc.  Il  Sere  nutzlicli  aile  wapensticker/  frauwen/ 
ionfferen  vnd  met||ger/  dar  vsz  solcn  kunst  lichtlich  tzo 
leren.jl  Vng  Nouiau  iiure  auec  pluseurs  sciences  et  patrons 
qui||  nontpoinct  estes encor imprimes.  {|  Gedruckt  tzo  Côllcn 
vp  dein  Doemhoff  ||  durch  Peler  Quentell.  ||  Im  iair 
M.D.XLV  (i545).  In-  4?  de  52  ff.  de  grav.  sur  bois,  recto 
et  verso  ;  mar.  La  Vallière,  riches  compart.,  tr,  dor. 
{H  a  gué). 

Un  des  plus  anciens  ouvrages  de  broderie,  et  de  la  plus  grande  rareté. 
Au-dessus  du  titre  est  une  gravure  sur  bois  en  largeur,  divisée  en  trois 
compartiments  et  représentant  trois  femmes  faisant  de  la  broderie.  An 
v°  de  ce  f.,  un  grand  frontispice  où  sont  ûgurés  deux  métiers  à  dentelles. 


ARTS.  185 

A  la  dernière  page,  les  armes  de  la  ville  de  Cologne  avec  la  devise  :  0. 
FœHx.  Colonia. 

Cette  édition,  inconnue  à  l'auteur  du  Manuel,  a  été  décrite  dans  le 
Swj^lément  à  cet  ouvrage,  d'après  un  exemplaire  incomplet,  qui  n'avait 
que  32  If.,  tandis  que  le  nôtre  en  a  bien  cinquante-deux  (sign.  A-n),  avec 
cent  et  une  pL  de  broderie ,  contrairement  à  l'opinion  émise  dans  la  note 
qui  accompagne  cette  description. 

Magnifique  exemplaire,  grand  de  marges  et  non  lavé. 

278-  VECELLIO  (C).  Corona  délie  iiobili  et  virtuose  donne 
libre  primo  (secundo  e  terzo)  nel  quale  si  dimostra  in  varij 
dissegni  :  tutte  le  sorti  di  Mostre  di  punti  tagliati,  Punti  in 
aria,  Punti  a  reticello,  e  d'ogni  altra  sorte,  cosi  per  Freggi, 
corne  per  Merli,  &  Rosette,  che  con  TAco  si  usano  hoggidi 
per  tutta  Europa...  Agginntiui  in  questa  Quarta  impres- 
sione  molti  bellissimi  dissegni  non  mai  più  veduti.  In 
Fenelia^  appresso  Cesare  P'ecellio,  in  Frezzaria  nelle  case 
de  Pretiy  iSga.  3  part,  en  i  vol.  pet.  in-4  obi.;  mar. 
rouge,  jans.,  tr.  dor.  {Trautz-hauzonnei). 

Cet  ouvrage  rare,  composé  de  trois  parties,  auxquelles  se  joint  une 
quatrième,  intitulée  Gioiello  délia  Corona,  fut  publié  d'abord  en  1591.  Il 
est  difficile  de  concilier  la  mention  contenue  dans  le  titre  de  cette  édi- 
tion :  in  questa  quarta  impressione,  avec  le  renseignement  fourni  par  Bru- 
net,  qui  dit  que  la  4®  édition  est  de  1593;  et  cela  d'autant  plus  qu'on 
retrouve  exactement  la  même  mention  sur  le  titre  de  l'édition  de  1598 
dont  un  exemplaire  se  trouvait  dans  la  collection  de  M.  Yemeniz  (n°  1113). 
On  ne  saurait  expliquer  autrement  ces  contradictions  qu'en  supposant 
que  Brunet  a  fait  erreur  et  qu'en  effet,  de  1591  à  1592,  il  y  a  eu  quatre 
éditions  de  ce  livre  de  toute  beauté,  dont  le  succès  si  rapide  ne  doit  nul- 
lement nous  étonner.  Il  faut  croire  en  outre  que,  pour  l'édition  de  1598, 
on  a  réimprimé  purement  et  simplement  le  titre  de  l'édition  de  1592, 
sans  aucune  modification  dans  le  texte. 

Notre  exemplaire  est  d'une  belle  conservation,  sauf  qq.  fi",  reniargés  en 
tête.  La  première  et  la  seconde  partie  se  composent  chacune  d'un  feuillet 
de  titre,  d'un  f.  de  dédicace  et  de  20  ff.  de  planches  (sign.  A-G  par  4  et 
AA-GG  par  4)  ;  la  troisième  partie  compte  un  f.  de  titre,  un  f.  de  dédicace, 
28  planches  et  enfin  2  ff.  de  texte  (sign.  Aaa-Hhh  par  4).  Ces  4  derniers 
fï.  n'existaient  pas  dans  l'exemplaire  Yemeniz  de  1598,  et  Brunet  n'indique 
pour  cette  3^  partie  (édition  de  1593)  que  22  pi.  La  pi.  27  de  notre  exem- 
plaire porte  cette  inscription  :  Inventions^  cantoni  de  e  fazzoletti diverse;  la 
pi.  suivante  représente  l'aiguille  à  broder  et  la  manière  d'agrandir  ou  de 
réduire  la  dentelle.  Les  deux  derniers  ff.  contiennent  des  instructions  con- 
cernant le  travail  de  dentelle. 

279.  GLEN  (J.  de).  Du  Debvoir  des  filles,  traicté  brief,  et  fort 
utile,  divisé  en  deux  parties  :  la  première  est,  de  la  di- 
gnité de   la  femme,  de  ses  bons  deportements,  et  deb- 


186  SCIENCES  ET  ARTS. 

uoirs  ;  des  bonnes  parties  &  qualités  requises  aux  filles, 
qui  tendent  au  mariage.  L'autre  traicte  de  la  Virginité,  de 
son  excellence,  des  perfections  nécessaires  à  celles,  qui  en 
font  profession,  des  moyens  de  la  conseruer...  par  frère 
lean-Baptiste  de  Glen,  Docteur  en  Théologie  de  la  Faculté 
de  Paris,  et  Prieur  des  Augustins  lez  Liège.  Item  plusieurs 
patrons  d'ouvrages,  pour  toutes  sortes  de  Lingerie,  de 
lean  de  Glen  :  le  tout  dédié  à  madame  Anne  de  Croy, 
Marquise  de  Renty,  &c.  A  Liège ,  chez  lean  de  Glen  y  i5gn. 
In-8  obi.,  de  6  ff.  prélim.,  titre  compris;  un  f.  (titre  de  la 
2"  partie);  texte  {120  pp.),  A-P  par  4  ff-^  et  20  pL,  Q-U  par 
4  if.;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  {anc.  relX 

Dans  la  description  de  ce  volume  de  toute  rareté,  Branet  indique  pour 
la  seconde  partie  i2  pp.  de  texte  et  39  pi.  Si  cet  exemplaire,  provenant 
de  la  collection  Yemeniz,  est  incomplet  de  19  pi.  (ce  qui  n'est  pas  prouvé), 
il  ne  nous  paraît  pas  qu'il  doive  comporter  i2  pp.  de  texte  pour  la 
seconde  partie,  attendu  que  les  signatures  continuent  jusqu'à  la  fin  sans 
interruption.  Brunet,  se  conformant  à  renonciation  du  titre,  attribue  les 
planches  des  patrons  de  lingerie  à  Jean  de  Glen,  tandis  que  nous  avons 
constaté  que,  sur  vingt  pi.  de  cet  exemplaire ,  treize  ne  sont  que  des  copies, 
assez  bien  réussies  d'ailleurs,  des  planches  de  la  3^  partie  de  la  Corona 
délie  donné  de  Vecellio.  Les  sept  autres  sont -elles  des  compositions  ori- 
ginales de  Glen ,  ou  bien  des  imitations  d'un  autre  volume?  C'est  ce  que 
nous  n'avons  pu  vérifier.  Sur  le  titre  se  trouve  la  marque  de  l'imprimeur, 
et  au  verso  les  armes  de  la  famille  de  Croy. 

Très  bel  exemplaire.  ^ 


BEAUX-ARTS. 


I.  ARTS   DU  DESSIN. 

280.  V^NIUS  (E.).  Tractalus  physiologicus  de  pulchritudine. 
Juxta  ea  quœ  de  sponsa  in  Canticis  Canticorum  mysticè 
pronunciantur.  Autnore  Ernesto  Vaenio.  Briixellis,  typis 
Fr.  Foppens,  1662.  Pet,  iii-8;  mar.  vert,  fîL  àfr.,  orn. 
sur  les  plats  [Smeers). 

Exemplaire  non  rogné.  Les  jolies  figures  sur  cuivre  représentent  tous 
les  détails  de  la  beauté  de  l'Épouse ,  énoncés  dans  le  Cantique  des  can- 
tiques. 

281.  DURER  (A.).  Les  quatre  livres  d'Albert  Durer,  peinctre 
&  geometrieii  Très  excellent,  De  la  Proportion  des  parties 
&  pourtraicts  des  corps  humains.  Traduicts  par  Loys  Mei- 
gret  Lionnois^  de  langue  Latine  en  Françoise.  j4  Paris  y  chez 
Charles  Perler^  demourant  en  la  rue  sainct  lean  de  Beau^ 
nais  y  a  lenseigne  de  Bellerophon,  iSSy.  In-fol.  ;  mar. 
rouge,  riches  comp.  en  or  et  à  fr.,  tr.  dor.  {J.ortic). 

Première  édition  française,  avec  des  copies  des  planches  originales. 
Ce  précieux  traité  est  fort.  rare. 

Magnifique  exemplaire,  avec  témoins. 

282.  COUSIN  (Jean).  Livre  de  povrtraitvre  de  maistre  lean 
Covsin  peintre  et  geometrien  très-excellent.  Contenant  par 
vne  facile  instruction,  plusieurs  plans  et  figures  de  toutes 
les  parties  séparées  du  corps  humain....  A  Paris,  chez 
lean  le  Clerc,  1618.  In-4  obi.;  demi-rel.,  dos  et  coins  de 
mar.  brun. 

Ouvrage  classique,  qui  fait  encore  autorité  dans  le  monde  des  arts. 
Cinquième  édition,  à  ce  qu'on  croit,  et  fort  rare.  Elle  est  ornée  d'un  beau 
frontispice  et  de  34  grandes  planches.  Voir  pour  les  détails  les  travaux  de 
M.  Didot  sur  Jean  Go 


188  BEAUX-ARTS. 

283.  COUSIN  (J.).  Livre  de  pourtraiclure  de  maistre  Jean 
Cousin.  À  Paris  y  chez  Guillaume  Le  Bé^  1671,  In-4  obi., 
de  !\o  ff.  ;  mar.  rouge,  fil.  à  froid,  tr.  dor.  {Lortic), 

C§tte  édition  contient  36  planches,  dont  deux  nouvelles. 
Très-bei  exemplaire. 

284.  VIATOR  (Jean  Pèlerin,  dît),  f  De  artificiali  pspectiva. 
{Suit  une  graif.  s.  bois  représ,  douze  cercles  concentriques j  et 
au  dessous  le  mot  :)  Viator  {suivi  du  bourdon  de  pèlerin). 
(Au  f.  10  de  la  sign.  E  .••)  Impressum  Tulli\\  Anno  catholice 
ve\\ritatis  quigëlesimo  qulto  supra\\Milesimù  (i5o5)  :  Ad 
nonu  Calerulas  \\Julias,  Solerti  opéra  pétri  iacobi  \\pôri 
Incole  pagi  Sancti  Nicolai.  (A  droite  de  ce  colophon,  la 
marque  de  rimprimeur).  In-fol.,  gotb.,  texte  latin  et 
franc.,  fig.  sur  bois;  mar.  vert,  compart,,  tr.  dor.  {^Hagué). 

Première  édition,  fort  rare,  d*un  livre  célèbre  et  précieux,  qui  est  en 
même  temps  le  plus  ancien  traité  de  perspective  qu'on  ait  imprimé  en 
France,  et  aussi  le  premier  ouvrage  exécuté  dans  la  ville  de  Toul. 

«  Viator,  ce  prédécesseur  d'Albert  Durer  et  de  Jean  Cousin  dans  la 
géométrie  appliquée  au  dessin,  a  donné  des  planches  de  perspective 
remarquables  par  leur  justesse  et  leur  naïveté.  On  a  cru  reconnaître  dans 
plusieurs  d'entre  elles  des  monuments  de  Paris  :  Notre-Dame,  la  Sainte- 
Chapelle,  etc.  Probablement  l'imprimeur  du  livre  est  aussi  le  graveur 
des  planches.  »  (Didot,  Cat.  rais.,  n°  762.) 

Les  trente-sept  planches  dont  il  est  orné  sont  gravées  au  simple  trait 
et  imprimées  d'un  seul  côté. 

Exemplaire  bien  complet,  mais  le  dernier  f.  est  remonté. 

285.  VIATOR  (Jean  Pèlerin,  dit).  \  De  Artifi"  pspec^.  Viator. 
ter° 

0  Bons  amis,  trespassez  et  viuens, 
Granz  esperiz,  zeusins,  apelliens 
Décorant  France,  Almaigne  et  Italie, 
GefTelin,  Paoul,  et  Martin  de  Pauye, 
Berthelemi  Fouquet,  Poyet,  Copin, 
André  Montaigne,  et  Damyens  Colin, 
Le  Pelusin,  Hans  Fris,  et  Léonard, 
Hugues,  Lucas,  Luc,  Albert,  et  Benard, 
lehan  lolis,  Hans  Grù,  et  Gabriel 
Vuastele,  Urbain  et  lange  Micael 
Symon  du  Mans... 

(A  la  fin  :  )  Impressum  Tulli  Anno  Catholice  veritatis  i52i, 
y  indus  septembres,  Solerti  opéra  Pétri  lacobi  pbH  incole 
pagi  Sancti Nicolai.  In-fol.,  gotb.,  en  fr.eten  lat.,  composé 


ARTS  DU  DESSIN.  189 

de  3o  ff.  avec  gr.  au  trait.;  mar.  rouge,  fil.  à  fr.,  tr.  dor. 

(Dura). 

Troisième  édition,  qui  diffère  notablement  des  précédentes  pour  le 
texte  et  pour  le  nombre  des  planches.  Elle  est  aussi  fort  rare..  Les  vers 
ci-dessus,  qui  ne  figurent  pas  dans  les  deux  éditions  précédentes,  offrent 
un  grand  intérêt  pour  l'histoire  de  l'art.  On  ne  connaît  même  pas 
d'œuvres  de  plusieurs  des  artistes  qui  y  sont  cités.  Pour  plus  de  clarté, 
nous  avons  mis,  dans  la  transcription  des  vers,  des  majuscules  aux  noms 
propres. 

Très  bel  exemplaire,  habilement  restauré. 

286.  DURER  (A,).  Alberlus  Durerus  nurembergensis  Pictor 
hujus  œtatis  celeberrimus,  versus  e  germanica  lingua  in 
latinam^  pictoribus,  fabris  œrariis  ac  iignariis,  lapicidis, 
statuariis,  &  universis  demum  qui  circino,  gnomone,  li- 
bella, aut  alioqui  certa  mensura  opéra  sua  examinant, 
propè  necessarius...  Parisiis^  ex  off.  C/ir.  Weclieli  sub 
Scuto  BasiliensL  M.  D.  XXXV  (i535),  In-foL,  fig.  sur 
bois;  veau  brun,  fil.  et  ornem.  dor.  {anc.  rel.). 

<c  La  première  édition  en  allemand  a  paru  en  io25;  elle  est  de  toute 
rareté.  On  y  trouve  une  dissertation,  avec  des  dessins,  sur  la  proportion 
des  lettres  de  l'alphabet.  Le  traité  du  Champ  fleury,  où  Geofroy  Tory  s'est 
occupé  du  même  sujet,  n'a  paru  qu'en  15*29.  La  grande  planche  qui  suit 
la  dédicace,  où  sont  figurés  deux  personnages  prenant  des  mesures  de 
perspective,  porte  la  date  de  1530.  Elle  ne  doit  donc  pas  se  trouver  dans 
la  première  édition.  »  (Didot,  Cat.  rais.,  n°  126.) 

Très  bel  exemplaire. 

287.  RODLER  (Jér.).  Eyn  schon  nûtzlich  bûchlin  vnd  vnder- 
weisung  der  Kunst  des  Messens/mit  dem  Zirckel  /  Richt- 
scheidt  oder  Linial.  Zu  nutz...  auch  allen  denen/so  sich 
der  kunst  des  Augenmess  (Perspectiva  zu  latin  gênant) 
zugebrauclien  lust  haben....  (A  la  fin  :)  Getruckt  vnnd 
volnendety  zu  Siemeren  vff  dem  Huneszruckey  in  verlegûg 
Hieronimi Radiers..,  i53ï.Pet.  in-fol.,  fig.  sur  bois;  veau 
brun  estampé  {rel.  du  temps). 

Beau  frontispice  et  nombreuses  gravures  sur  bois  très  curieuses. 
C'est  une  analyse  des  deux  volumes  pubhés  par  Albert  Durer,  l'un  sur  îa 
perspective,  l'autre  sur  les  proportions  du  corps  humain.  Jérôme  Rodler 
en  est  en  même  temps  l'imprimeur  et  l'auteur.  (Didot,  Cat.  rais,, 
n<>  124.) 

Superbe  exemplaire  dont  les  planches  sont  très  bien  coloriées. 

288.  COUSIN  (Jehan).  Liure  de  perspectiue  de  lehan  Cousin 
Senonois,  maistre  painctre  à  Paris.  A  Pu  ris  y  de  Cimpr.  de 


190  BEAUX-ARTS. 

lehan  le  Royer,  imprimeur  du  roy  es  Mathématiques^  1 56o. 
In-fol.;  mar.  rouge,  fil.,  comp.,  tr.  dor,  {Lortic). 

Seule  édition  de  cet  ouvrage  important;  elle  est  devenae  fort  rare.  «En 
tête,  la  grande  marque  de  Jehan  le  Royer.  Dans  l'avis  préliminaire,  Tim- 
primeur  déclare  que  Jehan  Cousin  a  pourtraicté  de  sa  main  snr  les  plan- 
ches de  bois  les  figures  de  ce  livre  qui  furent  taillées  par  M*  Jehan  le 
Royer  et  son  beau-frère  Aubin  Olivier,  maître  des  engins  de  la  monnaie 
au  Moulin.  Cet  ouvrage  est  d'une  très  belle  exécution  et  la  planche  des 
raccourcis  fait  honneur  au  graveur  aussi  bien  qu'au  dessinateur.  Les  ini- 
tiales fleuries  sont  aussi  du  dessin  de  Cousin.  »  (Didot,  Cai.  raii.,  n*  653.) 

M.  Didot  a  fait  reproduire,  dans  le  Recueil  des  otuvres  chùUieê  de 
J.  Cotisin,  cette  belle  planche  des  raccourcis,  ainsi  que  plusieurs  antres. 

Superbe  exemplaire,  presque  non  rogné,  avec  nombreux  témoins. 

289.  TORY  (Geofroy).  Champ  fleury.  Au  quel  est  contenu 
Lart  &  Science  de  la  deue  &  vraye  Proportio  des  Lettres  At- 
tiques,  quô  dit  autremêt  Lettres  Antiques,  &  vulgairement 
Lettres  Romaines  proportionnées  selon  le  Corps  et  Visage 
humain.  (A  la  fin  :  )...  achéue  dimprimer Le  mercredjr  zxviij 
lour  du  Mois  Dapuril.  Lan  Mil  Cincq  Cens,  xxix  (iSaq). 
Pour  Maistre  Geofroy  Tory  de  Bourges  j  Autheur  duâict 
Liure  et  Libraire  demorànt  a  Paris  qui  le  vent  sus  Petit 
Pont  a  Lenseigne  du  Pot  Casse.  Et  pour  Giles  Gourmont... 
qui  le  vent  pareillement  en  La  Rue  Sainct  laques  a  Len^ 
seigne  des  Trois  Coronnes.  Très  gr.  în-8^  fig.  s.  b.;  mar. 
rouge,  riches  orn.  sur  les  plats,  tr.  dor.  {Lortic). 

Première  édition,  précieuse  et  rare. 

(c  Outre  la  matière  indiquée  dans  le  titre,  cet  ouvrage  célèbre  contient 
au  livre  premier  «  lexortation  a  mettre  et  ordonner  la  langue  firançoise 
par  certaine  reigle  de  parler  élégamment  en  bon  et  plnssain  langage 
francois.  »  La  gravure  du  f.  3  est  datée  de  i52G.  »  (Didot,  CaJi.  raie., 
no  736.) 

Très  bel  exemplaire,  grand  de  marges. 

290.  TORY  (G.).  L'art  et  science  de  la  vraye  proportion  des 
Lettres  Attiques,  ou  Antiques...  par  maistre  Geoffroy  Tory 
de  Bourges.  On  les  vend  à  Paris  à  F  enseigne  sainct  Martin, 
Rue  sainct  Lacques^  par  Viuant  Gaultheroty  i549.  ^®''  i^^Sj 
mar.  olive,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  (Bauzonnet). 

((  Les  figures  de  Tédition  précédente  du  Champ  fkwy  reparaissent  dans 
celle-ci,  bien  infén(*uro,  du  rosto,  comme  exécution  à  la  précédente,  mal* 
gré  (jue  Téditour  [)rétcndc,  mais  à  tort,  y  avoir  ajouté  «  trese  diaerses 
façons  de  lettres  &  la  manière  de  faire  chifres  pour  bagues  d'or  m.  (Didot, 
Cat.  rais.,  n<»  738.) 

Bol  exemplaire  <!(>  cotte  édition  l'oi*t  rare,  avec  une  note  autographe  de 
Janiet  ot  do  Lottin. 


ARTS  DU  DESSIN.  191 

291.  Liure  artificieux,  et  tresprouffitable  pour  pointres  (j'/c), 
tailleurs  des  imaiges,  et  Dantiques,  Orfeubvres,  et  plusieurs 
aultres  gens  ingénieuses  :  Nouuellement  imprimes.  Lan 
i54o.  On  les  vend  en  entiers  en  la  rue  de  Chambre  a  len- 
seigne  du  Soleil Dor,  par  lehan  Richard.  Pet.  \n-[\^  de  28  ff. 
gravés  sur  bois  des  deux  côtés,  sans  texte  ;  mar.  La  Valliére, 
ni.,  fleur.,  tr.  dor.  {Hagué). 

u  Recueil  de  têtes  d'expression,  de  coiffures  de  femme,  de  casques, 
armures,  chapiteaux,  etc.,  très  bien  exécutés  au  trait.  C'est  un  livre  d'art 
des  plus  curieux  et  des  plus  rares.  »  (Didot,  CaX,  rais.,  n°  234.) 

Très  bel  exemplaire. 

292.  BOLTZ  (V.).  Farbbûch  oder  Illuminierbûch.  DurchValê- 
tînû  Boltz.  1549.  Getrucktzû  Hasel  uff  dem  Niiwen  Platz  by 
Jacob  Kûndig.  Pet.  in-8,  de  8  ff.  prél.  (table  des  chapitres), 
3ao  pp.  chiff.,  8  ff.  non  chiff.  (index),  et  18  ff.  non  chifl. 
de  figures  sur  bois;  mar.  La  Vallière,  fil.,  tr.  dor. 
[Smeers), 

Volume  peu  connu,  non  cité  au  Manuel,  et  d'un  grand  intérêt  pour 
rhistoii'e  de  l'art  de  la  miniature.  Il  est  divisé  en  deux  livres.  Le  premier 
indique  la  manière  de  préparer  les  couleui*s;  le  second,  qui  finit  à  la 
p.  303,  enseigne  leur  emploi  dans  la  peinture.  Il  est  suivi  d'un  chapitre 
très  original,  qui  donne  la  représentation  des  signes  inventés  par  l'auteur 
pour  indiquer  les  métaux  alors  connus  et  un  certain  nombre  de  substances 
colorantes  ;  c'est  une  sorte  de  symbolisme  chimique,  précurseur  des  for- 
mules atomiques  en  usage  dans  la  chimie  moderne.  Les  métaux  sont  au 
nombre  de  sept  :  or,  argent,  cuivre,  étain,  plomb,  metteur e,  fer  et  acier, 
désignés  par  les  signes  astronomiques  de  certains  astres,  dont  les  noms, 
empruntés  en  partie  aux  divinités  païennes,  symbolisaient  ainsi  en  quelque 
sorte  les  qualités  de  ces  métaux.  En  voici  les  noms  correspondants  : 
Soleil,  Lune,  Vénus,  Jupiter,  Saturne,  Mercure,  Mars.  Vacier  n'avait  pas 
d'équivalent  symbolicpie  et  était  représenté  par  les  lettres  S  et  T  entre- 
lacées (par  rapport  au  mot  Stahl,  acier  en  allemand).  Les  matières  colo- 
rantes ne  sont  indiquées  qu'au  nombre  de  24,  pour  lesquelles  l'auteur  a 
su  trouver  des  signes  souvent  fort  compliqués.  Il  y  a  ajouté  quatre  autres 
signes  pour  désigner  le  feu,  une  couche,  une  partie,  et  le  mot  prenez; 
ce  dernier  signe  est  encore  usité  aujourd'hui  dans  les  ordonnances  des 
médecins. 

Ce  chapitre  est  suivi  d'un  f.  blanc  et  de  deux  ff.  d'Errata.  Vient  en- 
suite VIndex  (0  ff.)  et  2  If.  do  Post-face;  le  tout  terminé  par  18  If.  de  figures. 

Les  figures,  au  nombre  de  108  (et  non  M  8),  représentent  en  tout 
45  sujets,  à  cause  de  03  répétitions.  Celles  intercalées  dans  le  second 
livre  devaient  sans  doute  être  coloriées  par  l'auteur  lui-même,  tandis  que 
celles  de  la  fin  étaient  destinées,  suivant  un  avis  imprimé  en  tête,  à  l'être 
par  le  possesseur  du  volume.  On  y  remarque  quelques  gravures  d'une 
autre  provenance.  Au  verso  du  titi'e  du  premier  livre  se  trouve  une  assex 


192  BEAUX-ARTS. 

bonne  vignette  représentant  Tatelier  d'un  peintre  ;  elle  est  encore  répétée 
quatre  fois  dans  le  cours  du  volume. 

Le  titre  du  second  livrcy  au-dessous  duquel  se  trouve  la  marque  de 
l'imprimeur,  est  entouré  d'un  encadrement  dans  le  style  de  Holbein.  Ce 
môme  encadrement  entoure  le  titre  de  VIndex,  et  le  recto  du  dernier 
feuillet,  au  milieu  duquel  se  trouve  une  petite  vignette  représentant  la 
déesse  Diane.  On  remarque,  en  outre,  dans  ce  volume  des  encadrements 
variés,  des  en-tétes  et  des  grandes  lettres  ornées. 

Très  bel  exemplaii'e. 

293.  AMMAN  (J.).  Enchiridion  artis  pingendi,  fingendi  et 
sculpendi  :  In  quod  [sic)  Thésaurus  novus  et  ingens  varia- 
rum  figurarum  virorû,  mulierum,  infantuni  {sic)  et  anima- 
lium,  in  usum  adolescentiae  cupidae  adeoque  omnium  artis 
huius  amantium  est  congestus,  auth.  lusto  AmmannoTig. 
(A  la  fin  :  )  Fvancofurti  ad  Mœnum,  per  Petrum  Fabricium, 
impensis  Sig,  Feyerabend^  1578,  Pet.  în-4;  mar.  La  Val- 
Hère,  jans.,  tr.  dor.  [Belz-Niedréé). 

Première  édition  de  ce  recueil  rare  et  curieux,  qui  contient  cent  deux 
gravures  sur  bois  de  différents  genres,  dessinées  par  J.  Amman.  (Pour  les 
détails,  voir  Didot,  Cat.  rais.,  n°  77.) 

Très  bel  exemplaire. 

294.  AMMAN  (J.).   Kunnst  und    Lehrbûchlein  fur   die   an- 

fahenden  lu  ngen durch  los  Aman  von  Zûrych.  (A  la  fin  :  ) 

Gedruckt  zu  Franc kfurt  am  May riy  durch  Peter  Schmid, 
in  verlegung  Sigmunds  Feyerabendsj  i58o,  In-4!  mar.  La 

Vallière,  jans.,  tr.  dor.  [Helz-Niedréé). 

Cette  édition  contient  93  pi.,  presque  les  mêmes  que  dans  celle  ci- 
dessus.  Très  bel  exemplaire. 

295.  VITRUVIUS  et  FRONTINUS.  Viclrvvii  Pollîonis  ad  Ce- 
sareni  Avgvstvm  de  architectvra  liber  primvs  (et  sequen- 
tes  IX,  ex  recens.  Joan.  Sulpitii  Verulani).  —  Sexti  Julii 
Frontini  viri  Consvlaris  :  de  aqvis  qve  in  vrbem  inflvvnt  : 
libelivs  mirabilis  (cum  emendationibvs  Pomponii  et  Sul- 
pitii). S.  L  n.  d.  2  part,  en  i  vol.  in-fol.;  mar.  rouge^  fil., 
ornem.,  tr.  dor.  [Hardy). 

Première  édition,  qui  passe  généralement  pour  avoir  été  imprimée  à 
Roïue,  vers  148G,  avec  les  caractères  de  Georges  Herolt. 
Très  bel  exemplaire. 

296.  VITRU\  E.  Architecture  ou  Art  de  bien  bastir,  de  Marc 
Vitruue  Pollion  autheur  romain  antique  mis  de  latin  en 
francoys    par    fan    Martin    pour    le    Roy   tres-chrestien 


ARTS  DU  DESSIN.  193 

Henry  II.  On  les  vend  chez  lacques  Gazeau,  en  la  rue 
Sainct  lacques  a  FEscu  de  Cologne,  i547»  (^  la  fin  :  )  Im- 
primées a  Paris  pour  la  veuue  et  héritiers  de  fan  Bafbe\ 
1047.  In-fol.;  veau  fauve  {anc.  reL). 

Cet  ouvrage  est  recherché  à  cause  des  fîgures  sur  bois  que  Jean 
GOUJON  reconnaît,  dans  son  avis  final  aux  lecteurs,  comme  ayant  été  exé- 
cutées par  lui,  et  aussi  à  cause  d'un  chapitre  additionnel,  une  liisserta- 
tion  sur  l* architecture,  par  le  môme  artiste.  «  Dans  l'avis  au  lecteur  placé 
au  commencement  de  VHolométre  (voir  plus  loin  le  n^  492),  Abel  Foullon 
accuse  Jean  Martin  (sans  le  nommer)  de  lui  avoir  fait  soustraire  par  l'im- 
primeur la  traduction  des  huit  premiers  livres  de  Vitruve,  de  façon,  dit-il, 
qu'il  fut  frustré  par  l'un  de  l'honneur,  et  par  l'autre  du  salaire  de  son 
labeur.  »  (Voir  Didot,  Cat,  rais,,  n°  662.).  C'est  la  première  traduction 
française  de  Vitruve.  Beau  portrait  à  la  page  de  titre. 

Magnifique  exemplaire,  avec  la  signature  de  Guyon  de  Sardières,  dont 
le  chiffre  couronné  se  trouve  au  dos  de  la  reUure. 

297.  ALBERTI  (L.  B.).  Leonis  Baptislœ  AlberU  Florêtini  Li- 
bri  de  re  aedificaloria  decë...  (A  la  fin:)...  accurattssime 
Parisiis  In  Sole  aureo  Fiai  diui  lacobi  Imprçssum.  Opéra 
magistri  Bertholdi  Rembolt  et  Ludouici  Hornken...  Anno 
domini  M.  D.  XII  {1^12)  die  vero  xxiii  ^ugusii.  In-4  ; 
mar.  bleu,  orn.  à  fr.,  tr.  dor.  {Lortic). 

«  C'est  Geofroy  Tory  qui  a  donné  cette  édition,  ainsi  qu'il  nous  l'ap- 
prend lui-même  dans  son  avertissement  au  recto  du  second  feuillet.  Sur 
le  titre,  la  marque  de  Rembolt,  et,  à  la  dernière  page,  la  marque  de 
Hornken.  »  (Didot,  Cat,  rais.,  n°  726.) 

Bel  exemplaire  de  cette  édition  rare,  la  seconde  de  ce  livre. 

298.  LORME  (Ph.  de).  Novvelles  inventions  povr  bien  bastir 
et  a  petits  fraiz,  trovvees  n'agueres  par  Philibert  de  L'orme 
Lyonnois,  Architecte,  Conseiller  et  Aulmonier  ordinaire  du 
feu  Roy  Henry,  et  abbé  de  S.  Eloy  lez  Noyon.  À  Paris ^  de 
fimpr.  de  Federic  Morel^  i56i.  In-fol.;  mar.  vert.,  orn., 
tr.  dor.  {Lortic). 

Première  et  rare  édition  de  ce  traité  de  charpente,  ornée  de  trente- 
quatre  figures  sur  bois  dessinées  par  le  célèbre  architecte,  et  fort  bien 
gi'avées. 

Très  bel  exemplaire. 

299.  LORME  (Ph.  de).  Novvelles  inventions  povr  bien  bastir 
et  a  petits  fraiz,  trovvees  n'agveres  par  Philibert  de  L'orme, 
Lyonnois,  Architecte,  Conseiller  et  Aumosnier  ordinaire 
du  feu  Roy  Henry,  et  Abbé  de  S.  Eloy  lez  Noyon.  J 

i3 


194  BEAUX-AHTS. 

Paris ^  de  Cimpr.  de  Hierosme  de  Marne f  et  GuUl.  Cauel^ 
lat,  1576.  In-foL;  mar.  vert,  ornem.,  Ir.  dor.  {Loriic). 

<(  Beau  frontispice  Renaissance  largement  exécuté.  Mêmes  gravures 
que  dans  l'édition  précédente.  A  la  fin,  la  belle  marque  de  réâitem*  des- 
sinée par  Jean  Cousin,  dans  le  style  de  Fontainebleau.  »  (Didbt,  Cai,  rais.^ 
n»  682.) 

Magnifique  exemplaire. 

300.  LORME  (Ph,  de).-  Le  premier  tome  de  rarchitectvre  de 
Philibert  de  L'orme  Conseillier  et  Avmosnier  ordinaire  du 
Roy,  et  Abbé  de  S,  Serge  lez  Angiers.  Paris^  Federic  Morel^ 
1567.  In-fol.;  veau  bruû  {fine.  reL). 

«  Première  édition.  L'exemplaire  est  complet,  bien  qae  le  f.  248 
semble  manquer;  c'est  un  changement  fait  en  cours  d'impressioii,  car 
tous  les  exemplaires  connus  sont  conformes,  et  le  texte  se  soit  bien.  Les 
gratures  sur  bois  sont  excellentes.  »  (Didot,  Cat.  rais.,  b?  683.) 

Très  bel  exemplaire  de  cette  édition  extrêmement  rare. 

301.  SAMBIN  (H.).  OEuure  de  la  diversité  des  termes  dont 
on  use  en  architecture,  réduit  eu  ordre  par  maistre  Hu- 
gues Sambin,  architecteur  en  la  ville  de  Dijon,  fyvn,  Jean 
Durant,  1572.  Pet.  in-fol.,  fig.  sur  bois;  mar.  vert,  fil.,  tr. 
dor. 

Ouvrage  fort  rai*c.  Les  termes  et  cariatides  sont  dessinés  dans  le 
goût  de  Micbel-Ange,  dont  on  croit  que  Sambin  était  élève. 
Très  bel-  exemplaire. 

n.  MUSIQUE. 

302.  GAFhORl  (l\).  Franchini  Gafurii  (sic)  Laudensis  Regii 
Musici  publice  profitentis  :  Delubriq^  Mediolanensis  Pho- 
nasci  ;  de  Harnionia  Musicorum  Inst rumen torum  Opus.  (A 
la  fin  :  )  Impressum  Mediolani  per  Gotardum  Pontanum 
Calcographuin  die  xxifii  ISoueinbris.  i5i8.  Pet.  in-fol. ,  fig. 
et  frontisp.  sur  bois  ;  mar.  vert,  orn.  sur  les  plats,  tr.  dor. 
(fjOrlic), 

Édition  rare.  Elle  contient  plusieurs  pièces  de  vers  latins  en  llion' 
nour  de  Grolier,  à  qui  Gaflori  dédiait  ses  ouvrages.  (Voir  Le  Roox  de 
Lincy,  Recherches,) 

Sui)erbe  exemplaire. 

303.  LUSCINIIjS  (O.).  Mvsvrgiu  seu  praxis  mvsicse.  Iliius 
primo  qua;  Instrumentis  Pgitur  certa  ratio,  ab  Ottomaro 

-  Luscinto  Argentino  duobus  Libris  absoluta.  Eiusdem  Otto- 


MUSIQUE.  •  195 

-  mari  Luscinij,  de  Concentus  polyphonie  id  est, .  ex  plurifa- 
rijs  uocibus  compositi,  canonibus,  Libri  totidem.j4rgento- 
ratiy  ap.  loannem  Schottum^  i536.  In-4,  obi.;  veau  bleu, 
fil.,  comp.,  tr.  dor. 

Oavrage  curieux  et  fort  rare.  Le  nom  allemand  de  Fauteur,  Nachtigall 
(Rossignol),  est  bien  en  rapport  avec  le  sujet  du  livre.  Parmi  les  gravures 
sur  bois  de  ce  volume,  on  remarque  Talphabet  de  la  Mort  attribué  à  Hans 
Holbein. 

304.  Compendiû  musices  confectû  ad  faciliorê  instructionê 
cantum  chorale  discentiû  :  necnO  ad  introductione  huius 
libelli  qui  Câtorinus  intitulatur. ...  (A  la  fin  :  )  Finis  Can^ 
torini  Romani  :  impressi  Veneiiis  ^  dhm  Lucantoniû  de 
Giunta  Florentimi^  :  Anno  dni  millesimo  angentesimo  ter-- 
tiodecimo  (i5i3)  die  v*o  ieriia  decëbris .  ret.  in-8,  goth.; 
mar.  rouge,  jans.,  tr.  dor.  [Hardy). 

Première  édition,  fort  rare. 

Cet  ouvrage,  où  la  musique  est  assez  bien  imprimée  en  rouge  et  noir,* 
renferme  trois  grandes  gravures  et  plusieurs  petites. 
Très  bel  exemplaire. 

308.  FOGLIANI  (L.).  Mvsica  theorica  Ludouici  Foiiani  Mu- 
tinensis  :  docte  simul  ac  dilucide  pertractata  :  in  qua  quâ- 
plures  de  harmonicis  interuallis  :  non  prius  tentatae  :  con- 
tinentur  speculationes.  (A  la  fin  :  )  Veneiiis  per  lo.  Anlo- 
nium  et  Praires  de  Sabio.  Anno  Domini  AIDXXIX  (1529). 
Mense  Iulii.  In-fol.,  fig.  sur  bois  ;  mar.  La  Vallière,  riches 
comp.  à  froid,  tr.  dor.  [Loriic). 

Ouvrage  extrêmement  rare.  Très  bel  exemplaire.  Qq.  race. 


LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS 


I.  OUVRAGES   EN  TOUT  GENRE 

(Nous  avons  groupé  ici^  selon  Tordre  géographique  et  chronologique  adopté  par 
M.  Didot  dans  son  Catalogue  raisonné  (1867),  les  ouvrages  qQ*on  ne  recherche 
en  général  que  pour  les  figures  sur  bois  dont  ils  sont  ornés.) 

A.  —  Allemagne. 

Sans  lien  d'impression. 

306.  iESOPUS.  (Latino  carminé  :  cum  fabulis  Rimicii,  Avieni, 
Poggii  latine.)  (Sans  titre;  au  recto  du  second  feuille!:) 
Yita  Esopi  fabulatoris  clarissimi  e  greco  latina  per  Rimi- 
cium  II  facta  ad  reuerendissimum  patrem  dominû  Abtho- 
niû  tituli  sancti||  Chrysogoni  presbiterum  CardiDalein.  (A 
la  fin  :)  Finis  dii^ersarum  fabularum.  S.  1.  d.  d.  In-fol., 
semi-goth.y  de  Ji4  ff.,  sign.  a-q,,  alternativement  par  8 
et  par  6;  mar.  bleu^  riches  compart.  à  fr.  ef  ornem.  dor., 
tr.  dor.  (Lor/ic). 

Édition  d*anc  extrême  rareté,  à  peine  citée  au  Manuel, 

«  Dibdiu  a  décrit  cette  curieuse  édition  sans  lieu  ni  date  dans  la  Bi- 
bliotheca  Spenceriana,  t.  I,  p.  246.  Les  fables  d'Ésope  et  d^Avienas  sont 
imprimées  en  vers  latins  et  en  un  caractère  plus  gros  que  le  reste.  Il  res- 
semble, selon  ce  bibliographe,  à  celui  de  Jean  Zainer,  imprimeur  à  Ulm 
on  1478.  Les  figures,  au  nombre  de  cent  et  une,  sont  très  archaïques,  gros- 
sières, à  peine  ombrées,  mais  très  expressives.  Qdelques-anes.  sont  gri- 
voises et  d'autres  libres.  >»  (Didot,  Cat,  rais,,  n»  2.) 

Cette  édition  diffère  sur  beaucoup  de  points  de  celle  (en  430  ff.)  décrite 
par  Panzer  (I,  n»  229),  et  altriljuée  par  lui  aux  presses  d'Ant.  Sorg  d*Aags- 
bourg,  dont  un  exemplaire  a  atteint  le  prix  de  l,iOO  fr.  à  la  Tente 
Yemeniz. 

Superbe  exemplaire,  réglé,  avec  témoins. 

307.  (BIDPAY.)  Directorium  huma  ||  ne-  vite  alias  parabo  ||le 
antiquoru  sapientii.  S.  A  n.  d.  Pet.  in-foL^goth.,  de  8a  ff.f 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  197 

a-m  par  6,  /i,  de  lo  fïl;  mar.  bleu,  fil.   à  fr.,  tr,   dor. 

(Dura). 

«  Édition  imprimée,  peut-être  à  Strasbourg,  vers  1480,  des  fables  de 
Bidpay  traduites  par  Jean  de  Gapoue  d'après  la  version  hébraïque.  C'est 
l'une  des  deux  éditions  sans  date.  Les  gravures,  au  nombre  de  ii9,  sont 
fort  curieuses.  »  (Didot,  Cat,  rais.,  n»  4.) 

Très  bel  exemplaire,  grand  de  marges,  avec  les  fautes  dans  les  signa- 
tures du  cah.  /,  fautes  corrigées  depuis.  Qq.  race. 

Augsboorg. 

ANONYMES. 

308.  (REICHENTHAL,  Ulr.  von)  Concilium  buch  geschehen 
zu  Costencz.)  (Livre  du  concile  tenu  à  Constance.)  ^ugs^ 
purg^  Ànt.  Sorg,  i483,  am  afftermontag  nach  Egicfy-,  In- 
fol.,  goth.  arrondi,  à  2  col.  ;  vél. 

«  Ce  volume,  rare  et  curieux,  en  ce  qu'il  est  le  plus  ancien  armoriai 
imprimé  que  l'on  connaisse,  contient  ii56  armoiries,  indépendamment 
de  44  autres  figures  sur  bois,  dont  3  à  mi-page,  et  4i  occupant  la  page 
entière.  Les  33*  et  34*  tf.  représentent  le  Supplice  de  Jean  Hms. 

Exemplaire  avec  figures  coloriées. 

309.  (REICHENTHAL,  Ulr.  von)  Das  Concilium,  ||  So  zu 
Constantz  gehalten  ist  vrorden||  des  jars  do  man  zalt  von 
der  geburdt  vn||sers  erlôsers  M.CCCC.XIII.  lar.  Mit  allen 
handlungê  in  Geyst||lichen  vn  weltlichen  sachen...  (Le  Con- 
cile tenu  à  Constance  en  i4i3.)  (A  la  fin:)  Gedruckt 
und  vollendet  inn  der  Kayserlichen  Stalt  Aagspurg  || 
durch  Heinrich  Stejner  un  Monat  Deccmbris  \\  Anno 
M.  D.  XXXVI  (i536).  In-fol.,  goth.,  de  2i5  ff.  ch.;  mar. 
La  Vallière,  fil.  à  fr.  et  orn.  dor.,  tr.  dor.  {Lortic). 

«  Édition  non  citée  au  Manuel.  Elle  contient  53  grandes,  gravures  et 
un  très  grand  nombre  dç  blasons.  Elle  offre  le  môme  nombre  de  grands 
sujets  représentant  les  scènes  du  Concile  de  Constance,  mais  dessinés  de 
nouveau.  Le  style  archaïque  et  xylographique  de  l'édition  de  1483  est 
remplacé  par  un  style  plus  modernisé  y  et  n'a  plus  la  môme  naïveté.  Sur  le 
titre  est  une  gravure  sur  bois,  dans  la  manière  de  Schàufelein,  représen- 
tant Tarrivée  des  divers  ordres  du  clergé  devant  le  pape,  et  à  la  fin  de 
l'ouvrage  est  une  grande  planche,  qui  ne  se  trouve  pas  dans  l'édition  de 
Sorg,  et  qui  représente  le  pape  donnant  sa  bénédiction  au  peuple.  » 
(Didot,  Cat.  rais.,  n°  13.) 

Très  bel  exemplaire,  avec  figures  en  noir. 

310.  RÈITTER  (C).  Mortilogus  F.  Conradi  Reitlerii  Nordlin 
gensis...(A  la  fin:)  Finit  féliciter  per  Erhardum  ôglin  Si 


200  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

cianû  newlich  verteûtscht.  (A  la  fin  :  )  Gedruckt  und  volen- 
det  inn...  /éugspurg,  durch  Heinrichen  Steiner^  i533. 
In-fol.,  goth.;  mar.  rouge,  fil.,  tr,  dor.  [Cape). 

Première  édition  de  cette  traduction  qui  contient  i06  belles  gravures 
sur  bois,  dont  les  plus  importantes  paraissent  avoir  été  dessinées  par 
Sch&ufelein.  Magnifique  exemplaire. 

317.  ALCIATUS  (A.).  Viri  clai|rissimi  D.  AhUdreç  Alciati 
Iurisconsultiss.||Mediol.  ad  D.  ChoDra||dum  Peutîngerû 
Augii{|stanum,  Iuri$consul||lum£mbleina||tum  liber.  i53i. 
(A  la  fin  :  )  Excusum  AugustsR  Vindelicorum  per  Heynricum 
Stejrnerum^  r53i.  Pet,  in-8;  mar.  citr.,  fil.,  tr.  dor. 
(Girardet) . 

Première  édition,  très  rare,  de  ces  célèbres  Emblèmes;  elle  ne  contient 
que  9i  flg.  sur  bois.  Très  bel  exemplaire. 

Cologne. 

AMON^HE. 

318.  VIGELLUS  (Wilh.).  Liber  qui  îtitulatur  Bru  ||  iiellus  in 
spécule  stultorum.  || Narralio  Galieni  de  bruneta  el  bicorni.H 
Narratio  de  galle  et  querimoniis  galline.  ||Brunellus  euer- 
tit  se  ad  singros  status  hoîm.  (A  la  fin  :  )  In  imperiali 
feliciq^  ciuitate  Coloniensi  Jnjio...  dominice  incarnatiois 
milles imo  quadringentesimo  nonagesinw  nono  (i499)ï  ^^V 
ultinia  februarii,  In-4,  goth,,  de  68  ff.  ;  mar.  vert,  fil;  à 
froid,  orn.,  tr.  dor,  [Hardy). 

Satire  contre  les  mœurs  du  clergé,  en  vers  élégiaques. 

«  Ce  livre  de  Nigellus  Wirecker,  moine  de  Canterbury  (XÏI*  siècle), 
publié  sous  le  nom  de  Vigellus,  est  orné  de  26  flgures  sur  bois  archaïques, 
mais  assez  originales,  où  le  héros  (Brunellus)  est  représenté  sous  la  forme 
.d*un  âne  debout  et  pérorant.  »  (Didot,  Cat,  rais.y  n*  37.) 

Très-bel  exemplaire  de  cette  édition  fort  rare. 

Francfort. 

HANS  SEBALD  BEHAH. 

319.  Biblicae  historiae,  magno  arlificio  depictae,  &  utilitatis 
publicae  causa  latinis  Epigrammatibus  à  Georgio  Aemylio 
illustrât^.  FrancqfoNi,  Ckristuinus  Egenolp/nis  excudebaL 
(A  la  fin  :)  D.  M.  XXXIX  [sic,  iSSg).  Pet.  in-4;  niar,  La 
Valliére,  ornem.,  tr.  dor.  [Lortic). 

«  Curieuse  suite  de  82  planches,  antérieure  aux  gravures  de  Lyon  du 


ausz  den 
von  Mân 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  199 

313.  MiElN  (W.von),  Das  leiden  Iesu||Christi  vnnserserlôsers.|| 
Souders  andâchtiger  ||  1ère  Nutzperlicher  be||  trachtunng 
vier  Enangeiisten|{  entlichen  durch  ||  Wolffganngj] 
in  gesalz||weiszbe||rwun||gen.  (Au  v°  de  Tav.- 
dern.  f.  :  )  Gedruckt  und  sàlis^klich  vol  enili.  In  der  kayser- 
lichen  stat  Augspurg,  durch  den  lunngen  Hannsen  Schônn- 
sperger  anno  dnid,  M.  und  in  dem  i5.  lar.  (i5i5).  In-4» 
goth.,  sign.  a-q  par  4;  niar,  vert,  riches  comp.,  tr.  dor. 
[Cape). 

Beau  livre,  peu  connu  et  fort  rare. 

«  Toutes  les  pages  sont  entourées  de  bordures.  Le  texte  est  en  vers 
allemands.  Les  figures  sont  au  nombre  de  30.  Elles  portent  les  marques 
de  Schàufelein,  Burgmair,  et  d'autres  maîtres  de  la  môme  école.  La  der- 
nière planche  porte  la  date  de  1515.  »  (Didot,  Cat.  rais.,  n°  26.) 

Superbe  exemplaire,  relié  sur  brochure  et  revêtu  d'une  ri«he  reliure. 

3i4.  Deuotissinie  Meditat||iones  de  vita  :  benefici{|is  et  passioe 
salua||toris  lesu  chfi||cù  gratiarum||actione.  (A  la  fin  :  )  Ex 
officina  excusoria  Si^ismùdl  GriiTi  :  Medicine\\DoctQris  : 
ac  Marci  wyrsung:  Auguste\  V indelicor  quinia  die  Âprilis\\ 
Anno.^c.  DDDXX  (iSao).  Gr.  in-8,  goth.,  de  83  ff.;  mar. 
brun,  fil.  àfr.,  orn.,tr.  dor.  [Lortic). 

«  Beau  volume  qui  contient  38  gravures  sur  bois,  très-probablement 
dessinées  par  Hans  Schàufelein,  bien  qu'elles  ne  portent  pas  sa  marque. 
Elles  sont  entourées  d'un  encadrement  des  plus  remarquables.  »  (Didot, 
Cat.  rais.,  n»  27.) 

Superbe  exemplaire  de  ce  livre  fort  rare. 

I 

315.  JUSTINUS  et  HERODIANUS.  Des  Hochberûmplesten 
Ge II schicht  schreybers.  lustini....  (Le  Justin  en  allemand, 
de  la  version  de  Hieronymus  Boner.j  Âugsburgy  Henri 
Steyner,  i53i.  In-fol.,  goth.  —  (Herodien,  en  ail.,  par  le 
même  trad.)  M.,  id.;  mar.  rôuge,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  [Cape). 

Belle  et  rare  édition,  ornée  de  tlourons  d'après  Urse  Graf. 

«  On  remarque  dans  plusieurs  grandes  planches  la  manière  de  Schiiu- 
felein  et  de  Burgmair,  mais  on  en  rencontre  plusieurs,  d'un  style  plus 
sobre,  d'un  beau  et  savant  dessin  et  qui  mériteraient  d'être  reproduites... 
Le  Justin  contient  50  bois  dont  plusieurs  se  répètent,  et  l'Hérodien  n'en 
contient  point.  »  (Didot,  Cat.  rais.,  n°  28.) 

Superbe  exemplaire,  beau  de  tirage. 

316.  BARLETIUS   Scodrensis  (M.).    Scanderbeg.    Des  aller 
streytparsten  un  theûresten   Fûrsten  und  herrn  Georgen   • 
Castrioten    gênant    Scanderbeg. . .    In    Latein   beschriben 
(durch  Barletium  Scodrensem)  un  yetz  durch  loannê  Pina- 


I 
I 


t>()2  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

Hieronymi  Feyerabendy  1571.  Pet.  in- 8;  mar,  La  Val- 
lière,  jans.,  tr.  dor.  [Bclz'Niedrefff). 

«  Les  jolies  gravures  sur  bois  de  ce  livre  ont  été  dessiaées  en  partie 
par  J.  Amman  (17  portent  ses  initiales  I  A).  Elles  sont  au  nombre  de  196, 
et  mieux  imprimées  que  celles  des  typographes  lyonnais.  »  (Didot,  Cai, 
rais,,  n°  60.) 

Exemplaire  d'un  fort  beau  tirage. 

324.  Kûnstliche  und  wolgerissene  figuren-  der  fûrnembsten 
Euangelien...«.  durch  lost  Amman  Burgern  zu  Nûrenberg. 
(A  la  fin:)  Irnpressum  Francofurti  ad  Mœnum^  per  Pe- 
trum  Fabriciurriy  impensis  Sigismundi  Feyerabendii^  '^79* 
In-4,  de  44  ff-;  lïiar.  La  Vallière,  fil.,  orn.,  tr.  dor. 
[Lortic). 

«  Jolie  suite  de  80  bois  (et  non  78,  comme  le  dit  M.  Becker,  p.  17),  très 
habilement  et  finement  exécutés,  et  supérieurs  aux  autres  productioas  du 
môme  maître.  Ce  joli  livre,  très  bien  imprimé,  a  été  omis  dans  la  6«  édi- 
tion du  Manuel,  »  (Didot,  Cat,  rais, y  n°  67.) 

Très  bel  exemplaire  de  ce  livre  rare. 

325.  FRONSPERGER  (L.).  Kriegszbuch...  durch  Leonhardt 
Fronsperger.  (A  la  fin:  )  Getruckt  zu  Franckfurl  am  Mayn 
durch  Martin  Lechler,  in  verlemng  Sigmundt  Feyerabeadt^ 
1573.  3  tomes  en  i  vol.  in-fol.  ;  mar.  vert,  jans.,  tr.  dor. 

(Lorfic), 

«  Cet  ouvrage  est  très  intéressant  comme  encyclopédie  des  sciences 
militaires  au  XVP  siècle.  Outre  les  nombreuses  planches  snr  bois  qu'il 
contient,  il  renferme  do  grandes  planches  sur  cuivre,  représentant  des 
sièges,  combats  navals,  etc.  En  tout  liOO  gravures.  »  (Pour  les  détails,  voir 
Didot,  Cat.  rais,,  n<>  69.)  , 

Très  bel  exemplaire. 

326.  SCHOPPER  (H.).  De  omnibus  illiberalibus,  siue  mer 
chanicis  artibus,...  luculentus  atque  succinctus  liber,  auc- 
tore  Hartmanno  Schoppero,  nouoforensi  norico,  versuele- 
giaco   conscriptus  :  et  elegantissimis  ac  artificiosissinais 

iconibus exornatus.  Francofurti  ad  Mœnum,  '^^l^*  (A 

la  fin  :  )  Irnpressum  Francofurti  ad  Mœnum,  apud  Geor^ 
giuni  Corvinum,^  impensis  Sigismundi  Caroli  Feyerahent. 
In-8;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  [anc.  rel,  aux  initiales 
H,  D.  entrelacées). 

«  Ce  livre  des  métiers  et  professions  est  très  intéressant  à  cause  de  la 
fidélité  des  représentations  de  l'outillage  propre  au  XVI®  siècle.  La  pre- 
mière édition  est  do  lofi8.  Celle-ci,  de  1574,  n'est  pas  citée  par  Bartsch;  U 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  203 

est  vrai  qu'elle  n'a  probablement  jamais  existé,  puisque  le  dernier  chiffre 
du  millésime  a  été  repoussé  sur  les  exemplaires  restants  d'une  édition  de  * 
1573,  comme  on  peut  s'en  assurer  au  titre  et  au  dernier  feuillet.  La  plu- 
part des  i31  gravures  portent  la  marque  de  Jobst  Amman.  »  (Didot,  Cat. 
rois.,  no  70.) 

Très  bel  exemplaire  de  ce  livre  fort  rare. 

327.  MARCELLUS  (P.),  etc.  De  Vita,  moribus,  et  rébus  gestis 
omnium  ducum  venetorum  qui  iara  inde  a  constituta  ipso- 
rum  republica  usque  ad  nostram  aetatem  imperio  praefue- 
runt  historia,  auctoribus  Petro  Marcello,  Sylvestro  Gorello 
Urbinate  et  Heinrico  Kellnero.  (A  la  fin  :  )  Impvessum  Fran- 
cofurti  ad  Mœnuni  apud  Paidurn  Reffelei\  inpensis  Sigis- 
mundi  Feyerabent.  xS']^.  In-8,  de  220  ff.  (et  non  218); 

•     mar,  La  Vallière,  jans.,  tr.  dor  {Belz-Niedréé). 

«  Les  83  portraits  des  doges  avec  leurs  armoiries,  contenus  dans  cette 
édition,  omise  au  Manuel  et  citée,  mais  non  décrite^par  M.  Becker,  sont 
habilement  exécutés  sur  bois.  Plusieurs  doges  ont  en  outre  la  représen- 
tation de  leurs  tombeaux.  »  (Didot,  Cat,  rais,,  n«  71.) 

Très  bel  exemplaire  de  ce  livre  fort  rare. 

328.  SCHOPPER  (H.).  Spéculum  vitae  aulicae.  De  admirabili 
fallacia  et  astutia  Vulpeculae  Reinikes  libri  quatuor^  nunc 
primùm  ex  idiomate  Germanico  latinitate  donati,  adiectis 
elegantissimis  iconibus,  veras  omnium  apologorum  ani- 
maliumque  species  ad  \iuum  adumbrantibus.  Auctore 
Hartmanno  Schoppero.  Franco/,  ad  Mœnum ,  i574« 
(A  la  fin  :  )  Impressum  Francofurti^  per  Nicolaurn  Bas- 
sxum,  1575,  Pet.  in-12;  mar.  brun,  ornem.,  tr.  dor. 
{Lortic). 

Cette  traduction  libre  en  vers  latins  du  célèbre  poème  satirique  du 
Renart^  d'après  le  texte  baut-allemand,  est  surtout  intéressante  par  les 
belles  gravures  dont  elle  est  ornée.  C'est  une  seconde  édition  de  ce  livre, 
mais  elle  est  bien  plus  belle  que  la  première,  celle  de  lo67.  «  Quelques- 
unes  des  5i  figures  sur  bois  portent  la  marque  d'Amman,  d'autres  celles 
de  Solis;  les  unes  et  les  autres  sont  d'un  travail  fin  et  spirituel.  »  (Didot, 
Cat,  rais,,  n?  74.) 

Très  bel  exemplaire. 

329.  Cleri  totius  Romanae  Ecclesiae  subiecti,  seu  Pontificiorum 
ordinum  omnium  utriusquesexus,  habitus,  artificiosissirais 
figuris,  quibus  Francisci  Modii  singula  octosticha  adiecta 
sunt,  nunc  primùm  à  ludoco  Ammanno  expressi  :  neque 
unquam  antehac  similiter  editi...   Francofurti ,  sumptwus 


204  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

Sigismundi  Feyerabendii,  i585.  In-4;  véL  blanc,  fil.  {oiic. 
reL). 

Première  édition  de  ce  recueil  de  costumes  ecclésiastiques,  an  nombre 
de  102,  d'un  bon  dessin  et  fort  bien  gravés. 
Exemplaire  très  beau  d'épreuves. 

330.  Im  Fraiiwenzimmer  wird  vermeldt  von  allerley  schônen 

Kleidungen  unnd  Trachten  der  Weiber Jetzund  erst 

durch  den    weitberûhmbten  Jost    Amman  wonhafft  zu 

Nûrnberg  gerissen Gelruckt  zu  Franckfuri  am  Mayn 

in  FerlegungSigmund  Feyerabendsy  i586.  In-4;   raar.  La 
Vallière,  jans.,  tr.  dor.  [Belz-Niedrée). 

Édition  allemande  du  Gynœceum,  ou  recueil  des  costumes  de  femmes 
de  toutes  les  nations,  publiée  concurremment  avec  Tédition  latine  et  avec 
les  i22  mêmes  gravures.  Elle  a  été  imprimée  par  Martin  Lechler. 

Très  bel  exemplaire. 

331.  MELANCHTON  (Ph.).Epigrammata  PhilippiMelanthonis 
selectiora....  collecta  a  M.  Petro  Hegelgundo.  Insuper  et 
iconibus  argumento  conuenientibus,  elegantissimis  exor- 
nata,  a  Sigismundo  Feyerabend  bibliopola  Francofordiano. 
Francoforii  ad  Mœnum,  apud  lohanneni  Feyerabend^  im^ 
pensis  Sigismundi  Feyerabendty  1 583.  In-4  ;  mar.  rouge, 
fil.,  comparr.,  tr.  dor.  [Lortic], 

«  Ce  volume  contient  un  beau  portrait  sur  cuivre  et  90  jolies  gravures 
sur  bois,  dont  quelques-unes  portent  la  marque  de  Jobst  Amman.  La 
mention  singulière  du  nom  de  Sigismond  Feyerabend  dans  le  titre  avait 
fait  admettre^  sa  participation  à  la  gravure  de  ce  volume.  »  (Didot,  CaU 
rais. y  n®  84.) 

Magnifique  exemplaire  de  ce  livre  rare. 

332.  PERIANDER  (/Rigide).  Noctvae  spéculum.  Omnes  res  roe- 
morabiles,  variasqve  et  admirabiles,  Tyli  Saxonici  machi- 
Dationes  complectens,  plané  nouo  more  nunc  primum  ex 
idiomate  germanicolatinitatedonatum,  adiectis  insuper  ele- 
gantissimis iconibus....  Authore  i£gidio  Periandro^  Bruxel- 
lensi.  Francoforii  ad  Mœnuni^  apud  Georgium  Corainum, 
sumplibus  Sigismundi  Feyrabendt  el  Simonis  Huleri,  iSôy. 
In- 12  ;  mar.  La  Vallière,  jans.,  tr.  dor.  [Belz-Niedréé). 

Traduction  en  vers  latins  de  la  célèbre  facétie  ayant  pour  siyet  les 
aventures  de  Tiel  Ulenspiegel.  «  Les  i04  gravures,  qui  paraissent  pour  la 
première  fois  dans  cette  édition,  sont  charmantes  et  peut-être  dessinées 
par  Jobst  Amman.  »  (Didot,  Cat,  rais,,  n^  85.)  Jolie  marque  à  la  fin. 

Très  bel  exemplaire. 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  205 

JACQUES  KÔBEL. 

333.  Wapen  desz  heiligen  Rômischen  Reichs  Teutscher  Nation 
als  Keyserlicher  vnd  Kôniglicher  Mayestat...  (A  lafiD  :) 
Gedruckt  zu  Franckfurt  am  Mayn  durch  lohanneni 
Schmidt  inverlegung  Sigmund  FeyrabendtSj  1579.  In-fol.; 
mar.  vert,  fil.  àcompart. ,  tr.  dor.  (Lorfic). 

Livre  d*un  grand  intérêt  et  fort  rare.  «  C'est  une  suite  de  144  pi.  sur 
bois  signées  T  K,  représentant  des  soldats  allemands  portant  chacun  un 
étendard  armorié.  Ces  pièces  ont  été  attribuées  à  Jacques  KÔbel,  Tauteur 
du  texte,  qui  ne  serait  en  tout  cas  que  le  dessinateur,  puisqu'il  déclare 
qu'il  a  été  forcé  d'envoyer  fort  loin  pour  faire  tailler  ses  bois.  Les  armoi- 
ries du  commencement  du  volume  semblent  dues  à  Jobst  Amman.  La  belle 
marque  de  Feyerabend,  la  Renommée,  placée  à  la  fin,  porte  le  mono- 
gramme de  Tobias  Stimmer.  »  (Didot,  Cat^  rais.,  n^  89.) 

Magnifique  exemplaire. 

Mayence. 

334.  LIVIUS  (T.).  Titi  Liuii...  Rômische  Historien  mit  etli- 
chen  newen  translation  ausz  dem  Latein...  Gedruckt  zu 
Meyntz  durch  luonem  Schôffer,..  Im  iar  M.  D.  XXXiij 
(i533).  In-fol.,  goth.;  mar.  La  Vallière,  fil.  àfr.,  fleur., 
tr.  dor.  [Lortir). 

Livre  curieux  et  peu  commun.  «  Les  gravures  sur  bois  sont  nombreuses 
et  remarquables.  Elles  présentent  les  Romains  en  costumes  de  chevaliers 
de  la  cour  de  Maximilien  attaquant  leurs  ennemis  avec  une  puissante  ar- 
tillerie. »  (Didot,  Cat.  rais.,  n°  lOi.) 

Très  bel  exemplaire,  grand  de  marges.  Piq.  de  vers.  En  tête  du  volume, 
on  a  relié  :  Christophori  Scheurelii...  Commentarius  de  Vita  et  obitu...  Ant... 
Kressen...  S.  1.  (Nuremberg).  M.D.XV.  (1515)  ;  in-fol.,  de  4  fF.  Cette  rare  bio- 
graphie d'Ant.  Kress,  savant  curé  de  Nuremberg,  mort  en  1513,  est  ornée 
d'un  beau  portrait  en  taille-douce. 


335.  Eyn  gef^prech  eynes  alten  ||  erfarnen  kriegszmans  vîi 
bawmeysters  mit  eynem||jungen  hauptmann.....  (Dialogue 
entre  un  vieux  militaire  très  expérimenté  et  un  jeune  capi- 
taine, lequel  permettra  avec  Taide  de  Dieu  d'exécuter  des 
constructions  militaires  avec  solidité  et  profit).  (A  la  fin  :  ) 
Gedruckt  in  der. . .  statt  Meyntz  durch  luonem  Schoffer. . . . 
Anno  M.  D.  xxxv.  (i535)  jar.  In-fol.,  goth.,  de  28  ff.; 
mar.  vert,  orn.,  tr.  dor.  [Lortic). 

C'est  un  des  plus  anciens  traités  de  fortification,  sous  forme  de  dia- 
logue. Il  est  orné  de  trois  gravures  de  la  grandeur  des  pages.  La  pre- 
mière, formant  frontispice  (f.  i  v°),  représente  un  enfant  ailé,  assis  sur 


:206  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

un  globe  et  entouré  d'instruments  de  travail  ;  dans  le  haut,  Saturne,  assis 
sur  un  char  traîné  par  deux  dragons,  dévore  un  de  ses  enfants.  La  gra- 
vure en  regard  offre  un  grand  écusson  d'armoiries  impériales,  et  porte 
la  date  de  1534.  La  dernière  figure  (f.  iiii  v<*)  représente  les  denx  inierlo' 
cuteurs,  Michel  Ott  et  Hans  Willig,  en  pied;  elle  porte  la  date  de  1534  et 
les  initiales  du  graveur  :  H.  D. 

Magnifique  exemplaire  de  ce  livre  fort  rare,  non  cité  an  Manuel^  et 
exécuté  par  le  petit-fils  du  célèbre  Pierre  Schoyffer. 

Nuremberg. 

MICHEL  WOHLGEMUTH. 

336.  (Schatzbehalter.)  (A  la  fin  :  )  Also  endet  sych  hye  das 
Bach  der^  Schatzbehalter....  Und  durch  den}\  Erbern  vnnd 
Achtpern  Anthonien  Ko  Ij  berger,  yn  der  keyseHichen  Rei-- 
chstatt\[Nurmberg.  Nach  der  geburt  Christi^Wvierzehenr- 
hundert  vnd yn  dem  eynifnnd\\neuntzigisten  iar  (li^Qi).... 
ausgedrucket...  In-fol.,  goth.,à2CoL;  mar.  vert,  jans., 

tr.  dor.  {Hardy). 

•  ■% 

Ce  volume,  très  recherché,  contient  95  belles  gravures  sur  bois,  de  la 
grandeur  des  pages  ;  elles  sont  dues  au  maître  de  Durer,  à  Michel  Wohl- 
gemûth  dont  la  marque  W  se  trouve  à  la  21^  planche. 

Très  bel  exemplaire.  Qq.  piq.  et  race. 

337.  (SCHEDEL,  Hartman.)  Libri  crontcarum  cû  figuris   et 

ymagibus   ab  iiiicio  mundi.  (A  la  fin:)  Adesl  nunc 

finis  libri  Cronicarum Ad  intuitu  autem  ^  preces  proui* 

doTù  ciuià  Sebaldi  Schreyer^SebastianiKamermaisterhunc 
libruni  dominas  Anthonius  Koberger  Nuremberge  impressil. 
Adhibitis  tamê  viris  mathematicis  pingendiq%  arte  peritis^ 
siniis,  Michaele  Wolgemut  et  Wilhelmo  Pleydenwîirff\ 
quarû  solerti  acaratissimaq^  animaduersione  iuin  duita- 
tara  tuni  illustriuniviroram  figure  insertesunt.  Consummatû 
autem  duodecima  mensis  Julii  Anno  saluiis  nre.  i493* 
Gr.  in-foL,  goth.;  demî-rel.,  dos  et  coins  de  veau  gris. 

u  Ce  livre,  connu  sous  le  nom  de  Chronique  de  Nuremberg,  est  recherché 
à  cause  des  gravures  sur  bois  dont  il  est  orné.  C'est  le  seul  onvrage  où 
Wohlgomûth  soit  nommé  comme  dessinateur.  Le  nom  du  second  artiste, 
Wilhelm  PleydenwurfF,  indiqué  dans  la  souscription,  ne  reparaît  pas  ail- 
leurs. »  (Didol,  Cat.  rais.,  n°  iOl.) 

Exemplaire  grand  de  marges  et  bien  complet.  Piq.  de  vers. 

3'J8.  HROSVITHA.Opera  Hrosuite  illustris  vii^inisetmonialis 
germane  gente  saxonica  orle  nuper  aConrado  celte  inventa. 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  207 

.  (A  la  fin  :  )  Impressum  Norunbergœ  sub  priuilegio  Sodali- 
tatis  Celticœ  a  senatu  Rhomani  imperii  impetrato.  i5oi. 
In-foL;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  [Dura). 

* 

Première  et  rare  édition  du  théâtre  de  la  célèbre  religieuse  du 
X^  siècle,  u  Les  sept  belles  gravures  sur  bois  sont  probablement  dues  à 
Michel  Wohlgemûth,  Iç  maître  de  Durer,  et  les  deux  premières  à  Albert 
Durer  lui-même.  L'exécution  est  moins  rude  que  dans  les  deux  ouvrages 
précédents  ;  telle  est  entre  autres  la  planche  de  la  IV^  comédie,  Abraham 
et  Marie,  dont  il  est  parlé  dans  VEssai  sur  la  gravure  sur  bois.  »  (Didot, 
Cat.  rais.,  n®  106.) 

Magnifique  exemplaire. 

• 

ANONYME. 

0 

339.  BONAVENTURA  (S.).  Die  Legend  des  heyligen  valters 
Francisci.  Nach  der  beschreybung  des  Engelischen  Lerers 
Bonauenture.  (A  la  fin  :  )  Gedruckt  und  vollendt  In  der 
Kayserlichen  Stat  Nuremberg  durch  Hieronymum  Hôltzel 
in  verlegung  des  Erbern  Caspar  Rosentaler  yetzundt  won- 
hafft  zu  Schwatz...  i5i2.  In-4,  goth.,  à  longues  lignes, 
sign.  A-V;  mar.  brun,  ornem.  à  fr.,  tr.  dor,  [Lortic). 

«  Ce  précieux  volume  (non  cité  au  Manuel)  contient  une  sujte  de  57  gra- 
vures sur  bois,  très  intéressantes  pour  l'histoire  de  la  gravure  à  Nurem- 
berg. Elles  portent  la  date  de  1511.  Passavant  en  attribue  le  dessin  à  ce 
Gaspard  Rosenthaler,  moine  franciscain^  nommé  dans  la  souscription.  » 
(Didot,  Cat.  rais.,  n*  109.) 

Magnifique  exemplaire,  avec  figures  coloriées. 

ALBERT  DURER. 

340.  BRIGUA.  Revelationes  sancte  Birgitte  [sic).  (A  la  fin  :) 
Reuelaliones . . .  ^  Anthoniu  Koberger,  ciuè  Nurembergen 
impresse  finiunt  anno  domini  Mccccc  (  1 5oo)  xxi  mensis 
septêbris.  In-fol.,  goth.,  à  2  col.,  de  3i4  ff«  dont  3  bl.;  ais 
de  bois  recouverts  de  parch.  gaufré  [une.  rel.). 

«  Cet  ouvrage,  extrêmement  remarquable,  contient  dix-huit  gravures 
sur  bois,  dont  la  composition  a  été  reconnue  par  Passavant  comme  étant 
d'Albert  Durer.»  (Pour  plus  de  détails,  voir  DidoL,  Cat.  rais.,  n°  118.) 

Très  bel  exemplaire. 

341.  CELTES  (C).  Conradi  Celtis  Protucii,  primi  interGer- 
manos  imperatoriis  manibus  poète  laureati,  quatuor  libri 
amorum,  secundum  quatuor  latera  Germanie,  féliciter 
incipit.  (Au  \°  de  Tav.-dern.  f.  :  )  Àbsoluta  sunt  hase  C.  C. 
^Conrad'  Celtis\  o^a  in  Vienna  Domicilio  Max.  Augusii 


Î08  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

CsMa.  Anno  M.  D.  noui  seculi  II.  (i5o2).  kalê.  Febru. 
Inpressa  autem  ISforibergœ  eiusd .  anni  Nonis  Aprilibus. 

Sub  priuilegio  Sodalitatis  Celticœ Gr.  in-4;  veau  fauve, 

riches  comparr.  en  or  et  en  noir,  dos  orné,  tr.  dor.  [Hagué). 

Cet  ouvrage  de  Celtes  Protucius  (dont  le  véritable  nom  était  Meissel], 
premier  poète  allemand  qui  ait  été  couronné  par  l'empereur,  se  rencon- 
tre rarement  complet.  Brunet  lui  a  consacré  une  longue  notice,  qui  de- 
mande cependant  certaines  rectifications  et  à  être  complétée  au  point 
de  vue  iconographique.  L'ouvrage  se  compose  de  deux  parties,  avec  une 
seule  série  de  signatures.  La  1"  part,  commence  par  un  frontispice  re- 
présentant l'aigle  de  l'empire  d'Allemagne,  accompagnée  de  trois  lignes 
de  dédicace,  et  de  grandes  initiales  H  B.  Le  f.  suivant  est  blanc.  Le  titre 
occupe  la  partie  supérieure  du  ^^  f.  ;  il  est  placé  dans  un  triangle  omé, 
gravé  sur  bois,  au-dessous  duquel  se  trouve  un  cercle  représentant  la 
position  respective  de  quatre  principales  villes  situées  aux   extrdmes 
limites  de  l'Allemagne  :  Grâcovie  {Croca  ;  alors  capitale  de  la  Pologne), 
Ratisbonne,  Mayenck  et  Lubeck.  Le  nom  de  chacune  de  ces  villes  est  ac- 
compagné de  celui  du  fleuve  qui  coule  près  d'elle,  et  on  leur  a  attribué 
une  signification  allégorique,  en  appliquant  à  chacune  d'elles  deux  mots, 
dont  l'un  correspond  à  l'une  des  quatre  parties  du  jour,  et  l'antre  à  Tune 
des  quatre  parties  de  la  vie.  Ainsi  Cracovie  représente  le  Matin  et  symbo- 
lise y  Adolescence;  Ratisbonne:  le  Midi  et  la  Jeunesse;  Mayence  :  le  Soir 
et  la  Vieillesse  ;  Lubeck  :  la  Nuit  et  la  Mort,  Deux  distiques  latins  sbnt  au 
bas  de  ce  cercle.  Au  y^  de  ce  f.,  une  grande  gravure  sur  bois  dont  le  sujet 
est  la  présentation  du  livre  à  l'empereur  Maximilien.  Elle  porte  dans  son 
exécution  le  cachet  particulier  à  Albert  Durer,  et  il  est  plas.  que  probable 
qu'elle  est  due  à  cet  artiste  qui  a,  en  effet,  concouru  à  l'illustration  de  ce 
livre,  comme  on  va  le  voir.  Les  5  ff.  suivants  contiennent  un  panégyrique 
en  prose;  au  v^  du  dern.,  on  trouve  une  seconde  grande  gravure  sur 
bois,  représentant  la  Philosophie,  sous  les  traits  d'une  reme  assise  sur 
un  tr^nc  entouré  d'une  guirlande  de  feuillage  et  portant  quatre  médail- 
lons ofi  Ton  voit  les  portraits  des  quatre  savants  les  plus  illustres  de 
l'Egypte,  de  la  Grèce,  de  Rome  et  de  l'Allemagne.  Cette  gravure,  dont  le 
style  ne  diffère  nullement  de  celui  de  la  précédente,  porte  le  mono- 
gramme d'Albei*t  Diirer.  En  regard,  est  une  figure  assez  médiocre,  repré- 
sentant les  Dieux  de  l'Antiquité;  celle  placée  au  v^  du  f.  de  la  table  des 
matières,  nous  montre  la  ville  de  Cracovie,  et  est  d'une  exécution  très 
grossière,  de  même  que  celles  qui  donnent  les  vues  de  Ratisbonne,  de 
Mayence  et  de  Lubeck  (ff.  xxv,  xlii  et  lvii). 

Le  poème  Gennania  yeneralis,  qui  suit  celui  des  Amours  y  est  terminé 
(f.  78  r»)  par  cette  souscription  :  ...  Explicit  anno  millesimo  quingenUtimo 
et  novi  seciiH  secundo  Kalendis  Febniariis,  in  anno  vitœ  meœ  xliii. 

La  seconde  partie  est  précédée  d'un  frontispice  avec  trois  écassons,  an 
verso  duquel  est  une  vue  très  curieuse  de  la  ville  de  Nuremberg,  prise 
à  vol  d'oiseau.  Le  texte  de  cette  partie  est  intitulé  :  De  Origine,  Utu^  mort- 
bus  et  institutis  Norimbergœ.  Au  recto  du  f.  p'',  une  grande  graTore 
représentant  saint  Sebald,  patron  de  Nuremberg,  qui  est  suivie  d*an 
hymne  de  4  pp.  en  l'honneur  de  ce  saint. 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  «09 

Au  yerso  da  f.  q  t,  commence  une  comédie  mythologique  qui  a  été 
jouée  deyant  Temperear  Maximilien,  à  Linz,  par  la  Société  littéraire 
du  Danube,  présidée  par  Celtes;  cette  pièce,  intitulée  :  Ludm  Byanm 
coram  Maximiliano  Rege  per  Sodalitatem  lUterariam  Danubianam  in  Linxio, 
occupe  8  pages.  Elle  avait  déjà  été  publiée  séparément  à  Nuremberg  en 
4501  (voir  Brunet). 

A  la  suite,  se  ti^ouvent  :  un  privilège  en  faveur  du  Collège  des  poètes 
et  des  mathématiciens,  créé  à  Vienne  par  Tempereur  (3  pp.);  un  panégy- 
rique en  vers  adressé  au  souverain  à  cette  occasion  par  Vinc.  Longinus 
Éleuthère  (5  pp.)  ;  une  lettre  de  S.  Schreyer  à  Celtes,  avec  la  réponse  e 
un  index.  La  souscription  linale  est  au  y^  du  f.  ri;  le  f.  suiv.  contient  les 
errata,  et  le  volume  est  terminé  par  une  grande  gravure  représentant 
.    Apollon  poursuivant  Daphné  métamorphosée  en  laurier. 

Dans  le  présent  exemplaire,  on  tiouve  à  la  suite  une  pièce  fort  rare 
du  même  poète.  C'est  une  rapsodie  dialoguée  en  vers  en  l'honneur  de  la 
victoire  remportée  par  l'empire  sur  la  Bohême.  Cette  pièce,  qui  a  été 
jouée  publiquement  à  Vienne  en  1504,  commence  par  un  simple  titre  de 
départ  :  In  hoc  libello  continentur  Divo  Maximiliano  Augusto  Chunradi 
Celtis  pa^tûàioL  Laudes  et  Victoria  de  Boemannis  per  septem  Electores  et  Rû" 
gem...  Au  v^  de  ce  f.  :  une  grande  gravure  sur  bois,  représentant  la  bataille 
chantée  par  le  poète,  grossièrement  faite,  il  est  vrai,  mais  fort  curieuse.  A  la 
suite  de  cette  rapsodie,  qui  occupe  5  fF.,  se  trouvent  des  pièces  de  vers 
adressées  à  l'empereur  par  des  membres  du  collège  des  poètes  à  Vienne, 
dont  les  insignes  sont  représentés  par  une  gravure  sur  bois.  Cette  pla- 
quette compte  en  tout  12  fF.  n.  ch,  (sign.  A-B);  au  r®  du  dern.,  on  lit: 
Finiunt  panegyrici  decantati  Diuo  Max,  August.  ^ .  Soda,  Ira,  Dannubia- 
nam.,,  Impressi  autem  Auguste:  Vinde;  [Augsbourg]  ^.  Mgrm  loann: 
Otmar,..  AnnoM.  D,  V,  (ioôo). 

Très  bel  exemplaire,,  avec  figures  coloriées.  La  décoration  de  la  re- 
liure est  d'un  beau  dessin. 

342.  Epitome  in  divae  Parthenices  Mari||aB  historiam  ab  Al- 
berto D^rero  ||  Norico  per  figvras  diges||tain  cum  versibus 
aDDe||xis  Chelidonii.  (A  là  fin  :)  Impressum  Nurnber^e 
per  Alberlum  Durer  pic  tore  m.  Anna  chrisiiano  Mille\ 
simo  quingentesimo  vndecimo  (  1 5 1 1  )  •  —  Passio  do  - 
mini  nostri  Jesu.  ex  liieronyljmo  Paduano.  Dominico- 
Mancino.  Sedulio.  et  Bapti|{sta  Mantuano.  per  fratrem 
Chelidonium  colle||cta.  cum  fîguris  Alberli  Dureri  ||  No- 
rici  Pictoris,  (A  la  fin  :)  Impressum  Nurnherge  per  Alber- 
tum  Durer pictorem.  Anna  chrisiiano  Mille\\simo  quingeri" 
tesimo  vndecimo  (i5ii)  —  Apocalîpsis  ||  eu  figuris.  (A  la 
fin  :  )  Impressa  denuo  ISurnberge  p  Alber^\(um  Durer  pic- 
torem. Anno  chrisiiano  ||  Millesimo  Quingentesimo  vnde-- 
cimo  (i5ii).  En  i  vol.  gr.  in-foL;  mar.  La  Vallière,  riches 
compart.  à  froid,  tr.  dor.  (JLortic). 

La  \ie  de  la  Vierge  compte  vingt  planches  de  second  tirage  (le  pre- 

14 


UO  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

inier  est  sans  lexle),  d'une  beauté  surprenante.  L'une  de  ces  planches 
{Joachim  et  Anne)  porte  la  date  de  i504;  deux  autres  (la  MorI  de  In 
Vierge  et  son  Courojinement),  celle  de  1510. 

La  Passion  de  Jésus-Christ,  en  douze  planches,  est  aussi  on  magni- 
iiqucs  épreuves  de  second  tirage  (la  première  édition,  sans  aucun  texte, 
est  introuvable).  Trois  planches  (la  Cène,  la  Descente  aux  limbes  et  ia  Aé- 
swrection)  portent  !a  date  de  1510. 

V Apocalypse  (seize  planches),  en  épreuves  très  brillantes,  est  âe  qua- 
trième tirage  de  Passavant. 

343.  Passio  Christi  ab  Alberto  Durer  Nurenbergensi  effigiata 
cii  varij  generis  carminibus  Fratris  Benedicti  Chelîdonij 
Musopbili.  (A  la  (in  :)  fmpressum  Nurnberge  per  Albertù 
Durer  l?ictorë  Anno  christi  Mitlesimo  quin^entesimo  vnde- 
eirno  (i5ii).  In-4,  àe  38  ff.;  mar.  vert,  fil.  à  comp.,  tr. 
dor.  (Lortic). 

(c  Les  trente-sept  planches  de  ce  précieux  volume  sont  de  deuxième 
état;  elles  sont  toutes  parfaitement  imprimées  et  d'un  grand  effet  par 
Tintcnsité  des  ombres  fortement  accusées....  Elles  portent  la  marque  du 
'  maître,  et  l'une  d'elles  la  date  1509,  une  antre  1510.  On  conserve  à  la 
Bibliothèque  nationale  une  suite  de  premier  état,  pareille  sans  doute  & 
celle  que  Passavant  décrit  t.  111,  p.  15^,  d'après  un  autre  exemplaire  exis- 
tant à  la  bibliothèque  d'Amsterdam.  Mais  le  tirage  en  est  moins  brillant 
que  celui  du  présent  numéro.  »  (Didot,  CaJt.  rais,  y  n®  114.) 

344.  Des  aller  Durcbleiichtigisten  /  ||  Grossmechtigsten  Fûrs- 
ten  vnd  Herrn  /  Herrn  Maximilians  Rômischen  ||  Kaysers  / 
Sieben  Cbrîstlicher  Kûnigreicb  Kûnig  vnd  Ertzhertzoç 
zu  II  Osterreich  /  Hertzog  zu  Burgundi  etc.  In  Lob  vnd 
Ewi  -  Il  gergedàcbtnuss  seiner  Ëbrlichen  Regierung.  || 
Schlachten  vnd  Ritterliche  Tbaten.  ||  Gedruckl  zu  fVieh  in 
Osterreich  /  ||  bey  Raphaël  Hojhalter.  S.  d.  (vers  1 55o). 
In-fol.,  de  '26  fî.,  dont  le  premier  est  blanc;  mar.  La  Val- 
lière,  fil.,  tr.  dor.  [Lortic). 

Recueil  précieux  et  d'une  rareté  tellement  extraordinaire  qae 
ni  Bartsch  ni  Heller  no  l'ont  connu.  Il  se  compose  de  24  planches  tirées 
do  l'Arc  Triomphal  de  l'empereur  Maximilien  I«'  {Khrenpfàfte) ^  graré 
d'après  les  dessins  de  A.  Durer  et  dont  il  ne  nous  est  parvenu  que  qaelqae» 
exemplaires  des  anciens  tirages  (l'un  d'eux  a  figuré  dans  la  Tente  .de  la 
collection  des  dessins  et  estampes  de  M.  Didot,  n*  337).  Dix-sept  é^  ces 
planches  (la  4«  et  la  8^  sont  identiques]  représentent  les  principales 
batailles  gagnées  par  Maximilien;  les  sept  autres  nous  montrent  :  la 
i  f ,  Maximilien  en  guerrier;  la  2®,  son  Mariage  avec  Marie  de  Bcwrgognê; 
la  9%  son  Couronnement;  la  10«,  VAlliance  avec  l'Angleterre;  la  1^*,  le 
Mariage  de  Philippe  le  Beau  avec  Jeanne  de  CastiUe  (admirablement  refaite 
par  M.  PiUuski};  la  20%' la  Réception  à  Milan;  la  23%  le  C<mgri$  des  trais 


OUVRAGES  EN  TOUT  GÈNftE.  iii 

souverains  Vienne,  en  1515,  pièce  historique  très  impoi*tante,  au  sujet 
de  laquelle  nous  renvoyons  à  la  note  que  nous  lui  avons  consacrée  dans 
notre  Catalogue  des  dessins  et  estampes  (n^  338);  elle  a  d'ailleurs  été  repro- 
duite dans  le  catalogue  illustré  de  cette  vente ,  d'après  une  épreuve  de 
premier  tirage,  avec  une  légende  en  latin,  tandis  que  toutes  les  planches 
de  ce  recueil  sont  accompagnées  de  sixains  en  allemand.  Les  planches 
6,  9  et  23  appartiennent  au  nombre  de  celles  dont  les  bois  originaux  ont 
disparu  de  bonne  heure  et  qui  ont  dû  être  gravées  à  l'eau-forte  pour 
l'édition  de  Bartsch,  de  1799.  La  2"  pi.  offre  ici  la  composition  primitive; 
le  bois  original  ayant  été  perdu  ou  détruit  dés  le  XVI°  siècle,  ce  sujet  fut 
redessiné  et  gravé  à  nouveau  d'une  manière  sensiblement  différente  et 
moins  belle. 

Toutes  les  épreuves  de  ce  recueil  sont  très  brillantes. 

345.  Sancte  Ursule  fra||lernitas.  ingês.  puli||lis.  et  christifi- 
delib'i|muUum  necèssaria.  (A  la  fin  :)  Impressum  perdis» 
cretum  et  prouidCi  vinun  Fridericu  Peypus  :  in  domo  Doc- 
loris  Binderl  Medicu  Ndrnbergensiu.  JnnoM.D.  Xiij  (i  5i3). 
In-4î  goth.,  à  2  col.,  de  5  ff.;  mar.  La  Vallière,  fil.,  tr. 
dor.  [Iju'tir). 

«  Le  titre  est  imprimé  en  très  gros  caractères,  dits  de  forme.  Au  verso 
se  trouve  une  grande  composition  datée  de  1512,  représentant  un  grand 
nombre  de  personnes  sur  un  navire  où  sont  embarqués  la  Vierge  avec 
l'Enfant,  les  patriarches  et  les  saints.  Jésus  figure  aussi  en  croix  sur  le 
mât  du  vaisseau.  Sainte  Ursule  se  prépare  à  s'embarquer.  A  la  fin  est  une 
autre  grande  planche  montrant  le  crucilix  entouré  d'un  grand  nombre  de 
figures.  Une  couronne  de  roses  entoure  cette  composition.  En  haut,  à 
gauche,  la  messe  de  s.  Grégoire;  à  droite,  s.  François  recevant  les  stig- 
mates. Tout  semble  indiquer  que  ces  deux  compositions  sont  de  Durer, 
bien  qu'elles  ne  portent  pas  sa  marque.  »  (Didot,  Cat,  rais.,  n®  118  bis,) 

Très  bel  exemplaire  de  ce  volume  fort  rare,  et  non  cité  au  Manuel,  Le 
texte  offre  une  série  d'oraisons  et  de  proses  en  l'honneur  de  la  sainte. 

346.  Stellarium  Corone  benedicte  virginis  Marie  in  laudem 
eius  p  singulis  predicationibus  elegantissime  coaptatum. 
(A  la  fin  :  )  Impressum  denuo  per  prouidum  virum  loannê 
Stuchs.  Sumptibus  honesli  viri  Anihoni  Kobergers  ciuibus 
ISurenbergefi.  Anna,.,  millesimo  quingentesimo  decimo  oc» 
tauo  (i5i8)  die  vo  vigesima  quinta  Alensis  Decembris, 
In-fol.,  goth.,  à  2  col.  de  cix  ff.  ch.  et  4  ff.  non  ch.;  car  t. 
en  vélin. 

«  Ouvrage  non  décrit  au  Manuel.  Le  titre  présente  un  très  bel  encadre- 
ment composé  de  quatre  planches  réunies.  C'est  un  des  rares  spécimens 
d'ornementation  typographique  exécutés  par  Durer  pour  un  éditeur.  Le 
listel  supérieur  offre  s.  Jean  écrivant  l'Apocalypse  :  celui  du  bas,  le  Bap- 
tême du  Christ;  le  troisième,  à  gauche,  le  Triomphe  delà  Mort,  et  le  qua» 


212  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

Irième,  les  Terreurs  de  la  Mort.  Pour  la  description  d'an  état  précédent 
de  cette  pièce,  voir  1c  texte  de  VEssai.  Elle  est  d*une  fine  exécution,  bien 
tirée  et  bien  cons(»i*véc  dans  le  prùsent  voUime.  >>  (Didot,  Cot.  raù,,  n«  1 18  toi*.) 

347.  (DURER,  Albreclit)  Etliche  vnderricht  zu  berestiguns  der 
Stett,  Schlosz  vnd  Flecken.  (Au  v*  de  rav.-dern.  U  du 
texte  :  )  Gedrukl  zu  Nilrenbers  nach  der  ffcpurt  Chrisli. 
Anno  iiiccccc.xx.uij  [i  02']).  In  aem  mariât  (sic)  OcliAer.  Pet. 
în-fol.;  cari,  en  parcheoi. 

Première  édition,*  très  bien  imprimée  et  fort  rare.  Ce  traité  roule  sur 
les  arts  de  la  construction,  et  principalement  sur  le  génie  militaire. 
Très  bel  exemplaire,  bien  complet. 

HANS  SGHAUFELEIN. 

348.  PINDER  (C).  Spéculum  passionis  domini  nostri  Ihesu 
christi...  (A  la  fin  :)  Spéculum,.,  curn  figuris pulcris  &  /»«- 
gistralibus,..  per  doctorem  Fdalricu  Pînder  côuexû  :  &  in 
ciuitnte  impiali  Nurenbergen.  bcne  visum  &  impressum 
finit  fidici ter  Anno, . .  Mccccc  vii  (  i  So^).  Die  vero  xxx  menr 
sis  Àugtisti.  In-fol.;  mar.  rouge,  fil.  a  fr.,  ornem.,  tr.  dor. 
(^Lorlic), 

«  Ce  beau  volume  contient  quarante  grandes  et  belles  gravures  sur  bois 
et  trente-sept  plus  petites.  Celle  qui  se  trouve  au  verso  du  L  73  porte  la 
marque  de  Hans  Schàufelein,  et  les  autres,  non  signées,  offrent,  sauf  deux 
d'entre  elles,  un  môme  caractère.  »  (Didot,  Cat,  rais.,  n*  128.) 

Très  bel  exemplaire  de  ce  livre  rare  et  recherché. 

VIRGILE  SOLIS. 

349.  Ilortvlvs  anima;.  Lustgarten  der  Seelen,  Mit  schôneo,  lie- 
blichen  Figuren  j  Sampt  einem  newen  Kalender,  vnd  Pas- 
sional  Ihesu  Christi.  (A  la  fin:  )  Gedruckt  zu  Nuremberg^ 
durcfi  Valentin  Geyszler.  In-8,  goth.  —  LUTHER  (M.).  Pas- 
sio  von  dem  Leyden  vnsers  Herren  Ihesù  Christi,  nach 
Hystorischer  beschreybung  der  Vier  Euangëlisten,  Mit 
schônen  lûsligen  Figuren  gezieret...  Durch  D.  Mar(tin)  Lu- 
th(er).  Gedruckt  zu  Nuremberg,  durch  Valeritin  GejrszUr. 
i552.  ln-8,  goth.;  veau  fauve,  estampé  et  doré  («/•  du 
temps) . 

«  Nous  ne  trouvons  pas  cité  ce  second  ouvrage  dans  les  QÉuvres  du 
célèbre  réformateur.  Trente -quatre  gravures  sur  bois  dans  le  premier 
ouvrage,  cinquante-quatre  dans  le  second.  Toutes  portent  la  marque  de 
Virgile  Solis.  La  reliure  de  ce  volume,  de  style  allemand  du  XVI*  siècle^ 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  213; 

e^t  extrêmement  curieuse.  C'est  une  impression  à  froid  ayant,  au  milieu 
des  platsy  le3  portraits  en  or  de  deux  personnages.  Au-dessous  de  Tun 
des  deux  se  trouve  cette  inscription  ;  lOANNES  ÇRIDERICVS  PRINC. 
ELEC.  Elle  est  d'une  pureté  de  conservation  extrême.  »  (Didot,  CarL  rais,, 
n^  140.)  Ce  Jean-Frédéric  n'est  autre  que  le  célèbre  électeur  de  Saxe,  dit 
le  Magnanime,  qui  fut  un  des  champions  du  protestantisme  naissant.  Le 
portrait  qui  figure  sur  le  plat  opposé  est  celui  de  Guillaume  (Wilhelm), 
duc  de  Juliers  et  de  Berg. 

JOST  AMMAN. 

350.  Habitus  praecipuorum  populorum  tam  virorum  qiiam 
feminarum  singulart  arte  depicli.  Trachtenbuch...  Nûrn" 
berg,  bey  Hans  fVeigel  Formschneider^  iS'j'j.  Petit  in-fol.; 
mar.  LaVallière,  fil.  àcomp.,  orn.,  tr.  dor.  [Lonic). 

«  Cette  belle  collection  contient  219  figures  de  costumes,  dessinées 
par  J.  Amman,  dont  la  marque  se  trouve  sur  la  première;  elles  sont  pro- 
bablement gravées  par  Hans  Weigel,  éditeur  du  livre,  qui  s'intitule  Tail- 
leur de  bois.  »  (Didot;  Cat.  rids.,  n°  142.) 

Très  bel  exemplaire. 

Oppenheim. 

351.  [PHILIPPI  (de  Barberii)]  i.  Discordâtie  sânclorum  doc- 
torum  leronymi,  Augustini.  2.  Sibyllaruj  de  Christo  vâti- 
cinia  :  eu  appropriatis  singularû  figiiris.  3.  Varia  ludeorû 
et  Gentilium  de  Christo  testimonia.  4.  C^ntones  Probe  Fal- 
coniç  de  vtriusque  testamë||li  hystorijs  ex  carminibus  Vir- 
gilii  selecti...  (A  la  fin  :)  Imprcssum  Ôppenhejrrn.  Sans  nom 
d'impr.  et  sans  date.  Petit  in-4.  de  5o  ff.  n.  ch.;  mar. 
citron,  riches  orn.  en  mosaïque,  tr.  dor,  {Lortic). 

if  Édition  non  citée  au  Manuel  de  ce  précieux  opuscule.  Elle  contient 
^     20  gravures  sur  bois.  Les  figures  des  sibylles  sont  des  copies  en.  sens  in- 
verse de  celles  de  l'édition  sans  date  de  Lignamine.  »  (Didot,  Cai.  rais,, 
nM45.V 

Très  bel  exemplaire. 

Pfortzlieim. 

352.  RABANUS.  Magnencii  Rabani  Mauri  De  Laudib*  sancte 
Crucis  opus.  erudicione  versu  prosaqi  mirificum.  (A  la 
fin  :)  Phorçheim.  in  sedibas  Thomç  Anshelmi.  Marti o  mense, 
M.  D.  m  ii^o'i).  Sub Illustri principe  Christofero  Badenr . 
In-fol.;  mar.  La  Vallière,  ornem,,  tr.  dor.  ÇLortic). 

.  «  Édition  remarquable  à  cause  de  la  singulière  disposition .  ijpogra- 


Îi4  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

phique  d'une  partie  du  texte  tiré  en  ronge  et  noir,  formant  des  figures 
hiératiques,  dont  quelques-unes  sont  gravées  sur  bois.  Deux  grandes 
planches  sur  bois.  »  (Didot,  Cat,  rais,,  n»  447.) 
Magnifique  exemplaire. 

Strasbourg. 

ANONYMES. 

353.  THERAMO  (J-  de).  (Reliai,  en  allemand.)  (A  la  fin  :)  le 
endet  sich  dus  bûch  Belleal  gênant  von  des  gerichles  onle- 
nung  ein  hochgrundl  vnd  lobsam  werck.  Das  hall  geirucki 
und  volendt  Heinricus  kpoblotzer  in  der  keiserlichê  stai 
sUvszburg  Noch  christi  geburl  M,  cccc,  vnd  lxxxiii  ior 
{i483).  In-4;  mar.  olive,  fil.  à  compart.,  tr.  dor.  (Lortic). 

Ce  yolume  rare  contient  56  gravures  sur  bois,  dont  quelques-unes  se 
répètent;  elles  sont  au  trait  et  très  archaïques. 
Magnifique  exemplair». 

364.  TERENTIUS.  Pvblii  Terentii  comediae  cvm  brevi  vocabu- 
lorum  difficilium  enarratiôe  pro  puerulis  a  Tho.  Aucupario 
condita.  (A  la  fin  :  )  Jrgentorati  Ex  off...  loannis  GranF- 
ger...  i5ii.  Pet.  in-8,  semi-golh.;  mar.  La  Vallière,  fil.^ 
compart.,  tr,  dor.  {Hardf). 

Édition  rare,  ornée  de  six  figures  sur  bois. 
Très  bel  exemplaire. 

LE  MAITRE  Y.    G. 

355.  Der  text  des  passions  oder  leydens  christi  ausz  den  vier 
euangelisten  zûsammen  in  ein  sinn  bracht  mit  schônen 
figuren.  (A  la  fin  :  )  ...Getruckt  von  lohannes  knoblùuch  zu 
Slraszburg  In  dem  iar  als  man  zalt  M.  ccccc.  çij  (iSo^),  In- 
fol.,  goth.y  de  34  ff.;  mar.  brun,  fil.^àfr.,  tr.  dor.  [Çapé). 

«  Ce  mince  volume  contient  25  grandes  gravures  qui  portent  le  mo- 
nogramme V  +  G,  qui  est  celui  d'un  artiste  strasbourgeois,  élève  de  Mar- 
tin SchÔn,  qu'on  avait  confondu  à  tort  avec  Urse  Graf ,  mais  que  M.  Ptts* 
savant  a  signalé,  t.  II,  p.  140.  On  croyait  autrefois  à  Bâle  qu'il  se  nommait 
Urse  Gamberlein.  »  (Didot,  Cai,  rais.,  n«  167.) 
.   Très  bel  exemplaire  de  ce  livre  curieux  et  rare. 

JOHANN  OU  HANS  WEGHTLIN,  SUmommé  PaORIM. 

356.  Dasleben  lesu Christi  gezogen  ausz  den  vierEuangelisten.  •• 
(A  la  fin  :}  ...Geirucki  zu  Slraszburg durch  Johannem  Kno^ 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.         :2Ï5 

bloûch...  M.  Z).  wy  (i5o8).  In-fol.,  goth.,  de  t44  ff.;niar. 
vert.,  jans.,  tr.  dor.  (Cape). 

«  Ce  beau  et  précieux  volume  contient  46  gravures  de  la  grandeur  des 
pages;  elles  sont  dues  à  trois  artistes  différents  :  38  d'entre  elles  font  partie 
de  la  suite  de  la  vie  du  Christ  et  de  la  Vierge  due  à  Hans  Wechtlin  (voir 
Passavant,  t.  III,  p.  331).  Cette  suite,  qui  paraît  ici  en  première  édition, 
ou  premier  état,  se  compose  de  43  sujets,  mais  aucun  ouvrage  né  la  pré- 
sente complète.  Une  des  gravures,  le  Crucifiement,  est  ici  répétée,  ce  qui 
porte  le  nombre  des  pièces  de  Wechtlin  à  39.  Le  frontispice  est  dû  à  Urse 
Graf  dont  il  porte  la  marque  et  le  caractère  du  dessin,  et  six  aqtres  gra- 
vures, toutes  différentes  de  style  avec  les  précédentes,  sont  signées  V  G. 
Cette  coïncidence  est  très  remarquable,  car  elle  nous  fournit  la  {weuve 
évidente  que  les  marques  VG  liés  et  V  G  fsolés  sont  celles  de  deux  artistes 
i  différents.  Ces  six  dernières  sont  évidemment  de  Tartiste  qu'on  croyait 
être  Urse  Gamberlein  et  que  Passavant  désigne  sous  le  nom  de  maître  V  G 
(voir  le  n^  précédent)  ;  d'où  il  résulterait  que  cet  artiste  aurait  concouru 
simultanément  avec  Urse  Graf  à  certains  ouvrages  de  Strasbourg.  Le  beau 
style  des  initiales  ornées  permet  de  les  attribuer  à  Urse  Graf.  »  (Didot, 
Cat.  rais.yïi^  168.)  * 

Très  bel  exemplaire  de  ce  livre  non  cité  au  Manuel,  et  fort  rare. 

357,  CHELIDONIUS  (B.).  Passio  Jesu  Christi saluatoris  mundi 
'      vario  Carminù  génère  F.    Benedicti  Chelidonij  Musophili 

doctissime  descripta.  Gum  fjguris  artificiosissimis  loannis 
.  Vuechtelin.  (A  la  fin:  )  teXoç.  S.  L  n.  d.  Pet.  in-fol.^  de  3o 
ff.  non  ch.;  mar.  La  Valiiére,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  {Cape). 

«  Ce  volume  contient  28  grandes  planches  de  Hans  Wechtlin.  Il  réu- 
'^  nit  25  de  celles  du  n°  précédent.  Une  d'elles  est  répétée  et  la  dernière  est 
^  nouvelle.  Elles  sont  aussi  belles  d'épreuves  pour  le  moins  que  celles  ci- 
dessus;  néanmoins  une  légère  cassure,  qui  s'est  produite  à  la  planche  du 
Christ  devant  Anne,  nous  indique  que  c'est  un  état  postérieur  à  celui  daté 
de  1508.  Il  n'y  a  pas  certitude  complète  que  le  livre  ait  été  imprimé  à 
Strasbourg.  La  disposition  typographique  du  texte  ressemble  beaucoup  à 
celle  des  ouvrages  imprimés  par  Alberi  Dilrer,  à  la  même  époque,  dans 
la  ville  de  Nuremberg.  »  (Didot,  Cat,  rais.^  n°  168  bis.) 

Très  bel  exemplaire  de  ce  précieux  volume,  non  cité  au  Manuel. 

358.  Der  Passion  oder  dz  lyden  Jesu  Christi  vnsers  berren, 
noch  dem  text  der  fyer  Euangelisten,  wîe  jn  dan  der 
hochgelert  Doctor  Jobânes  Geyler  von  Keyserszberg,  zu 
Siraszburg  jârlich  geprediget  hatt.  S.  l.  n.  d.  In-foL;  vél. 

«  Dix-neuf  planches  en  tout,  de  troisième  état,  ce  que  l'on  reconnaît  à 
une  seconde  cassure  qui  s'est  produite  dans  le  cadre  de  la  plaaç)ie  signa- 
lée au  n®  précédent.  Une  de  ces  planches,  la  première,  repré$ep\ant  le 
Christ  en  croix  entre  la  Vierge  et  S.  Jean,  est  nouvelle.  Ces  trois  articles 


I 

t 


216  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

portent  donc  à  42  sur  43  le  nombre  des  planches  de  la  belle  suite  de 
Pilgrim  représentées  dans  ma  collection,  n  (Didot,  Cat,  rais.f  Q*  169.) 
Très  bel  exemplaire  de  ce  volume  fort  rare. 


ANONYMES. 

359.  GEYLER  VON  KEISERSBERG  (J.).  DoclorKeiserspegrs 
[sic)  Passion  Des  Herê  lesu...  Neulich  vsz  dem  latyn  in 
tûtsche  sprach  Transzueriert  durcli  lohannem  Adelphum 
Physicum  von  Sraszburg  Çuc),  {Strasbourg,  Jean  Grû- 
ninifer,  i5i3.)  In-fol.,  goth.^àa  co).,de  iia  ff.  ch.;  mar. 
La  Vaiiière,  fil.,  orn.,tr.  dor.  [Lortic). 

u  Ce  recueil  contient  17  gravures  de  la  grandeur  des  pages,  ajant  servi 
la  même  année  à  la  Fassion  m  forme  de  procès  du  môme  "Geyler  de  Kei- 
'sersberg,  et  19  petites,  qui  sont  de  rassortiment,  c'est-à-dire  tii*ées  d'ou- 
vrages antérieurs.  Elles  sont  de  plusieurs  mains.  Les  lettres  D  I  K,  qu'on 
voit  au-dessous  d'un  personnage  dans  une  chaire,  indiquent  le  docteur 
J.  Keisersperger.  »  (Didot,  Cat.  rais,,  n«  17 i.) 

Magnifique  exemplaire. 

360.  Looszbuch/ zu  ehren  der  Romischen/ Vngerischen  vnnd 
Bôhemischen  Kùnigin.  M.D.XLVI  (i546).  (A  la  fin:)  Ge- 
truc  Al  zu  StraszburgI  bei  Halthassar  Beck.  In-fol.;  maFi, 
vert,  fil.  àcompart.y  tr.  dor.  (Lortic). 

«  Cet  ouvrage  est,  comme  celui  de  Lorenzo  Spirito,  qui  parai  à  MUan 
en  1508,  un  livre  des  sorts.  Les  gravures  sur  bois,  an  nombre  de  117,  sost 
très  remarquables  de  composition.  Elles  sont  d'un  style  allemand  déjà 
épuré  et  fortement  influencé  par  les  belles  productions  de  Bftle.  »  (Didof , 
Cat.  rais,  n«  185.) 

Magnifique  exemplaire. 

TOBIAS  STIMMER. 

361 .  REUSNER  (N.).  Nicolai  Reusneri  Leorinî  Aureolorum  em- 
blematum  lil3er  singularis  Thobiae  Stimmeri  Iconibus  afTa- 
bré  effîctis  exornatus.  Argentoratiy  apud  Bernardum  tobi'^ 
num^  1587.  ln-8;  veau  fauve,  fil.,  tr.  dor. 

Première  édition  de  ces  emblèmes,  avec  les  figures  de  T.  Stimmer. 

(c  Les  emblèmes  sont  au  nombre  de  1 39.  Toutes  les  pages  sont  entoa- 
rées  de  jolies  bordures.  On  peut  juger,  d'après  ce  charmant  volume^  qae 
Strasbourg  n'a  pas  été  distancé  en  ce  genre  par  Francfort,  et  qae  Stiminer 
est  un  des  meilleurs  dessinateurs  xylographes  de  son  époqae.  «  (  Didot , 
Cat.  rais.,  nM  87.) 

Bel  exemplaire,  avec  témoins. 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  2ir 

362.  REUSNER  (N.).  Nicolai  Reusneri  Agalmatum  Aureo- 
lorum  liber  singularis.  I.  Septem  Virtutes.  II.  Septem  Artes. 
III.  QuatuorArtesmaiores.lv.  NovemMusae.  V.Tres  Gra- 
tiae,  VI.  Septem Planetse.  VII-XII.  Anni  Tempora...  Argenlo- 
rati^  apua  Bernard.  Jobinum.  S.  d.  (dédicace  de  iSSq). 
Pet.  i'n-8,  de  48  ff.;  niar.  vert,  fil.  à  fr.,  ornem.,  tr.  dor. 
{Cape). 

Volume  fort  rare,  non  cité  au  Manuel  et  qui  a  peu  de  rapports  avec 
le  précédent,  dont  il  ne  reproduit  que  12  gravures.  Les  figures,  entourées 
d'élégants  encadrements,  sont  au  nombre  de  47,  parmi  lesquelles  un  beau 
portrait  de  Reusner. 

Charmant  exemplaire. 

363.  REUSNER  (N.).  Icônes  sive  imagines  virorum  literis 
illustrium...  Recensente  Nicolao  Reusneroic.  curante Ber- 
nardino  lobino.  Argentoraii^  cio  lo  xiiic  (1587).  Pet.  in-8  ; 
mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor. 

Première  édition.  «  Toutes  les  pages  sont  entourées  d'une  bordure,  et 
les  100  portraits,  qui  représentent  les  docteurs  et  les  savants  de  l'Alle- 
magne à  l'époque  de  la  Renaissance,  ont  un  beau  caractère  et  sont  ha])i- 
lement  gravés  sur  bois.  »  (Didot,  Qai,  rais.,  n®  188.) 

Très  bel  exemplaire. 

364.  Nouae  Tobiœ  Stimmeri  sacrorvm  bibliorvm  figurae  ;  Ver- 
sibvs  latinis el  germanicis  expositœ. . .  Getruckt  zu  Strassburg 
bei  Bernhari  Jobin^  iSqo.  In-8;  mar.  La  Vallière,  fil.  à 
froid^  orn.,  tr.  dor.  [Lortic). 

«  Ce  volume  porte,  à  la  fin,  la  date  de  1589.  Il  contient  170  gravures 
sur  bois,  bien  composées  et  bien  imprimées.  »  (Didot,  CaU  rais.,  n®  190.) 
Très  joli  exemplaire. 

Wittemberg. 

LUCAS  DE  CRANACH,    LE  VIEUX. 

365.  Passional  Christi  und{|  Anticbristi.  S.  L  n.  d.  In-4)  golh., 
de  14  ff.,  n.  ch.  (texte  en  allemand);  mar.  La  Vallière,  fil., 
beaux  fleurons  au  centre  des  plats,  tr.  dor.  [Hagutf), 

«  Édition  non  décrite  de  cet  opuscule  curieux,  premier  jet  de  V Anti- 
thèse des  faits  de  Jésus-Christ  et  du  Pape.  Elle  se  compose  d'un  frontis- 
pice gravé  et  de  26  figures  contrastées  également  sur  bois.  Elle  ne  porte 
pas,  comme  les  éditions  décrites  au  Manuel,  la  date  1521  et  le  niono- 
granmie  F.  B.  Selon  Nagler,  ces  planches  remarquables  auraient  été  com- 
-:     mandées  par  Luther,  en  1521,  et  exécutées  par  Lacas  de  Cranach.  Elles 


ns  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

sont  pleines  do  verve,  d'esprit  et  de  passion.  Dans  les  dernières,  le  Chmt 
fait  sa  glorieuse  ascension,  tandis  que  le  pape  est  précipité  aux  anfiers.  » 
(Oidot,  Cat.  rais.,  n<»  196.) 

Très  bel  exemplaire  de  ce  volume  rarissime. 

366.  Das  Symbolum  oder  gemeine  Bekentnis  der  zwelfT  Apo- 
steln...  fVittemberg,  Georg  Rhaw^  iSSg.  Pet.  in-foL,  de 
3o  ff.  cil.;  mar.  brun  clair,  fil.  à  fr.,  fleur.,  Ir.  dor. 

«  Ce  volume  renferme  12  belles  gravures  sur  bois  de  Lucas  de  Granach, 
représentant  les  douze  apôtres.  Les  épreuves  sont  très  belles.  Dans  la 
douzième,  saint  Matthias  est  mis  à  mort  à  l'aide  d*un  instroment  tout  à 
fait  semblable  à  la  guillotine.  »  (Didot,  Qai.  rais.,  n?  198.) 

Exemplaire  avec  des  épreuves  très  brillantes.  Notes  mannscrites. 

LUCAS  DE  GRANACH,  LE  JEUNE. 

367.  Hortvlvs  Animae.  Lustgarten  der  Seelen  :  Mit  schônen 
lieblichen  Figuren.  i547.  (^^^  fin:)  Gedruckt  zu  TVittem- 
berg  durch  Georgen  Rhaw.  Pet.  in-4î  de  lao  ff.  ;  mar.  La 
Vallière,  fil.,  tr.  dor.  (Lortic). 

«  La  première  édition  de  ce  curieux  recueil  avait  paru  à  Wittemberg 
en  1518.  Celle-ci  contient  53  pi.  en  tout,  dont  quelques-unes  se  répètent. 
52  d'entre  elles  figurent  dans  Bartsch,  à  l'œuvre  de  Cranach,  t.  VU ,  pp. 
288  à  301 .  On  voit  entre  autres  deux  portraits  de  Luther  dont  l'un  est  daté 
de  1546  et  l'autre  de  1548.  Tous  deux  portent  la  marque  de  Granach.  On 
y  trouve  également  le  portrait  de  Fimprimeur  Georges  Rhaw.  »  (Didot, 
Cat.  rais.,  n»  200.) 

Très  bel  exemplaire. 

m 

B.  —  Pays-Bas. 

Amsterdajn. 

JACOB  GORNELISZ  D*AMSTERDAM. 

368.  Passio  domini  nostri  lesu  Christi....  concinnatus  (ab 
Alardo  Âmstelredamo).  Amstelredamisy  Dodo  Peirus,  typ. 
excudebat,  i523.  In-8;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  {IViedrée}. 

«  Ge  beau  volume,  d'une  impression  véritablement  admirable,  contient 
62  gravures  sur  bois  d'un  effet  tout  à  fait  remarquable,  et  portant  tontes 
la  marque  de  l'artiste.  »  (Didot,  Cat.  rais.,  n*  209.) 

Anvers. 

369.  BRANTEGHEIVI  (G.  de).  La  vie  de  nostre  ||  SjNgneur  lésa 
Christ  II  par  figures  selon  le  ||  Texte  des  quattre||  Euaâgi 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  219 

listes  auec||  toutes  les  Euangiles  ||  Epistres  &  Propheljlies 
de  toute  lannee  {|  chantées  en  loffice  de  ||  la  Messe  auec 
aucu||nes  Oraisons.  (A  la  fin:)  Imprime  en  Anuers  par 
Matthieu  Crome  Lan  M.  D,  x/(i54o).  ln-8,  goth.  ;  mar. 
rouge,  fil.  à  froid,  tr.  dor.  {Kœhler). 

Ce  volume,  bien  imprimé,  contient  258  gravures  sur  bois  (tant  vignettes 
que  fleurons),  très  bien  dessinées.  Il  est  fort  rare.  Le  privilège,  daté  de 
1537,  cite  le  nom  de  l'auteur  :  frère  Guiliame  deBranteghem,  Chartreus. 

Très  bel  exemplaire. 

370.  La  Saine  te  Bible  II  en  francoys,  translatée  selon  la  pure 
ç  entière  traduction  de  sainct  Hierome,  dere[|chief  con- 
férée et  entièrement  reuisitee  selon  les  j|  plus  anciens  f  plus 

corretz  exemplai  || res (par  Le  Fevre    d'Estaples).   En 

Anuers  par  Martin  Lempereur,  i534.  Gr.  in-fol.,  goth.,  à 
2 col.  —  Le  nouueau Tel|stamenl,  auquel  estdemonstre  nos- 
tre||  Salut  estre  faict  par  Jesu  Christ...  En  i  vol.;  mar. 
La  Vallière,  tr.  dor.  {Helz-Niédrée). 

«  Troisième  édition,  corrigée  et  améliorée,  de  la  version  de  Le  Fevre, 
première  traduction  française  complète  des  saintes  Écritures.  Une  pre- 
mière partie  de  cette  traduction  avait  paru  à  Paris,  en  1523,  chez  Simon 
de  Colines  ;  mais,  comme  elle  fut  condamnée  par  arrêt  du  Parlement  du 
28  août  1525,  Fauteur  se  vit  forcé  de  faire  imprimer  sa  Bible  complète  à 
Anvers,  où  elle  parut  pour  la  première  fois  en  1530.  La  suite  des  gravures 
est  très  nombreuse  ;  celles  du  nouveau  Testament,  très  remarquables,  sont 
dues  à  Levinus  de  Witte.  »  (Didot,  QaU  rais. y  n®  216  bis.) 

Très  bel  exemplaire,  grand  de  marges.  Qq.  race. 

AfITOlNE  BOSCH,    dit    SILVIUS. 

I 

â7î.  ESOPE.  Les  Fables  et  la  Vie  d'Esope  Phrygien  traduites 
de  nouueau  en  françoys  selon  la  vérité  Grecque.  En  An^ 
vers^  chez  lehan  Bellere...  i56i .  Pet.  in-ia;  cuir  de  Rus- 
sie, fil.,  tr.  dor.  {Bauzonnet). 

«  Ce  joli  volume  ne  possède  comme  gravure  sur  bois  qu*ûne  marque 
assez  jolie  sur  le  titre.  Ne  serait-ce  pas  celle  d'Ame  Tavernier,  imprimeur 
de  l'ouvrage,  auquel  on  doit  sans  doute  le  charmant  caractère  cursif  fran- 
çais avec  lequel  il  est  imprimé?  Le  dessin  de  cette  composition  est  signé 
d'Antoine  Bosch,  dit  Silvius.  »  (Didot,  Cat.  rais.,  n^  225.) 

372.  SA.MBUCUS  (J.).  Emblemata,  cum  aliquot  nummis  an- 
tiqui  operis,  loannis  Sambuci  Tirnauiensis  Pannonil. 
Antçerpiœ^  ex  off.  Christ.  Plantini.  i564«  ln-8;  mar. 
pouge,  comp.,  tr.  dor.  [Lortic). 

Première  édition  latine,  ornée  de  167  emblèmes  et  4  ff.  de  médaillée. 


220  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

Très  belle  impression  eu  caractères  italiques,  ornée  de  fleurons.  Chaque 
planche  est  entourée  d'encadrements  variés.  Le  portrait  de  Sambucus  est 
en  tête.  Le  frontispice  porte  la  marque  de  Silvius.  Le  volume  est  terminé 
par  une  épitre  à  Grolier. 
Magnifique  exemplaire. 

373.  SAMBUCUS  (J.).  Les  Emblèmes  du  signeur  (sic)  lehan 
Sambucus.  Traduits  du  Latin  en  François.  Ânifers,  Clir. 
P/antin,it}6'j,  In-12;  mar.  vert,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  (Dura). 

Première  édition  française.  Les  figures  sont  au  nombre  de  165,  c*est- 
à-dire  deux  de  moins  que  dans  Tédition  originale  (flg.  des  pp.  14  et  53). 
Les  gravures  ne  sont  pas  encadrées  ;  les  médailles  sont  omises,  ainsi  que 
le  portrait.  La  préface  de  Plantin  est  fort  curieuse. 

Exemplaire  très  pur,  avec  nombreux  témoins. 

374.  JUNIUS  (H.).  Hadriani  lunii  Medici  emblemata  ad 
D.  ArnoldumCobelium.  Eiusdem  ^nigmatum  libellas  ad 
D.  Arnoldum  Rosenbergum.  Antiferp.,  ex  offic.  Christ. 
Plantiniy  i565.  In-8;  mar.  rouge,  compart.  à  fr.,  tr.  dor. 

[Lorfic). 

Édition  originale,  très  bien  exécutée.  Elle  ne  contient  encore  que 
58  gravures  sur  bois^  mais  toutes  les  pages  sont  entourées  d*an  encadre- 
ment de  très  bon  goût  dans  le  genre  de  de  Tournes.  »  (Didot,  Cat.  rais., 
n»  229.) 

Magnifique  exemplaire,  très  pur. 

375.  FÂERNUS  (G.).  Centum  fabulœ  ex  antiquis  auctoribus 
delectae  et  a  Gabriele  Faerno  cremonensi  carminibus  ex- 
plicalre.  j^nluerpiœ,  ex  offi.  Chr.  Plantini.  1567.  In- 16. — 
JUNIUS  (H.j.  Hadriani  lunii  medici  emblemata.  Eiusdem 
aenigmatum  libellus.  Ibid.  1 569.  In- 1 6.  —  Les  Emblesmes  du 
s.  Adrian  le  leune  Ynédecin  et  historien  des  estats  de  Hol- 
lande^ faicts  François  et  sommairement  expliquez.  A  An^ 
i^ersy'cle  fimpr.  de  Chr.  Plantin^  i568.  In- 10.  En  i  voU; 
mar.  amarante,  fil.  à  fr.,  fleur.,  Ir.  dor.  [Ijortic). 

Le  premier  ouvrage  compte  iOO  gravures  sur  bois;  le  secondy  889  et  le 
troisième  (2«  édit.  franc.),  57  emblèmes,  dont  la  plupart  portent  la  muqae 
de  Silvius. 

Bel  exemplaire,  réglé,  de  ce  charmant  volume. 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  m 

C.  —  Suisse. 
Baie. 

ANONYMES. 

376.  Quadragesimale  ||  nouum  editû  ac  predicalû  a  quo||dain 
fratre  minore  de  obseruantia  {|  in  inclita  ciuitate  Basilieii. 
de  filio  II  prodigo  (C  de  angeli  ipius  ainino||nitone  salubri  p 
sermones  diuisû.  (A  la  fin,  avant  la  table  :)....  Impressum 
Kasilee  per  Michaeleni  farter  Ciuè  Basilien.,.  mccccxcv 
(1495).  In-8,  golh.;  mar.  La  Vallière,  riches comp.,  tr.  dor. 
{Lortic). 

Première  édition,  fort  rare. 

«  Ce  volume  contient  18  gr.  sur  bois  très  naïves,  exécutées  dans  le 
'  style  des  xylographes.  Elles  montrent  quel  était  le  goût  qui  dominait  à 
Bâle  avant  l'influence  de  Holbein.  »  (Didot,  Cat.  rais.,  n®  254.) 

Très  bel  exemplaire,  avec  nombreux  témoins.  Les  gravures  sont  co- 
loriées. 

377.  BRANT  (S.).  Stultifera  Nauis  Narragonice  pfectônisnunq^ 
satis  laudata  Nauis;  perSebastianû  Brant,  vernaculo  vulga- 
riq^  sermone  &  rhythmo...  Atq^  iampridem  per  lacobum 
Locher...  in  latinû  traducta  eloquiû,  et  per  Seb.  Brant 
denuo  seduloqj  reuisa.  (A  la  fin  :  )  Finis.,,  In  iaudalissima 
Germaniç  vrbe  Basiliensi  :  nup  opa  &  pmotione  lohànis 
Bergman  de  O/pe.  Anna  Salutis  nre .  Mxcccxcmi.  kl.  Martii 
(1498).  In-/|;  mar.  vert.,  fil.,  tr.  dor.  (Lortic). 

«  Cette  belle  édition  reproduit  les  planches  de  l'édition  originale  latine 
de  1497,  dont  le  frontispice  conserve  encore  le  millésime,  et  porte  en  latin  le 
mot  Nauis  stultorU.  Elles  sont  au  nombre  de  118,  et,  bien  qu'elles  soient 
presque  au  trait,  elles  sont  extrêmement  remarquables  par  la  verve  et  la 
hardiesse  de  l'exécution.  Les  entourages,  largement  dessinés,  ont  beau- 
coup de  mérite  pour  l'époque.  »  (Didot,  Cat.  rais.,  n®  257.) 

Bel  exemplaire  de  ce  livre  précieux,  qui  eut  un  immense  succès. 

HANS     HOLBEIN. 

378.  SENECA,  SYNESIUS,  EBASMUS.  Lvdvs  L.  Annei  Senecœ, 
De  morte  Claudij  Caesaris,  nuper  in  Germania  repertus, 
cum  Scholijs  beati  Rhenani.  Synesivs.  Cyrenensis  de  lau- 
dibus  Caluitij,  loanne  Phrea  Brilanno  interprète,  eu  Scho- 
lijs Beali  Rhenani.  Eràsmi  Roterodami  Moriœ  Encomium, 
cû  commentarijs  Gerhardi  Listrij,  trium  linguarû  periti. 
Ëpistola    Apologetica  Erasmi  Roterodami,   ad  Martin um 


m  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

Dorpiù  Theologum.  (A  la  fin:)  Basileee.  In  asdUn^s  lo. 
Froueniiy  Men.  viiil  hrî,  an.  m7  dT  xvirî '(>5i7).  Pel.  in-4  ; 
vélin  bl, 

u  Frontispice  et  lettres  de  Holbein.  On  conserve  à  la  bibliothèque  d» 
Bâle  Texemplaire  môme  d'Érasme  de  cette  édition,  sur  les  marges  du- 
quel Holbein  a  dessiné  de  sa  main  les  figures  qui  ont  été  si  déplorablement 
défigurées  dans  les  éditions  de  V Éloge  de  la  Folie  publiées  au  siècle  passé.  » 
(Didot,  Cat.  rais.,  n»  261.) 

Très  bel  exemplaire. 

t 

379.  M0R13S  (Th.).  De  optimo  reip.  statu  deque  noua  insula 
Utopia  libellus...  clarissimi...  uiri  Thomœ  Mori.  Epigramr 

'  mata  clarissimi...  uiri  Thomœ  Mori  pleraq^  è  Gnecis  uersa. 
Epigrammata  Des.  Erasmi  Roterodami.  (A.  la  lin:  )  Basiteœ, 
apua  loan.  Froùenium,  mense  Martio^  anno  i5i8.  In-4; 
veau  brun  gaufré  (/W.  du  XV P  ^.). 

«  Les  frontispices,  lettres  ornées  et  fleurons  ont  été  dessinés  par  Hol- 
bein, qui  a  signé  cdnsi  Tencadreraent  de  la  page  17  :  HANS  HOLB.,  etl'eit* 
cadrement  en  tête  des  Epigrammata  ThomœMori,  p.  165,  des  lettres  HH.La 
troisième  partie,  Ëpigrammes  d'Ërasme,  manque  à  cet  exemplaire,  ains 
qu'à  presque  tous.  Ils  ont  été  ou  supprimés  ou  arrachés  par  des  catholiques 
trop  fervents.  »  (Didot,  Cat.  rais.,  n°  265.)  Le  nom  mômç  d'Érasme  a  été 
soigneusement  effacé  au  titre  et  dans  la  préface. 

380.  MORUS  (Th.)  &  ERASMUS.  De  optimo  relp.  statu... 
Thomae  Mori.  Epigrammata  Th.  Mori.  Epigrammata 
Erasmi.  Basi/eœ,  i5i8.  In-4;  mar.  1^  Vallière,  fil.,  tr, 
dor.  (Lortic). 

Même  ouvrage  que  le  précédent,  mais  avec  les  Ëpigrammes  d'Érasme, 
ornées  d'un  beau  frontispice. 

Magnifique  exemplaire,  avec  gravures  très  bnllantes. 

Danses  de  la  Mort. 
(Placé  à  Bàle,  à  cause  de  la  provenaDoe  des  planches  de  la  Danse  de  la  Mort.) 

381-  HOLBEIN  (H.).  Les  Simulachres  de  la  Mort.  —  Pet. 
in-4;  ï^ï^ar.  rouge^  fil.,  tr.  dor.  (ret.  du  XFllP  «.)• . 

QUARANTE-QUATRE  DESSINS    ORIGINAUX  de  Holbein,   erécnté» 

à  la  plume  et  légèrement  relevés  de  bistre. 

Avant  de  posséder  ce  précieux  recueil  et  sans  l'aroir  va,  M. .  Didot 
lui  avait,  d'après  les  renseignements  fournis  par  des  ourrays  spé- 
ciaux, consacré  une  notice  détaillée  dans  son  Essai  sur  '  la  grawwe  rar 
bois,  col.  60-66.  Les  iconograples  les  plus  autorisés  n'ont  jamais  mis  en 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  223 

• 
doute  rauthencité  de  ces  dessins.  Mariette  lui-même,  qui  les  a  vus  chez 
Grozat,  a  émis  à  plusieurs  reprises  Topinion  que  ces  compositions  étaient 
bien  de  Holbein;  «ils  sont,  dit-il,  tellement  dans  son  goût  et  sa  manière 
a  qu'on  n'imagine  pas  qu'un  autre  que  lui  ait  pu  les  faire;  c'est  à  quoi  il 
«  faut  s'en  tenir.  »  Il  est  vrai  qu'à  un  endroit  de  son  Abecedario,  il  s'est 
mis  en  contradiction  avec  lui-même  en  les  attribuant  à  un  peintre  hollan- 
dais nommé  Jean  Bockhorst,  mais  il  ne  faut  point  s'arrêter  à  cette  asser- 
tion, car  il  est  historiquement  prouvé  que  ces  dessins  ont  fait  partie 
de  la  collection  Arundel,  en  Angleterre,  où  Holbein  les  aura  exécutés, 
avant  de  passer  dans  les  Pays-Bas  où  ils  devinrent  la  propriété  de  ce  même 
Bockhorst.  Ils  ont  été  gravés  sur  cuivre  par  Hollar  et  publiés  d'abord  à 
Londres,  en  1647,  et  ensuite  en  Hollande,  en  1651,  avec  des  encadrements 
ajoutés  par  A.  de  Diepenbecke,  sous  ce  titre  :  Mortalium  nobUitas  iconibus 
ab  Holbenio  delineatis  et  à  W,  Hollar  exculptis,  expressa  ab  Abraham  a  Die- 
penbecke.  On^est  autorisé  à  croire  que  Hollar^  qui  a  vécu  en  Angle- 
terre, de  même  que  Holbein ,  devait  être  mieux  informé  que  ne  le  fut 
Mariette  un  siècle  plus  tard. 

Sur  ces  quarante-quatre  dessins,  les  sujets  de  trente-quatre  sont  gravés 
dans  l'édition  de  1538,  qui  suit;  ceux  des  dix  autres  se  retrouvent  dans 
l'édition  plus  complète  de  1547,  avec  cette  différence  que  deux  de  nos 
dessins  à  sujets  doubles,  qui  représentent,  l'un  (n®  40)  :  des  Enfants  che- 
vauchant sur  des  bâtons  et  un  Petit  Gueirier  nu;  l'autre  (n®  41)  :  les  Petits 
Vainqueurs  et  le  Triomphe  du  Petit  Bacchus,  forment  quatre  planches  dans 
l'édition  gravée.  Il  en  résulte  qu'il  ne  manque  à  notre  recueil  que  sept 
dessins  de  cette  suite,  qui  correspondent  aux  pi.  n®  1,  3,  5,  8,  12,  25  et  40 
de  l'édition  de  1538.  Ce  qui  est  à  remarquer,  c'est  qu'il  n'y  a  que  la 
partie  droite  du  dessin  n^  39  {VIdiot  entraîné  par  la  Mort)  qui  a  été  repro- 
duite par  la  gravure,  tandis  qu'un  groupe  d'enfants,  du  même  style  et  de 
la  même  main  que  celle  qui  a  tracé  les  autres  sujets ,  est  resté  inédit. 
Cette  circonstance,  jointe  à  d'autres  remarques  faites  par  M.  Didot,  dé- 
montre que  nos  dessins  ne  sauraient  être  considérés  comme  des  copies 
des  gravures  des  Simulachres  de  la  mort. 

Quoi  qu'il  en  soit,  d'ailleurs,  nous  concluons  avec  notre  vénéré  maître 
«  qu'il  suffît  de  reconnaître  que  ces  dessins  sont  des  chefs-d'œuvre  ;  que 
«  la  tradition  les  a  donnés  à  Holbein,  et  qu'ils  en  sont  dignes  à  tous 
«  égards  ». 

Voici  leur  odyssée  :  de  la  collection  Arundel,  ils  passèrent  dans  les 
Pays-Bas  et  ont  appartenu  d'abord  à  Rubens,  puis  à  Bockhorst.  Ils  tom- 
bèrent ensuite  entre  les  mains  de  Crozat,  à  la  vente  duquel,  en  1771,  ils 
furent  achetés  par  le  conseiller  Fleischmann,  de  Strasbourg,  qui  les  donna 
à  Chr.  von  Mechel/de  Bâle  (dont  ils  portent  Vex-libris).  Ils  furent  ensuite 
vendus  au  prince  Gaîitzin,  ambassadeur  de  Russie  à  Vienne-,  et 
transportés  à  Saint-Pétersboiu^g,  où  le  voyageur  Coxe,  selon  Dibdin,  les 
aurait  vus  dans  le  cabinet  de  l'empereur  de  Russie. 

382.  Les  simulachres  &  ||  historiées  faces  |  de  la  mort,  avlant 
ele||gammêt  pourtraictes,  que  artifi||ciellement  imaginées.  || 
u4  Lyon^  Il  Soubz  Cescu  de  Coloigne,  m.d.xxxviik  (A  la  fin  :) 
Exc\fdebani  Lvgdif^ni  Melchior  et  ||  Gaspar  Trechsel  ||  fra- 


224  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

ires.  i538.  Petit  jn-4;  mar.  brun  foncé,  compart.,  Ir.  dor. 

Première  édition  avec  texte  de  ces  précieases  [graynres.  Les  Ters  sont 
de  G.  Gorrozet  ;  la  prose  est  de  Jean  de  Vauxcelles  ou  de  Yauzelles,  qpî  a 
dissimulé  son  nom  dans  un  jeu  de  mots,  en  tête  de  Tépltre  dédicatoire  à 
M^  lehanne  de  Touszele,  Salut  dun  vray  zèle.  Voir  sur  ce  chef-d'oeuTre, 
dont  les  planches  auraient  été  exécutées  à  Bâle,  Ters  1522,  par  Hans  LO- 
tzelburger,  VEssai  sur  la  gravure  sur  bois,  par  M.  Didot. 

Exemplaire  réglé,  grand  de  marges,  et  avec  [de  fort  belles  épreuTes. 
H.  :  0»,i73.  Qq.  race. 

383.  Les  images  de  la  mort,  aux  quelles  sont  adioustées  douze 
figures.  iJauantage  :  la  médecine  de  TAme,  la  Consolation 
des  Malades.  Un  Sermon  de  Mortalité,  par  sainct  (lyprian. 
Un  Sermon  de  Patience  par  sainct  lehan  Chrysostome. 
(A  la  fin  :  )  Imprime  a  Ljron  à  Cescu  de  Coloigne  par  lehan 
Frellon,  i547.  """8;  veau  fauve  estampé,  fil. 

Cinquième  édition  avec  texte,  et  la  première  avec  douze  planches  non- 
Telles,  ce  qui  en  porte  le  nombre  à  53.  Elles  sont  fort  belles  d'épreuTes. 

384.  Simolachri^  historié,  e  figure  de  la  Morte.  La  medecina 
de  L'anima.  H  modo,  e  la  via  di  consolar  gl'  infermi.  Un 
sermone  di  San  Cipriaho,  de  la  mortalità.  Due  orationi, 
Tuna  à  Dio,  e  Taltra  à  Christo.  Un  sermone  di  S.  Giouan 
chrisostomo,  che  ci  essorta  à  patienza.  Aiuntoui  di  nuouo 
moite  figure  mai  più  stampate.  In  Lyone,  oppressa  Giouan 
Frellone^  m.d.xlix  (iS/ig).  In-8;  mar.  noir,  dent,  à  fr., 
tr.  dor.  [Niedrée^. 

Septième  édition  avec  texte  ;  53  planches.  Dans  un  avis  anx  lectenrs, 
Frellon  déclare  avoir  fait  dessiner  et  graver  les  nouvelles  flgores,  et  se 
plaint  d'un  contrefacteur  qui  avait  annoncé  frauduleusement  ses  copies 
comme  plus  belles  que  les  originaux. 

Très  bel  exemplaire,  de  la  bibl.  Yemeniz. 

385.  Icônes  morlis,  duodecim  Imaginibus  pneter  prioreSi  toti- 
dénique  inscriptionibus,  praeter  epigrammata  è  Gallicis  à 
Georgio  yEmylio  in  Latinum  versa,  cumulatae.  Basilem. 
i554.  In-8;  mar.  La  Vallière,  fil.  à  fr.,  fleurons,  tr.  dor* 

{Lorlic), 

Huitième  édition  avec  texte;  53  planches.  Très  bel  exeinplaire. 

ANONYMES. 

386.  Effigies  Des.  Erasmi  Roterodami  litératorum  principië  & 
Gilberli  Cognati,  eius  amanuensis.  unà  cum  eorumSym- 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  HSt 

i 

bolîs  &  Nozeretho  Cognati  patria.  (A  la  fin  :  )  Basileœ,  per 
loanneni  Oporinum^  i553.  In-8;  mar.  rouge,  comp.  en 
mos.,  tr.  dor.  {Lonic). 

«  Cette  plaquette  contient  sept  gravures  sur  bois  au  trait,  dont  lo 
dessin  pourrait  être  attribué  à  Holbein,  mais  qui  sont  d^une  exécution 
inhabile  et  négligée.  Une  planche  double  rçprésente  Érasme  dans  sa  bi- 
bliothèque en  face  de  Gilb.  Cognatus,  son  scribe  ou  secrétaire,  qui  écrit 
sous  sa  dictée.  La  date  placée  au  bas  de  chacun  d'eux,  1530,  est  suivie  de 
leur  âge,  70  ans  pour  Érasme  et  26  pour  Cousin.  Le  portrait  d'Érasme 
dans  un  médaillon  est  on  ne  peut  mieux  exécuté.  »  (Didot,  Cat.  rais., 
n»3H.) 

Très  bel  exemplaire  de  cet  opuscule  fort  rare. 

387.  AGRICOLE  (G.).  Opéra  di  Giorgio  Agricola  de  Farte  de 
metalli...  Traaotti  in  lingua  toscana  de  M.  Michelangelo 
Florio  Fiorenlino.  In  Basilea^  per  Hieronimo  Frobeniq  et 
Nicolao  Episcopio^  i56J.  In-fol.;  mar.  rouge,  compart.  à 
fr.  et  ornem.,  tr.  dor.  [Hardy). 

«  Cette  belle  édition  renferme  une  suite  de  bonnes  figures  représentant 
tous  les  appareils  et  les  opérations  de  la  métallurgie  au  XYI^  siècle.  » 
(Didot,  Cat,  rais.,  n»  314.) 

TOBIAS   STIBIHERk 

388.  Neue  kùnstliche  Figuren  Biblischer  Historien  griîntlich 
von  Tobia  Stimmer  gerissen....  Zu  Basel  bci  Thoma 
Gwarin^  1576.  In-4;  mar.  brun,  orn.^tr.  dor.  (Lortic)^ 

«  Première  édition,  très  bien  exécutée,  de  cette  belle  suite  de  170  gra- 
vures sur  bois  entourées  d'une  large  bordure.  M.  Brunet  cite  une  édition, 
avec  quatrains  latins,  de  Strasbourg,  Jobiriy  1590;  mais  celle-ci  est  plus 
précieuse.  La  marque  de  Tobias  Stimmer  se  voit  sur  le  titre.  »  (Pour  plus  de 
détails,  voir  Didot,  Cat.  rais,,  n<*  315.) 

Magnifique  exemplaire. 

389.  Ml3LL£R(Th.).  Musœi  louiani  imagines  artifice  manu  ad 
viuum  expressae.  Nec  minore  industria  Theobaidi  Mvlleri 

■  Marpurgensis  Musis  illustratœ.  Basilese^  ex  offi.  Pétri 
Pernœ^  'S??-  I""4;  ^'àT.  rouge,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  {Nie- 
(irée). 

«  Cent  trente-neuf  portraits  de  grands  hommes,  dans  de  riches  bor- 
dures, décorent  ce  volume.  Le  dessin  en  est  d'un  grand  style  et  le  carac- 
tère des  têtes  très  bien  conservé.  Ils  ne  portent  pas  de  marque,  mais  ils 
semblent  dessinés  par  Tobias  Stimmer,  et  Bartsch  les  lui  attribue.  >» 
(Didot,  Cat,  rais,,  n*»  316.) 

15 


%i^  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

Berne. 

LE  GBAVEUR  I.   K. 

390.  BOCCÀCCIO  (G.).  loannis  Boccatii  de  Certaldo  insi- 
gne opvs  de  Claris  Mulieribus.  (À  la  fin  :  )  Exa^spm  Ber- 
nœ  Hehet.  per  Mathiam  Apiarium.  Anno  M. D. XXXIX 
(1539).  In-fol.;  mar.  vert  foncé,  fil.,  tr.  dor.  {Thomp^ 
son). 

m 

Ouvrage  fort  rare.  «  Plusieurs  bibliographes  croient  que  la  marque  I.K. 
que  ron  trouve  sur  ces  15  gravures  se  rapporte  à  Jacques  Kerver,  impr.  à 
Paris,  qui,  avant  de  venir  succéder  à  son  père,  avait  exercé  l'art  de  la 
gravure  en  Suisse  et  en  Allemagne.  En  tout  cas,  cette  marque  ne  saurait 
s'appliquer  à  Jacques  Kôbel.  »  (Didot,  Cat  rais,,  n^  318.) 

Très  bel  exemplaire,  aux  armes  et  au  chif&e  du  marquis  de  Môrante. 

Genève. 

391.  Antithesis  Christi  et  antichristi,  videlicet  Papae,  id  est, 
exemplorum,  factoriim,  vitae  et  doctrinae  utriusque  ex 
aduerso  collata  comparatio,  versibus  et  figuris  venustissi- 
mis  illustrata.  Recens  aucta  et  recognita  (studio  Sim.  Rosa- 
rii).  (Genei^œ)^  Apud  Eustathium  Fignon,  1578.  In-8;  mar. 
vert,  fil.,tr.  dor.  {Trautz»Bauzonnet). 

«  Pamphlet  calviniste  contre  le  pape  et  la  messe.  Trente-six  vignettes 
sur  bois  au  trait ,  dont  la  plupart  sont  imitées  *âu  "PassUmal  de  Lucas 
Granach  (voir  plus  haut  à  Wittemberg,  n<*  365),  paraissent  dans  cette  édi- 
tion, dont  le  texte  a  été  notablement  augmenté  sur  les  précédentes.  » 
(Didot,  Cat,  rais.,  n*  322.) 

Magnifique  exemplaire. 


392.  BÈZE  (Th.  de).  Les  vrais  povrtraits  des  hommes  il 

en  pieté  et  doctrine,  dv  trauail  desquels  Diev  s'est  serui  en 
ces  derniers  temps,  pour  remettre  sus  la  vraye  Religion  en 
diuers  pays  de  la  Chrestienté.  Auec  les  DescriptioDS  de 
leur  vie  et  de  leurs  faits  plus  mémorables.  Plus  quarante 

avatre  Emblèmes  Chrestiens.  Tradvicts  du  latin  dfeTheo- 
ore  de  Besze  (par  Simon  Goulart).  {Genève)  Par  lean  de 
Laon^  i58i.  ln-4;inar.  bleu,  orn.,  tr.  dor.  (Hardy). 

Ce  volume  précieux  contient  i03  grav.,  parmi  lesquelles  on  voit  qua- 
rante-neuf portraits  des  précurseurs,  des  martyrs  et  des  principaux  adaptes 
de  la  Réforme.  A  la  fin  se  trouvent  44  emblèmes  très  joliment  gravés  et 
fort  bien  tii*és. 

Très  bel  exemplaire.  Qq.  coins  race. 


OUVRAGES  EN  TOUT  GJBNRB. 

D.  —  ItaU». 
Ferrare^ 

393.  BERGOMENSIS  (Jac.  Philippus  Forestcs).  De||plurimis 
Claris  sceletisque  [sîc)  \\  Mulieribus  Opus  ||  prope  cliuinum 

nouissimc  ||  conge||stuin.  (A  la  fin  :)  Opus  de  claris  selec^ 
tisque  plurimis  mulieribus  a  fratre  la: philippù  Her^omense 
éditant  explicil,  maxîa  cu^  diligenlia  reuisu$  t  castigatiïper 
Reueren...  Magistrum  Albertu^  de  placèlia  :  t  Jrem  jéugus- 
tinus  de  Casali. . .  Ferrarie  ipressu^  Opéra  t  Ipensa  Magistri 
Laurent  a  de  rubeis  de  Ualentia  tertio  kat  maias  anno  sa^ 
tutis  nre  M.  cccclxxxxvij  {\[\^'])...  In-fol.,  goth.;  mar. 
La  Vallière,  fil.  àcomp.,  ûrnem.,  tr.  dor.  (JLortic). 

«  Livre  très  rare.  Il  contient  des  gravures  sur  bois  remarquables.  Tel  est 
le  frontispice  daté  de  1493  représentant  Tauteur  offrant  son  livre  à  la  reine 
Béatrice  d'Aragon.  Cette  grande  page,  ainsi  ^e  le  beau  diptyque  du 
verso  du  f.  1,  est  encadrée  d'un  entourage  au  simple  trait,  d'un  beau  style 
italien.  Les  portraits  des  femmes  illustres  sont  Nombreux,  bien  qu'il  y  ait 
des  répétitions,  et  destinés  à  l'enluminagQ.  Ils  sont  d'Un  très  beau  carac- 
tère. Le  titre  est  xylographique.  »  (Didot,  CaU  rais.^n^  341.) 

Ce  livre  est  célèbre  comme  un  des  pren>iers  avec  portraits.  Dans  sa 
galerie  de  femmes  illustres,  l'auteur  a  plkcé  aussi  la  papesse  jfeanne. 

Magnifique  exemplaire.  • 

394,  HIERONtMUS  (S.).  Vi||ta  episto||lede  sanctohîe||ronymo 
urgaljre  {sic).  (A  la  fin  :  )  Impressa  e  la  présente  opéra..... 
ne  la  inclita  Sl  florentissima  cita  de  Ferrara  :  per  Maestro 
Lorenzo  di  Rossi  da  f^alenza  ne  gli  anni  de  la  salute  del 
mundo  MCCCCXCyil  (1497).  ^  ^  -^^  ^^  Octobre.  In-fol., 
à  2  col.;  mar.  vert,  riches  comp.|  trj  dor/ (Xor/i>). 

«  Édition  remarquable  par  ses  gravures  sur  bois^  les  beaiix  entourages 
de  style  florentin  qui  décorent  les  grandes  planches,  les  netites  vignettes 
au  trait,  destinées  à  l'enluminage,  et  les  cbarinantes  initiales  du  texte.  Le 
ùoih  du  traducteur,  Matheo  de  Ferrara,  potiêrô  jesuato,  se  lit' à  la  fin. 

«  Cet  exemplaire  magnifique  est  sans  aucune  dédicace,  <naî$  on  lit,  au 
verso  dii  f.  1  (après  la  Vie)  :  Hercvlis.  Esten.  Dveis.  inclyti,  ne.  invictiss. 
felid,  avspicio,  ac,  liberalitate.  maxima.  divi  hvsronynd.  hoc.  ^acratiss. 
opvs  impre&svm,  est  ferrariœ.  an.  sal.  M.  cccc.Lxxxxiiii.,  date  en  contradic 
tion  avec  celle  de  la  souscription.  »  (Didot,  Cat.  rais.,  u?  342.) 


Florence. 


395.  (SAVONAROLA.)  Predica  del  arte  del  benemorire.  (Au- 
dessouSy  la  gravure  du  Triomphe  (te  là  Mort  ;  iii  y^  dé  ce 


»;:'. 


M8  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

f.  :  )  Predica  dellarte  del  bene  morire  facta  dal  Reuerendo 
Paj|dre  Frate  Hieronymo  da  Ferrara  a  di.  ii.  di  No||ueinbre. 
.MCCCCLXXXXVI.  &  Il  racolta  da  Ser  Lorêzo  Violi  dajlla 
uiua  uoce  del  predecto  ||  Padre  mètre  cfî  ||  predicaua.  (A  la 
fin  :)  Lavs  Deo.  S.  L  n.  d.  {1496).  In-4,  lettres  rondes, 
18  fi.  de  34  lign.  à  la  page,  sign.  a-c;  mar.  rouge,  jans., 
tr.  dor,  {Dura  et  Cliambollé). 

Ce  précieux  recueil  diffère  dans  le  détail  de  la  description  de  celui  que 
le  Manuel^  t.  V,  col.  167,  indique,  sous  cette  même  date,  au  mot  Sayona- 
aoLA.  Les  quatre  gravures  sur  bois  sont  du  plus  beau  stjle  florentin. 

Très  bel  exemplaire  de  cette  édition  de  toute  rareté.  Qq.  race. 

396-  (SAVON AROLA.)  Predica  dellarte  del  Bene  morire  (Au  v* 
de  ce  f.  :  )  Predica  dellarte  del  bene  morire  facta  dal  re|| 
uerendo  padre  Frate  Hieronymo  da  Ferrara||adi  ai.  di  No- 
ucbre.  MCCCCLXXXXVI  ||  &  racolta  da  Ser  Lorenzo  Violi 
'  dalla  uiua  uojjcedel  predecto  padre  mentre  cbe  predicaua. 
(A  la  fin  :  )  Lavs  ||  De||o.  S.  /.  n.  d.  (1496).  In-4Y  de  18  fF.  à 
34  lignes,  sîgn*  d-c;  cuir  de  Russie,  orn.  à  froid  et  un 
portrait  de  Savonarola  en  or  dans  un  médaillon. 

G*est  Tédilion  décrite  au  Manuel,  Elle  est  conforme  à  la  précédente, 
page  pour  page,  sauf  les  quatre  dernières.  Les  quatre  graTores  sur  bois 
dont  elle  est  ornée,  offrent,  à  Texception  de  celle  du  titre,  les  mêmes 
sujets,  plus  ou  moins  modifiés,  que  ceux  de  l'édition  ei*deasiis.  Toutefois 
il  n'est  pas  facile  de  dire  avec  certitude  laquelle  de  ces  deux  éditions  a 
précédé  Tautre. 

FoUgno  (?). 

397.  TURRECREMATA  (J.  de).  Meditationes  Reuerendissimi 
patris  II  lohannis  de  Turrecremata  Sa||crosancte  Romane 
ecclesie  Cardinalis  posi||te  etdepictede  ipsiusmandato  in 
ecclesie  ||ambitu  sancte  Marie  de  Minerua  Rome.  (A  la  fin  :  ) 
Contem/dacôes  supradicte. . .  impresse  fi  ||  iohannem  numeis^ 
ter  clericuni  r?tfigun\\tinû  jénno  dni  Millesinioquadringen  || 
tesimo  septua*^esimo  nono  (i479)  die  tercia  më{\sis  sepië^ 
bris.  Petit  in-fol.,  gôth.;  ais  de  bois  recouverts  de  veau 
estampé,  avec  clous  et  fermoirs  [rei.  itai.  du  Xf^  j.). 

«  Ce  beau  volume  est  un  des  plus  curieux  spécimens  de  la  typographie 
au  XV«  siècle.  Numeister,  élève  de  Gutcnberg  et  son  associé,  flzé  à  Foli* 
gno,  chez  Emiliano  de  Orfani,  de  1472  à  1479,  y  a  imprimé  plosienrs 
ouvrages,  dont  celui-ci  est  un  des  plus  remarquables.  Dibdio  emX  ^t!û 
a  été  imprimé  à  Mayence,  parce  que  le  papier  porte  la  marque  de  U  tête 
de  bœuf.  Les  caractères  gothiques  se  rapprochent  pour  la  forme  de  ceux 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  2Î9 

de  Mayence,  mais  la  gravure  en  est  plus  élégante.  Ce  serait  le  seul  ouvrage 
en  ce  genre  de  caractères  dits  de  forme  qui,  à  ma  connaissance,  aurait  été 
imprimé  au  XV^'  siècle  en  Italie.  La  beauté  de  Timpression  offre  un  con- 
traste singulier  avec  la  première  édition  du  Dante,  que  je  possède  et  qui 
est  imprimée  en  caractères  rgnds  fortjmparfaits.  Les  trente-quatre  gra- 
vures des  Méditationes,  qui  offrent  l'apparence  des  nielles,  sont  entourées 
d*un  passe-partout  qui  se  reproduit  de  deux  en  deux.  Le  style  du  dessin 
est  plutôt  italien  qu'allemand  et  elles  diffèrent  de  celles  du  n<*  404,  ci- 
dessous.  »  (Didot,  Cat,  rais.,  n^  346.) 

Dibdin  (BibL  Spenceriana,  t.  IV,  n^  792)  a  donné  des  fac-similé  de  la 
première  gravure,  avec  le  titre  qui  est  placé  au-dessous,  ainsi  que  de 
deux  autres. 

Le  présent  exemplaire  de  ce  volume  rarissime  est  d-une  beauté  surpre- 
nante et  revêtu  de  sa  première  reliure  admirablement  conservée.  Le  dern. 
f.  est  refait  avec  une  perfection  extraordinaire. 

Milan. 

398.  (SPIRHO,  Lorenzo)  Libro  De  La  Ventura  OUero  De  Le 
Sorte...  (Al  la  fin  :  )  Slampato  in  millào per  Zanolode  Cas- 
teltion  Fatto  aie  spese  de  loliàne  lacobo  de  Legnào  Scfra^ 
telli^  nel  M  cccccviii  (i5o8)  a  di  xxviii  de  a^vsio.  In-foL, 
lettres  rondes;  mar.  La  Vallière,  riches  compart.,  Ir.  dor. 
{Lortic). 

«  Les  gravures  et  les  entourages  de  ce  volume  sont  d*un  grand  style.*» 
(Didot,  Cat.  rats.^  n®  347.)  Très  bel  exemplaire. 

399.  (KETHAM,  G.)  Queste  sono  le  cose  conlenute  in  questo 
dignissimoFasciculo  di  medicina  Uulga|!re...(A  la  fin  :  )  Qui 
finisce  ei  Fasciculo  de  medicina  Uulgarizato  perSabnstiano 
Manillo  Roninno  E  stam\\pilo per  Joanne  de  Cnslelliono  aie 
spe {sic) de  Joàne iacohozfratelli de legnano.  Nel.  M.  ccccc.\\ 
viiij.  (ï5o9)  adi.xxiij»  de  iMazo  [iic).  In-fol.,  goth.;  mar. 
La  Vallière,  fil.  à  comp.,  tr.  dor.  {Lortic). 

Édition  extrêmement  rare,  ornée  de  dix  grandes  planches,  dont  plu- 
sieurs sont  au  trait  et  d'une  beauté  remarquable.  La  première,  représen- 
,      tant  un  médecin  en  chaire,  porte  au  haut  l'inscription  :  Tetro$  de  Monta- 
gnana^  dont  un  traité  se  trouve  en  tête  du  volume. 
Très  bel  exemplaire. 

Pavie. 

400.  GUALLÀ  (J.).  Jacobi  Gualle  JurejlconsuUi  Papie||  Sanc- 
tua||ri~uin.  (A  la  fin  :  )  Finis  Sanctuarii ;  Papie  aniiyuiiatà 
Retiquiarû  snnctorus  que\\erât  in  Ârce  Papie  :  /ndulgentia^ 


230  LIVRES  A  FIGURES  SDR  BOIS. 

,   quamlb^  eccliesiarn$  intra  ||  t  extra  ciuiiatè  :  ac  vbi  iaceat 

:  corpus  b.  Berna rdi ni  de  Feltro,  ||  Imperssu^  Papie^  magis^ 

..,i  irû  lacob  de  Burgofràcho  ||  Anna  domini.  M  cccccv  (i5p5). 

■•■■  die  .X.  Il  mensis  Nouembris.  111*4)  gotli.,  de  4  ff*  Hm.,  9a 

ff.  ch.  et  6  ff.  non  ch.  ;  mar.  La  Vallière,  riches  compart. 

à  fr.,  tr,  dor.  [Lortic). 

Livre  extrômement  rare,  non  cité  au  Manuel,  «  Ce  Yoliime  est  curiem: 
pour  Fhistoirc  des  antiquités  de  Pavie  et  la  description  des  reliques  de  son 
sanctuaire.  On  j  Toit  qu'entre  autres  reliques,  Pavie  possédait  un  poil  de 
TAne  et  du  bœuf  de  la  sainte  crèche.  Les  figures,  très  peu  ombrées,  sont 
d'un  bon  dessin  et  assez  bien  gravées.  »  (Didot,  Cat.  rais,,  n^  356.) 
.    j       Très  bel  exemplaire. 

Rome. 

401.  TURBECREMÂlTA  (J.  de).  Meditationes  Reuerendissimi 
patris  domini  lohannis  de  Turrecre||inata....  (Ce  titre  est 
au  y""  du  i"  f.,  au-dessous  d'une  gravure;  à  la  fin  on  lit  :) 
Finile  sunt  conternplaliones...  Romejp  Vdalricù  f^allum  ale^ 
manu  Ànno  domini.  Mcccclxxçiii  {\[\']%).  Die  uero  .Uc. 
Decembris,..  Pet.  in-fol.,  goth.,  de  3o  ff.  non  ch.;  mar. 
vert,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  [Dura). 

Cette  seconde  édition  de  Rome,  fort  rare,  contient  33  gravures  sur 
'  bois,  les  mômes  que  celles  de  l'édition  originale  de  1467,  dont  on  ne  con- 
naît que  trois  exemplaires.  Le  Jugement  dernier  n'y  a  pas  été  inséré.  <c  Ce 
sont  Ivp  premiers  bois  qui  aient  figuré  dans  un  livre  imprimé  en  Italie. 
Le  dessin  en  est  italien  et  l'exécution  semble  être  allemande.  »  (Didot, 
Ca^  rais.,  n»  358.) 

Très  bel  exemplaire,  avec  figures  en  partie  coloriées. 

402.  (PHIUPPI  (de  Barberii)  Opuscula.)  (A  la  fin  :)  Impssum  Ro. 
An.  dhi  MŒCCLXXXI  (1481).  Se\\dète  Sixto.  iiii.  Pont. 
Max.  An.  eius  Vndecimo  ||  f)ie  prima  mensis  decemhiis. 
Fœlidler.  Pet.  in-4,  de  8a  ff.,  lettres  rondes;  mar.  vert, 
semé  d'hermines,  avec  bord,  en  mar.  rouge,  Ir.  dor. 

t 

Ce  curieux  volume,  imprimé  probablement  par  Philippe  de  Iign%- 
mine,  qui  l'a  dédié  à  Sixte  IV,  et  dont  Dibdin  a  donné  des  fao-simile 
{fiihl,  spenc,,  tome  III,  p.  174),  est  amplement  décrit  au  Manuel^  tome  IV» 
col.  608.  Il  contient  29  flg.  sur  bois  très  archaïques,  représentant  les  pro- 
phètes, les  sibylles,  etc. 

Exemplaire  de  dédicace  au  pape  SIXTE  IV,  dont  les  armes,  avec  les 
'  attributs  pontificaux,  et  supportées  par  deux  chevaux  marins,  sont  peintes 
.en  grisaille  sur  la  première  page  et  entourées  d'one  charmante  bordim 
K       avec  ornements  d'azur  sur  fond  jaune  pâle.  Plusieurs  initiales  des  cha- 
pitres sont  richement  enluminées. 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  «M 

Venise. 

403.  DANTE.  ^La  Divina  Comedia,  col  commenta  di  Landino.) 
(Au  v**  du  f.  3i5  :  )  ^/  Fine  del  comento di  Christoforo  Lan- 
dino  Fiorenlino  sopra  la  comedia  di  Danlhe  poeta  excellé^ 
tissimo.  E  impvesso  in  Vinegia  per  Petro  Cremonese  dito 
Veionese.  Adi.  xmi.  di  nouëbrioM. cccc.Lxxxxi  (  1 49  0  ^men- 
dato  per  me  maestro  piero  da  Jighino  dellordine  de  fraii 
minori.  In-fol.,  lettres  rondes;  cuir  de  Russie,  compart. 

.     à  fr. 

Les  graYures  sur  bois,  au  nombre  de  cent,  que  renferme  cette  édition 
précieuse  et  rare,  et  dont  le  dessin  est  attribué  à  Mantegna,  ont  été  £gio 
simi]ées  par  Dibdin,  dans  Jes  Mde$  althorpianœ,  t.  H,  n<>  liOO.  Elles  sont 
au  simple  trait.  C'est  la  seconde  édition  du  Dante  qui  ait  été  illustrée  de 
gravures  sur  bois. 

Très  bel  exemplaire,  bien  complet. 

404.  (COLONNA,  Franc.)  Hypnerotomachia  Poliphili,  vbi 
Humana  omnia  non  nisi  somnivm  esse  docet...  (A  la  fin  :) 
Venedis  Mense  decembri.  m.  id.  (i^Qq)  '^  sedibus  AldiMa^ 
nulii.  In-foL-  ;  mar.  rouge,  compart.  avec  ancre  aldine  au 
milieu  des  plats,  doublé  de  mar.  bleu,  d,ent.,  tr.  dor. 
[Lortic). 

Première  édition  de  ce  livre  précieux  sous  le  rapport  de  Tart  du  des- 
sin et  de  la  typographie.  C'est  sans  contredit  le  monument  le  plus  remar- 
quable de  la  gravure  italienne  sur  bois.  Les  figures,,  au  nombre  de  455, 
au  trait,  d'un  beau  dessin,  ont  d'abord  été  attribuées  à  Mantegna,  puis  à 
Bellini,  ou  à  Benedetto  Montagna.  (Voir  là-dessus  Didot,  "Essai  iur  to 
qvaM,  s.  hois,  et  A]de  Manuce,  pp.  132-i35.) 
Magnifique  exemplaire,  très  pur. 

405.  (KETHAM,  J.  de)  Fasciculus  medicinœ.  Impressum  Fene- 
dis  per  loannem  f  Gregoriù  de  Gregoriis  //aires,  ann.  dom. 
i5oo.  In-fol.,  goth.;  mar.  rouge,  fil.  à  compart.  à  fr., 
ornem.,  tr.  dor.  {Lortic). 

L'une  des  premières  éditions  de  ce  livre  remarquable  par  les  grandes 
gravures  d'un  très  beau  dessin  dont  il  est  orné.  Elles  sont  d'un  excellent 
maître  italien,  et  ont  été  attribuées  à  Mantegna.  Elles  diffèrent  de  celle» 
de  l'édition  de  Milan,  ci-dessus  (n<*  399). 

Très  bel  exemplaire. 

GIUSEPPE  PORTA,   DIT  GARFAGNINO. 

406.  MARCOLINO  (Fr.).  Le  Sorti  di  Francesco  Marcolino  da 
Forli,    intitolate  Giardino  di   pensieri   allô   illusfrissimo 


Sd2  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

signore  Hercole  Estense  duca  di  Ferrara.  (A  la  fio  :  )  In 
Venetia  per  Francesco  Marcolino  da  Forli  ne  gli  anni  del 
Signore  m.  d.  xxxx  (i54o)  del  mese  di  Oltobre.  In-foL^  à 
a  col.;  vél.  blanc,  {anc.  rel.  itaL). 

«  Livre  singulier  de  bonne  aTenture,  avec  les  questions  et  les  réponses 
par  les  cartes  à  jouer,  et  des  explications  en  vers  par  Lodovico  Dolce. 
Édition  rare  et  fort  recherchée  à  cause  des  gravures  sur  bois  de  Gioseppe 
Porta  Garfagnino,  qui  le  décorent,  et  qui  sont  d'un  très  beau  dessin  et 
d'un  style  excellent.  Superbe  frontispice.  »  (Didot,  Cat.  rais.,  n^  406.) 

Très  bel  exemplaire.  • 

407.  DONI  (Ant.  Fr.).  La  Zucca  del  Donî.  i55r.  —  Le  Baie 
délia  Zucca  del  Doni.  i55r. —  Le  Chiachiere  délia  Zucca 
del  Doni.  (A  la  tin  :  )  In  yinegia^per  Francesco  Marcolini, 
i55i.  En  I  vol.  in-8;  mar.  La  ValUère,  fil.  à  fr.,  fleur., 
tr.  dor.  [Ijortic). 

«  Le  beau  frontispice  qui  orne  ce  livre,  les  25  gravures  sur  bois  qui 
le  décorent  (dont  quelques-unes  se  répètent),  font  beaucoup  d'honneur  à 
l'imprimeur  habile  qui  a  su  donner  l'impulsion  à  l'art  de  l'illustration  des 
livres  en  Italie.  Le  dessin  est  de  Giuseppe  Garfagnino,  On  y  sent  quelque 
peu  l'influence  de  l'étude  de  Michel-Ange  et  de  Raphaël.  »  (Didot,  CaJt,, 
rais.,  n«  407.) 

Très  bel  exemplaire. 

408.  DON!.  I  Marini  del  Doni,  academico  peregrino....  In 
Finrgia^per  Francesco  Marcolini,  i5^2.  4  parties  en  i  vol. 
in-4;    mar.   rouge  du   Levant^  fil.  à  compart.,  tr.  dor. 

{Ijorlic). 

m 

«  Les  46  gravures  sur  bois  de  ce  beau'  volume  sont  exécutées  par  dif- 
férentes mains,  d'après  les  dessins  de  Garfagnino.  Le  portrait  de  Marco- 
Uni,  admirablement  gravé,  se  trouve  au  f .  15  de  la  quatrième  partie.  » 
(Didot,  Cat.  rais.,  n»  408.) 

Magnifique  exemplaire. 

ANONYMES  St  CESARE  VECELUO. 

409.  DANTE.  La  Comedia  di  Dante  Àligiericonlanova  espo- 
sitione  di  Alessandro  Vellvtello.  (A  la  fin  :  )  Impressa  in 
yinegia  per  Francesco  Mnrcolini  ad  insinntia  di  Alessandro 
Vellutcllo  del  mese  diGugno  (sic)  lannoM.  D.  XLIIII(i544)* 
In-4)  car.  ital  ;  mar.  brun,  riches  ornem.  repoussés  et  dorés 

,     sur  les  plats,  tr.  dor.  et  peinte^  [rel.  ilal.  du  XFT  s.). 

''  L'une  des  meilleures  éditions  anciennes  du  Dante.  Elle  est  ornée  de 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  233 

86  figures  sur  bois  ;  qnelques-unes  sont  répétées  plasiears  fois.  Elles  sont 
finement  gravées,  bien  tirées  et  d'un  beau  dessin. 

Très  bel  exemplaire,  revêtu  d'une  charmante  reliure  vénitienne,  fort 
originale. 

410.  ALCIATUS  (A.j.  Aiidreae  Alciatî  emblematum  libellus 
nuper  in  lucem  eaixus  {sic).  F^netiis  M.  D.  XLVI.  (A  la  fin  :) 
ApudAldiFillos.  Venetiis,  M.  D.  XLVI  (i  546),  mense  Junio. 
In-8,  de  5o  pp.;  mar.  rouge,  fil.  à  comp.  à  froid,  ornem. 
et  ancre  aldinesur  les  plats,  tr.  àov.  [Lortic). 

«  Quatre-vingt-quatre  emblèmes  sur  bois  figurent  dans  ce  petit  volume. 

Ces  gravures  sont  d'un  dessin  excellent  qui  rappelle  Raphaël  ou  Jules  Ro- 

.  .unain.  Cette  édition  est  fort  rare,  et  peut-être  la  plus  précieuse  de  toutes 

celles  de  ces  emblèmes.  C'est  un  des  rares  volumes  où  les  Aides  aient  mis 

des  gravures.  »  (Didot,  dit,  rais,,  n^  414.) 

Magnifique  exemplaire,  avec  témoins. 

411.  DOLCE  (L.).  Le  Trasformationi  di  M.  Lodovico  Dolce. 
In  Venetiay  oppressa  Gabriel  Giolito  de  Ferrari  e  frateL, 
i553.  In-4;  mar.  doré  en  plein,  avec  riches  ornem.  en 
mosaïque,  tr.  dor.  et  peinte,  {rtl.  iial.  du  XFl^  s.). 

«  Cette  édition  est  la  première  avec  des  figures  :  elle  est  recherchée  à 
cause  des  86  gravures  sur  bois  dont  elle  est  décorée.  La  plupart  d'entre 
elles  sont  d'un  dessin  savant  et  correct,  et  quelques-unes  sont  exécutées 
avec  un  fini  qui  ne  le  cède  guère  au  talent  des  artistes  lyonnais  du  même 
temps.  Les  fieurons  et  les  lettres  ornées  sont  charmants.  C'est  un  des  plus 
beaux  livres  sortis  des  presses  de  Venise.  »  (Didot,  Cat,  mis.,  n®  417.) 

Le  Manuel  ne  dit  pas  qu'il  y  a  deux  éditions  avec  la  date  de  1553.  La 
première,  à  laquelle  appartient  notre  exemplaire,  porte  au-dessus  du 
titre  la  dédicace  :  A//'  invittiss.  e  gloriosiss,  imp,  Carlo  Quinto;  elle  compte 
6  CF.  prél.,  310  pp.  ch.  et  1  f.  (la  marque),  et  les  exemplaires  en  sont  fort 
rares.  La  seconde  porte  au  titre  cette  mention  :  Di  nuovo  ristampate.  Elle 
a  en  plus  un  privilège  en  français  accordé  par  le  roi  Henri  II  et  une  table 
■^       de  matières;  elle  compte  8  if.  prél.,  309  pp.  ch.  et  5  If. 

Exemplaire  de  toute  beauté,  en  grand  papier,  presque  non  rogné  et 
d'une  pureté  extraordinaire.  Il  est  revêtu  d'une  admirable  reliure  véni- 
tienne d'un  goût  exquis  et  qui  offre  peut-être  un  spécimen  unique  en  ce 
genre. 

412.  Contemplatîo  totivs  vit.ne  et  passionis  domini  nostri  lesv 

Christi...  yetietis,  apud  loannem  Oslaiim,  et  Petrum  Val- 

^risium^  i557.  In  officina  Erasrniana  venundanlur.  Pet. 

in-8;  mar.  vert,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  {Thompson). 

«  Ce  joli  volume  contient  50  vignettes  sur  bois  bien  gravées  et  bien 
r\-  imprimées.  Ce  sont,  en  général,  des  copies  d'après  les  compositions -de 
•       la  "Petite  Passion  d'Albert  Diirer.  »  (Didot,  Cat,  rais.,  n*  419.) 


2a4  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

413.  YECELLIO  (C).  De  gli  habiti  antichi,  et  modérai  di 
Diuerse  Parti  del  Mondo  libri  due,  fatti  da  Cesare  Vecellio, 
&  con  Discorsi  da  Lui  dichiarati.  In  Fenetia,  M.  D.  XC» 
( 1 5c)o),presso  DamianZenaro.lnS  ;  veau  fauve^ fil.,  tr. dor. 

Édition  originale,  avec  entourages  et  420  figures.  Elle  est  fort  rare. 
Bel  exemplaire ,  de  la  collection  Yemeniz. 

414.  YECELLIO.  Habiti  antichi  et  moderni  di  tutto il'Mondo. 
di  Cesare  Yecellio.  Di  nuouo  accresciuti  di  moite  figure» 
Yeslîtvs  antiquorum,  recentiorumque  totius  Orbis.  Per 
Svlstativm  Gratilianum  Senapolenâis  Latine  declarati.  In 
Fenetia,  appresso  i  SessUy  idqS.  ln-8;  mar.  rouge,  fil.  à 
fr.,  orn.,  fleur,  et  tr.  dor.  {Cape). 

* 

Seconde  édition,  augmentée  de  87  nouvelles  figures. 
Très  bel  exemplaii'e. 

415.  VERDIZOÏTI  (G.-M.).  Cento  favole  moralî  de  î  piu  il- 
lustri  antichi,  &  moderni  autori  Greci,  &  Latini,  scielle  & 
trattate  in  varie  manière  di  versi  volgari  da  M.  Gio.  Mario 
Yerdizotti...  In  Fenetiay  appresso  Giordano  Zileii^  iB'jo. 
ln-4;  mar.  rouge,  jans.,  tr.  dor.  {Durit). 

«  Les  103  gravures  sur  bois  de  ce  livre,  plus  1  frontispice,  qui  occupent 
toute  la  page,  ne  sont  dépourvues  ni  de  hardiesse  ni  de  nalyeté.  Elles 
sont  dues,  dit  le  Manuel^  à  Tauteur  lui-môme,  simple  amateur.  Quelques- 
unes  sont,  dit-on,  exécutées  d'après  les  dessins  du  Titien.  »  (Didot,  Cqâ. 
rais,,  n®  429.) 

Très  bel  exemplaire. 

416.  Figvre  del  vecchio  (e  del  nuouo^  testamento,  illustratedi 
bellissime  stanze  volgari  da  Gabriel  Simeoni.  MuouameDla 
ristampate,  &  con  diligenza  corrette.  In  Vinegia^  pressa 
gU  heredi  di  Nicolo  Beuilaqua  &  Compagnie  M.  D.  LXXIIII 
(i574)«  2  tomes  en  i  vol.  in-8;  mar.  gris,  riches compart. 
en  couleurs,  tr.  dor.  [Hagué), 

Les  369  figures,  dont  254  à  TAncien  Testament  et  115  an  NouTeau,  sont 
d*un  beau  style  et  bien  gravées.  Dans  quelques-unes,  on  remarque  dee^ 
réminiscences  de  la  Bible  de  Holbein  et  des  Quadrins  du  Petit  Bernard, 
hommage  rendu  par  les  Italiens  au  mérite  de  ces  deux  artistes.  C'est,  eo 
somme,  un  des  rares  volumes  à  gravures  sur  bois  italiens  qai  soient  joUs. 
Magnifique  exemplaire. 

417.  Biblia  sacra  vvlgatae  editionis  Sixti  qvinti  Pont.  Max» 
ivssv  recognita  atque  édita.  Veneliis,  apud  Euangeliêtam 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  sSi 

Deuchinum  ti  lo.  Baptistam  PulcianiSocioSy  1608.  In-foL; 
veau  rouge,  comp.,  tr.  dor.  [anc.  reL). 

«  Cette  belle  édition  contient  247  gravures  sur  bois  de  la  grandeur  des 
figures  du  Petit  Bernard.  Ces  vignettes,  surtout  lés  premières,  sont  re- 
marquables,  et  Ton  pourrait  admettre  que  le  Titien  en  a  composé  quel- 
ques-unes. Celles  qui  se  trouvent  vers  la  fin  se  répètent  plusieurs  fois,  et 
sont,  pour  la  plupart,  déjà  usées,  sans  doute  pour  avoir  passé  dans  de 
précédentes  éditions.  Plusieqrs  gravures  du  commencement  sont  une  ré- 
miniscence éloignée  de  la  Bible  de  Holbein. 

«  Exemplaire  bien  conservé  d'une  édition  à  laquelle  on  n'avait  pas 
jusqu'ici  accordé  assez  d'attention  sous  le  rapport  des  figures.  C'est  un 
des  plus  beaux  livres  italiens  poui'  la  composition  et  la  gravure.  »  (Didot, 
Cat.  rais,,  n*»  446.) 

E.  —  Espagne. 

Grenade. 

418.  SALAYA  (S.  de).  Repertorio  deti6||pos  nueuamente  cor- 
regido  por{|el  famoso  doclor  Sancho  de  Sa||laya/cathedra- 
tico  de  Astrologia{|en  la  vniuersîdad  de  Salamau||ca  :  el 
quai  tambien  anadio||enel  Lunario  xxii  aîios||  sobre  lo  que 
andaua  ||  Impresso  hasta||  agora.  M.  D.  xlij.(A  la  fin  :  )  Fue 

impresso  en  la ciudad  de  Granada,  Acabose  a  ,xxix. 

dias  del  mes  de  abril:  ano de]M.  D.  ^.xlij.  (1542).  Pet. 

în-8,  sign.  a-k  par  8;   mar.  La   Vallière,   fil.,   tr.   dor. 
(Lorlic). 

«  Les  figures  de  cet  almanacb  astrologique,  extrêmement  rare*,  sorte 
de  Compost  des  bergers,  ne  sont  pas  dépourvues  d'art.  Le  cadre  du  fron- 
tispice porte  la  lettre  Y.  »  (Didot,  Cat,  rais. y  n®  450.) 

Très  bel  exemplaire. 

Madrid. 

419.  TORRE  (J.-G.  de  laj.   Dialogo  llamado  Nuncio  legato 
mortal,  en  métros  redondos  castellanos.  Compuesto  por 
luan  Gonçalez  de  la  Torre.  En  Madrid^  en  casa  de  Fran- 
cisco SancheZy  i58o.  In-8,  de  io5  ff.  ch.;  mar.  La  Val- 
lière, fil.  àcomp.,  ornem.  ettr.  dor.  [Lortic). 

«  Ce  volume,  qui  est  une  espèce  de  danse  des  morts  en  vers  castillans^ 
contient  18  gravures  sur  bois  d'un  style  original,  qui  n'emprunte  rien  aux 
autres  écoles.  Plusieurs  d'entre  elles  se  répètent  jusqu'à  quatre  fois.  «^ 
(Didot,  Cat.  rais.,  n*  452.) 

Très  bel  exemplaire  de  ce  livre  extrêmement  rare,  que  Brunet  ne  cite 
que  d'après  le  bibliographe  Antonio. 


236  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

Saragosse. 

420.  Thesoro  de  la  passion  sacratissi  ||  ma  de  nuestro  redemp- 
tor.  (A  la  fin  :  )  La  présente  obra  fue  acahada  en  la  insi-- 
gne  ^  muy  noble  ciudad  de  Çaragoça  de  Aragon  por  in- 
dustria  y  expèsas  de  Patdo  Hurus  aleman  de  Côstancia  :  a 
dos  dias  del  mes  de  octubre  en  el  aho  de  la  humana  salua'- 
cion  Mil  quatro  cièlos  nouêta  y  quatro  (i494)*  Ip-fol., 
gotli.  ;  mar.  La  Vailière,  jans.,  tr.  dor.  (Lorlic). 

Volume  d'une  rareté  extrême,  et  peut-être  le  premier  livre  exécuté  en 
Espagne  qui  contienne  des  gravures  sur  bois.  Les  trente-huit  flgures  qui 
le  décorent,  bien  qu'elles  portent  l'empreinte  du  style  dés  maîtres  primi- 
tifs des  Pays-Bas  et  de  l'Allemagne,  sont  remarquables  par  une  certaine 
originalité.  «  Ces  volumes,  dit  M.  Didot  {Essai  sur  la  gravure  sur  bois,  col. 
269),  sont  bien  supérieurs  aux  premiers  essais  de  ce  genre  que  Ton  voit 
paraître  dans  les  incunables  allemands  ou  lyonnais.  Ce  spécimen  est 
d'autant  plus  curieux  que,  se  rapprochant  du  style  des  premiers  xylo- 
graphes et  de  la  composition  de  Van  Eyck,  de  Memmling  et  de  Martin 
Schôn,  il  montre  dans  une  contrée  éloignée  l'influence  d'un  art  dont,  & 
cette  époque,  on  commençait  à  s'écarter  dans  la  plupart  des  antres  pays.» 

Très  bel  exemplaire. 

F.  —  France. 
Lyon. 

ANONltlIES. 

421.  (TERENTIUS.)  Guidonis  luuenalis  natione  Cenomani  || 
in  Terentium  familiarissima  interptatio  ||  cù  figuris  uni- 
q^  scœnœ  prœpositis.  (Au  r""  du  f.  Qiiii  ;  )  /mpresstwi  est 
hoc  opus  Cura  atq^  impensis  Mas^islri  lohannis  TrechseL 
In  ciuitaie  Lugdunensi.  Anru)  M.CCCCXCIII  (i49^)«  ^ 
quarium  kalendas  seplèbrias,  Gr.  iii-4,  lettres  ' rondes,  de 
019  ff.  ;  mar.  La  Vailière.  fil.  à  comp.,  fleur.,  ir.  dor. 
(A,o/v/V). 

Livre  éminemment  remarquable  au  point  de  vue  de  l'histoire  de  la 
gravure  sur  bois,  et  le  premier  ouvrage  réellement  beau  que  la  France  ait 
produit  en  ce  genre.  «  Ce  qui  fait  le  cbarme  de  ces  nombreuses  (159) 
compositions,  dit  M.  Didot  (E&sai  sur  la  gravure  sur  bois,  col.  226),  et  oe 
qui  est  surtout  apprécié  des  artistes,  c'est  la  vie,  c'est  la  mise  en  scène 
toujours  vraie  et  aussi  simple  que  spirituelle  dans  sa  naïveté;  c'est  l'as- 
pression  des  figures  et  la  pose  naturelle  decbaque  personnage;  c'est  enfin 
l'entente  de  la  situation  si  bien  rendue  qu'elle  semble  vivante...  » 

Superbe  exemplaire,  avec  témoins. 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  237 

432.  BRANDI  (Séb.).  La  grad  nef  des||foiz  du  monde...  i53o. 
On  les  vend  a  Ijron  en  la  maison  de  Fràcoys  lus  te  Impri- 
meur... (A  la  fin  :  )  Cy  finis t  la  nef  des  folz  du  monde. 
Premièrement  composée  en  nleman  par  maistre  Sebastien 
brant  docteur  es  dioitz.  Consecutiuement  daleman  en  la-^ 
tin  rédigée  par  maistre  lacques  locher.  Reueue  et  ornée  de 
plusieurs  belles  concordances  par  ledit  brant.  Et  de  nouuel 
translatée  de  latin  enjrancoys  et  imprimée  a  Lyon  sur  le 
Rosne  par  Francoys  luste  Imprimeur.  Le  dernier  Tour  du 
moys  de  luing.  Lan  M.  CCCCC.  xxix  (iSag).  ln-4î  goth.,  à 
long,  lign.;  mar.  rouge,  fîl.,  Ir.  dor.  {anc.  rel.). 

Livre  fort  rare.  Les  figures  sont  habilement  copiées  sur  celles  de  Tédi- 
tien  de  Bâle.  Très  bel  exemplaire. 

* 

423.  Le  grât  Kalêdrier  ||  Des  bergiers  nou||uelleinent  im- 
prime ||  a  Lyon.  Ordonne  II  a  la  vérité  auquel  ||sOt  plusieurs 
aug||métatios  ^  correcli||ons  nouuellemêt  ||  adioustees 
aultre||ment  quil  nestoit||  par  auant...  (Au  bas  du  v""  du 
95*  f.  :)  Finit  a  Lyon  1 5 10  Dauril  le  8.  ln-4,  goth.,  de  96  ff. 
non  cb.  ;  veau  fauve,  fil.,  dos  à  petits  fers  (Padeloup). 

Livre  rare  et  curieux.  Le  titre  et  le  calendrier  sont  imprimés  en  rouge 
et  noir.  «  Les  figures  sont  au  nombre  de  80,  et  très  intéressantes.  Quel- 
ques-unes sont  imitées  de  l'édition  de  Paris,  de  Guyot-Marchant,  mais  un 
peu  grossièrement,  et  cependant  elles  conservent  un  reflet  du  grand  style 
de  ces  gravures.  Les  caractères  et  initiales  fleuries  sont  les  mêmes  que 
dans  les  Sept  Sages  de  Rome  et  dans  Olivier  de  ,Cas  tille ,  imprimés  à 
Genève  par  Louis  Garbin,  dit  Cruise  (le  premier  en  1492,  le  second  vers 
la  même  époque)  ;  ce  qui  permettrait  d'attribuer  Timpres  sion  de  cette 
belle  édition  à  Amoullet,  qui,  comme  nous  l'avons  montré  ailleurs,  était 
à  cette  époque  de  1510  en  possession  des  gravures  et  des  initiales  de 
Loys  Gruise.  »  (Didot,  Cat.  rais,,  n°  469.) 

Très  bel  exemplaire.  Haut.  :  0™,239. 

> 

UANS    HOLBEIN. 

424.  Historiarum  ueteris  instrument  icônes  ad  uiuum  ex- 
pressœ.  Unà  cum  breui,  sed  quoad  fîeri  potuit,  dilucida 
earundem  expositione.  Lugduni,  sub  scuto  coloniensi. 
M.D.XXXVIIL  (A  la  fin:)  Ëxcudebant  Lugduni  Melchior 
et  Gaspar  Trechsel  fr aires ^  i538.  Pet.  in-4;  n^ar.  La  Val- 

*       lière,  fil.  à  comp.,  orn.  et  tr.  dor.  [Lortic). 

Édition  originale.  Elle  contient  92  gravures  bien  tirées.  Il  est  rare  de 
les  rencontrer  en  si  belle  condition. 


238  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

425.  Historiarum  Veteris  testamenti  Icônes  ad  uiuum  ex- 
pressœ,  unà  cum  breui,  sed  quoad  fieri  potuit  dilucida 
earundem  &  latina  &  Gallica  expositione.  Tjigduni,  sub 
scuto  coloniensi.  MDXXXIX.  (A  la  fin  :  )  Excudebant  Lug- 
duni  Melchior  et  Gaspar  TrechselfratreSy  iSSg.  In-4!  ni^^*- 
La  Vallière,  bord,  à  fr.,  tr.  dor.  [Lortic). 

Deuxième^  édition,  fort  rare.  Elle  contient  94  gravures,  c*est-à-dire 
deox  de  plos  que  la  première.  Ce  qui  lui  donne  une  importance  particu- 
lière, c'est  une  pièce  de  vers  latins,  où  Bourbon  de'Vandœuvre  annonce 
que  c'est  à  Ilolbein  qu'on  doit  les  dessins  de  ces  figures.  Cette  pièce  ne 
fîgure  pas  dans  l'édition  précédente. 

Exemplaire  avec  de  fort  belles  épreuves.  Qq.  marges  habilement  res- 
taurées. 

426.  Icônes  Historiarum  veteris  Testamenti,  ad  viuum  ex- 
press», extremaque  diligentia  emendatiores  factas,  Gailicis 
in  expositione  homœoteleutis^  ac  versuum  ordinibus  (qui 
priùs  turbati  ac  impares)  suo  numéro  restitutis.  (A  la  fin  :)^ 
Lugduniy  excudebal  loannes  FrelloniuSj  i547*  10*4;  mar. 
vert,  ornem.,  tr.  dor.  [Cape). 

Cinquième  édition  contenant,  pour  la  première  fois,  deux  gravures 
de  plus  (94),  et  une  plancbe  des  quatre  évangélistes,  qui  n*est  pas  de 
Holbein.  Très  bel  exemplaire. 

427.  Retratos  o  tablas  de  las  historias  del  Testamento  viejo 
bêchas  y  dibuxadas  por  un  muy  primo  y  sotii  artifice.  En 
Lion  de  Francia,  sa  el  escudo  de  Colonia.  [k  la  fin  :  )  iMg^ 
duni  excudebat  Johannes  Frcllonius,  iS49*  In*4f  mar. 
brun  clair,  comp.,  tr.  dor.  [Hardy). 

Sixième  édition,  contenant  94  figures,  plus  les  quatre  évangélistes. 
Elle  est  fort  rare.  Magnifique  exemplaire. 

428.  Tlie  images  of  the  old  Testament^  lately  expressed,  set 
forthe  in  Inglisbe  and  Frencbe,  vuitb  a  playn  and  brief  ex* 
position.  Prinlid  ai  Lyons,  bjr  lohan  FrelloUy  the  jrere  of 
our  lonlGod.  i549-  P®^'  ^*^*4;  ™ar.  rouge,  fil.,  tr.  dor. 

{anc.  rel.). 

Cùsi  la  septième  et  probablement  la  dernière  édition  tirée  sor  des 
plancbcs  orif^inales.  Elle  contient  le  mémo  nombre  de  gravures  qae  la 
précédente,  et  elle  est  plus  rare  que  les  autres. 

Très  bel  exemplaire. 

429.  BORBONIUS  (N.).  Nicolai  Borbonii  Vandoperani  lingo- 
nensis  nugarum  libri  octo.  Ab  autore  recens  aucti  et 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  239 

gnitî.  Lugduniy  apud  Seb.  Gryphium,   i538.  In-.8;  veau 
fauve  [anc.  reL). 

«  Édition  remarquable,  au  point  de  vue  de  l'histoire  de  la  gravure, 
par  les  deux  portraits  différents  de  Bourbon  de  Vandœuvre  qu'elle  ren- 
ferme, et  dont  Tun  est  de  Holbein,  ainsi  que  TindiqujB  le  poète  lui-même.  » 
(Didot,  Cat.  rais.,  n«  49i.) 

C'est  dans  ce  volume  que  se  trouve  pour  la  première  fois  le  célèbre 
Carmen  ad  lectorem,  en  Thonneur  de  Holbein,  et  où  le  poète  compare  les 
figures  de  la  Bible  de  cet  artiste  aux  chefs-d'œuvre  de  l'antiquité. 

BERNARD  SALOMON. 

430.  ALCIATUS  (A.).  Clarissimi  vîrî  D.  Audreae  Alciali  em- 
blematum  libri  duo.  Lugduniy  apud  loan.  Tornœsiuni  et 
Gulielmum  Gazeium.  i547.  ïï^-i6;  veau  fauve,  fil./tr.dor. 
[Bauzonnet). 

«  Première  édition  de  l'Alciat  sortie  des  presses  de  de  Tournes  et  ornée 
■     de  i43  emblèmes  de  petite  dimension,  très  bien  tirés.  C'est  une  des  pre- 
mières productions  du  Petit  Bernig-d,  qui  parait  avoir  débuté  par  le  Pé- 
trarque de  1545.  »  (Didot,  Cat,  rais,,  n®  492.) 
Très  bel  exemplaire  de  ce  livre  rare. 

431.  ALCIAT.  Les  Emblèmes  de  M.  André  Alciat.  Traduits  en 
ryme  Françoise  par  lean  le  Feure.  /4  Lyoriy  par  lean  de 
Tournes  y  i548.  In-i6;  mar.  vert,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  {Bau- 
zonnel). 

Édition  rare,  ornée  de  110  des  mêmes  emblèmes,  assez  bien  tirés. 
'         Très  bel  exemplaire. 

432.  GUEROULT  (G.).  Le  premier  livre  des  emblèmes  com- 
posé par  Guillaume  Gueroult.  A  Lyon^  chez  B,  Arnoullet, 
i55o.  In-8;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  {Bauzonnei-^Trautz). 

«  Ce  volume,  qui  parait  n'avoir  pas  été  continué  au-delà  du  premier 
livre,  contient  29  emblèmes,  dont  quelques-uns  ont  pu  être  dessinés  par 
B.  Salomon.  »  (Didot,  Cat.  rais.,  n»  497.) 

Très  bel  exemplaire,  de  la  bibl.  d'Armand  Bertin. 

433.  i£S0Pl3S.  iEsopi  phrygis  fabulae  elegantissimis  eiconibus 
ueras  animalium  species  ad  uiuum  adumbrantes.  Gabriae 
Graeci  fabellae  xxxxjii.  Batracliomyomachia  Homeri  :  Ga- 

leomyomachia Lugduniy  apud  loan.  Tornassium,  i55i. 

In-i6;  veau  brun,  bord,  et  fleur,  en  mos.,  tr.  dor.  {reL  du 
temps). 

«  Cette  édition,  dans  laquelle  le  texte  grec  est  bien  imprimé,  contient 


240  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

■ 

40  vignettes  dues  à  plusieurs  graveurs  différents,  et  dont  qaelqaes-nnes 
seulement  peuvent  ôtre  du  Petit  Bernard.  »  (Didot,  Cat,  rais,,  n*  408.) 
Très  bel  exemplaire. 

434.  PARADIN  (Cl.).  Devises  héroïques  par  M.  Claude  .Para- 
diu,  chanoyne  de  Beauieu.  J  Lyon^  par  lean  de  Tournes 
et  GuU.  GazeaUy   i55i.  I11-16;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor. 

(Ij)rtic). 

Édition  de  toute  rareté,  non  citée  au  Manuely  et  qui  contient  118  em- 
blèmes sans  aucun  texte  explicatif. 

435.  PARADIN  (Cl.).  Devises  héroïques  par  M.  Claude  Paradin 
chanoine  de  Beauieu.  ^  Lion^  par  lan  de  Tournes  et 
GuiL  GazeaUy  i557.  ln-8;  mar.  vert,  fil.  et  comp.  à  fr., 
orn.,  tr.  dor. 

Première  édition  avec  texte,  ornée  de  182  (et  non  180)  emblèmes, 
dont  la  plupart  ont  servi  à  l'édition  de  1551.  Le  texte  français  contient  des 
explications  précieuses  pour  Thistoire  et  pour  le  blason. 

Très  bel  exemplaire. 

436.  Biblia  sacra  ad  optima  quaeque  veteris,  ut  vocant,  trala- 
tionis  exemplaria  summa  diligentia,  parique  (ide  castigata, 
Luifdunij  apud  loan.  Tornassium,  i554.  In-^;  mar.  La 
Vallière,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  {Lorlic). 

«  Cette  Bible  précieuse  contient  1 1 5  figures  à  la  Bible,  83  an  Nonvean 
Testament,  en  tout  1 98  figures  dessinées  par  le  Petit  Bernard.  Une  partie 
des  ligures  de  TAncien  Testament  avait  paru  pour  la  première  fois  Tannée 
précédente  dans  les  Quadrins  historiques  de  la  Bible  (de  la  Genèse)  et  les 
Quadrins  historiques  d'Exode.  »  (Didot,  Cat.  rais,,  n*  506.) 

Très  bel  exemplaire  de  ce  livre  fort  rare. 

437.  Qvadrins  historiqves  de  la  Bible  (Genèse).  A  Ljron,  par 
Jean  de  Tournes,  i553.  Pel.  in-8.  —  Qvadrins  historiqves 
d'Exode.  Lyon,  lean  de  Tournes  y  i553.  Pet.  in-8.  £n  i  voK; 
mar.  La  Vallière,  jans.,  tr.  dor.  (Thibaron-Echaubard). 

Édition  oriffinale,  extrêmement  rare,  de  ce  recueil  de  gravures,  qni  est 
un  des  chefs-d'œuvre  de  Fart  français.  Les  quadrins  sont  de  Glande P^ 
radin.  La  première  partie  contient  74  sigets;  la  seconde,  qni  embrasse 
non-seulement  V Exode,  mais  le  reste  de  l'Ancien  Testament,  compte  128 
gravures. 

Magnifique  exemplaire. 

438.  Qvadernos  ystoricos  de  la  Biblia.  En  Léon  de  Francia^ 
en  casa  de  luan  de  Tournes,  M.D.LllI.  (i553).  Pet.  in-S; 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  241 

mar.  La  Vallière,  riches  comp.   genre  Grolier,   tr.  doi^. 

{Hagué). 

Jean  de  Toames  fit  paraître  presque  simultanément  trois  éditions  dans 
l'année  i553  :  une  française,  une  espagnole  et  une  anglaise.  L'impression 
de  "celle-ci  est  très  belle.  S'il  y  a  certaines  planches  qui  l'emportent  par 
la  vigueur  du  tirage  sur  celles  de  Tédition  française,  il  s'en  trouve  aussi 
d'autres  qui  présentent  un  certain  degré  d'infériorité,  de  sorte  qu'il  n'est 
paâ  facile  de  dire  laquelle  de  ces  deux  éditions  est  antérieure.  En  géné- 
ral, cependant,  l'espagnole  est  préférable,  et,  si  elle  est  m'oins  complète, 
elle  est  en  revanche  beaucoup  plus  rare.  Les  figures  sont  au  nombre  de 
74  pour  la  Genèse  et  de  68  pour  VExode, 

Exemplaire  dans  un  état  de  conservation  exceptionnel. 

439.  Figure  del  vecchio  Testamenlo  con  versi  toscani  per  Da- 
mian  Maraffi,  nnouamente  composli,  illustrale.  In  Lione^ 
per  Giovanni  di  TpurneSy  1 554-  ln-8;  veau  fauve  {^(tnc.  reL). 

«  Seconde  édition  des  Quadrins,  avec  228  figures  (dont  94  pour  la 
Genèse  ,  77  pour  V Exode,  et  57  pour  le  reste).  Au  v^  du  premier 
f.  se  trouve  le  portrait  de  Damiano  Maraffi,  Florentin,  auteur  des  oc- 
taves italiens  et  qui  dédie  l'ouvrage  à  la  princesse  Marguerite  de  France, 
duchesse  de  Berry.  Les  gravures  sont  très  bien  imprimées,  et  l'édition 
est  originale,  puisqu'elle  contient  29  nouvelles  figures.  »  (Didot,  Cat. 
rais.yTï^  507.) 

Très  bel  exemplaire,  avec  brillantes  épreuves. 

440.  Quadrins  historiques  de  la  Bible  (par  Cl.  Paradin).  Reuuz, 
et  augmentez  d'im  grand  nombre  de  figures.  Â  Lion,  par 
lan  de  Tournes,  i555.  —  Figures  du  Nouueau  Testament 
(sixains  par  Ch.  Fontaine).  A  Lion,  par  lan  de  Tournes, 
i556.  En  I  vol.  in-8;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor. 

Édition  ornée  de  327  fig.  La  première  partie,  contenant  231  fig.,  est 
en  troisième  édition;  la  seconde,  qui  comprend  96  fig.,  est  en  seconde. 
C'est  donc  encore  une  édition  originale  en  raison  de  99  nouvelles  gravures. 

Exemplaire  très  pur,  et  avec  de  fort  belles  épreuves. 

441.  Hîstoriarum  memorabilium  ex  Genesi  descriplio,  per 
Gulielmum  Paradinum.  Lugtlimi,  apud  loan.  Tornœsium, 
i558.  ln-8;  u)ar  bleu,  fil.,  orn.,  tr.  dor. 

«  C'est  un  tirage  à  part,  imprimé  avec  soin,  et  dont  les  épreuves  sont 
charmantes,  de  la  Genèse  qui  fait  partie  de  l'édition  de  i55i.  Les  figures 
sont  au  nombre  de  92.  Voir  pour  certaines  remarques  sur  les  éditions  de 
1558  et  1560,  qui  ne  font  pas  double  emploi  par  leur  texte,  le  Catalogua 
Yemeniz.  »  (Didot,  Cat,  rais,  y  n®  5iO.) 

442.  Icônes  historicœ  veteris  et  novi  Testament!,..   Figures 

16 


tA'i  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

''  historiques  du  Vieux  et  dn  Nouveau  Testament,  accompa* 
gnées  de  Quadrains  en  lalin  et  en  François  qui  ex|K)sent 
.^  l'Hisloirc  représentée  en  cliac|ue  figure.  GenevaSy  npiid  Sa^ 
muelein  de  Tonrnrs,  i()8i.  —  Icônes  historica?  Noxi  Tesla- 
menti,  etc.  Figures  liistoriques  du  Nouveau  Teslament, 
accompagnées  de  Quadrains....  77.,  i/j,,  i68j.ëd  i  vol. 
ln-8  ;  mar.  rouge,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  (/Viedrcr). 

• 

(c  Exemplaire  de  la  plus  rare  beauté,  et  relié  sur  brochure.  Le  tirage 
•:  est  remarquable  et  fait  ressortir  la  finesse  des  bois  de  Bernard  Salomon, 
qui  ont  pu  supporter  un  si  grand  nombre  d*éditions.  Celle-ci  contient  257 
et  101  figures,  en  tout  358.  Voyez  à  l'avertissement  Je  passage  qui  con- 
cerne le  Petit  Bernard,  et  qui  paraît  être  une  reproduction  du  seul  docn- 
ment  positif  qui  indique  sa  participation  aux  illustrations  de  rimprimerie 
de  Tournes.  »  (Didot,  Cat,  rais,,  n«  512.) 

443.  Povrtrails  divers.  ^  Lion  par  lan  de  Tos^rnes.  M.  D.  LVII. 
(15.57).  ^^^'  '""8}  v(\^v,  bleu,  fd.,  tr.  dor.  {liauzoNfiel). 

Pour  la  description  de  ces  59  planches  rares,  réunies  en  recueil,  et  dont 
quelques-unes  appartiennent  à  des  ouvrages  non  publiés,  voir  V Essai  sur 
la  gravure,  par  M.  Didot,  col.  238.  La  1 1^  planche  porte  la  croix  de  Lorraine. 
•      L'exemplaire  de  M.  Yemeniz  contenait  63  pi.,  y  compris  le  titre. 

444.  Recueil  de  portraits.  S.  L  n.  d.  [Lyon^Jenn  de  Tournes, 
avant  iSSg),  ln-8,  de  97  ff.,  sign.  A-M;  mar.  bleu,  fil.  à 
fr.,  fleur,  en  mos.,  Ir.  dor.  (Lortic). 

Volume  précieux,  comme  présentant  le  spécimen  des  plus  riches  or- 
nementations de  style  renaissance,  et  d'une  extrême  rareté.  Il  ne  porte  ni 
titre  ni  souscription.  Les  encadrements  do  toutes  les  pages  offrent  la  série 
complète  des  bordures  exécutées  pour  Jean  l*'  de  Tournes.  A  l'exception 
du  premier  f.,  réservé  pour  le  titre,  qui  n'est  pas  compris  dans  la  série 
de  cahiers  avec  signatures,  chacun  des  96  autres  contient  au  reeto  le 
portrait  d'un  homme  célèbre  de  l'antiquité  ou  des  temps  modernes,  sur- 
monté de  légendes  en  grec,  en  latin,  en  allemand,  en  hébrea,  en  hollan- 
dais, en  danois,  en  français,  en  italien,  en  anglais,  en  suédois,  en  espa- 
gnol, en  tchèque,  en  croate  et  en  polonais.  Les  portraits  roodemrâ  des 
hommos  du  temps  sont  au  nombre  de  cinq,  à  savoir  :  ceux  d^Érasme,  de 
Mélanchthon,  de  N.  Clenirdus,  de  Clément  Marot,  de  Flcmo  Bionâo,  C'est 
une  sorte  d'Album  amicorum» 

Superbe  exemplaire. 

.445.  Insignium  aliquot  virorum  icônes.  Lugdtmi,  apud  loan^ 
nem  Toniœsiumy  iSSg.  In-8;  mar.  fauve,  omem.  à  fr. 

Ce  volume  rare  contient  145  portraits  de  personnages  gfecs  et  latins» 
habilement  gravés  sur  bois.  Dans  une  épltre  à  G.  Tuffano,  Jean  II  de 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  248 

Tournes  déclare  avoir  fait  ce  livre  avec  des  bois  non  utilisés  par  son  pèr«. 
On  y  voit  figurer  92  des  portraits  du  recueil  précédent  et  53  portraits 
nouveaux.  Chose  curieuse,  on  n'y  retrouve  plus  aucun  des  quatre  portraits 
des  réformateurs  ou  protestants  que  nous  avons  vus  à  Farticle  ci-dessus. 

446.  (ANEAU,  Barth.)  Imagination  poétique,  traduicte  en 
vers  François,  des  Latins  et  Créez  par  Taureiir  niesme 
d'iceux.  Horace  en  Tart.  La  Poésie  est  comme  la  pîncture. 
.</  Lyon,  par  Macé  lionliomnie^  i552,  In-8  ;  mar.  olive,  fd., 
Ir.  dor.  [fkiuzonnel). 

Petit  volume  rare,  orné  de  106  charmantes  vignettes  sur  bois  (dont 
une  est  répétée  deux  fois),  dessinées  par  le  Petit  Bernard.  Le  poète  Bar- 
thélémy Aneau,  qui  s*cst  nommé  dans  Fépître  dédicatoire  à  Jean-An- 
toine Gros,  Valet  de  chambre  du  Boy,  Trésorier  des  fortifications  de  Lyon, 
annonce  dans  la  préface,  qu'ayant  trouvé  chez  Macé  Bonhomme  un  certain 
nombre  de  vignettes  gravées,  dont  l'imprimeur  ne  pouvait  tirer  aucun 
parti  faute  de  texte,  il  s'est  chargé  d'y  adapter  des  morceaux  de  poésie  : 
et  voilà  comment  a  été  fait  ce  petit  volume.  Il  faut  avouer  que  le  poète 
s'est  habilement  tiré  de  sa  tâche.  Ses  pièces  de  vers  sont  intéressantes  et 
elles  respirent  une  très  grande  liberté  de  mœur»s.  On  a  fait  paraître  simul- 
tanément une  édition  avec  des  vers  en  latin  et  en  grec,  sous  ce  titre  : 
Picta  Poens,  Aneau  n'a  trouvé  chez  Macé  Bonhomme  que  88  vignettes,  car 
il  nous  fait  savoir  qu'il  en  a  fait  graver  17  autres,  «  affin  de  acomplir  la 
centcine,  avec  son  comble,  &  aduantage  :  pour  emplir  les  feuilles  blanches, 
jour  ce  que  Nature  est  abhorrente  de  chose  vuyde.  »  On  n'y  trouve  pas  la 
vignette  qui  figure  à  la  p.  23  de  la  Picta  Poesis,  et  qui  est  une  satire 
contre  la  vénalité  des  avocats;  mais  il  y  a  en  plus  les  armoiries  de 
Gros.  A  la  fin  du  volume  se  trouve  une  description  en  vers  de  plusieurs 
aventures  et  événements  arrivés  à  Lyon  à  l'époque  où  vivait  le  poète. 

Très  bel  exemplaire,  avec  la  signature  de  J.-J.  de  Bure  l'aîné. 

447.  (.\NEAU,  Barth.)  Picta  poesis  ab  aulhore  denuo  reco- 
gnita.  Ijigduni,  npud  Mattlùnni  Honhominc,  i556.  In-i6; 
mar.  rouge,  jans.,  tr.  dor.  [Trautz-liauzonttet). 

Deuxième  édition  latine,  ornée  des  mêmes  gravures  que  l'édition  fran- 
J  "  ,'  çaise  ci-dessus.  Charmant  exemplaire^  avec  témoins.  ^ 

448.  OVIDE.  La  melamorpliose  d'Ovide  figvree.  j4  Lyon,  par 
Jnn  (le  Townes^  i557.  In-8;  mar.  rouge,  fd.,  Ir.  dor. 
[TrautZ'Rttuzonnct). 

«  Édition  originale,  qui  présente,  pour  la  première  fois,  dans  leur  sua- 
vité et  leur  délicieuse  liberté,  les  entourages  du  Petit  Bernard.  C'est  178 
vignettes  qu'elle  renferme  (sans  compter  le  titre),  et  non  176,  comme 
Tout  dit  les  ]»ibliographes.  Le  tirage  est  plus  net  et  plus  léger  que  celui 
des  éditions  suivantes.  »  (Didot,  Gat.  rais,,  n®  522.) 

Magnifique  exemplaire,  avec  témoins.  H.:  0",227. 


iU  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

449.  OVIDIO.  La  vila  et  melamorfoseo  d'Ovîdîo,  Bguralo  & 
abbreuialo  iii  forma  crEpigrammi  da  M.  GabriellpSymeoni. 
Con  altre  Slanze  sopra  gl  elTelli  délia  Luna  :  il  Ritraito 
d'vna  Fonlana  d'Ouernia  &  vn'  Aj>ologia  générale  nella 
fine  del  libro.  y/  Liane ^per  Giotianni  di  Tomes ^  nella  via 
Résina,  iSvOg.  In-8;  veau  antique,  riches  compart.,  dos 
orné  {Ha<j;uc). 

«  Cette  édition  contient  i87  vignettes  aux  Métamorphoses,  c'est-à-dire 
9  de  plus  que  l'édition  originale  de  loo7;  elle  a  de  plus  9  vignettes  nou- 
velles aux  autres  parties.  Elle  doit  donc  figurer,  à  ce  titre,  parmi  les  édi- 
tions originales  de  ce  livre,  qui  est  peut-être,  à  certains  égards,  le  chef- 
d'œuvre  du  Petit  Bernard  et  des  de  Tournes.  »  (Didot,  Cat.  rais.^f  n*  323.) 

Très  bel  exemplaire. 

450.  GIOVIO  (P.).  Dialogo  deirimprese  militari  et  fimorose 
di  Monsignor  Giovio  Vescouo  di  iNocera.  Con  un  ragiona- 
mento  di  Messer  Lodouico  Doinenichi,  nel  medesimo  sog- 
getlo.  In  Lione,  oppressa  Guglieimo  Roifig/io^  \55g.  In-4î 
mar.  vert,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  (fJuru). 

«  Ouvrage  fort  important,  car  il  nous  donne  la  représentation  et  l'ex- 
plication de  beaucoup  d'emblèmes  des  personnages  historiques,  avec  leurs 
devises.  11  est  très  bien  exécuté  en  caractères  italiques,  et  contient 
102  emblèmes,  dont  les  riches  entourages  sont  d'un  goût  excellent.  On  y 
reconnaît  la  main  de  l'arliste  qui  a  fait  la  Métamorphose  figurée,  »  (Didot, 
Cat,  rais,,  n»  530.) 

Magnifique  exemplaire. 

LE  ILMTRE  P.    V. 

toi.  ALCIATCS  (A.).  Emblemala  Andreae xilciati  lurisconsulti 
darissimi.  Lifgdi>ni^apu(l  Gulielmum  Rotiillium,  i548.In-8; 
mar.  ronge,  fil.  à  comp.,  orn.,  tr.  dor.  [Cape). 

«  Première  édition  donnée  par  Roville  (ou  Rouillé)  et  imprimée  par 
Mathieu  Bonhomme.  Elle  diffère  beaucoup,  pour  le  texte  et  les  figures, 
de  l'AIciat  publié  l'année  précédente  par  Jean  de  Tournes.  Elle  contient 
128  emblèmes.  Le  frontispice  et  plusieurs  des  encadrements  portent  la 
marque  de  P.  V.,  dessinateur  qui  n'apparaît  que  dans  cet  ouTrage,  et 
dont  le  nom  n'a  pu  encore  être  découvert.  »  (Didot,  Cat.  rais.,  n*  534.)  On 
croit,  toutefois,  que  cet  artiste  s'appelait  Pierre  Vingle, 

Très  bel  exemplaire. 

•  • 

452.  ALCIAT  (A.).  Emblèmes  d'Alciat  de  nouueau  Trâslatez 
en  Frâçois  vers  pour  vers  iouxte  les  Latins.  Ordonnez  en 
lieux  cômuns  auec  briefues  expositions,  &  Figures  nouuelles 
appropriées  aux  derniers  Emblèmes.  ^  Lyon^  chez  Macé 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  24î^ 

Bonhomme  y    i549.  In-8;   mar.  vert,  riche  dent.,  Ir.  dor. 
{Nitdréé). 

«Très  belle  édition,  exécutée  par  Mathieu  Bonhomme  pour  lui  et  Ro- 
ville  (Rouillé?).  Elle  est  bien  plus  complète  que  l'original  latin,  puis- 
qu'elle renferme  163  emblèmes.  Les  entourages  sont  plus  nombreux, 
et  encadrent  chacune  des  pages.  Elle  contient  beaucoup  de  fleurons.  » 
(Didot,  Ca%,  rais.,  n»  535.) 

Superbe  exemplaire. 

453.  ALCIATLS  (A.).  Ëmblemata  D.  A.  Alciati,  deniio  abipso 
aucloie  recognita,  ac,  quae  desiderahanlur,  imaginibus 
locupletata.  Accesserunt  noua  aliquot  abautore  Ëmblemata, 
suis  quoque  eiconibus  insignita.  Lugd.^  apud  Guliel.  Roui- 
liurriy  i55o.  (A  la  fin  :  )  higdunr,  excudebat  Maihias  Bon-^ 
homme.  In-8;  mar.  rouge,  doré  en  plein  dans  le  style 
lyonnais,  doublé  de  mar.  vert,  riche  dent.,  tr.  dor. 
(Lorffc), 

Édition  plus  complùle  que  les  précédentes,  car  elle  contient  211  em- 
blèmes. Magnifique  exemplaire,  avec  témoins.  Très  belles  épreuves. 

PIERRE  WOEIRIOT,    dit   DE   BOUZEY. 

454.  JOSEPHUS  (FI.).  F.  losepiii  antiqvilatvm  ivdaicarvm 
libri  XX.  Adivncta  est  simul  losephi  Vita  ab  ipso  literis 
mandata.  Omnia  a  Sigismundo  Gelenio  è  Graeco  in  sermo- 
nem  Latinum  conuersa.  De  bello  judaico  libri  VII,  Graeco- 
rum  codicum  coUatione  per  Sig.  Gelenium  castigatissimi 
facti.  Contra  Apionem  libri  IL...  Lugduniy  apud  hœredes 
lacobi  lunctaSy  i566.  In-fol.,  de  6ff.  lim.,  702  pp.  cli.  et 
i4  ff.  d'index  (le  dernier  manque)  ;  mar.  bleu  foncé,  jans., 
tr.  dor.  [Lorlic), 

SEUL  EXEMPLAIRE  CONNU  de  cette  édition  précieuse,  qui  a  été  dé- 
crite pour  la  première  fois  par  M.  Didot  (Robert-Dumesnil  n'en  a  connu 
qu'un  certain  nombre  de  gravures  détachées).  Sa  rareté  extrême  doit 
être  attribuée  aux  troubles  religieux  à  la  suite  desquels  plusieurs  impri- 
meries furent  saccagées  à  Lyon  en  1567.  Ce  livre,  remarquable  parla 
beauté  des  caractères,  la  netteté  du  tirage  et  la  qualité  du  papier,  se  re- 
commande surtout  à  l'attention  des  iconophiles  par  trente  et  une  gra- 
vures sur  bois  (et  non  32),  dont  deux  sont  répétées,  gravures  de  petites  di- 
mensions et  très  précieuses,  comme  ayant  été  exécutées  parou  d'après  Pierre 
Woeiriot  de  Bouzey,  artiste  lorrain  de  beaucoup  de  mérite,  plus  connu 
encore  comme  graveur  au  burin  et  en  médailles.  Onze  de  ces  vignettes 
seulement  portent  la  marque  de  Woeiriot  (elles  ont  été  décrites  par  Ro- 
bert-Dumesnil); mais  vingt  autres  sont  incontestablenient  de  lui,  le  ca- 
ractère du  dessin  et  de  la  gravure  étant  identique.  «  La  plupart  de  ces 


246  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

compo5iUons,  dit  M.  Didot  {Notice  sur  P.  Woeiriot,  à  la  suite  de  TÉtude 
sur  J.  Cousin),  légèrement  ombrées,  représentent  des  scènes  très  animées, 
tirées  de  la  Bible,  et  l'emportent,  pour  la  clarté,  pour  la  science  des  rac- 
courcis, pour  la  perfection  du  dessin,  sur  les  sujets  analogues  traités  dans 
les  mômes  dimensions  ptir  le  Petit  Berncard.  Les  lointains  sont  très  riches 
et  d'une  grande  finesse  d'exécution.  La  perspective  des  monuments  y  est 
rendue  d'une  manière  irréprochable.  »  Il  ne  faut  pas  confondre  cette  suite 
de  figures  bibliques  de  Flavius  Josèphe,  gi*avées  sur  6ois,  avec  une  autre 
suite  du  même  artiste,  gravée  sur  cuivre,  et  d'une  grande  dimension, 
suite  qui  a  été  publiée  sans  texte,  mais  seulement  avec  des  quatrains  la- 
tins et  français  au  bas  de  chaque  planche  (on  en  connaît  trente-sept). 
M.  Didot,  dans  la  Notice  citée  plus  haut,  a  rectifié,  à  ce  sujet,  la  note  de 
son  Catalogue  ra'sonné  (n°  5W),  mais  il  n'a  été  tenu  nul  compte  de  cette 
rectifi cation  dans  l'article  consacré  à  cette  édition  de  Flavius  Josèphe 
dans  le  Supplément  au  Majiuel  de  Brunet. 

En  dehors  des  gravures  de  Woeiriot,  cet  ouvrage  en  contient  treize 
autres  de  mêmes  dimensions,  mais  qui  ne  sont  pas  de  lui  ;  elles  sont  en- 
tourées d'un  double  filet,  tandis  que  les  autres  n'ont  qu'un  filet  simple. 

C'est  à  l'obligeance  de  M.  Olivier  Barbier  que  M.  Didot  devait  la  pos- 
session de  ce  beau  volume,  dont  la  conservation  est  parfaite. 

JEAN   MONl   (?). 

455.  Figures  de  la  Bible,  illustrées  de  huictains  francoys  (par 
Guillaume  Guéroult),  pour  rinlerprelalion  et  intelligence 
d'icelles.  ^4  Lyoïiy  par  Guilhnune  Ro\nlle,  i565.  lu  8.  — Fi- 
gures du  Nouveau  Testament,  illustrées  de  liuiclains  fran- 
coys (de  Claude  de  Pontoux  Clialonnois)  pour  Tinterprela- 
lion  et  intelligence  d'icelies.  Lyon^  Guillaume  Roi^ille, 
1570.  ln-8.  Eu  I  vol.;  mar.  vert,  fil.  à  comp.,  tr.  dor. 
(Simiet). 

Édition  originale  de  ce  beau  livre.  L'Ancien  Testament,  dédié  à  Càthe- 
rme  de  Médicis  par  Guillaume  Guéroult,  qui  en  a  fait  les  huitains, 
contient  233  compositions  complètement  diiFérentes  de  celles  publiéei 
par  de  Tournes,  en  1554,  sous  le  nom  de  Quadrins;  le  Nouveau  Testa- 
ment en  contient  155;  en  tou^,  388  planclies. 

«  Une  note  manuscrite,  d'une  main  du  XVh  siècle,  mise  sur  Van  de 
mes  exemplaires,  dit  que  C2  des  gravures  de  cette  belle  suite  ne  sont 
pas  de  GRUcnE.  Gomment  expliquer  cette  assertion?  Quel  que  soit,  en 
elfet,  le  véritable  nom,  Moni,  Gruche,  ou  même  Woeiriot,  de  rartiste  qui 
a  dessiné  l'Ancien  Testament,  on  peut  dire  que  son  œuvre  est  des  plut 
remarquables,  môme  à  côté  des  Quadrins  de  Bernard  Salomon.  »  (Didot, 
Cat.  rais.j  n«  5i8.) 

Très  bel  exemplaire,  provenant  de  la  bibl.  Yemeniz.  Haut.:0*,163*  Sor 
le  titre,  on  lit  d'abord  cette  signature  du  temps  :  Je  tuii  à  MiUkku  U 
Frieur,  paintre.  Amiens;  et  plus  bas,  d'une  écriture  plus  Fëeante  :  Jhc  de 
Valentinois, 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  m. 


ANONYMES. 

450,  Il  nuoiio  Testamento  di  Giesii  Clirislo  Salvatore  nostro, 

Reiiisto  nuouamenle...  Traclotto  cli  Graîco  in  vulgare  ita- 

'   liano  por  Antonio  Brucioli.   I/i   Lyone^  appreww  Gulielmo 

RauiUio,  i55o.  In-i6;  veau  Urun,  riclies  compart.,  tr.  dor. 

et  cis.  {reL  lyonnaise  du  Xf^T  s.). 

A  la  pa^e  33 1  de  la  seconde  partie,  on  lit:  Stampato  in  Lyoneper  Phi- 
liberto  Rolleto  et  Bartholomo  Freno  ifl  anno  délia  nosfra  saluteM.D,XLJX. 
Les  gravures  sont  d'une  époque  antérieure  à  cette  date,  et  se  rapprochent 
du  style  imagerie. 

Très  bel  exemplaire,  revêtu  d'une  curieuse  reliure. 

457.  SIMKONI  (G.).  Dialogo  pio  et  speculativo,  con  diiierse 
sentcnze  Latine  &  volij^ari  di  M.  Gabriel  Svrneoni  Fioren- 
tmo.  //^  IJonr^  oppressa  Gv^lieltno  lUwIgliOy  i55o.  In-4; 
mar.  vert,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  ' 

Ouvrage  intéressant,  orné  de  50  figures.  On  y  remarque  la  représen- 
tation du  château  de  Polignac,  en  Vclay;  le  tombeau  de  Simeoni  et  la 
grande  carte  de  la  Limagne  d'Auvergne. 

Très  bel  exemplaire. 

458.  LA  PERRIÈRE  (G.  de).  Les  Considérations  des  qnatre 
mondes,  à  sauoir  est  :  Diiiin,  angeliqnc,  céleste  &  sensible  : 
comprinses  en  quatre  centuries  de  quatrains,  contenans 
la  Cresme  de  Diuine  &  bumaine  Philosophie,  par  Guil- 
laume de  la  Perrière  Tolosan.  j4  Lyon^  par  Macé  Bon-' 
homme  ^  h  Tidosc  par  lan  Moulnlcr.  i552.  (\  la  fin:) 
Imprime  par  Macé  Bunltomme,  à  Lyon,  ln-8  ;  mar.  vert, 
fil.  à  fr.,lr.  dor.  {Duru). 

Livre  rare  et  recherché  pour  ses  belles  bordures. 

«  Cent  quatrains  formant  autant  de  considérations.  Toutes  les  pages 
sont  entourées  d'encadrements  sigfiés  I  P  et  l  M.  Comme  le  privilège' 
est  au  nom  de  lean  Perrin  et  lean  Moulnier,  éditeurs  de  ce  livre,  on  peut 
supposer  que  ce  sont  leurs  initiales  qui  figurent  ainsi  sur  les  bois 
qui  leur  appartenaient.  »  (Didot,  i)ai.  jHtis,,  n°  559.)  Plusieurs  do  ces 
encadrements  portent  la  date  de  1551.  Portrait  de  l'auteur  à  Tâge  de 
52  ans. 

459.  LA  PERRIÈRE  (G.  de).  La  Morosophie  de  Guillaume  de 
la  Perrière,  Tolosain,  contenant  cent  Emblèmes  moraux, 
illustrez  de  cent  Tetrastiques  Latins,  reduitz  en  autant  de 


t«  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS, 

quatrains  françoys.  A  Lyon,  par  Macé  Bonhomme^  i553. 
ln-8;  mar.  bleu,  fil.,  tr.  dor.  yKœhler). 

Ce  charmant  volume,  très  recherché,  a  les  mômes  encadrements  qae^ 
Touvrage  précédent  et,  en  plus,  100  emblèmes,  fort  bien  dessinés. 
Très  bel  exemplaire. 

460.  COUSTEAU  (P.).  Le  Pegme  de  Pierre  Covstav,  aiiec  les 
Narrations  Pliilosopliiqves,  Mis  de  Latin  en  Françoys  par 
Lanteavme  de  Romieu  Gentilhomç  d'Arles.  A  Lyon,  Par 
Barlhebmy  Molin,  M.  D.  LX  (i56o).  (A  la  fin  :)  Imprime 
pat  Mace  lion/wmme  a  Lyon,  ln-8  ;  veau  antique,  riches 
compart.  en  or  dans  le  style  lyonnais,  tr.  dor.  [Ha^ud). 

Belle  édition ,  ornée  dio.  î)o  gravures.  «  Cet  ouvrage  est  un  de  ceux 
où  se  révèle  le  style  lyonnais  proprement  dit,  soit  dans  les  bordures 
qui  entourent  chaque  page,  soit  dans  les  vignettes.  »  (Didot,  Ca^  rais.^ 
n<»  503  bis.) 

Magnifique  exemplaire,  très  pur. 

461.  Recueil  des  effigies  des  Rois  de  France,  auec  un  brîef 
sommaire  des  généalogies,  faits  et  gestes  d*iceux.  A  Lyon, 
par  Ratillnni  de  NeaJchateL  S.  d.  In-4;  mar.  rouge,  fil.  et 
comp.  à  fr.,  orn.,  tr.  dor.  [Lorfic). 

Livre  important  au  point  de  vue  iconographique  et  fort  rare.  Toales* 
les  pages  sont  encadrées,  et,  dans  la  bordure  du  dernier  f.,  on  Ut  la  date 
de  1567.  En  tète  figurent  deux  beaux  lleurons  aux  armes  et  à  Feinblèine 
de  Charles  IX,  à  qui  Touvrage  est  dédié.  Les  portraits,  an  nombre  de  61, 
sont  à  mi-corps  et  de  grande  dimension  ;  ils  ont  un  beau  caractère  et 
semblent,  à  partir  de  saint  Louis,  avoir  été  exécutés  d'après  des  monn* 
ments  originaux  existant  alors.  Ces  gravures  semblent  être  d'origine  pa-* 
risiennc,  et  il  existe  de  ce  livre  une  édition  publiée  à  Paris^  par  Franc. 
Desprcz. 

Magnifique  exemplaire. 

462.  DU  VERDIER  (A.).  La  prosopographie  ov  descriplioD 
des  personnes  insignes,  enrichie  de  plusieurs  effigiesr,  & 
réduite  en  quatre  liures,  par  Antoine  du  Wevàxet.A  Lyon, 
par  Ant.Gnphhsy  1373.  In-4;  mar.  rouge,  fil.,  tr,  dor. 

(Lorlic). 

((  Cet  ouvrage  contient  un  beau  frontispice,  135  médaillons  dont  une 
partie,  ceux  du  quatrième  livre,  sont  bien  exécutés  et  paraissent  oflkirt 
nne  représentation  fidèle  des  personnages.  On  y  troave  on  bon  portrait 
d'Ét.  Dolet,  de  Séb.  Gryplie,  d'Oronce  Fine,  etc.  »  (Didot,  CaU  rai$.» n*57l.) 

Très  bel  exemplaire. 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  249 

•  » 

463.  Figures  historiques  représentant  en  abrégé  la  vie  de 
N.  S.  lesus-Christ,  les  Actes  des  apôtres,  et  l'Apocalypse, 
tirés  du  Nouveau  Testament  par  I.  C.  (Jean  Carteron). 
A  Lyon^  chez  lenn  Carteron...  1672.  In-ia;  mar.  La  Val- 
Hère,  jans.,  tr.  dor.  [Dura). 

Les  petites  planches  de  ce  livre  rare  et  très  peu  connu  sont  vraiment 
remarquables.  La  Vie  de  Jésus  comprend  52  vignettes  sur  bois;  les  Actes, 
23;  TApocalypse,  29,  «  Chacun  de  ces  petits  tableaux,  dit  M.  Didot  (£««(«* 
sur  la  grav.  s.  bois),  est  entouré  d'un  cadre  historié  qui  fait  corps  avec  h» 
sujet  et  ne  se  répète  jamais.  Pour  les  mérites  de  la  composition  et  de  la 
gravure,  ces  vignettes  rappellent  tout  à  la  fois  la  Tapisserie  chrestienne  et 
les  jolies  planches  du  Petit  Bernard.  »  Leur  exécution  date  bien  certaine- 
ment du  siècle  précédent,  ot  elles  avaient  sans  doute  paru  dans  d'autres 
ouvrages  aujourd'hui  perdus. 

Paris. 

ANONYMRS. 

464.  (La  Grande  Danse  macabre  des  hommes.)  Cliorea  ab 
eximio{|  Macabro  (sic)  versibus  alemanicis  édita.  ||  et  a  petro 
desrey  trecacio  quodâ  orato||re  nuper  emendata.  Pnrisius(n 
per  ma  \\gf. sérum  Guidonem  mercatorem  pro  [j  Godeffrido  ar 
inarnef  (id  intersii^niû  II  urdlicani  in  vico  diui  iacobi  comnio- 
ràli.  Anna  do  mini  \\  quadfi\\geiitesimo  nonagesimo  supra 
millesimû  {\l\^o)  idihus\\oclobris  impressa.  (Au-dessous,  la 
marque  de  G.  de  Marnef.)  Pet.  in-fol.,  goth.,  de  16  ff.,  à 
2  col.,  sign,  a-b;  mar.  noir,  riches  compart.  à  froid,  avec 
la  léte  de  mort;  doublé  de  mar.  orange,  avec  un  semis  de 

Eensées,  une  large  dentelle  ainsi  que  des  fleurons  avec  Tem- 
lème  de  la  Mort,  tr.  dor.  ;  étui  de  mar.  vert  (^Loriic). 

Livre  d'une  rareté  extrême  et  des  plus  précieux,  comme  un  monnaient 
remarquable  de  la  gravure  française  à  son  origine.  C'est  la  troisième  édi- 
tion donnée  par  Guy  Marchant  (celle  du  20  janvier  i490  lui  est  posté- 
rieure, car  elle  correspond  à  l'année  MOi  nouveau  style).  Elle  reproduit 
les  dix-sept  gravures  de  l'édition  de  i485,  du  même  imprimeur,  la  pre- 
mière de  toutes,  et  dont  la  bibl.  de  Grenoble  possède  le  seul  exemplaire 
connu,  incomplet  du  premier  feuillet;  six  des  gravures  additionnelles  de 
l'édition  de  1486,  et  une  gravure  de  remphssage  (la  dernière),  représen- 
tant un  scribe,  ce  fjui  donno  un  ensemble  de  vingt-quatre  planches. 
La  première  de  ces  figures  représente  l'intérieur  du  cabinet  de  travail 
de  l'auteur,  en  costume  religieux.  Les  vingt  et  unes  suivantes  offrent 
des  sujets  de  la  Danse  de  mort  des  hommes,  et  cette  suite  débute  par  la 
planche  représentant  Vorchestrc  des  quatre  morts.  Les  personnages  vivants 
qui  figurent  dans  cette  série  sont  au  nombi'e  de  quarante-deux.  La  vingt- 
;, .    troisième  gravure  nous  montre  sans  doute  le  traducteur,  en  habit  laïque» 


«50  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

assis  dans  son  cabinet  de  travail;  devant  lui  est  étendu  le  squelette  d'aii 
roi.  Les  trois  derniers  ff.  n'ont  pas  de  figures,  et  le  texte  finit  au  r*  par 
ces  mots  :  Finit  Chorea  Machabri, 

On  croit  que  cette  Danse  d^s  morts  offre  une  reproduction  des  peintures 
du  Charnier  des  Innocents.  Les  figures,  presque  au  trait,  légèrement  om- 
brées, sont  exécutées  avec  finesse  et  avec  un  véritable  sentiment  de  Fart; 
le  dessin  est  expressif  et  correct,  malgré  sa  gothique  naïveté. 

C'est  à  tort  que  M.  Brunet  a  dit  que  le  texte  de  cette  danse  macabre 
a  été  composé  originairement  en  allemand,  comme  l'expression  du  titre, 
versibus  alemanicis,  semblerait  le  faire  croire.  Goldast,  dans  son  édition 
du  Spéculum  de  Rodericus  de  Zamora  (Hanau,  1613),  explique  ce  terme, 
qu'il  faut  traduire  par  vers  allémaniques  ou  rimes  à  la  manière  allemande 
(voir  Langlois,  Essai  sur  les  Danses  des  morts ,  II,  31).  Pierre  Desrey,  de 
Troyes,  corrigea  ses  vers  et  en  fit  en  partie  des  hexamètres  et  des  pen- 
tamètres réguliers. 

Le  Manuel  no  cite  aucune  adjudication  de  cette  édition  précieuse,  qui, 
en  effet,  ne  paraît  avoir  jamais  passé  -en  vente.  Le  présent  exemplaire  est 
superbe  de  conservation  et  en  épreuves  très  brillantes.  H.:  0™,2o4. 

i65.  (La  Grande  Danse  macabre  des  hommes.)  (A  la  fin  :  )  Cy 
fi/iisl  ht  (lace  nm cabre  historwc^et  nuginviitv.e  de  plusieurs 
nouuc^^nux  persan rift^cs  ^  beaux  dits.  Et\\  les  inns  mors  et 
trois  vifs  ensèble  ||  nouuHleml  ainsi  côpo^ee  et  ///*/;/*/ jj  mee  a 
paris  par  G  il  le  t  cous  ti au  et  \\  Jehan  luenart,  Ijin  (te  grâce 
mil\quatre  ces  quatre  vin^s  p  (bnize  (1492)  ^^  Il  ^-^^i*  iour 
de  Junii*.  ln-4,  golh  ,  à  2  col.,  de  12  fF.;  niar.  rouge,  fil., 
tètes  de  mort  au  centre  et  aux.  coins;  doublé  de  mar. 
bleu^  fiLy  coins  en  feuillages  avec  létes  de  morts,  tr.  dor.; 
dans  ini  étui  de  mar.  bleu  (^Lortic), 

Livre  non  moins  précieux  que  le  précédent.  Le  texte  commence  au- 
dessous  de  la  figure  de  Vacteur  par  ce  vers  : 

0  créature  raysônable... 

«  Los  figures,  dit  M.  Didot  (Essai  sur  la  grav.  s,  bois),  de  grande  dimen* 
sion,  occupent  plus  de  la  moitié  de  la  page  ;  elles  sont  d'un  beau  style  et 
bien  dessinées,  et  la  gravure,  tout  en  étant  largement  exécutée,  a  con- 
servé la  naïveté  et  la  correction  du  dessin.  »  Si  elles  ne  sont  pas  gravées 
avec  autant  de  finesse  que  celles  des  éditions  de  Guy  Marchant,  elles  les 
surpassent  peut-être  par  une  composition  plus  dramatique  et  plus  ner- 
veuse. Le  dessinateur  de  ces  bois  doit  être  le  même  que  celui  qui  a  com- 
posé les  figures  du  Compost  qui  suit.  Ces  gravures  sont  au  nombre  de  dix- 
neuf;  la  première  nous  montre  l'intérieur  du  cabinet  de  travail  de  l'au- 
teur; les  quinze  suivantes  sont  divisées  chacune  en  deux  compartiments 
et  représentent  ainsi  trente  personnages  aux  prises  avec  la  Mort;  la  dix- 
septième  otfre  le  même  sujet  que  la  23«  de  l'édition  décrite  au  n*  préc6« 
dent;  les  deux  dernières  représentent  les  Trois  Vifs  et  les  Trois  Mon,  Le 
volume  est   admirablement  imprimé   avec  le  beau  caractère  gothi^e 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  251 

qui  a  servi  à  la  belle  édition  du  Josephus  de  la  bataille  Judaïque^  publiée 
par  Verard  à  la  même  date. 

SEUL  EXEMPLAIRE  CONNU,  dans  un  parfait  état  de  conservation, 
provenant  de  la  bibl.  Archinto,  de  Milan. 

Consulté  en  i  802  p.ir  M.  Tosi,  librairo  de  Milan,  à  qui  ce  livre  appartenait 
à  cette  date,  M.  Brunet  a  identifié  cette  édition  (probablement  sans  Tavoir 
vue)  avec  celle  attribuée  à  Verard  et  décrite  par  lui  d'après  Texem plaire  sur 
vélin  de  la  Bibliothèque  nationale,  où  la  fin  de  la  souscription  est  grattée; 
mal  lui  en  a  pris,  car  il  s*est  attiré  de  co  fait,  de  la  part  du  libraire  mila- 
nais, une  violente  diatribe,  imprimée  sous  ce  titre  :  Risposta  di  PJblo  An- 
tonio Tosi,  librajo  italiano,  al  siij.  Brunet,  di  Paiigi,  a  j)roposito  diiina  edi- 
zione  finora  affatto  sconosciuta  delta  Danse  Macabre  (Milano,  1862;  in-8,  de 
7  pages). 

466.  Icy  est  le  compost  et  kalèdrier||  des  Bergiers  Nouuelle- 
menl  refait  et  autrement  compose  ||  que  nesloil  par  auant 
Ou  quel  sont  adioustez  plusieurs  ||  nonuelleles  côme  ceulx 
qui  le  verront  pourrOt  cOgiK)islre.  |  Et  enseigne  des  iours 
/heures/  et  minutes  des  Urnes  noti|  uelles/etdes  éclipses 
de  souleil  et  de  lune/  la  sciéce  salutoire  ||  des  Bergiers  que 
chascun  doit  sauoir.  Leur  compost  et  ||  kalendrier  sur  la 
main  .en  François  et  latin  tel  <|uilz  parlêtjlenlrc  eulx  : 
Larhiodes  vices  Larbre  des  vertus  et  la  tour  j]  de  sapiêcç 
figurée  :  ensemble  la  ])hisique  et  régime  de  santé  ||  diceulx 
Bergiers.  quest  nothomye/et  flebolhomye /Leur !|  astrologie 
des  signes  estoilles  et  planètes  :  et  pliizonomye.  |  Et  plu- 
sieurs choses  exquises  et  difficiles  a  congnoistre. 
compost  et  kalendrier  touchât  les  lunes  et  éclipses 
approprie  comme  doit  esire  pour  le  climatz  de  france  au 
Jugement  et  conguoissance  des  Bergiers.  (Au-dessous,  la 
grande  marque  de  Guy  Marchant,  entourée  de  trois  bor- 
dures; à  la  fin  :  )  FinU  le  compost  el  kalendrier  des  héritiers 
.  Imprime  a  Paris  \\  par  Guiol  marchaiU  demourant  au 
champ  i^ai/lart  derrière  ||  /e  collège  de  nanarre  Lan  : 
M. ccccJfirxx  et  xiii  {\^c)3)  l.r  Xi'iii  iour\\  Daiiril.  In-foL, 
goth.,  à  longues  lignes  et  à  2  col.,  de  yo  ff.  ;  mar.  bleu, 
fil.,  tr.  dor.  (Trautz-Uauzonnet). 

Édition  extrêmement  rare  et  la  plus  ancienne  de  cet  ouvrage  fort 
curieux  par  son  texte  et  ses  gravures  sur  bois,  et  qui  n'a  jamais  été  ana- 
lysé. L'allôgoria  s'y  joint  à  la  satire  la  plus  mordante.  Les  figures  sur 
bois,  au  nombre  de  soLxante-six,  tant  grandes  que  petites,  dont  plusieurs 
se  répètent,  sont  fort  remarquables. 

«  L'art  français,  dit  M.  Didot  à  propos  d'une  édition  postérieure  du 
même  livre  (Cat,  rais.,  n°  588),  se  dégageant  des  anciennes  traditions  des 
dominotiers  et  entrant  dans  une  voie  nouvelle,  y  offre  quelque  similitude 
avec  les  anciens  maîtres  italiens  et  les  commencements  d'Albert  DQrer.  Les 


Lequel 
est 


îoi  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

gravures  de  ce  volome  ne  sont  pas  tontes  de  la  m^mo  main,  mais  plnsieor? 
d*entre  elles  ré  vêlent  un  artiste  français  original,  doaé  de  sentiment  et 
d'expression.  '» 

Les  sept  gravures,  représentant  les  peines  d'enfer^  étaient  dignes,  par 
leur  énergie  sombre  et  leur  composition  mouvementée,  d'illnstrer  une 
édition  du  Dante.  L.a  première  gravure  Vacteur.  est  la  même  que  U  der- 
nière de  la  Danse  macabre  ci-dessus,  du  même  éditeur. 

Parmi  les  pièces  en  vers,  on  remarque  les  Diiz  des  oyseaulx,  un  Dktie 
des  trespassez  en  forme  de  ballade ,  et  une  pièce  satirique  contre  les  gens 
d'armes,  qui  termine  le  volume. 

Superbe  exemplaire,  grand  de  maires  et  bien  conservé.  D  provient  de 
la  bibl.  de  M.  le  baron  J.  Pichon,  dont  le>  armes  figurent  sur  les  plats  de 
la  reliure.  Acquis  à  sa  vente  au  prix  de  3,000  francs. 


467.  Lordinaire  descrestiens  (au-dessous,  la  marque  de 
Laiirens  .  Pour  Francovs  regiiaiilt.  t.\  la  6ii  :)  Finisi  te 
Hure  nome  lordinnire  des  chresùens  nouueUement  hyslorie . 
Imprime  a  paris  par  le  pelil  Laurens  :  pour  francoffs 
regntiull  libraire...  S.  d.  Pet.  in-fol.,  golh.;  inar.  rouge, 
riches  compart.  à  61.,  Ir.  dor.  \Loriic\ 

•>  Édition  Nû.x  riTLL  au  Manuel,  imprimée  à  Paris  entre  IV9T  et  1306. 
Treize  ligures  au  trait  fort  belles.  L'une  d'elles  a  figuré  précédemment 
dans  le  CaliUrfritr  d'S  brnj'irs.  imprimé  f*ar  Guyot  Marchant,  et  les  antres, 
quoique  inférieures,  [«euvent  être  sorties  de  la  même  maîo.  »  sDidoU 
OU.  mis.,  n*  5S!ï. 

Magnifique  exemplaire,  avec  témoins. 

468.  Encomivni  irium  >Iariarum  cù  eaniodê  cultus  clefen- 
sione  aduersus  Lutheraiios.  Solenoiq;  missa  &  officie  caoo- 
DÎco.  in  quibus  omnibus  desideres  nihii.  emissum  opéra 
&  induslrialoanis  Bertaudi  Petragorici.../  e/iimc/ei/iir/ae&icD 
Btulin,  &  Gtdeoto  a  praiis  •  iS^g).  In*4^  m^r.  vert,  fil., 
avec  une  croix  iiistoriêe.  en  mosaïque,  dans  le  style  byzantin, 
tr.  dor.    Loi  tic  . 


■  Ce  bel  ouvraire  >e  compose  de  trois  parties,  dont  la  seconde 
j»rl:n  ■  •  en  o an: :••>-•  jo'.hiques,  et  a  t*>uîos  ses  pa^es  entoniées  de  bor- 
dur>>5.  Li  : '.urvart  'ies  plancbes  sont  celles  des  çrandes  Heures  de  Sînioo 
Vost:>î  eî  les  enoadrenienîs  ceux  de  dîtfèreutes  Uenrvs  de  répcM|iie.  D  j  a 
cependant  une  planche  d'un  caractère  tout  exceptionnd  où  Ton  voit  ap- 
paraître le  ïti  '.e  d^  grands  maîtres  dans  sa  fermeté  et  sa  pureté  :  cdie  OÉ 
sont  représeci:ée^  ^es  tr^is  Maries  :  elle  est  gravée  an  simple  traîL  CVst 
l'œuvro  d'an  irrand  ar'iste  et  Ton  ne  retrouve  plus  rien  d*uialog«e 
la  ^r^v::re  sur  î>  >:s  ïran<;aLse.  On  en  voit  aussi  une  antre,  moins 
représentant  s.  Jean-Baptiste  qui  parait  être  de  la  même  main.  »  (DidoC, 

Exemplaire  de  toute  l-edu*.:^.  f»re?que  non  ro^né. 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  «5 

469.  Le  Manvel  de  la  |j  grand  [)hrairie  des  bourgeoys  ||  et 
bourgeoises  de  ()  Paris.  (A  la  fin  :  )  Ce  présent  manuel  a 
este  acheue  de  imprimer  a  Paris  le  ,xii,  iour  de  Décembre 
lan  mil  cinq  cens  trente  quatre  (  1 534  )  ^^  ^^  recouure 
es  mains  de.  maistre  Pierre  du  Pin  prestre  et  a  présent 
clerc  de  la  gràt  phrarie  au  (sic)  bour^^eoys  et  bourgeoyses 
de  la  dicle  ville.  In-8,  goth.;  mar.  vert,  fil.  à  fr.,  tr.  dor. 
[Duru). 

Volume  fort  rare,  om6  de  quatre  gravures  sur  bois,  dont  la  première 
seule,  représentant  la  prrande  frairie,  est  intéressante.  On  y  remarque  le 
roi  François  I*'  figurant  parmi  les  confrères. 

Très  bel  exemplaire. 

470.  ALCIATIIS  (A.).  André»  Alciati  emblematum  libeilus. 
Parisiis,  exrudebat  Christianus  Wecfudus,  i534.  In-4  ; 
mar.  La  Vallière,  Hl.  à  fr.,  orn.,  tr.  dor.  (Lortic), 

Première  édition  de  ce  livre  donnée  par  Wechel. 

«  Ce  précieux  recueil  contient  413  emblèmes,  tous  de  style  bâlois  et 

dont  quelques-uns,  d'une  meilleure  facture  que  les  autres,  pourraient  bien 

*avoir  été  dessinés  par  Holbein.  La  78"  plancbe,  représentant  le  Triomphe 

de  Bacchus^  porte  la  marque  du  graveur  Mercure  Jollat.  »  (Didot,  Cat, 

rais,,  n»  610.) 

Superbe  exemplaire,  d'une  grande  pureté. 

471.  ALCIATUS  (A.).  Clarissimi  viri  D.  Andrese  Alciati  Emble- 
matum libeilus,  uigilanter  recognitus  et  iâ  recens  per 
Wolphgangum  Hungerum  Bauarum,  Rliytlimis  Germanicis 
uersus.  Parisiis  y  apud  Ckristianuni  fVechelurn,  i  542.  Iu-8; 
mar.  orange,  fil.  à  comp.  àfr.,  figure  en  mosaïque  sur  les 
plats,  tr.  dor.  [Lortic). 

Les  emblèmes  contenus  dans  cette  édition  sont  au  nombre  de  llo.  Des 
vers  latins  et  allemands  accompagnent  cbacun  d'eux. 
Très  bel  exemplaire. 

À12.  ALCIAT  (A.).  Los  emblèmes  de  maisire  André  Alciat, 
puis  nagueres  augmètez  par  ledict  Âlciat  &  mis  en  rime 
Françoise  (pur  lehan  Lefevre)  auec  curieuse  correction  1 
On  les  vend  <i  Pans,  en  la  maison  de  C  lires  tien  tVecheL.. 
M.  D.  XLII  (un  I  paraît  avoir  été  imprimé  après  coup 
dans  ce  millésime)  (i54^)-  ln-8;  mar.  bleu,  riche  dent., 
tr.  dor.   [Duru), 

Cette  édition,  fort  rare,  contient  115  gravures  sur  bois,  comme  la  pré* 
cédente.  Superbe  exemplaire. 


254  LIVRES  A  FIGURES  SUR  B0I5. 

473.  OVIDE.  Le  grâd  Olympe  des  histoires  poétiques  du 
prince  de  poésie  Ovide  Naso,  oeuure  autentiqucet  de  hault 
arlifice,  plein  dehonnesle  recreaiion.  Traduict  de  Lalin  en 
Francoys  ei  Imprimé  nouneiiement.  On  les  vend  à  Paris... 
par  Guillaume  le  Oret y  i5/i3.  3  lomes  en  i  vol.in-8;  mar. 
olive,  fil.  et  comparu  à  fr.,  tr.  dor.  [rel.  angl.). 

Joli  exemplaire  de  ce  livre,  dont  les  gravures  sont  très  archaïques. 

474.  OVIDE.  Les  ^xv  liures  de  la  Métamorphose  D'ouide 
(poète  treselegât)  contenant  i/olympe  des  Histoires  poéti- 
ques traduictz  de  Latin  on  Francoys,  le  tout  figuré  de 
nounelles  figures  et  hystoires,  nouuellement  imprimé  à 
Paris  par  Denys  lanot  libraire  &  îprimeur.  On  les  vend 
à  Paris,.,  par  Denys  lanot,  i53r).  3  t.  en  i  voL  trcs-pet. 
in-8;  mar.  vert,  fil.,  tr.  dor.  [Niedrée\ 

Très  bel  exemplaire  de  ce  livre  précieux. 

475.  LA  PERRIÈRE  (G.  de).  Le  Théâtre  des  bons  engins  au- 
quel sor.t  contennz  cent  emblèmes  moraulx.  Composé  par 
Guillaume  de  la  Perrière  Tolosain  :  Et  nouuellement  par 
iceluy  limé,  reueu  &  corrigé.  Auec  privilège  (ces  deux 
derniers  mots  en  car.  italique).  De  t imprimerie  de  Denys 
lanot^  Imprimeur  et  Uhraue.  (A  la  fin  :  )  Imprimé  à  Paris 
par  Denys  lanot....  S.  d.  In-8,  de  loG  ff.,  sign.  A-0;  mar. 
rouge,  fil.,  tr.  dor.  [anc.  rei.). 

«  Première  édition,  non  décrite.  Elle  contient,  comme  la  sniTante,  on 
privilège  (daté  du  dernier  jour  de  janvier  i539).  Les  flgures  sont  mieux 
imprimées  que  dans  la  seconde  ;  les  emblèmes  y  sont  également  aa  nombre 
do  100.  Les  encadrements  présentent  des  différences  avec  la  seconde  et  la 
troisième  édition  (cette  dernière  est  composée  tout  entière  en  caractères 
romains).  A  la  fin,  la  devise  adoptée  par  Dolet:  Deliure  moy,  seigneur,  de$ 
calumnies  des  hommes.  Ces  figures  présentent  beaucoup  d'analogie  avec 
celles  de  VHécatongrfiphie  de  G.  Corrozet.  La  planche  66,  représentant  l'avo- 
cat, est  une  copie  d'après  Holbein,  Simulacres.  »  (Didot,  Cut.  rais.,  n?  623.) 

Très  bel  exemplaire  et  d'une  grande  pureté. 

476.  Le  Théâtre  des  bons  engins....  Auecq'priuilege  (ces  deux 
mots  en  caractères  romains).  Del^/mprimeiiedeDenyshinot, 
imprimear,  et  liljraire.  (A  la  fin:)  Imprimé  à  Paris... 
(comme  au  n*  préc).  ln-8,  de  io6  ff.;  mar.  rouge  du  I-ie- 
vant,  fil.,  tr.  dor.  [Bauzonnet-Trautz). 

Cette  seconde  édition  diffère  de  la  première  en  ce  qne  les  mots  da  la 
troisième  ligne  à  la  huitième  du  titre  sont  en  romain  et  que  dana  la 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  «55 

marque  de  Janot  les  devises  :  Nul  ne  s'y  frotte  et  Patere  aut  abstine,  sont 
en  romain,  tandis  qu'ils  sont  en  italique  dans  la  première  édition.  Toute- 
fois il  y  a  des  exemplaires  où  cette  marque  est  identique  avtc  celle  de  Té- 
dition  décrite  au  n°  précédent. 
Très  bel  exemplaire. 

477.  MILL/EUS  (.l.\  Praxis  criminis  perse(|ven(Ji  clegantibvs 
aliqvot  figuris  illvstrata,  Joannc  Millœo  Boio  anthore. 
Piirisiisy  piosldiil  npvd  Sunoiieni  CoUnsevui,  iS-ji.  In-fol.; 
peau  de  truie,  ornem.,  tr.  dor.  [Hngtie), 

«  Livre  intéressant  pour  riiistoire  de  la  procédure  criminelle.  Il  con- 
tient {%  planches  sur  bois  de  la  grandeur  des  pages,  représentant  les  dif- 
férents procédés  de  torture  en  usage  à  l'époque  de  sa  publication.  La 
7"  planche  porte  la  croix  de  Lorraine.  »  (Didot,  Cat,  rais.,  n°  831.) 

Superbe  exemplaire,  réglé. 

478.  (CORROZET,  Gilles)  Hecatomgrapliie.  C'est  à  dire  les 
descriptions  de  cet  figures  &  hystoires,  cOlenans  plusieurs 
appophtegmes,  prouerbes,  sentences  &  dictz  tant  des  an- 
ciens que  des  modernes.  Paris,  Denys  lanol^  i54i.  Pet. 
in-8;  mar.  rouge,  comp.,  tr.  dor.  [Lorlic). 

Édition  originale.  Superbe  exemplaire. 

479.  ESOPE.  Les  Fables  dv  tresancien  Esope  phrigien  premiè- 
rement escriptQS  en  Grœc,  &  depuis  mises  en  Rilhme  Fran- 
çoise (par  Gilles  CORROZET),  j5/|^.  /4  paris  en  F  impri- 
merie de  Denis  Itiuot.  In-8  ;  mar.  rouge,  riches  compart. 
à  fil.,  tr.  dor.  [Lorlic). 

Cent  gravures  au  trait  analogues  à  celles  de  VHécatongraphie.  Elles 
sont  également  entourées  de  bordures.  Magnifique  exemplaire. 

JEAN   COUSIN. 

480.  CEBES.  Le  tableau  de  Cebes  de  Thebes,  ancien  pliilo- 
sophe  et  disciple  de  Socrates...  Premièrement  escript  en 
GrîTC,  &  maintenant  expose  en  rythme  Francoyse  (par 
Gilles  CORROZET),  i543.  On  les  ucnd  en  la  i^rand  salle 
(lu  Palais  en  la  boulirpie  de  Gilles  Corrozet.  (A  hi  fin  :).... 
Imprime'  nouuellemmt  à  Pat  is^  par  Denys  lanoty  iinpri" 
meur  du  lîoy  en  langue  Francoyse,  i543.  Pet.  in-8,  de 
6i  ff.;  mar.  vert,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  [Kœhler). 

Charmante  édition,  ornée  de  29  vignettes  dans  de  jolis  encadrements 
de  style  Renaissance.  La  plupart  se  rapprochent  du  style  des  vignettes 


256  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

que  Geofroy  Tory  avait  données  dans  son  Champ  fleûry.  Quelques-unes  des 
gravures  sont  archaïques.  La  première  porte  un  monogramme  composé 
des  lettres  J.  F.,  qui  doit  être  celui  de  J.  Ferlato,  «  dessinateur  gothique 
du  jeune  temps  de  Jean  Cousin  »,  comme  l'appelle  Papillon.  Une  gravure 
représentant  le  Banquet  est  de  Jean  Cousin  lui-même  ;  elle  reparaît  dans 
la  Tapisserie  de  V église  chrestienne  (voir  ci-dessous).  M.  Didot  T.a  fait  re- 
produire  dans  le  Recueil  des  œuvres  choisies  de  cet  ailiste. 
Très  bel  exemplaire,  de  la  bibl.  Cigongne. 

481.  (OSIANDER,  A.)  Harmoiiiç  Euâgelicœ  librî  quatuor. 
ParisiiSy  ex  officina  Dionysii  lanoliTypographi  Iiegii\  1544* 
cum  privUrgio.  Pet.  in-8;  mar.  rouge,  jans.,  tr.  dor.  {Cham- 
bolle.-Duru), 

«  Ce  volume  des  Harmonies  évangéîiques,  d'une  extrême  rareté,  pré- 
sente 97  gravures  sur  bois  dignes  d'une  attention  toute  particulière.  Elles 
sont  parfaitement  gravées,  et  bien  tirées  typographiquement.  Leur  dessin 
est  supérieur  à  celui  de  Bernard  Salomon,  dont  Papillon  fait  un  élève  de 
J.  Cousin,  et  qui  n'a  commencé  à  produire  quelques  œuvres  de  gravure 
importantes  que  vers  4553,  c'est-à-dire  neuf  ans  plus  tard.  La  gravure  sur 
bols  prend  ici  un  beau  et  grand  caractère,  que  je  n'hésite  pas  à  attribuer 
à  Jean  Cousin.  »  (Pour  plus  de  détails,  voir  Didot,  CaL  rais.^  n«  638,  et 
Étude  sur  J.  Cousin,  p.  149.)  Deux  de  ses  gravures  sont  reproduites 
dans  le  Recueil  des  œuvres  choisies  de  cet  artiste. 

Très  bel  exemplaire. 

482.  La  Tapisserie  de  Téglise  chreslienne^et  catholique  :  en 
laquelle  sont  depaincfes  la  Natiuité,  Vie,  Passion,  Mort  et 
Résurrection  de  noslre  Sauueur  et  Rédempteur  lésvs  Christ. 
Aiiec  vn  huictain  soubz  chacune  hystbire  pour  rintelligence 
d'icelle.  --/  Pnris  da  Fimprimerie  d Esdenne  Groulleau, 
démoulant  en  la  rue  Neuue  nostre  Dame  à  C enseigne  saint 
lan  Batiste,  i55i.  In-i6,  de  io4  ff.,  sîgn.  A-N  par 
8,  caract.  îtal.;  rnar.  rouge,  tr.  dor.  {une.  reL). 

Précieux  recueil  de  figures  qu'on  peut  appeler  la  Fetite  Bible  de  Jean 
Cousin.  Édition  non  citée  par  Brunet,  qui  ne  mentionne  que  celle  de  1549, 
composée  du  même  nombre  de  feuillets,  mais  n'ayant  que  186  figures, 
tandis  que  celle-ci  en  contient  190.  La  première  édition  en  avait  été 
donnée  par  Denis  Janot  vers  1 544,  mais  on  ne  connaît  aujourd'hui  aucun 
exemplaire  ni  de  l'une  ni  de  Fautrc.  Les  huitains  en  vers  sont  de  Gilles 
Corrozet,  dont  une  épitre  au  lecteur  se  lit  au  commencement.  (Pour  plus 
de  détails,  voir  Didot,  Étude  sur  Jean  Cousin,  pp.  148-152.) 

En  debors  du  présent  exemplaire,  qui  est  bien  conservé,  on  ne  coimatti 
de  la  même  édition,  que  l'exemplaire  de  la  Bibliothèque  nationale,  rogné 
à  la  lettre  et  dans  un  triste  état.  Celui-ci  provient  de  la  bibl.  de  M.  le 
baron  J.  Pichon.  La  reliure  porte  les  initiales  H  D  liées.  > 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  257  - 

483.  (COLONNA,  F.)  Hypnerotomachie  ov  Discours  du  songe 
de  Poliphîle,  Déduisant  comme  Amour  le  combat  à  Tocca- 
sion  de  Polia.  Soubz  la  fiction  de  quoy  l'aucteur  mons- 
trant  que  toutes  choses  terrestres  ne  sont  que  vanité, 
traicte  de  plusieurs  matières  profitables,  et  dignes  de  mé- 
moire. Nouuellement  traduict  de  langage  Italien  en  Fran- 
çois. A  Paris  pour  laques  Krruer,  i54ô.  (A  la  fin  :  )  ///i- 
prJLrné  pour  laquts  Keruer.,,  par  Loys  Cytuieus,  le  xx  iour 
dAousl,  Van  M.D.XLII  (i  54^)-  In-fol.;  mar.  rouge,  fil., 
à  compart.,  tr.  dor.  [Pclit). 

Première  édition  de  cette  imitation,  due  à  Jacques  Gohory  et  reyue 
par  Jean  Martin,  de  la  célèbre  IJypnerotomachia  de  François  Colonna  im- 
.       primée  en  1499  par  Aide  Manuce. 

«  Les  186  gravures  sur  bois  de  cette  version  française,  dit  M.  Didot 
{Cat,  rais,,  n"  648),  sont  des  imitations  libres  des  dessins  de  Tédition  al- 
dine;  mais  elles  sont  plus  gracieuses,  plus  souples  et  marquées  fortement 
du  style  français  de  la  Renaissance.  Le  paysage,  Tarchitecture  décèlent 
un  art  plus  avancé,  en  même  temps  qu*un  peintre  savant  dans  rarchitec- 
tnre  et  la  perspective.  » 

Ces  gravures  ont  souvent  été  attribuées  à  Jean  Goujon,  mais  M.  Didot, 
appuyé  sur  Topinion  de  Téminent  Renouvier,  a  démontré,  à  l'aide  de 
rapprochements  originaux,  et  d'une  manière  qui  semble  être  défmitive, 
que  cette  œuvre  magistrale  est  bien  de  Jean  Cousin  (voir  Cat,  rais., 
n°  648,  et  Étude  sur  J.  Cousin,  pp.  1 78-184).  Dans  le  Recueil  des  œuvres 
choisies  de  ce  maître,  M.  Didot  a  donné  la  reproduction  du  magnifîque 
encadrement  du  titre  de  ce  volume,  ainsi  que  celle  d'une  gravure  très 
caractéristique,  mise  en  parallèle  avec  l'original  italien. 

Magnifique  exemplaire,  non  lavé.  La  planche  du  Sacrifîce  à  Priape  est 
intacte. 

484.  L'Amovr  de  Cvpido  et  de  Psiclie,  mère  de  volvpté, 
prise  des  cinq  et  sixiesme  liures  de  la  Métamorphose  de 
Lucius  Apuleius  Philosophe.  Nouuellement  historiée,  & 
exposée  tant  en  vers  Italiens  que  Françoys  (par  Jean  Mau- 
gin,  dit  le  Petit  Angevin).  A  Paris^  fie  Cimpr,  de  Innne  de 
Marnefj  vefue  de  Jeu  Denis  lanot,.,  1 546.  In-i6,  de  48  ff.; 
veau  fauve  [anc.  reL), 

Chef-d'œuvre  de  la  gravure  sur  bois  et  de  l'imprimerie  en  France. 

Ce  ravissant  petit  volume  contient,  outre  les  encadrements  et  les 
passe-partout,  une  imitation,  fort  bien  réussie,  des  32  gravures  en  taille- 
douce  exécutées  par  Augustin  Vénitien,  Marc-Antoine  et  ses  élèves,  d'a- 
près les  célèbres  cartons  de  Raphaël.  On  a  attribué  ces  délicieuses  vi- 
gnettes au  Petit  Bernard,  mais  M.  Didot,  d'accord  avec  M.  VioIIet-le-Duc, 
les  croit  plutôt  de  Jean  Cousin.  (Pour  plus  de  détails,  voir  Didot,  Coi, 
rais.,  n°  639;  Étude  sur  J,  Cousin,  pp.  153-157,  et  Recueil  des  CBUvres  de 
cet  artiste,  où  une  vignette  de  ce  vol.  est  reproduite.) 

il 


Î58  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

• 

Cette  édition  est  la  première  (privilège  da  14  août  et  TacheTÔ  d'im- 
primé du  io  sept.  Vôiù).  Jean  Maugin,  dit  le  Petit  Angevin,  ^aductear  des 
vers  italiens,  y  a  fait  insérer  à  la  fin  un  avis  aux  lecteurs  où  il  nous  in- 
forme que  les  gravures  de  ce  livre  sont  des  copies  des  planches  italiennes 
taillées  en  cuivre.  Cet  avis  ne  se  trouve  plus  dans  l'édition  suivante. 

Très  bel  exemplaire  de  ce  volume  extrêmement  rare. 

483.  L'Amour  de  Cupido  et  de  Psiclié  mère  de  volupté...  j4 
Paris, par EstienneGrotilleaUj  lÀhrairc.j  1 507,  In-iG;  mar. 
bleu,  fil.,  orn.  en  mosaïque,  riche  dent.,  tr.  dor.  {Lortfc). 

«  Charmant  exemplaire  de  la  seconde  édition,  conforme  ^  la  première, 
sauf  des  variantes  dans  les  encadrements  et  dans  les  pièces  accessoires. 
Une  légère  transposition  se  remarque  au  frontispice  du  VlainxX  du  vaincu 
d^ amour,  »  (Didot,  Cat,  raù,,  n°  639  his.) 

486.  Les  Figvres  de  TApocalipse  de  Saint  lan  apostre  &  der- 
nier Euangeliste,  exposées  en  Lalin  &  vers  François  (par 
lean  Mangin).  Â  Paris,  de  Timpr.  dEstienne  Groulleau.^., 
i5/i7.  Très-petit  in-8,  de  3i  ff.  —  Dix  Histoires  du  Nov- 
veav  Testament,  exposées  tant  en  Latin  que  rilhme  Fran- 
çoyse.  Auecq'  vn  cantique  Chreslien,  en  faueur  de  ceux 
qui  ayment  les  saintes  &  sacrées  chansons.  Par  le  petit 
Angeuin.  Pet.  in-8,  de  iG  ff.  ¥a\  i  vol.;  mar.  brun,  lii;  à 
fr.,  ornem.,  tr.  dor.  (Lorfic). 

«  Ce  livre,  aussi  rare  que  précieux,  est  une  des  plus  charmantes  pro- 
ductions de  la  meilleure  époque  de  la  gravure  sur  bois  en  France.  On  y 
trouve  de  fréquentes  réminiscences  de  FApocalypse  de  Durer  et  la  réduc- 
tion de  ces  grandes  pages  en  un  si  petit  format  est  le  tour  de  force  d'an 
maître.  »  (Didot,  Cat,  rais,,  n*  640.) 

Les  vignettes,  encadrées,  sont  au  nombre  de  27  pour  le  premier 
opuscule,  et  de  iO  pour  le  second;  c'est  surtout  dans  ces  dernières  que  le 
style  de  J.  Cousin  est  visible.  Une  de  ces  belles  pages  est  reproduite  dtns 
le  Recueil  des  œuvres  choisies  de  cet  artiste. 

Magnifique  exemplaire. 

187.  LACTANCE.  Lactance  Firmian  des  Divines  Institutions^ 
contre  les  Gentils  et  Idolâtres,  nouuelleniët  recogneu  aux 
premiers  exemplaires  &  imprimé  auec  histoires.  Traduict 
de  Latin  en  Frâcoys,  Declié  au  Treschrestien  Roy  de 
France,  par  René  Famé,  Notaire  &  Secrétaire  dudict  Sei- 
gneur. --/  Paris,  par  EAticnne  Gmulleau  en  la  Rue  neufue 
nosire  Dame  à  Crnscii^ne  sainct  lehan  Baptiste,  i55i .  Pet. 
in-8,  de  16  ff.  prél.  et  774  pp.  cliiff.;  mar.  rougjs,  fil.  à 
froid,  tr.  dor.  {^Duru). 

Édition  inconnue  à  tous  les  bibliographes  et  la  première  des  denx  pa- 


0  U  V  a  A  G  ES  JE^  T  0  UX  G  SN  {tfî.  ;  m» 

bliées  par  GrooUeau  qai  pous  soient  parvenues,  biea  que  l'existence  d'-an!^ 
édition  donnée  par  le  même  imprimeur  avant  1548  nous  paraisse  hors  de 
doute.  Elle  est  ornée  de  179  gravures,  dont  beaucoup  se  répètent^  gra- 
vures provenant  de  sources  diverses.  Vu  certain*  nombrcv  d*enlré  elles 
avaient  di'jà  figuré  dans  la^  Tapisserie  chrétienne,  dans  \é^  Hùrniônie  evan- 
gelice  et  ailleurs,  et  Papillon  les  attribue  à  i.  Cousin.  Sur  le  nombre  total, 
•  huit  gravures  (dont  cinq  médiocres,  et  trois  seulement  pouvant  être  attri- 
buées à  Tartiste  sénonais)  ne  reparaissent  plus  x^ans  Tédition  suivante  de 
Groulleau,  celle  de  1555,  dont  M.  Didotn^a  pu  trouver  un  seul  exemplaire 
dans  les  bibliothèques  de  Paris;  nous  devons  cette  constatation  à  M,  Tabbé 
Kœnig,  vicaire  à  Saint-Eustache,  à  Paris,  qui  a  bien  voulu  comparer  mi- 
nutieusement notre  édition  de  1551  avec  Icxemplairè  rarissime  qu'il  pos- 
sède de  celle  de  1555  (un  exemplaire  de  cette  dernière  a  figuré  à  la  vente 
Yemeniz).  , ,  ^   , 

Le  présent  exemplaire  est  actuellement  LE  SEUL  CONND;  il  est  dahs 
une  condition  irréprochable. 

488.  LAlCTANCE.  Lactancé  Firmian  des  Diuines  Institutions 
contre  les  Gentilz  et  Idolâtres,  nouuellement  imprimé  auec 
histoires.  Traduict  de  Latin  en  Francoys,  Dédie  ay-roy 
de  France,  par  René  Famé,  Notaire  et -secrétaire  dudit 
Seigneur.  PariSy  lehan  RueKey  dernuarariten  la  Rue  Sainct 
lacques  à  tenseii^ne  de  la  queue  de  Rrgnard^  i54ti.  In-i6, 
de   i6  ff.  prél.  et  774  pp.;  veau  fauve.         '    ' 

Précieuse  édition,  non  citée  au  Manuel,  Elle  contient  179  gravures, 
dont  beaucoup  se  répètent,  ce  qui  réduit  bs  sujets  différents  à  74  seule- 
ment. M.  Didot  a  constaté  {Étude  sur  J.  Cousûi,  pp.  162-164)  que  la  plu- 
part de  ces  planches  ne  sont  que  des  copies  des  gravures  originales  des 
-  Harmonie  evangelice,  de  la  Tapisserie  chrétienne  et  de  V Amour  de  Cttpido 
et  de  P.4ché;  copies  faites  avec  une  telle  fidélité,  qu'il  faut  Un  œil  bien 
exercé  pour  s'en  apercevoir.  La  comparaison  de  cette  édition  avec  celle  de 
1551,  décrite  ci-dessus,  à  laquelle  elle  est  conforme  presque  page  pour 
,  page,  prouve  que  c'est  une  contrefaçon  admlMbî^ment  réussie  d'une 
édition  de  Lactancé  donnée  par  Groulleau  avant'  15i8,  mais  dont  on  n'a 
pas  encore  découvert  d'exemplaire.  ... 

Celui-ci  est  actuellement  le  SEUL  CONNU. 

489.  HORUS  APOLLO.  Ori  Apollinis  NiHaci^  de  sacrîs  notis 
&  sctilpturislibri  duo...  P(n^isifs,apud  lacôbuni  Keruet\..j 
1 55 1.  ln-8;  vél.  blanc  (/lA/c. /'/^A).  . 

«  Cette  belle  édition  a  été  exécutée  par  le  célèbre;  ipiprimeur  de  grec 
G.  Morel  pour  Jacques  Kerver;  elle  contient  195  emblèmes  (dont  5  se  re- 
pètent), savamment  dessinés  et  gravés,  qui  n'Ont  qM'^ua  rapport  très  éloi- 
gné avec  les  hiéroglyphes  des  Içlgyptiens.  Ces  emblèmes  0e  ^ont.  pas  enca- 
drés. Papillon  les  atttibue.à  Jean  Cousin.  »  (Didot,  Cairrais.,  n^  645.) 

Très  bel  exemplaire  4e;c6  Hvre:  rare..  ..  s.  ..:...  i... 


160  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

490.  HORUS  APOLLO.Orî  Apollinis  Niliaci,  de  Sacris  iEeyp- 
tiorum  notis  i£gyptiacè  expressis  libri  duo  iconibus  iilus- 

-  trati  et  aucti...  Pansus ^  apud  Galeolum  à  Prato  et  loan- 
'  nem  Ruellium  :  via  luœbasa,  iSy^.  in-8;  mar.  brun,  fil. 
à  fr.,  orn.,  li\  dor.  [Lortic). 

«  Ce  charmant  volnme  contient  194  emblèmes  encadrés ,  dont  qael- 
qaes-uns  sont  esécatés  avec  une  finesse  de  barin  et  une  adresse  remar- 
quables. Ce  sont  les  mômes  (moins  trois)  qui  avaient  figuré  dans  Tédi- 
lion  de  Jacques  Kerver.  Beau  frontispice  de  Jean  Cousin.  »  (Didot,  Cat. 
rais.,  n»  645  fer,) 

Très  joli  exemplaire. 

491.  PETRARQUE.  Les  Triumphes  Petrarqve...  Amovr  vaînq 
le  monde.  //  Paris..*  Par  Eslienne  Groulleau...  i554.  (Au 
v*  du  f.  287  :  )  Cy  finissent...  imprimez  nouuellement  à 
Paris  par  Es  tienne  Groulleau.  In- 16,  de  290  ff.  ch.  ;  mar. 
rouge,  fil.,  Ir.  dor. 

«  Ce  petit  volume  est  curieux.  Le  texte  répond  souvent  à  la  naïveté 
un  peu  libre  de  quelques-unes  des  gravures.  Les  vignettes,  la  plupart  de 
rassortiment  et  dont  quelques-unes  se  répètent,  sont  au  nombre  de  448. 
Plusieurs  sont  une  pure  imagerie  dans  le  genre  des.  premières  illustrations 
de  Denys  Janot,  mais  un  certain  nombre  ont  du  mérite.  Quelques-unes 
ont  figuré  dans  le  Laciance  de  Groulleau.  Enfin  douze  d'entre  elles  sont 
imitées  des  Simulacres  de  la  mort  et  de  la  Bible  de  Holbein,  ce  qui  prouve 
la  popularité  do  ces  belles  compositions.  Quelques-unes  d'entre  elles 
pourraient' être  attribuées  à  Jean  Cousin.  »  (Didot,  Cat.  rais.^  n*  650.) 

Le  dernier  f.  porte  au  t^  la  marque  de  Groulleau,  et  les  trois  pages 
qui  précèdent  contiennent  les  Visions  de  Pétrarque  translatez  par  Clb- 

MBNS  (sic)  MaROT. 

Bel  exemplaire  de  ce  volume  rare. 

492.  FOULLON  (A.).  Vsaige.  ||  et;  description  ||  de  rholometre. 
Povr  scauoir  mesvrer  ||  toutes  choses  qui  sout  soubs  Pes- 
tanduê  de  ||  Toeil  :  Tant  en  longueur  et  largeur,  qu'en  hau-|| 
teur  et  profondité.  Inuenté  par  Abel  Foullon  ||  Vallet  de 
chambre  du  Roy....  ^4  Paris^  i555.  Gr.  in-4i  *îgD*  A-l 
par  4  ;  niar.  La  Valliére,  fil.  à  fr.,  tr.  dor.  [Hagué). 

Belle  édition,  qui  parait  être  la  première  de  cet  opuscule  excessivemeiit 
rare.  Elle  est  sans  doute  sortie  des  presses  de  Vascosan.  a  D  s'y  trouye, 
dit  M.  Didot  (Cat.  rais.f  n^  648  bis),  deux  grandes  planches  répétées  et 
quelques  petites  qui  ne  sauraient  être  attribuées  qu'à  Jean  Cousin  (voirie 
Peintre-Graveur  français,  t.  IX,  p.  323,  appendice  par  M. G.  Duplessis,  elle 
Recueil  des  oeuvres  choisies  de  J.  Cousin).  Le  privilège,  daté  de  4551»  nous 
apprend  que  Foullon  est  Tinventeur  d*un  procédé  ce  pour  réduire  tti  etâvre, 
argent  ou  autre  métal  solide,  les  caractères,  lettres'  et  plandies:  qae  les 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  2èl 

fondearSy  tailleurs  et  autres  artisans  ont.  acoustumé  faire  en  plomb,  estain 
et  bois.  >»  Ce  procédé,  qui  semble  être  une  sorte  de  clichage,  obtient  id, 
par  commandement  de  Henri  II,  concurremment  avec  FHoIomètre  et  sa 
description,  un  privilège  de  dix  ans.  »  Ce  volume  est  en  outre  fort  curieux 
par  la  préface  où  Foui  Ion  nous  révèle  un  fait  inconnu  jusque-là  :  il  avait 
traduit  en  français  les  huit  premiers  livres  de  Vitruve,  et  ce  travail  lui 
ayant  été  soustrait,  a  été  publié  sous  un  autre  nom.  Il  ne  peut  être  ques- 
tion ici  que  de  la  traduction  imprimée  en  15i7  avec  le  nom  de  Jean  Martin 
et  ornée  des  gravures  de  Jean  Goujon  (voir  plus  haut  le  n?  296).  ' 

SEUL  EXEMPLAIRE  CONNU,  admirablement  conservé.  M.  Didot  l'a 
dû  à  Tobligeance  de  M.  Destailleur. 

493.  PASCHALIUS  (P.).  Henrici  II  Galliarvm  régis  elogivm, 
cvm  eivs  verissime  expressa  effigie,  Petro  Paschalio  avtore; 
eiusdem  Henrici  tvmvivs  avtore  eodem.  Lvtetiœ  Parisio- 
rurn^  apud  Michaëleni  Fascosanum,  i56o.  In-fol.;  mar. 
brun,  comp.  à  fil.,  ornera,  à  fr.,  tr.  dor.  [anc.  reL). 

«  Livre  précieux,  tiré  à  si  petit  nombre  qu*on  a  cru  longtemps  qu'il  n'en 
existait  que  cinq  exemplaires.  Le  portrait  de  Henri  II,  qu'il  contient,  est 
gravé  en  taille-douce  par  Etienne  de  Laune,  élève  de  J.  Cousin  (voir 
Robert-Dumesnil,  t.  IX,  p.  94)  ;  il  est  très  beau  et  très  rare.  Mais  ce  qui 
.  fait  surtout  le  mérite  de  cette  plaquette,  c'est  la  gravure  sur  bois  repré- 
sentant le  tombeau  de  Henri  II,  composé,  dit-on,  par  le  Primatice,  gra- 
vure dans  laquelle  cependant  on  ne  saurait  méconnaître  le  style  de  Jean 
Cousin.  »  (Didot,  Cai,  rais.,  n^  ♦)o2.)  Cette  gravure  est  reproduite  dans  le 
B.ecueil  des  œuvres  choisies  de  J.  Cousin. 

Magnifique  exemplaire,  revêtu  d'une  reliure  du  temps,  avec  ornements 
du  plus  beau  style,  et  le  portrait  d'Henri  II,  en  bas-relief,  au  centre  dei 
plats,  dans  un  médaillon. 

494.  LOARTE  (G.).  Les  Medi talions  de  la  Passion  de  Nostre 
Seigneur  Jesus-Christ  avec  lart  de  MeU/tf^r  mises  en  Fran- 
çois de  l'italien  par  Révérend  Père  et  Doctenr,  Gaspard 
Loart  de  la  Compagnie  de  Jésus,  Dédiées  au  Roy.  Â  Parisy 
chez  Thomas  Brumeiiy  demeurant  au  Clos  liruneau  à  ren- 
seigne de  VOthier^  1578.  A^'ec  permission.  In-ia,  de 
78  ff.  ch.  et  2  ff.  n.  rh.;  mar.  olive,  armes  et  couronne 
d'Henri  III,  tr.  dor.  [reL  du  temps). 

Volume  précieux,  décrit  pour  la  première  fois  par  M.  Didot  [Qat.  rais., 
n?  890).  II  est  orné  de  dix-neuf  charmantes  gravures  sur  bois.  «  On  y  re- 
connaît partout,  dit  M.  Didot,  le  grand  style  de  J.  Cousin  et  sa  science  des 
raccourcis  ;  l'architecture  dans  le  paysage  a  aussi  le  caractère  qui  lui  est 
particulier.  »  (Pour  plus  de  détails  voir  aussi  Étude  sur  J.  Cousin,  et  le 
Recueil  des  œuvres  choisies  de  cet  artiste,  où  sont  reproduites  trois  gra- 
vures de  ce  petit  volume.) 

EXEMPLAIRE  DE  DÉDICACE  AU  ROI  HENRI  III,  imprimé  sur  vélin, 


!rtî  LlVftES  A  PlGUtlES  SÛR  BOIS. 

'  et  revêtu  dé  sa  première  reliure  au  chiffre  et  aux  armes  de  ce  souverain  ; 
nous  en  donnons  une  reproduction  au  catalogue  illustré.  Un  f.  de  la  dédi- 
cace manque,  mais  le  présent  exemplaire  est  réputé  UNIQUE.  Les  gra- 
vures sont  parfaitement  gouachées. 

493.  OVIDE.  Les  XXT  Epîstres  d'Ovide.  Les  dix  premières 
sont  traduites  par  Charles  Fontaine  Parisien;  le  reste  est 
par  lui  reun,  et  augmenté  de  Préfaces.  Les  Amours  de  Mars 
et  Venus,  et  de  Pluton  vers  Prosorpine,  imitacion  d'Ho- 
mère et  d'Ouide.  y4  Paris,  chez  Uievosme  de  Manief]  et 
Guillaume  Cauellat,,..  1571.  In-i6,  de  44^  PP- et  2  ff .  ; 
mar.  rouge,  fiK,  tr.  dor.  [Lor/ic). 

La  dédicace  à  M™®  de  Crussol  est  datée  de  Lyon,  1*'  mai  1550.  Ce 
charmant  volume,  imprimé  en  caractères  italiques,  est  d'une  rareté  ex- 
trême, au  point  qu'avant  l'acquisition  du  présent  exemplaire,  M.  Didot 
n'en  a  connu  qu'un  seul,  conservé  à  la  Bibliothèque  oationale.Ml  est  orné 
de  vingt-trois  gravures  sur  bois  d'un  beau  style  et  que  Papillon  attribue 
à  Jean  Cousin.  (Voir  Didot,  Étude  sur  Jean  Cousin,  pp.  Jf'»8-169.) 

Les  traductions  contenues  dans  ce  volume  sont  en  vers.  Parmi  les 
onze  dernières  épîtres,  la  16°  et  la  17®  ont  été  traduites  par  de  Saint* Am- 
brois  ;  les  deux  suivantes,  par  de  Saiht-Romat  (dont  la  devise  est  :  Ne  pis 
ne  mieus);  les  sept  autres  sont  de  l'ancienne  traduction  d'Oct.  de  Saint- 
Gelais.  Les  Amours  de  Mars  et  de  Vénus  et  le  Ravissement  de  Proserpine 
ont  été  traduits  par  Joach.  du  Bellay.  Mais  ce  que  le  titre  n'annonce  pas, 
c'est  qu'on  y  trouve  les  Amours  de  Leander  et  Ilêro^  de  Musée,  traduits  en 
rime  francoise  par  CLÉMENT  MA  KO.  Cette  traduction  est  précédée  d'une 
longue  épîtrc  on  vers  sur  ce  transhit,  épître  qui  porte  la  devise  ci-dessus  : 
'     Ne  pis  ne  mieus,  en  guiso  de  signature. 

Très  joli  exemplaire. 

496.  ESOPE.  Les  Fables  et  la  Vie  d'Esope  Phrygien,  traduites 
de  novveau  en  françois  selon  la  vérité  grecque.  Novvelle- 
ment  augmenteez  et  enrichies  de  plusieurs  figures  tant  en 
la  Vie,  que  ez  Fables  d'iceluy,  non  encore  par  cy  devant 
imprimées.  ^  Paris,  chez  Hierosme  de  Alarnef&i  la  veufoe 
de  Guillaume  Cas^ellat...^  i58a.  In-i6,  de  224  pp.,  plus 
4  lï.  de  table;  veau  racine  [fine.  reL). 

SEUL  EXEMPLAIRE  CONNU  de  cette  édition  ornée  de  150  vignettes 
sur  bois,  dont  34  pour  la  Vie  d'Ésope  et  1 1 0  pour  les  Fables.  Celles  de  la 
Vie  d'Ésope  sont  très  remarquables  par  leur  style  ^  et  Ton  y  reconnaît 
:  facilement  le  talent  de  J.  Cousin,  à  qui,  d'ailleurs,  Papillon  les  attribue  for- . 
mollement.  Parmi  celles  des  Fables,  23  ont  été  copiées  sur  celles  de  Tédi- 
!  :  tion  de  De  Tournes  de  155 1 ,  ou  avant;  en  revanche,  sans  doute  i^arvm  genti- 
ment de  réciprocité.  De  Tournes  a  copié,  pour  ses  éditions  à  lui,  48  desIKS  tî- 
gnettes  originales  de  cotte  édition-ci.  Les  quarante-quatre  antres  gi^yoros 
< .     ne.  figurent  nulle  part  ailleurs  ;  «  elles  portent,  dit  M.  Didot,  généralement  le 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.  «63 

grand  caractère  de  J.  Cousin  et  se  distinguent  aussi  par  rexcellence  de 
leur  gravure,  de  môme  que  les  trente-quatre  vignettes  de  la  Vie  d'Ésope 
{Étude  sur  J.  Cousin,  pp.  171-174).  »  Trois  de  ces  gravures  sont  reproduites 
dans  le  Recueil  des  osuvres  choisies  de  /.  Cousin, 


ANON^TiES. 

497.  JOVICS  (P.).  Pauli  louii  INouocomcnsis  vite  diiodecim 
vicecomitum  Mediolani  principum.  Ex  bibliotheca  regia. 
Lutetisej  ex  ojf.  Rob,  Stepluiai,  i549.  In-4;  mar.  rouge, 
fil.  à  fr.,  tr.  dor.  {Duru). 

«  Ce  beau  volumo,  parfaitement  imprimé,  contient  dix  portraits  sur 
bois  d'un  trôs  beau  style  et  d'une  excellente  exécution,  tous  marqués  de 
lacioix  de  Lorraine.  »  (Didot,  Cat.  rais.,  n°  665.) 

Magnifique  exemplaire. 

498.  BELON  (P.).  L'histoire  naturelle  des  estranges  poissons 
marins,  auec  la  vraie  pcincture  et  descriplion  du  Danlpliin 
et  de  plusieurs  autres  de  son  espèce,  obseruee  par  Pierre 
Belon  du  Mans.  ^  PnriSy  de  f imprimerie  de  /trgnaud 
C/iniidiere^    i55i.    ln-4;    mar.    vert,    fil.    à   fr.,  tr.   dor. 

«  Les  poissons  sont  l>icn  dessinés  et  bien  gravés  sur  bois.  La  grande 
marque  do  Chaudière,  d'une  belle  exécution,  porte  la  croix  de  Lorraine.  >» 
(Didot,  Cat.  rais.,  n*»  666.) 

Superbe  exemplaire. 

499.  Recueil  de  la  diuersite  des  habits  qui  sont  de  présent 
en  usage,  tant  es  pays  d'Europe,  Asie,  Affrique  et  Islies 
saunages.  Le  tout  lait  après  le  naturel,  yf  Paris^  de  timpr. 
de  liichftrd  Hreloii,  i5(i7.  ln-8;  mar.   rouge,  fil.  à  fr.,  tr. 

-   dor.  [Dur II). 

C'est  probablement  le  plus  ancien  recueil  de  costumes  qui  ait  été 
publié  sous  forme  de  livre,  et  il  est  fort  rare.  II  contient  121  gravures  en- 
cadrées. Le  texte  ne  consiste  qu'en  quatrains  français,  composés  par  Fran- 
çois Descerpz,  qui  s'est  nommé  dans  la  dédicace  au  prince  Henri  de  Bour- 
bon (depuis  Henri  IV).  Ce  volume  a  joui  d'un  grand  succès  dans  son 
temps,  et  il  a  été  copié  par  Antoine  Bosch,  dit  Silvius  [Omnium  fere  gen- 
tium...  habitas;  Antverpiœ,  1572;  in-8). 

Très  bel  exemplaire. 

500.  BILLON  (Fr.  de).  Le  Fort  inexpvgnable  de  Thonnevr 
dv  Sexe  Femenin,  construit  par  Françoys  de  Billoii  Secré- 
taire.    PariSy    laii   d'Allyer,   i555.    (A  la  fin:)    Ackeué 


864  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

(C imprimer  a  Paris  le  premier  iour  d Auril^    i555.  In-4  ; 
veau  fauve,  dos  orné  [anc.  ret.). 

Livre  bizarre,  mais  rempli  de  curieux  détails.  Sur  le  titre  se  trouye  un 
beau  portrait  de  l'auteur,  à  l'âge  de  treute-trois  ans,  avec  cette  devise  : 
Semper  probata  secutus;  il  est  répété  au  v«  du  f.  117.  En  regard  du  pre- 
mier chapitre,  une  grande  figure,  représentant  un  fort  défendu  par  des 
femmes,  occupe  toute  la  page;  elle  se  répète  six  fois  dans  le  corps  de 
l'ouvrage.  Celle  du  f.  121  v*>,  représentant  V Allocution  de  la- Plume  (sons 
la  figure  d'un  jeune  guerrier)  à  une  réunion  de  dames,  est  bien  mieux 
gravée  ;  on  la  retrouve  encore  deux  fois.  La  première  page  de  chaque 
chapitre  est  entourée  d'un  très  joli  encadrement,  composé  de  différents 
objets  de  matériel  de  guerre  et  de  siège.  Cet  encadrement  a  reparu  au 
titre  du  Solitaire  premier,  par  Pontus  de  Tyard;  Paris,  Galiot  du  Pré  (vers 
1 575)  ;  in-4. 
•     Très  bel  exemplaire. 

501.  OVIDIUS.  Métamorphoses  Ovidii....  illustratœ,  per 
M.  loan.  Spiengium  Augustan.  Unà  cum  arlificiosis  pictu- 
ris,  [)ra*cipaas  historias  apte'  repraesentantibus.  Parisiis, 
apudHieronyinuin  de  Marne/ elGulielmumCauellat...  1570. 
In-16;  mai .  bleu,  fleur.,  tr.  dor.  [iNiedrée), 

«  Édition  ornée  de  1 78  compositions  contrefaites  de  la  Métamorphose 
figurée  du  Petit  Bernard,  publiée  à  Lyon  par  Jean  P'  de  Tournes  en  1557. 
Son  fils  s'en  plaint  dan6  son  Olympe  de  1507.  Quelques-unes  de  ces  copies 
sont  habilement  exécutées,  et  le  volume  est  fort  joli.  »  (Didot,  Cat,  rais.^ 
n*  694;  voir  aussi  Étude  sur  J.  Cousin,  p.  171.) 

Charmant  exemplaire. 

502.  OVIDE.  Les  quinze  livres  delà  métamorphose  d*0  vide 
interprétez  on  rime  Françoise,  selon  la  phrase  latine,  par 
François  Habert  d'Yssouldun  en  Berry  et  par  luy  présentez 
au  Roy  Henry  II.  Nouuellcynent  enrichiz  de  figures  non 
encore  par  cy  deuant  imprimées.  //  Paris,  de  Pimprimerie 
de  Hierosme  de  Marne/  et  Guillaunie  Cauellal,  ^^ik* 
In-iG;  mar.  rouge  du  Levant,  fil.  à  fr.,  fleur.,  tr.  dor. 
[Lorlic). 

Charmante  édition  imprimée  en  caractères  italiques. 

Ces  figures,  que  l'éditeur  dit  «  non  encore  par  ci-devant  imprimées  »» 
sont  les  mômes  178  vignettes  du  numéro  précédent,  miens  tirées  qae  les 
planches  lyonnaises,  dont  elles  sont  la  contrefaçon. 

Magnifique  exemplaire. 


OUVRAGES  EN  TOUT  GENRE.         465 


JEAN   LE  CLERC. 

503.  Abbrégé  de  l'Histoire  Fraçoise,  âuec  les  Effigies  des 
Roys,  depuis  Pharamond  iusques  au  Roy  Henri  iiij,  tirées 
des  plus  rares  &  excellentz  Cabinetz  de  la  France  par 
H.  C.  Edition  troisiesme  reueiié  &  augmentée  de  nouueau. 
Pavis^  lean  le  Clerc,  iSgô.  In-fol .  ;  mar.  bleu,  fil.  à  çom- 
part.,  tr.  dor.  \Hardj). 

«  Les  65  portraits  de  rois  de  France,  gravés  sur  bois  (à  Tôxception  du 
dernier,  celui  de  Henri  IV,  qui  est  en  taille-douce  et  d'une  très  belle  exé- 
cution), et  surtout  les  bordures  des  pages,  très  bien  dessinées,  donnent  du 
prix  à  ce  livre,  devenu  rare.  Jean  Le  Clerc,  de  Paris,  éditeur  de  cet 
ouvrage,  en  a  gravé  lui-même  les  planches.  »  (Didot,  Cat.  rais.,  n^  709.) 

Magnifique  exemplaire. 

Saint-Nicolas  du  Port. 

504.  BLARRORIVO  (P.  de).  Pétri  de  Blarrorivo  Parhisîani 
insigne  Nanceidos  opvs  de.  belle  nanceiano.  Hac  primvra 
exaratvra  elimatissime  nvperrime  in  Ivceni  emissvm.  (A  la 
fin  :  )....  Impressuni  in  celebri  Lotharingie  pago  diui  Ni- 

cola i  de  porta  Per  Petiû  lacobi phrih  loci paganû  .anno 

MDXf^ni {i5\8)  iVonas  lanuar.  In-fol.;  mar.  rougo,  avec 
comp.  de  mar.  vert. 

Ce  poème  épique,  dont  la  défaite  de  Charles  le  Téméraire  devant 
Nancy  a  fourni  le  sujet  à  Pierre  de  Blarru,  chanoine  de  Saint-Dié,  a  été 
imprimé  par  les  soins  du  môme  prêtre,  Pierre  Jacobi,  à  qui  l'on  doit 
l'introduction  de  l'imprimerie  à  Toul.  Il  a  été  achevé  le  5  janvier  1519 
(nouveau  style),  jour  anniversaire  de  la  bataille  de  Nancy.  Les  figures  sur 
bois,  dont  il  est  orné,  sont  fort  intéressantes  pour  l'histoire  de  l'art;  leur 
style,  un  peu  germanique,  porte  à  croire  qu'elles  ont  dû  être  exécutées  à 
Strasbourg.  Colle  du  titre  représente  René  II,  duc  de  Lorraine,  à  cheval. 

Exemplaire  en  parfait  état  de  ce  livre  précieux.  A  la  suite  du  premier 
feuillet,  on  y  trouve  intercalé  (chose  extrêmement  rare!)  un  Mandement 
du  duc  Antoine  de  Lorraine,  imprimé  sur  une  feuille  volante,  daté  de  Lu- 
néville  du  21  février  1518  (1519  n.  st.),  mandement  qui  confirme  et  étend 
le  premier  privilège,  daté  du  4  septembre  1518,  qui  avait  été  accordé 
avant  l'impression  de  ce  livre. 


«66  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

IL   SOLEiNNITÉS  ET  FÊTES  ILLUSTRÉES. 

Entrées  de  villes.  —  Sacres,  —  Mariages.  —  Funèi*ailles^  etc.  -  » 

(Pour  ne  pas  scinder  cette  section,  nous  y  faisons  figurer  indifféremment  les  livres- 
avec  gravures  sur  bois  et  ceux  avec  planches  en  taille-douce.  —  On  trouvera  sur 
ces  livres  des  renseignements  utiles  dans  la  Bibliographie  des  Beaux-Arts ,  par 
£.  Vinet,  n°"  468  à  820;  ce  chapitre,  à  la  rédaction  duquel  nous  avons  eu  l'hon- 
neur de  concourir,  offre  le  travail  le  plus  complet  qui  existe  sur  les  Solennités  et 
fêtes  illustrées.) 

505.  Le  sacre  et  covron||nement  du  Roy  Henry  deuxième  de|| 
ce  nom.  De  F  imprimerie  de  Robert  Estiewie ,  impri^^meur 
du  Hoy.\\Par  commandement  et  priuile^e\\dudict  Seisfneur, 
S.  d.  (i5/|7).  In-8,  de  20  ff.;  veau  fauve,  riches  compart. 
en  or  et  eu  mosaïque,  tr.  dor.  [Hagué). 

Plaquette  de  toute  rareté,  dont  il  existe  deux  éditions  imprimées  avec 
des  caractères  différents;  dans  l'une,  la  marque  de  l'imprimeur,  placée 
au-dessous  du  litre,  est  avec  la  croix  de  Lorr$iine;  dans  Tautre,  ceftte 
marque  est  différente  et  sans  la  croix  de  Lorraine,  comme  dans  le  pré- 
sent exemplaire. 

Ce  petit  volume  est  orné  d*une  grande  gravuhe  sur  bois  représentant 
la  cérémonie  du  sacre.  Dans  les  exemplaires  que  Ton  connaît,  ceUe  plan- 
che est  fortement  rognée,  tandis  qu'elle  se  présente  ici  dans  son  entier, 
avec  le  cadre  et  une  belle  marge.  Haut.  :  164  mill.;  larg.  :  106  mill. 

506.  La  magnifica  et  trivmphale  eutrala  del  christianiss.  Re  di 
Francia  Ileurico  secondo  di  (|uesto  nome  falla  pella  no- 
bilo  &  anti(|ua  Città  di  Lyonc  à  luy  &  à  la  sua  serenissima 
consorte  Gliaterina  alli  21  di  Septemb.  i5/|8....  In  hyone, 
appresso  Gnlielmo  Rouillioy  1 549.  In-4;  mar.  rouge,  jîlus., 
tr.  dor.  [Smeers). 

Édition  ornée  de  15  figures  sur  bois,  les  mêmes  que  celles  de  l'édition 
française  publiée  simultanément.  Ces  compositions  remarquables  sont  da 
Petit  Bernard.  (Voir  Archives  de  l'art  français,  2®  série,  t.  P',  p.  423.).  L» 
texte  oridnal  est  de  Maurice  Scève  et  de  Claude  de  Tailleihont. 

Bel  exemplaire. 

507.  C'est  Tordre  qui  a  este  te|!nvala  novvelle  et  ioyevse 
entrée,  que  treshault,  iresexcellêt,  et  Irespuissat  Prince, 
le  Roy  trescbreslien  Henry  deuzieme  de  ce  nom,  a  fai-||cte 
en  sa  bonne  ville  et  cité  de  Paris,  capitale  desonjlRoyaume^ 
le  sezieme  iour  de  luin  M.  D.  XLIX.  (i549).  On  1rs  vend  à 
Paris  chez  lacques  Roffet  dicl  le  Faut  ||  cheur,  en  la  ruB 
Geruais  Laurês^  a  l'enseigne  diisoiif\\flelpressaincie  Crois 


SOLENNITÉS  lîlT  FÊTES  ILLUSTRÉES.  207 

en  la  cité,  ln-4  ;  mar.  rouge,  compart.  et  fleur.,  tr.  dor. 

Ouvrage  superbe ,  orné  de  onze  planches,  que  Renouvier  qualifie  de 
chefs-d'œuvre  de  la  gravure  française  sur  bois,  et  où  il  n'hésite  pas  de 
yoir  la  main  de  JEAN  COUSIN.  C'est  à  toit  qu'on  les  avait  atlribuées  à 
Geofroy  Tory,  mort  depuis  seize  années  à  l'époque  de  la  publication  de 
.  ^  ce  livre  de  circonstance.  Voir  Didot,  CaL  rais, ,  n°  642  ;  son  Étude  stir 
J.  Cousin,  pp.  191-102,  et  le  Recueil  des  œuvres  choisies  de  cet  artiste,  où 
est  reproduit  un  cavalier  du  cortège  triomphaL  Le  texte  est  de  Hardouin 
Chauveau. 

Magnifique  exemplaire,  avec  témoins. 

808.  Cest  la  dcdncrion  du  sumptueux  ordre  plaisantz  spec- 
tacles et  magnifiques   théâtres  dresses  et  exhibes  par  les 

•  citoieus  de  Rouen...  A  la  sacrée  Maieslé  du  Treschristian 
Roy  de  France,  Henry  secod  leur  souuerain  Seigneur,  Et  à 
Tresillustre  dame,  ma  Dame  Kathariue  de  Medici.*?,  La 
Royne  son  espouze,  lors  de  leur  trîumphant  ioyeidx  et 
nouuel  aduenement  en   icelle   ville,  Qui  fut  es   iours  de 

Mercredy  &  ieudy  premier  &  secôd  iour  d'Octobre  i55o 

O/i  /es  vend  a  roucn  chez  lloberl  le  Hofy  Robert  et  lehan 
dictz  (In  Gard  lenantz  leur  buutiqnCy  An  pordiil  des  Librai- 
res,  I  55  r .  (A  la  fin  :  )  Icy  se  ter  minent, ,,.  Et  nonnellenieni 
intprif/ié  pnr  lenn  le  Prest  nudict  lu  n  le  ix,  ionr  de  ce  tnoys 
de  Décembre  i55i.  Pet.  in-4>  ^^  t)8  ff.  non  ch.;  mar, 
La  Vallière,  semé  de  H  couronnées,  avec  les  armes  de 
France  en  mos.;  doublé  de  mar.  rouge,  dent.,  tr.  dor. 
{Lortic), 

Livre  d'un  grand  intérêt,  surtout  pour  l'histoire  de  l'art.  Les  vingt- 
neuf  gravures  sur  bois  qui  le  décorent  ont  été  attribuées  par  M.  Didot  à 
JEAN  COL'SLN,  conformément,  d'ailleurs,  au  témoignage  de  Papillon 
(voir  ÏÉtuile  sur  J.  Cousin,  pp.  l>2-o4).  On  y  remarque  un  beau  portrait 
équestre  du  Dauphin,  ainsi  que  la  planche  des  Captifs,  dont  l'énergie  est 
remarquable.  L'auteur  du  texte  est  inconnu. 

Précieux  exemplahe  sur  vélin,  le  seul  contenant  68  ff.  au  lieu  de  67, 
parce  qu'on  y  trouve  le  carton  du  f.  H  *  et  le  feuillet  qu'il  remplace. 

509.  Recveil  des  ||  choses  notables,  j]  qui  ont  esté  faîtes  à 
Bayonne,  à  renlreueué  du  Roy  Treschreslien  |!  Charles 
neufieme  de  ce  nom,  &||  la  Royne  sa  Ireshonoree  mère,  || 
aiiec  la  Royne  Catholi-  ||  que  sa  sœur.  A  Parisj  par  Fas^ 
cozan  Irnpiinienr  du  Roy.  M.  I).  AA'^/(i566).  Ai'ec  privi^ 
Icire.  In-4»  de  56  ff.  ch.;  mar.  rouge,  jans»,  tr.  dor. 
{ChnniboUt'Dnru). 

L'un  des  plus  rares  volumes  de  la  collection  des  solennités.  Il  est  orné 


268  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

de  dix-huit  gravures  sur  bois  représentant  des  médaillons  aux  figures  allé- 
goriques, qui  ont  été  décernés  aux  dames  à  la  suite  d'un  pas  d*armes. 
M.  Didot  attribue  les  dessins  de  ces  médailles  à  JEAN  COUSIN  {Étude 
sur  J.  Cousin,  pp.  189-190),  et  il  en  a  fait  reproduire  quatre  dans  le 
Recueil  des  asuvres  choisies  de  cet  artiste. 

Ce  volume  réveille  d'ailleurs  un  autre  souvenir,  car  c'est  à  cette  entre- 
vue à  Bajonne,  entre  Charles  IX,  Catherine  de  Médicis  et  la  reine  d'Es- 
pagne, qu'on  fait  remonter  le  projet  du  miassacre  de  la  Saint-Barthélémy* 

Magnifique  exemplaire,  réglé,  presque  non  rogné. 

510.  Bref  et  soinmai||re  recueil  de  ce  qui  a  été  faict,  ||  et  de 
Tordre  tenue  à  la  ioyeuse  et  triumphante  ||  Entrée  de... 
Charles  IX.  de  ce  nom  Roy||de  France^  en  sa  bonne  ville 
et  cité  de  Paris,  capi||tale  de  son  Royaume,  le  Mardy 
sixiesme  iour  de  ||  Mars.  |j  Avec  ||  le  covronnement  de... 
Madame  ||Elizabet  d'AustHche  son  espouse,  le  Dimanche 
vingt  cinquiesme.  ||  Et  ||  entrée  de  ladicte  dame  en  icelle 
ville  le  leudi  xxix.  dudicl  mois  de  Mars,  MF).  LXXI.  J  Pa- 
ris,  (le  P  Imprimerie  de  Denis'  du  Pré^  pour  Oliuier  Co* 
dore'...  1572.  In-4.  —  C'est  Tordre  et  |  forme  qvi  a  esté 
tenv  au  il  sacre  et  couronnement  de..,.  Madame  Elizabet|| 
d'Austriche  Roine  de  France  :  faict  en  TEglise  de  ||  TAbbaie 
sainct  Denis  en  France  le  vingtcinquies||me  iour  de  Mars, 
1571.  lùid.,  id.y  1571.  In-4.  de  10  ff.  —  L'Ordre  tenv  à 
VEntrée  de...  Madame  Elizabet  d'Austriclie  Roy  ne  de 
France  (simple  titre  de  départ).  In-4,  de  ti6  ff.  et  2  ff.  dont 
le  dernier  blanc.  —  Av  Roy  congratviation  de  la  Pai^  faite 
par  sa  Maiesté  entre  s,es  subieclz  Tvnziesme  iour  d'Aoust 
1 570  (simple  titre  de  départ).  In-4,  de  lo  ff.,  dont  le  der- 
nier blanc.  En  i  vol.;  mar.  olive,  fil.  àcompart.,  fleur., 
tr.  dor.  [Lortic), 

Les  seize  gravures  sur  bois  qui  décorent  ce  précieux  volume  sont  dues, 
ainsi  qull  est  dit  dans  le  privilège,  àX)livier  Godoré,  tailleur  et  gravettr  de 
pierres  précieuses.  Suivant  Mariette,  ce  nom  ne  serait  qu'une  sorte  d'abré- 
viation de  Coldoréy  épithète  donnée  à  Fontenay,  valet  de  chambre  et  gra- 
veur en  pieri'es  fines  de  Henri  IV,  en  raison  du  nombre  de  colliers  d'or 
qu'il  portait  (voir  Didot,  Essai  sur  la  gravure  sur  bois,  col.  i87,  et  Yi- 
net.  Bibliographie  des  Beaux- Arts  y  n®  474).  L'auteur  du  texte  est  Simon 
Bouquet.  La  Congratulation  de  la  paix,  pièce  en  vers,  est  signée  à  la  fin  : 
E.  Pasquier,  Parisien. 

Magnifique  exemplaire,  avec  témoins,  très  rare  ainsi  coihplet. 

511.  Magnificentissimi  {{  spectacvli,  a  Kegina  ||  regum  Matre  in 
hortis  suburbanis  editi,  ||  In  Henrici  Régis  Poioiiifle  inuic* 
tissimi  |{  nuper  renunciati  gratulationem,  |  Descriptio.  ||  Io« 


SOLENNITÉS  ET  FÊTES  ILLUSTRÉES.  269 

Aurato  Poeta  Regio  Autore.  Parisiis.  Ex  qfficina  Federici 
Morelli  Typogrophi  liegii.  M.  D.  LXXIH.  (i573).  In-4, 
de  26  ff.,  sign.  A-F  et  C-D;   veau   fauve,   fil.,  tr.  dor. 

(Niedrde). 

Cette  description  du  magniflque  spectacle  donné  par  Catherine  de  Mé- 
dicis  lors  de  rentrée  dans  les  faubourgs  de  Paris  de  son  fils  Henri  III,  de 
retour  du  royaume  de  Pologne,  description  fort  rare  et  non  citée  au  Manuel, 
doit  prendre  place  parmi  les  plus  précieuses  solennités.  Le  frontispice  allégo- 
gorique,  les  emblèmes,  les  ilourons,  les  lettres  ornées,  et  surtout  les  deux 
grandes  gravures,  dont  Tune  représente  XdiMontagne  des  Nymphes,  et  Tautre 
une  Fête  de  cour,  sont  du  plus  beau  style  Renaissance  et  ne  seraient  pas 
indignes  de  J.  Cousin.  (Voir  Didot,  Étude  sur  J.  Cousin^  pp.  193-1 9k) 

Le  texte  contient  un  poème  latin  de  Jean  Dorât  (Auratus),  une  pièce 
de  poésie  française  :  La  lymphe  de  France  parle,  par  Ronsard,  et  une 
autre  :  La  Nymphe  angevine  parle,  par  Amadis  Jauyn. 

Très  bel  exemplaire,  provenant  des  coll.  Yemeniz  et  Huillard. 

512.  La  somptvevsc  et  ||  magnifiqve  entrée  dv  ||  tres-chrestien 
Roy  Henry  III.  j|  de  ce  nom,  Roy  de  France  &  de  Pologne, 
grand  II  Duc  de  Litiuianie,  &c.  En  la  cité  de  Mantoue,auec 
les  portraicts||des  choses  les  plus  exquises.  Par  B.  I).  Vig'* 
(Biaise  de  Vigenère).  Â  Paris ,  chez  Nicolas  Chesneau, 
>1D.  l.XXVl  (1376).  In-47  de  48  pp.;  veau  fauve,  riches 
compart.  en  or  et  en  noir,  tr.  dor,  [Hagué). 

Volume  fort  rare,  orné  de  huit  planches  en  taille-douce •  représen- 
tant six  arcs  de  triomphe,  et  la  statue  d'OEneus,  fils  de  la  nymphe  Man- 
tho  et  fondateur  de  la  ville  de  Mantoue.  Les  dessins  en  sont  attribués  aux 
élèves  de  l'école  du  Primatice,  et  la  gravure  à  Jean  Rabel. 

Superbe  exemplaire,  réglé,  très  grand  de  marges. 

513.  La  loyevse  &  magnifique  Entrée  de  Monseigneur  Fran- 
çoys,  fils  de  France,  et  frère  vnicqve  dv  Roy,  par  la  grâce 
de  Dieu,  Dvc  de  Brabant,  d'Anjou,  Alençon,  Berri,  etc., 
en  sa  tres-renommée  ville  d'Anvers.  Anvers^  Christ.  Plan- 
tin,  i582.  In-foK;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  àov.  [Petit). 

Ouvrage  important  et  curieux  à  plus  d'un  titre.  Les  vingt  et  une 
planches  à  l'eau-forte  dont  il  est  orné  nous  mohtrent  le  cortège  du  duc, 
les  chars  allégoriques,  les  arcs  de  triomphe,  les  feux  d'artifice,  les 
théâtres  improvisés  à  cette  occasion,  etc.  Elles  ne  sont  pas  signées,  mais 
on  croit  pouvoir  les  attribuer  à  Abraham  de  Bruyn,  et  non,  comme  le 
veut  le  rédacteur  du  catalogue  Soleinne,  à  Phil.  Galle,  dont  le  nom  se 
trouve  sur  une  planche  ajoutée  à  la  fin,  mais  qui  ne  paraît  pas  avoir  fait 
partie  du  volume. 

Très  bel  exemplaire  de  ce  livre  peu  commun. 


«70  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

5i4.  Discovrs  de  la  ioyevse  et  triomphante  entrée  de  tres-havt, 
tres-pvissant  et  tres-magnanime  Prince  Henry  iiii  de  ce 
nom,  tres-Chi*estien  Roy  de  France  et  de  Nauarre,  faicte  en 
sa  ville  de  Rouen,  capitale  do  la  prouince  et  duché  de  Nor- 
mandie, le  Mercredy  saiziéme  iour  d^Octobre  cId.  Id. 
xcvr  (iSgG).  Auec  Tordre  et  somptueuses  magnificences 
d'icelle,  et  les  portraicls  et  fij^ures  de  tous  les  spectacles 
et  autres  choses  y  représentez,  liouen^  llaphnêl  du  Petit 
^Vi/,  .1599.  In-/4  ;  mar.  rouge,  fil.  à  compart.,  doublé  de 
^  ^ar.  orange,  riches  orn.  intér.  avec  les  H  couronnées  in- 
crustées eu  mosaïque,  tr.  dor.  (Loriic). 

Livre  des  plus  rares,  enridû  de  neuf  gravures  sur  bois,  dans  le  texte, 
et  de  dix  tirés  à  part,  dont  l'une  représente  on  combat  naval  livré  sur  la 
Seine. 

Magnifique  exemplaire,  bien  complet. 

515.  Labyrinthe  royal  de  THercvle  gavlois  triomphant  svr  le 
suiect  des  Fortunes,  Batailles,  Victoires,  Trophées,  Triom- 
phe, Mariage  et  autres  faicts  héroïques  et  mémorables  de... 
Henry  IIII  Roy  de  France  et  de  Nauarre.  Représenté  à  l'Eu* 
trée  triomphante  de  la  Roy  ne  en  la  Cité  d'Auignon.  Le  19 
Novembre  i*An  M.DC,  où  sonl  contenues  les  Magnificences 
et  Triomphes  dressez  à  cetefïect  par  ladicte  ville.  C//^5/a- 
qcœs  BramereaUy  impnmenr  en  Atd<^non.  S.  d.  (1601).  Gr. 
in-4;  mar.  rouge,  fil.,  chiffre  de  Henri  IV,  tr.  dor.  (Lortic). 

Relation  de  la  première  réception  faite  à  Marie  de  Médicis  sur  le  sol 
de  France.  C'est  aux  pères  jésuites  d'Avignon  qu'appartient  Tidée  de  ce 
Labyrinthe  royal,  qui,  forme  de  sept  replis,  était  orné  de  sept  arcs  de 
triomphe;  son  but  était  de  rappeler  les  plus  glorieux  travaux  d'Her- 
cule, auquel  on  a  compare  le  vaillunl  roi  de  France,  et  cela  avec  d'autant 
plus  de  droit  que,  selon  l'auteur  du  texte  de  cette  relation,  qui  est  A.  '¥a- 
ladier,  abbé  de  Saint-Arnoul  de  Metz,  la  maison  de  Navarre  descendait  en 
ligne  directe  de  ce  héros  des  temps  mythiques.  Les  douze  gravores  en 
taille-douce  sont  de  Greuter;  on  7  trouve,  en  outre,  finement  gravés,  las 
portraits  du  roi  et  de  la  reine. 

Magnifique  exemplaire. 

516.  Voyage  du  Roy  à  Metz,  L'occasion  d*iceluy  :  Ensemble 
les  signes  de  resiouissance  faicts  par  seshabitans  pour  ho* 
norer  l'entrée  de  Sa  Majesté.  Par  Abraham  Fabert.  (.tfe/z) 
1610.  Pet.  in-fol.;  vélin,  ornem.  sur  les  plats,  tr.  dop. 
{une,  rel.). 

Henri  IV  fit  ce  voyage  en  mars  1603.  Abraham  Fabert,  sietir  de^Moii- 
lins,  échevin  de  Metz  et  le  plus  célèbre  imprimeur  de  cette  ?ille,  compoea  < 


SOLENNITÉS  ET  FÊTES  ILLUSTRÉES.  271 

et  imprima  cette  pièce,  qai  contient  qainze  gravures  en  taille-douce,  sans 
compter  le  frontispice  et  les  armoiries  du  duc  d'Épernon,  auquel  l'ou- 
vrage est  dédié.  L'un  et  l'autre  portent  le  nom  du  graveur,  A.  Vallétf,  ainsi 
que  quatre  vues  ou  cartes  de  Metz  et  du  pays  messin.  Parmi  les  quinze 
autres  planches,  représentant  des  cortèges,  des  arcs  de  triomphe,  etc.,  on  . 
en  remarque  trois  des  plus  curieuses  :  Tune  nous  jnonlre  l'entrée  de 
Henri  IV,  à  cheval,  sous  un  dais;  l'autre, Marie  de  Médicis  portée  dans  une 
litière;  la  troisième,  le  combat  nocturne  et  les  feux  d'artifice  qui  ont  eu 
lieu  dans  la  grande  cour  de  l'évêché.  Ce  beau  volume  est  devenu  fort 
rare. 

Magnifique  exemplaire,  avec  les  planches  soigneusement  coloriées  et 
rehaussées  d'or. 

5i7.  Eseqiiie  d'Arrigo  quarto  christ ianissimo  re  di  Francia 
e  di  Navarra,  celebrale  in  Firenze  dal  ser.  Don  Cosimo  II 
Grancluca  di  Toscana.  Descritlo  da  Giuliano  Giraldi.  In 
Firenze,  nella  slamp.  di  Ihul,  Serniartelliy  1610.  Gr.  in-4; 
mar.  rouge,  fil.  à  compart.,  chiffre  d'Henri  IV,  tr.  dor. 
[Lorlic). 

Ce  volume  offre  un  grand  intérêt  historique  en  ce  que  ses  vingtrsix 
eaux-fortes,  signées  A  R  (Rosaccio),  retracent  les  principaux  faits  de  la 
,  vie  du  roi  Henri  IV.  (Pour  les  détails,  voir  Didot,  Cat,  rais.,  n®  928.) 

Très  bel  exemplaire  de  ce  volume  fort  rare.  ^ 

518.  Histoire  cvrievse  de  tovt  ce  qvi  s'est  passé  à  l'entrée  de 
la  Reyne  Mère  dv  Roy  treschrestien  dans  les  villes  des 
Pays-Bas  ;  par  le  S'  de  la  Serre  Historiographe  de  France. 
u4  ^iii'crs,  en  h'mpritncrie  Plnnlinirnnc  da  balthasar  Mo- 
retvs.  M.  DC.  ^X¥//f  i632).  Ptt.  iu-fol.,  de  3  ff.  prél., 
74  PP-  ch.  et  I  f.  (approbation);  veau  antique,  riches 
compart.  en  couleurs,  tr.  dor.  {Hagué). 

Volume  de  toute  rareté,  que  les  bibliographes  ne  citent  même  pas. 
C'est  la  relation  des  premières  réceptions  qui  furent  faites  à  Marie  de 
Médicis,  après  sa  fuite  de  France,  dans  la  partie  des  Pays-Bas  soumise  au 
roi  d'Espagne,  où  elle  resta  plusieurs  années,  avant  son  passage  sur  le 
sol  des  Provinces-Unies.  Le  titre  ci-dessus  figure  sur  un  beau  frontispice 
gravé  par  Corn.  Galle,  où  la  reine  est  représentée  recevant  dans  ses  bras 
l'Église,  personnifiée  par  une  religieuse,  dont  le  pied  repose  sur  un  globe. 
La  Justice,  la  Sagesse  et  la  Science  lui  tendent  chacune  une  couronne. 
Ce  frontispice  est  précédé  de  ce  faux- titre  :  h' Entrée  de  la  Reyne  Mère  dv 
Roy  treS'Chrestien  dans  les  villes  des  Pays-Bas,  et  il  est  suivi  d'une  grande 
planche  représentant  un  lis  arborescent,  dont  cinq  fleurs  supportent  les 
figures,  à  mi-corps,  de  cinq  princes  ou  princesses,  issus  de  Marie  de  Médicis. 
A  cet  arbre  est  attaché  un  médaillon  avec  un  très  beau  portrait  de  la 
reine,  accompagné  de  cette  devise,  qui  explique  toute  l'allégorie  :  Je  couvre 
de  mon  ombre  toute  la  terre.  Trois  autres  planches,  gravées  à  l'eau-forte, 


272  LIVRES  A  FIGURES  SUR  BOIS. 

« 

nous  montrent  son  entrée  à  Mons,  à  Bruxelles  et  à  Anye^  ;  les  deux  der- 
nières sont  signées  :  A.  Pauliis  fecit. 
Superbe  exemplaire. 

519.  Marie  deMedicis,  entrant  dans  Amsterdam:  ou.  Histoire 
de  la  réception  faicte  à  la  ^eyne  Mère  du  Roy  tres-Chres- 
lîen,  par  les  Bovrgmaistres  et  Bourgeoisie  de  la  Ville 
d'Amsterdam.  Traduicte  du  Latin  de  Gaspard  Barlevs. 
j4  j4mstertlam^  chez  Jean  et  Corneille  /?/^^(^.C13I3C XXX  VIII 
(i638).  In-fol.;  mar.  vert,  fil.  à  compart. ^  tr,  dor.  {anc. 
rel.). 

Ouvrage  orné  d*un  beau  portrait  de  Marie  de  Médicis,  et  de  seize 
planches  remarquables,  dessinées  par  Chiv-L.  Moyaert,  par  S.  de  Vlieger 
et  par  Martsen  de  Jonge,  et  gravées  à  Teau-forte  et  au  burin,  en  partie  par 
S.  Savry. 

Exemplaire  exceptionnel,  avec  le  portrait  de  la  reine  en  double 
épreuve,  avant  la  balustrade  et  la  vue  d*Amsterdam,  et  avec  ses  additions; 
treize  autres  planches  sont  aussi  en  doubles  épreuves,  appartenant  à  deux 
états  différents.  La  planche  des  Quatre  Bourgmestres,  gravée  par  Suy- 
derhoef,  ne  s'y  trouve  pas  ;  mais  elle  n'a  pas  été  faite  spécialement  pour 
ce  volume.  La  reliure,  qui  est  du  temps,  porte  des  armes  sur  les  plats' 
et  un  chifire  au  dos. 

520.  Histoire  de  Tentrée  de  la  reyne  mère  du  roy  tres-chres- 
tien,  dans  la  Grande-Bretaigne.  Enrichie  de  planches.  Par 
le  S'  de  la  Serre,  historiographe  de  France.  ^4  Lftndre, 
par  Jean  Raivorth,  pour  George  Thomason  et  Octauian 
Pullen,    1639.  In-fol.;  mar.  rouge,  fil.,  tr.  dor.  {Lorlic). 

Cet  ouvrage  curieux  et  rare  nous  fait  connaître  les  détails  de  la  récep- 
tion que  Charles  I<^',  roi  d'Angleterre,  fit  à  sa  belle-mère,  Marie  de  Médicis. 
Les  planches  sont  au  nombre  de  treize.  On  attribue  à  W.  Hollar  les  trois 
preniières  (portraits),  ainsi  que  le  frontispice,  exécutés  au  burin  ;  les  autres 
sont  des  eaux- fortes.  La  planche  8,  qui  est  double,  représente  une  grande 
rue  de  Londres,  avec  le  défllé  du  cortège. 

Très  bel  exemplaire. 

521 .  Le  Sacre  de  Louis  XV,  roi  de  France  et  de  Navarre,  dans 
Téglise  de  Reims^  le  dimanche  xxv  Octobre  mdccxxii.  S.  d. 
(Paris,  1722.)  Très-grand  in-fol.;  mar.  vert,  riches  orn., 
armes  de  France,  tr.  dor.  (Padeloup  le  jeune). 

Ouvrage  splendide,  orné  de  72  gravures  au  burin,  exécutées  par  les 
premiers  artistes  du  temps,  tels  que  Duchange,  Larmessin,  Cochin,  Tar- 
dieu,  Dupuis,  Edelinck,  Claude  Drevet,  etc.  Neuf  planches  nous  montrent 
tous  les  détails  de  la  cérémonie  du  sacre  ;  les  autres  représentent  en  pied 


SOLENNITÉS  ET  FÊTES  ILLUSTRÉES.  273 

les  personnages  officiels  qui  ont  pris  part  à  cette  solennité.  Le  texte,  ré- 
digé par  l'académicien  Danchet,  est  gravé,  entouré  de  magnifiques  bor- 
dures et  orné  de  vignettes  allégoriques. 
Exemplaire  sur  grand  papier  de  Hollande. 


322.  Descrittione  de  gli  apparati  fatli  in  Bologna  per  la 
venula  di  N.  S.  Papa  Clémente  VIII  con  gli  disegni  de  gli 
Archi,  Statue  e  Pitture.  Da  Viltoiio  Benacci,  stampator 
camerale.  (Bo/ogna)^  iSgS.  ln-4,  de  i6  ff.  ;  inar.  rouge, 
fil.  à  fr.,  ornem.,tr.  dor.  {Lorfic). 

Volume  rare  et  non  cité  au  Manuel.  H  contient  neuf  eaux-fortes,  tou- 
chées avec  beaucoup  d*espnt  et  de  verve,  représentant  des  arcs  de 
triomphe.  La  composition  du  frontispice  est  attribuée  au  Guide. 

Très  bel  exemplaire. 

523.  La  tresadmirable,  Iresmagnificque  &  triumphante  entrée, 
du. . .  Prince  Philipes,  Prince  d'Espaignes,  filz  de  Lempe- 
reur  Charles  V®,  ensenjble  la  vraye  description  des  Spec- 
tacles, théâtres,  archz  triumphaulx. ..  faictz  et  bastis  a  sa 
tresdesiree  réception  en  la  ...ville  d'Anuers.  Anno  i549. 
Premièrement  composée  et  descripte  en  langue  Latine, 
par  Cornille  Grapheus  Greffier  de  ladicte  ville  d'Anuers,  et 
depuis  traduicte  en  Franchois.  (A  la  fin  :  )  Imprimé  a  • 
AiiuerSy  pour  Pierre  Coeck (t Allost^. , . par  Gillis  van  Diest, 
i55o.  Pet.  in-fol.;  mar.  rouge,  fil.àcompart.,orn.5  Ir.  dor. 
{Lortic), 

Ce  livre  intéressant  contient,  outre  le  titre  et  le  dernier  feuillet  gravé, 
vingt-neuf  belles  gravures  sur  bois  d'après  les  dessins  de  Pierre  Coek 
ou  Koek  d'Alost  (en  llamand,  Aelst),  près  de  Gand. 

Très  bel  exemplaire. 

524.  Descriptio  publicaî  gratulationis,  spectaculorum  et  lu- 
dorum,  in  adventu  sereniss.   principis  Ernesti,  archiducis 

Avstriœ Accessit  denique  Oratio  funebris,  in  Archiducis 

Ernesti  obitum  ijsdem  Provincijs  luctuosissimum.  Omnia  a 
loanne  Bochio  S.  P.  Q.  A,  a  secretis  conscripta.  Antverpiœy 
ex  officina  Planùnianay  m.  d.  xcv  (iSgS).  In-iol.  ; 
mar.  raisin  de  Corinthe,  riches  comparl.  à  fr.,  tr.  dor. 
{Hagué"). 

Ouvrage  très  bien  exécuté  et  orné  de  35  grandes  planches  sui*  cuivre 
de  Pierre  van  der  Borcht.  Les  deux  dernières  montrent  les  illuminations 
(»t  les  cavalcades  sui*  la  grande  place  de  Bruxelles  (janv.  1594).  Le  texte, 

18